La Peste, elle veut faire écrivain

Parce que je participe à un jeu littéraire sur un excellent blog et que j'ai récemment entendu un écrivain romancier parler de sa méthode de travail, je me suis demandé combien de jours il faudrait pour écrire un roman de, disons, 250 pages.

Cet écrivain disait qu'il parvenait à écrire deux pages par jour. Et encore, il expliquait qu'il pouvait lui arriver de les envoyer à la corbeille lorsqu'il relisait ces deux pages le lendemain matin. A ce rythme, pour un bouquin de 250 pages, il lui faut donc quelque chose comme 125 jours de travail. Deux Quatre mois et quelques jours. Finalement, ça semble relativement peu, deux quatre mois.
Je me dis que écrire deux pages par jour, si l'on n'a que cela à faire, si c'est une occupation à temps plein, ce n'est pas insurmontable. Bien sûr, tout dépend du niveau d'excellence que l'on souhaite atteindre. Chaque écrivain a son rythme de travail, sa méthode, ses rites. Ainsi, Frédéric Dard pouvait écrire quatre romans par an. On dit de lui qu'il était prolifique mais, en y regardant bien, il se donnait tout de même trois mois pour chaque roman. Je pense qu'il se donnait quelques jours de repos avant de commencer le suivant.
Ecrire deux pages par jour, même trois, ça ne semble pas être une grosse affaire. Vu de loin, on a le sentiment que ça peut être fait en deux ou trois heures au maximum. Il m'est arrivé quelques fois d'avoir la tentation de l'écriture. A chaque fois, la réalité de la difficulté de l'exercice n'a pas tardé à apparaître. Ce n'est pas simple d'écrire sur la durée. Sur quelques pages, dans le cadre d'un jeu, sans avoir à se préoccuper de trouver une suite, une ligne entre le début et la fin, ce n'est pas très difficile. C'est amusant, c'est du domaine du jeu, mais écrire un roman du premier au dernier mot avec une histoire qui veut dire quelque chose, ce n'est pas si simple. Déjà, il faut avoir une trame, une idée. Ou pas.
J'imagine que certains écrivains travaillent à partir d'une idée. Ils ont le début, ils savent où ils veulent atterrir. Ils construisent un plan, ils décrivent leurs personnages, ils combinent les interactions avec les rebondissements et, une fois que tout le travail préparatoire est posé, ils rédigent. D'autres semblent aller de l'avant sans rien savoir de ce qui va se passer à la page suivante. Au début, je me suis dit que c'était sans doute la solution facile. On fait confiance à sa cervelle pour se débrouiller avec ce qui existe déjà. Elle arrivera bien à vous fournir une suite. Pour avoir tenté, je sais que c'est peut-être encore plus difficile que la méthode qui se base sur un fastidieux travail préparatoire. Il faut réussir à tenir les rênes de la fuite en avant. Il ne faut pas que le texte parte trop dans le délire débridé. Il faut tenter de garder un cap approximatif.
Dans ce style, l'un des maîtres, selon moi, est Douglas Adams avec son "Guide du Voyageur Galactique". Un roman de science-fiction complètement déjanté et bourré d'humour qui fait référence. Sa trilogie en cinq volumes est difficile à suivre. L'histoire est complexe et, en vérité, sans grande importance. Là où le lecteur se régale, c'est qu'il se laisse surprendre par l'écrivain. Il est impossible d'imaginer ce qu'il se passera à la page suivante. L'humour aide beaucoup à faire passer la sauce.

La Peste, l'écrit vain
Et alors, je me suis demandé si je pouvais relever le défi et écrire un roman d'une deux-cent-cinquantaine de pages à raison de deux pages par jour. Il faudrait que je m'astreigne à une discipline féroce qui, je n'en doute pas, conduirait à m'écarter du dessin et de la photo pour quelque temps et ceci pour un résultat très hypothétique. Vu de loin, sans m'être encore embarqué dans l'aventure, écrire deux pages par jour ne me semble pas impossible. Dans les faits, je ne suis pas certain du tout de pouvoir y parvenir. Je peux essayer. Ça ne va pas me coûter bien cher. Maintenant, la question est de savoir quand je débute l'aventure et si je publie mes pages chaque jour sur le blog. Nous ne sommes pas loin de la fin de l'année. Je pourrais dire que je commence le 1er janvier 2015. Tout aussi bien, je pourrais dire que je commence le 1er décembre ou lundi prochain. Ce que je vais faire, je pense, c'est que je vais commencer à essayer et que je publierai si j'ai déjà quelques pages d'avance.

Une saillie verbale ?

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