C'est lundi

Le dernier lundi avant les congés. Demain, mardi, ce sera le dernier mardi avant les congés et ce mardi précèdera le mercredi qui sera le premier jour du mois d'août qui coïncidera avec le premier jour des congés.

Ces congés, je ne peux pas dire que je les attende avec impatience. Je ne dis pas que je suis prêt à les refuser mais je ne me fais pas une joie de les prendre non plus. D'ailleurs, je ne les ai pas demandés. L'affaire a commencé un mardi après-midi, crois-je me souvenir. Il y a de cela pas loin d'un mois. Mon patron est revenu, il avait bien mangé et cela avait sans doute affecté sa capacité à réfléchir bien. Chez lui, la digestion handicape gravement le système cognitif. Il mange souvent et est donc en état de digestion perpétuelle. Mais je ne suis pas médecin et ne voudrait surtout pas m'avancer trop avant dans des pronostics peu rigoureux et quelque peu évasifs.
Il arrive dans les locaux de l'entreprise et une idée lui vient en tête comme une fulgurance, de celles que l'on s'empresse habituellement à évacuer dans les lieux d'aisance les plus immédiatement accessibles. Il attrape une feuille papier et pond une note de service qu'il fait éditer et distribuer de façon que chaque service ait sa note. Comme mon service ne comprend qu'un membre, je n'ai pas à partager cette note avec quiconque et peut donc la lire à loisir. Je devais être en forme, je comprends illico le sens de ce qui y est écrit : "l'entreprise sera fermée du 1er au 17 août inclus". C'est un peu laconique mais ça a le mérite d'être explicite.
Quelques jours auparavant, on m'avait demandé de dire quelles dates me convenaient le mieux pour prendre mes congés. Je n'avais pas réfléchi au sujet et m'étais promis de le faire dès que possible et en fonction de mon humeur. Mais là, du coup, je me dis que l'on avait réfléchi pour moi, que l'on m'avait pris de vitesse, et que, du coup, je n'avais plus besoin de me triturer les boyaux de la tête. Puisque l'entreprise serait fermée, je n'aurai aucune raison d'y être présent, d'autant plus que je n'ai pas les clefs pour ouvrir la porte d'entrée.
Seulement, certains de mes collègues avaient, eux, déjà posé leurs jours de congés et ces demandes avaient été acceptées par la direction. Face à ce problème insoluble, mon employeur décida que la note de service était donc sans objet. Il ne pouvait adopter d'autre position, il faut le reconnaître. Mais pour ma part, je me suis dit que ces jours proposés en valaient bien d'autres et je décidais de faire preuve d'une obéissance de bon aloi. Finalement, jamais je n'ai eu de note de service dénonçant la précédente. Je n'ai pas posé de jours de congés et cela ne m'empêchera pas de ne pas être présent durant la période décidée par le patronat.

Pendant ces congés, j'ai plein de choses à faire, des travaux d'illustration à avancer ; des travaux dans la maison à entreprendre.

Une saillie verbale ?

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