Une moto de plus

Lorsque trop de feuilles de papier s'en vont roulées en boules rejoindre la grande corbeille à papier qu'est ma cheminée, il faut savoir se résoudre à dessiner quelque chose de simple et sans intérêt.

Je ne sais pas ce qu'il en est pour les dessinateurs, les autres, les vrais. Pour moi, ce n'est pas toujours simple. J'ai compris pour l'avoir lu et entendu dire qu'il faut travailler. Beaucoup de dessinateurs (me semble-t-il) passent de longues heures penchés sur leur table de travail chaque jour. Le secret, selon ces dessinateurs, réside dans ce travail assidu. Il faut lutter, chercher, dessiner encore et encore pour parvenir à une certaine maîtrise. C'est faire croire que ce que l'on appelle communément et commodément le "don" ou le "talent" n'a rien à faire dans l'affaire. Et pourtant, arrivé à l'âge que j'ai, je peux commencer à avoir une idée sur la question.
Que je sois un fumiste fainéant et paresseux, je n'en disconviens pas un instant. Pour autant, il faut me reconnaître une certaine constance dans le désir de mieux faire et de progresser. Je dessine depuis déjà longtemps et plusieurs décennies et il m'arrive d'avoir envie de tout arrêter, de baisser les bras et de me consacrer à autre chose. Je ne sais pas à quoi et c'est bien l'unique raison pour laquelle je continue à martyriser le crayon et à gâcher du papier. Si j'avais le plus petit intérêt pour quelque chose dans la vie, croyez-moi, je n'aurais aucun scrupule à abandonner le dessin. Seulement voilà, rien ne m'intéresse assez pour franchir le pas. Ou plutôt, je n'ai encore rien trouvé qui soit aussi peinard que le dessin. C'est vrai que c'est un exercice assez tranquille, le dessin. Il y a une certaine économie de moyens. Du papier, un crayon, une gomme. C'est peu. Et par dessus tout, ça permet de rester assis le cul sur sa chaise pendant des heures à écouter la radio ou de la musique sans avoir à parler. Ça me convient bien.
Néanmoins, tout n'est pas toujours tout rose pour le dessinateur dilettante de Azerat que je suis. Déjà, je ne parviens que très rarement à dessiner exactement ce que je souhaiterais dessiner. J'aimerais comprendre les choses du dessin académique. Les proportions, les perspectives et tout le tintouin. J'aimerais savoir dessiner un personnage ou un animal qui ait l'apparence de la réalité. Faire de vraies caricatures ou des portraits ! Ah oui ! Ça j'aimerais savoir. Ou dessiner un paysage, une ruelle ou une place avec tous les bâtiments et commerces ; toutes les maisons et tous les éléments du décor. Ça serait chouette. Ensuite, il est assez rare que j'aie une idée de dessin. Je vous ai déjà raconté tout ça. Les idées, c'est un sacré bazar. J'ai remarqué que lorsque j'avais une idée, j'étais souvent incapable de la restituer en dessin et que lorsque je parvenais à faire un dessin, il était souvent vide d'idée. Assez couramment, je magouille pour faire croire qu'il y a quelque chose derrière le dessin mais je ne suis pas sûr que vous soyez dupes.
Aujourd'hui, j'avais envie de dessiner. Je ne savais pas quoi. J'ai commencé plusieurs dessins, de moins en moins ambitieux et je me suis rabattu sur un dessin de moto parce que ça finit souvent comme ça lorsque je ne trouve rien à dessiner. C'est un peu lamentable. Sans compter que ça va encore faire de la peine à Lib.

moto

Une saillie verbale ?

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