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mercredi 21 août 2013

Renault Trucks relocalise

Renault ? Vous connaissez ? Mais si, vous savez ! La marque française qui fait des voitures à vivre, la marque qui a commis la 4L, la marque qui a fait des camions. La marque qui a un losange pour emblême. Ça y est ? Vous y êtes ? Ce matin, on apprend que Renault Trucks, division de Volvo, allait relocaliser sa production en France.

Au départ, il y a Renault, marque française qui est nationalisée après la seconde guerre mondiale[1]. Renault fabrique des voitures mais aussi des camions et du matériel militaire. Devenue la Régie Nationale des Usines Renault, basée à Billancourt qu'il ne faut pas désespérer, Renault ne tarde pas trop à créer une filiale pour sa production de poids-lourds en s'associant à Latil et à Somua. Ainsi naît la société LRS qui devient vite SAVIEM (Société Anonyme de Véhicules Industriels et d' Equipements Mécaniques). A l'époque, il y a encore plusieurs constructeurs de poids lourds en France. Berliet, Bernard, Willeme pour ne parler que d'eux. En 1975, il ne reste plus que SAVIEM et Berliet. Renault avale Berliet et, en 1978, les deux marques fusionnent au sein d'une nouvelle entité, Renault Véhicules Industriels.
En 2001, Renault cède 100% de RVI au constructeur suédois Volvo et prend 21,6% de participation chez Volvo ce qui en fait l'actionnaire principal. En 2012, Renault se sépare de ses actions chez Volvo. A ce stade, si je comprends bien la situation, il n'y a plus aucun rapport entre la marque Renault que l'on connaît pour ses voitures et la marque Renault des camions et autres véhicules lourds. Ce seraient là deux entreprises indépendantes l'une de l'autre.
On apprend aujourd'hui que Renault Trucks relocaliserait en France la production de véhicules de Turquie. Je ne sais rien des camions fabriqués en Turquie par le constructeur. Ça m'amuse un peu ces histoires de délocalisations et de relocalisations. C'est comme cette informations tombée il y a peu qui nous apprend que la marque H&M (marque suédoise de prêt-à-porter si j'ai bien compris) allait délocaliser sa production chinoise en Ethiopie parce que les salaires chinois deviennent trop lourds. C'est beau l'économie moderne. J'imagine que lorsque Renault Trucks a décidé d'aller faire construire ses camions en Turquie, il y a eu des suppressions d'emplois en France. Aujourd'hui, on va aller rechercher les licenciés d'hier pour retrouver le savoir-faire de cette main-d'œuvre ?

Relacalisation Renault Trucks

Note

[1] Soi disant parce que Louis Renault aurait trop collaboré avec les nazis

lundi 29 juillet 2013

Les économistes sont cons

Ce matin, à la radio, j'ai entendu un chroniqueur économique qui a raconté de belles choses.

En gros, le personnage nous expliquait que la France était malade de ses prélèvements sociaux et que c'était eux qui plombaient l'économie française. "La France est championne du monde des prélèvement sociaux", affirmait-il avec un trémolo d'indignation étranglé dans la voix. Il en pleurait presque, le pauvre homme. Et, bien entendu, il n'a pas longtemps hésité à brandir l'exemple allemand, le bon exemple européen, le modèle qui devrait guider notre politique sociale. Il y aurait moins de prélèvement sociaux outre Rhin.
Moi, je ne suis pas économiste, pas chroniqueur sur France Inter et pas trop fan du modèle allemand. Je vais faire preuve de mauvais esprit une fois de plus. Je vous préviens pour que vous puissiez arrêter de lire ce billet à temps.
Donc, l'Allemagne prélève moins sur les salaires et sur les entreprises. Ça semble être un fait. On a dû comparer, calculer, peser. C'est comme ça. L'Allemagne prélève moins et l'économie allemande se porte mieux que l'économie cocorico de chez nous.
Il y a quelque temps, il me semble avoir entendu qu'il n'y avait pas de notion de salaire minimum en Allemagne. C'est à dire que l'on peut travailler pour quelques centimes d'euro de l'heure et que l'on est tout content parce que l'on sait que l'on nous prélèvera pas trop sur notre salaire. Vu comme ça, évidemment, ça donne à réfléchir.
Mais si l'on réfléchit, justement, on voit quoi ? On voit d'un côté un ouvrier français qui va se faire voler des prélèvements sur un salaire que l'on admettra, nous autres Français, correct. De l'autre côté, on voit l'ouvrier allemand qui n'a pas de quoi s'acheter ses saucisses quotidiennes mais qui a le soulagement d'avoir moins de cotisations sociales à payer. Je me demande si l'on ne se fout pas un peu de notre gueule, dans cette histoire.
Le chroniqueur disait aussi que les socialistes français ont, avec Mitterrand, imposé la retraite à 60 ans à une époque où l'espérance de vie était de l'ordre de 74 ans. Or, argumentait-il, l'espérance de vie actuelle est passée à plus de 80 ans ! Alors que l'on espérait une retraite de 14 ans il y a une trentaine d'années, on peut profiter de sa retraite durant presque le double de temps aujourd'hui. C'est insupportable et j'ai eu peur que le chroniqueur casse sa pipe en direct. Il était positivement offusqué, scandalisé tout à fait.
J'ai senti qu'il avait envie de conseiller que l'on tue les personnes de plus de 74 ans tout en ramenant l'âge de la retraite à 65 ou 70 ans.
Je me suis demandé si l'objet de ce genre de chronique n'était pas tout simplement de nous bourrer le mou en répétant et répétant encore les mêmes propos, les mêmes idées, pour que l'on finisse par ne plus entendre qu'eux et que l'on se persuade que la vérité est là, cruelle mais irréfutable.

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