La pizza de l'enfer et autres choses

Hier, je suis à Périgueux pour le travail. Je pars alors qu'il est près de 20 heures. J'avais prévu de partir plus tôt et de m'arrêter faire des courses en revenant. J'avais même fait une liste en prévision. Là, il est tard et je ne sais pas à quel heure ferme le commerce où j'ai mes petites habitudes. Un autre hypermarché est proche et je m'y rends. Il est ouvert.
Seulement voilà, cet hypermarché, je n'y vais jamais. Je ne comprends pas comment il est agencé, je ne m'y retrouve pas, j'erre dans les rayons sans trouver mes marques habituelles, les marques comme les repères mais aussi les marques des produits. Je commence à m'agacer un peu. Je n'ai pas que ça à faire, moi. Et puis, vu l'heure je ne suis pas rentré avant 21 heures. Je vais avoir besoin de me préparer un truc à bouffer de rapide.
Ne me demandez pas comment je suis arrivé là. Je cherchais une route que jamais je n'ai trouvée. Je suis dans l'allée des surgelés. Habituellement, je ne m'aventure pas dans ces zones. Je n'ai pas de congélateur, je n'ai pas de goût particulier pour les produits conservés par le froid. Mais bon, j'y suis. Il y a une bande de jeunes gens qui discutent sur la meilleure pizza à acheter. Je comprends qu'il y a une question de coût. Je vais pour continuer ma route lorsque quelque chose se détraque en moi. Voilà que je suis en train de me raconter une histoire idiote à base de repas fait d'une pizza surgelée. Et déjà, je remarque mon pas se ralentir, mon regard se tourner vers les armoires vitrées, ma main se tendre vers une poignée, une main qui ouvre la porte, qui se saisit d'un emballage en carton, un carton contenant la promesse d'une pizza richement garnie, fumante à la sortie de son four à bois. L'affaire est faite, j'ai été victime de tout un tas de facteurs divers. J'ai été influencé par les jeunes, j'ai été berné par le ramage de l'emballage, j'ai été trompé par la promesse idiote. Comment vais-je pouvoir faire sortir une pizza surgelée d'un four à pain moi qui n'en ai pas ? Je ne vais tout de même pas frapper à l'huis d'un boulanger pour lui demander de me faire cuire le bidule infâme. Parce que c'est ça le pire, c'est que j'ai bien la certitude que la pizza va être immonde, dégueulasse, infecte.
Du coup, voilà que je suis encore plus énervé. J'en oublie de prendre l'essentiel de la liste de courses. J'oublie la pile de 9 volts dont j'ai besoin et le liquide vaisselle, le sucre et les ampoules pour la voiture, le Neg'ita et l'ail. Fort heureusement, j'ai le café. Je suis sauvé. Je file vers les caisses. Je dépose mes produits sur le tapis, je passe le portique, je paie mon dû. Je reviens à la voiture et je repars pour Azerat.
Une fois arrivé, j'allume le four et je lis les recommandations de préparation inscrites sur l'emballage. Faire préchauffer le four pendant 10 minutes et enfourner pour 22 minutes supplémentaires. Bon appétit.
J'aurais moins faim ou j'aurais autre chose ou je serais plus riche, la pizza finirait tout de suite aux ordures. Quelle horreur que ce disque recouvert d'éléments à l'allure étrange. Je me dis que nous vivons dans un pays avec des lois, des règles, des normes. Je suppose que ce que l'on vend comme "comestible" doit l'être effectivement. J'ai comme un doute mais je suis toujours partant pour expérimenter le bizarre.
Le four est chaud, je lance la nourriture dedans et ferme vite la porte afin qu'elle ne se sauve pas. J'ai 20 minutes devant moi pour trouver un plan B. Je suis perturbé, je ne pense même pas à me faire cuire des nouilles. Misère ! Une odeur un peu suspecte me parvient. Ça doit être chaud. C'est cuit. De mauvaise grâce, je dépose ce qu'il me faut bien appeler "pizza" sur une planche et je vais m'asseoir à la table devant elle, une fourchette et un couteau en mains. Il me faut attaquer. La pâte est dure, sèche, mauvaise. La garniture n'a rien à lui envier. En pensant à autre chose, je finis par l'avaler. La seule bonne nouvelle est que je me suis réveillé ce matin en ayant, semble-t-il réussi à digérer l'affaire. Je ne pense pas renouveler l'expérience prochainement.

Ce matin, je décide de me faire violence. Cela fait des mois que je dois faire une facture pour un gros travail. Une belle somme. Parce que j'ai installé un logiciel libre qui sert, entre autres choses, à faire des factures, je me décide à essayer de l'utiliser. Dans la configuration du logiciel il existe une option permettant de placer son logo. Je n'en ai pas. Je me souviens d'un vieux dessin et me dis que, après tout, je pourrai bien l'utiliser. Ça ne ressemble en rien à un logo mais justement. Je trouve ça rigolo.


La facture est éditée. Je l'ai glissée dans une enveloppe et maintenant il va falloir que je me décide à aller acheter un timbre pour la poster. Le client peut encore dormir tranquille, il n'aura pas à débourser avant quelque temps.

Et puis, ce matin j'ai commencé à griffonner un truc, comme ça, pour tuer le temps. Un moment, je me suis dit que ça pourrait nourrir ce blog en ce jour maigre qui n'a pas droit à son épisode du feuilleton. Sûr que ça ne remplacera pas les élucubrations liaanesques.

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