Ni social ni sociable

Un copain branleur, graphiste, m'enjoint à rejoindre facebook et argumente. Selon lui, les réseaux sociaux sont aujourd'hui indispensables pour se faire connaître, se constituer un carnet d'adresse et trouver des clients. Il aurait décroché des commandes grâce à eux.
Il y a quelques années, je suis allé voir ce qu'était facebook. Je n'ai pas compris l'utilité de la chose et en suis parti, sans faire de bruit, sans claquer la porte, sans scandale. Je ne suis pas contre ce réseau social. C'est juste que je n'y ai pas trouvé mon compte. N'empêche que j'ai réfléchi aux arguments de mon copain et que je me suis dit que facebook ne faisait que copier ce que l'on est dans la vie réelle. Si l'on aime rencontrer de nouvelles personnes ou partager, on le fera sur les réseaux sociaux. L'avantage est de pouvoir "rencontrer" et partager avec des personnes qui sont loin de chez soi voire avec des personnes qu'il ne serait sans doute pas possible de rencontrer autrement.
Ce qui me dérange un peu avec les réseaux sociaux (mais je n'ai rien expérimenté d'autre que facebook) c'est l'immédiateté. Je ne suis pas quelqu'un qui réagit rapidement. J'ai besoin de temps pour comprendre si une information est intéressante, importante ou négligeable. Et puis, il y a aussi que j'ai comme le sentiment qu'il faut être positif, sur ces réseaux sociaux. Positif ou en accord avec que ses "amis" attendent de vous. Il arrive qu'il y ait des petits drames. Un désaccord et on retire quelqu'un de sa liste d'amis. On lui interdit de lire ce que l'on peut dire, de voir ses photos. Comme dans la vie, oui. Exactement pareil. Pour moi, ça fait partie des aléas de la vie sociale. On peut se brouiller avec une personne, pour plus ou moins longtemps, pour des raisons plus ou moins graves.
Donc, pour être présent sur les réseaux sociaux, il convient, pour commencer, d'avoir du goût pour la vie sociale. Et puis, il faut être sociable. Etre présent sur ces réseaux et refuser d'avoir des contacts avec les autres n'a aucun sens. Et il se trouve que je ne suis pas vraiment sociable et que je n'ai pas un besoin impérieux d'une vie sociale. Je ne suis pas du tout contre le fait de rencontrer de nouvelles personnes. J'aime même plutôt ça. C'est amusant, intéressant, curieux, les autres. J'aime les observer, tenter de les comprendre, partager des idées et des avis, tout ça. Mais j'aime que cela se fasse accidentellement et j'aime comprendre ce qui a causé cette rencontre. Par exemple, je n'ai jamais compris pourquoi les amis de mes amis seraient forcément mes amis. C'est ridicule.
Je ne pense pas être prêt pour revenir sur facebook.

En ce moment, je n'arrive pas à dessiner. Je n'ai pas d'idées. En fait, c'est surtout que j'ai envie de dessiner autre chose, autrement. Je ne veux plus dessiner de motos, de voitures, de camions. J'aimerais dessiner d'une autre manière, changer de style, avoir un dessin moins laborieux, plus direct, plus rapide. J'essaie, j'y travaille. J'use du papier !
Je disais cela à un dessinateur, sur son blog. Celui-ci m'a conseillé d'essayer une technique qui lui réussissait. Il s'agit de changer d'outil, d'en prendre un qui est inhabituel, que l'on ne maîtrise pas. Evidemment, les résultats ne sont pas concluants. Mais alors, et c'est là que le miracle opère, on regarde ses anciens dessins, ceux faits avec les outils que l'on connaît bien, et ils apparaissent sous un nouvel éclairage. On se prend à les trouver plutôt pas si mauvais que ça et on repart dans ce que l'on sait faire avec le sourire.
Je doutais mais j'ai essayé. J'ai pris un gros pinceau pourri et j'ai fait un dessin avec. Le résultat est décevant au-delà de toutes mes espérances et il est vrai que ça m'a vidé la tête et que j'ai de nouveau des idées de dessins ! C'est magique !

noir, rouge et blanc

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