Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (25)

Etzelle possèderait donc une Peugeot 403 cabriolet. Oui. Comme celle du lieutenant Columbo. Oui. Cette semaine, pour démarrer l'année sur les chapeaux de roue, c'est Sax/Cat qui nous livre un tout nouvel épisode. Pour qui "zappa" les épisodes précédents, je conseille de les lire pour tenter de comprendre quelque chose à cette histoire morcelée qui nous entraîne, eux et nous, dans de bien étranges aventures.

- Bon, du moment que tu es ce que tu es, je te tutoie.

Même à supposer qu'on connaît la même Colette, mais ça ferait vraiment mauvais feuilleton, ma Colette la dernière fois que je l'ai vue elle était couchée dans une cuisine dangereuse à côté de gens en plastique, il n'y avait plus rien à en tirer si j'ose dire.Juste pour dire, ma Colette à moi, et son frère Robert, leur nom c'est Brun.

- Je ne lui ai jamais demandé son nom de jeune fille. On va où comme ça ?

- Tu veux gagner mille euros ? Tu peux aller en centre-ville avec ton camion ?

- Bien sûr, c'est plus maniable qu'une Smart.

- OK, alors on va au Mans, à côté du pensionnat de jeunes filles catholiques, il y a le garage de Joe.

- Le guitariste qui joue du jazz d'enfer ? Je connais, et là on fait quoi ?

- Tu te gares, je rentre dans le garage, je récupère un colis, et on repart.

- Et après ?

- Je te donne mille euros, tu me déposes dans n'importe lequel des deux-cents motels de la région, tu files et tu n'entendras plus parler de moi.

- Ça me va, mais j'ai comme l'impression qu'une voiture nous suit depuis un moment.

- Tu parles du gros 4x4 noir, ça doit être Pedro et Francis. Tu vas t'arrêter à la prochaine station-service, et on verra bien si c'est eux ou nous les plus malins.

...

- Ce n'est pas Pedro, on dirait un poulet. dit Colette.

- Alors je fais quoi ? demande Arthur.

- Tu vois ce qu'il veut. Mais, pour son bien, fais en sorte qu'il ne rentre pas dans la voiture ou il pourrait tâter de ça.

- Oh ! un Telefunken U47 !

- Pas tout à fait, c'est un Lüger, ça fait de plus gros trous.

- Bonjour, je suis l'inspecteur central François. Qu'est-ce que vous faites ici ?

- François comment ?

- Inspecteur central François tout court, c'est mon nom. Qu'est-ce que vous faites ici ?

- Je livre des colis.

- Impossible. Votre voiture est du Finistère, et on est dans le Morbihan.

- C'est parce que j'ai pris un raccourci. Alors forcément j'ai changé de département pour quelques kilomètres.

- Impossible. Une voiture postale du Finistère ne peut pas circuler dans le Morbihan. Je vais devoir verbaliser.

- Dites, vous n'avez pas fait un stage à la gendarmerie de Pont-Aven vous ? Je connais deux brigadiers qui vous ressemblent.

- Insulte à officier de police, ça va vous coûter cher. Descendez de la voiture.

- OK, et voilà les papiers du véhicule. Verbalisez si vous voulez. Mais vite, j'ai ma tournée à finir.

- Et vous transportez quoi ?

- Des colis.

- Ouvrez le coffre.

- Impossible. Secret professionnel. Je n'ai pas le droit de montrer ma tournée sans un mandat officiel.

- Vous vous foutez de moi ?

- Non, mais le règlement c'est le règlement. Et le règlement de la Poste est au moins aussi rigoureux que celui de la Police.

- Appelez la poste centrale, je vais leur dire deux mots.

- Impossible. La radio est cassée.

- Obstruction à l'exercice de la Justice, vous aggravez votre cas.

- Écoutez, mettez ce que vous voulez sur votre procès-verbal, mais faites vite, sinon je ne vais pas pouvoir finir ma tournée avant midi, et je devrai faire un rapport et je devrai indiquer que j'ai été retardé par l'inspecteur central François et le directeur de la poste centrale est un ami du commissaire divisionnaire et ça risque de chauffer pour votre matricule.

- Si vous le prenez comme ça, allez-y, mais que je ne vous revoie pas par ici.

La R4 jaune repart.

- Ça va, on est passé, vous pouvez remballer votre joujou maintenant.

- Fais pas le malin. C'est vrai cette histoire du directeur de la Poste et du commissaire de police ?

- Tout ce qu'il y a de plus vrai. Vous allez rire.

- Ça m'étonnerait.

- Ils sont tous les deux dans le même club de danse. Ils sont fous de danse. Ils font même des concours de danse, tango, valse, vous voyez le genre.

- Oui, c'est presque drôle.

- Dites, j'espère que vous avez de l'argent parce que le réservoir est presque vide. Je n'ai pas de quoi aller en Normandie.

- Bon alors tu vas t'arrêter à la prochaine station-service, on va essayer de trouver un autre véhicule.

...

À "La Falaise", la nuit ne s'est pas tout à fait passée comme prévu. En se levant, Gaëlle est tout étonnée de trouver Alice seule sur le canapé.

- Tu as passé la nuit ici ?

- Oui, ils m'ont laissée.

Elle a les yeux un peu rouges et les traits tirés. Elle n'a pas beaucoup dormi.

- Et où sont-ils ?

- Ils ont pris la chambre.

- Ah.

- Oui. Notez que je me doutais bien de quelque chose dans ce goût-là, j'ai surpris de drôles de regards entre eux. Je pensais que c'était dû aux circonstances, mais non.

- Ce n'est pas la première fois, ça leur prend de temps en temps, ça dure quelques jours.

- C'est bien ma chance, pour une fois que j'en trouve deux à mon goût, non seulement je n'arrive pas à choisir mais en plus ils ne sont pas pour moi.

- Mais si, en dehors de ces périodes, ils vivent comme tout le monde.

- Oui, mais moi je ne veux pas partager mon homme avec un autre homme. Ni avec une autre femme d'ailleurs.

- Je croirais lire mon "Nous-Deux". Mais, ma petite, le monde a changé, heureusement. À mon époque on se cachait, maintenant ça se passe au grand jour. D'ailleurs, bien que je ne sois qu'un vieux machin, je serais bien venue te rejoindre cette nuit si j'avais su que tu étais là. Allez, je vais les réveiller, Tante Etzelle va arriver, et elle n'a pas les idées aussi larges que moi sur ces sujets.

- Bonjour Tante Etzelle.

- Bonjour Roland, bonjour Robert, bonjour Gaëlle, bonjour mademoiselle.

- Appelez-moi Alice.

- Bonjour Alice. Vous avez pris le petit déjeuner ?

- Pas encore, on s'est couchés un peu tard avec ces histoires de cartes, de code et tout ça.

- Ça tombe bien, j'ai pris des croissants et des petites rosettes vertes en passant, il ne manque que le café.

Tout le monde est autour du tableau. Il représente une goélette, avec une falaise en arrière-plan, et, au sommet de la falaise, une ville avec ses petites lumières. Les lumières sont allumées, comme pour mieux souligner le fait que le tout se passe de nuit. La précision était inutile, la lune se reflétant dans l'eau était déjà suffisamment éloquente (si l'on peut dire).

- Ça me donne un peu de nostalgie de nos sorties nocturnes avec Yannick, dit Gaëlle.

- Les jeunes, avec vos bons yeux, vous voyez le nom de la goélette ? demande Etzelle.

- Pas complètement, je pense qu'il va encore falloir jouer au code. Je vois "Az" au début et "at" à la fin, ça ne fait pas très breton ni normand ça. Entre les deux, c'est tout brouillé, mais c'est un seul mot court. dit Roland.

- Attends que je regarde de plus près, dit Robert.

- ...

- Là, devant le bateau, dans l'eau, je vois un point bizarre. Quelqu'un a une loupe ?

Alice passe la loupe à Robert.

- Attendez, j'essaye de voir.

- ...

- Nom de Dieu, je vois ce que c'est, mais je ne comprends rien ! Roland, tu peux regarder avec la loupe ?

- ...

- Ça y est, je vois ! Une femme. Avec sa tête en cône, on dirait une sorcière qui se noie et que le bateau ne va pas pouvoir sauver. Je ne vois pas du tout ce que ça peut bien vouloir dire. Il va falloir réfléchir tous ensemble.

Gaëlle les interrompt.

- Non, pas maintenant. Nous ne sommes pas seuls, il y a une drôle de voiture qui vient de se garer devant la maison.

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