Bon sang ! Mais c'est bien sûr !

Il s'en est fallu de peu pour qu'il n'y ait pas de dessin aujourd'hui. Heureusement, un événement extraordinaire et pour le moins inattendu sinon inespéré est arrivé à temps pour m'encourager à vous faire un petit dessin rapide.

Je vous raconte l'affaire. Il y a quelques jours de cela, l'idée de nettoyer les boutons de ma bonne vieille cuisinière à gaz m'est venue. Cette idée étonnante venait de ce que j'avais commencé à nettoyer l'ensemble de cette même cuisinière. C'est là un exercice auquel je ne me prête qu'avec la plus extrême parcimonie et uniquement en cas d'impérieuse nécessité. Bref, je ne le fais que lorsque c'est vraiment très sale.
Et donc, j'avais nettoyé les brûleurs et les grilles ainsi que la tôle de cette cuisinière lorsque je me suis aperçu que les boutons étaient eux aussi bien sales. N'écoutant que mon courage, je les démonte et les plonge dans un mélange d'eau chaude et de produit détergent avant de les passer un à un à l'épreuve de l'éponge et du tampon à récurer. Je m'applique bien comme il faut et je m'en vais disposer tout ce qui mérite de sécher avant remontage dehors, à la bonne volonté de la brise légère qui permettra aux gouttelettes d'eau de s'évaporer.
Ceci fait, je passe à une autre occupation. Ne me demandez pas laquelle, je n'en ai plus le moindre souvenir. Disons pour la nécessité du récit et par commodité que je suis allé dessiner ou bien que je suis allé prendre une douche ou bien encore que j'ai fait du ménage[1]. Enfin bon, on dira que je me suis occupé le temps que les brûleurs, les grilles et les boutons sèchent tranquillement. On dira aussi que ça a pris le temps qu'il a fallu parce que l'on ne commande guère la brise légère naturelle et que l'on est bien obligé de prendre en compte sa bonne volonté. Ceci étant éclairci, il apparaît qu'au bout d'un certain laps de temps il arriva que le tout était sec et que j'allais pouvoir procéder au remontage des accessoires de ma cuisinière à gaz préférée.
Je commence par repositionner les brûleurs puis les grilles et je termine par les boutons. J'en replace un puis un autre et encore un autre mais là, j'ai un problème. Ce troisième[2] entre trop facilement dans la tige du robinet de commande et, plus grave, tourne librement autour de cette tige. Je me dis alors que je vais bientôt rire de cette petite mésaventure. Parce que je ne suis pas parfaitement idiot[3], je pense comprendre que cette troisième tige de robinet (qui commande l'arrivée de gaz du four) ne doit pas être du même modèle que celles des brûleurs et je déplace ce bouton d'une tige. Aussi étonnant que cela puisse sembler, ça ne va pas non plus. J'essaie la dernière tige et je dois reconnaître que cela ne va pas non plus. Là, j'ai comme un gros coup au moral. Je suis à deux doigts de m'effondrer complètement. Que peut-il donc bien se passer ? Où ai-je pu fauter lamentablement ? Qu'ai-je pu faire au bon dieu pour qu'il m'en veuille tant et me confronte à semblable épreuve ?
Je reprends. J'enlève le bouton de gauche et l'insère sur la tige de commande du four. Ça marche. Je prends le bouton fautif, le mets à la place du précédent. Ça ne marche pas. Bon. J'ai besoin de me calmer, de prendre sur moi, de me faire une réunion avec moi-même et de réfléchir au problème à tête reposée. Je vais me rouler une cigarette pour me calmer. Je reviens devant la cuisinière et tente de résoudre l'énigme. Je n'y parviens pas. Il reste toujours ce bouton qui ne veut aller nulle part. Je mobilise toutes mes facultés cognitives et décide qu'il est plus important d'avoir l'usage des quatre feux plutôt que du four puisque j'utilise plus les feux que le four. Le cinquième bouton, je le coince tant bien que mal[4] sur la tige de commande du four. C'était il y a quelques jours et c'en était resté là.

Ce matin, je fais la vaisselle et je termine en passant un coup d'éponge dans l'évier quand je sens quelque chose crisser sous l'éponge. Je m'arrête et regarde ce qui peut provoquer cela. Je tombe sur un petit bout de métal à l'allure très quelconque. Je vous en ai fait un petit croquis.

clinquant.png

Je regarde la chose d'un air assez étonné et ne sais trop quelle attitude adopter. Vais-je le jeter ou le conserver par devers moi le temps que je comprenne ce que c'est et d'où ça vient ? Prudent, je choisis la seconde voie et le pose sur la paillasse. Une fois cela fait, je m'accorde une pause et vais boire un café. Mon esprit est pourtant tout entier occupé à comprendre à quoi peut bien servir ce petit bout de métal, de clinquant, et d'où il peut venir. Je bois une gorgée de café et d'un coup la lumière se fait ! Bon sang, mais c'est bien sûr ! Je me lève, file vers la cuisinière, retire le bouton du four, observe de plus près le système de fixation et comprends que ce petit morceau de clinquant vient se placer là, juste là. C'est lui qui fait ressort et permet au bouton de tenir en place et d'agir sur le robinet ! Gloire soit rendue au seigneur et amen.

Notes

[1] Bien que là ça donne un aspect un peu trop "science-fiction" à l'histoire.

[2] Sur cinq. Un pour le brûleur de devant à gauche, un pour le brûleur de devant à droite, un pour le brûleur du fond à droite, un pour le brûleur du fond à gauche et un dernier pour le four.

[3] Quoi que l'on en puisse dire par ailleurs.

[4] Et plutôt mal que bien, en fait.

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