Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (17)

Au terme de l'épisode précédent, Roland et Robert s'enfuient de l'hôpital aidés dans leur entreprise par Alice, la jolie infirmière rousse. L'ambulance qu'ils ont empruntée roule à vive allure lorsque, dans une ligne droite, de puissants phares apparaissent dans la nuit. Le suspense est à son comble et c'est Sax/Cat qui prend la suite des opérations.

Gaëlle raccroche.

Dans quel pétrin s'est encore fourré Roland ?
Le charbon, la corde, tout un passé lui revient instantanément en mémoire.
C'était bien avant qu'elle ne se mette à chantonner, avant que Yannick ne disparaisse en mer.
Tous ces allemands qui ont fait un court séjour dans la cave à charbon avant que "le réseau" ne vienne en prendre livraison.

"Ami entends-tu"
(Elle est toute surprise de chantonner comme ça, et décide que pour ce soir c'est fini.)

Les sorties nocturnes sur le bateau de Yannick pour récupérer des caisses d'armes et de munitions, et des anglais.
Mitraillettes, mitrailleuses, revolver, pistolet, elle mélangeait un peu tout. Mais le Lüger de Gérard, elle l'avait reconnu instantanement. Et elle avait vu aussi vite qu'il n'était pas chargé.
Et c'est avec un Lüger déchargé qu'il comptait lui faire peur, à elle, Gaëlle, qui n'avait pas son pareil pour assommer les allemands d'une simple gifle bien placée.

Attacher Gérard est un jeu d'enfant, la bonne vieille technique de la corde autour du cou attachée aux poignets dans le dos, il ne pourra rien faire en se réveilant.
Le descendre à la cave n'est pas beaucoup plus difficile. Certes elle n'est plus aussi agile qu'à 20 ans, mais Gérard n'est qu'un gringalet.

Le téléphone sonne de nouveau, c'est Roland qui lui dit qu'il arrive en voiture. Il est donc sorti de l'hôpital, il faudrait savoir, ça l'inquiète un peu.
Elle prend le Lüger, et va le ranger dans la remise, avec les restes du dernier chargement reçu le 5 Juin 44, mais que le réseau n'est jamais venu chercher.

Encore un coup de nostalgie en pénétrant dans la remise.
Toutes ces armes qui attendent, parfaitement entretenues. Elle avait bien pensé les remettre à la police, mais elle n'avait pas envie de se perdre en explications.
Personne dans le village ne sait et ne saura jamais qu'elle était l'une des figures les plus importantes du réseau en Bretagne. Et le vieil émetteur-récepteur.
Sans savoir pourquoi, elle l'allume, attend qu'il chauffe, et le règle d'instinct sur la fréquence du QG.
Bien sûr, la rue du QG a été renommée depuis, et bien sûr elle est devenue "Rue du Général De Gaulle". A cette pensée, elle crache par terre.
Pfff ce De Gaulle, il est venu une fois chez elle, c'était en 43, parce que son voisin Loïc venait d'être liquidé par son réseau à lui, et il n'avait même pas deviné qu'elle servait de base arrière au réseau.
Normal, elle c'était les FTP.

Et après tout ce temps, la radio marche toujours, et elle crachouille des mots qu'elle croyait ne plus réentendre.
"QG à toutes les unités. Attention, le pigeon est sorti de sa cage, et tout laisse à penser qu'il se rend à Pont-Aven."
"Regroupement général au point 123"
"QG à toutes les unités. Attention, le pigeon est sorti de sa cage ..."

Presque mot pour mot ce qu'elle a entendu cette nuit où le réseau à laissé échapper cet officier, et qu'il est venu directement chercher refuge chez elle, le pauvre niais.

Elle n'a aucun doute, le pigeon c'est Roland, elle doit agir. Il n'y a pas des dizaines de routes pour arriver, elle va essayer de le rejoindre avant les autres.

Ce Gérard, il n'est sûrement pas venu à pied.
Elle va le fouiller, il n'est pas encore réveillé.
Gagné, un trousseau de clés, avec une grosse clé de Mercedes.

Gaëlle n'a pas le permis, ce qui ne l'a pas empêchée de conduire des jeeps et des camions, alors une Mercedes elle devrait s'en sortir.

Elle prend 3 Lüger, celui de Gérard et deux autres des fois que la situation s'aggrave, et quelques chargeurs.
La Mercedes est garée juste devant chez elle.
Elle n'a aucun mal à la faire démarrer.
Elle prend la route.
La nuit tombe, elle a du mal à trouver la commande des phares, et une fois qu'elle est en plein phares elle n'arrive pas à revenir en feux de croisement. Ce n'est pas grave.
Elle roule bien, 110/120, la Mercedes avale les kilomètres.
Elle n'a même pas peur de se faire arrêter, elle est revenue en 1942, elle n'a plus peur de rien.
Juste au moment où elle remarque qu'elle n'a croisé presque personne depuis qu'elle est partie, 2 heures avant, une ambulance arrive pile en face d'elle.
Hôpital, ambulance, elle fait le rapprochement tout de suite, c'est sûrement Roland.
Elle se met sur le bas-côté et saute de la voiture en laissant les phares allumés, il ne peut que la voir.
L'ambulance s'arrête et un homme en descend. Elle connaît ses classiques.

- Monsieur Robert, I presume

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