Ces objets qui se rebellent


J'ai un rapport compliqué avec les objets. Je les crois capables de jouer. Eux et moi, c'est comme un perpétuel jeu de cache-cache. Ça a du bon, ça occupe les soirées, mais c'est aussi quelque peu lassant, des fois.

En ce moment, ce sont un crayon et un stylo-feutre qui se sont cachés. Je ne sais pas où ils sont. Je les cherche depuis au moins une semaine, dix jours. Ils doivent bien être quelque part. Mais où ? Il faut reconnaître que rien n'est vraiment rangé, chez moi. C'est un joyeux capharnaüm, les objets sont libres de faire ce qu'ils souhaitent faire. En général, lorsque j'ai quelque chose qui m'encombre quelque part, je le pose autre part, sans la moindre idée préconçue. Si ça tient en équilibre ici ou si ça rentre là, ça me va. Rien est rangé. Cela donne l'occasion d'associations bizarres. Un appareil photo peut se retrouver à côté d'un verre à bière, une pile de papiers à côté d'un amoncellement de boîtiers de CD, des livres à côté d'ordinateurs ou de cartons de composants informatiques. Cela ne me dérange vraiment pas du tout.
Il y a tout de même des limites. Par exemple, il arrive que je ne peux même plus circuler dans la maison. Les piles se cassent la gueule, d'autres choses arrivent sur les tas, tout se répand et voilà qu'il n'y a soudain plus assez d'espace pour mes deux pieds. Alors, là, je fais du "rangement" et du "classement". A ma manière, bien sûr. Disons que je fais comme je peux. J'essaie de me tenir à quelques règles fondamentales. Les papiers à garder (factures, courriers importants...) vont habituellement dans un classeur à rouleau que l'on ne peut plus fermer depuis bien longtemps. Je fourre tout ce qui est censé aller là en force, je pousse, je tasse, je compacte. Tout ce qui peut concerner la cuisine se retrouve dans la cuisine (avec quelques bizarreries néanmoins). Les objets qui me posent réellement problème, ce sont ceux qui ne peuvent pas avoir leur place parce que, simplement, je peux être amené à les utiliser presque partout ou ailleurs. C'est le cas de tout ce qui peut concerner l'informatique ou le dessin, même si, pour ces deux catégories, on peut considérer que la salle-de-bains et la cuisine sont à peu près épargnées. Les bouquins et revues, je n'ai jamais su qu'en faire et ce sont eux qui, finalement, créent le plus cette impression de désordre. Après, on peut aussi trouver des outils posés à même le sol et on se demande bien ce qu'ils font là. Il y a bien longtemps que j'ai cessé de faire de la mécanique dans la salle à manger et de répandre de l'huile de vidange partout. Il faut reconnaître que je ne mécanique plus beaucoup.

Mais là, ce sont un crayon et un feutre que je cherchais depuis plus d'une semaine. Je suis content parce que je les ai finalement retrouvés grâce à la seule force de mon intelligence. Depuis des jours et des jours, je me demandais où je les avais vu pour la dernière fois. J'ai fini par avoir une petite idée de la question mais cela ne m'avait jusque là pas permis de remettre la main sur eux. Et voilà que, ce matin, je me souviens que je les avais avec moi lors d'un rendez-vous et que je les avais très probablement placés dans la poche de la chemise que je portais à cette occasion. Là, ça a été rapide. Le temps de déplacer tout un tas de dessins, de papiers divers et de revues variées, je mets la main sur cette chemise. Et ce que je cherchais était bien là où je pensais les trouver. Je suis bien content.
Il ne me reste plus qu'à me souvenir ce que je voulais faire de ce crayon et de ce feutre il y a une semaine, maintenant. Mais ça, c'est une autre affaire !

dessin

Commentaires

1. Le dimanche 5 juillet 2009, 13:25 par Lib

Un véritable gaston Lagaffe quoi , dans le classement ..

2. Le dimanche 5 juillet 2009, 18:51 par zaréelle

C'est ce qui me plaît chez vous : vos objets inanimés sont tout aussi farceurs que les miens ;-)

Bon! j'ose ! vous êtes certain qu'il ne manque aucun mot dans vos phrases ?

3. Le dimanche 5 juillet 2009, 19:43 par michel

Ah oui, j'ai au moins trouvé des mots manquants. Je ne sais pas ce qu'ils étaient devenus.

4. Le dimanche 5 juillet 2009, 20:53 par zaréelle

Les mots aussi sont des farceurs qui parfois nous échappent ;-)