jeudi 29 octobre 2015

Le barrage de Guerlédan

Construit entre 1923 et 1930 à cheval sur deux départements et deux communes, à Saint-Aignan dans le Morbihan et Mûr-de-Bretagne dans les Côtes-d'Armor (qui alors étaient les Côtes-du-Nord), le barrage hydroélectrique de Guerlédan retient les eaux du Blavet en un lac de 55 millions de litres d'eau. En 2015, le barrage a été vidé pour son entretien et des travaux. La vidange d'un lac est toujours une affaire. On ne compte pas les légendes qui courent sur ces villages engloutis et sur les possibles fantômes qui les hantent. Entre 1951et 1985, le site a connu quatre assecs. Celui de 2015 a pour but de contrôler le bon état de l'infrastructure et de procéder à des travaux d'entretien. La remise en eau est programmée pour cette fin d'année et devrait se poursuivre jusqu'au début de l'année 2016.

Le barrage de Guerlédan
Le barrage de Guerlédan, 45 mètres de hauteur 208 mètres de longueur en crête, entièrement réalisé en béton coffré sans ferraillage, la largeur à la base est de 33,50 m et 1,50 en crête.
DSCF5598.jpg

Méandre du Blavet - personnages sur le chemin de halage, on devine les niveaux d'eau, le maximum, et le niveau abaissé servant de bassin de rétention. A gauche des rochers, une pancarte de limitation de vitesse pour les bateaux.

arbres
borne pour bateliers
Des vestiges, il y en a. Par exemple, ces arbres comme pétrifiés d'avoir passé trop de temps sous l'eau ou cette borne kilométrique pour bateliers indiquant que Nantes se trouve à, encore, à 228 kilomètres.

Ecluse, on voit les niveaux des vidandes pour l'assec, le lac étant asséché par palier pour ne pas inonder les villages en aval et ( Pontivy ), pour pouvoir prendre les poissons qui seront mis ailleurs et remis dans le lac après un remplissage suffisant. Les plus gros et les meilleurs, ont été vendus aux poissonniers et restaurateurs, l'argent récolté par cette vente servira au rempoissonnement futur.

niveaux des assecs

Une ancienne ferme et maison éclusière ou un verger englouti, on remarque l'endroit des clôtures et une ancienne maison (enfin, ce qu'il en reste), la végétation a repris ses droits dans cette désolation (en vert au premier plan, des saules noirs).

niveaux des assecs

ancienne maison

la végétation reprend ses droits

Crépuscule du soir ( en jaune et rouge/noir, un photographe et un cameraman.) On les voit que très rarement en photo les photographes, c'est pour cela que j'aime bien les prendre.

photographe photographié

Ruine d'un vieux moulin - au fond, le village de Caurel, couleur rouille, de la renouée des oiseaux, en vert, des saules noirs.

ruine moulin

Trou de carriers où les fondeurs descendaient extraire des blocs d'ardoise de 50 à 100 Kgs, à la bougie le plus souvent, qu'ils remontaient à l'échelle - les enfants y descendaient pour écoper l'eau et remontaient les déchets d'ardoise.

trou de carriers

vue d'ensemble

vase craquelée

brume et base de ski nautique

ponton de ski nautique

Cette femme n'est là uniquement pour que vous imaginez l'épaisseur de vase, cette ouverture était la porte d'entrée du café/épicerie Thomas ( maison avec un étage, rare à cette époque ) les Thomas : deux " GROGNEUGNEU ", la femme tenait le commerce - le mari était le patron des ardoisières, la paie des ouvriers fondeurs et fendeurs se faisait au café où les ouvriers étaient pratiquement obligés de dépenser leur paie dans l'établissement sous peine d'être virés.

porte d'entrée du café

Pignon de la maison Thomas: en foncé quand l'eau stagnait, en clair lors des vidanges - à droite une entrée de carrière.

Maison Thomas

Ecluse, 5 métres de profondeur ( estimée ), on peut en voir de beaucoup moins profondes, imaginez l'épaisseur de vase.

écluse

Maison Thomas - au fond, une ancienne ferme derrière le groupe. Cette ferme a été démontée, couverture, charpente, linteaux, portes et fenêtres tout ce qui a pu être remonté ailleurs. Pour les ardoisiers, le rendement n'était pas assez productif par rapport aux ardoisières " d' Angers ", il y en a eu beaucoup à travailler sur le barrage. Les plus à plaidre, étaient les éclusières qui, comme elles étaient embauchées par l'état, elles n'ont pas eu à dire quoi que ce soit.

Maison Thomas

Une maison éclusière parmi les dix-sept autres englouties - en premier plan, de la renouée des oiseaux.

maison éclusière

mardi 14 juillet 2015

Je vous laisse le choix

Pour demain, vous préférez un dessin de moto ou des photos de motos ? Je vous demande ça parce que j'ai les deux en stock et que j'hésite entre la première et la deuxième option.
Alors, un peu comme une sorte de sondage, je vous demande de choisir.

mardi 4 mars 2014

Hommage à Franquin

Hommage Franquin 1997

Ce dessin a été réalisé en hommage au décès d'André Franquin, en 1997.
Chose incroyable : ce dessin a été publié dans le journal de Spirou n° 3073 en date du 5 mars 1997, dans le numéro "Hommage à Franquin".
L'anecdote autour de la parution à été qu'en signature, le journal de Spirou à mis : Émail Laborde !
La signature B.Vélo. est sous le personnage masculin en rouge qui s'écarte, en tout petit (modeste le B.Vélo. !).

mardi 21 janvier 2014

ÉDITH AURIALE / SOMME AIR

Le " billet d'expression du mardi " va devenir une série des dessins de B.Vélo refusés (mais j'ai vu que cela plaisait un peu chez les amateurs du blog qui nuit (très) grave).
Je raconte la genèse de ce dessin :
Moto Légende, une revue de motocyclettes anciennes, issue des éditions LVA, via son bi-mensuel La Vie de la Moto, sort en octobre 1990 son numéro 1, après avoir fait un hors-série peu de temps auparavant (Moto Légende est un magazine "cossu" format env. 21 X 29,7, avec des pages couleurs).
À ses tous débuts, Moto Légende avait :
— Page 3 : Édito, avec un dessin en N & B repris d'une publicité, ou d'un "visuel" motocycliste ( par exemple, pour le numéro 10, de janvier 1992, le dessin d'une BSA 650 signé Géo Ham).
— Page 4 et 5, le sommaire avec un dessin couleur courant sur les deux pages.
Du numéro 1 au numéro 6 : Denis Sire, dessinateur connu dans le milieu motocycliste et ailleurs, représentant une Scott "Flying Squirrel" des années 1930/1940).
Du numéro 7 au numéro 17 : dessin signé " O.H. " représentant une 500 Motobécane 1939 et un couple sur une 500 (?) Triumph.
Du numéro 18 au numéro 28 : dessin de Frank Margerin représentant une scène de rue dans les années 1930.
Puis, le Moto Légende n° 29 (octobre 1993) : abandon de ces 3 pages de dessins.

Dans le numéro 13, daté d'avril 1992, j'ai la surprise de voir 3 dessins d'un nommé Loiseau, accompagnant un article sur les Clubs d'anciennes motos. Connaissant l'oiseau (elle est très facile), je me dis : et pourquoi pas moi ?
En 1992, je n'avais peur de rien, ni du ridicule, et ai proposé le dessin que vous voyez.

Projet de dessin pour Moto Légende - B-Vélo
Évidemment : non accepté !
J'avais défendu mon dessin en parlant d'un roman de Barjavel : " Le voyageur imprudent "… Visages assez fermés de la part de la rédaction de Moto Légende devant mes arguments.
Mais j'avais pourtant tout étudié pour la technique de ce dessin :
l'espace pour l'ours" [1] et pour le texte du sommaire.

Projet de dessin pour Moto Légende - B-Vélo
Pour la pure technique : c'était un dessin à l'encre Écoline et à la peinture acrylique.
Le format était assez grand : environ 420 X 840 mm, ce qui permettait pas mal de détails. (on m'avait demandé ce que signifiait le motif sur la pierre que l'on voit en bas à droite, en dessous de l'elfe… J'ai expliqué que c'était une sculpture d'origine antique et du côté de l'Irlande. Qu'il n'y avait aucune tentative d'introduire je ne sais quel symbole néo-chose… C'est vrai que l'on peut s'interroger, visuellement. Je n'avais pas saisi le doute qui pouvait s'emparer de certains observateurs : je n'avais que symbolisé qu'un truc très ancien et ésotérique…Il est vrai qu'il faut faire gaffe à tout, maintenant. Je me souviens de Michel qui nous a proposé récemment un exercice graphique avec sa croix gammée "déguisée").

Projet de dessin pour Moto Légende - B-Vélo
Bref, le dessin n'a pas été accepté.

Après coup, je m'aperçois que je gagnerai plus à dessiner des cochonneries japonaises, plutôt que des vraies motocyclettes, avec la presse française de motos anciennes [2]. Quel misère !

Notes

[1] "L'ours", c'est dans la presse, l'espace où l'on indique les noms de l'éditeur, du rédac'chef et autres données techniques sur le périodique (imprimerie, dépôt légal, etc.). Toutes les mentions obligatoires pour une publication, en somme.

[2] La moto ancienne en France, vue par la presse actuelle, se situe approximativement entre 1975 et 1998, en gros… Le temps, les générations passent, ce qui nous parait encore plus ou moins actuel fait déjà partie de l'Histoire.

mardi 14 janvier 2014

Standard-Garage

Cette illustration a sa petite histoire :
Il y a des années, un journal de voitures anciennes, La Vie de l'Auto (LVA) avait demandé à ses lecteurs quelle était leur voiture ancienne préférée. J'avais donc envoyé mon choix, accompagné par ce dessin. C'était vers 2006.

Projet de dessin pour La Vie de l'Auto
Je ne me souviens plus des véhicules les plus aimés des lecteurs de LVA, mais ce devait être un choix "standard" parmi les Traction Avant Citroën, DS et autres 403 cabriolets, sans oublier l'éternelle Ferrari... J'avais cru que LVA passerai mon dessin. Ballepeau. J'avais oublié que le groupe qui édite aussi bien LVA que La Vie de la Moto, que Collectionneur & Chineurs, ainsi que Auto-Rétro, Moto-Légende ou Rétroviseur, est un groupe de presse qui ne pense qu'à une chose : faire des sous, donc faire de l'audience. Bref, ne parler que de choses connues et reconnues par leurs lecteurs.
À ses tous débuts, vers 1976/1977, je ne sais plus bien, La Vie de l'Auto faisait oeuvre de pédagogie en matière d'automobiles anciennes. Et c'était vrai. Dans les années 1980, des auteurs comme Elvis Platiney faisaient des articles sur les autos américaines, l'excellent Jacques Potérat (L'Entonnoir Fou) parlait des cyclecars, Bourdache parlait de motocyclettes anciennes, etc. Du beau monde.
La Vie de la Moto, un peu plus tard, vers 1986/1987, était aussi un bon journal de la chose motocycliste ancienne. Il y avait l'excellent Bourdache aussi. Comme disait l'autre, c'était le bon temps.
Je me souviens avec nostalgie que l'on pouvait trouver au hasard des numéros, aussi bien LVA que LVM, des dessins d'un dénommé Michel Loiseau. C'était du temps du noir et blanc pour ces journaux. Le "progrès" est arrivé. Place à la couleur, et place aux articles vendeurs ! Jacques Potérat est décédé depuis, Jean Bourdache à émigré vers d'autres médias... Exit aussi les (rares) dessins de Michel Loiseau ou de B.Vélo ! Bref, au Diable les qualités pédagogiques, il faut du tout-venant, du commercial, coco ! Alors, vous parlez, ce dessin qui accompagne cette chronique, peuh ! Par honnêteté, ce dessin me fut renvoyé, ce qui me permet de vous faire un billet pépère.
Bien à vous.
Liaan.

mardi 17 décembre 2013

Bien encadré

THE_RAT.jpg

mardi 10 décembre 2013

Le télescripteur

Liaan inaugure aujourd'hui une nouvelle catégorie du blog. C'est une idée à lui. Il demande à ce que les lecteurs aient la liberté de s'exprimer sur le sujet qu'ils souhaitent chaque mardi. Je dis : " Pourquoi pas ? ". Je doute qu'il y ait des candidats d'une manière régulière mais j'accepte le principe d'un jour de libre expression. La règle est simple. Si vous avez envie de dire quelque chose, vous me faites parvenir votre texte et les illustrations éventuelles. Ceux-ci seront mis en ligne le mardi. Aujourd'hui, Liaan nous parle du télescripteur.

 Reprenons les paroles d'une célèbre chanson de Charles Aznavour dont le texte est en gros : « Je vous parle d'un temps, que les moins de vingt ans, ne peuvent pas connaître... ». En lisant un magazine (Nos ancêtres, Vie & Métiers, n°51, daté octobre 2011) dont le sujet principal est « L'essor des télécommunications : Télégraphe, téléphone, radio, télévision, cinéma... », je vois que l'on ne parle pas d'un moyen de communication qui est désormais oublié, connu seulement des « personnes de plus de vingt ans », et encore. À l'instar de Valéry Giscard d'Estaing, de la Renault 14 et du « Pli-Solex », je voudrais vous parler du téléimprimeur, appelé aussi téléscripteur ou tout simplement Télex. Je vous communique la définition du Robert : (1948 : de télé- et imprimeur). Techn. Appareil télégraphique qui permet l'envoi direct d'un texte par l'intermédiaire d'un clavier dactylographique et son inscription au poste de réception).

télex
En simplifiant à l'extrême : c'est une machine à écrire qui permet de taper à distance un texte via les lignes téléphoniques... Pour les plus anciens d'entre-nous, vous avez pu en voir dans les cafés-bars-PMU, ces machines à écrire qui crépitent et impriment sur des rouleaux de papier les résultats des courses, en direct. Je me permets de vous entretenir de ce sujet aussi brûlant que passionnant sur les techniques de communication disparues, car j'en avait fait mon métier pendant pas mal de temps, à savoir « télexiste ». Je ne peux résister à vous faire lire l'argumentaire pour le « Service Télex » tiré d'une brochure des PTT, du temps de L'Administration des Postes & télécommunications, des années 1970 : Le télex est un moyen de communication simple. Le téléimprimeur est aussi simple à utiliser qu'une machine à écrire. Votre dactylo en acquerra très rapidement une maîtrise parfaite.

télex
À la fin de 1971, près de 30.000 entreprises dynamiques en France et plus de 400.000 dans le monde sont abonnées au télex. Ce sont vos clients, vos fournisseurs, vos concurrents. Grâce au télex, transmission ultra-rapide : 6 lignes/minute soit 400 caractères. Dans le cadre de vos relations avec vos clients ou vos fournisseurs, pensez à toutes les possibilité du télex. Même si votre interlocuteur ne dispose pas d'un téléimprimeur, vous pouvez lui transmettre, avec une rapidité proche de celle d'une liaison directe entre deux appareils. Il y avait à l'époque ce qu'on appelait des « Cabines publiques télex » qui pouvaient relier ainsi des entreprises reliées ou non au télex. La société qui n'était pas reliée, était abonné à la cabine publique télex et recevait ses message, par téléphone tout d'abord, puis par coursier. J'ai donc travaillé dans un bureau de poste qui avait ce service, en plus du service, je dirais classique, du télégraphe (les télégrammes). A cette époque, nous travaillions avec des appareils électromécanique de la marque Sagem qui faisaient un tac-tac-tac en retranscrivant ce que l'on dactylographait. Le « système de sauvegarde » consistait par la perforation sur une bande de papier d'environ 18mm de largeur, avec un code pour les perforations sur six rangées, dont une ne servait qu'au guidage de la bande lorsque l'on rediffusait le message, par exemple. Un bon télexiste pouvait « relire » la bande papier visuellement, à partir de la disposition des perforations.

télex
Puis, dans les années 1980 est apparu le Sagem TX35, tout électronique, avec écran de visualisation, avec la frappe à aiguilles, plus silencieux, au lieu de tac-tac-tac, on avait crip-crip-crip. En utilisant ces appareils, je m'était dit que la transmission allait être plus rapide, mais que non : du fait que ces appareils étaient reliés à des centraux qui limitaient la vitesse (je crois, 50 bauds?), et il fallait que les TX35 puissent communiquer avec des appareils plus classiques et anciens. Le TX35 utilisait une mémoire de sauvegarde avec des disques magnétiques souples (je ne saurais vous dire les dimensions, en pouces, mais c'était en gros la taille d'un CD actuel, environ 12 cm). Et comme ces appareils étaient électroniques, il y avait des plantages : pendant que nous tapions notre texte, nous étions ravis, alors que nous avions déjà transcrit deux ou trois pages à la suite, que bing, plantage, tout était à recommencer, chose inconnue sur les Sagem électromécaniques, car à moins de manquer de bande-papier, votre précédente frappe restait en « mémoire ». Comme quoi, je ne le dirais jamais assez, l'électronique peut beaucoup, mais pas tout !

Le Télex avait une garantie juridique, avec l'échange des indicatifs de l'émetteur et du récepteur, du jour et de l'heure. Je crois que le fameux « téléphone rouge » reliant l'U.R.S.S. et les U.S.A. était une ligne télex. Le télex a été tué en partie par la télécopie (le « fax ») et désormais par la toile. Jusqu'à la fin des années 1980, toutes les grandes société avaient leur numéro de télex, un numéro à six chiffres pour la France, je me souviens des encarts publicitaires sur telle société qui indiquait son numéro de téléphone suivie de son numéro de télex. Ce fut remplacé par le numéro de Fax, puis maintenant, c'est « Trucmuche.com ». Tout fiche le camp, ma bonne dame.

J'espère ne pas vous avoir ennuyé avec mes souvenirs du temps d'avant le « net ». Votre dévoué, Liaan.

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