Ça ou autre chose, après tout…

J'hésitais beaucoup. J'aurais pu sortir et descendre l'escalier pour pouvoir le remonter. Alors, j'aurais pu dire que j'avais monté un escalier. J'aurais pu dire que je l'avais descendu précédemment mais il me semble que cela était implicitement compréhensible. Et puis, une fois en bas de l'escalier, je n'aurais pas eu la latitude de pouvoir l'écrire ou le dire puisque l'ordinateur serait resté en haut. Ou alors, il aurait fallu que j'aie eu l'idée alors que j'étais en bas. Là, on n'aurait pas pu me reprocher quoi que ce soit. Bien sûr, j'aurais pu descendre l'escalier avec l'ordinateur. Alors, je me serais assis sur les marches et j'aurais écrit que j'avais descendu l'escalier pour pouvoir vous le raconter. Mais là, je me doute que vous n'auriez pas mis longtemps à me déclarer fou. Qui descendrait un escalier avec son ordinateur sous le bras pour pouvoir écrire qu'il venait de descendre un escalier ? Un fou furieux, oui, vous auriez eu raison. Mais là, ce n'est pas le cas. J'ai descendu l'escalier sans ordinateur puis je l'ai remonté et j'ai pu retrouver l'ordinateur là où je l'avais laissé et commencer à écrire cette expérience du quotidien qui consiste à monter un escalier. Arrêtez de chipoter.
Parfois, je descends l'escalier pour aller voir si, par hasard, il n'y aurait pas un courrier dans la boîte à lettres. Habituellement, je ne le descends pas complètement. Je me contente de quelques marches. Alors, je me penche par dessus la rambarde et je regarde la boîte. S'il n'y a rien de visible, je fais demi-tour. S'il y a quelque chose, je me résous à descendre le reste de marches. D'ailleurs, je viens d'y penser en écrivant ces lignes, je ne sais pas combien il y a de marches à cet escalier. Je n'ai pas le souvenir de les avoir comptées. Il y en a plus que trois, plus que quatre, plus que cinq. Peut-être plus de dix, même ! Je n'en sais trop rien et ce n'est pas très important.
Ce que j'aurais pu faire aussi, ça aurait été d'aller faire une pâte à tarte brisée. Alors, j'aurais pu m'aventurer à faire une tarte aux pommes. J'aime bien la tarte aux pommes. C'est même ce que je préfère en matière de tarte. J'aime bien aussi la tarte aux oignons ou la tarte aux poireaux mais c'est différent. Et puis, j'ai des pommes dont je ne sais pas quoi faire. Pour faire une pâte à tarte, il aurait fallu que je m'assure d'avoir de la farine, du beurre et du sel en quantité suffisante. Et un peu de sucre aussi, si l'on veut. Des fois, j'en mets, des fois non. Si je ne sais pas si je vais utiliser cette pâte pour une tarte sucrée ou une tarte salée, je ne mets pas de sucre. Certains mettent des œufs, d'autres de la peau de lait. Je n'y suis pas opposé mais moi, je fais la recette de ma maman et de mes grands-mères. Pas d'œuf, pas de peau de lait.
J'aurais aussi pu aller me recoucher pour réfléchir à tout ça mais j'ai craint de faire un mauvais rêve. Cette nuit, justement, j'en ai fait un. Un des pires. J'avais arraché l'un des crochets de mes chaussures et j'étais bien ennuyé parce que je ne voyais vraiment pas comment réparer cela. Et puis, serais-je reparti me coucher qu'il n'est pas certain que je trouve le sommeil. D'un côté, sans sommeil, pas de rêve et sans rêve, pas de mauvais rêve. En me levant, ce matin, je suis allé vérifier l'état de mes chaussures. Elles étaient normales. Les crochets étaient tous bien à leur place. J'ai été soulagé. Du coup, ça aurait pu être une belle journée.
Un peu avant 7 heures, j'ai démarré mon serveur et mon ordinateur et j'ai commencé à travailler sur un dessin, une commande. C'est un dessin que je vous montrerai peut-être si vous êtes sages. Un jour. Je l'ai presque terminé tout à l'heure, vers 14 heures. C'est du dessin vectoriel. On peut toujours ajouter des détails, grossir presque sans limite. Au début, j'ai voulu le faire avec un autre logiciel que celui que j'utilise habituellement. J'ai bossé quelques heures dessus et puis je me suis rendu compte que je perdais du temps et que certaines fonctions étaient absentes. Alors, j'ai tout recommencé. Ça, c'était il y a quelques jours. Bien avant que j'aie l'idée de descendre un escalier pour pouvoir le remonter et vous raconter la chose.
Plus souvent, je me dis que ce que je pourrais faire, ce serait d'arrêter ce blog. Je pourrais le mettre de côté et passer à autre chose. Je risquerais peut-être de m'ennuyer un peu sans lui mais aussi, je ne me sentirais pas obligé de faire un dessin ou d'écrire un texte idiot pour le nourrir quotidiennement. En vérité, j'ai plusieurs dessins d'avance. Des motos, un camion, un engin bizarre, quelques personnages. Parce que, arrêter le blog, ça ne va pas m'empêcher de continuer à dessiner. La question est de savoir s'il est important ou pas de les montrer, ces dessins. Je suppose que si je le fais c'est que je dois y trouver mon compte.
Là, j'ai fait un dessin pour me changer les idées en buvant du café. J'ai trouvé que c'était un peu curieux, un peu amusant, et j'ai eu l'idée de le numériser pour le mettre dans le billet de ce jour. Comme ça, je n'ai pas eu besoin de descendre l'escalier et je ne m'en sors plutôt bien, du coup. Parce que, finalement, il y a des risques à descendre et à monter un escalier. Un faux pas et on peut se briser les os.

Une saillie verbale ?

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