C'est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons le départ trop tôt survenu de Malcolm Young, co-fondateur du groupe rock AC/DC. Atteint de "démence", il avait dû être écarté du groupe en 2014. Des trois frères Young ayant participé à l'aventure du groupe, il ne reste donc plus que le plus jeune, Angus, le guitariste au costume d'écolier bourré d'énergie et au style si caractéristique.
Or donc, une fois de plus et alors que notre Johnny national est mal en point, alors aussi — et c'est peut-être pire encore — que Dick Rivers semble ne pas se porter trop mal, c'est le monde du rock qui est en deuil avec la disparition de ce plus si jeune Young là. AC/DC, ça a d'abord été un groupe que j'ai aimé détester. Faut vous dire que c'est un groupe que j'ai découvert au sortir des années 70 alors que mon cœur battait bien plus pour le punk et le reggae que je découvrais alors avec Bob Marley. Curieusement, moi qui ai eu une amorce de "culture musicale" basée autour de groupes de rock et hard-rock comme Deep Purple, Pink Floyd, Led Zeppelin ou Johnny Hallyday, je rejetais un peu tout ça (sauf Pink Floyd tout de même) pour aller à la rencontre de musiques que je considérais alors comme plus "authentiques". Et non moins curieusement, c'est ainsi que je suis revenu vers ce que je cherchais à m'éloigner. Le punk et le reggae m'ont conduit vers d'un côté le blues (le vrai, celui des origines) et vers des groupes comme les Pogues ou ceux de ce que l'on a appelé la scène "rock alternatif" française, les Bérurier Noirs puis la Mano Negra et bien d'autres. C'est alors que je me suis intéressé à ces groupes que j'avais injustement écartés et que je suis revenu écouter un peu ce qu'avaient fait AC/DC ou les Ramones durant tout ce temps.
Parce que quoi qu'on puisse dire, il me semble indéniable que, pour le moins, AC/DC est un groupe que l'on peut qualifier d'efficace. S'il n'y a pas l'aspect revendicatif voire politique que j'aime toujours dans des musiques comme le punk, le reggae, le ska, le blues ou tout ce que je m'autorise à mettre dans le même sac, il y a cette énergie simple et efficace qui est bien là.
Mes goûts musicaux sont assez éclectiques. Je peux apprécier le Jazz comme Barbara, Brel comme Goran Bregovic, Pink Floyd comme ZZ Top, Higelin comme Coltrane, Thiéfaine comme Bach ou Beethoven. Dans le même temps, et je le reconnais, quelque part je n'ai que faire de la musique. Je n'en fais pas une affaire. Ce n'est pas essentiel dans ma vie. Je peux très bien durant une assez longue période me contenter d'écouter ce qui passe sur France Inter. J'accepte de subir des musiques ou des artistes que je n'aime pas juste parce que je sais qu'une chanson ne va durer que quelques minutes. Bien sûr, j'ai aussi quelques véritables aversions pour certaines musiques ou artistes qui me font baisser le son mais, d'une manière générale, je suis assez "bon public". Cependant, il y a aussi des groupes, des artistes que j'aime vraiment et que j'ai toujours plaisir à réécouter.
Mais je m'égare. Le sujet est bien la mort de Malcolm Young et AC/DC. Ce matin, j'ai écouté du AC/DC. Pas les récents que je ne trouve pas spécialement intéressants mais les bons vieux albums, ceux de quand j'étais jeune, ceux qui agissent directement sur le centre des souvenirs de dedans ma boîte crânienne. Faut le reconnaître, ça peut tout de même être étrangement bon, AC/DC. Possible que ce soit justement le fait que je sois en territoire connu qui fait que j'apprécie ça. Je n'ai pas d'effort à faire. Je n'ai pas à découvrir. Je n'ai pas à écouter réellement, au fond. Je connais, il n'y a pas de surprise, je peux me contenter de me laisser porter par la musique.


Parfois, il m'arrive de me demander quel intérêt je peux encore trouver à écouter des albums archi connus. Hormis la facilité, je me demande. Je ne dois pas être assez curieux. Heureusement, dans un certain sens, j'ai un frangin qui, lui, l'est, curieux. Alors, il arrive qu'il me fasse découvrir des trucs. Je n'aime pas tout mais il peut arriver que je me dise qu'un morceau, un artiste, soit intéressant et que je ne suis pas mécontent de l'avoir écouté. Il arrive qu'il me faille faire un véritable effort pour apprendre à apprécier un disque. Il faut apprendre à sortir de sa zone de confort, comme on dit. Ce qui est pratique avec AC/DC ou ce genre de groupes à la musique "efficace", c'est bien que ça ne demande pas à ce que l'on réfléchisse trop. Si on aime le rock, c'est bon. Ça suffit.
Je disais que j'avais des goûts éclectiques. C'est vrai mais ça n'empêche pas que j'ai tout de même des préférences parmi tous les styles musicaux. Le rock fait partie de ces préférences. Et ces préférences font que si je devais constituer une petite discothèque, il y aurait très probablement un ou deux disques de AC/DC dedans.