Cuisine


vendredi 20 mai 2016

Catastrophe culinaire


Que ce soit bien clair, ce que j'ai mangé hier soir, aucune bête au monde n'aurait accepté d'y goûter. J'étais en train de réfléchir à ce que j'allais me préparer pour mon repas lorsque c'est parti en vrille. Il y a dû y avoir des neurones qui ont pété et cela m'a conduit à m'aventurer sur les chemins hasardeux de l'expérimentation culinaire. Ça pourrait être burlesque.
J'aime bien ces expérimentations, m'amuser à associer des aliments plus ou moins consommables au gré de ce que je découvre dans mes réserves. Je ne suis pas du genre à faire attention aux dates limites de consommation ou aux recommandations sanitaires élémentaires. Je n'ai peur de rien et suis prêt à prendre les pires risques au nom de la science. Je tiens ça de mon grand-père maternel qui, semble-t-il, pouvait digérer presque n'importe quoi et même le pire. Je dois avoir un gène qui me permet de sécréter des sucs gastriques particulièrement corrosifs et efficaces. Bien entendu, je vous déconseille de suivre mes pas et de vous essayer à la réalisation de ce plat. Je décline toute responsabilité et ne veux pas avoir de morts sur la conscience, bien qu'il me semble qu'elle s'en accommoderait sans grand état d'âme, tel que je la connais.

Je venais de découvrir un paquet de lentilles du Puy entamé depuis des lustres et, comme j'avais des saucisses de Toulouse à disposition, je me suis dit que je pouvais me faire une saucisse aux lentilles. Pour rigoler un brin, j'ai regardé l'indication marquée sous le paquet qui m'apprenait que le produit était à consommer de préférence avant le 16 décembre 2011. On se demande, franchement ! Peut-être que ces lentilles n'étaient pas au mieux pour leurs qualités organoleptiques, possible qu'elles aient perdu de leur intérêt gustatif, peu probable que ce soit devenu mauvais ou dangereux. Aller zou ! Dans une casserole avec six fois leur volume d'eau.
La saucisse, elle, est relativement récente. Juste un peu plus d'une semaine. "A consommer jusqu'au 18 mai", est-il inscrit. Sans importance. Et il m'en reste encore pas mal ! J'ai l'idée d'en faire cuire une dans une poêle avec un peu d'huile. Ça ne part pas si mal que ça.
En prenant une saucisse, je me souviens que j'ai des carottes. J'en prends une que je pèle et détaille en fines rondelles que j'ajoute aux lentilles en train de cuire. Ça ne peut pas nuire. Moi, cuisiner m'ouvre l'appétit et me donne des idées. Je regarde la pauvre saucisse qui crépite dans sa poêle en tôle, toute seule. Elle me fait de la peine, la pauvre. J'attrape un oignon, je l'épluche et le coupe en fines lamelles que j'ajoute à la saucisse. Ça commence à prendre tournure, mon affaire.
C'est à ce moment que je me suis mis à déjanter complet. Je me suis mis à avoir peur de ne pas avoir assez pour me remplir l'estomac. C'était parfaitement idiot puisque rien que pour les lentilles, il y en avait largement pour deux. D'ailleurs, il m'en reste. Mais bon, donc, j'ai peur de manquer et je prends une belle grosse pomme de terre que je pèle et coupe afin de la faire sauter dans de la graisse de canard. J'ai le sentiment que l'on s'écarte beaucoup des règles diététiques fondamentales. On ne va pas faire dans le légume vapeur allégé, je vous préviens.
L'oignon blondit tandis que la saucisse se colore. Je me dis qu'il manque un truc pour que l'œuvre soit parfaite. j'ajoute du sel et du poivre et ça ne me suffit pas. Et là, l'illumination ! "A consommer avant le 23 mars". On est quel jour au fait ? Ça se périme, la crème fraîche ? Je sens, rien de particulier à signaler. Ça sent comme d'habitude. Je risque le tout pour le tout. Hop ! Dans la poêle !
Les lentilles finissent de cuire, les pommes de terre sont à la limite de la crémation, la saucisse et sa sauce crémeuse aux oignons est parfaite, je peux dresser le plat. Une bonne grosse louche de lentilles, les pommes de terre sautées, la saucisse et je verse cette belle grasse sauce. Je suis satisfait, ça flatte l'œil, ça me fait saliver. Je fais une photo pour vous montrer et vite, je me saisis de la fourchette et du couteau. Je mange, je goûte, j'analyse. Pas mauvais. Je regrette un peu de ne pas avoir poussé la logique jusqu'à ajouter de la bière à ma sauce. Ça aurait apporté un plus, c'est sûr. Je mange tout, je récupère bien toute la sauce avec du bon pain, je n'ai plus faim. Rassasié comme on dit.

Bouffe et ferme ta gueule

vendredi 13 mai 2016

Recette


En cherchant un objet égaré dans le bordel qui règne en maître en mon logis, objet que je ne suis pas parvenu à retrouver pour le moment, j'ai mis au jour un bout de papier sur lequel j'avais noté une recette, recette que j'ai sans doute testée autrefois et que je vous communique sans plus attendre. L'intérêt est, pour moi, que je vais pouvoir jeter le papier dans la cheminée tout en en conservant une trace. Pas bête, hein ?

  • 200g de chocolat
  • 150g de beurre salé
  • 150g de sucre
  • 3 œufs
  • 50g de farine

Préchauffer four 180°
Casser chocolat - faire fondre bain marie avec 2-3 cuil. soupe eau
Travailler beurre mou et sucre
Ajouter farine, œufs un à un en remuant énergiquement puis chocolat fondu
Mettre dans moule à tarte beurré
Cuire 20'

mercredi 2 septembre 2015

Graal mycologique


J'aime les cèpes, j'aime les morilles, les giroles, les lactaires délicieux, les rosés des prés, les truffes, bien sûr. Lorsque j'ai goûté l'oronge pour la première fois, il n'y a pas si longtemps, ça a été une révélation gustative. Champignons thermophile, l'amanite des Césars se trouve dans le sud-est de la France et aussi dans notre Périgord où il pousse sous les feuillus de chênes et de châtaigniers dès la fin août. Enfin, bien sûr, il faut savoir chercher les champignons. Ceux-ci ont été trouvés par un collègue de mon frère. Une belle récolte, semble-t-il, puisqu'une partie de celle-ci a été distribuée et redistribuée. C'est ainsi que je suis devenu propriétaire de quelques uns de ces champignons et que je me fais une fête de les déguster dès dans pas longtemps.
Comment expliquer le goût si fin de ce champignon ? Il est suave, doux, légèrement sucré. Un petit goût de noisette, possible. Il peut se manger cru. Pour ma part, je le fais revenir à tout petit feu dans un peu de beurre avec juste une pincée de sel gris écrasé. Pas d'ail, pas d'artifice ! C'est vraiment le roi des champignons, pire que délicieux, mieux que bon. J'en salive déjà.

Amanites des Césars

Idée de recette

500 g d‘amanites des Césars
50 g de lard maigre
1 litre de bouillon de viande
1 cuillerée à soupe de crème fraîche
1 jaune d’œuf
1 gousse d’ail
1 oignon
1 cuillerée à soupe de persil haché
20 g de beurre
Sel et poivre

1 - Laver et sécher les champignons, puis les couper en fines lamelles.

2 - Faire chauffer le beurre dans un grand faitout et y ajouter le lard maigre coupé en petits dés.

3 - Lorsque le lard est cuit, ajouter les oronges et les faire revenir à feu doux pendant 20 minutes environ, accompagnées de l’ail haché, du persil et de l’oignon coupé en fins morceaux.

4 - Verser ensuite le bouillon de viande sur la préparation. Saler si besoin (le bouillon peut être suffisamment salé), poivrer et laisser mijoter durant 1h30 environ.

5 - Après ce laps de temps, passer le potage au mixeur.

6 - verser le potage dans un soupière.

7 - mélanger le jaune d’œuf avec la crème fraîche dans un bol.

8 - Verser le mélange dans la soupière et remuer délicatement.

samedi 15 août 2015

Toc toc et mirabelles


J'aime bien être un peu méchant, me moquer des gens. Certains peuvent, par mégarde, y voir de l'humour mais non, c'est de la vraie méchanceté à l'état pur. J'aime me moquer, tester la crédulité, me faire passer pour un sombre idiot, le cas échéant. J'ai eu l'occasion de m'adonner à ce petit jeu pas plus tard que tout à l'heure.
Toc-toc. On frappe à la vitre de la porte d'entrée. Je vais ouvrir. Deux types. Un vieux et un autre un peu moins ancien, quelque part entre la quarantaine et la cinquantaine. Tout sourire tous les deux. Du genre qui veulent se présenter aimables et avenants, sans agressivité. Je sais pourquoi ils sont là, j'ai vu leur manège tout à l'heure. Ils ont tourné autour de la 2cv, se sont baissés pour observer ses dessous qui n'ont rien de bien affriolant.

— Bonjour Monsieur. Nous venons vous voir pour votre vieille 2cv.
— Ah ? Vous êtes ferrailleurs ?
— Non ! Non ! Je suis restaurateur à Paris, me dit le plus jeune. Ce serait pour la décoration.
— Oui, il a déjà plein de vieux objets, explique le plus vieux.
— C'est dommage de la laisser comme ça. Vous ne voulez pas vous en débarrasser ? Essaie le plus jeune.
— Bof. Non. Elle ne me dérange pas comme ça. Et puis, elle n'est pas en très bon état, m'amuse-je.
— Ah oui, il y a du travail mais on doit pouvoir se mettre d'accord sur un bon prix.
— Ouais mais non, je ne suis pas vendeur pour le moment.
— Enfin si jamais... Je peux vous proposer un échange contre une 2cv roulante, elle est jaune, par contre.
— Je préfère les bagnoles plus récentes, ça roule pas vite, une 2cv.
— Il y a longtemps qu'elle ne roule plus, la vôtre ?
— Assez, oui. C'était tout de même bien utile pour aller à la déchetterie.
— C'est dommage de l'utiliser pour ça !
— Bah, c'est une fourgonnette ! C'est pour transporter des trucs.
— Elle n'est tout de même pas en très bon état. Il doit y avoir entre quatre mille et cinq mille euros de frais. Si vous ne la vendez pas trop cher...
— Faut y réfléchir mais je ne pense pas être vendeur. Je vais la mettre dans un garage et attendre d'avoir le temps de la refaire rouler, un jour.
— Je vous laisse mon numéro de téléphone. Surtout, vous n'hésitez pas si vous la vendez !

Autant dire que je ne suis pas prêt de le rappeler. Logiquement, je devrais vendre cette voiture que je n'utilise pas. Ce n'est pas que ce soit une question d'argent mais je suis un peu agacé par ceux qui tentent de l'acheter au moindre prix. J'ai une vague idée du prix d'une épave de 2cv fourgonnette de ces années, m'en offrir clairement moins n'est pas la meilleure option pour que je la vende.

Flan aux mirabelles

L'autre jour, une amie me dit qu'une de ses copines veut lui donner des mirabelles et que, parce qu'elle ne sait pas quoi en faire, elle a pensé à moi. J'accepte d'aller chercher les mirabelles à Périgueux.
Ces mirabelles, j'ai commencé par les manger au naturel. Ensuite, avec ma mère, nous avons fait des confitures. Nous avons fait une dizaine de pots. Et parce qu'il en restait, ma mère à fait un flan aux mirabelles. J'ai goûté et je valide la recette que je viens de refaire. Je vous donne la recette.

Ingrédients

  • 400g de mirabelles
  • 4 œufs
  • 100g de sucre en poudre
  • 40cl de lait entier
  • une cuillère à soupe d'eau de vie de mirabelle (ou du rhum ou autre chose du genre)
  • 100g de farine
  • 40g de beurre
  • une pincée de sel

Préparation

Lavez les mirabelles puis égouttez-les et épongez-les. Les dénoyauter et les refermer afin qu'elles ne perdent pas leur eau.
Dans un récipient, cassez les œufs et ajoutez 80 grammes de sucre puis mélangez au fouet. Ajoutez le lait, la cuillère d'eau de vie et la pincée de sel. Mélangez bien.
Tout en fouettant, versez la farine tamisée et ajoutez une cuillère à soupe de beurre fondu.
Beurrez un plat à gratin et disposez les mirabelles dans le fond. Versez la pâte de manière à ce qu'elle recouvre bien les fruits. Enfournez pour une quarantaine de minutes à four chaud (220°). Servez tiède ou froid.

mercredi 25 décembre 2013

Le plaisir des choses simples et authentiques


Tout le monde ne le sait pas. Pour qu'elle puisse donner du lait, la vache doit donner naissance à un veau. Pour que l'éleveur puisse récupérer le lait et en extraire la crème fraîche et baratter son beurre, il doit manger le veau. Pour avoir des œufs, encore faut-il avoir des poules pondeuses. Quant à la question de la culture de champs de blé pour avoir de la farine et de betteraves sucrières pour avoir le sucre, c'est une nécessité obligatoire.

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