Luxe à la française ?

Bugatti, Delage, Delahaye, Talbot ou Voisin, à mes yeux cela ne fait aucun doute, ce sont des marques automobiles qui ont porté haut une certaine idée du luxe et du prestige. Le cas de Facel Vega est, pour moi, plus compliqué. D'accord, ces autos étaient chères. D'accord, elle visait une clientèle haut de gamme. D'accord aussi pour dire qu'elle a cherché à explorer ce domaine de l'automobile de luxe. Mais le fait qu'il y ait eu relativement peu de voitures produites et que la marque ait disparu suffit-il à encenser ces véhicules ? Je n'en suis pas certain.
Si on reconnaît assez aisément une Facel Vega à sa calandre, la ligne générale de ces automobiles ne me semble pas se démarquer des canons de l'époque. Pire, il me semble que Daninos lorgnait plus du côté des bagnoles américaines que de celui des belles carrosseries européennes. Je ne dis pas que les Facel Vega sont laides ou banales mais qu'elles sont assez conventionnelles. Ce qui a manqué à Facel Vega, peut-être, c'est une motorisation noble. L'idée d'aller puiser dans les catalogues de V8 américains ou, sur la fin, dans celui de Volvo, nous éloigne d'un beau moteur, par exemple un six cylindres en ligne, qui aurait été conçu pour ces autos. Alors oui, les grosses Facel Vega étaient puissantes, la marque faisait sa promotion sur le fait que ses voitures étaient les coupés quatre places les plus puissants du monde. Toutefois, à mon sens, on est loin de la beauté d'une Jaguar ou même d'une Merdedes. Sur la fin, les Facel Vega s'affinent, deviennent plus belles en devenant plus petites.

La Facel Vega vue à Périgueux lors des Vintage Days est une FV3 ou une HK500. J'ai du mal à bien l'identifier. Elle a tout de même de la gueule, on ne peut pas le nier. Non loin étaient exposées des Cadillac et des Chevrolet contemporaines. Elles attiraient plus le badaud. L'échec de Facel Vega, le fait que ça ait été une petite marque sur un petit créneau peut expliquer qu'elle n'ait pas pu mener à bien tous ses projets. Mais la question que je me pose est de savoir si cet échec est dû à la faute à pas de chance ou au fait que ces automobiles ne pouvaient pas incarner réellement ce que l'on pouvait attendre d'une voiture de luxe à l'époque. Il y a un côté romantique à pleurer sur le triste sort de cette marque trop tôt disparue, sur le fait qu'elle n'ait pas été suffisamment soutenue par les pouvoirs publics ou les actionnaires. Bon. On n'entend jamais soulever l'idée que cette marque n'était peut-être tout simplement pas très intéressante.

FV3 ou HK 500 ?

Rare d'accord. Belle ?

Facel Vega

Facel Vega

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