vendredi 9 décembre 2016

Let's Punk Again

Il faut tout de même qu'il n'y ait pas grand chose de notable à se mettre sous la dent, dans l'actualité, pour que des journalistes se résolvent à fêter son quarantième anniversaire au mouvement punk. Evidemment, il ne se passe rien de bien important de par le vaste monde et il faut bien que les bulletins d'informations aient une petite raison d'être. Alors, finalement, pourquoi ne pas célébrer le mouvement punk ? Aujourd'hui, on m'a appris que Kirk Douglas fêtait ses cent ans. Je lui présente toutes mes excuses, je le pensais mort depuis lulure.
Donc, le punk aurait quarante ans. Ah ? Bon. Si on le dit. Je n'ai pas compris ce qui aura été retenu comme date de naissance de ce mouvement, aussi ferai-je confiance aux journalistes qui, eux, souvent savent. J'ai l'âge d'avoir été jeune au moment où le punk anglais, les Sex Pistols et les Clash, sont arrivés dans l'actualité française. Mine de rien, ça m'a marqué. J'aimais bien ce bazar baroque et anar qui ne respectait pas grand chose, rotait et buvait de la bière en proférant des insultes et des grossièretés pires qu'un vieux cacochyme atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. Oh qu'ils étaient vilains et malpolis, ces jeunes mal habillés ! On les a dit nazis, on les a dit drogués, on les a dit dangereux pour la jeunesse et on aurait mieux fait de ne rien en dire du tout et d'écouter leur musique !

Quarante ans de jeunesse

mercredi 4 mai 2016

Concert pour le temps présent

C'était hier soir et à l'Agora de Boulazac. Thierry Balasse et la compagnie Inouïe étaient déjà venus pour une ré-interprétation de morceaux musicaux de Pink Floyd. Cette fois, c'est Pierre Henry qui était à l'honneur. Trois pièces étaient présentées. Deux de Pierre Henry dont une écrite spécialement pour le spectacle et une écrite par Thierry Balasse. Mais bien entendu, ce que tout le monde attendait, l'œuvre qui était déjà connue, celle qui existe dans notre mémoire collective, celle que l'on connaît, que l'on a déjà entendue mais dont on ne sait souvent rien, c'était la Messe pour le Temps Présent.
Pierre Henry, c'est l'un des fondateurs de la musique concrète et de la musique électroacoustique. Il est né en 1927 et longtemps il a donné des concerts chez lui, dans sa maison, à raison de deux concerts par jour que l'on pouvait écouter dans la cuisine ou dans la chambre dans un bureau ou un autre. J'envie les personnes qui ont pu goûter l'expérience. Il continue à composer, à chercher, à expérimenter. Un grand Monsieur de la musique, c'est chose certaine !
Je ne vais pas dire tout le bien que je pense du spectacle donné par Thierry Balasse et la compagnie Inouïe. Je vous conseille juste de vous renseigner et d'aller voir et écouter dès que ça passera à portée d'oreilles. Vous trouverez des renseignements sur ce spectacle à cette adresse. Si je ne vais rien en dire, je vais vous donner à voir un peu avec une sélection de photos.
À noter : Thierry Balasse nous apprenait à l'issu du spectacle que la représentation prévue à Argenteuil, commune dirigée par le "les républicains" Georges Mothron, avait été annulée sans raison autre que celle qui laisse supposer que ce Mothron n'aime ni Pierre Henry ni la Compagnie Inouïe et malgré un contrat signé. La connerie existe bien à Argenteuil, donc.

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

jeudi 3 septembre 2015

De la musique à se mettre dans les oreilles

C'est un artiste que j'ai découvert sur France Inter. J'avais pu écouter quelques unes de ses chansons et compositions et j'avais bien aimé. J'ai eu l'occasion d'écouter un album en entier et à plusieurs reprises et l'impression reste la même, c'est vraiment du tout bon. Je vous conseille donc.

babx - cristal automatique #1

samedi 25 avril 2015

En morceaux, doux et autres troubles

C'est samedi, il pleut et je vais vous causer musique. Je vais vous parler d'un disque que l'on m'a prêté et que j'ai écouté quatre fois, un album de Godspeed You ! Black Emperor dont je ne sais trop quoi penser.

Godspeed You ! Black Emperor, je vous en ai déjà parlé à l'occasion d'un concert au Rocher de Palmer, à côté de Bordeaux. Dans ma mémoire, il est question d'un concert éprouvant. Excellent mais éprouvant. Au moins, j'en garde un souvenir bien présent. Du post rock violent, bruyant, insistant. Je me souviens d'un public comme tétanisé, comme pris dans les rets des cris et plaintes de guitare de cette musique qui vous vrille les circonvolutions du cerveau d'une bien plaisante manière. Si je n'ai toujours pas exactement compris ce qu'est réellement le post rock, j'ai tout de même compris que la musique de GY!BE est sensée dénoncer tout un tas de trucs qui agacent les membres du groupe.
Et donc, il y a eu ce concert et je suis revenu à l'écoute de mes vieux disques de musique pré-médiévale pressés amoureusement et artisanalement par les orfèvres de ces temps anciens. J'ai laissé GY!BE de côté en me promettant d'y revenir un jour. Ce jour est arrivé récemment lorsque mon frangin, l'air gourmand, m'a mis le dernier album du groupe entre les mains en me promettant un grand moment de bonheur.
Quatre fois, j'ai glissé la galette dans le lecteur de CD. Quatre fois, j'ai ouvert les oreilles. Quatre fois, l'album s'est terminé sans que j'aie été bien conscient d'avoir écouté quelque chose. Et ça, ce n'est pas banal. D'ailleurs, là, à l'instant, je remets le disque dans la platine. Vous allez voir que je ne dis pas de conneries. Montez le son, vous allez comprendre.
Voilà, c'est parti. Vous avez ouvert les oreilles ? Bon. Ça part sur une batterie lente bientôt rejointe par la guitare. Un rythme lent et lourd, quelques accords de fainéants. Pour le moment, c'est calme. Une sorte de ritournelle un peu simple qui n'indispose pas trop le cerveau. On entend sans trop de surprise. Ah ! Une guitare un peu plus saturée arrive. Une mélodie qui semble un peu orientale débarque par derrière et s'en va comme elle est venue. Oui, c'est bien ça, c'est presque mélodique pour ce premier morceau. Mélodique et lancinant. Un peu comme s'il s'agissait d'une longue intro qui nous conduirait au deuxième morceau de l'album.
Tiens, d'ailleurs, le voilà, ce deuxième morceau. Il est arrivé sans prévenir, sans que l'on s'en rende compte, comme à l'improviste. Là, ça s'excite un poil mais ce n'est pas non plus le grand énervement. De lente mélodie, ça passe à une sorte de longue plainte, une forme de litanie, un cri lourd et lent.
Troisième morceau. C'est celui qui semble donner son titre à l'album. Il y a de la pesanteur. Voilà, c'est ça. Je cherchais le terme. C'est de la pesanteur. Quelque chose de lourd qui paraît imparable et irrévocable. Une force contre laquelle il est vain d'espérer lutter. Une inertie pesante et pressante. Ah oui ! Avec ce thème qui revient, appuyé par une batterie bien présente. "Asunder, sweet". "En morceaux, doux" ? Je ne parviens pas à trouver une traduction satisfaisante. Pas mal, pas mal, ce troisième morceau. Mais comment ? Déjà le quatrième ?
Cette fois, le titre est "Piss Crowns are Trebled" et je suis tout à fait perdu question traduction. Qu'est-ce que cela peut bien signifier ? Remarquez, ce n'est peut-être pas important, hein ? Quoi qu'il en soit, ça s'énerve complètement maintenant. Les guitares s'envolent enfin, la batterie accélère. C'est bizarre, j'ai vraiment l'impression qu'il n'y a que ça. Batterie et guitare. C'est faux, bien sûr, mais c'est ce qui apparait le plus clairement, en tout cas. Si j'en crois ce qui est indiqué sur la pochette, il y aurait aussi de la basse et contrebasse et du violon en plus de "portasound", de "organs" et de "drones". Je leur fais confiance, ils doivent savoir ce qu'ils utilisent.

L'album est fini. Après cette cinquième écoute, à un volume assez élevé, je reste toujours circonspect. D'abord, ça me semble court. Le temps passe vite et je n'aurais pas refusé que ça dure plus longtemps. D'un côté, ça prouve que ce n'est pas du tout désagréable et c'est plutôt pas mal. Maintenant, il y a tout de même comme une frustration. Je n'ai jamais l'impression que ça commence réellement. Un peu comme si l'album était constitué de plein de promesses non tenues. Peut-être aurais-je aimé un peu plus de surprises, de titillements. Malgré tout, ça reste un bon moyen de passer un bon moment que d'écouter ce disque.

Godspeed You Black Emperor

dimanche 14 septembre 2014

Eskimo (1979)

Il n'est pas si certain que l'on parvienne un jour à faire le tour des Residents et de ce qu'ils apportent et ont apporté aux mondes de l'art, de la musique et de la culture.

C'est dans l'immensité de la nuit polaire, interminable et glacée, que les Residents nous entraînent au long de leur opéra inuit dévoilé aux oreilles de quelques heureux et rares connaisseurs intransigeants sur la question de ce qui doit entrer dans les oreilles en cette dernière année des seventies. Album curieux, étonnant, à nul autre pareil. Un album des Residents, groupe protéiforme et mystérieux s'il en est. Pour ainsi dire, on ne sait rien des Residents et c'est très bien ainsi. Du moins, on en sait relativement peu. On sait à peu près lorsqu'ils sont apparus. Ce n'est déjà pas si mal. Ni rock ni rien d'aucun style, les Residents sont un OMNI, un Objet Musical Non Identifié. On peut noter plusieurs périodes. Celle où ils sont particulièrement attirés par les monstres (Freak Show), celle où ils semblent s'intéresser aux taupes (Mole Show) et d'autres que je vous laisse découvrir par vous même. Je ne vais pas faire tout le boulot surtout que vu ce que je suis payé, hein, bon.
Les Residents, on aime ou pas. C'est affaire de goût. On ne peut pas y rester insensible. On peut rejeter complètement ou devenir adepte inconditionnel. En quarante ans de parasitage de l'industrie du disque, ils en ont fait, des disques. Et pas qu'un peu. Mes préférés restent "Third Reich n' Roll", "Duck Stab" et "Eskimo". Maintenant, je ne connais pas tout non plus. Pour les plus récents que j'ai pu écouter, je suis moins sous le charme, je le reconnais.
Aujourd'hui, entre un Zappa et un Coltrane, j'ai écouté "Eskimo". C'est un drôle d'album. Dans une pseudo langue inuit, les Residents prétendent nous expliquer la vie des inuits. C'est un opéra ethnologique imaginaire qu'accompagne le vent du pôle d'un bout à l'autre de l'album, une incursion fantasmagorique aux intonations étranges. En fait, il paraît qu'il s'agit plutôt d'une dénonciation du monde occidental et de la société de consommation.

Eskimo vanille fraise
Mais à l'écoute de ce disque, une question me vient à l'esprit. Est-ce bien de la musique ? Parce que, après tout, il s'agit peut-être plus d'ambiance sonore. Et l'ambiance, elle est là et on ne peut pas en douter un instant. Une ambiance pas vraiment chaleureuse. On dira que les conditions météorologiques supposées du grand nord ne s'y prêtent pas. Et de quoi donc est-il question donc ? Alors, c'est la vie des inuits. De la naissance d'un nouveau né avec la possibilité qu'il soit sacrifié rapidement (on ne garde pas toutes les petites filles, faut pouvoir les nourrir) à la fin programmée d'un vieux devenu inutile (on le laisse quelque par sur la banquise et basta). Enfin je dis ça sans trop savoir ce que je dis, il me faut être honnête avec vous. Toutefois, je pressens qu'il y a quelque chose de cet ordre et je vous conseille de prêter vos esgourdes à l'écoute de cet album mythique.

jeudi 11 septembre 2014

Écoutez-moi ça !

Une vraie découverte ! Du punk rock qui déménage, qui gratouille, qui titille, qui frétille, qui met en joie. Autoproduit, le premier album des Watching Pumpkin débarque dans les bacs avec ses guitares saturées, sa ligne de basse sauvage, sa batterie foudroyante et la voix rageuse du chanteur et leader du groupe, Blind Mute Monkey. En douze titres tous plus énervés les uns que les autres, vous vous détruisez les tympans à coup sûr. A ne rater sous aucun prétexte !

La citrouille is watching toi

mercredi 3 septembre 2014

Moto rouge et musicale

Ce matin, j'ai commis deux dessins. Pour les réaliser, comme je le fais parfois, pour me couper du monde extérieur, du monde réel, j'ai mis de la musique et j'ai réglé le volume à un niveau assez conséquent.

Deux dessins. Le premier, c'est une commande. Je vous le présenterai demain. Hier, j'avais fait un crayonné rapide pour la validation et ce matin, après le litre de café bien fort, j'ai dessiné au crayon avant d'encrer au pinceau et à l'encre de chine. Pour ce dessin, j'ai écouté deux albums de Kraftwerk, Radio Activity et Autobahn. Cela ne nous rajeunit pas. Les deux albums ont pratiquement quarante ans. Je ne sais pas ce qui a guidé mon choix. Mon dessin n'était pas spécialement à la gloire du parti nazional zocialiste. Enfin passons.
J'ai eu l'idée d'un deuxième dessin et je suppose que le choix musical du premier dessin n'a pas été étranger à cette idée de dessin. Pour commencer, j'ai mis la bande originale du meilleur de tous les films du monde de tous les temps dans l'univers et au delà. Vous aurez bien entendu compris qu'il s'agissait de la bande originale de "Il était une fois dans l'ouest"[1] de Sergio Leone. Là encore je ne sais pas pourquoi j'ai mis ce disque dans la platine CD. J'ai un peu l'impression que le hasard y est pour beaucoup.
Le tournant, ça a été lorsque j'ai mis "Dernières balises (avant mutation)" de Hubert-Félix Thiéfaine. Pour le coup, j'ai encore monté le volume. Je ne sais pas vraiment ce qui me plaît tant chez Hubert-Félix Thiéfaine. C'est un mélange de diverses choses mais il y a très certainement le côté dépressif qui joue un grand rôle. Chez Hubert-Félix Thiéfaine, il est très souvent question de drogue, de misère, de suicide. Et moi, je ne sais pas pourquoi, j'aime ça. Ça me file une pêche incroyable, ses chansons violentes, poétiques, cruelles et désespérées.
Il se trouve que j'ai décidé de passer tous les albums de Thiéfaine à ma disposition, de me faire une sorte de cure. Mon intérêt pour l'œuvre du chanteur jurassien ne date pas d'hier. Il a accompagné mon adolescence et ma (un peu) tumultueuse jeunesse. On a parfois accusé Thiéfaine de faire dans l'apologie de la drogue et des paradis artificiels. Je ne suis pas d'accord ou pas tout à fait. S'il est vrai que dans "la fille du coupeur de joint" l'usage des stupéfiants revêt un aspect primesautier et que l'on peut se dire que, finalement, si c'est ça la drogue, ça vaut peut-être le coup d'essayer, il ne faut pas écarter toutes les autres chansons dans lesquelles la drogue (et plutôt les drogues dites dures) ne sont pas présentées comme un simple parcours de santé jonché de petites fleurs des champs. Il met en garde, Thiéfaine. Il dit bien la déchéance, les squats, la mort et la dépression. Mais putain ! Qu'est-ce que c'est beau ! Le problème est là. Pour les personnes qui aiment le triste, pour les romantiques, il y a comme un appel à la destruction, à l'autolyse, à l'abandon. Lorsque Thiéfaine se laisse aller à la mélancolie (et il le fait souvent) je suis sous le charme. Je rajeunis de facile trente ans.
Dangereux pour la jeunesse ? Possible. J'ai passé l'âge. Dorénavant, ça ne me concerne plus. Je ne crèverai jamais jeune. "Vivre vite, mourir jeune et faire un beau cadavre", a dit James Dean. Trop pleutre ou trop plein d'instinct de survie, je ne me suis jamais trop approché des drogues dures et me contente désormais de cultiver le cancer du fumeur[2].
Thiéfaine, c'est tout un tas de souvenirs qui s'échappent de mon cerveau et remontent à la surface en laissant un goût de mélancolie et de nostalgie. Ce sont des filles que j'ai follement aimées, une époque d'expériences diverses et de douce insouciance. Tout ça, c'est loin, c'est du temps d'avant que je devienne ce bon con de bourgeois que je suis devenu. Et merde, tiens !

Et voilà que ces disques de Thiéfaine me font tâter du doigt ce que j'aurais voulu être, ce que j'aurais voulu devenir. Moi, le truc, c'est la liberté. Une liberté libertaire, l'anarchie. J'aurais voulu vivre dans un monde où l'on aurait au le droit et le devoir de vivre sans contraintes, en faisant ce que l'on veut faire quand on en aurait eu envie. Un monde qui n'aurait pas été dirigé par le fric et les flics de toutes espèces.
Hier, j'ai fait une sorte de petit travail d'introspection sur moi en personne et je me suis demandé si, au fond et malgré mes dénégations fatigantes, je n'étais pas finalement un putain d'artiste de merde. Après tout ? Hein ?
J'ai toujours plus ou moins refusé ce statut pour plein de raisons à mon avis valables mais dans le fond, je finis par me demander si je ne ferais pas mieux d'accepter d'endosser ce costume qui en vaut bien un autre. Comme je l'ai déjà expliqué, à mon avis est artiste qui veut. Seul l'artiste peut se dire artiste. Du moins de son vivant. Pour moi, ça ne changerait rien. Sauf que, bon, ça me permettrait de me donner une sorte de statut social. Lorsque l'on me demande ce que je fais, la première chose qui me vient à l'esprit, c'est de dire que je dessine, que je fais du dessin humoristique. La question de la qualité de ma production n'a aucune importance. Ce qui reste, c'est que je dessine. Et ça, c'est une vérité. Je dessine mes trucs issus de mon univers construit de bric et de broc, de chansons de Thiéfaine, de chansons des Sex Pistols, d'un imaginaire fait des films de Terry Gilliam et de Sergio Leone, des bouquins de Cavanna et de Arto Paasilinna, des BD de Goscinny-Uderzo ou de Margerin, de Boucq ou de Ptiluc. Un imaginaire plein de motos et de voitures loufoques, un imaginaire rempli du capharnaüm qui est dans ma maison comme dans ma tête. Un bordel immense avec de l'humour parce qu'il vaut mieux en rire qu'en pleurer, finalement.
Alors, aujourd'hui, mercredi 3 septembre 2014, lendemain du mardi 2 septembre de la même année, lequel mardi j'ai oublié de sortir ma poubelle, au risque assumé que l'on se foute de ma gueule ou que l'on critique ma décision, je l'affirme haut et fort : je suis un artiste. Un dessinateur humoristique foutraque, anarchiste, bordélique, inconstant et artiste. Et ça sera comme ça jusqu'à ce que je change d'avis sur la question.
Je termine ce billet sur "le Chant du fou" de l'album "... tout corps vivant branché sur le secteur étant appelé à s'émouvoir..." de Hubert-Félix Thiéfaine, je vais me faire du café, numériser le dessin de moto rouge et musicale et ce sera tout pour aujourd'hui.

Moto rouge et musicale

Notes

[1] C'era una volta il West — Once Upon a Time in the West

[2] Je bois aussi de l'alcool mais pas avec assez de constance

vendredi 20 juin 2014

Fanfare périgourdine

Hier soir, à Périgueux, l'Echappée Belle fêtait son dix-huitième anniversaire. Pour l'occasion, Le Grand Ordinaire, fanfare périgourdine, avait sorti saxophones, percussions et bonne humeur.

A la tête de L'Echappée Belle, Jean-Charles Pouyot diffuse à 250 000 exemplaires, en Dordogne et dans de nombreux offices du tourisme en France, le très beau guide touristique Périgord Découverte riche d'une multitude de magnifiques photos de Bernard Dupuy, artiste photographe qui, mieux que personne, parvient à magnifier les paysages de Dordogne.
Ce guide distribué gratuitement est financé par des dons de partenaires, par la publicité. Depuis sa création, une indépendance totale est de mise et on a refusé de présenter le département selon un découpage administratif ou trop artificiel comme l'est celui par couleurs[1].

Le Grand Ordinaire
Ici, on a préféré opter pour des territoires, des pays. Celui de Périgueux, celui de Brantôme, de Sarlat, de l'Auvézère ou de la vallée de la Vézère pour n'en citer que quelques uns. Rédigé en anglais et en français, le guide est une invitation à découvrir ce pays merveilleux si riche en paysages sublimes et en châteaux majestueux. Un patrimoine tellement riche que j'en viens à penser qu'il est impossible de le connaître complètement.

Le Grand Ordinaire
Et donc, pour ces dix-huit ans d'existence, âge de la majorité, l'Echappée Belle faisait la fête dans la vieille ville de la capitale périgourdine, dans les ruelles Renaissance où elle a son siège. Les vins de Bergerac étaient de la partie, on avait bien fait les choses. Des petits fours, des toasts, une exposition d'œuvres du peintre José Corréa et du photographe Bernard Dupuy et, surtout, pour créer une ambiance festive et joyeuse, Le Grand Ordinaire ! Des saxophones de toutes sortes, un répertoire très Nouvelle Orléans, beaucoup d'humour et de générosité. Du bonheur tout simplement.

José Corréa croque le Grand Ordinaire
De nombreuses personnes s'étaient donné rendez-vous pour l'occasion. Comme il faisait vraiment très beau, on s'arrêtait pour profiter de l'instant, pour se retrouver, pour parler, pour rire, boire et manger. L'anniversaire était une réussite totale.

Michel Labussière du Grand Ordinaire
Cette fête était aussi sans doute l'occasion de marquer la réussite de l'entreprise un peu folle de Jean-Charles Pouyot. Comment, durant 18 ans, parler du Périgord, des Périgords, des terres et territoires, des villages et des sites, de l'histoire et de la gastronomie, de l'économie et des paysages sans épuiser son sujet ? Le dernier numéro en date de Périgord Découverte est dédié à Michel Grégoire qui donnait sa plume pour enchanter un peu plus encore ce pays.

Le Grand Ordinaire vous salue bien
Moi, j'étais là parce que l'on m'avait vivement incité à y être. Habituellement, on ne me trouve pas beaucoup dans ce genre de fête où je ne connais pas grand monde et où j'ai le sentiment de jouer le pique-assiette. Je ne suis pas resté trop longtemps, j'ai été bien sobre, aussi. Il n'empêche que j'ai découvert avec plaisir cette fanfare dont j'avais maintes fois entendu parler sans jamais avoir eu l'occasion de l'écouter.

Demain, peut-être, je reprends la série sur les Deux Chevaux.

Note

[1] Périgords vert, pourpre, blanc et noir.

mardi 27 mai 2014

Death Metal de la mort en métal

Allez, je m'y suis mis. J'ai des putains de dessins de merde à mettre en couleur. Ça m'emmerde à un point que vous pouvez pas savoir. En plus, je sais pas ce qu'il se passe, mais j'ai l'impression que je ne trouve plus mes couleurs. Peut-être qu'il faudrait que je lave l'écran au jet d'eau ou que j'essuie les traces de ravioli ? J'en sais rien. Ou alors l'ampoule qui est en train de lâcher et qui me donne une lumière louche, allez savoir. Enfin voilà, j'ai des dessins à finir et je ne suis pas couché. Je vous en montre un histoire de me débarrasser de la corvée du billet quotidien et je file réfléchir à la manière dont à laquelle que je vais faire cuire mes nouilles.

Death Metal

mercredi 2 avril 2014

La face cachée de la lune

Hier soir dans l'auditorium de l'Agora de Boulazac, la Compagnie INOUIE présentait devant une salle bondée son spectacle La Face Cachée de la lune.

Thierry Balasse, créateur de la compagnie INOUIE, se défend de faire œuvre d'un Tribute Band avec ce spectacle. Soit. Dans "La Face Cachée de la lune", la compagnie propose de marcher dans les pas des Pink Floyd, une quarantaine d'année après la sortie de l'album "The Dark Side of the Moon", et de chercher la démarche expérimentale de ces musiciens.
En ce début des années 70, les Pink Floyd découvrent les synthétiseurs, Mini Moog et autres VCS 3. Ils abordent ces instruments avec curiosité et gourmandise. De fait, cet album majeur du groupe est sur bien des points un monument de la musique expérimentale. La Compagnie INOUIE relève le pari de faire entendre en direct les musiques de l'album, avec des instruments analogiques d'époque. Ici, pas d'ordinateur qui permettrait de reconstituer le son. Les effets, les bruitages, les boucles sont bien réalisés sous les yeux du public.
L'intention n'est pas de restituer avec fidélité le contenu de l'album mais de présenter un spectacle autour de l'album. Et ça fonctionne et c'est terriblement jouissif. Le spectacle tourne depuis deux ans et il va continuer à tourner pour au moins un an. Si ça passe près de chez vous, n'hésitez pas !

La face cachée de la lune
La face cachée de la lune
La face cachée de la lune
La face cachée de la lune
La face cachée de la lune
La face cachée de la lune
La face cachée de la lune
La face cachée de la lune
La face cachée de la lune
La face cachée de la lune
La face cachée de la lune
La face cachée de la lune

lundi 3 mars 2014

Erotico Floyd

Que peut-on raisonnablement faire de mieux que d'écouter de la musique ensoleillée tandis que, dehors, le gris et la pluie bataillent pour savoir qui, finalement, l'emportera ?

Je ne vais pas vous mentir, je ne sais pas grand chose de ce groupe. Il semble, d'après les quelques renseignements glanés ci et là, qu'il serait argentin. Comme le tango du même nom. Sauf que, en place de tango, c'est plutôt une forme de bossa que l'on entend parfois.
F.L.O.Y.D a chillout experience. On n'en sait pas beaucoup plus en parcourant la pochette de ce disque. On imagine bien qu'il doit y avoir un certain rapport avec les Pink Floyd. Alors, puisque l'on aime bien les Pink Floyd et que l'on n'est pas contre le fait de découvrir, on glisse le CD dans la platine et on monte le son.
Très beau son, au passage. Clair, net et précis. Des graves qui sonnent bien, des aigus qui ne déchirent pas les oreilles. Beau boulot. Au programme, douze titres, reprises de morceaux de différents albums des Pink Floyd, tous chantés par la voix diaboliquement érotique de Analiah. "Chillout", se détendre. Pour sûr que l'on est détendu. Les paroles nous sont presque murmurées, chuchotées. Mais attention ! C'est un rien moins pénible que la Carla ! On n'a pas comme une envie irrépressible de sortir hache et masse de sa poche pour écraser la tête de la chanteuse. Pas du tout, même. Pour tout dire, on peut pas lui vouloir du mal, à Analiah. Et même mieux, si c'est bien elle qui pose sur les photos de l'album, on est prêt à l'accueillir dans son lit pour qu'elle vous murmure ses chansons dans l'oreille. Direct du producteur au consommateur.

FLOYD a chillout experience
Alors on a affaire à quoi donc, en somme ? A des reprises des Pink Floyd qui, si elles ne sont pas d'une fidélité exemplaire sont pour le moins intéressantes et écoutables. On prend son pied à se laisser aller à la décontraction, à la détente. Il y a comme un arrière goût de dilettantisme dans cette musique "cool". On n'est pas si éloigné du "easy listening". Franchement, ça vous prend pas la tête et ça vous monopolise pas les esgourdes. C'est du tout fluide. Ça vous glisse subrepticement dans le conduit auditif et ça coule jusqu'au cerveau en générant un état de bien-être fou. Ça devrait être prescrit aux nerveux du bulbe, cette affaire. Sûr que ça ferait des merveilles mieux que toutes les saloperies pharmaceutiques.
Des reprises des Pink Floyd, il y en a tant et plus. Des plus ou moins heureuses, des plus ou moins respectueuses. Ici, nous sommes en présence d'une relecture de l'œuvre Floydienne très personnelle mais qui ne dénature rien. Ça aurait pu être la musique des Pink Floyd si ceux-ci avaient été un peu moins coincés et s'il s'étaient un peu moins pris pour un groupe intello. L'esprit des chansons est bien conservé mais il y a comme un glissement dans l'intention. C'est comme si tout était passé à travers un filtre adoucisseur ou comme si la musique avait fumé un bon gros pétard. C'est calme, c'est doux, c'est sensuel, c'est charmeur et beau. A écouter, à découvrir !

mercredi 12 février 2014

Musique mécanique et rotative

Pierre Bastien, artiste discret, confidentiel et cependant incontournable du milieu des musiques expérimentales se produisait récemment sur la scène de musiques actuelles de Tulle "des lendemains qui chantent". Une rare occasion de s'émerveiller devant ses robots musiciens et de laisser vagabonder son âme dans les sphères oniriques et enfantines de sa musique minimaliste accompagnée de projections vidéo du même tonneau.

Autant être franc, une fois n'est pas coutume, je ne savais pas très exactement ce que j'allais voir et entendre. Et du reste, comment expliquer ce qu'est un concert de Pierre Bastien ? Et d'ailleurs, peut-on parler de concert ? Que diantre ! Un concert, c'est quand il y a des musiciens, des instruments de musique, des guitares, une batterie, un piano, des musiciens juchés sur une scène et des groupies qui crient leur pamoison derrière des grilles de sécurité gardées par des gros bras d'un service d'ordre, non ?

Pierre Bastien
Pierre Bastien
Au lieu de cela, une table couverte de constructions en Meccano© et d'objets bizarres et étranges parmi lesquels, toutefois, on peut voir une trompinette. Au plafond, un video projecteur ; derrière la table, un écran de projection. On sent confusément que l'on va vers le bizarre. On se prépare les oreilles et les yeux afin de ne rien perdre du spectacle qui s'annonce et on attend.

Pierre Bastien
Pierre Bastien
Pierre Bastien est déjà dans la salle. Il est assis sur les gradins et il attend que le public s'installe. Il ne joue pas le jeu du musicien, Pierre Bastien. Il ne respecte pas les codes du métier. Pas d'entrée en scène tonitruante, pas de costume de scène pailleté. Lorsqu'il estime que tout le monde est là, il se dirige vers sa table de travail et commence à bidouiller quelques potentiomètres et interrupteurs. Il engage un disque dans un lecteur de DVD, des images commencent à s'agiter sur l'écran et la musique se met en route. C'est vraiment ça. Ça se met en route. Un peu à la manière d'un moteur Diesel qui démarre à froid. Ça peine à trouver le rythme, à tenir la note, à tourner rond. Pierre Bastien actionne les commandes en cherchant avec détermination à faire coller la musique avec les images en noir et blanc qui saccadent et tressautent.

Pierre Bastien
Pierre Bastien
Pour sûr, on est dans le pas habituel. On regarde avec émerveillement la mécanique produire des sons étranges et imprévus. On s'étonne de voir les roues tourner, les machins vibrer, les trucs s'agiter et on redevient enfant, on plonge dans le monde des jouets, on s'amuse, on devient joyeux, on écoute les petites ritournelles qui bouclent, qui s'accordent les unes aux autres pour fabriquer cette musique à nulle autre pareille. C'est magique !
Le spectacle fait appel aux oreilles mais aussi aux yeux et au cerveau. On essaie de comprendre le fonctionnement des machines, l'impact des engrenages, des bielles, des taquets, des cames, des poulies et courroies sur le son. On ne comprend pas tout de suite comment ces franges souples peuvent produire des notes et comment elles se meuvent. On suppose qu'il y a quelque bizarrerie diabolique derrière tout ça qui est chargée de fournir un flux d'air, on imagine bien qu'il doit y avoir du moteur électrique pour faire tourner les roues et on rit presque à voir Pierre Bastien, hyper attentif et concentré, manipuler des commandes ou installer un nouvel élément en cours de route. La musique est approximative et pas vraiment assurée, ça gratte, ça chatouille, ça craque et ça crachote. De la trompinette équipée d'une sourdine court un tuyau souple qui plonge dans une boîte de plastique qui contient de l'eau. Pierre Bastien souffle dans l'instrument et des gargouillis se font entendre.

Pierre Bastien
Pierre Bastien
Le concert se termine et Pierre Bastien retourne s'asseoir dans les gradins. Il est applaudi mais là encore, il ne joue pas son rôle de rock star. Timidement, il remercie en hochant la tête. Il semble se demander pourquoi tant de personnes sont venues assister à son spectacle. Peut-être bien que Pierre Bastien est un véritable modeste. Il constate que le public a apprécié et il propose de jouer deux derniers morceaux. Pour en jouer plus, il aurait dû amener plus de machines, s'excuse-t-il. Deux morceaux supplémentaires, c'est mieux que rien. On n'a pas tous les jours l'occasion de s'amuser. Parce que, tout de même, il ne faut pas oublier de parler de l'humour sous-jacent. Très important, l'humour, dans l'œuvre de Pierre Bastien. On se doute aisément qu'il conçoit ses machines en s'amusant, qu'il s'émerveille lui-même à imaginer un nouveau mouvement et les sons qui en résulteront.
Cette fois, le concert est vraiment fini. Le public se presse près de la table et Pierre Bastien ne rechigne pas à expliquer, à dévoiler les secrets du prestidigitateur sonore qu'il est.

Pierre Bastien
Pierre Bastien

Pour plus de renseignements, vous pouvez consulter le site Internet de Pierre Bastien.

dimanche 27 octobre 2013

Billet paranormal

C'était comme un pressentiment, je n'avais aucune idée pour le billet du jour et je savais qu'il allait se passer quelque chose.

Vous y croyez, vous, au Don ? Le sixième sens, le troisième œil, l'instinct. Vous appelez ça comme vous voulez, ça n'a aucune importance. Les gens rationnels balaient tout ça d'un geste de la main et refuse de se poser des questions sur l'inexplicable.
Je sentais bien que le billet du jour n'allait pas venir. Quelque chose de confus, de diffus. Un peu comme ci une petite voix m'indiquait qu'il allait se passer un truc incroyable.
Et de fait, voilà-ti pas que l'on annonce la mort de Lou Reed. C'est pas un signe qu'il y a du paranormal ? Hein ? Reconnaissez-le !

Et du coup, je me dis que je me suis débarrassé de la corvée du billet quotidien d'une façon tout à fait brillante.

dimanche 13 octobre 2013

Refused

On the Beach - Niel Young

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