Pour rester en bonne santé, gardons-nous bien de tomber malade


Alors que notre collaborateur fait les gros titres du journal Ouest-France, premier quotidien français en termes de diffusion, avec l'annonce de sa séance de dédicaces à la médiathèque de Changé (Mayenne), il me vient à l'idée de faire un dessin plaisant pour promouvoir l'homéopathie.
L'idée n'est pas venue d'elle même, il m'a fallu l'aller chercher avec les dents. Pour être honnête avec vous, ce n'est pas l'idée que j'espérais trouver. J'en souhaitais une meilleure, une géniale, je n'aurais pas eu l'heur de la dénicher et il vous faudra vous satisfaire de celle là sans trop vous lamenter tellement elle aurait pu être pire encore. Par exemple, alors que je me creusais la tête pour trouver une idée, j'ai eu un instant la tentation de vous expliquer les courses faites récemment dans un supermarché dont je ne donnerai pas le nom afin de ne pas lui faire de publicité.
Si j'avais cédé à cette tentation simpliste, cela aurait donné quelque chose de bien lamentable de ce genre :

Parce que je n'ai plus rien à manger ou presque, et pire encore, que je vais arriver à bout de mes réserves de café, je me résous à prendre l'automobile pour aller à la ville faire des courses au supermarché. Pour une fois, j'ai décidé de changer de ville et de supermarché. Ni les villes ni les supermarchés sont rares autour de chez moi dans un rayon de quarante kilomètres. Je peux aller dans l'agglomération de Périgueux, dans celle de Brive-la-Gaillarde, mais aussi à Saint-Yrieix-la-Perche ou Sarlat-la-Canéda, plus proche, j'ai le choix entre Thenon, Montignac et Terrasson-Lavilledieu. J'ai choisi une ville et un supermarché en fonction de l'enseigne que l'on y peut trouver. On ne trouve pas de Leclerc à Montignac, par exemple. C'eût été un mauvais choix de vouloir aller au Carrefour du Grand Périgueux, il n'y en a, à ma connaissance, pas. Par contre, j'y aurais trouvé un Hyper U que j'aurais eu du mal à trouver à Terrasson-Lavilledieu. Je vous dis tout ça pour vous expliquer que la vie n'est pas simple et qu'il faut bien réfléchir avant d'agir.
Bref, j'ai choisi une commune, un magasin et je suis parti dans la bonne direction au volant de l'automobile en écoutant la radio. Parce que la destination retenue n'est pas si éloignée, je ne mets pas beaucoup de temps pour arriver à bon port. Je trouve une place de stationnement, je descends de mon véhicule, ferme les portes et vais prendre un chariot. J'entre dans le commerce avec une liste de courses bien en tête. Je sais qu'il me faut du café et des filtres à café, c'est l'essentiel. Le reste, je verrai à l'improviste, à l'inspiration du moment. Tout de même, je sais que je veux des pâtes, du beurre, de la moutarde et des oignons.
Si je ne rencontre pas de problème notable pour trouver le café que je prends d'habitude parce que je lui trouve un rapport qualité/prix satisfaisant, je butte sur les filtres à café. Je m'attends, c'est logique, à les trouver dans les linéaires où se trouvent les différents cafés moulus ou en grains, en capsules ou en dosettes, lyophilisé ou décaféiné. Je ne les vois pas. Je vais voir du côté du sucre, ils ne s'y trouvent pas non plus. Peut-être avec les ustensiles ménagers ? Non. Avec les confitures ? Pas plus. Je sens que ça commence à m'agacer.
Dans le rayon de la charcuterie sous vide, j'avise une jeune personne occupée à garnir les étalages. Je m'approche subrepticement et lui adresse la parole. Elle sursaute malgré mon application à ne pas parler trop fort et à jouer de politesse empressée et, peut-être même, empesée. Je lui explique donc l'objet de ma quête et elle m'assure que les filtres se trouvent avec le café. Je lui réponds que c'était ma première idée mais que, à mon grand désarroi, je ne les y ai pas trouvés là. Elle semble étonnée, me dit son étonnement, et me propose de la suivre pour qu'elle me montre bien où sont ces filtres. Ils y sont. Je me sens bête et lui demande pardon. Elle m'assure que ce n'est pas grave mais je sens bien qu'elle doit penser que la vieillesse est un naufrage qui commence tôt pour certains.
Je prends donc les filtres au format qui sied le mieux à ma cafetière et continue mes courses. Je trouve les pâtes et la moutarde, le beurre et les œufs (je me suis rappelé que je n'en avais bientôt plus). Les oignons sont trouvés avec les fruits et légumes, je regarde les autres végétaux proposés à la vente. J'avise des endives et me dis que les endives, ce n'est pas mauvais, que ça peut se manger en salade comme cuit et accepte d'en prendre. Des pommes de terre me font de l'œil. Parce que j'aime bien les pommes de terre, j'en prends un filet. Ça peut toujours servir.
Je ne suis pas encore un très bon végan et je vais, la conscience alourdie, voir s'il n'y aurait pas de la chair animale à manger. Rien ne me tente particulièrement et je n'ai pas envie de faire la queue à la boucherie "traditionnelle". Je choisis quelques bouts de viande sous plastique. Je ne vous dis pas quoi parce que je sens la honte m'envahir. Je ne sais pas si vous pouvez avoir l'idée de combien ça me coûte de ne pas contribuer mieux au bien-être animal ! Je bats ma coulpe à chaque fois que je porte un morceau d'animal mort à la bouche. C'est horrible.
Avec ce que j'ai pris là, je considère qu'un peu de crème fraîche ne serait pas si mal. Et là, j'ai l'idée de prendre aussi du chocolat, du chocolat noir. Le chocolat, ça n'a rien à voir avec les morceaux d'animal mort, je vous rassure. Quoique l'on puisse ajouter un peu de chocolat à quelques recettes, à l'occasion. Je n'ai jamais été un chaud partisan de cette pratique mais je ne m'y oppose pas autant qu'à l'entrée des troupes américaines au Nicaragua en 1912 à l'occasion de la guerre des bananes. D'ailleurs, je n'ai pas acheté de bananes mais ceci n'a rien de rare. De manière générale, je n'achète jamais ces fruits là qui ne sont pas produits localement autour d'Azerat. D'ailleurs, la guerre des bananes n'a pas de grand rapport avec les bananes. Et là, en écrivant ça, il revient à ma mémoire une recette basée sur la banane et le chocolat noir. Comme quoi, mine de rien, je ne perds pas le fil de mon récit.
Arrivé à cet instant, alors que tout pouvait laisser à penser que j'allais me diriger vers les caisses pour payer mes achats, l'idée venue d'on ne sait où d'acheter une bouteille de vin rouge me traverse l'esprit. Allez donc ! On ne se refuse rien ! En plus, quand on sait combien l'alcool est délétère ! Mais une envie irrépressible est une envie dont on ne peut se défaire sans mal. Je pousse le chariot jusqu'à l'endroit où sont proposées ces bouteilles de poison et je reste plein de minutes à établir un choix parmi tout ce qui est à disposition. J'inspecte les étiquettes, écarte les bouteilles les plus chères et les plus modestes, ignore des appellations, hésite entre ceci et cela, me hisse sur la pointe des pieds et me mets à croupetons pour déchiffrer mieux et finis par porter mon dévolu sur une bouteille prometteuse mais pas prétentieuse.
Cette fois, je peux aller alléger mon compte en banque de quelques dizaines d'euros. Je n'ai pas de chance. Je tombe sur la caisse où un client a fait exprès de choisir une marchandise débarrassée de son code-barres. Appel au central pour lancer l'alerte, à l'autre bout du fil, on veut savoir comment se présente exactement ce produit, et la couleur de l'étiquette et le poids net. Pendant ce temps, il faut prendre son mal en patience. J'aurais dû aller à une autre caisse, c'est sûr. Le temps me semble bien long mais finalement je peux enfin glisser ma carte bancaire dans l'appareil mis à ma disposition à cette fin. Je retourne à mon automobile et glisse mes achats dans des sacs prévus à cet usage. Je peux rentrer chez moi après avoir remis le chariot à sa place et avoir récupéré le jeton indispensable à son emprunt. Après, je rentre chez moi.

Imaginez que je vous aie raconteré tout ça ! Quelle plaie cela aurait été, hein ? Heureusement pour vous, je voulais vous entretenir de tout autre chose. De l'homéopathie qui est un sujet que je trouve savoureux autant qu'inépuisable. C'est qu'il est plus simple de taper sur l'homéopathie que sur une molécule qui a des effets réels. Pour cela, il faudrait avoir des connaissances, du savoir. Pour médire sur l'homéopathie, il suffit d'avoir un peu de bon sens et l'envie de se foutre de la gueule des charlatans et de leurs clients.
L'autre jour, j'ai entendu que le groupe Südzucker allait fermer, en France, des sucreries Saint-Louis et supprimer pas mal d'emplois pour faire bonne mesure. La raison évoquée, c'est l'ouverture à la concurrence du marché du sucre. Alors, oui, il va y avoir des emplois perdus au sein même de ces sucreries mais il y a aussi les agriculteurs producteurs de betteraves sucrières. Ils sont 2500 paysans pour 36000 hectares de terres cultivées. Mine de rien, c'est 10% de la production française de betterave à sucre. Ce n'est pas rien.
Et là, je me suis dit que, heureusement pour ces agriculteurs, il reste les laboratoires qui produisent les granules homéopathiques ! J'espère juste que le patriotisme est en marche chez eux et qu'ils privilégient le bon sucre d'origine nationale qui est le plus souverain pour soigner les maux les plus rébarbatifs. Supportez la filière sucrière française ! Soignez-vous à l'homéopathie !

Commentaires

1. Le samedi 9 mars 2019, 17:13 par arielle

- Et re-bonjour Mr Liaan :-)
- Pfffff ! L'autre fois vous aviez fait une belle rencontre au supermarché, là, par exemple, en cherchant les filtres, vous auriez pu sortir du supermarché la bague au doigt. Non ? Pas bien la chute ? Rires.
- Pauv'Juliette. Oui , elle est bête !

2. Le samedi 9 mars 2019, 17:57 par Don Turbledo

Bravo au célèbre collaborateur, avec lequel je m’enorgueillis d'avoir des échanges épistolaires par ce blog interposé.
Quant à la narration de cette lamentable équipée nourricière (où je me suis reconnu), prélude à un rasage gratis de la sphère homéopathique, que dire, sinon mon admiration pour le texte, et la franche rigolade consécutive à cette saine et désopilante lecture?
Bravo!!!

3. Le samedi 9 mars 2019, 20:53 par Tournesol

Oué,n’oublions pas le rôle bénéfique des cierges dans la relance de l’apiculture,redevenez croyants!

4. Le samedi 9 mars 2019, 21:01 par Liaan

Là, c'est du vécu, le supermarché.
Autre source de désagrément lorsqu'on se trouve à une "caisse qui n'avance pas", c'est à l'occasion de l'établissement d'une facture !

Quant à ma prestation dédicacière, les albums partent comme des petits pains bien chauds, et va falloir renouveler le stock.

5. Le samedi 9 mars 2019, 21:02 par Maurice la grammaire

Imaginez que je vous aie raconter tour ça !
(Raconté...) mais bon, quand on voit à quoi on a échappé, on est soulagé !
Parce que le café, et le pinard, sont des produits que l'on cultive aux portes d'Azerat ?

6. Le dimanche 10 mars 2019, 06:48 par Don Turbledo

Une recette pour les fainéants pressés, avec des bananes et du chocolat noir, permettant de sauver une banane trop mûre de la poubelle.
Ingrédients: 1 banane limite trop mûre, quatre carreaux de chocolat noir (ou huit si ils sont petits),1 four à micro-ondes.
Prenez la banane limite trop mûre, coupez la dans sa longueur en deux parties égales.
Disposez les 2 demi bananes côte à côte dans une assiette.
Couper en deux parties égales la barre de quatre gros carreaux de chocolat, et recouvrir chaque demi banane d'une demi barre de chocolat (ou de quatre petits carreaux de chocolat). Si la banane est très longue, ou si vous raffolez du chocolat, mettre davantage de chocolat, ou moins de banane.
Faire chauffer une minute au four à micro-ondes, et bon appétit!

7. Le dimanche 10 mars 2019, 06:51 par Liaan

@Don Turbledo : Des recettes bien lourdes de bon matin. C'est une idée.

À propos de Ouest-Transe :
l'info est passée dans les pages locales.
Cela relativise.

8. Le dimanche 10 mars 2019, 07:34 par Don Turbledo

@Liaan : Boh, ce n'est pas vraiment une recette.
Vous avez raison de relativiser. On ne va pas non plus mettre à la Une un passéiste qui dénigre les motos japonaises à longueur de blog. ;-)
Si encore vous aviez de faux passeports...

9. Le dimanche 10 mars 2019, 08:14 par Tournesol

Pour revenir sur l’homeopathie,les vegans et toutes ces sortes de choses : » L’homme est si nécessairement fou que ce serait être fou par un autre tour de folie que de n’être pas fou » Pascal.
On peut compléter par : » il n’est pas si sage qu’il le croit celui qui vit sans folie » François de Larochefoucault
Et terminer avec l’adage romain: délirer est un droit des gens( heureux temps)

10. Le dimanche 10 mars 2019, 09:07 par Don Turbledo

@Tournesol : Le plus dur, quand même, ce doit être de s'auto-étalonner le degré de folie. Certains, qui avaient oubliés de le faire, s'en rendirent compte trop tard. Qui enfermé dans un asile, qui attaché sur un bûcher, qui aux commandes d'une grande nation, qui pilotant un Boing 747, qui changeant l'eau en vin, qui chantant Y a d'la joie! ;-)))

11. Le dimanche 10 mars 2019, 09:11 par Don Turbledo

Boeing! Boing est une onomatopée déposée par le Marsupilami.

12. Le dimanche 10 mars 2019, 10:35 par Tournesol

@Don Turbledo : pas faux!

13. Le dimanche 10 mars 2019, 10:48 par Maurice la grammaire

@Don Turbledo : Boeing-Boeing est la première pièce de théâtre que j'ai pu voir à Paris début des années 70, au Théâtre des Mathurins, je crois. Un grand classique du Boulevard qui doit battre des records de représentation.

14. Le dimanche 10 mars 2019, 11:22 par Liaan

Michel, le Don Juan des supermarchés.
Y'avait pas Dutronc Jacques qu'a chanté un truc dans le genre, méfiez vous...

15. Le samedi 16 mars 2019, 22:42 par fifi

Je me suis encore bien marré ... mais où vont ils chercher tout ça .