François Cavanna, le film

François Cavanna, le rital de Nogent, le papa de Hara-Kiri, le pote à Choron. Il a eu 90 ans cette année. Cavanna, je l'ai découvert vraiment avec son livre "Les Ritals". J'avais déjà lu ses papiers dans Hara-Kiri mais là, j'ai découvert l'homme. Et pour dire ce qui est, j'en suis tombé un peu amoureux, de François Cavanna. Denis Robert projette de réaliser un film sur l'homme François Cavanna et lance une sorte de souscription pour le financer.

J'ai lu "Les Ritals" et puis "Les Russkofs" et puis les autres. Durant une période, je lisais ou tentais de lire tout ce qu'écrivait mon auteur préféré. Et cette période s'est terminée doucement. J'ai commencé à ne plus être d'accord avec certaines de ses prises de position, je n'ai pas aimé qu'il dise du mal de Choron, je n'ai pas aimé qu'il reste dans le Charlie Hebdo de Philippe Val. J'ai arrêté de lire Cavanna, j'ai arrêté de lire Charlie Hebdo et j'ai commencé à oublier François Cavanna.
Cavanna, il m'a fait comprendre que l'on pouvait écrire simplement, que l'on pouvait dire ses colères et ses amours en utilisant la langue que l'on parle ou presque. J'ai adoré lire Cavanna. J'avais l'impression de vivre sa vie, d'être à ses côtés en compagnie de son père ou de vivre la guerre ou encore de faire naître le meilleur journal de tous les temps. Je n'ai pas toujours été d'accord avec Cavanna. Ça n'a jamais été un problème. Mon oncle, le frère de ma mère, disait de Cavanna qu'il était con. A cause de Cavanna, j'ai refusé longtemps de lire Céline. Mon oncle me disait qu'il fallait lire Céline et je répondais que je ne pouvais pas parce que Cavanna me disait qu'il ne fallait pas le lire. Alors, Cavanna était un con et moi un super con. J'ai fini par lire Céline, après que j'ai cessé d'idolâtrer Cavanna. Ça a été un choc, Céline.

Il y a quelque temps, Cavanna a sorti un nouveau livre[1] dans lequel il parle de la maladie de Parkinson, de sa maladie. Je n'ai pas acheté le livre. J'ai hésité et j'ai acheté autre chose.
Et puis voilà. J'apprends que Denis Robert veut faire un film sur la vie de François Cavanna qui a déjà son titre : "Jusqu'à l'ultime seconde, j'écrirai". Pour faire ce film, il lance une sorte de souscription sur le site kisskissbankbank.com. Chacun peut donner ce qu'il veut et ce qu'il peut.

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Je ne sais pas s'il est important de faire ce film. Je ne sais pas s'il est important de se souvenir de François Cavanna. Ce que je sais, par contre, c'est que François Cavanna a été, pour moi et pour d'autres, une personne très importante. Faire ce film, c'est reconnaître que la fin est proche, peut-être. Et du coup, peut-être est-il temps de faire quelque chose pour que la mémoire de ce grand homme vive encore.

Note

[1] Lune de miel, éd. Gallimard, Paris

Une saillie verbale ?

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