Jeux et divertissements › Feuilleton collaboratif du mardi

mardi 17 juillet 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi

Ce soir, j'ai la flemme. Il fait trop beau, je viens de manger et je me demande ce que je pourrais bien imaginer pour nourrir le blog. J'ai une idée qui vaut ce qu'elle vaut et qui fonctionnera peut-être (je n'y crois pas beaucoup mais on verra). L'idée est donc de faire un feuilleton collaboratif. Je commence et celui ou celle qui le veut continue à raison d'un paragraphe ou deux. C'est parti.

Roland faisait face à son interlocuteur habillé bien propre sur lui et il était en colère. Roland portait ses charentaises, son pantalon de jogging taché et déformé et un T-shirt publicitaire pour un apéritif anisé assez célèbre. Tous deux se tenaient dans l'embrasure de la porte d'entrée du petit appartement négligé de Roland.

- Mais qu'est-ce que vous me voulez, encore ? Vous m'avez coupé l'eau, vous m'avez coupé l'électricité, vous m'avez coupé le téléphone et mes allocations ! Qu'est-ce que vous allez encore trouver à me couper ?
- Ne le prenez pas mal, Monsieur Roland. Ce n'est pas moi qui décide. Vous savez, ça ne me fait pas plus plaisir qu'à vous de venir vous voir dans ces circonstances.
- C'est pas à vous qu'on prend tout ce que j'ai !
- N'empêche que ce n'est pas agréable. Vous pouvez me croire, Monsieur Roland.
- Encore moins agréable pour moi, vous pouvez me croire ! Mais entrez, entrez.

Roland s'écartait pour laisser passer le visiteur. L'homme entrait et s'arrêtait en promenant son regard dans la petite pièce où ne restait, en guise d'ameublement, qu'une table bancale et un tabouret qui ne valait guère mieux.

- C'est vide, jugea-t-il, je n'imaginais pas que ça puisse être aussi vide que ça.
- Et la faute à qui ? Hein ? La faute à qui si j'ai plus rien ?
- Certes, oui. Mais reconnaissez que vous y avez aussi votre part de responsabilité.
- Comment ça ?
- Vos dettes, Monsieur Roland. Vos dettes. Si vous les aviez payées, nous n'en serions pas là.
- JE n'en serais pas là. Pour vous, ça a l'air d'aller pas trop mal.
- A la vérité, nous avons tous nos petits soucis.
- Mouais. Admettons. Je vous propose pas de vous asseoir, j'ai pas assez de sièges
- Ce n'est pas grave, je ne reste pas longtemps.
- Je ne vous retiens pas.

L'homme ouvrit sa serviette, en sortit un dossier et une paire de lunettes qu'il ajusta sur son nez. Il sortit une feuille et la lut.

- Bon. Venons-en au fait. Vous devez donc la somme de 8540 euros et quelques centimes. C'est bien cela ?
- Si vous le dites...
- Pouvez-vous les payer ?
- Ah ! Ah ! Ah !
- Ça veut dire non ?
- Oui. Exactement.
- Nous allons encore devoir vous couper quelque chose !
- Et quoi donc ? Hein ? Vous allez me couper quoi, cette fois-ci ? J'ai plus rien !
- On trouvera bien quelque chose, ne vous inquiétez pas.

Donc voilà. L'histoire en reste là pour le moment. On va voir si quelqu'un donnera une suite pour mardi prochain. Si jamais quelqu'un a envie de jouer, il faut me faire parvenir une suite avant mardi prochain par courrier électronique. Si jamais plusieurs personnes me font parvenir une suite, la première arrivée sera sélectionnée. D'ailleurs, c'est un point d'organisation qui me pose problème. Comment pourrais-je bien faire pour que l'on sache que la suite est trouvée ou pas ? Je vais y réfléchir.

mardi 24 juillet 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (2)

Deuxième épisode de ce feuilleton que l'on pressent palpitant et propice à de nombreux rebondissements. Cette semaine, c'est Juliet qui écrit la première suite. Pour la suite, après réflexion, je choisis seul et comme je le veux parmi les épisodes qui me parviendront.

- Et si c'était moi qui vous proposais une solution à mon problème qui puisse également vous rapporter quelque chose ?...

- Corruption ?! Vous n'y pensez pas ! Vous ne croyez pas que vous avez assez de problèmes comme ça !!!

- Qui vous parle de corruption ? J'aimerais juste que nous devenions amis... des amis qui ont un projet commun... un projet qui peut rapporter gros. Très gros.

M. Roland, dans son vieux jogging, son t-shirt taché et au milieu de son appartement vide avait subitement l'oeil pétillant et son visiteur s'en trouva destabilisé. Et si cet homme avait réellement trouvé un truc génial... un truc qu'il était prêt à partager avec lui ? Ça n'engageait à rien de le faire parler un peu. Ça ne le mettait pas en infraction... ça pouvait aussi être une bonne action, un moment de partage avec un pauvre bougre. Une main tendue en quelque sorte... Rassurée par ses bonnes pensées l'homme enjoignit M. Roland à lui en dire plus tout en lui rappelant que toute tentative de corruption pourrait lui causer de graves problèmes.

- Des problèmes, j'en ai mon compte et même plus ! Moi, ce que j'aimerais c'est qu'on devienne amis... comment vous appelez-vous d'ailleurs ?

- Gérard... Gérard Moyeux. Mais vous savez nous ne pouvons pas être ami, je suis votre contrôleur, je travaille moi.

- Vous travaillez, oui... Moi le travail je n'en ai plus... Depuis longtemps... Mais j'ai autre chose. Quelque chose qui a une valeur inestimable !

- Et en quoi auriez vous besoin d'un "ami" pour tirer de l'argent de ce "quelque chose" ?

- Vous le voyez bien ! Je n'ai plus rien, même pas un costard. Je n'ai plus le téléphone, j'suis interdit bancaire. Niveau crédibilité : zéro ! Alors que vous, vous présentez bien avec vos petites lunettes, votre petite sacoche, votre petite vie bien nette.

- Bien, bien, je comprends... mais vous allez devoir m'en dire un peu plus.

- Hola, comme vous y allez ! Avant que je ne vous mette dans la confidence il va falloir que je vous connaisse un peu mieux. Qu'on devienne amis. De "vrais" amis.

- Mais... je ne sais pas trop... qu'entendez-vous par là ?

- Tout d'abord, nous allons nous tutoyer. C'est la moindre des choses ! N'est-ce pas Gérard ? T'es d'accord ?

- Euh... oui... pourquoi pas ? Mais...

- Mais... quoi !? On se tutoies et puis voilà ! D'ailleurs, tu me paierais pas un café, ça me déprime cet appartement vide, le petit troquet en bas est bien plus accueillant. Qu'est-ce t'en dis ?

mardi 31 juillet 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (3 et 3 bis)

Troisième épisode présenté aujourd'hui par zaréelle et Sax/Cat. D'abord, l'épisode de zaréelle suivi par celui de Sax/Cat.

- Au troquet ? Mais vous , vous…euh, tu n'y penses pas ! Il en va de ma crédibilité, de mon travail.Un contrôleur ne s'affiche pas avec un contrôlé, c'est contraire au règlement !

- Comment établir une relation de confiance avec des préjugés pareils ! Hein ? Et puis personne n'y prêtera attention, tu n'es pas connu dans le quartier.

- Alors là, détrompe-toi. "Ils" m'ont assigné les quartiers 6,7, et 8.Nous sommes bien dans le 8 non ? Et crois-moi, avec la crise je ne chôme pas ! Et pour tout te dire, "ils" ont mis en place un contrôle des contrôleurs. Ces gens-là ne rigolent pas.

Gérard Moyeux tripotait nerveusement le trousseau de clés dans la veste de son costume gris passe partout. Il était curieux d'en savoir un peu plus sur le "truc" de Roland mais l'idée de perdre son boulot le terrorisait. Colette, sa femme, ne lui pardonnerait jamais. Avec la crise, ils s'étaient retrouvés tous les deux au chômage et c'est elle qui l'avait poussé à accepter ce boulot ingrat. Il n'osait imaginer la scène. D'un autre côté, la possibilité de mettre un peu de beurre dans les épinards…celle de prouver enfin à Colette de quoi il était capable… Roland qui voyait déjà son café lui passer sous le nez se demandait bien, devant les hésitations de Gérard comment convaincre ce dernier.

- Ah ils ne rigolent pas ? A qui les dis-tu !! Regarde autour de toi.Et dire que j'ai peut-être la solution pour nous affranchir de ces rapaces et tu semblais être l'homme de la situation. J'étais prêt à te faire confiance. Mais là….dit-il en faisant la moue. Bon tant pis n'en parlons plus.

Roland, mains dans les poches de son pantalon de jogging, se détourna vers la fenêtre et pris l'air accablé.

- C'est-à-dire que…enfin ce que je veux dire, c'est..Ah si seulement j'avais l'assurance que les contrôleurs des contrôleurs des contrôlés ne me reconnaissent pas...

- Oui, oui, nous aurions pu devenir de vrais amis avec un vrai projet.

Roland se retourna et fit face à Gérard.

- Il n'y a que cela qui te dérange ? être reconnu ?

- Ben oui.

- Je comprends ,dit-il, tout en enlevant son t-shirt anisé devant la mine éberluée de Gérard. Enlève ta veste et passe mon T-shirt !

Roland enfila la veste de Gérard et c'est ainsi,dans leur accoutrement baroque, qu'ils firent leur entrée dans le troquet.

Episode troisième bis

Ils s'étaient installés en terrasse. Roland avait commandé un café et Gérard une Leffe.

- Alors ce trésor ... Gérard commençait à s'impatienter.

Roland savourait son café. Six mois qu'il n'avait pas bu un vrai café.

- Robert, tu aurais une cigarette ? Tu permets que je t'appelle Robert, ça me rappelle des bons souvenirs.

- D'accord pour Robert, mais parlons de ce trésor.

- Et du feu ?

Roland fuma sa cigarette et se détendit. Il était presque bien et l'huissier lui rappelait vraiment Robert.

- Tu sais que tu es le 5° huissier à visiter mon logement. Et aucun n'a encore rien vu.

- Tu veux dire que ton trésor est dans ton logement ? Il n'y a plus qu'une table et un tabouret dont je ne voudrais même pas pour faire du feu.

- Tu m'as l'air un peu plus éveillé que tes collègues, c'est aussi pour ça que je préférais qu'on n'y reste pas, ça aurait fini par te sauter aux yeux.

- C'est si visible que ça ?

- Tu as bien regardé ton papier bleu ? Et tu n'as rien vu ?

Gérard Robert piqua du nez sur le papier.

- ... Nom de Dieu, ne me dis pas que ...

mardi 7 août 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (4)

C'est arielle qui donne une suite à ce feuilleton.

Gérad-Robert n' eut pas le temps de finir sa phrase.

Un homme, courant à vive allure, slalomait entre les tables bousculant tout sur son passage. Le guéridon bascula entrainant dans sa chute: bière, tasse, verre et papier bleu qui ne formèrent plus qu'un amas informe sur le sol. Gérard-Robert se pencha aussitôt et tendit la main pour, dans un acte désespéré, tenter de récupérer le précieux papier. Au même moment, à quelques centimètres de ses doigts, surgit une rangers qui acheva le massacre.Le papier bleu se trouva réduit à l'état de confettis imbibés de Leffe. Incrédule, il leva les yeux et vit le spectacle de la maréchaussée en action à grand renfort de coups de sifflet.

Roland avait remis dans le droit chemin tables et chaises , un sourire aux lèvres. Jour de chance pensa-t-il, la suite lui prouva que non. Gérard-Robert, assis de nouveau, l'air accablé, le pantalon de son costume maculé, essuyait machinalement ses lunettes.

- Ne fais pas cette tête, allons, ce n'est que partie remise. Une autre tournée et tout ira mieux. C'est ce que je disais souvent à Robert. C'est pas croyable ce que tu lui ressembles, tu sais.Toujours à se faire du mouron.

- Partie remise ?

- Mais oui.. dit Roland agacé, en agitant la main comme pour en finir avec le sujet. Ça marchera avec le suivant. Tiens , refile-moi un clope et passe la commande.

Au même instant, deux hommes qui observaient la scène depuis un moment, la mine de ceux qui ne doivent pas souvent rigoler, s'approchèrent de leur table.

Gérard-Robert, la gorge nouée, avait du mal à avaler sa salive. Ils avaient devant eux,il en était certain, les contrôleurs des contrôleurs des contrôlés. C'en était fini de lui. Il allait perdre son job voire pire. Il entendait déjà les récriminations de Colette, les "je te l'avais bien dit de", les " si tu m'avais écouté ", les "comment as-tu pu",les "décidément, ma mère avait raison ". Le futur de Gérard prenait des allures de labyrinthe infernal.

Les deux hommes jetèrent un coup d'œil au papier confetti sur le sol et enfin jaugèrent les deux comparses. Assis, avec sa veste impeccable, Roland était encore celui qui présentaient le mieux. Ils se retournèrent vers lui.

- Gérard Moyeux veuillez nous suivre sans faire d'histoire s'il vous plait, vous venez d'enfreindre le règlement.

mardi 14 août 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (5)

C'est le gentil Sax/Cat qui s'attèle à la lourde tâche de la rédaction d'un nouvel épisode de ce feuilleton collaboratif et roboratif. Quelqu'un prendra-t-il le relai pour un sixième épisode ? Mystère !

Ça n'avait pas été bien long.

Le porte-feuille de Gérard Moyeux dans la poche de la veste, sa carte d'identité à lui, Roland Verne, dans le pantalon, il avait même eu droit aux excuses des contrôleurs.

Quant au pauvre Gérard, avec son T-shirt Ricard® en loques, pas de papiers et deux Leffe dans l'estomac, il avait toutes les chances de finir au poste. Et ensuite il lui faudrait s'expliquer avec les contrôleurs.

...

25, rue Jules Verne, Roland était arrivé.

Ça lui faisait toujours un drôle d'effet de voir le nom de son arrière grand-oncle par alliance sur une plaque de rue. Dans le portefeuille de Gérard, il y avait ses papiers avec son adresse, 300 euros et des photos.

L'adresse, 25 rue Jules Verne.

Les 300 euros, il en manquait 50 qui avaient été transformés en quelques sandwiches et un bouquet de roses rouges. Les photos, celles de Colette, avec toujours un bouquet de roses rouges à portée de main.

Son discours était tout prêt, Gérard a fait une grosse bêtise, il va sûrement perdre son job, il risque de ne pas revenir avant plusieurs jours, s'il revient. Si Colette marchait dans son histoire, il pouvait espérer passer quelques nuits ici, le temps que Gérard arrive à se sortir des ses ennuis. (Il se sentait quand même un peu coupable d'être attiré par Colette. Qu'en penserait Robert ?)

Il allait sonner quand la porte s'ouvrit violemment, et un homme sortit en courant suivi par Colette rouge de colère. Roland resta quelques secondes interdit, puis réagit enfin :

- Robert, mais qu'est-ce que tu fais ici ?

mardi 21 août 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (6)

Roland, Gérard, Robert et Colette, les héros de nos aventures feuilletonesques sauront-ils se sortir de cet imbroglio littéraire de bas étage ?

Toujours poursuivi par Colette ivre de son courroux, l'homme tourna la tête en direction de Roland et afficha un air de surprise un peu stupide sur son visage. Cela lui valut de rater la première marche de l'escalier et de dégringoler en rebondissant tantôt sur la tête, tantôt sur le dos, tantôt sur le flanc avant de s'immobiliser au palier inter-étage, dans une flaque de sang, mort.

Le bouquet de roses rouges à la main, Roland restait interdit tandis que, haletant, Colette semblait concourir pour le premier prix d'incrédulité. Ils se regardèrent sans rien dire puis dirigèrent de nouveau le regard vers le corps démantibulé de l'homme.

- Robert ? hésita Roland, Robert ? T'es mort ?

- Robert ? questionna Colette. Vous connaissez ce type ?

- Oui, il me semble bien, oui. Je pense que c'est mon vieux pote Robert.

- Et vous ? Vous êtes qui, vous ?

- Je m'appelle Roland, je venais vous voir à propos de Gérard. Mais vous ne croyez pas qu'il faudrait faire quelque chose pour mon copain Robert ? Vous avez le téléphone ? On devrait appeler les pompiers, non ?

Colette intima l'ordre à Roland de rester là où il était et s'enferma dans son appartement. Roland colla l'oreille à la porte et entendit très nettement Colette raconter à la police qu'un assassinat avait eu lieu devant ses yeux et sur son palier. Elle dit encore que l'assassin était toujours sur place, avec un bouquet de roses et que non, elle refusait de sortir sur le palier pour le surveiller.

Roland devint blême, lâcha les fleurs et descendit l'escalier, enjamba le corps de Robert et s'enfuit en vitesse. Arrivé dans la rue Jules Verne, il se calma et observa à droite et à gauche. La police n'était pas encore arrivée, on n'entendait même pas les sirènes. Il prit à gauche et marcha d'un pas tranquille, abandonnant les papiers de Gérard dans une poubelle publique. Il prit l'avenue des Grands Erudits quitta la veste du contrôleur, conserva les 250 euros qu'il fourra dans la poche de son jogging et décida de rentrer chez lui torse nu.

Poussant la porte de son petit appartement négligé, Roland retrouva sa table bancale et s'assit sur le tabouret qui ne valait guère mieux. Il resta hébété quelques minutes, songeant aux événements incroyables de la journée, à l'arrestation de Gérard, à la mort de Robert, à l'attitude de Colette. Il sortit les 250 euros et la menue monnaie de la poche de son jogging et posa le tout sur la table. Il ne savait pas où il en était.

Il lui semblait que tant que Gérard ne rentrerait pas chez lui, rien ne pouvait le mener jusqu'à lui. Colette n'avait aucune raison de le connaître, elle aura fait la description d'un homme en veste trop correcte par rapport au pantalon de jogging mais cela n'allait sûrement pas permettre aux enquêteurs de remonter jusqu'à lui. Le problème, c'était désormais Gérard qui, même s'il ne faisait pas le rapport directement entre le drame survenu chez lui et sa personne, finirait immanquablement de revenir ne serait-ce que pour récupérer son porte-feuille, ses papiers, son argent et sa veste. Peut-être aussi pour rendre le T-shirt mais Roland n'en était pas bien sûr. Pour autant, tout cela n'allait pas permettre, lui semblait-il, de conclure qu'il s'était rendu au domicile de Gérard et Colette. Robert, lui, ne parlerait pas, c'était une chose entendue.

Tout d'un coup, Roland paniqua à l'idée que Gérard savait qu'il avait un ami qui se prénommait Robert et que Colette, quant à elle, avait certainement entendu Roland appeler Robert par son prénom, sans compter qu'il lui avait avoué s'appeler Roland et venir au sujet de Gérard. Allait-on faire le lien et parvenir jusqu'à lui ? Il le craignait et cela faisait perler des gouttes de sueur à son front. Il fallait qu'il décide de ce qu'il allait faire pour éviter les ennuis. Il ne pouvait pas quitter son appartement, surtout qu'il recélait un trésor inimaginable. Il pouvait tenter de retrouver Gérard et le supprimer. Mais où trouver Gérard ? Et puis Roland n'avait jamais tué personne de sang froid. Il n'était pas un tueur. Et puis, ne valait-il pas mieux occire Colette ? Ou les deux ? Et s'ils avaient un animal de compagnie ? Ou un enfant ? Ou plusieurs enfants ? Toute une fratrie ? Hein ?

La nuit était tombée, à présent. Roland s'allongea sur son sac de couchage et tenta de dormir. Il ne parvint à s'endormir qu'aux premières lueurs de l'aube, juste au moment où la police tambourinait à sa porte. Un frisson glacé lui parcouru l'échine.

mardi 28 août 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (7)

Aujourd'hui, shanti nous offre une suite aux aventures rocambolesques de Roland.

... Il fallait agir ... Vite !

En premier lieu, s'habiller le plus rapidement et silencieusement possible. Ensuite s'échapper, la fenêtre, seule solution envisageable. Mais il ne partirait pas sans le "trésor". Ce "trésor", vous l'avez devinez sans doute, est lié à l'illustre personnage : Jules Verne ! Eh oui !

Jules Verne avait habité ici, dans cet immeuble, dans l'appartement dont avait hérité Roland en qualité d'arrière petit neveu. Jules Verne était "hanté" par ses romans. Ses mondes fantastiques l'habitaient. Outre ses oeuvres littéraires, il avait repris les plans du Nautilus, et conçu un modèle capable de naviguer, un Nautilus en chair et en os, si je puis dire. Avec l'aide de deux fidèles compagnons, il réalisa son grand projet. Cette réalisation devait rester secrète. Une dernière aventure qu'il léguait au hasard de la vie, à quiconque trouverait une carte cryptée, révélant l'existence dudit sous-marin. Cette carte il la cacha sous le plancher de son logis. Elle resta là, durant plus de cent ans ! Jusqu'au jour où un certain Roland Verne entrepris de changer ce vieux plancher de bois à moitié vermoulu... Cette carte, Roland, ne l'avait pas complètement décodée. Il avait compris de quoi il s'agissait, mais l'endroit où se cachait le Nautilus lui restait encore à découvrir. Robert était un descendant d'un des comparses de Jules Verne.

Mais voilà, Robert, il l'avait rencontré, ils avaient partagé quelques soirées ensemble, puis il l'avait perdu de vue. Et au moment où il le retrouvait de nouveau, celui-ci lui faussait de nouveau compagnie, définitivement cette fois-ci ! Exit Robert !!! Pour le moment, dans l'instant présent il fallait qu'il sauve sa peau. Après il pourrait poursuivre ses recherches, découvrir le Nautilus et le faire connaître au monde. Il s'habilla, fila silencieusement dans la salle de bain ouvrit une trappe d'accès plomberie située sous la baignoire et récupéra le précieux document. Les coups redoublèrent à la porte. La police ne patienterai pas plus longtemps, et bientôt utiliserai la manière forte pour pénétrer dans l'appartement.

Il ouvrit la fenêtre et sauta ...

mardi 4 septembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (8)

Alors que Robert a quitté la scène et que Jules Verne y a fait son entrée, Roland sautait par la fenêtre à l'issue du précédent épisode. Sax/Cat nous permettra-t-il de commencer à voir plus clair dans cette étrange affaire ? Vous le saurez en lisant l'épisode de cette semaine !

Il ouvrit la fenêtre et sauta ...

Et tomba sur un camion de fuel qui passait juste à ce moment-là. Il s'agrippa comme il pouvait pour résister à la vitesse heureusement modérée. Quelques croisements plus loin, le camion s'arrêta à un feu (rouge) et Roland en profita pour descendre.

Il s'installa sur un banc dans le parc tout proche (il n'avait même pas pris le temps de noter le nom des rues alentour) et fit le point. Il avait encore 250 € qui lui permettraient de tenir quelques jours. Et surtout il avait la précieuse carte qui pourrait lui servir de monnaie d'échange au besoin.

Après avoir soufflé quelques minutes, il pénétra dans un bar tout proche pour prendre enfin un petit déjeuner.

Un café (il y avait repris goût après sa rencontre avec Gérard 2 jours plus tôt), 2 croissants, il se sentit tout de suite plus optimiste bien qu'ayant réduit son capital de 5 €.

Il repensa à Robert. Il n'avait pas complétement raison Robert. Il disait tout le temps "Tu sais Roland, les femmes sont toutes des salopes, sauf ta mère et ma soeur."

Roland n'avait pas connu sa mère, morte pendant l'accouchement. Mais quand il avait demandé à la tante qui l'élevait qui était son père, elle lui avait répondu qu'entre Alain du lundi, Bernard du mardi, Christian du mercredi, Didier du jeudi, Émile du vendredi, François du samedi et Gilles du dimanche, il avait le choix. (Il sourit en songeant à la curieuse manie alphabétique de sa mère).

Quand à la sœur de Robert, quelques secondes lui avait suffi pour la juger.

Robert lui avait quelques fois parlé de sa sœur Colette, mais il n'avait jamais eu l'occasion de la rencontrer avant la veille. Il savait juste qu'elle en était à son 4° mariage à même pas 35 ans, et que ses 3 premiers maris était morts dans des conditions apparemment naturelles. Mais après les événements de la veille, Robert était convaincu qu'une enquête était nécessaire. Il devait d'abord retrouver Gérard, ne serait-ce que pour le mettre en garde. Et ensuite tout faire pour prouver que Colette avait quelque peu accéléré ses veuvages.

C'était sa seule chance, et il n'avait que peu de temps.

mardi 11 septembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (9)

Quelques euros en poche mais chassé de son appartement, Roland erre dans la ville. Que va-t-il bien pouvoir lui arriver maintenant ?

Retrouver Gérard et l'avertir du danger potentiel était important. Prouver la part active que pouvait jouer Colette dans les disparitions à répétition de ses époux successifs l'était également mais il était encore plus impératif de mettre les documents pouvant mener au Nautilus à l'abri !
Il sortit de l'établissement où il avait trouvé asile le temps d'un café et se retrouva bien interdit, perdu au beau milieu du trottoir et de la foule qui, à cette heure, se pressait pour quelque obscure raison. Les précieux documents coincés sous le bras, Roland ne savait que faire pour les mettre en sécurité. Il pensa à les placer à la consigne de la gare brièvement. Il ne pouvait pas retourner chez lui tout de suite et il ne connaissait personne en qui il pouvait avoir confiance. Il songea les envoyer à sa lointaine cousine bretonne qu'il voyait de temps en temps, au rythme incertain des enterrements. Elle vivait seule au fin fond du Morbihan avec son bon dieu pour unique compagnie. Elle ne l'avait jamais rejeté, acceptant sans coup férir de lui offrir gîte et couvert à chacune de ses visites. Il lui suffisait de lui écrire une lettre pour lui expliquer que ces documents étaient importants (mais d'aucune valeur) et qu'il comptait sur elle pour les garder en lieu sûr. L'idée lui semblait bonne.
Il entra dans la petite papeterie du quartier que gardait une femme à chignon pas encore vraiment vieille qui semblait avoir oublié comment l'on pouvait s'y prendre pour sourire. Il acheta deux grandes enveloppes de papier kraft, un stylo et un bloc de papier. Il demanda s'il y avait des timbres et on lui répondit que la Poste la plus proche se trouvait à quelques rues de là. Il sortit et prit la direction du bureau de Poste en comptant bien trouver un nouveau café où s'attabler pour rédiger la lettre à sa cousine et boire un nouveau café.
Il fit une lettre aimable dans laquelle il n'oubliait pas de s'inquiéter de la santé de la cousine bretonne et de lui souhaiter plein de bonnes choses et plus encore. Il expliqua en restant très évasif que les documents joints à la lettre et scellés dans une enveloppe ne devaient pas être lus et ne devaient en aucun cas être remis à quelqu'un d'autre que Roland lui-même qui, elle pouvait le croire, viendrait la visiter avant longtemps. Il se relut, corrigea une ou deux fautes, et ferma l'enveloppe pour écrire l'adresse de la cousine. Il la connaissait par cœur, elle était simple. Le café payé, il se leva et partit poster son courrier.
Il fit la queue et déposa l'enveloppe sur le comptoir. L'employé du guichet pesa la lettre, annonça un prix, rendit la monnaie et lança le courrier dans un bac en toile qui se trouvait derrière lui. Roland hésita un instant. Il était pris d'un doute. N'était-il pas en train de faire une énorme bêtise ? Il aurait pu et dû faire des photocopies de ces documents et les envoyer à deux personnes différentes. Sans eux, il pouvait dire adieu au Nautilus, à la gloire et à la fortune. Il allait demander que l'on lui restitue son enveloppe lorsque le préposé lui demanda de se pousser pour permettre de servir la personne suivante. Roland resta immobile un court instant et, un rien fataliste, partit.
Perdu dans ses pensées, il se retrouva sur le trottoir sans se souvenir être sorti du bureau de Poste. Il avait la tête vide et il ne savait absolument plus que faire. Objectivement, sa situation n'était pas enviable et encore moins confortable. Il n'avait plus de domicile, il pensait devoir retrouver Gérard sans savoir où le chercher, il avait la vague idée de mener l'enquête sur la mort des maris de Colette mais n'était plus bien certain que cette histoire le concernait. D'ailleurs, il en venait à se demander pourquoi il lui importait tant de retrouver Gérard. Il était perdu et il commençait sérieusement à se demander où il dormirait cette nuit là. Sur sa cagnotte, il lui restait sans doute de quoi se payer une chambre d'hôtel mais pour le lendemain, mystère ! Il se demandait s'il n'aurait pas mieux fait de ne pas fuir de chez lui, ce matin. Après tout, il n'avait pas grand chose à se reprocher. Rien ne pouvait permettre de prouver sa responsabilité dans la déplorable mort de Robert. D'autant plus qu'il ne serait pas difficile pour lui de prouver leur amitié. En réfléchissant à tout cela, il marchait dans la ville sans s'en rendre compte. Il s'aperçut juste à un moment qu'il ne savait plus du tout où il était. Le nom des rues ne lui disait rien, les immeubles lui étaient tous étrangers et il ne trouvait aucun point de repère digne de ce nom. Il n'osa pas demander où il se trouvait aux passants. On devait être en tout début d'après-midi et Roland marchait toujours, à la recherche d'un endroit connu. A un carrefour, il avisa de grands panneaux indicateurs que sa mauvaise vue empêchait de lire sans s'approcher. Il chercha le passage pour piétons le plus proche et traversa la rue sans regarder si des véhicules arrivaient et il eut tort d'agir ainsi, la suite le lui prouva.
Il n'avait pas fait plus de trois pas qu'une puissante voiture sombre le percuta. Il esquissa un saut très artistique avant de s'écraser quelques mètres plus loin, au beau milieu de la chaussée. Les badauds se précipitèrent, les téléphones portables sortirent, les secours furent appelés prestement et à de multiples reprises et Roland décida qu'il était temps de s'évanouir. Juste avant de le faire, dans la brume de ce qui lui restait de vision, se dessina une silhouette qui ne lui était pas inconnue. La surprise lui fit retarder un peu sa perte de connaissance et, dans un ultime effort, il s'exclama d'une voix muette :
- Robert ! Mais qu'est-ce que tu fous là ?

Normalement, vous pouvez télécharger le feuilleton au format pdf.

mardi 18 septembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (10)

Et boum ! Roland est renversé par une automobile et il pense reconnaître Robert avant de sombrer dans les vapes. Arielle s'applique à donner des explications à cette situation pour le moins singulière.

Une chambre d'hôpital. Un bras en écharpe. Tête bandée façon Apollinaire retour de guerre, Roland ne s'en tirait pas si mal après tout. Des bruits de voix, de portes, de métal et de pas lui parvenaient comme dans un rêve et cognaient dans sa boite crânienne douloureuse. Il reprenait doucement conscience.

La fuite, la carte, la cousine de Pont-Aven, la poste, la voiture et... Robert ! Robert vivant ! Alors les flics, se dit-il, c'était pourquoi ? Encore une fois, il s'en voulut d'avoir pris la fuite. Il avait eu peur.Il faisait un coupable idéal et il n'y avait eu aucun témoin de la scène pour remettre en cause la parole de Colette. Il se mit à maudire Colette, les roses rouges et les femmes en général.

Il n'était plus certain de rien. Peut-être que cet homme entrevu n'était pas Robert . Une vague ressemblance, le choc et il avait cru le voir. Mais si c'était bien lui ? Non seulement il ne serait plus poursuivi pour meurtre mais il retrouverait un allié précieux pour essayer d'en apprendre un peu plus sur la construction du Nautilus. Lors de leur dernière entrevue, il y a de cela trois ou quatre ans, Robert avait promis de se rendre en province où avait vécu son ancêtre, un des derniers compagnons de Jules Verne, pour s'enquérir de l'existence d'éventuels papiers de famille auprès d'une de ses grandes tantes qui avait hérité de la maison. Mais sans qu'il sache pourquoi, il n'avait jamais revu Robert.

Il se doutait bien qu'il avait dû se passer quelques événements perturbateurs car ce n'était pas le genre de Robert de disparaître ainsi . Après quelques mois, Il avait bien chercher à le retrouver mais sans succès. Il s'était rendu à son adresse, rue Edgar Poe, pour apprendre de la concierge que quelqu'un était venu chercher ses affaires et que le bail avait été résilié . Et que tout ceci était bien mystérieux et que s'il voulait le savoir , eh bien ce n'était pas des manières honnêtes d'agir ainsi sans la moindre explication et sans même laisser sa nouvelle adresse. Ah la profession avait bien changé, plus aucune considération,les gens étaient devenus bien mal élevés. Ce n'était pas dans son jeune temps qu'on aurait pu voir de pareilles choses. Mais monsieur prendra bien un café ? Roland n'avait dû son salut qu'à la sonnerie du téléphone.Il n'avait revu Robert qu'au bas des escaliers dans une marre de sang.

Roland reprenait espoir. Il tenta de se lever, réprima un cri de douleur et renonça. Il était bien mal en point.

- Monsieur Verne restez tranquille, dit une voix féminine teintée de fermeté et de douceur mêlée. Vous avez subi un choc .

La voix s'approcha en même temps que le parfum d'une eau florale qui lui rappela sa mère lorsqu'elle était encore jeune et attentionnée. Deux mains l'aidèrent à se caler sur ses oreillers. Roland se laissa aller , il y avait bien longtemps que personne n'avait pris soin de lui.

- Voilà qui est mieux.Vous avez dormi 48 heures depuis votre arrivée. Votre blessure à la tête n'est pas grave mais exige du repos.Le médecin passera vous voir tout à l'heure. Ainsi dit la voix pendant que les mains remontaient doucement le drap.

Roland se laissa bercer par la voix. Il tenta d'ouvrir les yeux. Il parvint, non sans mal,à les entrouvrir. Sa vision était trouble mais il distingua quelques boucles rousses s'échappant d'une coiffe blanche au dessus d'un visage souriant qui lui parut des plus jolis. Il aurait voulu prolonger cet instant dans l'oubli de ses tracas.Mais la voix interrompit sa rêverie. -J'étais venu vous dire que quelqu'un insiste beaucoup pour vous voir. Il est bien entendu que si vous êtes d'accord, il ne restera pas longtemps pour ne pas vous fatiguer. Roland revint sur terre. Il n'eut pas le temps de se demander qui pouvait bien insister pour le voir que la voix de Robert se fit entendre.

- Roland mon ami, c'est moi Robert ! Non, non, ne t'agite pas. Repose-toi, j'ai tant de choses à te raconter !

- Robert ? Tu es donc bien vivant ! Mais l'escalier , la chute, le sang, Colette, les flics ?

- Bien, je vous laisse dit la voix, ne restez pas longtemps surtout.

Roland aurait voulu retenir la voix prés de lui mais l'arrivée de Robert allait peut-être enfin clarifier bien des mystères.

- C'est promis dit Robert. Ah, Roland oui je suis bien vivant et nous voilà enfin réunis. Je vais tout te raconter depuis notre dernière entrevue jusqu'à cette malheureuse chute. Tu te souviens , je devais me rendre en Normandie chez tante Etzelle. Eh bien j'y suis allé et devine ?

mardi 25 septembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (11)

A l'hôpital suite à son accident, Roland n'est pas insensible aux charmes certains de l'infirmière aux boucles rousses lorsque Robert arrive et commence à narrer sa visite à la tante Etzelle. C'est Sax/Cat qui nous raconte la suite.

Et pendant ce temps à Pont-Aven.

Gaëlle chantonne. Elle chantonne toute la journée. Elle connaît beaucoup de chansons, mais uniquement quelques phrases pour chacune, et encore imparfaitement. Elle enchaîne ainsi des petits bouts de chansons, ce qui donne parfois des résultats assez surréalistes. Quant à la musique, il n'est pas rare qu'elle chante les paroles d'une chanson sur la mélodie d'une autre, ou sur une mélodie sortant de n'importe où.

- La voilà la blanche hermine Vive Fougères et Clisson

Le facteur dépose le courrier dans sa boîte, elle sort pour le récupérer.

- De Nantes à Montaigu La digue digüe

Elle a un petit sourire en voyant que son "Nous-Deux" est fidèlement arrivé ce mardi. Et un autre en reconnaissant l'écriture de son cousin Roland sur une grande enveloppe.

- On a pressé le citron Faut jeter la peau

Elle lirait "Nous-Deux" cet après-midi quand son ménage serait fait. Elle ouvre directement l'enveloppe de Roland en se demandant ce qu'il peut bien lui envoyer. Ce n'est pas son anniversaire, mais Roland ne se rappelle jamais de la date de son anniversaire et lui envoie son cadeau un peu n'importe quand, souvent deux fois dans l'année.

- Ils ont des chapeaux ...

Elle arrête de chantonner dès les premières lignes. La lettre ne ressemble pas du tout aux lettres que Roland envoie d'habitude. Gaëlle aime bien le mystère, ça lui rappelle les histoires qu'elle lit toutes les semaines. Mais l'histoire de Roland a l'air beaucoup moins romantique. La deuxième enveloppe n'est pas bien épaisse, une cachette doit être facile à trouver. Elle ne veut pas trahir la confiance de son cousin.

- Dans la salle d'attente de la gare de Nantes...

Elle se dirige vers sa chambre pour déposer la deuxième enveloppe au fond de son armoire en attendant de trouver mieux. C'est alors que quelqu'un frappe à la porte d'entrée. Affolée, elle cache l'enveloppe au premier endroit venu et va ouvrir.

Devant la porte un homme en T-shirt déchiré et l'air menaçant.

- Bonjour, je m'appelle Gérard Moyeux et je crois que vous venez de recevoir une lettre.

mardi 2 octobre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (12)

La lettre envoyée par Roland est arrivée chez sa cousine en même temps que le magazine "Nous Deux". Malheureusement, Gérard Moyeux arrive lui aussi peu de temps après. Le suspense est à son comble.

- Une lettre ? Ah oui, j'ai reçu une lettre. Comment c'est-y que vous le savez ? Vous êtes de la Poste ?

- Donnez-la moi !

- Non, non, non !

Gaëlle avait déjà entamé un demi-tour quelque peu hasardeux et s'apprêtait à claquer la porte au nez de Gérard qui glissa un pied leste dans le chambranle vermoulu de l'huis ce qui eut pour effet, dans un premier temps, de rappeler à Gérard que son pied goutteux le faisait terriblement souffrir dès lors qu'il se retrouvait ainsi pris en étau dans une porte et, dans un deuxième temps, d'inciter Gaëlle à pousser la chansonnette en se permettant quelque licence que l'on dira poétique avec l'original.

- On a chanté les Parisiennes. On a fermé les persiennes !

De l'autre côté de la porte, Gérard geignait à qui mieux mieux et ces atermoiements ne manquèrent pas d'attirer l'attention chancelante de Gaëlle qui ouvrit la porte et parut tout étonnée de trouver un homme en piteux état sur le seuil.

- Oui ? C'est pour quoi ?

- La lettre ! Nom de nom ! La lettre ! Donnez-moi la lettre !

- Une lettre ? Vous êtes de la Poste ?

- Mais non je ne suis pas de la Poste ! Je m'appelle Gérard Moyeux. Je viens en ami. Je suis envoyé par votre cousin, Roland. Il m'a demandé de récupérer la lettre qu'il vous a envoyée et de la lui porter de toute urgence.

- Ne vous déplaise. J'aime surtout ma Paimpolaise, chanta Gaëlle pour se donner une contenance et se laisser le temps d'assimiler toutes ces informations. Vous êtes qui, vous dites ?

- Gérard. Gérard Moyeux. Un bon ami de votre cousin Roland. Il vous a sans doute parlé de moi.

Gérard commençait à comprendre que la pauvre Gaëlle n'avait plus toute sa tête et il était en train d'échafauder un plan machiavélique. Il allait s'attacher à obtenir les bonnes grâces de Gaëlle afin de récupérer les documents reçus par elle.

- Vous pouvez avoir confiance en moi. Je suis vraiment un bon ami, le meilleur ami, de votre cousin Roland. Laissez-moi entrer que je vous explique tout cela.

- Mon cousin quoi que vous dites ? Roland ? Ça me dit rien de rien. Jamais entendu causer d'un Roland Cousin par ici. Vous devez faire erreur. Et puis je ne vous laisse pas entrer avec vos souliers crottés. Allez, ouate ! Du balai ! C'est pas l'homme qui prend la mer. Le long des golfes clairs.

Gaëlle avait laissé la situation en l'état, la porte ouverte et Gérard toujours sur le seuil. Elle était partie dans la cuisine et le bruit des casseroles retentit bientôt. Gérard hésita un peu et finit par entrer. Il se posta dans l'encadrement de la porte de la cuisine et vit Gaëlle poser la casserole d'eau qu'elle venait de remplir au robinet sur la cuisinière. Elle craqua une allumette, tourna le robinet et approcha la flamme du brûleur. Une légère explosion étouffée se fit entendre, elle prit un couvercle et coiffa la casserole. Elle se retourna alors.

- Bonjour Monsieur. C'est pour quoi ? Mais entrez, entrez ! Vous prendrez bien un thé ? J'ai des biscuits. Vous aimez les biscuits ?

Elle désigna une chaise et passa la main sur la toile cirée de la table pour en ôter des miettes de pain imaginaires.

- Asseyez-vous donc ! Vous êtes déjà assez grand, vous ne grandirez pas plus à rester debout. Et puis ce n'est pas plus cher. Vous voulez un chocolat chaud ? Je suis en train d'en préparer. Vous aimez les madeleines ? Allons enfants de la patrie. Félicie, aussi

- Je n'ai pas beaucoup de temps, chère Madame. Je passais juste chercher la lettre que vous souhaitiez me remettre pour que j'aille la poster. Vous savez bien, une enveloppe que vous avez reçue récemment et que vous avez demandé à retourner à l'expéditeur ? C'est pour cela que je suis ici, envoyé par la direction principale du ministère des Postes. Toujours là pour rendre service, vous savez bien !

- La lettre à Roland ? Bernique ! Et pourquoi que je voudrais la renvoyer à mon cousin, moi ? Vous êtes fou ? Vous voulez une verveine ?

Gérard avait pris sa tête entre ses mains et lâcha sans le vouloir, comme par réflexe :

- Je préfère un café.

- Parfait ! Il est presque passé ! Vous prendrez du sucre ?

- Oui. Deux s'il vous plaît. Merci.

Gérard était en train de perdre sa plus féroce résolution. Il était en train de baisser les bras devant cette demi-folle, il perdait de vue l'importance de ce qu'il était venu chercher, se promettant d'user de la manière forte s'il le fallait. Il ne savait pas qu'il allait tomber sur un semi débris pourri de courants d'air dans la boîte crânienne.

- J'ai envie de faire pipi, annonça Gaëlle. C'est pas l'homme qui prend la mer. Le long des golfes clairs.

Elle se tourna vers la cuisinière, ferma le gaz, attrapa la casserole par la queue et la vida dans l'évier. Elle se retourna alors vers Gérard et le foudroya du regard.

- Qu'est-ce que vous faites ici et qui vous êtes, vous ? Laissez-moi faire pipi tranquille ! Foutez-moi le camp !

- Donnez-moi la lettre ! Gémit Gérard. Je vous en prie, donnez-moi la lettre. S'il vous plaît !

- Quelle lettre que vous voulez ? A, B, F, X ? J'en connais d'autres. Plein. Laquelle vous voulez ?

- La lettre de Roland que vous avez reçue aujourd'hui.

- Ah oui ! La lettre de Roland. Je l'ai reçue le même jour que "Nous Deux". Je m'en souviens bien. C'était mardi.

- Oui. Mardi. Aujourd'hui.

- Ah bon ? Bien ! Je le lirai tout à l'heure, après le ménage. Vous lisez "Nous Deux" vous aussi ?

- Non. Je ne lis pas "Nous Deux". Non.

- Nous pourrons le lire tous les deux... Nous deux. Hi, hi, hi. Mais d'abord, vous voulez une tisane ? Je bois trop de tisane, ça me donne envie de faire pipi. Ne bougez pas, je reviens.

Gaëlle quitta la cuisine et Gérard l'entendit ouvrir une porte dans le couloir. Il attendit le regard perdu sur l'antique calendrier des Postes qui décorait le mur qui lui faisait face. Un calendrier aux couleurs délavées et poisseuses avec une corbeille en osier et deux petits chatons aux yeux bleus. Délavés aussi, les yeux bleus. Ça lui donna presque envie de pleurer. Il entendit une chasse d'eau et Gaëlle revint dans la cuisine en s'essuyant les mains à son tablier.

- Vous venez pour le gaz ?

- Pardon ?

- C'est pour relever le compteur ? Il est à la cave. Vous voulez un verre de chouchen ?

- Je préfère un café.

- Bonne idée ! J'ai justement mis de l'eau à chauffer.

Elle saisit la casserole et sembla bien étonnée de la voir vide. Elle haussa légèrement les épaules en affichant un joli sourire et elle tourna le robinet pour remplir la casserole. Elle la posa sur la cuisinière, fit craquer une allumette, tourna le robinet de gaz, ajusta la flamme pour qu'elle ne déborde pas du fond de la casserole, posa le couvercle et se retourna, heureuse.

- J'ai tout bien fait sans me tromper ! Il y a de l'orage dans l'air, il y a de l'eau dans le gaz entonna-t-elle sur l'air de la neuvième symphonie de Beethover, l'ode à la joie. Ce n'était d'ailleurs pas chose facile et elle parut particulièrement fière de ce tour de force.

- Bien. Ecoutez, dit Gérard d'une voix forte en s'appuyant sur la table et en se redressant d'un air menaçant. Ecoutez-moi bien. Je ne suis pas là pour rigoler. Ça commence à bien faire, les chansons martyrisées et les comportements de vieille folle ! Maintenant, je ne rigole plus. Vous allez me donner la lettre de votre cousin tout de suite sinon...

- Sinon quoi ?

- Euh... Sinon... Vous pouvez compter vos abattis !

Gérard venait de sortir un révolver de la poche de son imperméable et le pointait avec hésitation en une direction approximative qui pouvait être celle de Gaëlle.

- Ah d'accord ! Vous êtes un gangster ? Vous êtes Américain ? Vous voulez un whisky ?

- Non. Je ne veux pas de whisky ! hurla Gérard. Je veux la lettre ! La lettre ! La lettre ! La lettre de Roland ! La lettre de votre cousin !

- Oh ! Ma soupe est en train de brûler ! cria Gaëlle en se saisissant de la casserole ! Soupe bouillue, soupe foutue !

Elle se retourna vivement et jeta l'eau bouillante à la figure de Gérard qui ne tarda pas à s'effondrer à terre, se tordant de douleur. Gaëlle se précipita vers lui, écarta l'arme tombée à terre d'un vif coup de pied et, attrapant le tabouret de bois de la main droite, elle le leva haut avant de l'abattre d'un coup sur l'occiput de Gérard qui arrêta de geindre et de bouger tout d'un coup.

- Il faut que je raconte tout ça à Roland, moi, dit Gaëlle en cherchant une feuille de papier sur laquelle écrire. Ah ça sert bien de savoir jouer la demeurée.

Cher cousin Roland...

mardi 9 octobre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (13)

C'est Arielle qui donne des éclaircissements à notre histoire en proposant une suite aux aventures palpitantes de notre feuilleton hebdomadaire.

Il était beau mon amant de St jean

Gaëlle s'interrompit et regarda Gérard Moyeux étendu sur le sol. Elle se leva, inquiète, se pencha et non, elle ne l'avait pas occis, l'homme respirait encore.Elle reprit son stylo.

Il sentait bon le sable chaud, l'homme à la moto

Elle s'interrompit de nouveau. Roland ne lui avait pas donné sa nouvelle adresse.Qu'avait-il écrit déjà ? Ah oui en cas d'urgence, tu peux...

Dans la chambre d'hôpital, Roland, loin de se douter des derniers événements survenus à Pont-Aven regarda Robert d'un air hébété. Que devait-il deviner ? Le Nautilus n'était qu'un jouet et Robert avec son air radieux allait le faire surgir de sa poche. Ils déposeraient un brevet et enfin ce serait la fin de la galère. Il se demanda s'il n'avait pas la fièvre.

- Tu as trouvé des papiers , dit-il, en se ressaisissant ?

- Pas vraiment dit Robert. Avec Tante Etzelle, nous avons passé beaucoup de temps à éplucher des papiers sans rien trouver d'intéressant concernant notre affaire. Mais une piste oui, nous en avons trouvé une, elle était sous nos yeux depuis le début ! Mais c'est aussi à cause d'elle que je n'ai pas pu reprendre contact avec toi.

Roland avait de plus en plus mal à la tête. Il aurait voulu retrouver « la voix », les boucles rousses, se laisser bercer, oublier les huissiers,la police, le Nautilus...Ah non ! Non ! Pas si prés du but, pas si prés du but.

- Roland ? Roland tu m'écoutes,tu vas bien ?

- Oui, oui, excuse-moi.La fatigue.

- Donc, un jour où nous prenions le thé dans la bibliothèque – il faut que je te dise que Tante Etzelle est une grande amatrice de thé et confectionne de savoureux scones accompagnés de crème épaisse qu'elle se procure directement chez son voisin fermier – Bref nous évoquions nos recherches infructueuses, Tante Etzelle prit son tricot en me confiant que c'était sa marotte et, comme j'avais pu le remarquer elle ne pouvait s'en passer.

Je la trouvais charmante avec son regard vif et malicieux, ses cheveux aux reflets violets relevés en chignon. J'imaginais son entourage résigné et envahi d'ouvrages en laine en tous genre. Elle me regarda par dessus ses lunettes et me demanda si j'avais moi-même un passe-temps favori comme presque tout le monde dans la famille.

D'ailleurs, me confia-t-elle, le grand oncle, lui c'était la peinture à l'huile. Presque tous les tableaux de la maison étaient de lui. Les marines, c'était ce qu'il préférait. Il n'hésitait pas, lors de ses déplacements, à emporter son matériel de voyage et à planter son chevalet sur tous les quais de France et d'ailleurs ou bien à peindre, de mémoire, ce qu'il avait vu, paysages maritimes battus par les flots, ports... et toujours des bateaux. Des bateaux comme une ponctuation. Tiens regarde donc autour de toi. Des ports.Des bateaux. Des bateaux ! Je me mis à examiner les toiles d'un peu plus près et c'est là que Tante Etzelle et moi eûmes le déclic. Une des toiles sortait de l'ordinaire.

Et Robert de lui conter la précipitation qui s'en suivit. L'escabeau. La chute. La commotion cérébrale. Les semaines de coma à l'hôpital de Caen. L'amnésie transitoire. Tante Etzelle résiliant son bail. Les mois de convalescence passés en sa compagnie. Les vertiges. Les saignements de nez. Ses vaines recherches pour le retrouver jusqu'à ce jour où, rendant visite à sa sœur Colette, il eut juste le temps de l'apercevoir pour ensuite, pris de vertiges et de saignements, dégringoler l'escalier tête la première !

Robert s'apprêtait à poursuivre quand la sonnerie d'un téléphone retentit. Roland hésita un moment, étonné. Il n'avait fait l'acquisition d'un téléphone à cartes qu'il y a peu aux puces, entamant ainsi un peu plus son maigre capital et, jusqu'à présent une seule personne avait son numéro. Il décrocha.

- Roland. C'est moi Gaëlle. Il est arrivé une drôle d'histoire.

mardi 16 octobre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (14)

C'est Sax/Cat qui s'y colle de nouveau. Gageons que l'affaire est en passe de connaître de nouveaux rebondissements.

- Roland. C'est moi Gaëlle. Il est arrivé une drôle d'histoire.

"C'est un beau roman"

- Figures-toi que j'ai bien reçu ta lettre ce matin

- Ah, ça a été rapide

- Peut-être, mais j'ai à peine eu le temps de la lire que quelqu'un est venu sonner à la porte.

"Je t'attendrai à la porte du garage"

Alors j'ai mis la lettre n'importe où, et j'ai ouvert à un ami à toi.

Enfin, il a dit que c'était un ami à toi, mais si tu veux mon idée il a dit ça au hasard, parce que je ne pense pas que tu aies beaucoup d'amis qui discutent avec un revolver à la main.

"Et plus d'un les a suivis en enfer"

Enfin bref, ton ami, il est maintenant étalé par terre, et je crois qu'il va bientôt se réveiller.

- Et il t'a dit son nom ?

- Oui, Bernard Joyeux qu'il m'a dit. Enfin quelque chose comme ça, je m'en rappelle parce que ça m'a fait penser à une chanson.

"Eho Eho on rentre du boulot"

- Ça ne serait pas plutôt Gérard Moyeux par hasard

- Si, ça doit être ça, mais avoue que ça ressemble pas mal. Qu'est ce que je dois en faire ? Appeler la police ?

"Par bonheur ils n'en avaient pas"

- Surtout pas, tu risques de gros ennuis et moi aussi. Je connais l'individu, et ce n'est pas un ami à moi si ça peut te rassurer, mais il a des relations dangereuses, à commencer par sa femme.

- Alors je fais quoi ?

- D'abord, tu caches la lettre que je t'ai envoyée.

- Pour ça il n'y a pas de problème, je pense que la lettre elle n'existe plus. Figures-toi que, dans ma précipitation, j'ai tout mis dans la machine à laver.

- Gloups... et alors

"Zorro est arrivé"

- Oui, j'ai dû faire un lavage pour éliminer le sang qui m'a éclaboussé

- Gloups... et alors

"Sans se presser"

- Et bien, quand j'ai tout sorti de la machine, la lettre elle ne ressemblait plus du tout à ce que tu m'as envoyé, il y a plein de mots compliqués qui sont apparus je ne sais pas comment. Qu'est-ce que je fais ?

- Ecoute, là je suis à l'hôpital, et j'en ai encore pour quelques jours.

"Les feuilles mortes se ramassant à la pelle"

- Oui, mais le Royau il va se réveiller

- Ton mari t'a appris à faire les nœœuds de marin je suppose

- Ça oui, il en était fier de ses nœuds mon pauvre Yannick.

"Hisse et haut Santiaaaaano"

- Eh bien, tu attaches le Gérard, tu le mets sur ton tas de charbon à la cave, et tu en prends soin quelques jours. Je t'envoie un ami, un vrai, Robert il s'appelle.

- D'accord, compte sur moi. A bientôt je t'embrasse.

"Le téléphone pleure"

- Robert, ça ne t'ennuie pas d'aller en Bretagne ?

mardi 23 octobre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (15)

Oh ! Oh ! Oh ! Le chouette bel épisode que voilà ! Liaan nous propose une suite qui, loin d'expliquer, d'éclaircir et de simplifier la situation, apporte une nouvelle ouverture intrigante sur fond de complot complexe. Dans quel monde vivons-nous ? Qui sont donc les époux Moyeux ? Qui en veux à l'intégrité physique de Roland ? Qui est le PDG ? Vivement l'épisode seizième !

Mais revenons 48 heures plus tôt au 25 rue Jules Verne, chez les Moyeux après les visites de son frère Robert et de Roland. Colette avait à peine raccroché le téléphone que celui-ci se mit a sonner.

- allo ?

- Madame Moyeux, Colette Moyeux ?

- Oui, c'est moi.

- Pouvez vous vous rendre immédiatement, je dis bien immédiatement au 133 rue du Général De Gaulle ?

- Au 133, la... la Fabrique ?

- Vous avez tout à fait raison...

- Mais..?

- Pas de discussion, venez sur place immédiatement !

Et la communication s'arrêta là. Colette Moyeux, un peu étonnée, se vêtit rapidement, pris les clefs de "sa" voiture, un cadeau de son dernier mari, décédé inopinément voici un an déjà... Lorsqu'elle sorti de l'appartement, elle buta contre le bouquet de roses rouges, pensa rapidement "crétin" pour ce Roland venu la voir pour lui parler de Gérard... Elle descendit rapidement l'escalier sans s'émouvoir autrement de la disparition de son frère Robert, qui n'a laissé de son bref passage qu'un peu de sang sur le tapis...

- Quel comédien ! songea-t-elle.

La Mercedes noire sortit en vrombissant du parking souterrain, manquant de renverser le concierge qui rentrait les poubelles. Elle ne tarda pas à trouver une place de libre en face de l'immeuble de la "Fabrique", un bâtiment impersonnel et moderne sur lequel on lisait la raison sociale : FABRIQUE DE BÉBÉS, ce qui amusait beaucoup tous les mioches des environs. Colette entre dans le hall de réception et se présente à l'hôtesse d'accueil qui l'envoit rapidement au 3ème étage, bureau de la Direction.

- Ah ! Voici Madame Colette Moyeux ! Vous étiez attendue !

Dans le bureau, aussi impersonnel et moderne que l'immeuble, se trouvaient son mari Gérard, portant un tee-shirt dont elle n'aurait pas voulu pour essuyer les roues de sa voiture, deux hommes dont le regard n'avait rien de glorieux, et le "Président-Directeur Général" de la Fabrique. Ce dernier continua :

- Mme Moyeux, votre époux, Gérard, ici présent, et dans quel état, nous a beaucoup déçus ! J'ai connu des personnages d'une incompétence remarquable, mais Gérard peut être fier de lui : son incompétence bat des records. Monsieur s'est laissé à fraterniser avec Roland Verne en se rendant tranquillement au café avec lui...

- Mais, tenta de répliquer Gérard Moyeux...

- Silence ! Incapable ! Je continue l'explication à Madame votre épouse... Gérard Moyeux, non content de son exploit, en réalise un autre : perdre le Papier Bleu ! Papier bleu tombé, mouillé, piétiné, bref disparu !

Colette Moyeux suggéra que ce n'était pas grave, il existait bien une copie ?

- Oui, bien sûr ! Il existait une copie ! Et ces bougres d'ânes bâtés qui se prétendent de fidèles collaborateurs ont détruit cette copie dans le destructeur à papier, pour l'essayer ont-ils expliqué...Ce destructeur venait d'arriver dans le service, et voilà... Le seul papier essayé fut réussi ! Le Président-Directeur Général, lève les bras au ciel tout en s'asseyant dans son fauteuil.

- Je ne suis entouré que de bras cassés, constata-il amèrement.

Colette reprit :

- Que fait-on ?

- Retrouver Roland Verne, qui a pu fuir désormais : il doit se savoir traqué ! Voici ce que vous allez faire :

Et le P-DG d'expliquer au couple Moyeux la marche à suivre.

Le lendemain matin à l'aube, deux hommes frappaient à coups redoublés sur la porte de l'appartement de Roland Verne...



Plus tard, dans la mâtinée, Colette Moyeux, accompagnée de son mari, Gérard, roulait rapidement dans la ville. Arrivés au carrefour de la patte d'oie, Colette hésita et soudain Gérard Moyeux cria presque en montrant du doigt :

- Là ! Verne !

- Impeccable ! Voilà ce qui est se jeter dans la gueule du loup, s'écria Colette.

Maniant le volant avec dextérité, elle se servit du "viseur à piéton" qu'était l'étoile Mercedes sur le haut du radiateur, et faucha l'infortuné Roland Verne.

À la Fabrique, le poste téléphonique particulier de M. le Président-Directeur Général sonna.

- Ah, c'est vous, ... Roland Verne à l'hôpital ? ... Mmm. Bien ! Inconscient ? ... Il délire... Hmm. Parfait, parfait !

mardi 30 octobre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (16)

La mission était périlleuse, la tâche ardue, le défi difficile à relever. Arielle nous propose la suite des aventures incroyables de Roland, Robert, Colette, Gérard et toute la clique !

Robert, bouche ouverte, regarda Roland d'un air éberlué.

- Oui. Ma cousine Gaëlle de Pont-Aven vient d'assommer ton beau-frère.

- Gérard ? Mais que fait-il là-bas ? C'est quoi ce foutu bazar ?

- Si seulement je le savais ! Gérard était chargé de me transmettre les papiers bleus des huissiers. Colette m'a envoyé les flics en m'accusant de t'avoir tué dans l'escalier. Quand j'y pense, c'est louche. Même l'accident, c'est à se demander si… Et Gérard, hein, comment a-t-il su pour l'enveloppe ?

- Colette ? Ma sœur ? Les huissiers ? L'enveloppe ?

- Oui ! Colette ta sœur justement ! Sait-elle quelque chose au sujet du Nautilus ? demanda Roland inquiet.

- Pas que je sache. Enfin je ne pense pas à moins que...

- Messieurs, la visite a assez duré. Ce n'est pas raisonnable, dit l'infirmière rousse d'une voix douce mais ferme. D'autant plus qu'une autre personne a demandé à vous voir prétextant que c'était urgent et important et donc...

- Qui est-ce ? demanda, soupçonneux, Roland en se relevant.

- Il se prétend huissier.

Roland s'affaissa, le teint blafard, sur son oreiller. Robert ne cessait de répéter «c'est quoi ce foutu bazar». L'infirmière s'approcha de Roland. Il lui saisit le poignet et lui demanda :

- C'est quoi votre prénom ?

- Alice...

- Alice, il faut absolument nous aider. C'est une question de vie ou de mort. Il faut nous sortir de là.

- Mais vous n'y pensez pas, pas dans votre état !

Roland lui serra plus fort le poignet et planta son regard dans le sien.

- Croyez-moi c'est important ! Eloignez cet homme, il est dangereux ! Sans vous nous sommes cuits !

Huissier. Colette. Faux huissier ? Accident. Nautilus. Tableau. Gérard. Pont-Aven. C'est quoi ce foutu bazar ! C'est quoi ce foutu bazar ! Trop de coïncidences pensait Robert qui intervint :

- Alice, euh mademoiselle, pardon, dit-il en rougissant. M. Verne a raison, ce serait trop long à vous expliquer mais il faut nous sortir de là.

Alice dégagea son bras et d'un geste machinal releva une de ses boucles rousses tout en réfléchissant. Par déontologie, elle aurait dû alerter le médecin de garde mais elle ne l'avait pas fait. Roland et tout cette affaire l'intriguaient. Elle avait bien envie de l'aider. Elle sentait bien qu'elle allait au devant des ennuis. Oui mais après tout, c'était peut-être le moment ou jamais, l'opportunité de tout envoyer valdinguer. Elle avait beaucoup donné en s'oubliant elle-même. Elle ne savait plus trop quoi penser, que faire.

- Je vais lui dire que votre état s'est aggravé, dit-elle. Au fait, j'y pense, une dame a téléphoné pour prendre de vos nouvelles en refusant de dire son nom.

Roland et Robert échangèrent un regard.

- Et si nous n'étions pas les seuls sur la piste du Nautilus dit Robert pensif.

- Voilà c'est fait dit la rousse Alice en ouvrant la porte. Je lui ai dit de repasser demain. Il a insisté mais j'ai tenu bon.

- Vous pouvez compter là-dessus répondit Roland, même avant tiens donc ! Qui vous dit qu'il ne s'est pas juste éloigné ? Demain, vous me retrouverez réduit à l'état de macchabée oui!

- Mais ce serait fou de partir dans votre état M. Verne, dit-elle, de nouveau rattrapée par ses scrupules, je ne peux pas vous laisser faire... Pourquoi ne pas appeler la police ?

- Ah non pas la police! s'écrièrent en cœur les deux hommes.

- Bien dit Alice... soit ! Et pourquoi pas après tout. J'ai une idée. Je reviens.

- Tu crois que nous pouvons lui faire confiance, dit Robert et si elle est partie prévenir quelqu'un ?

- Nous le saurons bien assez tôt. Je t'ai connu moins rabat-joie hein mon pote. De toutes les façons, nous n'avons pas le choix !

Sa décision prise, Alice échafauda avec pragmatisme «un plan d'évasion». Elle se mit à sourire. Enfin il se passait quelque chose. Elle se sentait tout excitée. Elle était bien décidée à aller jusqu'au bout de l'aventure. Digne personnage échappé d'un bon thriller. Moteur, on tourne !

Dix bonnes minutes s'écoulèrent. Robert faisait les cent pas. Roland aurait donné n'importe quoi pour un clope et un bon café. La porte s'ouvrit.

- Passez-ça, dit Alice énergiquement, en collant un uniforme blanc dans les bras de Robert qui s'exécuta. Elle ouvrit la porte en grand et fit passer le brancard dans la chambre.

C'est ainsi que le trio fit son entrée dans le parking du premier sous-sol - celui réservé aux ambulances. Elle sortit un trousseau de clés de sa poche et avisa un véhicule de la marque aux chevrons. Roland fut installé à l'arrière sur son brancard.

- Robert ? C'est bien Robert votre prénom ? dit-elle en lui tendant les clés. Allez, à vous l'honneur. Je monte à l'arrière pour prendre soin de Roland. Au diable les "monsieur-mademoiselle" place aux Jules et aux Jims ! Plan-séquence sur une ambulance qui file dans la nuit.

Ils se retrouvèrent à la sortie donnant sur le boulevard de l'Odyssée. Robert regarda d'un côté puis de l'autre, passa la première puis la seconde, accéléra. L'ambulance atteignit le carrefour dans un vrombissement de moteur. Il ralentit, s'engagea dans le rond-point, donna un coup de volant sur la droite. Les pneus crissèrent. L'ambulance prit la direction de la sortie de la ville à vive allure.

- Eh, oh! Nous avons quelques heures avant que l'hôpital découvre la disparition de l'ambulance, inutile de prendre le risque de se faire arrêter ou de nous envoyer dans le décor, dit Alice. Mais, au fait, où va-t-on ?

- Direction Pont-Aven et ne vous faites pas de souci, Robert est un excellent conducteur répondit Roland calé sur son brancard. Bien meilleur que moi ! Je n'ai jamais passé mon permis. On en a de la chance, hein Robert, que je ne sois pas en état de conduire dit-il goguenard. En attendant qu'est-ce que je ne donnerais pas pour un bon café !

Ni une, ni deux, une Alice magicienne sortit d'un sac le thermos qu'elle avait pris soin de remplir dans la salle de repos et tendit, avec son joli sourire mutin, un gobelet à Roland qui se sentit revivre.

Pont-Aven, six heures de route. Si tout allait bien. Ils seraient là-bas pour les douze coups de minuit. La nuit commençait à tomber et la pluie se mettait de la partie. Déjà qu'entre chien et loup la visibilité laisse à désirer, avec la pluie c'était le pompon ! Il décida à contre-cœur de ralentir. Ils roulaient depuis une heure et demi. Roland s'était assoupi, exténué par toutes ces péripéties et Alice se relaxait en silence. Il lui était reconnaissant de ne pas l'abreuver de questions et de le laisser se concentrer sur la conduite et sur ses pensées. Ah conduire ! Tante Etzelle avait raison. Ils avaient tous une marotte dans cette famille. Lui, ce n'était ni le tricot, ni la peinture à l'huile mais les vieux tacots. Il avait même eu la chance de pouvoir participer, de par le monde, à plusieurs croisières automobiles. Héritages de la fameuse croisière jaune. A présent, il n'en avait plus les moyens et mettre la main sur le Nautilus, c'était l'assurance de pouvoir remonter un projet de croisière.

Il se demandait bien ce que Colette et Gérard venaient faire dans cette histoire. Colette dénonçant Roland. Gérard chez la cousine Gaëlle. On ne pouvait plus parler de hasard. Il se souvient. Colette lui avait téléphoné lors de sa convalescence chez tante Etzelle et il lui avait vaguement dit avoir été à la recherche de vieux papiers ayant appartenu au grand oncle. Colette, toujours insatisfaite. Traitant Gérard, qui n'était pas un mauvais bougre, comme un moins que rien, exactement comme elle avait traité les précédents. Colette que l'argent ne laisse pas indifférent. Que savait-elle ?

Alice sortit Robert de sa réflexion et se pencha vers lui. Son profil se dessinait dans le rétroviseur. Il pouvait sentir son parfum. Elle avait ôté sa coiffe et rendu leur liberté à ses boucles rousses. Il l'a trouvée jolie, pas d'une beauté parfaite, non, ce n'était pas cela. Elle avait du chien comme on dit. Elle l'intimidait. Mais face à l'assurance de Roland, lui et sa timidité n'avaient aucune chance. Pour le tour de manège avec la belle Alice, ce n'était pas demain la veille.

- Il y a une voiture derrière nous depuis un bon moment dit-elle. Gyrophare éteint mais gyrophare quand même.

Il décida d'en avoir le cœur net. Avec ce temps, pas question d'accélérer. Il ralentit. Le gyrophare fit de même. Il passa à la vitesse supérieure sans exagérer son allure. Il avisa un poste à essence - c'est ce qu'il lui fallait - il donna un coup de volant et s'engagea dans l'allée. Le gyrophare continua son chemin.

- Que se passe-t-il ? dit Roland réveillé en sursaut.

- Rien, dit Robert. On a cru être suivi. Par prudence, on va s'arrêter un moment. Je vais me dégourdir les jambes.

- Achète-moi des clopes je n'en ai plus s'il te plaît.

- Inutile, j'ai ce qu'il faut dit Alice qui alluma deux cigarettes et en tendit une à Roland. Leurs yeux échangèrent un sourire complice.

Robert s'approcha de l'enseigne qui diffusait une pâle lumière jaune dans la brume qui avait succédé à la pluie. Il se dirigea vers les toilettes, fit ce qu'il avait à faire, se lava les mains et en sortant il s' enquit auprès du veilleur de nuit, vêtu d'une combinaison crasseuse, s'il pouvait acheter à manger. Dans l'automate répondit l'homme en bâillant.

- C'est vous l'ambulance ? dit l'homme. Histoire de dire.

- Oui, répondit Robert. Pas besoin d'essence juste une pause. La route est longue.

- C'est grave ? Vous allez loin ? dit l'homme machinalement.

- Non, non rien de grave. Nous transportons le malade à P... à Paimpol dit Robert en se ravisant, méfiant.

- Bonne route dit alors l'homme en lui rendant la monnaie dans un énième bâillement tout en se grattant l'intérieur de l'oreille.

Il y avait longtemps qu'il n'éprouvait plus que de l'ennui à veiller. Il regrettait l'époque où la station faisait encore office de snack-bar. L'ambiance conviviale et enfumée. Le bruit des conversations hautes en couleur. Tout le monde se connaissait, s'apostrophait, échangeait des nouvelles. A présent, avec leurs maudites autoroutes presque plus aucun routier n'empruntait la nationale. Tout foutait le camp, la bonne humeur avec.

Robert revint vers l'ambulance et distribua sandwiches et boissons. Ils se restaurèrent. Roland sortit son portable et téléphona à Gaëlle pour l'informer brièvement de leur arrivée tardive, ce jour même.

L'équipage reprit la route.

L'homme sortit de l'hôpital et décida de se rendre directement à la Fabrique plutôt que de passer un coup de fil. Il savait que le patron n'allait pas être content mais c'était trop risqué. Il valait mieux revenir plus tard dans la nuit.

Robert négocia le tournant un peu trop vite. La rousse Alice poussa un cri. Le café de la thermos coulait chaudement le long de ses jambes. Enfin, elle se retrouva projetée contre Roland qui lui s'accrocha à elle comme il put. C'est le genre de méli-mélo qu'il aurait appelé de tous ses vœux dans d'autres circonstances mais là ! Calmos Roland. Calmos. Ressaisis-toi ! Bon sang c'est pas le moment.

- Robert ! tu déconnes ou quoi, s'écria-t-il.

En abordant la ligne droite, l'ambulance se trouva pris au piège de deux puissants phares aveuglants.

mardi 6 novembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (17)

Au terme de l'épisode précédent, Roland et Robert s'enfuient de l'hôpital aidés dans leur entreprise par Alice, la jolie infirmière rousse. L'ambulance qu'ils ont empruntée roule à vive allure lorsque, dans une ligne droite, de puissants phares apparaissent dans la nuit. Le suspense est à son comble et c'est Sax/Cat qui prend la suite des opérations.

Gaëlle raccroche.

Dans quel pétrin s'est encore fourré Roland ?
Le charbon, la corde, tout un passé lui revient instantanément en mémoire.
C'était bien avant qu'elle ne se mette à chantonner, avant que Yannick ne disparaisse en mer.
Tous ces allemands qui ont fait un court séjour dans la cave à charbon avant que "le réseau" ne vienne en prendre livraison.

"Ami entends-tu"
(Elle est toute surprise de chantonner comme ça, et décide que pour ce soir c'est fini.)

Les sorties nocturnes sur le bateau de Yannick pour récupérer des caisses d'armes et de munitions, et des anglais.
Mitraillettes, mitrailleuses, revolver, pistolet, elle mélangeait un peu tout. Mais le Lüger de Gérard, elle l'avait reconnu instantanement. Et elle avait vu aussi vite qu'il n'était pas chargé.
Et c'est avec un Lüger déchargé qu'il comptait lui faire peur, à elle, Gaëlle, qui n'avait pas son pareil pour assommer les allemands d'une simple gifle bien placée.

Attacher Gérard est un jeu d'enfant, la bonne vieille technique de la corde autour du cou attachée aux poignets dans le dos, il ne pourra rien faire en se réveilant.
Le descendre à la cave n'est pas beaucoup plus difficile. Certes elle n'est plus aussi agile qu'à 20 ans, mais Gérard n'est qu'un gringalet.

Le téléphone sonne de nouveau, c'est Roland qui lui dit qu'il arrive en voiture. Il est donc sorti de l'hôpital, il faudrait savoir, ça l'inquiète un peu.
Elle prend le Lüger, et va le ranger dans la remise, avec les restes du dernier chargement reçu le 5 Juin 44, mais que le réseau n'est jamais venu chercher.

Encore un coup de nostalgie en pénétrant dans la remise.
Toutes ces armes qui attendent, parfaitement entretenues. Elle avait bien pensé les remettre à la police, mais elle n'avait pas envie de se perdre en explications.
Personne dans le village ne sait et ne saura jamais qu'elle était l'une des figures les plus importantes du réseau en Bretagne. Et le vieil émetteur-récepteur.
Sans savoir pourquoi, elle l'allume, attend qu'il chauffe, et le règle d'instinct sur la fréquence du QG.
Bien sûr, la rue du QG a été renommée depuis, et bien sûr elle est devenue "Rue du Général De Gaulle". A cette pensée, elle crache par terre.
Pfff ce De Gaulle, il est venu une fois chez elle, c'était en 43, parce que son voisin Loïc venait d'être liquidé par son réseau à lui, et il n'avait même pas deviné qu'elle servait de base arrière au réseau.
Normal, elle c'était les FTP.

Et après tout ce temps, la radio marche toujours, et elle crachouille des mots qu'elle croyait ne plus réentendre.
"QG à toutes les unités. Attention, le pigeon est sorti de sa cage, et tout laisse à penser qu'il se rend à Pont-Aven."
"Regroupement général au point 123"
"QG à toutes les unités. Attention, le pigeon est sorti de sa cage ..."

Presque mot pour mot ce qu'elle a entendu cette nuit où le réseau à laissé échapper cet officier, et qu'il est venu directement chercher refuge chez elle, le pauvre niais.

Elle n'a aucun doute, le pigeon c'est Roland, elle doit agir. Il n'y a pas des dizaines de routes pour arriver, elle va essayer de le rejoindre avant les autres.

Ce Gérard, il n'est sûrement pas venu à pied.
Elle va le fouiller, il n'est pas encore réveillé.
Gagné, un trousseau de clés, avec une grosse clé de Mercedes.

Gaëlle n'a pas le permis, ce qui ne l'a pas empêchée de conduire des jeeps et des camions, alors une Mercedes elle devrait s'en sortir.

Elle prend 3 Lüger, celui de Gérard et deux autres des fois que la situation s'aggrave, et quelques chargeurs.
La Mercedes est garée juste devant chez elle.
Elle n'a aucun mal à la faire démarrer.
Elle prend la route.
La nuit tombe, elle a du mal à trouver la commande des phares, et une fois qu'elle est en plein phares elle n'arrive pas à revenir en feux de croisement. Ce n'est pas grave.
Elle roule bien, 110/120, la Mercedes avale les kilomètres.
Elle n'a même pas peur de se faire arrêter, elle est revenue en 1942, elle n'a plus peur de rien.
Juste au moment où elle remarque qu'elle n'a croisé presque personne depuis qu'elle est partie, 2 heures avant, une ambulance arrive pile en face d'elle.
Hôpital, ambulance, elle fait le rapprochement tout de suite, c'est sûrement Roland.
Elle se met sur le bas-côté et saute de la voiture en laissant les phares allumés, il ne peut que la voir.
L'ambulance s'arrête et un homme en descend. Elle connaît ses classiques.

- Monsieur Robert, I presume

mardi 13 novembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (18)

Roland, Robert et Alice, la belle rousse d'infirmière filent à bord d'une ambulance volée vers Pont-Aven pour aller à la rencontre de Gaëlle, l'excentrique tante. Quand tout d'un coup soudainement, des phares apparaissent dans la nuit !

On attendait Grouchy, ce fut Blücher.

En matière de Robert, c’était Colette qui faisait face à Gaëlle. Colette et un homme à la mine renfrognée et au poing armé d’un pistolet automatique de fort calibre.

- Robert est dans l’ambulance. Vous allez le rejoindre gentiment, déclara Colette.

- Qui c’est que vous êtes, vous ? questionna Gaëlle.

- Je suis l’épouse de Gérard. Nous allons chercher Gérard ensemble, bien gentiment. Vous allez nous guider. Marcel nous suivra avec la Mercedes.

Colette sortit une ravissante petite arme à crosse nacrée de son sac afin d’aider Gaëlle à obéir. Gaëlle estima qu’elle avait fait une boulette en ne prenant pas l’un ou l’autre des Lüger avec elle en sortant de la berline allemande. Elle se mordit un peu la lèvre inférieure. Elle n’avait pas du tout envie de chanter.

Après que l’on lui avait passé des menottes aux poignets, on la fit monter à l’avant de l’ambulance, à la place centrale. Colette prit place à son tour sur la banquette et dit à l’homme qui tenait le volant de prendre la route de Pont-Aven. La Mercedes avait fait demi-tour et suivait.

Comprenant que cela ne conduirait à rien, Gaëlle ne chercha pas à donner de mauvaises instructions. Elle indiquait la route de sa maison la mort dans l’âme et en tentant vainement de se concentrer sur un plan B. Elle avait comme un brouillard poisseux dans la tête et les idées s’engluaient dans une mélasse embrouillée.

Le convoi arriva rapidement devant la maison de Gaëlle. On fit sortir Roland, Robert et Alice de l’arrière et tout ce petit monde pénétra dans la cuisine. On questionna Gaëlle qui indiqua la porte qui menait à la cave. Quelques minutes plus tard, Gérard, le visage tuméfié, apparut. Il lançait un œil mauvais à sa tortionnaire et dut subir l’engueulade de sa femme qui le traita à tour de rôle d’incapable, de gros nul et d’âne bâté. Les épaules affaissée et la tête basse, il prenait l’air le plus honteux dont il était capable et, une fois l’orage passé, tenta une question.

- Et maintenant, on fait quoi ?

Cela lui valut une nouvelle bordée d’injures et de reproches. Puis, comme si elle avait fini de vider son sac, Colette attrapa une chaise et s’assit. Elle resta silencieuse quelques minutes avant de faire le point de la situation à voix haute, comme si elle se parlait à elle-même. Où en étions-nous ? Cet incapable de Gérard était libéré mais le papier bleu n’existait plus, les documents de Roland étaient détruits et il y avait quatre témoins à faire taire. Un échec total, sur toute la ligne. Un fiasco de toute splendeur. Le bide qui n’allait certainement pas rester sans conséquence. Les trois hommes de main de l’organisation secrète étaient debout, chacun surveillant l’une des issues de la cuisine. Roland était allongé par terre, Alice et Robert étaient menottés au radiateur. Gaëlle, elle, n’avait toujours pas envie de pousser la chansonnette. Probablement en raison de son âge, plus certainement encore à cause de l’amateurisme des membres de la Fabrique, on n’avait pas pris soin de trop s’occuper d’elle. On la surveillait du coin de l’œil comme on surveille le lait dans sa casserole mais on ne semblait pas la considérer comme réellement dangereuse. Pour tout dire, on la sous-estimait beaucoup.

- Quelqu’un veut du thé ? tonitrua Gaëlle

Tous les regards se tournèrent vers elle. Comment s’était-elle libérée de la chaise où elle était menottée ? Les regards bifurquèrent alors vers la chaise où pendait la paire de menottes. Sous l’effet de la surprise, les mâchoires pendirent et les yeux s’exorbitèrent. Elle avait déjà une casserole à la main lorsque Colette commença à beugler comme quoi il fallait l’attraper, la menotter, la capturer, l’empêcher de nuire, la soumettre, l’abattre, la contraindre et toutes ces choses peu aimables.

L’un des hommes, le plus vif et le plus proche de Gaëlle s’élança l’arme au poing et fut accueilli par un bon coup de casserole à l’occiput tandis que, d’un pied vigoureux, Roland faisait trébucher le deuxième malfaisant qui s’éclata le nez et le maxillaire inférieur sur le carrelage. Il y eut comme un flottement dans les troupes. Colette et Gérard décidèrent d’agir en même temps et ils n’auraient pas dû. Dans son élan, Gérard culbuta Colette qui tomba la tête la première sur le coin de la table avant de décider de tomber dans les vapes. Gérard, lui, mal remis des sévices causés par Gaëlle, dérapa et s’affala au sol en se démettant l’omoplate gauche en poussant un poignant cri de douleur qui n’avait rien de feint, du moins en apparence. Il restait le troisième homme qui eut le temps de tirer un coup de feu juste au moment où Gaëlle avait décidé de lui faire parvenir la lourde casserole en pleine face. La balle se perdit dans la bouteille de gaz butane qui se trouvait à côté de la cuisinière et qui prit sur elle d’exploser, mettant un terme à l’algarade dans quelque chose qui ressemblerait beaucoup à un ‘’deus ex machina’’ facile et improbable s’il n’était pas un strict reflet de la vraie vérité bien réelle dans la réalité la plus absolue.

Couverts de débris de plâtre et de poussière indéterminée, Gaëlle, Roland, Robert et Alice n’en revenaient pas. Ils avaient tous les oreilles qui bourdonnaient, quelques écorchures, plaies et bosses mais ils étaient bien vivants. On ne pouvait pas en dire autant des membres du camp d’en face ! Colette et Gérard Moyeux respiraient encore mais les trois hommes dont le lecteur ne saura jamais rien de plus avaient fait veuves et orphelins pour peu qu’ils avaient été mariés et pères. Il y en avait même un qui n’était plus en un seul morceau. Déchiqueté, il était. Et ses morceaux étaient dispersés dans toute la cuisine et ce n’était pas beau à voir.

Gaëlle se baissa pour ramasser sa casserole cabossée et s’excusa qu’en raison de la panne de gaz consécutive à l’explosion de la bouteille, elle n’allait pas pouvoir faire chauffer de l’eau pour le thé.

- Quelqu’un voudrait un verre de chouchen, risqua-t-elle ?

On trouva les clés des menottes dans les poches des victimes défuntes et on libéra Alice, Robert et Roland.

- Eh beh ! dis Robert

- Incroyable, continua Alice

- Putain ! conclut Roland.

Gaëlle avait le sourire. Elle était un peu peiné pour sa cuisine qui était toute à refaire mais, dans l’ensemble, elle était plutôt satisfaite. Elle rajeunissait de soixante ans d’un coup. Si les acouphènes ne la perturbaient pas sur l’instant, elle se serait peut-être mise à chanter quelque chose.

- Et on fait quoi ? demanda Robert en se massant les poignets ?

- Il faudrait aller acheter une bouteille de gaz, proposa Gaëlle.

- Il faudrait appeler les flics, estima Roland

- Il faudrait surtout passer les menottes à Colette et à Gérard. Ils ont l’air de se réveiller.

Robert s’exécuta sous la surveillance bienveillante de Gaëlle qui veillait au grain la queue de casserole bien en main. Pendant ce temps, Alice ramassa les armes dispersées dans la pièce et les posa à côté de Roland. Alors, reprenant son rôle d’infirmière, elle s’occupa de Roland, le redressant en lui plaçant un coussin dans le dos, avant de nettoyer les plaies de Colette et Gérard. Gaëlle lui avait donné tout le contenu de sa pharmacie, une bouteille bien entamée d’alcool à 90°, une boîte vide de pansements et un tube d’aspirine périmée de longue date. Alice alla chercher ce dont elle avait besoin dans l’ambulance et en profita pour s’assurer que tout était calme dans la nuit de Pont-Aven. Dans la nuit, au loin, un chien aboyait. Mis à part cela tout semblait bien endormi. Elle revint avec une trousse de premier secours et pansa les blessures des fâcheux époux Moyeux qui reprenaient leurs esprits.

- Crétin ! lâcha Colette à l’intention d’un Gérard tout penaud.

- J’ai pas fait exprès, plaida ce dernier.

- Tu n’as que ça à dire pour ta défense ? Si on s’en sort, je ne donne pas cher de tes os, abruti ! Ma mère avait bien raison. Un imbécile, un sombre incapable, un débile profond !

- Mais Colette ! J’ai pas fait exprès, je t’assure !

- Tais-toi. S’il te plaît, tais-toi !

- Taisez-vous tous les deux, trancha Robert. On va discuter un peu.

- Si on se tait, on ne discutera pas beaucoup, rétorqua Gérard, non sans raison et humour.

Gaëlle donna un bon coup de casserole sur la tête de Gérard.

- Aïe ! Mais elle est folle celle là ! Ça fait mal, merde !

- Ta gueule, Gérard, éructa Robert en lui donnant une baffe.

- Aïe ! Mais j’en ai marre, moi !

-Quelqu’un veut du thé ? Demanda Gaëlle. Il faudrait aller chercher du gaz.

- Il fait nuit, Gaëlle, tenta de la calmer Alice. On ira demain matin. Il est tard, Gaëlle. Vous devriez aller vous coucher et reprendre des formes.

- Je suis en pleine forme, moi ! Et puis, j’ai pas sommeil. Ça me fait penser à quand j’attendais mon Yannick. Ah ! Mon Yannick ! Il aimait quand je lui chantais des chansons. « Je t’attendrai à la porte du garage... Boum ! Quand votre cœur fait boum ! ». Il aimait bien Trénet. Et pas que dans les bars, qu’il ajoutait toujours.

Sans raison particulière, elle leva la casserole et l’abattit sur la tête de Gérard qui se plaignit du sort qu’on lui faisait subir.

Robert avait remis une chaise sur ses pieds et s’était assis à l’envers sur elle, reposant ses avant bras sur le dossier et fixant le couple Moyeux dans les yeux.

- Bon. Finie la comédie. On va causer. Vous allez nous dire tout ce que vous savez. On décidera après de votre avenir. D’abord, une première question à toi, Colette. Comment as-tu pu me faire ça à moi, ton frère ? Dans quelle coupable organisation baignes-tu ? Que cherches-tu ? Que sont devenus tes maris ?

- Je ne dirai rien, crâna Colette en esquissant un sourire tuméfié et partiellement édenté.

Boum ! La casserole venait d’opérer, sur le crâne de Colette, cette fois-ci.

- Bien fait, jubila Gérard.

Et boum de nouveau, sur la tête de Gérard, cette fois.

- Aïe !

- Colette, tu vas parler, je te l’assure. Nous avons tout notre temps, nous sommes armés et Gaëlle a des arguments choc.

- Je ne sais rien de rien à tout cela, tenta Gérard, lâchement.

- Lâche, grinça Colette à son égard. Bien sûr que tu ne sais rien ! Tu ne penses pas que l’on allait dévoiler le fond de cette opération à un Charlot dans ton genre, pauvre mec !

- Ah ! Vous voyez ! Je ne sais rien. Laissez-moi m’en aller. Je ne dirai rien. C’est elle la coupable ! Rien qu’elle !

Une sonnerie de téléphone se fit entendre. Une sonnerie de portable. Robert lança un regard interrogateur vers Alice qui en fit de même à l’endroit de Roland qui en jeta un vers Gérard qui dit :

- C’est le téléphone à Colette...

Alice chercha dans les poches de Colette, elle trouva le téléphone, appuya sur la touche pour accepter l’appel.

- Allo ? Colette ? L’affaire est réglée ?

mardi 20 novembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (19)

Alice, la rousse infirmière, Robert et Roland roulent vers Gaëlle. Coup de théâtre, ils sont interceptés. Coup de théâtre encore, ils se libèrent. Le téléphone sonne à la fin du précédent épisode et c'est Liaan qui nous dévoile la suite.

Alice répondit.

- Mmh.

- Colette ?

- ...

- Vous n'êtes pas Colette ! Qui que vous soyez, ne faites pas les malins.

Cloc !

Alice se tourna vers les présents et demanda à Colette :

- Je sais que c'était votre Organisation, peut-être même votre Patron !

Colette, tenta de cracher sur les chaussures d'Alice mais le gong tenu par Gaëlle mit fin à la tentative.

- Et je parie qu'il y avait un code de reconnaissance, une phrase à répondre...

Colette ne confirma pas, elle était repartie dans le cirage.

Roland, blessé rappelons-le, commençait a trouver le temps long et regrettait son lit d'hôpital où il était bien au chaud, avec vers six heures, la prise de tension et celle de la température, son voisin bien calme, sans doute bourré de sédatifs... Mais au fait, ce voisin ? Il était arrivé peu de temps après qu'il eut émergé du coltar où l'avait plongé cet "accident". Qui était-il d'ailleurs ? Roland essaya de se le remémorer ce voisin... Son aspect physique : un visage poupin sous des cheveux en brosse, jeune, 25 à 26 ans, Il venait visiblement du bloc opératoire et était endormi lors de l'arrivée de son lit dans la chambre, poussé par deux robustes infirmiers qui dirent à Roland :

-Voilà un compagnon de douleurs, qui ne vous embêtera pas pour le moment...

Un goutte-à-goutte dans son bras gauche, le patient n'avait aucune réaction. Lorsque la décision de partir de l'hôpital avec Robert, et l'infirmière rousse... comment s'appelle-t-elle ? Claire, Sophie ? Impossible de m'en souvenir... Roland commençait à rêvasser, les yeux mi-clos et Alice s'en inquiéta.

- Roland Verne ? Vous m'entendez Roland Verne ? Ouh, ouh ?...

Alice prit sa main et la tapota doucement :

- Alice vous parle, Roland !

Sorti de sa torpeur, Roland s'écria presque :

- oui ! Alice, voilà, c'est Alice !

- À la bonne heure ! Roland revient parmi nous !

- Écartez vous, vous-autres, demanda doucement Alice à cousine Gaëlle et Robert :

- Roland nous a fait un petit malaise, ce n'est rien mais il faudrait l'allonger et veiller à ce qu'il ne prenne pas trop froid.

Roland ne protesta pas et se retrouva allongé dans un lit douillet. Sa cousine, son infirmière et son copain se retrouvèrent dans la salle à moitié effondrée...

- Bon, ce téléphone ? On peut le faire parler ou pas ?

Cousine Gaëlle répondit que non, qu'elle était plus à même de ne se servir que d'un poste émetteur-récepteur radio...

- Moi, les nouvelles technologies...

- en plus, cette Colette a dû sécuriser son contenu, ...et sans code...lança Alice.

- L'émetteur-récepteur ! Mais voilà le moyen, non pas de faire causer ce téléphone, mais de pouvoir joindre le Q.G. Le Q.G., c'est ainsi que vous l'avez nommé tantôt, Madame Gaëlle ? demanda Robert.

- Oui, c'est ainsi qu'il se nomme, toujours, c'est étrange d'ailleurs, après tant d'années : la voix d'un Q.G. demandait à toutes les unités...

- Ce qui peut vouloir dire que nos trois lascars défunctés ne peuvent être qu'une unité, ou pas. Combien de personnes sont ainsi à nos basques ? Demanda Robert. Et il ajouta :

- au fait, ces macchabs ? On en fait quoi, et la famille Tartemolle, j'veux dire les Moyeux ? Bon, en attendant, allons voir cet émetteur-récepteur qui voyage dans le temps...

Alice et Robert suivirent Gaëlle vers la remise. Éclairée d'une pauvre lumière, Alice remarqua dans la pénombre une Jeep, une vraie fit remarquer Robert, en connaisseur...

- Pas une type M201 produite sous licence après guerre par Hotchkiss, une vraie ! C'est même une Ford.

Alice fut étonnée par les connaissances de Robert, le passionné de véhicules anciens.

- Comment se fait-il que cette Jeep, qui a participé au débarquement soit là, Madame Gaëlle ?

Gaëlle jeta un œil distrait sur l'auto et répondit évasivement :

- Un souvenir de plus... Ah, voici le poste de radio !

Et elle l'allume... Le récepteur-émetteur se mit doucement à chauffer, et émit quelque crachotement, et le trio entendit une voix qui venait de l'extérieur :

- Madame Labornez Gaëlle, vous êtes là ?

- Dans le hangar, j'arrive !

Gaëlle sortit et trouva deux gendarmes dont le plus grand demanda :

- Nous nous inquiétions, vous n'avez pas d'ennuis ? Rapport à un témoin qui...

- Le boulanger ! coupa sèchement Gaëlle.

- Je ne peux rien vous cacher, Labornez. Bref, il nous a appelés pour nous dire qu'il y avait eu comme un gros "Boum !" par chez vous, enfin de votre côté. Et en arrivant à votre domicile, nous trouvâmes deux véhicules automobiles civils, dont une ambulance... Pour quelqu'un qui n'a pas son permis de conduire, avouez que cela est suspicieux, on a du flair, nous autres !

- Ce n'est rien, le "Boum", c'était une porte claquée. Les voitures, c'est la famille qui est venue me rendre une petite visite...

À ce moment, Alice et Robert, vêtus de leurs effets d'infirmier apparurent.

- Voici l'ambulance, désignant les nouveaux arrivés, et la voiture noire est celle de mon cousin Roland Verne, qui se repose, car il a fait une longue route.

- Madame, Monsieur. Saluèrent les deux gendarme en rectifiant leur position.

- Si vous me dîtes qu'il n'y a rien d'extraordinaire à votre domicile, nous vous laissons, Madame Labornez !

- Je suis désolée de ne pas vous offrir un café, je suis tombée en panne de gaz...

- Merci, mais nous avons à faire par ailleurs, merci et au revoir Madame Labornez...

Les gendarmes repartis dans leur Renault 4, Robert demanda à Gaëlle :

- Votre nom de famille, c"est Labornez ? J'ai déjà entendu, ou lu ce nom là quelque part...

- Cherchez pas trop, c'est le nom de famille de Bécassine, qu'est-ce que j'ai pu l'entendre ce prénom dans ma chienne de vie, surtout à l'école, les enfants sont méchants... Ça me mettait dans une colère noire et c'est peut-être pour ça que je suis rentré dans les FTP...

Au moment où le trio rentrait dans la remise, la radio se fit entendre :

- Q.G. à toutes les unités... Q.G. à toutes les unités...

mardi 27 novembre 2012

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (20)

C'est avec un grand plaisir que nous laissons la plume à nono pour la suite de ce feuilleton qui passionne déjà au bas mot une dizaine de personnes tout autour de la planète et particulièrement en France.

Une ombre surgit de derrière la Jeep, sa main gantée de noir s’approchât du poste émetteur et en arrachât brutalement mais avec assurance l’alimentation, ce qui eut pour effet immédiat de faire le silence. À ce moment le trio pénétra dans la remise.

- C’est curieux, j’aurais juré que la radio fonctionnait, dit la cousine.

- Apparemment, elle semble en veille, dit Alice qui visiblement n’y connaissait pas grand-chose.

- Attendons ici que l’on nous appelle, j’aime bien cette ambiance de garage, un vrai rêve de collectionneur, dit Robert.

- Ouais, ça caille dans cette remise coupa Gaëlle, allons boire un café.

- Je croyais que tu n’avais plus de gaz !

- Bah, il faut avoir des réserves à la campagne, mais puisque tu parles, attrape la bouteille bleue là, derrière, et installe-la !

Gaëlle, quittant la remise, grommela.

- Vous ne croyez tout de même pas, que je vais offrir du café aux pandores, non mais des fois !

La cuisine dévastée, n’était pas bien accueillante, et Robert se débattait avec le détendeur.

- Mais ça veut pas rentrer ce foutu machin, non rien à faire c’est foutu !

- Visse-le à l’ envers ! rétorqua sèchement Gaëlle.

Dans le même temps, l’ombre gantée de noir furtivement, s’affairait toujours dans la remise avant de disparaître.

Bon récapitulons dit Gaëlle, Roland va mieux mais il n’est pas prêt à courir le marathon, vous avez des colis encombrants avec vous, et va falloir trouver vite une solution. Ce qui m’ennuie c’est que les poulets tournent autour de la maison et croyez-moi, c’est pas bon signe…

- Demain on lève le camp, ponctua Robert.

- Je ne suis pas d’accord répondit l’infirmière, ce n’est pas raisonnable !

- Pas raisonnable mais plus sûr, répliqua Gaëlle. Je ne peux pas vous accompagner à cause des gendarmes qui se méfient déjà de quelque chose, mais vous n’aurez pas de mal à trouver la cabane du bûcheron, c’est en pleine forêt et personne ne connaît plus son existence et vous y serez bien, le temps de vous remettre avant de passer de l’autre côté, mais faudra vous y rendre à pied et avant la levée du jour, voici l’emplacement sur la carte, vous ne pouvez pas vous perdre, attendez quelques jours, une fois de l’autre côté, rendez vous à la sacristie du village, le curé est un ami il vous aidera.

- De l’autre coté de quoi et quel village ? s’alarmait Robert.

- Ne posez pas de questions, vous le verrez le moment venu, rétorqua Gaëlle.

- La nuit sera courte dit Robert.

- Allez, c’est la fin de vos problèmes, je me chargerai de faire disparaître les véhicules.

- Merci pour tout dit Alice, nous n’avons guère le choix.

La main gantée de noir actionna le heurtoir de l’entrée avec une violence inaccoutumée.

- Cachez-vous, dit Gaëlle, allez vite dans la chambre de Roland et préparez-vous à fuir, on se sait jamais.

Le trio se réfugia précipitamment dans la chambre.

- Qu’esss qui a-t-il ? Soupira Roland un peu dans les vapes.

- Rien, on décampe à l’aube, on passe la frontière, enfin… de l’autre côté et nos ennuis sont finis, dit Robert qui préférait abréger les explications. De toutes façons Roland n’était pas en état de comprendre.

- Chut écoutez ! dit Alice.

La voix assourdie par l’épaisseur des murs était néanmoins audible.

- Sarah Connors ? dit la voix, sèchement.

Gaëlle, qui avait vu le film et qui pensait aussitôt à la plaisanterie d’un proche, répondit d’un ton léger et bien naïvement.

- 0ui c’est moi.

Pour toute réponse une puissante déflagration au souffle dévastateur plaqua Alice et Robert sur le lit de Roland qui sursauta. Gaëlle, comme les véhicules parqués dans la remise ainsi que cette garce de Colette furent instantanément pulvérisés, atomisés, réduits à l’état de souvenirs. La poussière envahissait tout ce qui restait de la maison, du plafond soufflé on pouvait voir un ciel nuageux et sans lune et une odeur étrange qui ne ressemblait pas à celle de la poudre envahit les lieux dévastés.

- Vous n’avez rien ? dit Robert.

- Quoi quesss y spas, balbutia Roland.

- Partons vite !

- Où est Gaëlle !

- C’est trop tard, pour elle, ne restons pas là, partons, partons vite !

- Quand je repense à tous ces véhicules pulvérisés, je me voyais déjà en train de les remettre en état, mais qui a bien pu faire ça ?

- Vous êtes un monstre ! hurlait la rousse terrorisée. Vous ne pensez qu’à vos bagnoles alors que des personnes sont mortes, et pourquoi tout cela ? hein ? Qui peut me dire pourquoi ? Alice devenait hystérique devant la gravité de la situation, laquelle elle semblait bien être la seule à mesurer l’ampleur.

- J’en ai marre de vos histoires, je veux rentrer chez moi, je vais tout dire à la...

La main de Robert s’abattit sur le doux visage d’Alice.

- Ça suffit, reprenez vos esprits, ce n’est pas le moment de perdre son sang froid, il faut y aller maintenant ! dit Robert, un tantinet agacé lui aussi.

La 4L des gendarmes qui ne s’était pas trop éloignée fit demi-tour et se dirigeait vers ce qui restait de la maison. Les gendarmes ne virent pas la silhouette s’éloigner calmement du lieu du sinistre, ils ne virent pas non plus notre trio s’enfuir, en clopinant vers la forêt...

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