La Peste, elle invente le journalisme de proximité

Avec plus de 900000 visites par jour, le Gorafi est peut-être un des organes de presse le plus consulté en France. Je pensais à cela l'autre jour en voyant ce nombre de clics quotidiens. Je ne sais pas si ce nombre est exact mais je ne peux pas douter que le Gorafi créé par Pablo Mira et Sébastien Liébus soit un beau succès de fréquentation.
Alors, certainement, le Gorafi n'est pas un organe de presse sérieux. Oui, effectivement, le Gorafi s'affiche comme un "journal" parodique, pasticheur, humoristique, dans la droite ligne du défunt "Infos du Monde". Mais dans le fond, le Gorafi, mine de rien, donne en creux de vraies informations. Enfin non, il ne faut peut-être pas exagérer non plus. Disons que le Gorafi, en se moquant des informations relayées par la presse, en parodiant ces informations, en faisant un pas de côté, donne à ses lecteurs une distance par rapport à cette actualité parfois sans aucun intérêt.
Finalement, il est assez simple de faire dans la parodie. Il suffit de laisser les journaux, les radios et télés, les sites d'informations aussi, faire le travail et de reprendre tout ça en saupoudrant de l'humour à la grosse louche. Le Gorafi n'invente pas grand chose mais se nourrit de tout. Le succès du Gorafi (que je ne lis que vraiment très occasionnellement) en dit pas mal sur la désaffection que nous avons envers la presse sérieuse.
Je ne lis plus beaucoup la presse. De temps en temps, je vais voir le site de Sud-Ouest pour voir ce qu'il a pu se passer près de chez moi. C'est idiot puisque je m'en fous mais j'assume. Et là, je comprends combien il est important pour la presse d'attirer le plus grand nombre pour pouvoir vivre de la publicité. Sud-Ouest aime plus que tout les affaires en relation avec la sécurité routière et ne manque pas de relayer le moindre accident de la route en tenant un décompte macabre des morts de l'année. La plupart du temps, je constate qu'il ne s'est rien passé de bien intéressant en Dordogne, pas beaucoup plus dans la région, à peine plus à l'échelle nationale ou mondiale.
Ce n'est pas qu'il ne se passe rien en Dordogne, en France, dans le monde. C'est que pour les rédacteurs en chef il ne se passe rien qui puisse rapporter des sous. Je sais bien qu'un journal est avant tout une entreprise qui doit vivre et donc se vendre. Depuis que je suis petit, je ne comprends pas pourquoi il y a chaque jour des journaux télévisés toujours de la même durée et toujours au mêmes horaires alors que l'actualité n'est pas de la même importance tous les jours.
La Peste a inventé la presse. Vu qu'il ne se passait pas grand chose de bien notable, l'intérêt de ses articles était assez maigre. Le nombre de lecteurs étant des plus restreint, l'expérience ne dura que le temps de quelques années avant de tomber dans l'oubli.

La Peste reporter près de chez lui

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