Présidentielles 2017

jeudi 9 mars 2017

Un choix cornélien

Liste des personnes ayant recueilli des parrainages pour pouvoir être présentes aux élections présidentielles 2017. Certaines ne se présentent pas.


  • ALLIOT-MARIE Michèle
  • ARTHAUD Nathalie
  • ASSELINEAU François
  • BAROIN François
  • CHEMINADE Jacques
  • DELAFON Olivier
  • DUPONT-AIGNAN Nicolas
  • FAUDOT Bastien
  • FESSARD DE FOUCAULT Bertrand
  • FILLON François
  • GORGES Jean-Pierre
  • GUAINO Henri
  • GUYOT Stéphane
  • HAMON Benoît
  • JADOT Yannick
  • JARDIN Alexandre
  • JUPPE Alain
  • LARROUTUROU Pierre
  • LASSALLE Jean
  • LE PEN Marine
  • MACRON Emmanuel
  • MARCHANDISE Charlotte
  • MARTINEZ Jean-Claude
  • MELENCHON Jean-Luc
  • MIGUET Nicolas
  • MUMBACH Paul
  • NIKONOFF Jacques
  • POUTOU Philippe
  • REGIS Olivier
  • TAUZIN Didier
  • TEMARU Oscar
  • TONIUTTI Emmanuel
  • TRAMBOUZE Bernard
  • TROADEC Christian
  • VERNIER Michel
  • WAECHTER Antoine
  • YADE Rama



Choix

dimanche 5 mars 2017

Fillon, un hommage posthume

La mort d'un héros assassiné par un canard

samedi 4 mars 2017

Plan B from outer space

Un scenario incroyable

vendredi 3 mars 2017

Plan B comme Bordel

A ce qu'il se dit, Juppé se préparerait. Apparemment, il serait finalement disposé à endosser le rôle ingrat du plan B. Comme qui dirait, il serait prêt à faire don de sa personne à la France. C'est de l'abnégation ou je ne m'y connais pas.
D'un autre côté, Fillon, lui, il tient à son statut de plan A. Et je le comprends, Fillon. Ce ne doit pas être simple d'abandonner si près de la ligne d'arrivée. Au mieux, il était en troisième position dans les pronostics de la primaire de la droite. A force de pugnacité et de "Vous imaginez le Général de Gaulle...", il a battu Sarkozy et Juppé et tous les autres. Il pouvait sourire de tous ses sourcils, le Sarthois ! L'Elysée était à portée de vue et il allait pouvoir foutre du libéralisme forcené partout. Il exultait et il y avait de quoi. Belle revanche pour un ex-premier ministre qui était qualifié de "collaborateur" par Sarkozy. Se retrouver à la tête du pouvoir pour un homme plein d'ambition qui doit rêver à ça depuis des décennies et être près de se casser la gueule en pleine course à cause d'un canard, c'est rageant. Du coup, il est assez colère, le Fillon. Il n'admet pas. Il refuse. Il ne se retirera pas.
Par contre, ceux qui se retirent, ce sont ses soutiens qui devinent un futur moins lumineux que promis et qui espèrent ne pas tout perdre en soutenant le plan B Juppé. C'est un peu désespéré, il faut le reconnaître. Et d'un autre côté, comment continuer à soutenir Fillon maintenant qu'il s'enfonce lui-même un peu plus chaque jour ?
Il n'aurait pas raconté que le Canard enchaîné avait menti, il n'aurait pas dit que ce journal palmé agissait sous les ordres de la gauche, il n'aurait pas persisté à dire que Pénélope avait bien travaillé (et dur et fort et sans compter les heures), il n'aurait pas dit qu'il se retirerait s'il était mis en examen, il n'aurait pas dit encore que tout cela était piloté par l'Elysée... Il n'aurait pas accusé les juges d'êtres partiaux, il n'aurait pas appelé à une manifestation contre ces juges au Trocadéro ce dimanche, bon, peut-être était-ce encore jouable mais maintenant, ça promet d'être un peu difficile.
Le plus intéressant, c'est que Fillon se montre sous son vrai visage. C'est un fou. Franchement, ça fait peur de l'imaginer président de la République. On voit que c'est ce genre de personne capable de n'importe quoi juste histoire de ne pas reconnaître avoir perdu. Du genre à déclencher une guerre thermo-nucléaire juste parce qu'un chef d'état lui aurait mal parlé ou aurait refusé un pot de rillettes confectionnées par Pénélope. On le voit colérique, butté, borné, revanchard, menteur, prompt à se dédire. Une sorte de Trump à la française, en quelque sorte.
Heureusement — ou pas — pour lui, il a encore des soutiens indéfectibles. Nadine Morano par exemple. Par contre, même Christine Boutin demande à Fillon d'arrêter ! C'est donc que les choses vont mal chez les Laids Républicains. Et il doit être difficile de soutenir Fillon, de trouver les bons arguments, les bons mots. Pour certains, Fillon doit maintenir sa candidature par respect pour les électeurs des primaires. Pour d'autres, il doit continuer juste parce que c'est lui qui a le meilleur programmes. Pour d'autres encore, il doit aller au bout parce qu'il ne faut pas faiblir face aux attaques dégueulasses de la presse, de la gauche, des juges. C'est maladroit, c'est désespéré, c'est du perdant-perdant.
Je ne sais pas vraiment ce qu'aurait dû faire Fillon pour éviter cette chute catastrophique. Son tort a sans doute été de se présenter lors des primaires comme le candidat propre sans casserole. Evidemment, ça donne envie de gratter un peu, d'aller y voir de plus près. On ne sait pas pour le moment si Pénélope a travaillé ou pas. Par contre, on sait qu'elle a été bien payée. Plus que ce que gagnent les attachés parlementaires habituellement. On peut dire que c'est une peccadille et que ça ne mérite pas un assassinat politique. On peut aussi, au contraire, considérer cela comme suffisamment grave et représentatif du personnage pour justifier la mise à mort. Parce qu'enfin, un type qui vous bassine sur les économies à faire, qui promets aux plus pauvres encore plus de difficultés, qui propose la suppression de centaines de milliers d'emplois chez les fonctionnaires, qui prétend qu'il est nécessaire d'arrêter de gaspiller l'argent de l'état ne peut pas, dans le même temps, rétribuer si grassement ses proches, femme et enfants en premiers. Avant le problème de droit, avant la question d'emplois fictifs, c'est d'honnêteté dont il est question. Honnêteté et parole tenue sont, c'est clair aujourd'hui, des notions étrangères à M. Fillon.
Bien entendu, s'il se maintient malgré tout il y aura tout un tas d'électeurs de droite qui le suivront et il est même possible qu'il parvienne à faire mieux que les candidats de gauche. Mentir, voler, arnaquer, ce sont bien les valeurs qui conviennent aux gens qui pensent à droite. Pour eux, la réussite personnelle passe avant tout, il n'y a pas de place pour la morale. Ils parlent de mérite, il prétendent qu'ils doivent leur réussite au travail mais en réalité, ils la doivent à l'écrasement des autres. Tous les moyens sont bons pour "réussir". Réussir quoi ? Je ne sais pas.

Un soutien à Fillon très perfectible dans la forme

mercredi 1 mars 2017

Ce n'est pas très clair

Récapitulons. Si je comprends bien ce qui est en train de se passer, il est très clair que le Parti Socialiste n'est absolument plus à gauche. Du côté de la rue de Solférino on écarte plus d'aborder le sujet du ralliement à Emmanuel Macron qui, c'est lui qui le dit, n'est ni à gauche ni à droite. Donc, pas à gauche, bien au contraire !
On aurait dû se méfier, c'est vrai, avec les propos tenus par Manuel Valls. Il ne cachait pas, lorsqu'il était au gouvernement et avant lors des primaires de la gauche de 2012, sa vision très libérale du monde tel qu'il devrait être. Mais, candide comme je le suis, je me disais que le PS allait suivre son candidat élu bon gré mal gré. Ça aurait fait, au moins, bon joueur. Il ne semble pas que l'on se dirige vers cette option et tout donne à penser qu'un bon nombre de membres du PS va rejoindre Macron et son mouvement "en marche".
Au point où l'on en est, je me demande si Hamon ne devrait pas abandonner pour rejoindre Mélenchon. C'est certainement une décision difficile à prendre mais, par honnêteté, si Hamon est si à gauche qu'il semble le laisser penser, il ne doit pas rester dans cette pétaudière qu'est le PS. Et puisqu'il est hors de question que Mélenchon abandonne, il n'y a guère d'autre solution pour regrouper la gauche.
Les voix de Mélenchon, de Hamon et de Jadot ne permettront sans doute pas à la gauche de gagner les élections présidentielles mais au moins ils auront essayé. De toutes les façons, on peut considérer le PS en état de mort cérébrale et c'est bien fait pour sa gueule et je ne déposerai pas de couronne sur sa tombe. C'est comme ça, chaque chose a une vie et une mort. Le PS peut mourir sans mettre en péril les idées du Socialisme. D'ailleurs, le PS ne les porte plus, ces idées.
Pour les prochaines élections, je suis dans l'expectative. D'un côté, il y a ce vociférant Mélenchon qui continue à m'agacer avec ses propos trop taillés à la hache, de l'autre il y a ce Hamon que je ne connais pas, qui est moins habile que Mélenchon, mais qui tient des propos qui ne sont pas dénués d'intérêt. Je n'ai pas d'autre candidat en vue et il faudra bien choisir à un moment ou à un autre. Déjà, j'ai abandonné l'idée du vote blanc ou de l'abstention. Ce sera l'un de ces deux là. Du moins pour le premier tour parce que pour le deuxième tour (s'il y en a un)...
On sait désormais qu'il est urgent de ne pas écouter les organismes de sondage. Ils se trompent, ils ne savent plus mesurer le peuple. Ce n'est pas de leur faute mais il faut bien en tenir compte. Enfin bon. Pour le moment, les pronostics sont pour un match entre l'extrême-droite de la Peine et le n'importe quoi libéral de Macron. Et là, par contre, c'est abstention ou vote blanc. L'intérêt de l'abstention, c'est bien que l'on ne pourra pas alors me suspecter d'avoir voter pour l'un ou l'autre.


Hier soir, je me suis amusé à cuisiner dans la cheminée. Pourquoi ? Parce que j'avais allumé un feu ! J'ai commencé à faire cuire des haricots lingots à l'eau sur la cuisinière et après je suis passé à la cheminée et à la cocotte en fonte. Des oignons, de l'ail, une carotte, du sel et du poivre, un peu de piment aussi, un talon de jambon cru et du lard fumé en plus d'une boîte de tomates au jus. C'est parti pour deux ou trois heures de cuisson tranquille. Ça ne peut pas être mauvais

Ça mijote

dimanche 5 février 2017

Imagination débordante

En ces temps incertains au cours desquels le doute dispute la place à l'imprévisible absolu, il est pourtant au fur et à mesure que l'horizon se fait plus clair quelques certitudes qui semblent apparaître dans le lointain brumeux. Nous attendions Hillary Clinton et ce fut Donald Trump. Nous attendions Alain Juppé et François Fillon gagna. Nous attendions Manuel Valls et Benoît Hamon remporta la gagne. Alors, nous nous étions habitués à l'idée que Fillon serait le prochain président de la République. Nous étions abattus, nous étions résolus, nous étions résignés.
Et puis, ces derniers temps nous ont expliqué que Fillon ne le sera sans doute pas. Par la grâce d'une Pénélope semblant s'emmerder ferme à Sablé-sur-Sarthe, le candidat préféré des électeurs de droite de notre pays, le monsieur Propre aux 500 000 emplois supprimés dans la fonction publique, le héraut du libéralisme sourcilleux, le chantre de la pensée droitière, tombe en torche devant les yeux hébétés de tout un tas de personnes s'étant acquittées d'une taxe de quatre euros pour le désigner pour champion. Je ne vous cache pas le plaisir immense occasionné pour moi par cette affaire.
Du coup, les Laids Républicains vont probablement connaître quelque difficulté à s'en remettre dans l'immédiat. Si le candidat Fillon pratique une forme de coitus interruptus, on ne sait pas trop ce qu'il va se passer. Juppé a dit qu'il refusait de jouer le rôle du plan B. On peut imaginer un plan C avec Sarkozy qui reviendrait mais bon. Ce que l'on peut penser, ce pour quoi nous pouvons nous réjouir, c'est que pour la droite, c'est plié.
Chez les socialistes, on espérait beaucoup d'un Manuel Valls au libéralisme moderne qui n'a presque rien à envier à un candidat de droite. Pourquoi et comment Benoît Hamon est-il arrivé devant ? Il y a eu la grosse bourde de Valls annonçant qu'il supprimerait le 49.3, bien sûr. Ça n'est pas passé, ça. On a pu avoir le sentiment que l'on se foutait de notre gueule.
Une fois Hamon élu, le PS a montré son vrai visage. On a entendu des voix annoncer que l'on refusait ce candidat et que l'on allait se permettre de ne pas le soutenir. On a vu des socialistes se rapprocher de Macron. Il convient de mépriser ces personnes. Enfin, un bon point est à relever de cette aventure. Cela permet de montrer le véritable visage de ce qu'est devenu le Parti Socialiste. Le PS est mort, j'espère bien qu'il ne s'en relèvera pas et je suis prêt à prêter une pelle pour creuser sa tombe. Un trou bien profond avec plein de terre bien tassée par dessus.
Macron, il attire je ne comprends pas qui mais il paraît qu'il est attirant. Ses idées ne sont pas les miennes. Je ne comprends vraiment rien à ce personnage. Je le trouve désagréable et faux. Hier, j'ai eu l'occasion de voir une partie de son discours lyonnais sur un écran de télévision. C'était creux. D'après ce que j'ai compris, il pourrait attirer à lui des personnes de gauche et de droite. Bon. Je ne comprends pas et ne vais donc pas m'appesantir sur son cas. C'est trop difficile de chercher une forme de logique ou de rationalité dans le fait que l'on puisse espérer ce Macron pour prochain président. J'ai entendu que, entre autres, Ségolène Royal rejoindrait les rangs des soutiens au mouvement En Marche !. Bien. Il me semble avoir entendu que Strauss-Kahn, dans l'ombre, le soutiendrait aussi. Voilà. Le PS est mort et ce n'est pas dommage.
On ne sait pas ce que va faire François Bayrou mais il y a un candidat qui m'intéresse de plus en plus, c'est Mélenchon. Et pourtant, Mélenchon ne parvient pas à me convaincre tout à fait. Parfois, je trouve qu'il fait trop dans l'approximatif excité. Il ne m'est pas antipathique, je partage pas mal d'idées avec lui et vais sans doute le soutenir et voter pour lui. Au moins, il n'a pas de discours libéral et, je le pense, est assez sincère dans ses idées de gauche. Le problème tient dans la question que l'on se pose souvent à l'écoute de ses propositions : est-ce que tout cela est faisable ?
Avec le Brexit et l'arrivée de Trump, les idées économiques et politiques de Mélenchon me semblent prendre plus de sens. Sortir d'une Europe trop libérale quitte à créer une autre Europe plus sociale avec ceux qui le veulent, l'Espagne, la Grèce, l'Italie, par exemple, pourquoi pas ? Evidemment, je ne suis pas en mesure de calculer ce que l'on y gagnerait et ce que l'on y perdrait. Je me dis toutefois qu'il est temps de s'émanciper de ce système économique dicté par les USA et que Trump peut nous y aider. Le problème des idées libérales est qu'elles sont proposées depuis des décennies comme indiscutables par la gauche et par la droite. Seuls les partis de gauche et d'extrême gauche vont à l'encontre de cette idéologie et de son supposé fatalisme. Depuis des décennies, on nous raconte, au mieux, que le tout n'est pas bon dans le libéralisme mais qu'il faut composer avec. Les quelques maigres promesses d'avancée sociale faites par ce libéralisme n'ont aucun sens, finalement. On voit bien que le sens de l'histoire dictée par le libéralisme est l'abrogation de toutes les avancées sociales, justement. Et dans tous les domaines, que ce soit l'éducation, la santé, le monde du travail, le temps de la retraite voire même la sécurité. Au nom du libéralisme, les états ont été conduits à réduire leur rôles et à se désengager dans tout un tas de domaines. Les états ont été amenés à mettre en place des stratégies fallacieuses pour remplir leurs caisses. Sous couvert de sécurité routière, on a placé des machines à générer des revenus sur le bord des routes, par exemple.
Récemment, Martin Hirsch appelait à supprimer les mutuelles et assurances de santé pour les intégrer à la Sécurité Sociale. Cela me semble évident. Je pense et espère que nous sommes en 2017 à l'aube d'un nouveau système de pensée. Mais pour que ces idées remportent la mise, il faudrait sans doute que les partis de gauche parviennent à s'entendre. En clair, il faudrait que Mélenchon, Hamon, les frondeurs socialistes, certains écologistes, parviennent à s'entendre. La grosse difficulté sera alors, bien entendu, que la moitié de la population française est et restera acquise aux idées de droite et à celles du libéralisme. Et du coup, tout cela restera sans doute du domaine du rêve un peu fou.
Il est bien difficile d'écouter aujourd'hui ce que nous disent les sondages et études d'opinion. Il est bien possible que l'extrême-droite aura quoi qu'il en soit un nombre important de voix. Il est assez peu probable que la gauche puisse réellement tirer son épingle du jeu mais face à la déconfiture de la droite assez inespérée, pourquoi pas ? Ça peut valoir que l'on essaie.

Finissons-en avec le PS

samedi 28 janvier 2017

Mélenshow

Jeudi, Jean-Luc Mélenchon était à Périgueux. Dans l'après-midi, il était parti à la rencontre des cheminots des ateliers ferroviaires de Périgueux qui manifestaient contre l'annonce de nouvelles suppressions d'emploi. Par solidarité, quelques commerçants du quartier du Toulon avait baissé leurs rideaux pour une opération "quartier mort" durant une heure. Cette rencontre entre les salariés des ateliers SNCF et Jean-Luc Mélenchon a été un peu mouvementée. Au moins une vidéo est visible sur Internet. Le patron des Insoumis s'est présenté comme le défenseur des intérêts des ouvriers et, fidèle à son style, il n'a pas hésité à s'offusquer et à parler fort pour dire sa sincérité à l'endroit du monde des travailleurs.
Mais là, je n'étais pas. Par contre, le soir, j'étais à la salle du complexe sportif[1] de la Filature à Périgueux. Jean-Luc Mélenchon allait y tenir séance et il y avait foule pour venir l'écouter. Plus de deux mille personnes selon les organisateurs, trois personnes pour la police et entre cinq cent trois et six-cent mille pour le Parti Socialiste. Il y avait du monde, c'est sûr. Plus que prévu puisqu'il a fallu, dans l'urgence, préparer une seconde salle pour nous accueillir tous.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux
Mais pourquoi était-on là ? Certains étaient venus déjà convaincus mais d'autres étaient présents pour la promesse d'un spectacle de qualité. On venait voir Jean-Luc Mélenchon comme on serait allé à la représentation d'une vedette. On venait pour les idées, certainement, mais aussi pour les talents indéniables de l'orateur.
Jean-Luc Mélenchon sur scène, ce n'est pas un homme politique derrière son pupitre ahanant laborieusement un texte écrit par des collaborateurs. Il a ses notes qu'il consulte de temps à autres, picore une idée et la développe judicieusement au moment opportun selon les réactions de la salle. Il s'enflamme, il vitupère, il accuse, il moque, il dénonce avec ardeur et allant. Et il y prend plaisir, le bougre ! C'est vrai qu'il est un peu cabot, Jean-Luc Mélenchon. Il goûte les applaudissements et aime à prendre à témoin le public. "Mais je ne vais pas m'étendre sur le sujet, vous savez bien ce qu'il en est", ponctue-t-il à l'occasion une affirmation. Un peu simple mais efficace. Qui ira avouer que non, il ne sait rien à ce sujet au risque de passer pour un ignorant ? Alors oui, sans doute, M. Mélenchon sait manipuler une salle et l'amener à accepter ses propos même lorsqu'ils sont partiaux voire erronés. Les approximations sont légions dans son discours mais il s'excuse d'être "littéraire" et de ne donc pas maîtriser les chiffres ou les principes physiques ou chimiques.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux
De son passé d'enseignant, Jean-Luc Mélenchon a conservé son goût pour la pédagogie. De sa carrière de politique, il a développé un sens aiguisé de la rhétorique. Il mêle ces deux arts pour servir ses propos. Il a aussi le bon sens de suivre l'air du temps. Je ne dis pas qu'il n'est pas sincère, Jean-Luc Mélenchon, je ne dis pas qu'il a de réelles préoccupations écologiques, je ne dis pas non plus qu'il n'a pas réfléchi à ces questions. Mais donc, Jean-Luc Mélenchon se préoccupe beaucoup de l'écologie, de l'avenir de la planète et de notre santé. Il œuvrera à arrêter les centrales nucléaires, à promouvoir les énergies propres et renouvelables, à combattre l'utilisation des énergies fossiles et, bien entendu, le Diesel. Il veut multiplier par je ne sais combien le nombre d'exploitations agricoles pour que l'on produise bio et consomme bio. Tout cela est parfaitement facile à financer selon lui.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux

Pour la santé, il est question de regrouper les assurances privées et les mutuelles au sein de la Sécurité Sociale. L'idée est plaisante, elle a été exposée récemment par Martin Hirsch. Et puis, aussi, produire plein de médicaments génériques pour contrer le prix honteux de certaines médications. C'est très bien mais je me demande tout de même un peu comment il sera possible de convaincre les laboratoires de s'asseoir sur leurs brevets. C'est un peu le problème, à mon sens, avec les idées exposées par Jean-Luc Mélenchon. Il a tendance à s'enflammer facilement et à se laisser aller à des envolées lyriques un peu osées. Mais bon, ça marche et le public applaudit sans trop se poser de questions.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux
L'un des chevaux de bataille de Jean-Luc Mélenchon, c'est le refus des TAFTA et CETA[2]. Là, c'est on ne peut plus clair. Jean-Luc Mélenchon ne signera rien, refusera tout et proposera au peuple français de se prononcer par referendum. Il avertit cependant le public présent de ce que l'Europe aurait d'ores et déjà ouvert la porte au traité CETA qui serait un cheval de Troie pour permettre aux USA de vendre tout et n'importe quoi dans toute l'Europe. Les viandes trafiquées, les OGM, l'exploitation des gaz de schistes sont à la porte de l'Europe et de la France avec toutes les histoires de tribunaux d'arbitrage qui obligeraient les États à dédommager les sociétés privés dans le cas où ceux-ci viendraient à gêner le commerce. L'idée de tenir un bras de fer avec l'Europe n'est pas de nature à faire peur au candidat Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux
Jean-Luc Mélenchon tient sans faiblir son auditoire en piochant dans ses notes, en usant de traits d'humour bien sentis et ça fonctionne bien. Un spectacle auquel on prend un réel plaisir. Ses têtes de turc préférées ce soir là étaient Macron et Fillon. L'un de droite... de droite et du centre, l'autre du centre et de la droite. Du pareil et du même. La faiblesse de l'exercice est qu'il manque de rigueur et de réelles explications. Affirmer et annoncer des idées et hypothèses, c'est une chose, les prouver en est une autre. Les données chiffrées le sont un peu à la louche[3]. Bien des sujets sont survolés superficiellement et Jean-Luc Mélenchon donne l'impression de s'en sortir d'une pirouette. Parce qu'il ne s'agissait pas d'un débat, le public n'était pas invité à intervenir ou à poser des questions. L'orateur excelle à créer la connivence entre lui et son auditoire. Face à un public déjà conquis, il peut se permettre à faire dans l'à-peu-près sans craindre d'être contredit.

Je suis repéré
On a taxé Jean-Luc Mélenchon de populisme. Lui-même a accepté la quasi injure. Parce que je ne saurais pas définir le populisme, je n'utiliserai pas le terme que je préfère réserver à la saloperie d'extrême-droite. La vraie question est de savoir si ce tribun est sincère et honnête ou s'il use de ses talents pour servir ses intérêts. Parce que c'est tout de même un professionnel qui a son fond de commerce. Evidemment, face à la concurrence j'ai tendance à le trouver plutôt sympathique, Jean-Luc Mélenchon. Je partage pas mal de ses idées et pense assez souvent comme lui. Le problème, c'est que je ne suis pas en mesure de déterminer si ces idées sont réalisables ou du simple domaine de l'utopie. Je n'ai pas lu le programme de la France Insoumise. Il est possible qu'il soit chiffré, détaillé, expliqué, programmé. J'aimerais bien pouvoir penser que Jean-Luc Mélenchon avance des propositions réalisables qui seront réalisées mais il y a cette petite suspicion de douce manipulation qui me titille. En l'état, si je vote pour les élections présidentielles prochaines, il est probable que ma voix ira à lui même s'il m'est très difficile d'adhérer à tout et, surtout, de penser tout cela réaliste.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux
Je ne sais pas ce que vous pensez de tout cela. Si vous ne l'avez pas déjà fait, vous pouvez voir l'enregistrement de cette réunion publique à Périgueux sur youtube. Il y a beaucoup d'autres vidéos sur la chaîne de Jean-Luc Mélenchon. J'en ai regardé quelques unes pour me faire une idée. Il y a certainement un aspect séduisant dans toutes les idées soutenues là. On aimerait pouvoir espérer et rêver que tout cela soit possible mais le doute subsiste. Je vous laisse vous exprimer dans les commentaires.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux

Notes

[1] Pouah !

[2] dans son discours, J.-L. Mélenchon se plante et parle de TAFTA et de TIPP...

[3] il faut reconnaître que le problème est commun à tous les candidats

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