Ça marche pas à tous les coups


J'arrive à Saint-Julien-de-Lampon, et il n'y a pas grand chose à voir. La balade est déjà partie, les participants du rassemblement du Motobécane Club de France seront de retour vers 17 heures. Sur la place du village, une 51, une Mobyx et c'est tout. Ah non, pardon, j'avais mal vu. Un peu à l'écart, quelques personnes sont regroupées au chevet d'une D55 Motoconfort. Elle refuse de démarrer. Son propriétaire dépose la bougie, rien à signaler de ce côté. Alors, c'est la carburation. On dépose la cuve du carburateur et les avis et conseils se font entendre.

Les conseils et avis fusent
"C'est un gicleur", dit l'un ; "c'est le filtre", dit un autre. Le gicleur est soufflé à la bouche et remonté. On ouvre le robinet d'essence et on actionne les pédales. Le petit monocylindre pète ! Oui enfin… Pas longtemps et uniquement avec le starter. Si on lâche la tirette du starter le moteur s'étouffe et s'arrête. Il y a un souci au niveau de l'arrivée d'essence, c'est certain. Pas de problème, on démonte le carburateur de nouveau.

Vérification du carburateur
Le joint de la cuve ne résiste pas longtemps. Heureusement, il y a un tube de pâte à joint. Dans le fond de la cuve, il y a une couche de résidus de vieille essence. Ça doit venir de là. On gratte, on nettoie, on essuie, on remonte. Retour aux pédales. Le moteur démarre sur le starter. Aussi, il s'arrête dès que l'on le lâche. Le problème vient d'ailleurs. On reprend la clé et dépose une fois de plus le carburateur.

Remontage du carburateur
Quelqu'un préconise de remplacer ce carburateur Gurtner — qui, selon lui, ne vaut rien — par un Dell'Orto bien plus efficient. Ah mais c'est qu'à Saint-Julien-de-Lampon, ça ne sera pas simple à trouver sous le sabot d'un cheval ! Il est alors proposer de filer à Sarlat, la ville la plus proche, pour tenter d'en dénicher un. Hum.
Ah mais voilà une nouvelle piste. Un petit joint torique doit se trouver là, sur le tube d'émulsion. Il est tout foutu. Voilà. L'origine du problème est là, c'est certain. Un joint torique de cette taille, il n'y en a pas parmi les outils et petites pièces prévus. Par contre, il y a un rouleau de chatterton. Ça devrait faire l'affaire. On en découpe un bout et on l'enroule autour du tube d'émulsion. Remontage, pédales, pétage, étouffage, redémontage.
Cette fois, on ne sait plus trop. On propose des pistes plus ou moins farfelues et fantaisistes. La plupart sont écartées. L'essence arrive, la cuve se remplit bien ; l'allumage est bien réglé ; c'est juste que ça ne fonctionne (et pas très bien) qu'avec le starter. On baisse les bras, on rassemble les outils et on charge la D55 sur la remorque. Elle ne participera certainement pas à la balade du samedi et il est à craindre qu'elle ne sera pas plus en état pour la promenade du dimanche. Dommage.

Le moteur du D55

Commentaires

1. Le samedi 26 mai 2018, 07:28 par Tournesol

A mon avis,cette brave mobylette est hors de cause,son proprio était enscoumouné c’est tout.Il n’y a pas de désenvouteur à Saint Julien de Lampon?
Vous reportez bien!

2. Le samedi 26 mai 2018, 07:32 par Michel

@Tournesol : Pour tenter de conjurer le mauvais sort, j'ai pourtant pris bien garde de tourner deux fois autour de du cyclomoteur dans le sens anti-horaire puis trois fois dans le sens horaire. Normalement, ça aurait dû remettre les pendules à l'heure mais ça n'a pas fonctionné. J'ai proposé que l'on égorgeât un pigeon ou un poulet en agitant une tête d'ail au-dessus du carburateur mais la proposition a été rejetée.

3. Le samedi 26 mai 2018, 08:04 par Tournesol

Eh voilà,évidemment,si ces gens n’y connaissent rien,ils ont eu ce qu’ils méritent

4. Le samedi 26 mai 2018, 09:25 par Liaan

La malédiczionne...
Elle arrivait souvent sur la MZ 125TS.
Une heure pour faire cinq kilomètres :
(en gros, la moyenne d'un piéton)
- travaux pratiques (kickage*, démontage carbu et autres) : 54 minutes
- trajet : 6 minutes, après avoir démarré le moteur.

(*) kickage.
Vous êtes confiant envers votre machine. Vous vous équipez de pied en cape, casque, gants, blouson.
Vous kickez une fois, deux... jusqu'à vingt-trente fois. Rien. Vous prenez chaud, et vous enlevez casque, gants et blouson. Qu'il faudra bien remettre le moteur démarré, en donnant des coups de gaz...
Je plains les motards avec leurs chiottes fiables, il n'ont rien à raconter.

5. Le samedi 26 mai 2018, 21:10 par Tournesol

@Liaan : la mienne marchait bien,peut être le climat sec de Marseille?Si le mélange était trop riche en huile( au début je mettais du 5%)la bougie s’encrassait facilement.

6. Le dimanche 27 mai 2018, 09:42 par Sax/Cat

@Liaan :
Peut-être que les motards modernes ont une préférence pour les véhicules qui permettent d'aller d'un point A à un point B sans passer trop par la case "panne au bord de la route".
<provoc>
C'est peut-être pour ça qu'ils achètent des japonaises.
</provoc>

7. Le dimanche 27 mai 2018, 11:40 par Liaan

@Sax/Cat : Ben oui...

8. Le lundi 28 mai 2018, 14:03 par jojo

Dans 11 cas sur 10, le coupable s'appelle Gurtner ...

9. Le lundi 28 mai 2018, 14:05 par Michel

@jojo : Vous n'êtes pas le seul à avoir proposé cette piste.

10. Le lundi 28 mai 2018, 20:51 par Sax/Cat

Moi je propose
la tête de Delco
les vis platinées
les sphères hydropneumatiques
la courroie de distribution