On peut douter que la Dordogne est l'un des plus beaux endroits qui existent. S'il est vrai que tout n'est pas beau en terre de Périgord, il y a pourtant des sites qui font penser que, malgré tout, ce n'est pas la zone géographique la plus laide qui soit. La vallée de la Dordogne est riche en sites de toute beauté. Sur un petit périmètre, vous avez une profusion de paysages sublimes et de merveilles architecturales qui font dire que, tout de même, hein, bah ce n'est pas si mal que ça, la Dordogne.
Au programme de ce jeudi, visites du château et musée de la guerre de Castelnaud-la-Chapelle et des jardins suspendus de Marqueyssac. Des deux sites, c'est sans conteste celui de Marqueyssac que je préfère et conseille. D'autant plus que les jeudis de l'été, il est possible de visiter les jardins de nuit. Mais cela sera le sujet de demain, n'allons pas trop vite et concentrons-nous sur le château médiéval de Castelnaud qui, comme son nom le précise, était neuf à l'époque où il fut bâti. Pour appeler un château "Castelnau" (château neuf) il a dû falloir qu'il y ait à proximité un château plus ancien. Enfin il me semble que c'est assez logique.
Il s'agit là de l'un des châteaux les plus visités du département. Longtemps, le fait qu'il se soit converti en musée de la guerre m'a fait l'éviter. Toutefois, après l'avoir visité il y a bien longtemps alors qu'il n'était pas aussi restauré qu'aujourd'hui, je ne regrette pas la visite d'hier. Si l'on n'est pas sensible à la partie belliqueuse du musée, il reste les pierres et les points de vue sublimes.

Castelnaud-la-Chapelle, le château
Castelnaud-la-Chapelle, le château
Après s'être acquitté du péage pour le parc de stationnement, on prend la direction du château en empruntant les rues étroites du village. Le château apparaît rapidement, dressé sur sa falaise et prêt à se protéger des attaques françaises. C'est que cet endroit a été anglais en son temps. Juste en face, Beynac et son château étaient français et ça devait castagner sévère.
Castelnaud-la-Chapelle, le château
Petit canon et tonneaux (de rouge ni l'un ni l'autre, hélas !)
On paie son écot et on pénètre dans l'enceinte fortifiée. Soit on choisit la visite guidée, soit on choisit de se débrouiller soi-même. On a aussi le choix entre la visite "facile" et la visite "moins facile" qui fait monter les escaliers malaisés du donjon et permet de profiter d'une vue imprenable sur la vallée de la Dordogne. Je préconise de ne pas choisir la visite guidée et de tenter de gravir les marches du donjon. D'entrée de jeu, nous sommes accueillis par quelques armes anciennes.
Espèce d'arme à tirer dans les trous dans les murs
Canon veuglaire (de vogel, "oiseau". Et oui !)
Sorte de mitrailleuse d'autrefois
Du haut du donjon, on peut profiter de la vue sur la Dordogne et la campagne qui s'étale dans la vallée. Sans doute le paysage était-il quelque peu différent de ce qu'il est aujourd'hui mais il est relativement simple d'extrapoler et de faire abstraction des éléments du décor qui n'étaient pas présents au Moyen-Âge.
Genre de fenêtre de l'époque
Marqueyssac vu depuis Castelnaud-la-Chapelle
Superbe vue du village depuis le château
On rentre de nouveau dans les murs du château et découvrons des salles dévolues à la présentation d'armes et d'accessoires guerriers tels que des armures, des canons, des hallebardes et que sais-je encore ! Pour les plus intéressés, il est possible de voir des films expliquant l'art de la guerre et le maniement des armes ainsi que les techniques de fabrications ainsi que leurs évolutions. Pour tout voir, il faut prévoir de rester sur les lieux plusieurs heures.
Armure (probablement vide) sur cheval (probablement mort)
Une sorte de canon
Hallebardes diverses
Armure allemande
Arbalète
Maquette de Trébuchet
On ressort de ces salles pour découvrir la vue que l'on peut avoir de Beynac depuis Castenaud. Ces deux places fortifiées devaient s'observer et se regarder, comme on dit, en chiens de faïence. C'est aussi un point de vue intéressant pour voir les reconstitutions d'armes de jet qui sont placées sur les terrasses protégées du château.
Beynac vu de Castelnaud-la-Chapelle
Un visiteur perplexe devant le trébuchet
On dispense des cours magistraux
D'en haut, on admire les toits du village qui s'étalent en un bel ensemble. Castelnaud est un joli village typiquement périgourdin. On peut aussi voir la cour intérieure du château.
De là-haut, on surveille le village
Cour intérieure
Le bois est bien rangé
On redescend dans cette cour intérieure pour poursuivre la visite. De là, on a une autre vision de l'architecture générale et on ne peut s'empêcher de se demander comment on a pu construire pareille bâtisse avec les moyens techniques de l'époque.
Une bien jolie porte
On faisait des fenêtres sans double vitrage, au Moyen-Âge
Puisque l'on est dehors, on visite les extérieurs. Un petit jardin potager est proposé aux visiteurs. On a beaucoup de mal à croire que cette parcelle pouvait nourrir les personnes présentes dans l'enceinte du château mais passons. On peut s'approcher des machines de guerre qui, bizarrement, sont toutes dirigées vers le château. J'imagine qu'elles auront été placées ainsi pour ne pas risquer d'envoyer quelque projectile vers le village.
Plantes "utilitaires"
Vue générale du château
Le potager qui ne devait pas suffire à nourrir la population
Le château
Trébuchet (reconstitution)
La Dordogne et Beynac
Interdit d'entrer dans la bombarde
Voilà pour cette visite de Castelnaud. Demain, je vous présenterai Marqueyssac et ses magnifiques jardins.