Véhicules et moyens de transport

lundi 9 juillet 2018

Mes motos dans l'histoire

C'est le 9 juillet 1789 que naît la première assemblée constituante française. Cent vingt ans plus tard, un neuf juillet également, naissait Paul Ricard. Et en ce neuvième jour de ce mois de juillet 2018, sur ce blog, je mets en ligne un de mes tous meilleurs dessins de motocyclette[1].
Peut-on conclure quelque chose de ces trois événements ? Apparemment pas. Quel rapport entre un dessin contemporain, la naissance d'un bienfaiteur de l'humanité et un fait historique anodin ? Aucun. Oui. Aucun, comme ça s'écrit[2] Cependant, il est assez cocasse de constater une chose qui ne manque pas de m'étonner depuis que j'en ai pris conscience. L'événement le plus ancien, la naissance de l'assemblée constituante française, est encore dans les mémoires quant on parle encore de Paul Ricard et que mon dessin sera déjà oublié demain. Je vois là la preuve irréfutable d'un sentiment étrange qui me fait bouillir les neurones. C'est certain, le temps d'hier n'est pas celui d'aujourd'hui et on peut constater que ce temps se fait de plus en plus rapide. La faute à quoi ? Au réchauffement climatique ? A la fonte des glaces ? Je ne sais pas.
J'ai fait ce dessin pour passer le temps. Je ne suis pour rien ni dans la naissance de Paul Ricard ni de la création de l'assemblée constituante. Dans un cas comme dans l'autre, je n'étais pas né. Mes arrière grand-mère maternelle, la mère de mon grand-père, née en 1895 et mon grand-père paternel, né en 1906, auraient pu avoir connaissance de la naissance de Paul Ricard mais en aucun cas avoir une quelconque responsabilité de ce fait historique. Oui, j'ai connu une personne née au XIXe siècle. Ça ne me rajeunit pas. Comme je ne peux pas demander à mon arrière grand-mère de se débrouiller pour naître plus tard[3], je dois accepter de ne plus être tout neuf. J'ai beau faire des efforts conséquents pour conserver une certaine jeunesse d'esprit, je ne trompe plus grand monde. Remarquez, Paul Ricard est mort et ne doit plus être très beau à voir. Je ne sais pas quelle gueule il pouvait avoir de son vivant, j'ai vu la gueule de buveurs de son apéritif délétère. Ça donne pas envie de s'y mettre. Ceci dit, lui a droit à la postérité quant moi je dois me contenter à rien, question reconnaissance. Je ne m'explique pas ce qui se sera passé mais j'ai dû merder quelque part dans l'application du protocole qui devait me conduire à la célébrité. Ce qui me console un tout petit peu, c'est qu'il y a encore plus anonyme que moi. Il y a des milliards d'êtres humains qui me sont totalement inconnus, c'est dire qu'ils sont nombreux, les gens de peu, sur notre planète. On peut parier que des milliards de ces personnes pourraient disparaître sans que ça me fasse lever un sourcil. Quand on y pense, ça donne le vertige.
Normalement, quand je dessine une moto, c'est que je ne sais pas quoi dessiner. En fait, c'est juste une forme d'exercice destiné à vérifier que je suis encore capable d'utiliser un crayon. Pour dire la vérité, quand je dessine une moto, c'est que ça va mal, c'est que la cervelle est vide, que je n'ai plus rien dans le ciboulot, que la machine à imaginer est enrayée, qu'elle se coince. La capacité d'imaginer est proche du néant. Je me demande s'il y a un rapport avec l'âge. Peut-être que je suis au début du processus de liquéfaction du cerveau. Je le sens bien que je suis moins vif et moins apte à comprendre qu'il y a ne serait-ce que quelques mois. C'est le début de la fin.
Et donc, je dessine une moto. Sans but précis. Je sais que ça pourra toujours servir à alimenter ce blog. Je regarde ce dessin terminé hier et je me demande ce qu'il vaut. J'ai fait pire. J'ai peut-être fait mieux, aussi. Pour autant, je ne le trouve pas si mauvais. Quand je me demande ce que ce dessin vaut, je ne parle pas d'une potentielle valeur monétaire. Juste de son intérêt "artistique". Si je me demandais combien je pourrais vendre ce dessin, j'ai la réponse. Il m'arrive de vendre des dessins et je sais combien j'en demanderais le cas échéant. Est-ce que ça vaut ce que j'en demanderais ? Peu importe. C'est l'histoire de l'offre et de la demande. Il m'est arrivé d'avoir honte de vendre des dessins au prix que j'en demandais. L'impression (un peu désagréable) d'être un escroc. Vous, vous l'avez gratuitement, ce dessin. Pour vous, il ne vaut donc rien. Pour le voir, vous avez payé votre ordinateur ou tablette ou smartphone. Vous avez payé votre connexion Internet. Vous avez accepté de donner de votre temps (et le temps, c'est de l'argent). Mais si je vous demandais de payer pour voir le dessin, comment vous me renverriez dans les cordes !
Il y a quelques années, Manu Larcenet (dessinateur de talent) arrêtait son blog. Il expliquait qu'il avait cru au respect d'une sorte de contrat moral entre lui, l'auteur, et les lecteurs et visiteurs du blog. On regarde mais on ne touche pas, on ne copie pas, on ne partage pas. Il en a eu marre de voir ses dessins s'afficher sur d'autres sites, sur les "rézossocios". Il a fermé son blog. Et alors, je m'étais demandé pourquoi Larcenet avait ouvert un blog. Il devait bien se douter que ses dessins allaient être copiés, enregistrés, réutilisés. C'est la "règle" sur Internet. C'est tellement simple ! N'empêche, Internet n'est pas une zone de non-droit. Le droit de la propriété intellectuelle d'une œuvre de l'esprit vaut aussi sur Internet. Ainsi, les dessins de Larcenet comme les miens restent la propriété de leur auteur.
La fermeture de mon blog n'est pas d'actualité. Si je partage mes dessins ici, c'est en parfaite connaissance des risques. Et puis, franchement, si je montre mes dessins ou mes photos, c'est surtout et avant tout pour mon plaisir à moi, hein ! C'est juste pour tenter de glaner un peu de compliments ou de reconnaissance. En fait, je vous utilise à mon propre profit. Tenez, combien vous pariez que si vous ne venez plus du tout le blog s'arrêtera ? On fait un test ?
Avant hier, un presque ami artiste m'a appelé pour me proposer que l'on réalise une œuvre commune. Il m'a complimenté pour mes dessins et ça m'a fait du bien. Jusque là, il ne m'en avait jamais trop parlé. Il les avait vu mais il ne m'avait jamais dit ce qu'il en pensait. Peut-être considérait-il que ça allait de soi ? Ce type, cet artiste, a déjà eu l'honneur du CAPC de Bordeaux. Ce n'est pas un obscur artiste incompris. Ça m'a vraiment étonné qu'il me dise du bien de mes dessins.
A mon âge, je sais bien que je ne me débarrasserai jamais de ce problème. Qu'est-ce que ça vaut, mes dessins ? Moi, je vois tous leurs défauts, je vois tous les dessinateurs qui dessinent mieux que moi. Je pense que je ne suis pas trop prétentieux. Ce n'est pas non plus de l'humilité ou de la modestie, c'est plutôt de l'abattement et du découragement. Pour moi, c'est clair, mes dessins ne valent pas grand chose. Parfois, je suis surpris de revoir un dessin oublié et de me dire que, tout de même, il n'est pas si mauvais. Ça pourrait me rasséréner mais j'en conçois plutôt encore un peu plus de dépit. Pourquoi ai-je su faire un dessin correct il y a quelques années et que je ne parviens plus à rien de valable aujourd'hui ? Putain ! Ce que j'aimerais être un peu sûr de moi, avoir confiance en moi. Ça doit être cool de se dire que l'on est le meilleur, hein ?

moyen de locomotion

Notes

[1] C'est une appréciation personnelle qu'il convient de relativiser en tenant compte de ce que je ne me souviens plus très bien des dessins précédents traitant de ce sujet.

[2] D'ailleurs, je trouve que ça s'écrit assez mal. On m'aurait demandé, j'aurais proposé une autre orthographe. On ne m'a pas demandé…

[3] à cause du risque de paradoxe temporel et tout ça

jeudi 5 juillet 2018

Fête des battages à l'ancienne au Change

Ce sera le 15 juillet prochain et j'y serai peut-être. Avec la récente limitation de vitesse sur les routes secondaires, je prends de plus en plus les routes tertiaires. Par exemple pour me rendre dans l'agglomération périgourdine ou en revenir. Cela m'a conduit récemment à passer par le Change et de voir ce tracteur déjà sur place dans l'attente de cette fête. Malheureusement, la batteuse était bâchée. Mais parce que j'aime beaucoup ces tracteurs anciens, je n'ai pas résisté et me suis arrêté pour faire une photo.

Société Française Vierzon

mardi 3 juillet 2018

Quelque chose de Michèle

Morgan Plus 4

samedi 23 juin 2018

Nous sommes lus depuis la Grande-Bretagne

J'ai vu votre blog de 2016 sur le CMR. J'ai une page de publicité d'origine de CMR publiée pendant 1946. Je pourrais vous envoyer deux images si vous n'avez jamais vu ce publicité.
Cordialement,
Phillip
(Devon, Angleterre)

Ce courrier électronique est arrivé dans ma boîte à lettres hier. Vous imaginez comment j'ai tout de suite répondu positivement à cette honnête proposition ! J'ignorais que le CMR[1] eût édité une publicité. Celle-ci date de 1946 et, je l'ignorais également, fait mention d'une 600cc culbutée apparemment basée sur le même bas moteur que la 750cc latérale.
Nous sommes dans les premières années de l'après-guerre et la France a besoin de véhicules. Le CMR apparaît alors pour, dans un premier temps, reconstruire des motocyclettes à partir des stocks laissés par les forces d'occupation allemandes. On le sait, cela donnera naissance à une très inofficielle BMW, la R73, mélange de R71 et R75.
Les quelques personnes intéressées par l'histoire de ces motocyclettes de l'après-guerre pourront se rapporter à l'étude de 1979 menée par M. de Thomasson, directeur commercial adjoint chez Thomson-CSF, que l'on peut télécharger ou consulter sur le site du club Ratier-CEMEC.
En 1948, donc, le CMR laisse la place au CEMEC[2] et apparaît rapidement la L7[3] qui s'inspire encore largement des BMW. Suivra Ratier qui mettra au point la C6[4] déjà envisagée par le CMR.
Mais le sujet du jour est bien cette publicité du CMR fourni par Phillip. Qu'il soit remercié ! Je tiens à partager avec vous ce document historique.



En annexe, vous pouvez trouver ce document en pdf.

Notes

[1] Centre de Montage et de Réparation des Motocyclettes

[2] Centre d'Études de Moteurs à Explosion et à Combustion

[3] Latérale 750cc

[4] Culbuté 600cc

lundi 18 juin 2018

Motocyclettes à Antonne-et-Trigonant

Vous ne connaissez pas la commune d'Antonne-et-Trigonant ? Ah ! C'est sans doute que vous n'y résidez pas alors. A votre décharge, je reconnais que ce n'est pas la commune la plus courue de Dordogne. Ce n'est ni Sarlat ni Périgueux, ni Escoire ni Bergerac, c'est une réalité. Il n'empêche que l'on y vit et que l'on y a organisé une petite exposition de motocyclettes, anciennes et récentes puisque l'on pouvait même voir là des Royal Enfield neuves amenées se faire admirer par le concessionnaire local, Absolut' Moto.
De fait, on trouvait là des motocyclettes de toutes sortes, différentes les unes des autres par leur âge et leur style mais réunies par le plaisir que les propriétaires et pilotes ressentent certainement à les conduire, le nez au vent et le sourire aux lèvres. Il était réjouissant de constater qu'il n'y avait pas place pour l'esprit de chapelle. Ainsi, une ancienne des années 30 côtoyait une japonaise des années 80 sans quelle semble ressentir quelque désagrément qui soit. De là à suggérer que les motocyclettes sont plus intelligentes et plus tolérantes que les femmes et les hommes qui se placent à leur guidon, il n'y a qu'un pas.
Soudain, je vois une Ratier C6S. Parce que je suis équipé d'un appareil photo, je la photographie. Arrive son propriétaire. Un bonhomme à l'allure sympathique qui me demande si je viens de photographier sa moto. Je reconnais l'avoir fait et lui explique avoir un frère en possédant une presque semblable à quelques détails près. S'ensuit une discussion au cours de laquelle notre bonhomme explique qu'il est également propriétaires des deux BMW Série 2 avoisinantes, deux belles représentantes de la marque dont une attelée à un side-car Précision. J'ai droit à l'historique de la restauration de cette BMW. Cette moto était présentée comme une machine en bon état mais les déconvenues sont vite arrivées. Des pots d'échappement pourris au moteur qui nécessitera un remplacement du vilebrequin, des culasses et pistons, la promesse était loin d'être tenue. Après bien des heures passées à la restauration et des poignées d'euros jetées dans l'opération, voilà un attelage qui sait faire des envieux.

BMW 600 série 2 et side-car Précision
Nous retournons à la Ratier et le bonhomme explique qu'il est policier en retraite, qu'il a eu à conduire ces Ratier C6S mais aussi L7 dans ses premières années de service. Ça me fait un peu drôle de parler ainsi à un motard de la police moi qui ai d'habitude plutôt envie de les éviter. Selon cette ancienne force de l'ordre, la Ratier était bien supérieure à la BMW Série 2 et, même, à la Série 5. Il reconnaît juste que le freinage de la française n'était pas des plus fameux.

Ratier C6S 1962
Ce qui suit risque de choquer les âmes sensibles. Celles-ci ne sont pas obligées de prendre ce risque. Je les aurai prévenues.

AfficherMasquer

Mais avant de voir ces Ratier et BMW, j'étais passé devant le stand de Absolut' Moto et j'avais vu une machine qui avait attiré mon œil. Il s'agissait d'une Yamaha 850XS mise au goût de son propriétaire. Et cette modification est une belle réussite. D'une moto routière à l'apparence quelque peu pataude, on a fait un café-racer tout à fait convaincant. La fourche a été remplacée par un modèle aux tubes plus gros, beaucoup d'accessoires ont été enlevés pour mieux mettre en valeur le beau trois cylindres et gagner plus de légèreté, le réservoir provient d'une 125 RDX de la même marque mais a été rallongé de quelques centimètres pour mieux s'adapter à la ligne voulue par le concepteur. De la belle ouvrage pour une machine qui, outre sa fiabilité, fait le bonheur et la fierté de son pilote. Que demander de mieux ?

Yamaha 850 XS

lundi 11 juin 2018

Identifions ce tracteur


C'est un Massey Harris, ça c'est sûr. Par contre, j'hésite sur le modèle exact. Est-ce que vous accepteriez de vous prêter au jeu et d'enquêter ?

samedi 9 juin 2018

Un dessin de moto

Gronda de juin

lundi 28 mai 2018

Retour à Saint-Julien-de-Lampon

De temps à autres et bien que j'y répugne férocement en temps normal, il convient de faire le ménage, ne serait-ce que dans le disque dur[1] de l'ordinateur. Plus d'une semaine après l'événement qu'a été la tenue du rassemblement annuel du Motobécane Club de France à Saint-Julien-de-Lampon, il est grand temps d'en finir. Pour commencer, une image d'une Motobécane 500 "Superculasse" de la fin des années 30[2].

superculasse.jpg
Une vingtaine d'années plus tard, Motobécane et Motoconfort tentaient d'attirer la jeunesse en proposant une petite machine déclinée en 125cc et 175cc à l'apparence sportive. Couleur pétante, petit saute-vent, réservoir à échancrure, pas sûr que ça soit suffisant pour battre des records de vitesse. Certes, ces petites monocylindres culbutées sont aguicheuses mais, comme on dit, le ramage ne vaut pas le plumage.

175 ZS
Et puisque l'on en est à parler de plumage, que dire de ceci ? Oh ! Une vieille Motobécane ! Est-ce seulement si sûr ? C'est bien tenté, c'est même plaisant.

Motobécane

BFG

Il se trouve que le club BFG était lui aussi de passage par la Dordogne. L'idée d'utiliser un moteur d'automobile pour le placer dans un cadre de motocyclette n'est pas nouveau. On peut noter que l'inverse a également existé. Alors que la MF[3] choisissait le bicylindre de la 2cv (ou VIsa), BFG[4] portait son dévolu sur celui de la GS. Ces deux tentatives de "refaire" une moto française (cocorico) sont des échecs. On reprochera une esthétique spéciale, une finition fantaisiste mais aussi l'origine du moteur. Rouler sur une moto à moteur de bagnole ? Pouah ! Sorties des chaînes en 1982 pour les premières, les suivantes seront produites, à partir de 1983, chez Motobécane. En tout, quelques 600 motos seront fabriquées. Le couple du moteur permet de traîner un side-car dans de bonnes conditions et, de fait, nombreuses sont celles qui seront attelées.

BFG
BFG
BFG

Notes

[1] en fait un SSD

[2] du siècle précédent, bien sûr

[3] pour Moto Française

[4] initiales des concepteurs Louis Boccardo, Dominique Favario et Thierry Grange

samedi 26 mai 2018

Ça marche pas à tous les coups

J'arrive à Saint-Julien-de-Lampon, et il n'y a pas grand chose à voir. La balade est déjà partie, les participants du rassemblement du Motobécane Club de France seront de retour vers 17 heures. Sur la place du village, une 51, une Mobyx et c'est tout. Ah non, pardon, j'avais mal vu. Un peu à l'écart, quelques personnes sont regroupées au chevet d'une D55 Motoconfort. Elle refuse de démarrer. Son propriétaire dépose la bougie, rien à signaler de ce côté. Alors, c'est la carburation. On dépose la cuve du carburateur et les avis et conseils se font entendre.

Les conseils et avis fusent
"C'est un gicleur", dit l'un ; "c'est le filtre", dit un autre. Le gicleur est soufflé à la bouche et remonté. On ouvre le robinet d'essence et on actionne les pédales. Le petit monocylindre pète ! Oui enfin… Pas longtemps et uniquement avec le starter. Si on lâche la tirette du starter le moteur s'étouffe et s'arrête. Il y a un souci au niveau de l'arrivée d'essence, c'est certain. Pas de problème, on démonte le carburateur de nouveau.

Vérification du carburateur
Le joint de la cuve ne résiste pas longtemps. Heureusement, il y a un tube de pâte à joint. Dans le fond de la cuve, il y a une couche de résidus de vieille essence. Ça doit venir de là. On gratte, on nettoie, on essuie, on remonte. Retour aux pédales. Le moteur démarre sur le starter. Aussi, il s'arrête dès que l'on le lâche. Le problème vient d'ailleurs. On reprend la clé et dépose une fois de plus le carburateur.

Remontage du carburateur
Quelqu'un préconise de remplacer ce carburateur Gurtner — qui, selon lui, ne vaut rien — par un Dell'Orto bien plus efficient. Ah mais c'est qu'à Saint-Julien-de-Lampon, ça ne sera pas simple à trouver sous le sabot d'un cheval ! Il est alors proposer de filer à Sarlat, la ville la plus proche, pour tenter d'en dénicher un. Hum.
Ah mais voilà une nouvelle piste. Un petit joint torique doit se trouver là, sur le tube d'émulsion. Il est tout foutu. Voilà. L'origine du problème est là, c'est certain. Un joint torique de cette taille, il n'y en a pas parmi les outils et petites pièces prévus. Par contre, il y a un rouleau de chatterton. Ça devrait faire l'affaire. On en découpe un bout et on l'enroule autour du tube d'émulsion. Remontage, pédales, pétage, étouffage, redémontage.
Cette fois, on ne sait plus trop. On propose des pistes plus ou moins farfelues et fantaisistes. La plupart sont écartées. L'essence arrive, la cuve se remplit bien ; l'allumage est bien réglé ; c'est juste que ça ne fonctionne (et pas très bien) qu'avec le starter. On baisse les bras, on rassemble les outils et on charge la D55 sur la remorque. Elle ne participera certainement pas à la balade du samedi et il est à craindre qu'elle ne sera pas plus en état pour la promenade du dimanche. Dommage.

Le moteur du D55

vendredi 25 mai 2018

Anciennes à Saint-Julien-de-Lampon

Motoconfort

Motoconfort

Motobécane

mercredi 23 mai 2018

Et pendant ce temps, à Thenon…

Je m'étais rendu à Thenon pour faire le plein de carburant. Aux pompes, deux véhicules attendaient du côté droit tandis que, du côté gauche, celui qui, parce que l'orifice de remplissage de mon véhicule s'ouvre du côté droit, a ma préférence, se trouvait une automobile immatriculée en Bretagne arrêtée dans le sens contraire de la marche. Ce n'est pas que j'aie quoi que ce soit contre les Bretons et j'ai bien conscience qu'il convient de ne pas, d'un cas particulier, faire de généralité mais je n'ai pas pu m'empêcher de qualifier l'automobiliste présent là d'abruti fini. D'accord, je le comprends, en se présentant ainsi à contresens il avait l'ouverture de son réservoir du bon côté et, j'en conviens, cela était plus pratique. Cependant, l'automobiliste ne semblait pas avoir pensé un instant qu'en agissant de la sorte il empêchait un autre automobiliste d'attendre son tour de ce côté des pompes à carburant. Je me rangeais donc, sans rien dire, derrière les deux véhicules de droite et patientait.
Arrivant dans la direction de Périgueux, trois automobiles s'engagent sur le parking du supermarché. Trois automobiles américaines. Je me murmure à l'oreille que j'ai été bien avisé de prendre un appareil photographique avec moi et cela me met de bonne humeur.
La première voiture a fini de faire le plein de carburant, la deuxième se met en position. Le temps qu'elle en ait fini, le Breton idiot en arrive tout juste à raccrocher son pistolet. Alors, il commence une danse rituelle assez amusante bien qu'un peu déconcertante. Dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, il fait le tour des pompes (en passant derrière la voiture qui me précède) à deux reprises en lançant des regards appuyés de haut en bas et de droite à gauche. Je finis par comprendre que le Breton débile cherche du papier pour essuyer ses mimines. N'en trouvant pas, dépité, il se résout, la mort dans l'âme pense-je, à s'installer au volant de sa petite auto. Alors, ce qui devait arriver arriva. Une autre auto arrive et se place face au capot du breton véhicule. Le Breton mou du bulbe agite alors frénétiquement les bras derrière son pare-brise pour faire comprendre que l'arrivant le gène beaucoup. Pendant ce temps, je prends position pour à mon tour remplir mon réservoir.
Une courte engueulade survient au terme de laquelle notre Breton demeuré est contraint de repartir en marche arrière. Je ris sous cape. Je repose le pistolet, visse le bouchon de réservoir et monte dans la voiture. Je décide d'aller vérifier s'il n'y aurait pas moyen de faire des images des américaines entrevues. Quelle chance ! Elles sont là, bien garées, s'offrant en spectacle. Je me gare, prends l'appareil et vais faire des images. J'en profite pour discuter avec le propriétaire de la Dodge. Il m'apprend qu'elle arrive de l'Arizona où elle était plus ou moins abandonnée. Il y a eu du boulot pour la rendre roulante, il a fallu changer le radiateur et le carburateur, par exemple. Par contre, nulle question de restauration pour le moment, elle va rester dans son jus, dans l'état où elle a été trouvée. C'est un choix, j'aime bien aussi.
Il s'agit donc d'une Dodge de 1948 équipée de son six cylindres à soupapes latérales. A ses côtés, une Cadillac de 1958 et, un peu plus loin, une Plymouth de 1953, toutes deux munies de V8 culbutés. Je refais quelques photos, finis de causer avec le propriétaire de la Dodge et repars chez moi.

Dodge Coupé 1948
Cadillac Coupe DeVille 1958
Buick Special 1953


lundi 21 mai 2018

Deux moteurs au rassemblement du Motobécane Club de France

Y a des blasés qui croient avoir tout vu, des qui sont revenus de tout. J'en connais même, les pauvres, pour affirmer qu'il n'y a plus matière à l'enthousiasme, plus rien à découvrir, plus rien de neuf, que de l'ancien, du repassé, du rediffusé. Ces désabusés continuent à hanter les expositions de véhicules anciens juste pour le plaisir de dénigrer, de râler, de pester, de cracher dans la soupe. Ils en sont rendu à remarquer le boulon qui n'est pas d'origine, le cabochon de feu arrière qui n'est pas le bon modèle, l'anti-parasite anachronique ou la teinte qui n'est pas fidèle à l'identique. Ils ne jettent plus que des coups d'œil méprisants en tenant des propos acerbes et c'est tant pis pour eux.
À Saint-Julien-de-Lampon, certains de ceux-là étaient là et je les ai entendus se lamenter qu'il n'y ait pas de raretés jamais vues. Je ne sais pas s'ils sont pires que ceux qui disent n'importe quoi comme ce jeune qui s'enferrait en racontant à qui voulait l'entendre que Motobécane avait produit un trois cylindres à plat et qui, face à un Mobyx X7, affirmait qu'il était bien trop grand pour rouler là-dessus, lui qui devait bien me rendre 20cm. Son excuse, sans doute, c'est d'être un adolescent encore un peu con. Il y a toujours ceux qui, pour briller auprès de leur copine, expliquent que leur grand-père avait une moto comme celle-ci exactement et ces autres qui se souviennent avoir une épave de cyclomoteur pareil à celui-ci parfaitement restauré et qui veulent savoir combien ça coûte, histoire d'estimer la valeur de leur patrimoine.
Et alors, il y avait un engin qui attirait les plus indifférents et faisait fermer leur clapet aux plus prolixes (quoi que certains tout de même y allait de leur avis ou de leurs commentaires "halakon"). C'est une création de Bertrand Marchal et il s'agit d'un side-car magnifique attelé à une Mobylette bimoteur. Pour quelqu'un comme moi qui suis prompt à l'extase et à l'enthousiasme, pensez que j'étais aux anges ! J'ai attendu que la foule finisse de se désintéresser de l'objet pour en faire le tour et l'observer dans les moindres détails. C'est un super beau boulot, du grand-art ! C'est simplement beau et génial.

side-car Mobylette bimoteur
La force de cette réalisation exceptionnelle tient aussi aux détails et à l'humour instillé dans le projet. J'aime l'humour, je ne sais pas si je vous l'avais déjà dit. Je suis bien conscient que cela n'est pas toujours visible au premier coup d'œil mais je vous l'assure, j'aime rire, parfois. Ce que j'aime, dans l'humour, c'est quand il est teinté d'une certaine dose de subtilité, quand il se cache dans le détail. Et là, il y a eu un détail auquel j'ai été particulièrement sensible et qui, je le pense, a échappé à beaucoup.
Pour vous dire, j'ai été obligé de sortir de l'enceinte constituée par les barrières "Vauban" et d'en faire le tour pour aller le voir de plus près. Je vous ai fait une image.

Marque de fabrique
Je vous laisse goûter la chose. Pour ma part, je crie au génie encore une fois, j'applaudis, j'aurais embrassé le propriétaire et inventeur si je l'avais eu sous la main. Mieux qu'un test de QI, plus sûrement c'est sûr, voilà qui montre et prouve l'intelligence vive de ce constructeur ! Forcément, nous sommes là face à une personne intelligente, fine, éveillée, révélée. Un artiste, quoi. D'ailleurs, allez, je me lance, je proclame que cette Mobylette attelée bimoteur est une œuvre d'art. C'est sans appel.

On l'oublierait presque, il faut avoir de solides compétences en mécanique pour réaliser pareille machine. Ce n'est pas de l'improvisation à la va-vite. J'ai déjà vu des bricolages sur ce thème. Deux méchants bouts de ferrailles qui peinent à tenir un semblant de panier mal arrimé. Une troisième roue mollement attachée à un châssis en pâte à mâcher fixée à un Solex. Si c'est pour le gag, pour rire un peu, ma foi, pourquoi pas. Mais là, c'est tout autre chose ! C'est du pensé, du pesé, du réfléchi. Ça tient la route, c'est viable, ça fonctionne.

De la belle ouvrage

dimanche 20 mai 2018

Rassemblement du Motobécane Club de France à Saint-Julien-de-Lampon

Hier comme aujourd'hui et inversement, la petite commune de Saint-Julien-de-Lampon vibre au rythme des vrombissements des engins du Motobécane Club de France qui tient là son 23e rassemblement national.
Des cyclomoteurs en pagaille, des "Mobylettes" bleues ou vertes, jaunes ou orange, des populaires 125 à soupapes latérales ou culbutées mais aussi des 125 plus "sportives" avec des cylindres à trous et puis, tout de même, quelques belles anciennes des années 30 en 350 ou 500cc. Un beau plateau de motocyclettes mais surtout une belle ambiance bien servie par un soleil resplendissant. Au programme, deux balades. Une le samedi après-midi et une autre ce dimanche matin pour aller à la découverte de cette partie orientale limitrophe du Lot du Périgord Noir.
C'est un hasard heureux qui a conduit le club BFG de choisir, lui aussi, ce Périgord pour son rassemblement annuel. Parce qu'il y a un lien (un peu ténu) entre MBK et BFG, ces motos françaises à moteur de GS Citroën ont fait une halte.
L'organisation du rassemblement Motobécane était confiée aux Pétaroux à la noix de la Cassagne que l'on connaît bien et qui donne rendez-vous aux amateurs de cyclomoteurs (et pas que de la marque de Pantin) le 19 août prochain.
Et donc, il y avait de la Mobylette, de la 125cc et d'autres représentantes de la marque mais c'est une Peugeot qui retenait particulièrement mon attention. Il s'agissait d'une magnifique P515 rutilante et je vous la montre sans plus tarder.

La plus belle des Motobécane était une Peugeot !
J'ai bien conscience que tout cela est quelque peu désobligeant pour le club Motobécane et pour les organisateurs mais ce n'est pas de ma faute si une belle moto était présente, hein ? D'ailleurs, je n'ai rien contre Motobécane et pas grand chose de plus pour Peugeot. Je ne suis pas de parti pris, c'est juste qu'en tant qu'esthète exigeant, je sais reconnaître ce qui est et faire fi des clivages et autres esprits de chapelle qui sont autant de positions nocives à l'expression d'un jugement impartial et honnête. Pour vous prouver que cette Peugeot était bien la plus belle des motocyclettes en présence, je vous la montre une nouvelle fois, rien que pour le plaisir des yeux. C'est dommage, vous n'avez pas le son.

Splendide Peugeot P515
Une prochaine fois, je vous montrerai d'autres photographies faites à l'occasion de ce rassemblement. En attendant, profitez de ce beau dimanche ensoleillé et soyez sages.

mercredi 9 mai 2018

De nouveau rien de nouveau

Simplement heureux

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