Ah putain, ce que c'est bon !

Ah ! Nom de dieu ! Qu'est-ce que ça fait du bien de se remplir le bidon après une journée fructueuse passée penché sur sa table à dessiner. Aujourd'hui, bordel de merde, j'ai fait trois putains de bon dessins.

Trois dessins. Oui messieurs dames, pas un de moins. Trois. Dessinés, crayonnés et encrés. Numérisés, en plus. Et encore mieux : envoyés de surcroît. Ouais, je suis pas mécontent de moi, sur ce coup. Putain de saloperie de vache. Elle va m'avoir jusqu'à la corde. Je la sens qu'elle me suce la cervelle jusqu'à la moëlle, la salope. Bordel de merde. Merde.
Trois dessins. Vous vous rendez pas compte, vous autres que vous êtes même pas foutus d'en faire un seul. Faut pas croire que c'est si facile. Faut sentir l'art vous dégouliner des doigts. De l'art qui a la couleur de l'encre de chine que ça tache pire que tout. Parole, ce matin, j'étais même pas sûr d'en faire un, de dessin. Et voilà que j'en ai fait trois. J'ai débuté à neuf heures du matin, j'ai terminé vers dix-neuf heures. Sans prendre de pause déjeuner. Je suis pas du genre à. Juste que je me suis bu quelques litres de caoua. Vous dire que ça a été facile, ça serait vous mentir. Ni plus ni moins. Non, ça n'a pas été facile. Plusieurs fois, j'ai dû gommer et recommencer. Vous pouvez pas vous imaginer, philistins que vous êtes.
J'ai fait mes trois dessins et puis une fois qu'ils étaient bien terminés, je suis allé les numériser sur l'ordinateur. Je les ai un peu nettoyés avec Photoshop© et je les ai enregistrés. Et puis, je les ai envoyés à la coloriste qui en fera ce qu'il faudra qu'elle en fasse. Je n'allais pas en faire des confitures. Elle commence à me sortir par les trous de nez, cette vache. Non ! Confondez pas, je parle pas de la coloriste. Juste de ce personnage de vache que je traîne derrière moi comme un boulet. Quel boulet, quel boulot. Nom de dieu de bordel de merde.

Alors oui, j'ai eu faim et je me suis fait à manger. J'ai regardé ce que j'avais dans le frigo. Rien de bien tentant. De la crème plus très fraîche depuis le temps. Et puis aussi des lardons fumés et puis du fromage rital qu'on met sur les nouilles. Comme j'avais des nouilles, j'en ai fait cuire et j'ai fait de même pour les lardons. Et puis j'ai foutu de la crème plus très fraîche sur les nouilles cuites et puis les lardons cuits et puis le fromage. Et j'ai tout foutu dans une assiette bien creuse et j'ai tout bouffé à m'en faire éclater la panse. Putain, ce que c'est bon de se remplir le bide. On pense plus à rien pendant qu'on bouffe comme un porc. Plus rien à foutre des malheurs des autres. Rien que l'instinct de survie direct branché au ciboulot. Le bonheur.
Maintenant que je suis rempli et que je suis en train de constituer ce que je virerai dans la porcelaine demain matin, je me demande ce que je vais faire de ma soirée. Pas envie de lire, pas envie de faire dans l'intellectuel. Je vais regarder un film très bête et puis je dormirai. Que ça vous plaise ou non, je vais faire comme ça.

vache rigolote

Une saillie verbale ?

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