Parcours électrique

Voyager en véhicule électrique, j'ai déjà fait. J'ai emprunté plusieurs fois le métropolitain parisien, j'ai souvent pris le train, aussi. Il m'est même arrivé de parcourir les allées d'un camping en voiture de golf ou, une seule fois, de monter dans un trolleybus à Limoges. Mais jamais je n'avais roulé en voiture électrique et c'est désormais chose faite. Je peux mourir avec le sentiment d'avoir fait le tour de tout ce que la vie peut m'apporter.
Pour tout dire, je n'avais pas d'idées bien précises sur les voitures électriques. Je ne savais pas à quoi m'attendre. Je savais que le moteur électrique permet un couple constant, je savais que ça pouvait être nerveux, je savais aussi que l'on n'avait pas à entendre le bruit d'un moteur à combustion interne. La voiture dans laquelle j'ai parcouru une cinquantaine de kilomètres en passager est une Renault ZOE. A priori rien qui ne la démarque d'une automobile "normale" au premier coup d'œil. Ça peut faire penser à une CLIO de la même marque. Ça a des roues, un pare-brise, des portes, un toit. Rien de spécial. Elle n'a pas l'attrait de la Renault Twizy qui est, à mon sens, une belle réussite esthétique. On en pensera bien ce que l'on en voudra mais elle me plaît, la Twizy. Elle est marrante, elle doit être très agréable à utiliser en parcours urbain.
Et donc, je ne savais pas bien à quoi m'attendre et j'étais bien impatient de le découvrir. Je rentre dans la ZOE, je boucle ma ceinture et je ne remarque rien d'autre que le tableau de bord qui affiche tout un tas d'informations sur un écran coloré. Au milieu de la planche de bord, un autre écran, celui du GPS et, me semble-t-il, de l'ordinateur de bord. Mon chauffeur est à son poste et il appuie sur le bouton de mise en route. Bon. J'attends la surprise, j'attends que le moteur se mette en route ou du moins que quelque chose se passe. Et c'est là, alors que j'en suis à ronger mon frein que je comprends que nous sommes déjà en train de rouler. Incroyable ! Il n'y a rien eu pour annoncer que l'on roulait. Pas le moindre à coup, pas le plus petit bruit. Rien. C'est fabuleux. A faible allure, on n'entend réellement rien qui vienne perturber la musique de l'auto-radio réglé à un volume plutôt bas.
La ruelle se termine, on s'arrête au panneau stop. Un coup d'œil à gauche, un autre à droite et c'est parti ! Holà ! C'est que c'est nerveux cet engin ! On gagne rapidement la vitesse de 50 km/h avec les seuls bruits de roulement et un léger zonzonnement proche du sifflement d'un turbo compresseur. Bien sûr, il n'y a pas de boîte de vitesses. Par contre, un peu par ignorance et beaucoup par idiotie, je m'attendais à ressentir l'effet d'une boîte automatique ou d'un variateur. Bah non, il n'y a pas. Je suis d'une bêtise, des fois, moi ! Non, la voiture accélère tout simplement, de plus en plus vite tant que l'on presse la pédale d'accélérateur. Ça semble être d'une facilité étonnante. Tenez, un point qui l'est aussi, étonnant, c'est le frein moteur. Dès que l'on relâche cette pédale, le véhicule ralentit fortement. Il y a un dispositif qui permet de récupérer de l'énergie au ralentissement et ça contribue beaucoup à ce ralentissement.
Pour le reste, on oublie vite que l'on est dans une voiture électrique. On ne fait même plus attention à l'absence du bruit d'un moteur. C'est agréable, souple, vif. Le seul point un peu contraignant, c'est que l'on fait attention à ne pas trop pousser le chauffage. C'est que, dans une voiture électrique comme cette ZOE, tout va de pair. Si l'on monte le son, on consomme de l'électricité qui viendra à manquer pour quelques mètres supplémentaires et c'est pareil pour les phares, les clignotants, les essuie-glaces et... le chauffage. Mais là, nous sommes partis pour une cinquantaine de kilomètres avec des batteries bien chargées, il n'y a pas de souci à se faire. Le silence de fonctionnement permet de discuter sans monter la voix et ça aussi c'est bien agréable. Pour la recharge des batteries, une simple prise suffit. Si l'on a un compteur électrique qui le permet, on peut recharger la nuit à moindre coût. Par contre, il est préférable d'avoir un garage, c'est sûr. C'est plus simple que d'avoir à tirer une rallonge dehors.

Pour le propriétaire de cette automobile, il ne semble pas que le choix de rouler "en électrique" soit guidé par des convictions écologiques. Ce n'est pas sa première voiture électrique. Avant d'habiter en Dordogne, il était Parisien et il avait choisi l'électrique pour la tranquillité d'esprit, pour ne pas avoir à jouer continuellement de la boîte de vitesses et de l'embrayage, pour ne pas avoir à supporter le bruit d'un moteur, aussi. Bien sûr, il y a aussi le fait de moins polluer en n'envoyant pas de gaz d'échappement partout. Et ça, bon, sans être particulièrement gagné à la cause écologiste, ça ne peut pas être totalement mis de côté au moment de choisir de rouler en voiture électrique.
Reste la question de la production électrique. Et là, forcément et dans l'état actuel de la politique de production d'électricité en France, on a toutes les chances pour rouler au nucléaire, du moins pour une partie importante de l'énergie consommée. Soyons honnête, il en va de même pour tout l'équipement de votre habitation si celle-ci est raccordée au réseau et il est fort à parier que cette habitation consomme plus que l'automobile.
Et le dernier point, c'est le coût d'achat. Je ne me suis pas renseigné mais je sais qu'il existe un système de location, quelque chose de l'ordre de moins de 200 euros par mois, chez Renault. Ça peut sembler cher. Il faut voir. Déjà, l'entretien d'un véhicule électrique n'a rien à voir avec celui d'un turbo Diesel. pas de filtre à carburant ou à huile. Probablement pas de filtre à air, pas de vidange, pas de courroie de distribution à changer, moins d'usure des plaquettes et disques de frein grâce à l'efficace frein moteur. Tout cela doit pouvoir se calculer. La location permet aussi de ne pas avoir à se préoccuper du futur remplacement des batteries. Batteries qui, au passage, restent un point noir d'un point de vue écologique. Elles doivent pouvoir être recyclées. Jusqu'à quel point ? Dans quelles conditions ? Et bien sûr, il y a la question de l'autonomie. D'après ce que j'ai compris, on peut tabler sur une centaine de kilomètres. C'est peu pour certains et déjà beaucoup pour d'autres.

Voiture électrique

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