Bières d'Auvergne


Je ne sais plus trop qui ici déblatérait récemment sur la prolifération de brasseries artisanales, micro-brasseries, apprentis brasseurs et toutes ces choses. Et c'est vrai que depuis plusieurs années, la bière à le vent en poupe et revient sur le devant de la scène. Est-ce une simple mode ? Difficile à dire.
J'ai découvert une micro-brasserie pour la première fois en 1987 ou 1988 en Charente, à Aubeterre-sur-Dronne. Elle avait pour nom « Brasserie du Bobtail » et était tenue par Bruce (je ne me souviens plus du nom), personnage haut en couleur venu du Canada pour brasser en France en plus de tenir une forme d'agence immobilière à destination du monde anglophone. C'est le frère d'un copain de l'époque qui nous avait présentés. Je me souviens particulièrement d'une de ses bières, la Silex, bière noire au goût bien minéral. Je l'aimais bien.
Bruce brassait d'une manière très artisanale. A l'époque, on ne trouvait pas aussi facilement qu'aujourd'hui tout l'attirail de chimiste nécessaire à la pratique de cet art. Il se débrouillait. Parfois, ça foirait bien. Tout un brassin mis en bouteille pouvait exploser dans la nuit à cause de levures mal maîtrisées. Il récupérait des bouteilles qu'il laissait à baigner dans le courant d'un petit ruisseau pour les laver. Il cuisinait dans son grenier, essayait des recettes comme cette bière à la carotte qui n'a peut-être pas eu de suite.
A l'époque, si l'on voulait boire de la bière, il y avait le choix entre les grandes marques bien connues, Kronenbourg, Kanterbräu, Heineken, Leffe, Chimay... Guinness et quelques autres mais le choix était relativement pauvre. Il me semble qu'à l'époque, la bière n'avait pas les titres de noblesse qu'elle a gagné aujourd'hui.
Dans les années 90, sous l'impulsion de ce qui se passait aux Etats-Unis d'Amérique, des petites brasseries ont commencé à pousser un peu partout en France. Des brasseries ont commencé à brasser et à vendre leurs bières sur place, souvent dans un décor très "authentique". Il y en a eu une à Limoges, par exemple. Le concept a plu et les établissements du genre sont nés un peu partout. Parfois, des chaînes ou des franchises ont permis cette multiplication de petites brasseries.
Au début des années 2000, des brasseries artisanales de taille plus importantes sont apparues avec le souci de produire des bières différentes et de qualité. La bière était de nouveau considérée à sa juste valeur et on a commencé à choisir les meilleures, à chercher les bières trappistes belges, à redécouvrir cette boisson.
C'est encore des USA qu'est née l'envie de créer sa propre micro-brasserie ou de brasser pour soi à la maison. Aujourd'hui, on ne compte plus ces petites brasseries. Rien qu'en Dordogne, elles sont de plus en plus nombreuses, chacune avec leur tipicité, leur caractère. Depuis quelques années, la folie IPA a gagné et c'est à qui saura faire la bière la plus parfumée, la plus amère. Tout cela a fait naître une saine émulation, une houblonesque concurrence de bon aloi.

Et donc, il n'y avait aucune raison valable pour que l'Auvergne soit épargnée par ce phénomène. Un ami m'a récemment ramené quatre bières du pays des volcans et de Giscard d'Estaing. En vérité, trois bières et une cervoise. Moi, je ne suis pas bégueule. J'accepte toujours de lever la glotte pour la science. Alors pour le moment, je ne les ai pas toutes goûtées. Je me suis contenté de tester la cervoise et la bière blondes. Puisque c'est auvergnat, il faut qu'il y ait une particularité. Il y en a même plusieurs. Pour la bière blonde, elle est brassée avec des lentilles d'Auvergne. Curieux. On sent bien les lentilles, c'est un fait, mais ça s'arrête un peu là. Légèrement sucrée, assez plate, cette bière ne laisse pas un souvenir impérissable. Quant à la cervoise, blonde également, elle est aromatisée au miel d'Auvergne. Là aussi, c'est assez plat. Il manque l'amertume que l'on connaît chez les bières.
Ce sont les bières de la Maison Desprat installée à Aurillac dans le Cantal. D'après ce que j'ai compris, la maison a commencé par faire du vin d'Auvergne avant de se tourner vers la bière. On sait que l'orge employé pousse dans la région à plus de 1200 mètres d'altitude. Il me reste deux bières à découvrir. Peut-être me paraîtront-t-elles plus intéressantes ?

Bières et cervoise d'Auvergne

Commentaires

1. Le jeudi 16 novembre 2017, 13:22 par waldo7624

Cet... "ami", ne chercherait-il pas à vous empoisonner ?
J'espère que vous gardez "l'antidote" pour le dernier essai...

2. Le jeudi 16 novembre 2017, 13:25 par Globu le Rouge

pff, la bière, ça fait faire pipi partout
Vive le pinard !

3. Le jeudi 16 novembre 2017, 13:31 par Michel

@waldo7624 : Quand on a des amis pareils, pas besoin d'ennemis.
@Globu le Rouge : Le pinard fait faire caca partout
Vive la bière !

4. Le jeudi 16 novembre 2017, 13:48 par Liaan

Monsieur Talon père aurait été heureux de pouvoir varier sa consommation journalière.
@Michel : Il y avait aussi la Stella Artois pour les bières dites "d'atelier".

5. Le jeudi 16 novembre 2017, 13:55 par Tournesol

Qu’est ce que vous voulez que je dise,j’ai un frère qui aime la bière Corse à la châtaigne !!!

6. Le jeudi 16 novembre 2017, 14:20 par waldo7624

@Tournesol : C'est la seule région où on finit facilement dedans, pour peu qu'on critique les produits locaux ouvertement.

7. Le jeudi 16 novembre 2017, 16:55 par Le prof Turbled

Déblatérait? Camélidé vous même! La Planèze! Rien que le nom, j'ai envie d'y goûter. Ah St-Flour, que de joies ne te dois-je!
C'est vrai que Giscard était connu pour brasser du vent. on sent bien, à travers cet exposé bien construit, que ce qui se conçoit bien s'exprime clairement, bien plus en tout cas que le mic-mac d'hier, et on voit bien où vont les préférences du maître, d'ailleurs les mots pour le dire arrivent aisément!

8. Le jeudi 16 novembre 2017, 18:40 par Eugène & Halogie

@Le prof Turbled : ne seriez-vous pas parent avec L'Aztec des prés qui fit hier une visite remarquée sur ce site ?
Je fais des recherches pour un oncle d'Amérique décédé pieusement des suites d'un abus de jus de houblon, sans laisser d'héritier.

9. Le jeudi 16 novembre 2017, 19:10 par Le prof Turbled

@Eugène & Halogie : Si fait! C'est mon frère de lait. Nous tétâmes de concert les mamelles de Tirésias du temps de nos folles avoines.

10. Le jeudi 16 novembre 2017, 19:18 par L'Aztec des prés

Tirésias, une accorte demoiselle d'origine slave, richement poumonée, je ne vous dis que ça!

11. Le jeudi 16 novembre 2017, 19:31 par Eugène & Halogie

@Le prof Turbled @L'Aztec des prés : ça ne m'étonne pas : vos styles épistolaires trahissent quelques analogies probablement congénitales (ce n'est pas un gros mot) et l'on sent le lien fraternel au travers de votre admirable prose.

12. Le jeudi 16 novembre 2017, 19:34 par Golipan

Seules les bières d'abbaye belges sont buvables : Leffe, Chimay, Grimbergen..

13. Le jeudi 16 novembre 2017, 20:18 par Liaan

Et dire qu'aujourd'hui, c'est le jour du Beaujolpif nouveau...
Le petit tonnelet sur les comptoirs des bars, tout un style de vie bien franchouillard.

14. Le jeudi 16 novembre 2017, 20:50 par Akain De Caux

Ne pas confondre Bière d’Auvergne et Tombe d’Issoire.
Issoire, qui est un géant attrapé et occis par Guillaume d’Orange et enterré sur place, et non en Auvergne, à Issoire, mais sur la route d’Orléans !
Aucun rapport, donc, avec l’Auvergne. Qui l’eût cru !

15. Le jeudi 16 novembre 2017, 22:35 par fifi

C'est un mec qui entre dans un bar, qui - qui - qui - qui demande gar - gar - arçon - si - si - s - il - vous plaît un - un - un café. Il fait une chaleur torride, en fait, le bègue voulait une bière, mais il à beaucoup de difficulté à prononcer les " B". Donc, de colère il avale son café et rentre chez lui. Il se plante devant sa glace pour s'entraîner durement. Au bout de deux heures, il progresse et content de lui, il fonce au bistrot:
Gar - gar - gar-ar çon - si - il - vous plaît - une - une - une bière.
Oui, brune ou blonde.

16. Le jeudi 16 novembre 2017, 23:22 par waldo7624

@fifi : Le gars souffre d'abéphonie. J'ai connu un type qui était atteint d'abonphonie.
Il ne pouvait pas prononcer le son bon.Il est devenu fou en essayant de chanter le refrain d'auprès de ma blonde (encore une histoire de bière)

17. Le vendredi 17 novembre 2017, 05:24 par L'Aztec des prés

@Akain De Caux : Rue de la Tombe-Issoire. Là où se trouvaient les locaux de Moto-journal à la grande époque de Guido Bettiol. En fait, Issoire s'appelait Isore, si j'en crois google et consorts. Merci pour ces détails qui dévoilent l'origine de noms employés et répétés depuis 40 ans sans en connaître ni le qui, ni le quoi.

18. Le vendredi 17 novembre 2017, 06:56 par Liaan

Si Valstar s'était lancé dans les bières artisanales.

@L'Aztec des prés : Moto-Journal de la grande époque. Gromono. Les puces (chose amusante : j'avais passé une seule annonce dans cette rubrique vers 1972, elle parut en même temps que celle d'un certain personnage qui bricolait déjà des cinquante, un type nommé Cani, que je ne connaissais pas à ce moment)
Souvenirs, souvenirs...
Nostalgie d'une époque révolue.

19. Le vendredi 17 novembre 2017, 07:53 par Le prof Turbled

@Liaan : Révolue, révolue...parce qu'aujourd'hui on est devenu fainéant et qu'on fait des plans de carrière à la con. J'explique: En 72, Moto-journal était animé par des érudits passionnés de bécane, d'ou la grande qualité des articles et le riche vocabulaire, empreint de culture, dont on se régalait. Aujourd'hui, le rédacteur lambda fait une école de journalisme, puis atterrit ici ou là. Il écrit sur la moto sans y connaître grand-chose, comme il écrirait la rubrique des chiens écrasés, en faisant des fautes en plus. Bien sûr, il y a heureusement des exceptions, mais je sais rien, je dirais tout reste la principale méthode de travail du scribouillard contemporain.

20. Le vendredi 17 novembre 2017, 08:44 par Liaan

@Le prof Turbled : C'est tellement vrai.
Je me souviens de cette époque dans laquelle Moto Revue était critiqué car écrit par des vieilles barbes pendant que Moto Journal, nouvellement arrivé, faisait un carton avec un ton résolument jeune, pour les petits cons que nous étions, d'où le succès rapide de cette revue. Avec le recul, Moto Revue se défendait tout de même bien. Ce qui est remarquable dans la presse moto de ces années, c'était l'importance du texte dans un article. Désormais, nous n'avons que du digest, grandes images, rédactionnel tenant sur un ticket de métro et empli de lieux communs. Comme le dit l'excellent Bourdache, la presse généraliste, comme la presse moto, a baissé culotte devant la publicité qui est devenue invasive. Dans l'temps, la publicité se cantonnait aux premières pages et les dernières. Aujourd'hui, vous prenez n'importe quelle revue et trouvez de la pub absolument partout, mélangée aux pages du peu de rédactionnel présent. La page impaire, comme le rappelle Arielle, est considérée comme la page noble, car c'est celle que l'on voit d'abord en feuilletant un magazine (pour nous zôtres occidentaux, je serais curieux de voir la presse du moyen ou de l'extrême orient) cette page impaire est désormais dévolue à la pub, que c'en est vite déféquétatoire.
Les temps ont bien changé.

21. Le vendredi 17 novembre 2017, 10:37 par Le prof Turbled

@Liaan : Liaan, je proteste avec la dernière énergie, car je ne suis pas petit!!! N'oubions pas que le lectorat a la presse qu'il mérite. Il n'y a pas que les journaleux qui ne sont pas exigeants avec leur travail.

22. Le vendredi 17 novembre 2017, 11:34 par Liaan

Hier, c'était le nouveau Beaujolpif,
Aujourd'hui, nouveau Firefosque est arrivé ce jour vers 09H00.

23. Le vendredi 17 novembre 2017, 13:50 par Akain De Caux

@L'Aztec des prés : La rue de la Tombe-Issoire... on a bien fait d'en parler !

24. Le vendredi 17 novembre 2017, 13:53 par fifi

@waldo7624 : :-)))

25. Le vendredi 17 novembre 2017, 14:02 par waldo7624

Je quitte à l'instant Akain de Caux qui souffre de dyslexie tactile, son doix ayant malencontreusement glissé du l vers le k. Bref, et hors sujet, mais l'actualité prime : on apprend à l'instant que la connerie serait un mal congénital.
Une étude menée auprès d'un couple aux USA, et plus particulièrement le mari, Monsieur T. qui souhaite rester anonyme car il occupe un poste très important, a révélé qu'effectivement, la connerie était atavique.
Voir ici.

26. Le vendredi 17 novembre 2017, 14:15 par Liaan

@Le prof Turbled : J'aimerais me rabattre sur les revues de motocyclettes anciennes, mais hors le groupe LVA (Moto Légende et La Vie de la Moto), point de salut, ce groupe de presse est désormais tourné vers le "combien ça coûte" plutôt que de parler de machines vraiment anciennes (la plupart des journalistes "historiques" en sont d'ailleurs partis.
Il est tout de même dommage que des revues comme Moto d'hier ou Chronique Moto soient disparues corps et biens.

27. Le vendredi 17 novembre 2017, 14:24 par fifi

@Liaan :
"Moi" qui réclamais un album de ce B.Vélo. Le voici, le voilà tout de même arrivé. "Je vais" pouvoir frimer devant "mes" connaissances en leur disant : " On a bossé ensemble aux PTT ! "
Merci pour cette sympathique et rigolote dédicace : une Quatrelle Jaune et une superbe Clé de Douze sur une BD de 2 CV jaune, franchement, vous ne manquez pas d'imagination.
Un grand bravo et un énorme merci.

28. Le vendredi 17 novembre 2017, 14:35 par B.Vélo.

@fifi : Comme je le signale, vous êtes le seul personnage à recevoir un album de bd sur une 2CV jaune, et vous recevez en dédicace un dessin de Quatrelle jaune...
Comme je pense que vous n'avez connu que la 4L, vous étiez trop jeune pour rouler en 2CV jaune pététesque. (Les anciens, il ne faut pas les perturber dans leurs petites habitudes, pis des 2CV, y'en a plein le bouquin, je n'allais pas en dessiner une autre...Hin hin)

29. Le vendredi 17 novembre 2017, 14:36 par B.Vélo.

@fifi : La clef de douze, elle était attendue, non ?

30. Le vendredi 17 novembre 2017, 16:09 par Liaan

@waldo7624 : Édifiante, cette famille T.
À l'image de beaucoup d'autres, malheureusement.
Après moi, le déluge...

31. Le vendredi 17 novembre 2017, 18:29 par fifi

@B.Vélo. : En charpente-couverture-zinguerie, à Brezolles, le patron avait une 2CV camionnette, l'hiver, c'était mézigue qui se collait à la manivelle, une fois dégommée, elle démarrait au quart de tour, mais bien souvent, elle partait à la manivelle, sur celle-ci, je revois encore la jauge à essence avec son crochet plat.
Bon champ de bon choir, mille clés de douze, je ne m'y attendais vraiment pas, une dédicace pareille à en faire pâlir plus d'une.
Un grand merci Mestre B. Vélo.

32. Le vendredi 17 novembre 2017, 20:19 par Liaan

La bière, ça rend bavard.

33. Le samedi 18 novembre 2017, 07:58 par Le prof Turbled

@Liaan : J'ai quelques ouvrages commis par FMD et son complice D.Ganneau, et surtout l'histoire de la motocyclette française depuis les débuts, de J.Bourdache. Sûr qu'on a affaire ici au haut du panier en matière d'experts. Cependant, après tant d'années à déflorer le sujet (depuis une quarantaine d'années, à la louche), inévitablement l'intérêt (le mien entre autre) s'émousse, pour cause de récurrence. Normal que les japonaises, dont certaines ont elles aussi plus de 40 ans, envahissent la presse moto"d'époque". Et même, je dirais que j'y suis extrêmement favorable.

34. Le samedi 18 novembre 2017, 11:39 par Liaan

@Le prof Turbled : Il y a toujours quelque chose à raconter sur la moto dite ancienne, sans pour cela rabâcher.
Par exemple, dans le dernier Moto Légende, un petite annonce digne d'intérêt
(annonce qui parait aussi dans LVM depuis quelques semaines) rubrique non classée :
BSA 1000, moteur NSU, comme les Münch, CG OK., faire offre (Eure-tél.06 08...)
Une machine qui interpelle. Que je serais journaleu-pigiste à LVM ou Moto Légende, que j'aurais téléphono au gus pour voir ce bitza qui doit mériter au moins une brève, non ?

35. Le samedi 18 novembre 2017, 12:56 par Le prof Turbled

@Liaan : Un beau bitza ...ou pas! Mais vous avez raison. J'ai le bouquin, mais n'ai pas lu les zannonces. Moi aussi je tiédis.