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jeudi 9 juin 2016

Le bien est à l'est

Westmalle

lundi 30 mai 2016

Sous toute réserve

Grande Réserve - Chimay

mercredi 23 mars 2016

La France s'aperçoit que les terroristes peuvent attaquer un autre pays

belgitude

mercredi 16 mars 2016

C'est pas d'la p'tite bière

Quelques flacons

jeudi 24 septembre 2015

Photographier comme un cochon

L'un de mes frères m'a demandé de lui faire une photo. Il avait acheté de la bière et les verres qui vont avec. L'idée était de faire une photo d'un verre avec la bière et de la mousse. Dit comme cela, ça semble simple.
Le problème, ce n'est pas tant de photographier le verre plein de bière que d'avoir de la mousse. J'avais lu je ne sais plus où un truc pour obtenir une belle mousse qui tienne. Le souci, c'est que le truc rend la bière imbuvable. Parce que ce n'est pas de la petite bière que l'on trouve sous le sabot d'un cheval, ça me chagrinait un peu de gâcher.
Dans un premier temps, j'avais acheté de la bière très bas de gamme. Il ne m'a pas fallu longtemps pour m'apercevoir qu'elle était impropre à produire une belle mousse. Je l'ai bue. L'autre jour, je suis monté un peu en gamme et ai acheté de la Kronenbourg. Ce n'est pas de la grande bière, certes, mais elle est injustement mal considérée, selon moi.
Cette fois, je mets en place les éléments de la photo. Le verre est là, les éclairages sont disposés. Je commence par verser deux canettes de bière dans le verre. Ça donne ça :

La Kronenbourg, ça mousse pas
On peut le constater, de la mousse il n'y en a point. Je ne me formalise pas outre mesure, je m'y attendais un peu. Je vais pouvoir tester le truc. Je prends ce qu'il faut pour le réaliser et le résultat est très nettement au delà de mes plus folles espérances ! Ça marche même trop. Beaucoup trop ! J'ai juste le temps de déclencher et je vais chercher une bassine et une éponge pour nettoyer la catastrophe. Pour vous donner une idée, ça donnait cela :

Y a comme un truc qui va pas
Bon. Du coup le verre est tout dégueulassé. Je n'ai pas envie de perdre un nouveau demi-litre de Kronenbourg, je continue avec ce qu'il y a dans le verre. J'utilise de nouveau le truc, avec un peu plus de parcimonie cette fois. Pour refaire le niveau, j'ajoute de l'eau. Au point où on en est, autant y aller franco. La mousse a un aspect un peu bizarre mais ça ira pour cette fois.

Ben mon cochon !

dimanche 12 avril 2015

Petite bière pour nourisson

Gueuse Mort Subite

vendredi 24 octobre 2014

Quand lama fâché

Le 20 septembre dernier, je vous parlais de l'ouvrage de Philippe Goddin expliquant la genèse de l'album "Les 7 boules de cristal". Aujourd'hui, je vous présente la suite de cette étude intitulée "La Malédiction de Rascar Capac". L'auteur endosse le costume d'historien et nous plonge dans l'histoire de l'histoire. En route pour les Andes !

"Quand lama fâché, señor, lui toujours faire ainsi...". D'une manière générale, on ne peut pas dire que Hergé ait choisi l'humour dans ses aventures de Tintin, lui préférant l'aventure et le suspense. Toutefois, Hergé devait aimer rire et, à mon avis, c'est la raison pour laquelle il a créé des personnages hilarants qui sont autant de faire-valoir au héros bien trop sérieux et impliqué dans ses aventures. Les deux Dupondt, Tryphon Tournesol, Bianca Castafiore, l'insupportable Séraphin Lampion et, bien entendu, le capitaine Archibald Haddock lui-même. Cette explication sur l'attitude du lama cracheur est donnée par un jeune Péruvien au début de l'album, peu après que Tintin et Haddock ont atterri en Amérique Latine.
Tandis que l'album précédent se termine sur un fond de fin de deuxième guerre mondiale et d'accusations de collaboration, Hergé ayant publié ses planches dans le quotidien "le Soir" dirigé par les occupants allemands, "le Temple du Soleil" va être publié dans le tout nouveau "Journal de Tintin". Parce que la première partie de cette histoire n'a pas encore été éditée en album et que tout le monde n'a pas lu les planches des 7 boules de cristal dans le journal durant la guerre, Hergé va débuter la deuxième partie en résumant à grands traits le contenu de la première partie. Ces premières planches seront bien évidemment absentes de l'album qui sera édité par Casterman par la suite. La lecture de l'ouvrage composé par Philippe Goddin a donc pour premier intérêt de nous montrer ces premières planches inconnues de celles et ceux qui n'ont pas l'âge d'avoir pu lire les premiers numéros du Journal de Tintin. Et ce n'est pas là le seul intérêt que l'on peut trouver dans cette étude historique.

La malédiction de Rascar Capac
La création du Journal de Tintin prive Hergé d'un précieux collaborateur. E.P. Jacobs décide de voler de ses propres ailes et de faire vivre ses Blake et Mortimer. D'un autre côté, Hergé est bien occupé à composer l'album des 7 Boules de Cristal qui va paraître. Si l'on ajoute à cela la lourde blessure que ressent Hergé suite aux accusations de collaboration avec les nazis et la dépression qui s'ensuit, on comprend que la réalisation de ce deuxième épisode de l'aventure avec les Incas va prendre du temps. La pré-publication du Temple du Soleil va s'étaler du 26 septembre 1946 au 22 avril 1948 à un rythme hebdomadaire et avec des périodes de ralentissement dans la production des planches qui conduira à un passage de trois à deux planches publiées chaque semaine.
Philippe Goddin puise dans la riche documentation de la Fondation Hergé pour nous faire découvrir les sources d'inspiration du dessinateur. Comme dans l'ouvrage précédent, le tintinophile plonge dans une phénoménale quantité d'informations plus ou moins passionnantes mais toujours intéressantes. Il nous fait comprendre les étapes de la création de l'album tout en nous éclairant sur la vie plus intime du créateur. Ainsi apprend-on le désir de Hergé de partir s'exiler en Amérique du Sud et le risque d'implosion du ménage. On savait Hergé submergé par la dépression durant une longue partie de sa vie et on pense en comprendre la source à la lecture des explications données par l'historien.

Plus que "Les 7 Boules de Cristal", "Le Temple du Soleil" est l'un de mes albums préférés des aventures de Tintin. Peut-être parce qu'il est celui qui m'a le plus fait voyager ? La découverte de ces paysages andins, de cette civilisation cachée fidèle à ses croyances, les mystères, la condamnation à mort de Tintin, Haddock et Tournesol, le suspense qui tient jusqu'au bout font que cet album me paraît être l'un de ceux qui marche le mieux. Je me souvient de ma rencontre avec cet album. Il m'a réellement tenu en haleine et j'ai eu du mal à le refermer. C'était chez une cousine.
Selon moi, la force de Hergé est de réussir à inscrire profondément les histoires dans la mémoire du lecteur. Je comprends tout à fait que l'on puisse ne pas aimer Tintin et Hergé. Je ne suis pas un inconditionnel de Tintin et Hergé. Il n'en reste pas moins que j'aime à me replonger dans ces aventures et que je prends plaisir à les redécouvrir. Je l'ai déjà dit, je n'aime pas les premières aventures de Tintin. Le premier qui me plaise vraiment est, je pense, "Le Lotus Bleu". Par la suite, il en est quelques uns que je considère comme mineurs et d'autres qui me rendent réellement enthousiaste. Ce "Temple du Soleil" est de ceux-ci et je pense qu'il n'est pas étonnant que Philippe Goddin ait commencé par ces deux albums pour nous expliquer d'une façon aussi poussée le monde de Hergé.

La malédiction de Rascar Capac
Bien qu'il soit sans doute Tintinolâtre encore plus que Tintinophile, l'auteur, Philippe Goddin, ne s'interdit pas de lâcher ses flèches contre Hergé et de mettre le doigt sur des erreurs, des invraisemblances, des approximations. Il les explique, les excuse souvent. Hergé ne connaissait pas l'Amérique Latine, il n'y avait jamais posé les pieds, et devait faire avec la maigre documentation à sa disposition. Qu'importe ! L'histoire fonctionne et je continue et continuerai à la lire avec mes yeux d'enfant, comme dans la petite chambre de la cousine.

samedi 20 septembre 2014

Les boules de Tintin

La tintinophilie est une curieuse maladie qui, le plus souvent, vous tombe dessus dans l'enfance et dont vous avez le plus grand mal à guérir. En plus d'être chronique, cette maladie est très contagieuse. Je viens de terminer la passionnante lecture de "la Malédiction de Rascar Pacac", ouvrage de Philippe Goddin qui retrace la genèse de l'album "les 7 boules de cristal" en l'expliquant, en le mettant dans le contexte de l'époque, en parlant de Hergé et de sa collaboration avec Edgar P Jacobs.

On aura beau dire ce que l'on voudra, Hergé et son héros principal, Tintin, sont des socles indéboulonnables de la bande dessinée. On peut ne pas aimer ou prétendre ne pas aimer, on ne peut pas nier que l'œuvre de Hergé est un pan majeur de cette forme de narration.
Il est couramment admis que l'on peut mettre à part les trois premiers albums de Tintin. Dans le premier, Hergé faisait sans doute preuve de trop d'anti communisme, dans le deuxième album, il était certainement trop colonialiste. Pour le troisième, celui où Tintin part combattre la maffia aux Etats-Unis d'Amérique, on notera probablement qu'il donne une vision peu compatible avec la "bien pensance" de rigueur depuis bien des années, notamment dans sa description des indiens.
Il y a des tintinophiles, il y a aussi des tintinophobes. On a souvent reproché à Hergé d'avoir représenté les méchants sous des traits caricaturaux trop marqués. De fait, il est bien difficile de prendre la défense de Hergé sur la question du racisme. On lui a aussi fait le procès de sa position vis-à-vis de l'occupant allemand durant la dernière guerre mondiale. Hergé a continué à collaborer avec le journal qui publiait ses planches alors que ce titre était tombé sous le contrôle des nazis. De fait aussi, dans les différents albums qui conduisent Tintin hors d'Europe, on ne peut pas ne pas constater des propos très douteux. On a beaucoup écrit sur Hergé et mon avis est que le personnage n'était pas au-dessus de tout soupçon. Ceci dit, il nous a laissé quelques belles histoires dont celle qui nous occupe aujourd'hui, parue en deux albums. "Les 7 boules de cristal", donc, suivi de "Le temple du soleil".
"Les 7 boules de cristal" est réalisé durant la guerre, sous occupation nazie. Avant d'être un album, il paraît sous la forme de planche de quelques cases quotidiennement ou presque dans le journal "Le Soir". L'ouvrage conçu par Philippe Goddin nous propose de découvrir cette version originale du récit avec beaucoup de détails, d'explications, de commentaires, de documentation. On aura intérêt de se munir le l'album et de lire les deux versions concomitamment afin de comparer. Evidemment, la version parue dans le journal est au trait. Pour la parution en album, les planches seront découpées et remontées, elles seront mises en couleur, le lettrage sera entièrement refait. Des parties seront abandonnées tandis que d'autres seront revues ou créées pour l'album. Ce qui est vraiment très intéressant, c'est de pouvoir se plonger dans la méthode de travail de Hergé. Par exemple, il mettait souvent Edgar P Jacobs à contribution pour croquer une posture ou une position.

La Malédiction de Rascar Capac - Philippe Goddin
Alors voilà, entre un Hergé qui se laisse aller à exprimer des idées antisémites, racistes, anti-bolchéviques, qui aurait collaboré avec les nazis[1] en travaillant pour le journal volé[2] et Tintin qui a tant fait voyager les jeunes et leur à fait découvrir l'Amérique du Sud comme le Tibet, les fonds sous-marins comme les cirques lunaires, qui a rencontré le Yéti et tant d'autres personnages, entre ce dessinateur qui est un homme avec ses faiblesses et ses parts d'ombre et les Dupondt, Tournesol, Haddock, la Castafioire et Séraphin Lampion, Rastapopoulos et Nestor, le bilan est, à mon avis, positif. Aujourd'hui, je ne saurais dire combien d'années après ma première rencontre avec Tintin, je prends toujours un vrai plaisir à lire certains albums.
On m'a communiqué alors que je suis en train d'écrire ce billet[3] un lien vers le site de France Culture qui permet d'écouter une série d'émissions consacrées à Hergé et Tintin.

Notes

[1] Mais il faut aussi reconnaître qu'il lui fallait travailler pour vivre.

[2] Selon les termes mêmes utilisés à l'époque.

[3] Le billet est écrit le vendredi 19 septembre.

samedi 2 août 2014

Westvleteren

J'avais plus ou moins décidé de vous causer d'un sujet intéressant, pour une fois. Fidèle à mon humeur badine et joyeuse, j'avais l'idée de vous parler de la mort. De la vôtre, de la mienne, de celle des autres. C'est un sujet palpitant, la mort. Ça nous concerne tous. Tôt ou tard, hein, il faudra y passer. Ce sera pour une autre fois. Plutôt que de mise en bière, je vais vous expliquer quelque chose à propos de la bière de l'abbaye de St-Sixtus, à Westvleteren, en Flandre belge.

Pour qui est passablement alcoolique ou intéressé par la chose brassicole, l'un n'empêchant pas l'autre, s'il est une bière qui déchaîne les passions et les fantasmes c'est bien celle brassée par les moines trappistes de l'abbaye St. Sixtus de Westvleteren, dans la partie flamande de la Belgique. Cette bière est tout simplement considérée comme la meilleure bière du monde. Rien que ça.
Meilleure bière du monde ? Oui, bon, il faut voir. Je ne les ai pas toute goûtées. Disons que, en 2004 ou 2005, les américains de ratebeer l'ont élue meilleure bière du monde parmi 30000 (trente mille) bières venues du monde entier. Ça vaut ce que ça vaut, je suis bien d'accord. Il n'empêche que pour la vingtaine de moines de l'abbaye Saint Sixte, ça a été le début du cauchemar. A compter de la publication de ce palmarès qui attribuait la note de 100 sur 100, difficile de faire mieux, la foule s'est pressée à l'entrée de l'abbaye pour acquérir ce breuvage. On relate que l'on aurait enregistré une file de voiture longue de deux kilomètres aux abords de l'abbaye. Ces bières qui étaient réputées et appréciées, connues de quelques passionnés et des habitants de la région étaient passées au rang de phénomène qu'il fallait absolument avoir goûté une fois dans sa vie.
Sur Internet, la nouvelle de la nomination de la Westvleteren tout en haut du podium s'est propagée comme une trainée de poudre. A l'époque, et c'est là que j'ai pu goûter les trois bières brassées pour la première fois, nous étions donc vers 2005, il était possible d'acheter de la Westvlteren en ligne auprès de sites de commerce en ligne. Ça n'a duré qu'un temps. Les moines ont vite mis le holà et ont revu leur manière de distribuer leurs bières. Désormais, il ne serait possible d'en acheter que à l'abbaye en prenant rendez-vous par téléphone en indiquant la plaque d'immatriculation du véhicule qui viendra prendre la commande. Accessoirement, il serait aussi possible d'en acheter ou d'en déguster au café "In de Vrede (dans la paix)" construit en face de l'abbaye par les moines et mis en gérance privée. Par contre, très clairement, les moines interdisent la revente et le commerce de leurs bières. Nous y reviendrons plus loin.

Grillage et fils de fer barbelés
Avec mon frère, nous étions partis en virée dans le nord de la France et en Belgique. Comme je vous le disais, pour pouvoir acheter de la bière à l'abbaye, il faut réserver par téléphone. Dit comme ça, ça semble simple et peu contraignant. Laissez-moi vous expliquer un peu.
Avant de téléphoner, il faut se connecter sur le site de l'abbaye St. Sixtus et trouver la partie du site qui concerne la brasserie et la réservation des bières. Bien. Une fois que vous avez trouvé cela, vous devez vous rendre sur la page information actuelle. Evidemment, ces pages sont rédigées en flamand avec des traductions en français, anglais et allemand mais, du moins pour le français, ça reste parfois assez mystérieux. Vous voyez deux calendriers. Celui de gauche concerne les types de bières que vous pouvez réserver à telle date et telle heure. Il ne sert à rien de tenter d'appeler en dehors des horaires définis, le standard est fermé. La partie de droite vous indique les dates et heures auxquelles vous pourrez venir prendre livraison. Mais attention ! Vous ne décidez pas. Ce sera un moine qui, selon son agenda, vous dira quand vous pourrez venir. Si vous arrivez trop tôt, vous attendez ; si vous arrivez trop tard, vous repartez. C'est clair, net et précis.

Ce jour là, donc, nous roulions dans le fourgon en direction de la région parisienne depuis la Bachellerie d'où nous partions. A l'heure dite, mon frère a commencé à essayer d'appeler l'abbaye. Premier problème auquel ni lui ni moi n'avions pensé, il fallait avoir un abonnement permettant d'appeler l'étranger. Il parvient à obtenir un forfait auprès de son opérateur et il recommence. Les premières tentatives le plongent dans un profond désarroi. Il semble que l'appel ne peut jamais aboutir. Il se demande même à un moment s'il ne se serait pas trompé en notant le numéro à appeler. Pour s'en assurer, il appelle ma mère et lui demande le numéro. Il lui demande également de tenter d'appeler depuis la ligne du téléphone fixe. Comme ça, nous seront fixés.
C'est bien le bon numéro et ma mère obtient la même non réponse. Bon. Nous étions prévenus. Nous avions lu des témoignages, une amie de Ypres, en Belgique, nous avait prévenu. Ça allait être difficile. Ça l'a été. Combien de tentatives ? Impossible à dire. Sur des dizaines de kilomètres, mon frère n'a fait que ça. Composer le numéro, attendre, raccrocher, recommencer. Pendant longtemps, il n'y avait même pas la moindre indication que ça sonnait à l'autre bout. Rien. Juste quelque chose qui pouvait laisser penser que la ligne était saturée ou occupée. Et puis, première lueur d'espoir. Ça sonne. Ça sonne mais là ça dit que les lignes sont surchargées. Il y a du mieux. Il essaie et essaie et, enfin, ça y est, quelqu'un décroche. Je n'ai pas entendu la conversation mais ça a été court et je suppose que ça a été lapidaire. Parce que, à l'autre bout, forcément, on sait que l'on appelle pour réserver la bière vendue ce jour là à cette heure ci, que l'on en prendra forcément deux casiers de 24 bouteilles de 33 cl, on se contente de demander l'immatriculation du véhicule et de donner la date et l'heure auxquelles il faudra se présenter. Pas question de discuter plus, on raccroche. Dans le fourgon, c'est un cri de joie. Nous allons avoir nos bières.

Quelques jours plus tard, après être passés par Lille et Dunkerque où nous avons dormi, nous franchissons la frontière belge. Nous avons rendez-vous avec Christine à Ypres (Ieper en flamand) pour midi. Westvleteren n'est pas très éloigné de cette ville qui a donné son nom au gaz moutarde, l'hypérite[1]. Avant tout, nous allons en repérage du côté de l'abbaye. Ah oui, parce que je ne vous ai pas dit mais si nous n'avions pas réussi à réserver la bière, nous n'aurions même pas pu aller en déguster au café In de Vrede. Par la plus grande malchance qui puisse advenir, l'établissement était fermé ce jour là précisément. C'est ballot. Il aurait été ouvert, nous n'aurions pas hésité à aller boire une ou l'autre des trois bières brassées de l'autre côté de la route, vous pouvez me croire !

In de Vrede - Dans la Paix
Ce café, l'In de Vrede, mérite sans aucun doute d'être visité. Déjà, on peut y boire la meilleure bière du monde et ce n'est pas rien, mais on peut aussi s'y restaurer. Peut-être une prochaine fois, sait-on jamais ? Par contre, je reconnais que j'espérais quelque chose de plus joli tant pour l'abbaye que pour le café. Tout cela n'a pas trop de style.

L'abbaye St Sixtus de Westvleteren
Il y a un point important, aussi, à vous communiquer. Lorsque vous avez eu la chance de pouvoir réserver vos deux caisses de bières, vous ne pouvez pas revenir en chercher avant 60 jours. Depuis que nous y sommes allés, le système s'est encore un peu durci. Désormais, il n'est pas possible d'appeler depuis plus de trois numéros de téléphone pour un même véhicule. Je suppose que certains demandaient à tout leur entourage de tenter une réservation depuis une multitude de téléphones.

Et donc, nous avons repéré les lieux et partons pour Ypres où nous sommes merveilleusement bien accueillis avec un apéritif somptueux et gargantuesque. A un point tel que nous en arrivons à nous demander si nous nous sommes bien compris. Il était bien question d'aller déjeuner à Ypres, non ? Mais oui, c'est bien cela. Nous partons en centre-ville et nous découvrons une bien jolie ville flamande avec des façades comme on en trouve là-bas. Très beau, très bien entretenu, très propre. Nous choisissons un restaurant-brasserie. En guise d'apéritif, nous prenons une bière. Et là, à cet instant du récit, j'ai un peu honte parce que je ne me souviens plus du tout de la bière que nous avons bue. Peut-être était-ce simplement une Leffe[2]. Ce dont je me souviens parfaitement, c'est d'avoir mangé une délicieuse carbonade de bœuf, légèrement différente de celle que nous pratiquons de l'autre côté de la frontière, du côté flamand français.
Il ne faut pas trop traîner. Nous avons rendez-vous à l'abbaye pour 15 heures. Je démarre le fourgon et direction Westvleteren ! Lorsque nous parvenons aux abords de l'abbaye, le doute n'est pas permis. Une file de véhicules est là. Combien ? Je ne sais pas exactement. Disons une vingtaine. Nous suivons la lente progression. Vous avez un terrain de quelques centaines de mètres carrés avec une route en U, une entrée et une sortie. Un panneau indique qu'il est interdit de faire des photos. J'en ai tout de même fait une ou deux sans grand intérêt. Passons. Pour le moment, le spectacle se déroule sous nos yeux. On regarde ce qu'il se passe. Une voiture approche du point de livraison. Un moine vérifie la plaque d'immatriculation sur son listing. On ouvre le coffre. Si l'on a des casiers de consignes, on les pose et on charge deux caisses de bières. On remonte en voiture, on fait une dizaine de mètres et on paie au guichet. Il est amusant de voir les mines réjouies. Un moment, je ne sais pas bien pourquoi, une voiture est refoulée. Arrivée trop tôt ? Arrivée trop tard ? Arrivée sans réservation ? Allez savoir. A force d'avancer, c'est notre tour. Nous descendons. Accueil courtois de monsieur le moine préposé à la distribution. Un beau sourire. Il semble heureux de son métier. Heureux de rendre heureux, aussi, sans doute. Et c'est vrai que ce commerce ne fait que des heureux. Non, pas de consignes. Oui, deux caisses. Nous les prenons nous-mêmes sur la pile de caisses. Nous chargeons et nous allons payer. Pour vous dire que nous sommes heureux, nous sommes heureux ! C'est bête, sans doute, mais ça nous a donné un petit sentiment d'avoir réussi un truc incroyable. Je ne ressens pas cela du tout lorsque je vais m'acheter mes kilogrammes de nouilles au supermarché.
On retourne se garer sur le parking déserté du In de Vrede et on immortalise le moment avec une photo d'une caisse de bières.

Caisse de 24 bières Westvleteren

Sur le ticket de caisse, il est bien spécifié qu'il est interdit de revendre les bières. Une particularité des bières de Westvleteren est l'absence d'étiquette. Pour différencier une Abt.8 d'une Abt.10 ou 12, il faut se référer à la capsule. La 8, la moins forte, est une blonde. Les deux autres sont des brunes. La 12 titre 10.2° d'alcool à la mise en bouteille mais peut gagner quelques degrés supplémentaires en vieillissant. Les deux brunes peuvent vieillir plusieurs années. Il paraît qu'elles y gagnent en complexité aromatique. Je vous dirais cela dans deux voire trois ans si je suis toujours vivant et si le blog existe toujours.
Je ne vais pas vous faire l'historique de la bière de Westvleteren. Vous trouverez tout ce que je peux savoir et plus sur Internet. Toutefois, il m'amuse d'affirmer que la Westvleteren a des origines françaises (tout comme la Chimay). En effet, il semble que tout soit parti de l'abbaye du Mont des Cats[3]. Cette abbaye trappiste française produisait une bière renommée jusqu'à ce qu'elle soit bombardée vers la fin de la première guerre mondiale. C'est de cette abbaye que sont partis plusieurs moines avec la recette de la bière dans les poches de leur robe de bure[4] et ont fondé l'abbaye de Saint Sixte. Plus tard, d'autres moines essaimeront et partiront pour Chimay et l'abbaye de Scourmont où est désormais brassée les célèbres bières de Chimay.
Pour ce qui concerne l'interdiction de la revente des bières, il a existé une exception il y a peu. Les moines avaient besoin de financer des réparations du monastère et ils ont décidé de vendre des coffrets de six bouteilles de Abt12. A Bruxelles, nous avons vu deux établissements qui proposaient de la Westvleteren sur leur carte à des prix frôlant d'escroquerie. 10 voire 12 euros pour une bouteille de 33 cl, c'est sans doute exagéré. J'ai même eu la mauvaise idée de demander à une personne qui attendait le client à l'entrée d'un bar à bière du vieux Bruxelles à combien était vendue la Westvleteren affichée sans prix. Il l'a très mal pris. On trouve aussi ces bières vendues sur Internet, sur un site de vente aux enchères célèbre, par exemple. Ainsi, j'ai pu voir un coffret de six bouteilles vendu à 80 euros. Ça fait tousser. Pour information, elle est vendue 2,50 euro à l'abbaye

Certains osent faire un rapprochement cavalier entre la Westvleteren et un Petrus ou une Romanée-Conti. Bon. Je ne connais ni le Petrus ni la Romanée-Conti sinon de réputation mais je sais de source sûre que jamais vous n'aurez des tarifs "bas" en allant chercher votre vin directement à la propriété. Les moines de St. Sixte refusent de faire de l'argent sur la renommée de leur nectar. Ils ont choisi de vivre en restant fidèle à leurs idées. Ils vivent dans la recherche de dieu, sans doute assez modestement. L'argent permet d'entretenir les bâtiments, de faire vivre la communauté, de payer les charges. Il y a une intégrité certaine dans la démarche. Je me suis demandé un instant si leur politique de commercialisation qui entretient une certaine forme de pénurie n'était pas, finalement, un plan marketing bien huilé. Je n'ai pas la réponse mais il me semble toutefois que non.
Les moines ne sont pas sots. Ils savent qu'ils pourraient vendre plus cher, augmenter la production, vendre plus. Ils se contentent de produire environ 4000 hectolitres par an[5], de produire selon leurs besoins, loin des idées libérales délétères et de la sacro-sainte croissance que l'on veut nous imposer comme idée économique.
Ça me fait un peu mal au ventre de dire que je respecte des personnes qui croient en dieu et qui vouent leur vie à cela mais c'est pourtant vrai. Il y a dans cette vie monacale un petit quelque chose qui fait penser aux idées communistes et libertaires. Ce n'est pas pour autant que je vais prendre la robe. Je ne suis de toute manière pas capable de vivre de cette manière.

Enfin pour faire bref, et je ne vous encourage pas à la boisson, si jamais vous aimez la bière et que l'occasion vous ai donnée (voire vendue) de déguster une ce ces bières mythiques, estimez-vous chanceux et heureux. Par contre, et même si cela était malheureusement le cas, ne venez pas me dire que vous ne l'aurez pas aimée ! Il est ici interdit de dire du mal de la Westvleteren.
Il y aurait encore sans doute beaucoup à dire à propos de cette bière. Pour moi, le plus difficile est de trouver une occasion d'en boire une. Ce n'est pas là une bière que l'on boit dans la journée pour se désaltérer comme on boirait une Kronenbourg, bien fraîche, dans la chaleur d'un après-midi estival. C'est clairement une bière de dégustation, à boire à température de la cave, ni chaude ni froide, à tête reposée, en apéritif ou plus tard dans la soirée. Mais pas n'importe quand, pas avec n'importe qui... et sans doute pas seul. Et sinon, pour écrire ce billet, j'ai fait confiance à Jean-Sebastien Bach et à ses fugues pour m'inspirer. Ce que c'est beau !

Verre, bouteilles, sous verre et capsules de chez les trappistes

Notes

[1] Oui, ça n'a rien à voir avec notre histoire mais c'est pour histoire de dire et en rapport avec les commémorations de la Grande Guerre qui fit un grand usage de ce gaz.

[2] N'allez pas penser que je n'aime pas la Leffe. Même si je ne les aime pas toutes, la blonde et la triple me satisfont tout à fait.

[3] Mont des Cats où nous nous sommes rendus et d'où nous avons ramené quelques bières, évidemment.

[4] J'avoue ignorer si les robes des moines sont pourvues de poches.

[5] L'abbaye de Achel a une production encore plus réduite.

samedi 19 juillet 2014

Juste un verre

Un petit verre à bière
Combien peut contenir ce verre selon vous ?

Abbaye de Scourmont

vendredi 4 juillet 2014

Chimay

Longue d'environ trois-cent trente kilomètres, prenant sa source en Belgique et se jetant dans la Seine dont elle est le principal affluent, l'Oise est la rivière de mon enfance. Elle relie Conflans-Sainte-Honorine à Chimay et c'est justement de Chimay que j'ai envie de vous parler aujourd'hui.

Je n'en suis plus vraiment certain, mais il me semble vous avoir déjà vaguement parlé de mon escapade belge. Quoi qu'il en soit, il est un fait avéré, c'est que je suis passé par Chimay.
Pour la plupart des gens, Chimay, c'est une marque de bières belges et rien de plus. Or, il se trouve que, aussi vrai que Bergerac est aussi et avant tout une ville avant d'être un délicieux vin, Chimay est une commune belge avant d'être une brasserie trappiste. Car oui, il est là question de bière trappiste. Récapitulons. Il existe six bières trappistes belges. Comme par hasard, trois sont en territoire flamand et trois sont en Wallonie. Chimay, Rochefort et Orval sont ces dernières. Achel, Westmalle et Westvleteren sont donc en Flandre.
Avec mon frère, compagnon de voyage, nous passions par Chimay pour deux raisons. La première était liée à la bière, la seconde était que j'allais y rencontrer un ami photographe connu sur Internet. Une troisième raison était plus sentimentale et était en relation avec Conflans-Sainte-Honorine, ma ville natale, ville jumelée à Chimay, et à l'Oise qui prend sa source dans cette belle région wallonne. Partis de Bruxelles le matin, nous parvînmes à Chimay en milieu de matinée et nous eûmes tout le loisir d'aller jusqu'à l'abbaye de Chimay (de Scourmont, en fait) et de la visiter. Je fus particulièrement attiré par le petit cimetière très émouvant et très beau, tout en simplicité et en retenue. Des alignements de sépultures toutes identiques séparées de buis taillés. On trouve ici des moines, des nonnes mais aussi des laïcs venus finir leur vie au monastère. Ce n'est pas que je sois particulièrement pressé de mourir mais je me dis qu'être enterré là ne doit pas être si désagréable.

Frère Félix
Frère Eloi et nonne Xavierus
Calme et sobriété

A quelque distance de l'abbaye, l'auberge de Poteaupré, propriété du monastère, permet de faire provision de bières, de fromages et d'autres produits liés à l'activité brassicole des moines. On peut également y déguster les bières ou s'y restaurer. Le cadre est des plus sympathiques, le personnel l'est tout autant.
C'est là que l'on peut goûter les Chimay tirées à la pression. Je savais déjà que le goût changeait selon la contenance de la bouteille, j'ai découvert que la bière avait un goût encore différent une fois servi depuis le fût. Je n'ai pas goûté les trois Chimay intéressantes[1] et me suis contenté de celle que je préfère, la blanche[2].

Auberge de Poteaupré

L'accueil que nous réservait Jean-Michel était largement au-dessus de ce à quoi je pouvais m'attendre. Dans mon idée, nous allions discuter photo en buvant une Westvleteren, nous grignoterions peut-être quelques bricoles et puis nous reprendrions la route pour la frontière française. Ce n'est pas ce qui nous attendait ! Après les présentations mutuelles et quelques discussions liées à la photographie, nous montons dans les appartements. Les premières bouteilles de vin pétillant laissent échapper leur bouchon, l'apéritif traîne un peu et on passe à table pour une excellent lapin à la bière trappiste servi avec des pommes de terre vapeur. Le vin aidant, l'ambiance est maintenant réellement à la rigolade et à la bonne humeur. Je partais à la rencontre d'une connaissance de l'Internet, j'ai trouvé un ami chaleureux et généreux. Une vraie bonne surprise.
Pour aider à la digestion, nous allons découvrir la ville de Chimay et ses vieilles rues. Il s'agit d'une petite ville bien agréable, calme, chargée d'histoire.

Ruelle de Chimay
La nuit tombe sur Chimay

Après avoir dégusté la légendaire et très recherchée Westvleteren 12, nous continuons à discuter et à rire avant de nous décider à enfin reprendre la route pour rejoindre Conflans-Sainte-Honorine où nous arriverons tard dans la nuit, bien fatigués mais bien heureux de ces quelques jours passés en Belgique.
Il me reste encore des photos pour retracer ce petit voyage. Vous n'êtes pas à l'abri que je reprenne ça un de ces jours.

Notes

[1] La quatrième, la Dorée, n'a semble-t-il pas grand intérêt.

[2] la Cinq-cents en bouteille de 75cl.

jeudi 15 mai 2014

Bruxelles la belle

Ah Bruxelles ! Quelle belle ville ! Quelle ville agréable ! Pour un peu, je demanderais la nationalité belge. La découverte de cette ville a été un vrai enchantement. Je vous propose une petite sélection de photographies.

Je suis bien loin d'avoir épuisé ma réserve de photographies faites au cours de mon escapade belge. Ces photos, j'ai décidé de les distiller goutte à goutte, peu à peu, au gré de l'humeur du moment. Peut-être est-ce le désir de faire durer, de ne pas tourner trop vite la page de ce petit voyage.
Pour bien découvrir une ville, le meilleur moyen de transport c'est encore les pieds. Je ne sais pas exactement combien de kilomètres ont été parcourus durant cette journée mais je pense que ça ne doit pas être bien loin des vingt kilomètres. Ce qui est fantastique avec Bruxelles, c'est que l'on n'a jamais vraiment l'impression d'être dans une grande ville, une capitale, une ville importante pour l'Europe et ses institutions. Peu de hauts immeubles, des petites rues et des vieilles maisons. Et puis un calme étonnant ! Vraiment une ville à découvrir.

Marché aux puces - Place du Jeu de Balle

Eglise Saint Gilles

Le Maneken Pis, les touristes et le balayeur

Grand-Place de Bruxelles

L'estrille du vieux bruxelles

lundi 28 avril 2014

Moeder Lambic

Conseillé ici même par un fidèle lecteur, le Moeder Lambic est l'un des estaminets bruxellois réputés parmi tous. Lors de mon passage à Bruxelles, j'ai eu l'occasion de m'y rendre.

Le soir était là. Nous étions arrivé à Bruxelles en toute fin d'après-midi et avions juste eu le temps de déposer nos affaires au Bed and Bruxelles. Le fourgon était garé quelque part dans la ville, là où j'avais pu trouvé de la place. Après nous être renseigné, nous avions décidé de nous rendre au Moeder Lambic qui, par chance, n'était pas très éloigné. Nous n'eûmes pas de difficulté particulière à trouver l'établissement. En terrasse, quelques personnes buvaient leur bière tandis que la salle était déjà pleine à craquer. Nous nous installons en terrasse.
Nous étions assis depuis à peine quelques minutes que les premières gouttes s'écrasaient sur le trottoir. Rapidement, c'est un véritable déluge qui s'abat sur Bruxelles. Tous ceux qui se trouvaient en terrasse ou qui passaient à proximité du Moeder Lambic prennent la salle d'assaut. Plus possible de bouger ou presque. Dans un brouhaha incroyable, serrés comme des sardines, nous parvenons à passer commande de deux "Jambe de bois", excellente bière bruxelloise. L'envie de faire des photos me démange. Je m'approche du comptoir et demande au serveur si je peux photographier. Il m'affirme que oui. Je sors l'appareil du sac, le règle sur une très haute sensibilité et réalise quelques images.

Moeder Lambic - Bruxelles
Bien difficile de bouger tellement il y a du monde. En me dressant sur la pointe des pieds, j'arrive tant bien que mal à viser au-dessus des têtes. Dans mon idée, ces photos seront traitées en noir et blanc. Ça s'est imposé comme une évidence. Il y a très peu de lumière, je sais que le résultat sera granuleux et que, en raison de la haute sensibilité, il me faudra choisir entre les hautes lumières et les zones sombres. Je choisis les zones sombres. Dehors, il drache plus fort que jamais et d'autres personnes parviennent encore à entrer. J'ai posé mon verre de bière sur un coin de table. J'y reviens entre deux photos.

Moeder Lambic - Bruxelles
A l'intérieur, l'ambiance est joyeuse. Ça parle très fort, ça rigole de bon cœur. Pendant ce temps, dehors, l'averse tourne à l'orage. On entend une énorme déflagration accompagnée d'un grand éclair et suivie sur l'instant d'un fracas de verre brisé. La foudre a dû s'abattre sur une verrière ou quelque chose du genre. Je retourne boire une gorgée et retourne à mes photos.

Moeder Lambic - Bruxelles
La pluie tombe toujours lorsque nous décidons de quitter l'établissement. Il y a vraiment trop de monde. Impossible de bouger et puis nous sommes un peu fatigués. Il est l'heure d'aller rejoindre notre chambre.
Je regrette un peu de n'avoir pas pu profiter plus de ce bar, de n'avoir pas goûter d'autres bières et de ne pas avoir trouvé le temps d'y revenir avant de quitter Bruxelles. Je conseille cet estaminet à qui passe par la ville.

Moeder Lambic - Bruxelles

vendredi 25 avril 2014

Deux chevaux AZL 1958

Hier, une personne vient toquer à ma porte. Elle est intéressée par l'achat de ma 2cv. Je lui dis que je ne suis pas encore certain de vouloir m'en débarrasser et il m'apprend qu'il possède, lui aussi, une 2cv, un modèle belge de 1958. Comme il habite juste à côté, je lui demande si je peux aller la prendre en photo.

Voiture française s'il en est, la Citroën 2cv a été également produite dans d'autres pays et notamment en Angleterre et en Belgique. Des 2cv d'origine belge, je n'ai pas le souvenir d'en avoir déjà vu. C'est désormais chose faite. Il est amusant de noter les petites différences entre les 2cv nationales et ce modèle-ci.
2cv AZL 1958 Belge
2cv AZL 1958 Belge
Sur la face arrière, on peut noter la présence d'un pare-chocs en aluminium supportant des catadioptres ainsi que deux feux d'éclairage de plaque et un support de plaque basculant laissant accès à la roue de secours et au cric.

2cv AZL 1958 Belge
2cv AZL 1958 Belge
A l'avant, encore un pare-chocs en aluminium et peu de spécificités autres. On note tout de même les enjoliveurs de roue typiques.

2cv AZL 1958 Belge
2cv AZL 1958 Belge
Les plaques constructeur sont là pour montrer que nous sommes bien en présence d'un modèle belge.

2cv AZL 1958 Belge
L'intérieur est, avec la trappe de roue de secours, l'élément le plus intéressant à ce petit jeu des différences. Le tableau de bord est totalement redessiné et on note la présence de vide-poche dans l'habillage des portières avant. On peut aussi apercevoir la commande de clignotants, à gauche de la colonne de direction. Sur les 2cv française de la même époque, les clignotants s'actionnent encore directement sur la centrale clignotante. Le volant est lui aussi spécifique. Par contre, le phare placé devant le pare-brise est un ajout personnel du propriétaire actuel et n'a rien à voir avec une quelconque option d'époque.
Au rang des différences, celle qui m'étonne le plus est la présence d'une vitre de custode. On ne la verra arriver en France que bien des années plus tard, en 1965. Pour les autres curiosités, il y a le support de batterie 6 volts qui est muni d'un système pour recevoir un bidon d'huile de deux litres. Sous le capot moteur, je n'ai pas noté de grandes différences hormis cela.
Avant de le quitter, le propriétaire de cette jolie automobile m'a annoncé qu'il était désireux de la vendre... 10000 euros. Je n'ai même pas toussé.

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