Allons enfants

Me voilà de retour après un peu plus de 1700 kilomètres de route.

Partis mercredi matin, nous sommes revenus à Azerat hier soir, jeudi. Ce matin, nous avons repris le camion pour aller le décharger au fond de la Dordogne, à la limite de la Charente.
Nous partons mercredi matin en direction de Marseille. Autoroute A89 de Périgueux à Brive puis A20 direction Toulouse. Nous nous arrêtons pour boire un café et nous repartons direction Montpellier et Marseille. Nous y arrivons vers 17h30. Nous avons bien roulé. Nous sommes arrivés plus tôt que prévu. Nous appelons la personne chez qui nous devons prendre livraison de la machine que nous venons chercher, elle ne peut pas nous recevoir le soir même. Ce n'est pas très grave. Nous partons à la recherche d'un petit hôtel pas cher pour passer la nuit. Là, c'est un peu la grosse galère. Nous faisons les hôtels de Plan de Campagne, de Vitrolles, de Marignane, ils sont tous complets. On tourne ainsi pendant presque deux heures et nous finissons par trouver un hôtel tout à fait convenable pour ce que l'on a à en faire et à un tarif raisonnable. Voici une chose de faite.
Mon collègue déclare que nous ne sommes pas venus à Marseille pour manger de la pizza et nous partons pour le vieux port pour trouver un endroit où manger une bouillabaisse. Avant de partir, j'avais fait un peu le tour de la question sur Internet. Parmi les adresses conseillées, il y avait par exemple le Miramar. On se gare en face, sur les quais. On s'approche de l'établissement et nous regardons la carte. 58 euros la bouillabaisse. C'est un peu cher. Nous allons voir le restaurant qui est à côté, "Oscar"[1], qui propose sa bouillabaisse pour 38 euros. On pousse la porte. Nous sommes bien accueillis et l'établissement est agréablement décoré. Nous prenons un campari pour se mettre en appétit et expliquons au serveur que nous n'avons jamais mangé de bouillabaisse. Il nous explique un peu ce qu'est ce plat, son histoire, la façon de le déguster. Il nous conseille un Cassis blanc pour l'accompagner.
On nous apporte la soupe que nous mangeons en l'accompagnant de rouille et de croûtons de pain aillé. La soupe est très bonne. On vient nous présenter les poissons, on nous les prépare et on nous les sert avec du bouillon. Nous nous régalons vraiment. Faute de comparaison, je ne peux pas dire si la bouillabaisse était simplement moyenne ou très bonne. Elle nous a plu, c'est une chose certaine. Un petit dessert, un petit café et nous sortons rassasiés. Avant de rejoindre l'hôtel qui se situe dans la banlieue de Marseille, nous allons faire une promenade digestive autour du port. Franchement, j'ai revu l'image que j'avais de Marseille. C'est plutôt joli et agréable. Nous reprenons le camion pour aller à l'hôtel. On arrive à retrouver la route sans trop nous perdre et au lit. Demain, on se réveille tôt.

Jeudi matin, nous arrivons au lieu de rendez-vous pour charger la machine. On l'installe dans le camion, on la sangle, on paie et on prend la route pour l'Ardèche. Oui, l'Ardèche. On nous avait dit que nous allions dans la Drôme mais c'est en fait à Saint Montan que nous allons faire le déménagement dont nous avons la charge. Quel bonheur, les déménagements ! C'est toujours plein de bonnes surprises, de choses lourdes à porter, d'escaliers trop étroits, de doigts écrasés. Nous mettons environs deux heures pour aller de Marseille à Saint Montan. et nous commençons tout de suite à charger. D'abord, les grosses pièces, le réfrigérateur, la machine à laver le linge, la cuisinière. Et puis les cartons, des cartons partout, des gros cartons lourds, des cartons de taille moyenne un peu lourds aussi, des sacs, des tables, des chaises, un canapé, des bibelots, des luminaires, des matelas et des vélos. On charge même quelques grosses pierres (souvenir). Nous sommes six et cela est rondement mené. Un peu avant 13 heures, tout est dans le camion sauf quelques affaires qui voyageront en voiture mercredi. Une table est réservée au restaurant du village et nous allons manger. On a encore pas mal de route à faire et nous restons très calme sur le vin, mon collègue et moi. Nous avons bien fait.

A 14h30 pétantes, nous partons en direction de Lyon par l'autoroute. A une gare de péage, la Gendarmerie Nationale fait des contrôles d'alcoolémie. C'est moi qui conduit et mon apparence semble être prometteur pour l'agent de la force publique qui, le sourire affiché haut et fort, m'intime l'ordre de me stationner et d'arrêter le moteur du camion. Il m'apprend qu'il me parle au nom de la Gendarmerie Nationale dans son entier et me demande mes papiers ainsi que ceux du véhicule tout en m'indiquant qu'il va pratiquer à un contrôle d'alcoolémie. Bien.
"Vous avez bu de l'alcool ?", me demande-t-il. "Oui", lui réponds-je. Le fait est que j'ai bu un petit fond de verre de vin durant le repas pour goûter ce côtes du Vivarais produit localement et une bière durant le déménagement. J'ai bu, oui. "Vous êtes fumeur ?", m'interroge alors le militaire. "Oui, je suis fumeur", lui réponds-je. "A quand remonte votre dernier pétard ?", continue-t-il finement. "A longtemps. Je ne peux pas vous dire que je n'ai jamais fumé de cannabis mais ça remonte à loin", dis-je avec honnêteté. Le bonhomme prépare son éthylomètre électronique, place l'embout jetable dans lequel je vais devoir souffler et me tend l'appareil. "Vous inspirez et vous soufflez jusqu'à ce que je vous dise d'arrêter", m'explique le gendarme. Je m'exécute. Il regarde son écran de contrôle et semble un peu déçu. Je lui demande combien il est indiqué, il me répond que ça indique 0. Je le sens dégoûté. Il enlève l'embout en plastique et me le donne "en souvenir". Du coup, il en oublie de me demander mes papiers et ceux du camion et nous repartons. Brave gars, dans le fond.

Tout cela ne nous a pas fait gagner de temps. Chargé comme nous le sommes (en très très nette surcharge), nous avons du mal à atteindre les 120 km/h. Dans les côtes, le camion réduit son allure jusqu'à m'obliger de passer la troisième. Les semi-remorques nous doublent. Mais on roule, on roule. Je tiens le volant pendant un peu plus de quatre heures et nous sommes alors après Clermont-Ferrand. La nuit est tombée et nous nous arrêtons sur une aire de repos pour boire un café. Changement de chauffeur et nous repartons pour la dernière partie du voyage qui va nous faire arriver à Azerat vers 21h30.
Mon collègue m'invite à casser une petite graine chez lui avant de me raccompagner chez moi et d'aller se coucher. Nous sommes fatigués. Nous grignotons un peu et on sent l'envie d'aller nous coucher. Il me ramène chez moi, je me lave les dents et je file au lit.

Ce matin, nous reprenons le camion et nous filons vers Périgueux. Là, on nous dit qu'il faut aller décharger à côté de la Tour Blanche, presque en Charente. Nous y allons et nous déchargeons toutes les affaires du déménagement dans une grange. Nous repartons pour Périgueux et là, enfin, nous déchargeons la machine que nous sommes allés chercher à Marseille. Il est midi passés, nous allons manger chez mon patron qui nous invite. Bon whisky, bon foie gras, bonne canette rôtie, bon vin et bon café. Rien à dire, ce patron n'est pas si mauvais que ça.
Nous revenons à Périgueux pour faire le plein du camion et le rendre à la société de location. Je m'occupe de deux ou trois bricoles informatiques et on part. Mon collègue a quelques pièces mécaniques à aller chercher chez un fournisseur, nous y faisons une halte et nous rentrons à Azerat.
Ce soir, je ne vais pas manger (j'ai bien mangé ce midi) et je pense que je vais aller me coucher pas trop tard.

Notes

[1] Oscar - 24 quai du Port, 04 91 91 57 41

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