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mardi 10 juillet 2018

Plouf


On m'a demandé de photographier une piscine. Je n'ai rien contre les piscines tant qu'elles se tiennent éloignées de moi. Je n'ai rien contre les piscines. Contre l'eau, si. Or, que serait une piscine sans son eau ? Une piscine vide, oui, d'accord. Autant dire, pas grand chose. Un trou bête et cher.
Vide ou pleine, une piscine est un dispositif dangereux. Si elle est pleine, on risque de s'y noyer ou, pire encore, de s'y mouiller. Vide, on peut craindre d'y choir, de s'y casser un membre ou deux voire la tête qui, notez-le, n'est pas un membre. Par exemple, au sein d'une association, vous trouverez des membres. Et à la tête de cette association, un président. Cela montre que la tête est au dessus des membres. Regardez-vous dans une glace, plus ou moins haute et large selon votre corpulence et votre taille. Vous devez bien voir que la tête est au-dessus des membres, bras, jambes et pénis si vous êtes un homme. Si vous ne voyez pas le pénis, c'est soit que vous n'êtes pas nu, soit que vous êtes une femme. Si vous êtes une femme et que vous voyez un pénis, c'est qu'un ami proche vous joue un tour.
Il faisait beau et chaud. Ceci est un contrepet un peu facile, j'en ai bien conscience. Je n'ai pas trouvé mieux pour signifier que le soleil brillait et que la température ambiante tutoyait (quelle familiarité !) les 30°C. On m'avait demandé de venir faire les photos de la piscine. Je me suis dit que, peut-être, avec un puissant téléobjectif, j'allais pouvoir tenir l'ennemie à distance. J'avais aussi imaginé me munir d'une chaise pour agir à la manière des dompteurs que l'on représente ainsi tenir le lion éloigné dans les illustrés pour enfants. Je me suis dit que je trouverais bien une chaise sur place. Il n'y avait que fauteuils en PVC et transats en cochonnerie métallique.
Il ne m'a pas fallu longtemps, à peine quelques secondes, pour comprendre que j'allais devoir prendre sur moi et approcher de la piscine. N'écoutant que mon courage qui est souvent mauvais conseiller, je faisais fi de ma peur panique de l'eau trop claire, trop bleue, trop artificielle pour être eau nette. Par peur du ridicule, je n'osais réclamer une bouée ou une combinaison de plongeur. Et bon, me voilà accroupi au plus près de l'eau, me persuadant qu'elle ne me veut pas de mal, que je n'ai rien à craindre d'elle. Tout s'est bien passé. L'eau ne s'est pas jetée à ma gorge, nulle vague n'est venue me submerger, je ne me suis pas mouillé un millimètre de peau. J'en suis sorti grandi.

Les Songes de C'Kaylann
Les Songes de C'Kaylann
Les Songes de C'Kaylann

Les Songes de C'Kaylann

mercredi 20 juin 2018

Oscar Go, l'escargot fil-de-fériste intrépide


Qui aurait été comme je l'étais à Azerat ce soir là aurait eu l'insigne honneur doublé de la chance inestimable d'assister à l'unique représentation que l'artiste donnait en France lors de sa tournée mondiale.
Sur un double câble tendu entre deux maisons d'habitation, à pas mesurés, sur un seul pied, Oscar Go se permettait les plus dangereuses figures n'hésitant pas, suscitant la peur et la crainte mais aussi le bonheur et la joie du public, à s'essayer aux plus délicates figures, allant à l'encontre des règles qu'enjoint la prudence, mère de toutes les vertus jusqu'à pousser les limites de l'équilibre dans ses derniers retranchements, la tête obstinément dirigée vers le bas, tout le poids du corps l'incitant à, selon les lois de l'attraction terrestre, choir au sol d'un instant à l'autre très certainement.
Si, il faut en convenir, le spectacle, bien qu'exceptionnel, se révélait un peu trop long dans sa durée, il savait tenir en haleine un public conquis et enthousiaste. Retenant leur souffle, les spectateurs savaient laisser exploser des tonnerres d'applaudissements nourris lorsqu'une étape délicate et périlleuse était passée avec brio et une apparente nonchalance par ce grand artiste de renommée internationale.

Escargot acrobate