mardi 2 février 2016

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 4

Feuiileton collaboratif du mardi

mardi 26 janvier 2016

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 3

Feuiileton collaboratif du mardi

mardi 19 janvier 2016

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 2

Feuiileton collaboratif du mardi

mardi 12 janvier 2016

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 1

Sur presque un an, du 17 juillet 2012 au 9 juillet 2013, le blog a joué à construire un feuilleton collaboratif. Aujourd'hui, le feuilleton revient ! C'est Liaan qui a décidé d'entreprendre la transcription de l'histoire en bandes dessinées. Je ne sais pas s'il a conscience de l'énormité du travail qui l'attend et je ne sais pas plus comment il traitera tout ça mais d'ores et déjà, je vois à la lumière des premières planches que notre dessinateur a un énorme talent. Pour ne pas rompre avec la tradition, ce sera chaque mardi que vous pourrez découvrir cette aventure dessinée.

Feuiileton collaboratif du mardi

mardi 22 décembre 2015

Vieilleries bédéesques

Le hasard, c'est tout de même un drôle de truc. J'en ai eu la preuve une fois de plus pas plus tard que tout à l'heure. Il y a quelques jours de cela, mon plus jeune frère m'amène quelques albums de bandessinée que je n'ai pas lus depuis bien longtemps. Ce matin, je décide après un long temps de réflexion d'aller les poser sur la pile des BD, revues et bouquins à lire. Je ne sais pas comment je me débrouille mais voilà que la pile s'écroule, rompant la belle architecture toute faite d'une savante maîtrise de l'équilibre appliquée aux objets du quotidien dont je me suis fait un expert réputé. Pestant et rageant, j'entreprends la reconstitution de ce bel ordonnancement pour redresser la situation et la pile qui doit atteindre le mètre. En attrapant les bouquins, revues et albums, je trouve deux vieux albums, l'un des Aventures d'Astérix le Gaulois et l'autre des Aventures de Tintin et Milou. Là, quelque chose s'allume dans mon cerveau. Une idée ! Le cerveau me raconte qu'il y a un rapprochement à faire entre toutes ces vieilles BD.
Comme on peut le voir sur la photo qui illustre ce billet, ces BD ne sont pas neuves et elles montrent des signes de fatigue indiquant qu'elles ont été lues et relues. D'un côté, nous avons deux albums qui sont des best sellers indiscutables et de l'autre deux albums à la diffusion plus confidentielle. Pour l'album de Jacques Devos, j'ai déjà dit par ailleurs ce que j'en pense. Pour l'album de Georges Grammat, c'est différent. Si mes souvenirs ne me jouent pas de tours, il me semble que c'est moi qui aurais pu l'acheter sur un marché à Conflans-Sainte-Honorine. Je n'en suis pas certain à cent pour cent mais j'ai un souvenir de ce genre. J'aurais acheté deux albums, celui-ci et un de Derib, Les Ahlalàààs. Et pour tout vous dire, l'album de Grammat est parfaitement génial. Je me réjouis déjà de le relire bientôt.
Mais alors, pourquoi certains auteurs ne parviennent pas à percer quand d'autres cartonnent ? En général, il me semble qu'il y a une forme de "justice". Souvent, quoi qu'on en dise, le public est bon juge et ce sont les meilleurs qui restent. Cela n'empêche pas les accidents avec des "bons" qui ne sont pas reconnus et des "mauvais" qui réussissent. Je pense tout de même que le talent et l'intelligence sont récompensés. Que ce soit le couple Goscinny-Uderzo ou que ce soit Hergé, on ne peut pas, selon moi, leur dénier un réel quasi génie. Les albums d'Astérix ou de Tintin conservent aujourd'hui tout leur intérêt et je suppose que les enfants d'aujourd'hui se plongent avec le même appétit dans ces aventures que ceux d'hier.

Bédés

mardi 8 décembre 2015

Steve Pops

Ce n'est peut-être pas l'auteur le plus connu mais il a marqué mon enfance. Quelque part aux tout débuts des années 70, mon grand-frère fait entrer un album de Jacques Devos dans la maison. Il s'agit de "Steve Pops contre Dr Yes". Je suis alors très jeune et je ne saisis pas toutes les allusions aux films de James Bond qui émaillent le récit. Pour autant, je me délecte de cette histoire à un tel point que je la lis et la relis jusqu'à la connaître par cœur.
Il faut attendre le début des années 2000 pour que mon grand-frère trouve le deuxième album de Steve Pops, "Opération Eclair". A mon avis, il est nettement moins bon. Je le lis et il me donne l'envie de relire le premier. L'affaire semble vouloir s'arrêter là. A la fin de ce deuxième album existe bien la promesse d'un troisième mais il semble n'avoir jamais été édité.
En cherchant sur Internet, on finit par apprendre l'histoire de ce troisième album. Jacques Devos l'aurait livré aux éditions Casterman et là, il se serait perdu. Perdu ou volé ? On ne le sait pas. Toujours est-il qu'il a disparu. L'histoire prétend que l'auteur en serait devenu dépressif. On peut le comprendre.
Et puis, en 2015, l'affaire des planches disparues rebondit. Jean-Jacques Devos, le fils de l'auteur, est contacté par courrier électronique. On lui apprend qu'une des planches disparues vient de faire son apparition sur Internet. Ce sont Anne et Gilles Doumerc qui vont jouer un rôle majeur dans cette affaire rocambolesque. Ils vont écumer les ventes publiques, remettre la main sur les planches, créer une police de caractères, scanner les planches manquantes depuis les copies existantes et surtout remonter l'album !
L'éditeur "le coffre à BD" est contacté pour une édition de cet album auquel se joindra les deux premiers ainsi que l'ultime, le quatrième, auquel Jacques Devos avait travaillé. Si le troisième, celui qui avait été perdu est édité encré mais en noir et blanc, le dernier est à l'état de crayonné et d'esquisses.
Que penser de ces deux derniers albums ? Nous ne sommes certainement pas en présence du meilleur de la bande dessinée. Les histoires ne visent pas l'excellence et n'égalent jamais celle du premier album qui reste le meilleur. Cependant, il est très intéressant et fort instructif de lire le dernier album en cela qu'il permet un peu de voir comment un dessinateur monte ses planches avant de passer au dessin définitif. J'ai compris certaines choses. Il n'est pas dit que cela me permettra de devenir bédéiste mais je pense avoir progressé dans la compréhension de la construction d'une histoire et du placement des dessins.

Jacques Devos - Steve Pops

vendredi 20 novembre 2015

Purge de disque dur

C'est bien le problème avec la photo numérique. C'est trop facile de déclencher à tort et à travers et on prend des quantités phénoménales de photographies que l'on stocke sur son disque dur jusqu'à ce que l'on se rende enfin compte du fait que la plupart d'entre-elles sont sans intérêt et que l'on pourrait tout à fait les effacer sans qu'elles ne nous manquent le moins du monde. C'est ainsi que, suite à mon passage à la Foire du Livre de Brive-la-Gaillarde, en Corrèze, j'ai été pris d'une nouvelle frénésie de déclenchements intempestifs autant qu'inutiles. Si, par chance, je n'y suis pas resté trop longtemps, le mal a eu le temps de faire son œuvre et voilà que je dois faire face à un disque dur tout congestionné d'avoir avalé trop d'images numériques. Il m'arrive de me demander si la science et la médecine réunies ne pourraient pas m'être de quelque secours. Qu'est-ce qui peut bien me pousser à photographier Jean-Pierre Coffe ? Franchement ? Oui, bien sûr, c'est une personnalité connue, une vedette. Voudrais-je signifier par mon acte que j'ai rencontré ou, tout du moins, reconnu le personnage ? Et alors ? Qui ne reconnaîtrait pas l'homme qui ne fait rien pour passer inaperçu ? Quel exploit, vraiment !

Jean-Pierre Coffe
Je vous ai déjà montré une photo de Charline Vanhoenacker et une autre de Bruno Léandri. Je ne me suis pas arrêté là et je n'ai pas hésité un instant à photographier des auteurs de Fluide Glacial. Romain Dutreix et Pluttark, par exemple, mais aussi Hugot ou Claire Bouilhac qui dédicaçait un livre écrit par Mylène Demongeot et illustré par elle. Hugot, je l'ai rencontré dans Hara-Kiri Hebdo au début des années 80. Il dessinait alors la série "les deux mecs" dont l'absurdité me faisait rire aux éclats.

Romain Dutreix
pluttark.jpg
Claire Bouilhac et Mylène Demongeot
Hugot et ses bretelles

vendredi 13 mars 2015

Moi René Tardi, suite

Je vous parlais du premier opus[1] de l'histoire de René Tardi, père de Jacques le 15 décembre 2012. Aujourd'hui, je vais vous causer du deuxième livre qui précède, on nous le laisse entendre, un troisième. Dans ce deuxième épisode, nous retrouvons René Tardi sur la route durant son retour à la liberté depuis la Poméranie orientale jusqu'à Valence.

Moi René Tardi prisonnier de guerre au stalag IIB - Jacques Tar
C'est la fin de la guerre et face à l'avancée de l'Armée rouge, on vide les camps, ceux ordinaires, les stalags, et les camps d'extermination, aussi. Pour les prisonniers, déjà mal en point, c'est une longue marche qui débute sur les routes avec des détours, des haltes plus ou moins longues, la faim, les exécutions. Les jours passent et la guerre est de plus en plus mal engagée pour les Allemands. Les bombardements alliés écrasent des villes, l'armée allemande n'a plus de quoi faire voler ses avions, les camions, les chars d'assaut sont en panne de carburant. Pourtant, certains soldats croient encore en la capacité d'Hitler à gagner la guerre.
En s'appuyant sur le carnet de son père dans lequel il s'est attaché à décrire le plus fidèlement possible sa vie dans ce stalag et la marche jusqu'à la liberté, Jacques Tardi livre une bande dessinée forte en charge émotive et en colère rentrée contre les nazis mais aussi le peuple allemand qui approuvait encore assez largement les idées de Hitler et ses acolytes. Jacques Tardi se représente comme l'enfant qui aurait pu être aux côtés de son père pour lui poser des questions, pour expliciter tel ou tel détail, pour s'interroger et pour critiquer, aussi.
Plus que le premier tome et peut-être parce que plus en contact avec la population civile, cette BD me semble être en colère, avoir un appétit de vengeance. Il faudra que je relise le premier épisode. Apparemment, Jacques Tardi laisse supposer qu'il y aura une suite à l'histoire, après que René est rentré chez lui à Valence et qu'il a été réintégré dans l'armée française, lui qui s'était engagé avant guerre.
L'histoire nous emmène depuis le stalag IIB en Poméranie, en hiver, jusqu'à la rencontre avec les soldats anglais et américains, les libérateurs, puis jusqu'à Valence. En aparté, on assiste au suicide de Hitler dans son bunker et à celui de temps d'autres dignitaires nazis et de leur famille. C'est la débâcle espérée par certains et crainte par d'autres. Pour moi, vraiment, c'est toute la partie qui explique qu'une large partie du peuple allemand était rangée aux idées nazie qui m'a mis en colère. J'imagine que c'est la preuve de la force de cette BD. Je n'ai pas connu la guerre, je n'ai pas eu à en souffrir, je n'étais bien sûr pas dans ce stalag IIB, je n'ai forcément jamais rencontré René Tardi. Et pourtant, à la lecture de ce livre, j'avais le sentiment de le vivre. Etonnant. Je vous conseille la lecture, ça vaut le coup.

Note

[1] j'aime bien quand ça fait un peu pompeux, des fois

vendredi 24 octobre 2014

Quand lama fâché

Le 20 septembre dernier, je vous parlais de l'ouvrage de Philippe Goddin expliquant la genèse de l'album "Les 7 boules de cristal". Aujourd'hui, je vous présente la suite de cette étude intitulée "La Malédiction de Rascar Capac". L'auteur endosse le costume d'historien et nous plonge dans l'histoire de l'histoire. En route pour les Andes !

"Quand lama fâché, señor, lui toujours faire ainsi...". D'une manière générale, on ne peut pas dire que Hergé ait choisi l'humour dans ses aventures de Tintin, lui préférant l'aventure et le suspense. Toutefois, Hergé devait aimer rire et, à mon avis, c'est la raison pour laquelle il a créé des personnages hilarants qui sont autant de faire-valoir au héros bien trop sérieux et impliqué dans ses aventures. Les deux Dupondt, Tryphon Tournesol, Bianca Castafiore, l'insupportable Séraphin Lampion et, bien entendu, le capitaine Archibald Haddock lui-même. Cette explication sur l'attitude du lama cracheur est donnée par un jeune Péruvien au début de l'album, peu après que Tintin et Haddock ont atterri en Amérique Latine.
Tandis que l'album précédent se termine sur un fond de fin de deuxième guerre mondiale et d'accusations de collaboration, Hergé ayant publié ses planches dans le quotidien "le Soir" dirigé par les occupants allemands, "le Temple du Soleil" va être publié dans le tout nouveau "Journal de Tintin". Parce que la première partie de cette histoire n'a pas encore été éditée en album et que tout le monde n'a pas lu les planches des 7 boules de cristal dans le journal durant la guerre, Hergé va débuter la deuxième partie en résumant à grands traits le contenu de la première partie. Ces premières planches seront bien évidemment absentes de l'album qui sera édité par Casterman par la suite. La lecture de l'ouvrage composé par Philippe Goddin a donc pour premier intérêt de nous montrer ces premières planches inconnues de celles et ceux qui n'ont pas l'âge d'avoir pu lire les premiers numéros du Journal de Tintin. Et ce n'est pas là le seul intérêt que l'on peut trouver dans cette étude historique.

La malédiction de Rascar Capac
La création du Journal de Tintin prive Hergé d'un précieux collaborateur. E.P. Jacobs décide de voler de ses propres ailes et de faire vivre ses Blake et Mortimer. D'un autre côté, Hergé est bien occupé à composer l'album des 7 Boules de Cristal qui va paraître. Si l'on ajoute à cela la lourde blessure que ressent Hergé suite aux accusations de collaboration avec les nazis et la dépression qui s'ensuit, on comprend que la réalisation de ce deuxième épisode de l'aventure avec les Incas va prendre du temps. La pré-publication du Temple du Soleil va s'étaler du 26 septembre 1946 au 22 avril 1948 à un rythme hebdomadaire et avec des périodes de ralentissement dans la production des planches qui conduira à un passage de trois à deux planches publiées chaque semaine.
Philippe Goddin puise dans la riche documentation de la Fondation Hergé pour nous faire découvrir les sources d'inspiration du dessinateur. Comme dans l'ouvrage précédent, le tintinophile plonge dans une phénoménale quantité d'informations plus ou moins passionnantes mais toujours intéressantes. Il nous fait comprendre les étapes de la création de l'album tout en nous éclairant sur la vie plus intime du créateur. Ainsi apprend-on le désir de Hergé de partir s'exiler en Amérique du Sud et le risque d'implosion du ménage. On savait Hergé submergé par la dépression durant une longue partie de sa vie et on pense en comprendre la source à la lecture des explications données par l'historien.

Plus que "Les 7 Boules de Cristal", "Le Temple du Soleil" est l'un de mes albums préférés des aventures de Tintin. Peut-être parce qu'il est celui qui m'a le plus fait voyager ? La découverte de ces paysages andins, de cette civilisation cachée fidèle à ses croyances, les mystères, la condamnation à mort de Tintin, Haddock et Tournesol, le suspense qui tient jusqu'au bout font que cet album me paraît être l'un de ceux qui marche le mieux. Je me souvient de ma rencontre avec cet album. Il m'a réellement tenu en haleine et j'ai eu du mal à le refermer. C'était chez une cousine.
Selon moi, la force de Hergé est de réussir à inscrire profondément les histoires dans la mémoire du lecteur. Je comprends tout à fait que l'on puisse ne pas aimer Tintin et Hergé. Je ne suis pas un inconditionnel de Tintin et Hergé. Il n'en reste pas moins que j'aime à me replonger dans ces aventures et que je prends plaisir à les redécouvrir. Je l'ai déjà dit, je n'aime pas les premières aventures de Tintin. Le premier qui me plaise vraiment est, je pense, "Le Lotus Bleu". Par la suite, il en est quelques uns que je considère comme mineurs et d'autres qui me rendent réellement enthousiaste. Ce "Temple du Soleil" est de ceux-ci et je pense qu'il n'est pas étonnant que Philippe Goddin ait commencé par ces deux albums pour nous expliquer d'une façon aussi poussée le monde de Hergé.

La malédiction de Rascar Capac
Bien qu'il soit sans doute Tintinolâtre encore plus que Tintinophile, l'auteur, Philippe Goddin, ne s'interdit pas de lâcher ses flèches contre Hergé et de mettre le doigt sur des erreurs, des invraisemblances, des approximations. Il les explique, les excuse souvent. Hergé ne connaissait pas l'Amérique Latine, il n'y avait jamais posé les pieds, et devait faire avec la maigre documentation à sa disposition. Qu'importe ! L'histoire fonctionne et je continue et continuerai à la lire avec mes yeux d'enfant, comme dans la petite chambre de la cousine.

jeudi 9 octobre 2014

Trou noir

Je peste et fulmine et dehors, c'est presque la tempête. Il pleut des kilolitres de flotte, une flotte qui s'insinue partout et jusqu'à mon intérieur, en passant par la cheminée qui n'est visiblement pas étanche. Puisque je n'arrive pas bien à faire le dessin sur lequel je sue (ce qui ajoute encore à l'humidité ambiante), je vais vous parler aujourd'hui d'un auteur qui sait ce qu'est le noir, Charles Burns.

J'ai découvert Charles Burns dans le film d'animation "Peurs du noir", une œuvre collective avec des courts métrages d'animation de Blutch, Marie Caillou, Pierre di Sciullo, Lorenzo Mattotti, Richard McGuire et, donc, Charles Burns. De toutes ces personnes, celle que je connaissais le mieux était Blutch. Je connaissais un peu Marie Caillou et ignorais tout des autres. Dont Charles Burns, donc.
Pour dire la vérité, j'ai rencontré Charles Burns à l'occasion de son court métrage et puis je l'ai oublié. Son dessin me faisait penser à celui de Mezzo, artiste français et dessinateur de bandes dessinées. Il y a, selon moi, une réelle similitude d'esprit et de technique entre Mezzo et Charles Burns. A un tel point que, je le reconnais, je les confondais.
Je l'ai déjà dit, me semble-t-il, mes goûts en matière de bande dessinée me guident de préférence vers la BD d'humour. En premier, avant la qualité du dessin, il faut que ça me fasse rire. C'est pour cela que j'aime beaucoup, entre autres, Binet, Lefred Thouron ou Vuillemin et que je déteste (ou presque) toutes les productions de ces merveilleux dessinateurs qui m'ennuient à mourir.
Pour sûr, le livre dont je vous parle aujourd'hui, "Black Hole", n'a pas pour idée de faire rire. Normalement, je n'aurais pas dû m'y intéresser et il est évident que si ce n'avait pas été un copain qui l'avait prêté à mon frangin qui, à son tour, me l'a prêté, je ne l'aurais pas lu. "Black Hole" n'est pas de la BD humoristique et, même, est finalement assez éloigné de la BD. Le livre nous raconte une histoire d'une noirceur sombre (?) et terrifiante d'adolescents atteints d'une étrange maladie. C'est violent. Très.

Charles Burns - Black Hole
Je suis entré dans ce livre sans grand plaisir et en me demandant si j'allais aller au bout. Pour moi, nous sommes plus dans le cadre d'un roman illustré que dans une vraie BD. Charles Burns aurait pu se passer des phylactères et faire comme les ancêtres des bédéistes, mettre du texte sous les dessins. Du coup, la lecture de ce livre n'est pas tout à fait comme la lecture d'une BD plus traditionnelle. Chaque case est indépendante de celle qui suit (et de celle qui précède aussi). Enfin pas tout à fait parce qu'il y a tout de même une histoire que l'on suit de case en case mais je me comprends[1]. L'auteur nous emmène dans un cauchemar qui met réellement mal à l'aise. Il met en scène quelques adolescents à qui il arrive des choses que l'on qualifiera de bizarres. Pour le moins. Très étranges, ces choses. Il y a du sexe, de la drogue, de l'alcool, du sang, des morts, des bouts d'os, des monstres et des mutations inexpliquées. C'est déprimant et dépressif en plus d'être jouissif.

Charles Burns - Black Hole
Mais plus que l'histoire hypothétique[2], c'est l'art et la maîtrise de cet art de l'auteur qui ont retenu mon attention. Charles Burns est un maître incontestable du noir et blanc. C'est un fou furieux de l'encrage. Techniquement, j'arriverais à réaliser ce qu'il fait, je serais heureux ! Par contre, j'espère qu'il a un contrat avec son fournisseur d'encre parce qu'il ne lésine pas à en mettre, de l'encre. Je me suis demandé s'il n'utilisait pas de la carte à gratter mais je ne le pense pas. La précision du trait est impressionnante. Au niveau du dessin, à mon avis, il n'y a jamais rien en trop, jamais rien à ajouter non plus. Rien à jeter, c'est certain. Il n'y a pas un seul passage qui ne soit pas purement en noir ou en blanc. Il n'y a pas de trame, pas de faux-semblant. Que du noir et du blanc, de la nuit et de la lumière. C'est beau !

Charles Burns - Black Hole

Notes

[1] Si vous ne me comprenez pas, dites-vous que ce n'est pas très important.

[2] Je ne suis pas certain qu'elle soit si importante.

samedi 20 septembre 2014

Les boules de Tintin

La tintinophilie est une curieuse maladie qui, le plus souvent, vous tombe dessus dans l'enfance et dont vous avez le plus grand mal à guérir. En plus d'être chronique, cette maladie est très contagieuse. Je viens de terminer la passionnante lecture de "la Malédiction de Rascar Pacac", ouvrage de Philippe Goddin qui retrace la genèse de l'album "les 7 boules de cristal" en l'expliquant, en le mettant dans le contexte de l'époque, en parlant de Hergé et de sa collaboration avec Edgar P Jacobs.

On aura beau dire ce que l'on voudra, Hergé et son héros principal, Tintin, sont des socles indéboulonnables de la bande dessinée. On peut ne pas aimer ou prétendre ne pas aimer, on ne peut pas nier que l'œuvre de Hergé est un pan majeur de cette forme de narration.
Il est couramment admis que l'on peut mettre à part les trois premiers albums de Tintin. Dans le premier, Hergé faisait sans doute preuve de trop d'anti communisme, dans le deuxième album, il était certainement trop colonialiste. Pour le troisième, celui où Tintin part combattre la maffia aux Etats-Unis d'Amérique, on notera probablement qu'il donne une vision peu compatible avec la "bien pensance" de rigueur depuis bien des années, notamment dans sa description des indiens.
Il y a des tintinophiles, il y a aussi des tintinophobes. On a souvent reproché à Hergé d'avoir représenté les méchants sous des traits caricaturaux trop marqués. De fait, il est bien difficile de prendre la défense de Hergé sur la question du racisme. On lui a aussi fait le procès de sa position vis-à-vis de l'occupant allemand durant la dernière guerre mondiale. Hergé a continué à collaborer avec le journal qui publiait ses planches alors que ce titre était tombé sous le contrôle des nazis. De fait aussi, dans les différents albums qui conduisent Tintin hors d'Europe, on ne peut pas ne pas constater des propos très douteux. On a beaucoup écrit sur Hergé et mon avis est que le personnage n'était pas au-dessus de tout soupçon. Ceci dit, il nous a laissé quelques belles histoires dont celle qui nous occupe aujourd'hui, parue en deux albums. "Les 7 boules de cristal", donc, suivi de "Le temple du soleil".
"Les 7 boules de cristal" est réalisé durant la guerre, sous occupation nazie. Avant d'être un album, il paraît sous la forme de planche de quelques cases quotidiennement ou presque dans le journal "Le Soir". L'ouvrage conçu par Philippe Goddin nous propose de découvrir cette version originale du récit avec beaucoup de détails, d'explications, de commentaires, de documentation. On aura intérêt de se munir le l'album et de lire les deux versions concomitamment afin de comparer. Evidemment, la version parue dans le journal est au trait. Pour la parution en album, les planches seront découpées et remontées, elles seront mises en couleur, le lettrage sera entièrement refait. Des parties seront abandonnées tandis que d'autres seront revues ou créées pour l'album. Ce qui est vraiment très intéressant, c'est de pouvoir se plonger dans la méthode de travail de Hergé. Par exemple, il mettait souvent Edgar P Jacobs à contribution pour croquer une posture ou une position.

La Malédiction de Rascar Capac - Philippe Goddin
Alors voilà, entre un Hergé qui se laisse aller à exprimer des idées antisémites, racistes, anti-bolchéviques, qui aurait collaboré avec les nazis[1] en travaillant pour le journal volé[2] et Tintin qui a tant fait voyager les jeunes et leur à fait découvrir l'Amérique du Sud comme le Tibet, les fonds sous-marins comme les cirques lunaires, qui a rencontré le Yéti et tant d'autres personnages, entre ce dessinateur qui est un homme avec ses faiblesses et ses parts d'ombre et les Dupondt, Tournesol, Haddock, la Castafioire et Séraphin Lampion, Rastapopoulos et Nestor, le bilan est, à mon avis, positif. Aujourd'hui, je ne saurais dire combien d'années après ma première rencontre avec Tintin, je prends toujours un vrai plaisir à lire certains albums.
On m'a communiqué alors que je suis en train d'écrire ce billet[3] un lien vers le site de France Culture qui permet d'écouter une série d'émissions consacrées à Hergé et Tintin.

Notes

[1] Mais il faut aussi reconnaître qu'il lui fallait travailler pour vivre.

[2] Selon les termes mêmes utilisés à l'époque.

[3] Le billet est écrit le vendredi 19 septembre.

jeudi 6 mars 2014

Promenons-nous en chanson

Hier, j'ai eu l'idée d'un dessin de 2cv. J'ai commencé à faire un dessin et puis je me suis dit que je pourrais aussi m'amuser à faire un autre dessin et puis encore un autre. Voilà que j'étais en train de faire quelque chose qui pourrait être mis sous une forme de trois cases de BD. Mince alors. Par contre, je n'avais (et n'ai toujours pas) la moindre idée de ce que celle-ci pouvait raconter. Pas grave.
J'ai commencé à faire l'encrage au pinceau et, pour quelques menus détails, je me suis dit que le recours à un Rotring© pourrait être une bonne idée. Seulement, je vous le donne en mille, le Rotring© était bouché. Bien complètement bouché comme il faut. J'ai entrepris un débouchage en règle. Il m'a fallu extraire l'aiguille pour y parvenir. C'est délicat, ça.
Et puis, finalement, je n'ai pas tant utilisé le Rotring© que ça. Pas grave. Pour m'occuper, je me dis alors que je pourrais m'amuser à faire une mise en couleurs. Sauf que ça m'a vite gonflé. J'ai salopé le truc et ça donne ce que ça donne. Pas bien grave.

Promenade en 2cv

vendredi 5 juillet 2013

Dessin en entier

planche
Et surtout, n'oubliez pas de donner des euros pour sauver l'UMP !

Dessin en morceaux

Je vais essayer de terminer mon dessin aujourd'hui. Là, j'ai terminé le crayonné commencé hier soir. Je vais passer à l'encrage. Je ne le mettrai pas en couleurs. Du moins, je ne pense pas que je le ferai. On verra. Ce billet sera donc en plusieurs morceaux et s'enrichira à mesure que mon travail avancera. Pour commencer, un détail du dessin en cours. J'aurais pu le montrer dans son entier mais ça aurait cassé l'effet de surprise, me semble-t-il.
cavamieux.jpg
cavamieux2.jpg
cavamieux3.jpg
C'est maintenant que je vais passer aux choses sérieuses et qu'il y a grand risque de tout bousiller. La suite à venir...

Et voilà la chose terminée.
Rubrique littéraire

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