Une Renault largement centenaire

Qui a osé dire que les Renault n'étaient pas solides ? Lors de la visite de la propriété de Brou de Laurière aujourd'hui gérée par la fondation du même nom, j'ai eu le plaisir de revoir une auto assez monstrueuse que j'avais eu l'occasion de découvrir il y a bien des années à Périgueux. Il s'agit d'une Renault V1 de 1909 que l'on peut qualifier d'être "dans son jus" d'origine. Avec son moteur de quatre cylindres de plus de quatre litres de cylindrée développant une vingtaine de chevaux, cette automobile était certainement destinée à parcourir de longues distances. La carrosserie de type torpédo n'apportait pas beaucoup de protection aux voyageurs et j'imagine sans peine que les trajets devaient être toute une aventure.
On pourra noter la présence de roues jumelées à l'arrière et celle de deux roues de secours. Les routes de l'époque étaient encore riches de clous de fer à cheval et n'étaient pas couvertes de ce macadam lisse que nous connaissons aujourd'hui. La première photo permet de se faire une idée assez précise de la taille du véhicule.

Renault V1 1909
Le poste de pilotage donne quant à lui une idée de ce qu'était être chauffeur en ces temps où l'automobile était encore dans ses toutes premières années. Nous avons un voltmètre, un ampèremètre et un boîtier permettant de s'assurer du bon graissage des divers éléments. Les molettes permettent de régler ce graissage en fonction de la charge du moteur et du régime. Il fallait être à l'écoute de la mécanique et avoir de bonnes connaissances de celle-ci pour envisager arriver au bout de la route. Le démarrage se fait à la manivelle. Il doit y avoir un contrôle de l'avance et des gaz. Les pédales permettent certainement de commander l'accélération et les freins.

Poste de pilotage Renault V1 1909
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Ce qui est fantastique, c'est que cette automobile soit parvenue jusqu'à nous en si bon état. Bien sûr, on ne peut pas douter qu'elle ait bénéficié d'un soin constant. Conserver la patine du temps est presque aussi difficile que d'entreprendre une restauration à l'état d'origine et, à mon goût, plus intéressant. Sur cette voiture, on peut noter que certaines améliorations ont été apportées au fil du temps. Je doute que la tête de serpent (ou du moins d'animal fantasmagorique) qui sert de trompe pour l'avertisseur sonore soit d'origine. Pas plus que l'insigne de l'Automobile Club du Périgord qui orne le sommet du radiateur. Mais dans l'ensemble, ce qui est là était là à la sortie des usine Renault Frères.
Monstrueuse, cette automobile remarquable l'est par sa taille autant que par son aspect. On la croit sortie d'un garage perdu, prête à brûler du pétrole comme aux premiers jours et à s'élancer sur les routes secondaires de Dordogne et d'ailleurs dans une nuage odorant et coloré.
Un jour prochain, je vous parlerai d'autres véhicules de la collection de Patrick de Brou de Laurière.

Renault V1 1909

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