On meurt toujours sur nos routes

Les chiffres sont tombés et ils sont mauvais. Pour les 31 jours de ce mois d'août dernier, ce sont 335 personnes qui sont mortes dans un accident de la route. Les chiffres du mois de juillet étaient déjà catastrophiques.
Naturellement invitée pour le journal de la mi-journée de France Inter, la célébrissime présidente que vous savez a accusé une fois de plus les vitesses excessives et réclamé la baisse de la vitesse autorisée sur les routes à double sens de circulation à 80 km/h ainsi qu'une hausse des contrôles. Bon. Selon les lois de la physique, il est bien possible que l'on meure moins en roulant à une allure plus modérée. Une collision à plus faible vitesse doit en effet avoir moins de conséquences funestes. De là à prétendre que l'on sort indemne d'un accident à 80 km/h, c'est comme croire au père Noël. Du reste et pour être honnête, notre championne du monde de lutte contre la délinquance routière ne le prétend pas. Mais alors, pourquoi 80 km/h plutôt que 70 ou 50 ? Je n'ai pas la réponse mais je présume qu'il serait question de descendre la vitesse autorisée par paliers.
En cherchant un peu rapidement sur Internet, je n'ai pas trouvé d'informations quant à circulation sur nos routes pour ces mois de juillet et août. Par contre, j'ai entendu que, en raison du beau temps, on avait beaucoup plus circulé que sur la même période de l'année dernière. Alors, sans que cela n'excuse rien, j'aimerais assez que l'on me donne des chiffres mis en relation avec le nombre de véhicules en circulation. Et tant que l'on en est aux statistiques parlantes, j'aimerais aussi assez avoir celles qui concernent la vitesse estimée lors de ces accidents mortels.
Que la vitesse soit un facteur aggravant dans le cas d'un accident, je pense que c'est indéniable. Sans rien y connaître, mon bon sens me dit que c'est probable. Mais dans quelle proportion la vitesse peut-elle être jugée seule responsable d'un accident ? En jouant la carte de la logique par l'absurde, on peut avancer qu'un véhicule à l'arrêt est moins susceptible de s'écraser contre un obstacle qu'un même véhicule en mouvement. Outre le fait qu'un véhicule qui n'est pas en mouvement ne peut raisonnablement pas être considéré comme un véhicule, bien entendu.
Serait-il possible d'imaginer, dans l'avenir, le "zéro mort" ? Apparemment, oui. Si l'on tient compte des travaux sur l'automobile sans chauffeur, peut-être ne mourrons-nous plus sur les routes dans les décennies à venir. Bien sûr, ce sera au prix de concessions (pas à perpétuité, celles-là). Par exemple, l'automobile refusera sans doute de s'aventurer sur une route verglacée. Et que se passera-t-il, alors ? Que se passera-t-il si vous vous retrouvez coincé loin de chez vous dans une automobile qui refuse de rouler parce que la route est jugée dangereuse ? Imaginons qu'il n'y ait absolument plus aucun moyen pour l'automobiliste de prendre les commandes du véhicule. On fait quoi ? On descend et on prend son mal en patience ? La voiture pilotée par un ordinateur, c'est envisageable, c'est déjà fait. Ça me semble assez inconcevable pour les deux roues. Faut-il les interdire ?
Et puis, il existe tellement de facteurs qui peuvent entrer en jeu dans ces histoires que non, on ne peut pas espérer qu'il n'y ait plus de morts du tout sur les routes. Une défaillance mécanique ou un rocher qui se détache d'une paroi et ça peut en être fini. Je ne parle même pas du bug informatique.
Pour améliorer la sécurité routière et diminuer le nombre d'accidents, il y aurait aussi, bien sûr, l'amélioration du réseau routier. D'accord, ça demanderait un budget colossal. On peut aussi envisager d'interdire de rouler dans des véhicules trop anciens ou trop peu entretenus. Puisque l'on le fait déjà sur les autocars, on pourrait rendre obligatoire un système de contrôle de l'alcoolémie. Et aussi un système de brouillage des ondes pour les téléphones. Il ne serait sans doute pas très difficile de brider la vitesse, de mettre des radars pour empêcher de suivre un véhicule de trop près ou de franchir une ligne blanche. Après, on peut aussi multiplier les contrôles de vitesse, alourdir les sanctions, rendre obligatoire un contrôle médical et une formation continue. Les idées ne manquent pas !

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