Des choses...

jeudi 30 novembre 2017

Dictature en marche

Pour faire une belle dictature, d'abord il faut mettre en œuvre tout ce qui peut être nécessaire à provoquer la confusion des esprits. Il est bon que le peuple ne soit plus en état de se questionner ou, tout du moins, qu'il n'ait plus le temps de réfléchir pleinement et de trouver des réponses à ses questions légitimes. La profusion d'information peut aider à créer la confusion.
Dans la pratique, on s'appliquera à nourrir l'information d'une multitude de faits sans importance afin de noyer ceux qui sont décisifs. On prendra bien soin de faire beaucoup de bruit autour de ces informations de peu d'importance, de créer la polémique, de susciter les prises de position, de monter les uns contre les autres, d'user de jargon pompeux. Pendant que les esprits sont occupés, il sera simple de pratiquer à des restrictions du champ des libertés individuelles, à l'application de lois instituant des obligations et des devoirs supplémentaires. On justifiera le tout en assurant que ces décisions sont prises pour le bien de la population et en indiquant bien les dangers à laisser perpétuer une ou l'autre des situations actuelles. Le cas échéant, on pointera du doigt les dangers qui guettent, tapis dans l'ombre, peut-être au-delà de nos frontières.
On n'hésitera pas à faire un grand usage de "vérités" assénées au nom de l'autorité. On produira des rapports, des études, des expertises sans jamais permettre que l'on puisse les discuter ou les étudier. On annoncera que les mesures prises sont indispensables, nécessaires, impérieuses et urgentes.
La presse sera instrumentalisée pour qu'elle délivre d'une voix univoque ces idées et pour qu'elle explique combien elles sont bonnes et imparables. On ridiculisera les quelques personnes n'allant pas dans ce sens. On dira que toutes les mesures sont prises dans un souci de compétitivité, de rationalisation, de modernité. Du passé, on fera table rase et on expliquera combien les temps ont changé.
Le challenge sera de parvenir à mettre en place une dictature sous couvert de démocratie. Il faudra essayer dans la mesure du possible à faire entrer dans les têtes que les libertés grignotées ne sont rien par rapport à toutes celles qui restent à disposition. Si cela est réellement nécessaire, on pourra même ouvrir quelques nouvelles libertés. On maniera le langage de manière à brouiller les pistes et à alimenter encore la confusion des esprits. Par exemple, on jouera sur les similarité des termes pour faire admettre que le libéralisme est le synonyme de la liberté.

vendredi 24 novembre 2017

Ça marchera jamais

Herbert est un inventeur célèbre. Enfin célèbre, oui, chez lui, dans son petit jardin, dans les quelques mètres carrés autour de son pavillon. Célèbre, il l'est jusqu'à un peu plus loin mais alors sans que l'on lui reconnaisse la qualité d'inventeur. Au mieux, on le reconnaît farfelu, au pire on le considère comme le taré des lieux. Toutefois, tous sont unanimes pour le dire inoffensif. Dans la pièce qu'il a baptisée laboratoire du pavillon, au rez-de-chaussée, il travaille à ses projets qui, tous, doivent un jour révolutionner le monde et apporter le progrès à l'humanité. Son épouse, ses enfants, le soutiennent dans sa démarche et l'encouragent à chaque instant. Le pavillon est plein de ses inventions. Dans la cuisine on note l'allumette à gaz qu'il suffit de recharger pour qu'elle fonctionne ''ad vitam æternam", dans la salle de bains, le flacon de shampooing au gaz qui rend les cheveux beaux et luisants, dans la salle-à-manger, la salière et la poivrière au gaz qui éjecte le sel et le poivre directement sur les aliments grâce à la pression du gaz, dans les toilettes, la chasse d'eau au gaz qui expulse les excréments dans les canalisations avec force et détermination, dans les chambres, un dispositif anti moustiques au gaz.
On le comprend, son truc à Herbert, c'est le gaz. Comme il aime à le rappeler, avec l'électricité, on risque l'électrocution. Pas avec le gaz. Herbert aime un peu tout ce qui est gazeux bien qu'il reconnaisse avoir une petite préférence pour le gaz de ville qui arrive comme par miracle partout où on veut qu'il soit grâce à de simples tuyaux de caoutchouc dont il a équipé tous les plafonds, toutes les plinthes de la maison. Si le problème est la fuite traîtresse qui peut survenir à l'occasion, Herbert l'a résolu en perçant les fenêtres de petits trous presque invisibles. Reste la question problématique des factures de gaz mais Herbert a les moyens de les payer depuis qu'il a hérité. Et puis, il compte bien un jour faire fortune avec une de ses inventions.
C'est dans le jardin que nous rencontrons Herbert ce jour-là. Il a convié le voisinage pour le meeting aérien qu'il a organisé pour présenter sa dernière grande invention. Il a également invité officiellement le ministre des Armées et tout l'état-major de l'Armée de l'air ainsi que les dirigeants des principales compagnies aériennes. Si personne n'est encore arrivé, Herbert n'est pas inquiet. Ils auront été retenus qui par un appel téléphonique urgent qui par un bouchon qui par on ne sait quelle raison impérieuse. Peu importe, pas découragé, Herbert se prépare à une première démonstration.
Cette dernière invention risque de révolutionner les transports aériens puisqu'il ne s'agit ni plus ni moins de faire voler un peu tout ce que l'on veut juste avec quelques ballons gonflés au gaz de plomb. Les premiers essais en laboratoire se montrent concluants et plus qu'encourageants. On voit sur l'illustration jointe Herbert commencer à s'élever dans les airs. Si nous avons effectivement pu enregistrer une légère élévation dans les airs, nous ne pouvons vous cacher une légère déception à l'issue de cette démonstration qui est, notons-le, une première à l'échelle mondiale. L'inventeur reconnaissait que son dispositif requiert encore quelques menues améliorations mais, nous le citons, "on tient le bon bout".
De son cerveau bouillonnant, les idées fusent continuellement et Herbert nous parle déjà de son prochain grand projet, un sous-marin à gaz spécialement équipé pour nettoyer le fond de la Seine avec son aspirateur à gaz intégré. Ce n'est pas sans une certaine émotion que l'inventeur prolifique tient à fêter cette nouvelle idée en nous invitant à déboucher une bonne bouteille d'eau gazeuse.

ballon.jpg

jeudi 23 novembre 2017

Fatwa bancaire

mardi 21 novembre 2017

Tronçonneur ? Délit là !

Ça ressemble un peu à une rumeur ou à un bruit qui court. Selon plusieurs sites dont celui de la France Agricole ou celui du Télégramme, une formation à l'utilisation des tronçonneuses deviendrait obligatoire pour tous, professionnels comme particuliers à partir du mois de décembre. La raison ? Un nombre d'accidents graves trop important (environ 300) et un souci d'harmonisation entre les pays européens.
Que la tronçonneuse soit un instrument à utiliser en connaissance de cause, avec circonspection et prudence, il n'y a aucun souci. Qu'il faille respecter quelques règles élémentaires de sécurité, qu'il faille un minimum de bon sens, je ne le nie pas. Evidemment, envisager de couper un arbre de plusieurs dizaines de mètres de haut au motif qu'il cache le beau soleil d'été juste ce jour où l'on a préparé un barbecue et qu'on a déjà éclusé une vingtaine de bières et quelques litres de vin rosé tiède n'est pas nécessairement une bonne idée surtout lorsque tous les invités veulent participer au jeu.
Une tronçonneuse, oui, ça peut être dangereux. Un peu comme un Opinel©, une cuisinière ou plein d'objets du quotidien. Dans le fond, je ne suis pas contre le fait que l'on conditionne la vente d'une tronçonneuse à la possession d'un permis de tronçonner. Mais bon, parce que je suis râleur par nature, je râle. Devoir payer 250 euros pour apprendre que l'on ne tronçonne pas avec une écharpe qui flotte au-dessus de la chaîne ou que l'on n'entreprend pas de couper un arbre sans s'assurer qu'il n'y a personne là où il va tomber, je trouve ça un peu cher. Et puis, bon, 300 accidents par an ? Je ne me rends pas bien compte mais finalement ça ne me semble pas si tant beaucoup que ça.
Et puis, il y a le cas de toutes ces personnes (et j'en connais) qui utilisent une tronçonneuse depuis des décennies, qui savent ce qu'elles font, qui ont appris sur le tas, des paysans, des fils de paysans, des personnes qui ont choisi d'habiter à la campagne et qui ont des arbres à couper. Va-t-il falloir faire payer cette formation à tous ? Les gendarmes qui sont d'un naturel si ballot viendront-ils contrôler le coupeur ?

samedi 18 novembre 2017

La valeur, du coup l'œuvre

vendredi 17 novembre 2017

On s'éclate, on fait une boum

Un fort laid dessin aujourd'hui. C'est déjà une belle et bonne chose que je sois conscient de la nullité de ce dessin, que j'aie assez de discernement pour voir que ce n'est pas avec des trucs du genre que je passerai à la postérité. Avoir cette conscience, c'est déjà beaucoup, je vous l'assure ! Il y a tellement de personnes de par le vaste monde à penser être des génies méconnus ou maudits alors que ce ne sont que, au mieux, de gros nuls tout pourris.
Mais au moins, vous demanderez-vous, ai-je pris du plaisir à commettre pareille saillie ? Même pas. Pas du tout, même. Je vous l'assure, si j'étais capable de faire mieux, je ne m'en priverais pas. Mais voilà, on fait ce qu'on peut et, souvent, vaudrait encore mieux rien faire. Et alors, me demanderez-vous encore, pourquoi nous infliger pareille horreur ? Tout simplement parce que j'aime vous embêter, par pure méchanceté gratuite.

jeudi 16 novembre 2017

Bières d'Auvergne

Je ne sais plus trop qui ici déblatérait récemment sur la prolifération de brasseries artisanales, micro-brasseries, apprentis brasseurs et toutes ces choses. Et c'est vrai que depuis plusieurs années, la bière à le vent en poupe et revient sur le devant de la scène. Est-ce une simple mode ? Difficile à dire.
J'ai découvert une micro-brasserie pour la première fois en 1987 ou 1988 en Charente, à Aubeterre-sur-Dronne. Elle avait pour nom « Brasserie du Bobtail » et était tenue par Bruce (je ne me souviens plus du nom), personnage haut en couleur venu du Canada pour brasser en France en plus de tenir une forme d'agence immobilière à destination du monde anglophone. C'est le frère d'un copain de l'époque qui nous avait présentés. Je me souviens particulièrement d'une de ses bières, la Silex, bière noire au goût bien minéral. Je l'aimais bien.
Bruce brassait d'une manière très artisanale. A l'époque, on ne trouvait pas aussi facilement qu'aujourd'hui tout l'attirail de chimiste nécessaire à la pratique de cet art. Il se débrouillait. Parfois, ça foirait bien. Tout un brassin mis en bouteille pouvait exploser dans la nuit à cause de levures mal maîtrisées. Il récupérait des bouteilles qu'il laissait à baigner dans le courant d'un petit ruisseau pour les laver. Il cuisinait dans son grenier, essayait des recettes comme cette bière à la carotte qui n'a peut-être pas eu de suite.
A l'époque, si l'on voulait boire de la bière, il y avait le choix entre les grandes marques bien connues, Kronenbourg, Kanterbräu, Heineken, Leffe, Chimay... Guinness et quelques autres mais le choix était relativement pauvre. Il me semble qu'à l'époque, la bière n'avait pas les titres de noblesse qu'elle a gagné aujourd'hui.
Dans les années 90, sous l'impulsion de ce qui se passait aux Etats-Unis d'Amérique, des petites brasseries ont commencé à pousser un peu partout en France. Des brasseries ont commencé à brasser et à vendre leurs bières sur place, souvent dans un décor très "authentique". Il y en a eu une à Limoges, par exemple. Le concept a plu et les établissements du genre sont nés un peu partout. Parfois, des chaînes ou des franchises ont permis cette multiplication de petites brasseries.
Au début des années 2000, des brasseries artisanales de taille plus importantes sont apparues avec le souci de produire des bières différentes et de qualité. La bière était de nouveau considérée à sa juste valeur et on a commencé à choisir les meilleures, à chercher les bières trappistes belges, à redécouvrir cette boisson.
C'est encore des USA qu'est née l'envie de créer sa propre micro-brasserie ou de brasser pour soi à la maison. Aujourd'hui, on ne compte plus ces petites brasseries. Rien qu'en Dordogne, elles sont de plus en plus nombreuses, chacune avec leur tipicité, leur caractère. Depuis quelques années, la folie IPA a gagné et c'est à qui saura faire la bière la plus parfumée, la plus amère. Tout cela a fait naître une saine émulation, une houblonesque concurrence de bon aloi.

Et donc, il n'y avait aucune raison valable pour que l'Auvergne soit épargnée par ce phénomène. Un ami m'a récemment ramené quatre bières du pays des volcans et de Giscard d'Estaing. En vérité, trois bières et une cervoise. Moi, je ne suis pas bégueule. J'accepte toujours de lever la glotte pour la science. Alors pour le moment, je ne les ai pas toutes goûtées. Je me suis contenté de tester la cervoise et la bière blondes. Puisque c'est auvergnat, il faut qu'il y ait une particularité. Il y en a même plusieurs. Pour la bière blonde, elle est brassée avec des lentilles d'Auvergne. Curieux. On sent bien les lentilles, c'est un fait, mais ça s'arrête un peu là. Légèrement sucrée, assez plate, cette bière ne laisse pas un souvenir impérissable. Quant à la cervoise, blonde également, elle est aromatisée au miel d'Auvergne. Là aussi, c'est assez plat. Il manque l'amertume que l'on connaît chez les bières.
Ce sont les bières de la Maison Desprat installée à Aurillac dans le Cantal. D'après ce que j'ai compris, la maison a commencé par faire du vin d'Auvergne avant de se tourner vers la bière. On sait que l'orge employé pousse dans la région à plus de 1200 mètres d'altitude. Il me reste deux bières à découvrir. Peut-être me paraîtront-t-elles plus intéressantes ?

Bières et cervoise d'Auvergne

lundi 13 novembre 2017

Un long discours vaut mieux qu'un mauvais dessin

dimanche 5 novembre 2017

E.T. chaud

jeudi 2 novembre 2017

Cris sans thème

jour des morts

lundi 30 octobre 2017

L'heure du bilan

Etat des lieux

Au terme d'un combat herculéen contre le mal, je suis allé me coucher pour me réveiller ce matin presque en parfaite forme. Du coup, j'ai pu m'aventurer dans le monde hostile qui s'étend au-delà d'un périmètre restreint autour de chez moi. Ce matin, j'ai tenté de récupérer le retard pris dans divers travaux en cours et, en début d'après-midi, j'ai même osé prendre la voiture pour aller faire quelques courses. Je n'avais vraiment plus rien à bouffer autre que des nouilles, du pain et des œufs mais, plus grave, j'étais en passe de manquer de café.
Ce soir, je peux le dire sans me vanter, je suis sorti vainqueur de la lutte épique et, si je ne connais pas le nom de cet ennemi intime, je ne suis pas fâché de lui avoir fait mordre la poussière.
Pour autant, il ne faut pas crier victoire trop tôt. Je suis encore convalescent et n'ai pas tout à fait recouvré toute ma magnificence. Gageons que ce n'est plus qu'une question d'années.

Les bons côtés

D'abord, sur les cinq jours concernés, j'ai peu consommé, peu dépensé, peu produit de déchets. Pour les soins de santé proprement dits, cela se limite à deux cachets d'aspirine et d'un de paracétamol. C'est honnête et ça grève d'autant moins le budget de la Sécurité Sociale que ça ne m'a jamais été remboursé. Accessoirement, j'ai assez peu fumé.
Parce que je ne suis pas sorti, je n'ai pas pollué l'air avec mon Diesel. Et ça, c'est bien aussi. Je suis assez fier de cela.
Puisque je n'avais pas envie d'être ennuyé, j'avais débranché le téléphone à fil et éteint celui sans. J'ai aussi moins utilisé Internet et ai donc moins contribué à la pollution liée aux multiples data centers.

Ni bien ni mal, bien au contraire

J'ai dû suer plusieurs litres. Ça, je ne sais pas si c'est bien ou pas. D'un côté, ça a sans doute dû permettre à quelques toxines de foutre le camp mais d'un autre côté les draps sont désormais bons à partir à l'incinérateur tellement ils doivent être toxiques.
J'ai beaucoup mal dormi. Mercredi, j'ai dû, en cumulé, dormir une quinzaine d'heures sur la journée. Dans la nuit de mercredi à jeudi, mon sommeil bien que morcelé a duré une dizaine d'heures. Néanmoins, la nuit de jeudi à vendredi et celle de vendredi à samedi ont été assez pénibles. On ne peut pas gagner à tous les coups.
Peut-être en raison d'une fièvre, j'ai fait des rêves très psychédéliques pas désagréables. Aussi, j'ai fait des rêves obsédants avec des problèmes informatiques à résoudre. Un matin, je me suis réveillé avec la sensation que je devais absolument trouver une solution avant de revenir à la raison et de voir qu'il n'y avait pas de problème. Etonnant.
Durant les deux jours les plus au haut de la crise, je n'étais bon à strictement rien. Le peu de vaisselle à faire est restée en l'état jusqu'à vendredi. Je n'ai pas pu vraiment travailler à quelque chose qu'hier et encore avais-je le plus grand mal à garder mon esprit concentré.
Hier tout de même, aussi pour juger de mon état, j'ai fait le dessin que je vous ai présenté mais il m'a fallu beaucoup plus de temps qu'à l'accoutumée. Ceci m'a tout de même incité à penser que j'étais en voie de récupération.

Pour les jours à venir

Je vous l'ai dit, je suis encore convalescent. Si j'ai travaillé ce lundi je suis loin d'avoir refait mon retard. Demain et les jours qui suivront seront occupés. Dès lors, il serait possible que je ne produise pas grand chose pour le blog. Ceci étant dit, j'ai suffisamment d'images en stock pour au moins vous balancer une photo. Demain, nous devrions avoir une planche de notre bon Liaan et ça, c'est une bonne nouvelle.
Bonne nuit à tous

mercredi 25 octobre 2017

J'aurais dû y voir un signe

Ah mes amis, ça ne va pas fort. Hier j'étais à côté de Périgueux pour du boulot. Dès le matin, j'ai noté un sournois petit mal de tête qui réussissait à m'agacer. Je vais faire ce que j'avais à faire avec l'impression que les neurones ne se connectaient pas tout à fait correctement. Vers 18 heures, j'ai terminé. On me propose de rester manger. J'accepte.
Dehors la lumière est belle et il y a une petite mare aux grenouilles que j'ai repérée. J'ai mon appareil photo alors je tente quelques images. Je me mets presque à plat ventre dans l'herbe et je déclenche à plusieurs reprises. Une petite grenouille est moins farouche que les autres. On jurerait qu'elle prend la pose et qu'elle accepte de se prêter au jeu.

Grenouille
Bien. La nuit tombe, le repas est prêt, on passe à table. Pour l'apéritif, un vin blanc, du Picpoul de Pinet pas mauvais d'après les convives. Parce que pour ma part, j'ai le sentiment de ne plus goûter grand chose. C'est frais mais pas grand chose de plus. Lors du repas, le mal de tête s'installe un peu plus. On discute de choses et d'autres après le dessert et finalement je m'en vais peu après minuit.
Je ne me sens pas très bien pour tout dire. Je rentre et file au lit. Et là, incroyable, je roupille jusqu'à 9h48. Je me fais un café qui a un sale goût, j'ai mal à la tête, ça va pas fort du tout. Il n'est pas encore midi quand je retourne me coucher. Je fais des rêves étranges à base d'énigmes impossibles à résoudre. Je me réveille à plusieurs reprises et repars me coucher dans la foulée. J'ai pris un cachet d'aspirine. Pas sûr que ça aille beaucoup mieux après.

Mais alors voilà que je me dis que ce doit faire quelques jours que la maladie couve. Sinon, comment expliquer l'achat de cette pizza de l'autre jour ? J'ai donc un semblant d'excuse et désormais, je sais que si l'on achète des produits dont on n'a pas envie c'est qu'il vaut mieux aller se coucher.

mardi 24 octobre 2017

La pizza de l'enfer et autres choses

Hier, je suis à Périgueux pour le travail. Je pars alors qu'il est près de 20 heures. J'avais prévu de partir plus tôt et de m'arrêter faire des courses en revenant. J'avais même fait une liste en prévision. Là, il est tard et je ne sais pas à quel heure ferme le commerce où j'ai mes petites habitudes. Un autre hypermarché est proche et je m'y rends. Il est ouvert.
Seulement voilà, cet hypermarché, je n'y vais jamais. Je ne comprends pas comment il est agencé, je ne m'y retrouve pas, j'erre dans les rayons sans trouver mes marques habituelles, les marques comme les repères mais aussi les marques des produits. Je commence à m'agacer un peu. Je n'ai pas que ça à faire, moi. Et puis, vu l'heure je ne suis pas rentré avant 21 heures. Je vais avoir besoin de me préparer un truc à bouffer de rapide.
Ne me demandez pas comment je suis arrivé là. Je cherchais une route que jamais je n'ai trouvée. Je suis dans l'allée des surgelés. Habituellement, je ne m'aventure pas dans ces zones. Je n'ai pas de congélateur, je n'ai pas de goût particulier pour les produits conservés par le froid. Mais bon, j'y suis. Il y a une bande de jeunes gens qui discutent sur la meilleure pizza à acheter. Je comprends qu'il y a une question de coût. Je vais pour continuer ma route lorsque quelque chose se détraque en moi. Voilà que je suis en train de me raconter une histoire idiote à base de repas fait d'une pizza surgelée. Et déjà, je remarque mon pas se ralentir, mon regard se tourner vers les armoires vitrées, ma main se tendre vers une poignée, une main qui ouvre la porte, qui se saisit d'un emballage en carton, un carton contenant la promesse d'une pizza richement garnie, fumante à la sortie de son four à bois. L'affaire est faite, j'ai été victime de tout un tas de facteurs divers. J'ai été influencé par les jeunes, j'ai été berné par le ramage de l'emballage, j'ai été trompé par la promesse idiote. Comment vais-je pouvoir faire sortir une pizza surgelée d'un four à pain moi qui n'en ai pas ? Je ne vais tout de même pas frapper à l'huis d'un boulanger pour lui demander de me faire cuire le bidule infâme. Parce que c'est ça le pire, c'est que j'ai bien la certitude que la pizza va être immonde, dégueulasse, infecte.
Du coup, voilà que je suis encore plus énervé. J'en oublie de prendre l'essentiel de la liste de courses. J'oublie la pile de 9 volts dont j'ai besoin et le liquide vaisselle, le sucre et les ampoules pour la voiture, le Neg'ita et l'ail. Fort heureusement, j'ai le café. Je suis sauvé. Je file vers les caisses. Je dépose mes produits sur le tapis, je passe le portique, je paie mon dû. Je reviens à la voiture et je repars pour Azerat.
Une fois arrivé, j'allume le four et je lis les recommandations de préparation inscrites sur l'emballage. Faire préchauffer le four pendant 10 minutes et enfourner pour 22 minutes supplémentaires. Bon appétit.
J'aurais moins faim ou j'aurais autre chose ou je serais plus riche, la pizza finirait tout de suite aux ordures. Quelle horreur que ce disque recouvert d'éléments à l'allure étrange. Je me dis que nous vivons dans un pays avec des lois, des règles, des normes. Je suppose que ce que l'on vend comme "comestible" doit l'être effectivement. J'ai comme un doute mais je suis toujours partant pour expérimenter le bizarre.
Le four est chaud, je lance la nourriture dedans et ferme vite la porte afin qu'elle ne se sauve pas. J'ai 20 minutes devant moi pour trouver un plan B. Je suis perturbé, je ne pense même pas à me faire cuire des nouilles. Misère ! Une odeur un peu suspecte me parvient. Ça doit être chaud. C'est cuit. De mauvaise grâce, je dépose ce qu'il me faut bien appeler "pizza" sur une planche et je vais m'asseoir à la table devant elle, une fourchette et un couteau en mains. Il me faut attaquer. La pâte est dure, sèche, mauvaise. La garniture n'a rien à lui envier. En pensant à autre chose, je finis par l'avaler. La seule bonne nouvelle est que je me suis réveillé ce matin en ayant, semble-t-il réussi à digérer l'affaire. Je ne pense pas renouveler l'expérience prochainement.

Ce matin, je décide de me faire violence. Cela fait des mois que je dois faire une facture pour un gros travail. Une belle somme. Parce que j'ai installé un logiciel libre qui sert, entre autres choses, à faire des factures, je me décide à essayer de l'utiliser. Dans la configuration du logiciel il existe une option permettant de placer son logo. Je n'en ai pas. Je me souviens d'un vieux dessin et me dis que, après tout, je pourrai bien l'utiliser. Ça ne ressemble en rien à un logo mais justement. Je trouve ça rigolo.


La facture est éditée. Je l'ai glissée dans une enveloppe et maintenant il va falloir que je me décide à aller acheter un timbre pour la poster. Le client peut encore dormir tranquille, il n'aura pas à débourser avant quelque temps.

Et puis, ce matin j'ai commencé à griffonner un truc, comme ça, pour tuer le temps. Un moment, je me suis dit que ça pourrait nourrir ce blog en ce jour maigre qui n'a pas droit à son épisode du feuilleton. Sûr que ça ne remplacera pas les élucubrations liaanesques.

dimanche 15 octobre 2017

L'esprit de la Loi

J'ai entendu ça. Le gouvernement réfléchit à taxer un peu plus les alcools forts. On se demande comment ils peuvent avoir d'aussi lumineuses idées, du côté de ceux qui sont en marche. L'idée est excellente pour plusieurs raisons. La toute première, c'est qu'elle devrait faire entrer des euros dans les caisses. La deuxième qui arrive presque ex-æquo, c'est qu'il n'y aura pas grand monde pour protester et contester. Qui descendra dans la rue pour défendre les alcools forts et le droit de se bourrer la gueule comme on veut ? Une autre bonne idée, c'est que l'on évite de faire râler les producteurs de vin — qui sont nombreux dans notre beau pays — ou de bière. En plus, et ce n'est pas rien, on pourra défendre cette taxe en prétendant œuvrer pour le bien public et contre le fléau de l'alcool.

Moi qui ai vécu, je sais que ce n'est pas seulement le degré alcoolique d'une boisson qui amène l'ivresse. Je me suis bourré la gueule à la bière, au vin, au cognac, à la vodka, au whisky et même à l'eau de vie. Je sais de quoi je cause. S'il faut plus de quantité de bière pour parvenir à l'état procuré par deux ou trois verres de tequila, le résultat n'est pas loin d'être le même. Alors, ma foi, si l'on ne peut pas se payer d'alcool fort on pourra toujours se rabattre sur un autre poison comme le vin de Bordeaux.

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