Limeyrat 2013, suite et fin

Ratier L7Si la manifestation limeyratoise (ou limeyracoise, je ne sais pas) est consacrée aux ancêtres, elle sait aussi s'ouvrir aux motocyclettes plus récentes. Cette année, c'est avec une réelle surprise que j'ai vu une Sanglas. Il y avait aussi une CEMEC-Ratier, une belle Triumph et une récente Enfield.

Le monde de la moto "ancienne" ou de collection est mouvant et tortueux. A mesure que les années passent, des marques et des modèles obtiennent leur visa pour entrer dans ce petit monde. Il est amusant de voir des motocyclettes qui n'intéressaient personne ou presque faire leur apparition dans les rassemblements d'anciennes.
Prenons les Sanglas. Cette marque espagnole (catalane, devrais-je dire) a connu une diffusion confidentielle en France. Celles vendues chez nous l'ont le plus souvent été en raison de leur prix contenu que pour leur beauté ou leur qualité. La plus répandue dans l'hexagone est certainement la 500 S2. Un bon gros monocylindre plus adapté au tourisme qu'à la conduite sportive. Pas franchement belle, elle est, parait-il, agréable à conduire. J'ai été surpris d'en voir une à Limeyrat. Je n'ai pas trouvé son propriétaire mais je ne l'ai pas vraiment cherché non plus.

Sanglas 500 S2

Si je ne me suis pas attardé sur cette Sanglas malgré mon attachement et mon intérêt particulier et sentimental pour cette marque, c'est qu'une autre moto m'attirait bien plus. Une marque pour laquelle j'ai bien plus de sympathie. Et pourtant, là aussi, ce n'est pas une marque qui a passionné les motocyclettistes en son temps. Il s'agissait d'une CEMEC-Ratier L7. Cette moto française est issue de la volonté de fournir des machines françaises à l'administration française. A la fin de la deuxième guerre mondiale, les occupants allemands laissent des stocks de motos et de pièces. Dans un premier temps est créée la CMR qui va assembler des motos avec ces stocks. Mais ceux-ci ne sont pas inépuisables et il faut réfléchir à la suite. La CEMEC naît et a pour mission de concevoir une moto qui servira pour les administrations. Apparemment, le cahier des charges s'inspire des BMW et Zündapp allemandes. On fera une moto qui sera noire (ça fait sérieux) et qui sera propulsée par un bicylindre à plat à soupapes latérales. On ne cherche pas à faire dans le prestigieux mais dans le fiable. La L7 est lancée et, quelques années plus tard, Ratier rachète CEMEC et continue à produire cette L7 en apportant quelques modifications. C'est l'une de ces machines qui était présente. Jusque dans les années 60 (70 ?), les Ratier étaient des bécanes de flic. Cela explique en partie qu'elles n'ont pas été très bien considérées jusqu'à ce qu'elles atteignent le statut de moto collectionnable. Aujourd'hui encore, elles doivent se battre contre les BMW auxquelles ont n'a de cesse de les comparer.

Ratier L7

Bien plus prestigieuse que les deux précédentes motos du jour, on pouvait voir une très jolie Triumph Speed Twin de 1948. Là, on est déjà dans un autre monde, il n'y a pas à dire. On est en présence d'un mythe. Ça impose le respect. On n'est pas loin de Marlon Brando et de "L'homme à la moto" de Piaf.

Triumph Speed Twin 1948

Triumph Speed Twin 1948

Triumph Speed Twin 1948

Enfin, une vraie fausse ancienne s'était immiscée dans le rassemblement. Il s'agissait d'une vraie fausse anglaise, une Enfield indienne. Pour la petite histoire, cette Enfield, toujours produite en Inde, est issue des chaînes Royal Enfield.

Enfield

Une saillie verbale ?

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