Djipe Hotchkiss


Que l'on ne souhaite pas glorifier l'armée française, je le comprends, je peux le comprendre. Si l'on est un tant soit peu antimilitariste, on peut avoir le désir de posséder et conduire un véhicule conçu pour l'armée et ne pas avoir l'envie d'afficher une peinture kaki et des inscriptions militaires. Ainsi, j'aime bien ce véhicule qu'est la Jeep mais il me semble que si j'en possédais une, elle serait jaune ou bleue ou rose.
S'il se trouve que l'on aime l'esthétique militaire, que l'on ait un goût certain pour l'armée, on peut désirer glorifier tout ça, perpétuer la mémoire ou je ne sais quoi. Ainsi, on se dirigera vers ce que l'on nomme "militaria". On participera à des reconstitutions de camps militaires, on répondra présent pour les défilés commémoratifs. Bon. Pourquoi pas ?
Ce dimanche, à Boulazac, était présente une Jeep aux couleurs de l'armée américaine. On voulait nous faire croire que le véhicule avait participé à la Libération, qu'il avait contribué à la chûte du nazisme. Mais ça ne collait pas trop. D'abord, la jeep en question était équipée d'un moteur Diesel et, en plus, elle ne cachait pas son origine bien française. Cette Jeep a été fabriquée sous licence Willys par Hotchkiss et bon, forcément, elle n'a jamais servi sous les couleurs de l'armée américaine. Plus probablement, elle a œuvré au sein d'une quelconque caserne bien française sans jamais aller au combat.
Si l'américanisation systématique de ces Hotchkiss m'agace un peu, je pense comprendre la démarche qui conduit à ce comportement. D'ailleurs, je reconnais que le propriétaire de la Jeep en question ne cherchait pas à cacher l'origine de son véhicule. Alors, on parlera d'une évocation, d'une réplique. Ce n'est pas très grave.

Bien française, cette Jeep Hotchkiss

Commentaires

1. Le mardi 27 mars 2018, 10:40 par Le prof Turbled

La Hotchkiss, c'est bien, mais le French kiss, c'est encore mieux!
C'est vrai que la Jeep, c'est le 4x4 le plus authentique et le plus épuré qui soit. Longtemps, les pompiers ont utilisés ce véhicule génial, ainsi que beaucoup de garagistes, EDF lors de la pose de lignes électrifiées à travers champs, et même de gros paysans. C'est un véhicule familier de mon enfance. Comment ne pas en avoir envie? Evidemment, aujourd'hui la cote a explosé. Une Lada Niva en est assez proche dans l'esprit, malgré la cabine fermée, mais question prestige...

2. Le mardi 27 mars 2018, 10:42 par Tournesol

Dans le genre copie pas authentique du tout,j’aimais bien la Renault Dallas,si,si.
Quand les gens créent des supports pour leurs rêves,sans chercher à se prendre au sérieux,je trouve ça sympa.

3. Le mardi 27 mars 2018, 10:44 par Michel

@Le prof Turbled : 4x4 permanent, caisse autoporteuse, roues avant indépendantes et communiste, le Lada n'a pas grand rapport avec la Jeep. A la limite, les Suzuki/Santana seraient les plus proches dans les véhicules "récents".

4. Le mardi 27 mars 2018, 10:47 par Michel

@Tournesol : Le concept de la Dallas n'est pas inintéressant. Partir d'une plate-forme de Renault 4 pour faire un véhicule de loisirs à la ressemblance assumée de la Jeep, pourquoi pas. Malheureusement, elle est bien trop basse sur ses petites roues. Il n'était sans doute pas facile de faire autrement en contenant les coûts. Je n'aime pas plus que ça la Dallas, je ne lui reconnais que le côté un peu amusant. Je lui préfère et de très loin un buggy à moteur VW ou la Mini-Moke sans parler de la Méhari !

5. Le mardi 27 mars 2018, 10:54 par Le prof Turbled

@Michel :
Attendez! Dans l'esprit, avec 40 ans de progrès assimilés. mais le côté rustique est bien là. Quand aux idéologies, j'ignore si elles affectent la motricité dans les passages difficiles. Vous ne vouliez quand même pas que les soviets renouvelle le coup du Concordsky avec 40 ans de retard technologique? Les Santana (quel guitariste!) et Suzuki sont très sympa, et encore abordables, et ne cachent vraiment pas d'où leur vient leur inspiration.

6. Le mardi 27 mars 2018, 10:56 par Le prof Turbled

Renouvellent...

7. Le mardi 27 mars 2018, 11:00 par Michel

@Le prof Turbled : Oui peut-être. Je ne connais pas très bien le Niva. La rusticité est tout de même très édulcorée dans la version occidentale de ce 4x4. Il y a du chauffage, des sièges moelleux, des portes et des vitres. La Jeep a servi de base pour le Land Rover qui, lui, est resté relativement rustique jusqu'au bout de sa carrière. Les Jeep modernes aussi si l'on y regarde de près.

8. Le mardi 27 mars 2018, 11:50 par Le prof Turbled

@Michel :
Du chauffage? Pour affronter les T° sibériennes "occidentales" sans doute! ;-))
Faut aussi l'imaginer dans son biotope, la Niva.

9. Le mardi 27 mars 2018, 13:04 par Tournesol

@Michel : ah ben oui,mini mode et méhari,c’est plus fun.

10. Le mardi 27 mars 2018, 17:54 par Le prof Turbled

Et la peinture kaki, ou camouflage, ça fait vendre. En revenant de la déchetterie, je viens de croiser un Kangoo 4x4. Ben il était vert armée!
Le Scénic 4x4 première version aussi, comme le pigeot 103 "land" de notre jeunesse.
On aime pas la guerre, mais les défilés et les tanks, si.
Attends, je m'en vais badigeonner ma tondeuse couleur Africa-Korps, et ma motobineuse kaki pour la grande offensive de printemps!

11. Le mardi 27 mars 2018, 18:45 par Liaan

@Michel : Sur votre M.P. (hi hi hi) je vous ai transmis une d'jeep...

12. Le mardi 27 mars 2018, 20:11 par Liaan

Le ciel sur la photo est plus menaçant que la Jeep.

13. Le mercredi 28 mars 2018, 07:16 par Le prof Turbled

Encore une fois, la machine à radoter le temps d'avant est relancée par le daguerréotype d'une vieillerie à quatre roues.
Et nous voici début 1979, lorsque les établissements Poch ont commencé à importer la Lada Niva.
Tout de suite nous avons pu assister à un engouement surprenant pour ce véhicule exotique (communiste) dont les qualités de franchissement, la compacité, le tarif abordable et la bonne bouille avaient été abondamment vantés par les médias. Et n'oublions pas la louche de technicité, avec la boîte étudiée par Porsche, en guise de passerelle vers l'esprit étroit des anti-communistes primaires, afin de leur permettre d'être en paix avec leur conscience malgré l'achat éventuel de ce sulfureux véhicule.
C'est ainsi qu'avec les copains, nous avons pu voir des gosses de riches revendre leur BMW ou leur GTI pour acquérir ce vilain petit canard ruskoff, pour ensuite aller se jeter dans les ornières et les bourbiers, tous fiers d'apporter leur écot à une nouvelle ère de la couennerie humaine.
Bien sûr, tout aussi rapidement, les bruits de la pignonnerie, la gloutonnerie du moteur (dérivé d'un Fiat antédiluvien), le confort tout relatif et les performances routières médiocres (surtout après une GTI) ont rebutés ces nouveaux aventuriers et les ont éloignés de leur jouet, qui finalement n'était qu'un outil.