Des choses...

mercredi 2 mai 2018

Mai 2018, la révolution en marche

samedi 28 avril 2018

Anarchie

jeudi 26 avril 2018

Relecture et moto de boucher

A la fin de l'année 65, San-Antonio s'est vu attribuer le Prix Gaulois pour son livre "Le Standinge". Nous nous plaisons à publier ici le discours que Pierre Dac, le lauréat de l'année précédente, prononça à cette occasion.

Mes chers amis, Mon cher récipiendaire,

Mordicus d'Athènes, l'illustre philosophe ivrogne grec — 219-137 bis au fond de la cour, à droite av. J.-C. — a dit, un soir qu'il en tenait, il faut bien le reconnaître, un sérieux coup dans la chlamyde : " Dans le domaine du discours, l'improvisation prend force et valeur que dans la mesure de sa minutieuse préparation".

C'est donc en fonction de ce remarquable apophtegme que m'est donnée, aujourd'hui, la joie d'accueillir au sein de cette noble et joyeuse compagnie académique, le lauréat du Prix Gaulois 1965, notre ami Frédéric Dard, alias commissaire San-antonio.

Que dire de Frédéric Dard qui n'ait été dit et redit ? La renommée qui entoure sa légitime célébrité me dispense de tout panégyrique et de tout éloge qui ne rendraient qu'imparfaitement l'affectueuse estime en laquelle nous le tenons.

Qu'il me soit donc simplement permis, avant de transmettre le glorieux flambeau gaulois à mon éminent successeur, de saluer en lui, l'incontestable champion de la littérature contemporaine de choc, et qui, par la seule force de son talent et de ses ancestrales vertus, œuvre inlassablement, jour après jour, à longueur de plume ou de machine à écrire, pour forger, dans le silence, le jeûne, l'abstinence et la méditation, le fier levain qui, demain, ou après-demain au plus tard, fera germer le grain fécond du ciment victorieux, au sein duquel, enfin, sera ficelée, entre les deux mamelles de l'harmonie universelle, la prestigieuse clé de voûte qui ouvrira, à deux battants, la porte cochère d'un avenir meilleur sur le péristyle d'un monde nouveau.


En panne de lecture, je me mets en chasse de bouquins. Je sais pouvoir trouver dans le garage un ou deux cartons de livres déjà lus. Je fouille, j'en extirpe certains, en écarte d'autres. Je m'étonne de la présence de certains ouvrages oubliés et me demande comment j'ai pu lire certains autres. Parmi les livres retenus, deux San-Antonio.

Je n'ai pas lu de San-Antonio depuis la mort de Frédéric Dard survenue en 2000. Si je me souviens avoir lu pratiquement tous les San-Antonio, je me demande si le souvenir que j'en ai peut être confronté à celui que je suis devenu près de vingt ans après la dernière lecture d'une aventure du commissaire et de ses acolytes. On va le savoir rapidement.

Des deux San-Antonio trouvés, j'ai choisi "Salut mon pope". Il date de 1966. Je commence la lecture. Je retrouve les digressions de l'auteur, la langue inventive, les personnages. Bérurier est absent (il est fait allusion à lui dès les premières pages) mais nous retrouvons Pinaud.

La trame est constituée par la disparition de la Victoire de Samothrace. La célèbre sculpture a été prêtée à la Grèce par la France, elle a voyagé en camion escorté depuis le Louvre jusqu'à Marseille puis dans les cales d'un cargo grec de Marseille au Pirée pour une courte escale avant de rejoindre l'île de Samothrace. Stupeur, à l'ouverture de la caisse, la statue a disparu, remplacée par un bloc de fonte.

Dès les premières pages du roman, on découvre un Pinaud qui s'est pris de passion pour Sherlock Holmes et ses méthodes. Il parvient à étonner San-Antonio en déduisant avant qu'il ne lui en parle la disparition de la Victoire de Samothrace et le départ pour la Grèce.

J'en suis là au bout des cinquante premières pages. Ça se lit vite. Ces premières pages ne parviennent pas à me convaincre. Je n'y ai pas retrouvé ce que je me souviens de l'écriture de Frédéric Dard. Pour tout dire, cela ne parvient pas à me faire rire. C'est même un peu lourd, par moment. Les allusions à l'homosexualité des Grecs, bon, pourquoi pas mais fallait-il insister autant ?

Tous les San-Antonio ne se valent pas. Il y en a d'excellents et des mineurs. Le hasard a peut-être fait que j'en ai choisi un parmi les moins bons ? Il reste environ deux-cents pages pour me faire un avis définitif sur ce roman.

Il paraît que Frédéric Dard se serait fait aider par son fils, Patrice Dard, pour les derniers romans de la série. Après la mort de Frédéric Dard, je n'ai pas jugé utile de lire les nouveaux. Il faudrait que je le fasse à l'occasion. Hier, une idée stupide m'a traversé l'esprit, celle de relire l'intégralité des San-Antonio. Il se trouve que j'ai un frère qui a la collection complète. Dans mon souvenir, les premiers et les derniers m'ennuyaient un peu. Selon moi, les meilleurs sont ceux qui sont aussi les plus humoristiques, ceux qui laissent une grande place aux énormités de Bérurier. Durant un temps, je lisais un San-Antonio entre deux livres plus "sérieux". Je les consommais juste pour le plaisir de me fendre la poire et ce plaisir était bien réel. J'aimais retrouver ces personnages et rire comme, je le suppose, l'auteur riait en écrivant.


Mais la question que je me pose est de savoir si, en vieillissant, les années passant, l'humour évoluant aussi, on ne change pas dans ses goûts. Par exemple, le discours de Pierre Dac cité en tête de billet fait-il autant rire aujourd'hui qu'il pouvait faire rire en 1965 ? Si jamais il faisait rire, bien entendu. L'humour est aussi affaire de convention, de référence, d'époque. Si je ris encore en revoyant "La Grande vadrouille", c'est peut-être parce que je l'ai vu dans ma jeunesse, que je me souviens avoir ri à l'époque, que j'ai l'âge de comprendre les références. Possible que ça ne fasse plus rire les jeunes d'aujourd'hui. Peut-être aussi ce qui fait rire les jeunes de nos temps modernes ne parvient pas à me faire pleurer de rire.

Récemment, France Inter fêtait Pierre Desproges à l'occasion du trentième anniversaire de la fin de son cancer. Il y avait une émission spéciale le soir. J'ai écouté pendant deux heures et j'ai abandonné pour aller bouquiner. Difficile de marcher dans les pas de Pierre Desproges sans se prendre les pieds dans le tapis. J'ai apprécié Pierre Desproges mais je me demande ce qu'il en reste réellement. Quelques sketches particulièrement bons, sans doute, quelques écrits savoureux, sûrement, mais certainement pas tout.

Bref, je me pose des questions bien stupides ce matin. C'est dû à cette petite déception rencontrée alors que je ne m'y attendais pas. Je pensais retomber comme si de rien n'était dans San-Antonio, parvenir à rire dès les premières pages et ça n'a pas fonctionné. Alors, ça suscite un sentiment d'angoisse bien légitime, je prends conscience du temps qui passe, de la fin qui se rapproche, de l'inconstance des choses et ça ne me fait pas rire. C'est ballot, non ?


Une vraie boucherie

samedi 21 avril 2018

Vendre et faire acheter

dimanche 8 avril 2018

Un gentil petit monstre

vendredi 6 avril 2018

Champagne !

dimanche 1 avril 2018

Hommage à un grand homme

Chasse aux œufs

vendredi 30 mars 2018

Et hop !

1953 — 2018

dimanche 25 mars 2018

Enfonçons le clou

Sans craindre de se faire remonter les bretelles, on peut affirmer haut et fort que l'idée n'est pas nouvelle. Les datations les plus scientifiques tendent à lui donner une date de naissance proche de plusieurs centaines de milliers d'années avant le déluge et ce n'est pas rien, nous pouvons en convenir.

L'excuse la plus commune à la bêtise, c'est le recours à l'incompréhension. "Je suis désolé, je n'ai pas compris", entend-on trop souvent et de la part même de gens pas plus bêtes que vous ou votre voisin.

Depuis quand peut-on excuser la bêtise par l'incapacité à comprendre tout en toute chose ? N'est-ce pas un peu facile, tout de même ? Alors, il suffirait de proclamer n'être pas en mesure de comprendre pour que l'on vous excusât ? C'est fort de café. Avec ce système, on n'a plus le moindre effort à produire et cela joue considérablement dans l'abrutissement des masses, c'est moi qui vous le dis. On est face à n'importe quel problème, de robinet qui fuit ou de train qui part à 15h34 en direction d'une gare lointaine et on sort le joker caché dans sa manche : "je n'ai pas compris". Être "incomprenant" n'est certainement pas une raison à lancer à la figure des incompris.

Sans compter que la contagion est toujours possible. Tenez. Rien que dans le milieu des enseignants. Combien d'instituteurs se sont retrouvés face à un troupeau d'enfants bêlant leur incompréhension et, endossant le rôle de l'incompris, sont devenus à leur tour incomprenants de l'incompréhension dont ils étaient les premières victimes ? Hein ? Nombreux, si vous voulez le savoir.

Ne pas comprendre est naturel. On ne peut pas tout savoir dès la sortie de l'œuf — sauf si l'on s'appelle Jean-Bernard Einstein ou Gustave de Vinci, bien entendu. Au nid, l'enfant est le plus souvent ignorant de toute chose et il lui faudra développer son esprit par de saines lectures et le respect de la parole de l'adulte pour se construire un cerveau fonctionnel et apte à comprendre. On ne le répétera jamais assez, la lecture de bédés ou le visionnage d'émissions télévisuelles sont plus néfastes au développement cognitif de l'enfant que ne pourraient l'être la scarlatine ou l'absorption massive de plomb. Combien de jeunes personnes, lectrices de ces bandes dessinées dans leur prime jeunesse, sont devenues, au mieux fonctionnaires ou commerçants, au pire dessinateurs de ces mêmes BD ? A tout prendre, c'est vrai, mieux vaut encore être charcutier ou coiffeur que dessinateur de BD. Seuls les dessinateurs de BD osent aujourd'hui encore contredire ce que la science a établi d'une manière formelle et définitive. Mais bref…

Ne pas comprendre ne doit pas être une excuse pour ne pas apprendre. Moi-même qui vous cause, il y a bien deux ou trois bricoles que je ne comprends pas encore tout à fait. Qu'en était-il de l'univers avant la survenue du Big Bang ? Comment diable faisait-on pour se connecter à l'Internet avant l'invention des ordinateurs, tablettes et téléphones intelligents ? S'il est avéré que nous sommes tous semblables, comment se fait-il que mon voisin est ait un plus gros sexe que moi ? Ces questions (et quelques autres) me tarabustent, je le reconnais, mais je travaille d'arrache-pied pour leur trouver des réponses, sinon réelles, du moins convaincantes.

Le clou du spectacle

Certes, nous n'avons pas tous ni le même cerveau ni les mêmes capacités à en faire bon usage. Si celui-ci n'aura aucun mal à acquérir les subtilités de l'abstraction de la géométrie en quatre dimensions avec l'utilisation des "ana" et "kata", tel autre saura conjuguer le verbe seoir à la troisième personne du pluriel dans un système syntaxique et sémantique expérimental sur lequel il travaille avec une équipe de chercheurs compétents. Plus proches de nous, on trouvera toujours une personne capable de planter un clou dans une planche de bois dur quant il faudra en chercher une autre pour découper proprement une tête d'agneau dans le sens de sa longueur.

Avec des siècles et des millénaires d'évolution, le genre humain a réussi le pire qui était à craindre. Chaque individu s'est spécialisé et il y a peu de chances pour qu'un Pic de la Mirandole, érudit auto-proclamé, naisse aujourd'hui. Quoi que nous puissions trouver encore quelque idiot parfait ignorant de tout en tout et ignorant même parfois des choses que l'on aurait pu penser impossible à ignorer avant lui. En cela, il nous est permis d'imaginer que l'ignorance n'aurait guère de limite et cela est vertigineux donc inconfortable. Mieux vaut ne pas imaginer cela.

Mais alors, une question surgit. La compréhension pourrait-elle, de même, ne pas connaître de limite ? La question n'a pas été tranchée. C'est aussi qu'il faut faire avec celles et ceux qui croient savoir. Ceux-ci agissent comme les perturbations du fond diffus cosmologique dans l'esprit des chercheurs. Toutes ces personnes qui affirment en savoir tant à propos de, finalement, rien, agissent comme des parasites. Certains savent que les extraterrestres existent ou que l'homéopathie fonctionne ou que le complot est en marche ou que ceci ou que cela. Ils savent des choses sur de l'inexistant et c'est un vrai problème. Grâce à cela, chacun est à même de se construire son propre savoir, sa propre compréhension du monde sans jamais douter.

La certitude de détenir une vérité qui en vaut bien une autre conduit à choisir la plus facile. Après tout, pourquoi apprendre la chimie si l'on croit que ni les atomes ni les molécules existent ? Pourquoi s'intéresser à l'astronomie quand la Terre est plate ou qu'est là l'astrologie ? On peut croire que les pyramides d'Égypte ont été bâties par des civilisations lointaines dans un but précis et attendre que ces mêmes civilisations reviennent un jour pour nous expliquer tout ça.

Le relativisme est pratique. Tout vaut tout. L'un des grands idéologues de notre temps de ce courant de "pensée" est le président Trump. Tout vaut tout. Vous dites que telle chose s'est passée ainsi, je rétorque qu'elles se sont passées de cette manière. Un partout. Notez, ce n'est pas totalement faux non plus de penser qu'un événement peut être perçu de différentes manières selon sa position dans l'espace, dans le temps ou selon d'autres critères. Mais bon. Face à un problème d'arithmétique, disons 2+2=, je peux parfaitement dire que ça ne veut rien dire ou que ça ne fait rien ou que ça fait ce que l'on veut. Là, soit je suis un génie et je le prouve, soit je suis un fainéant qui a trouvé une parade en acier inoxydable pour éviter à avoir à se creuser le ciboulot.

Ce qui est curieux, chez certains ignorants, c'est leur refus d'accepter les faits non expliqués. Il leur faut boucher les trous. On ne sait pas pourquoi telle civilisation a construit des gogues pareils à flanc de colline ? Pas de problème, l'ignorant va vous mitonner une petite affaire légendaire pas piquée des vers. C'est sans doute l'explication de la création des êtres divins. Pourtant, le mystère est source de poésie. Face à des questions immenses comme celles ayant trait à "notre" univers, je suppose qu'il faut commencer par laisser vagabonder son imagination fertile et laisser son esprit envisager des pistes avant de les confronter au calcul puis à l'expérimentation. Là, plus que de chercher une explication, on cherche à comprendre, à percer le mystère, afin de fournir une explication. Le cheminement n'est pas le même.

Il est bien difficile de dire qui est le plus haïssable de celui qui se fout de tout et se réfugie derrière son incompréhension et de celui qui ne veut rien savoir d'autre que ce qui lui est facilement accessible. Je préfère l'idiot revendiqué au manipulateur exégète et prosélyte. Le premier ne fait de mal à personne quand l'autre cherche à rallier des personnes à ses croyances avec l'idée que plus on est nombreux à croire une fumisterie et plus celle-ci deviendrait vérité.

jeudi 22 mars 2018

Les oiseaux y laissent des plumes

Est-ce dû aux pratiques agricoles, à l'utilisation d'intrants chimiques à outrance ? Les insecticides sont bien responsables de la raréfaction des insectes, c'est même leur fonction première. Or, il se trouve que les oiseaux ont un goût particulier pour les insectes. Surtout les oiseaux insectivores, du reste. Pour ceux-ci c'est l'heure de la famine. Ils ne trouvent plus assez de nourriture alors ils n'ont rien de mieux à faire que mourir ou moins se reproduire. Le résultat, c'est un tiers d'oiseaux de moins de volatiles dans nos campagnes. Des études dont une menée par le CNRS dans les Deux-Sèvres sur un territoire de 10 hectares montrent que le phénomène de raréfaction des populations aviaires s'accélère depuis deux ans. Faut-il s'en alarmer ?
D'un côté, l'homme a tendance à regarder la faune, la flore, la planète, selon l'utilité que toute chose peut avoir pour lui. Il s'inquiète de la disparition des abeilles parce qu'elles sont des agents pollinisateurs nécessaires à l'agriculture et, accessoirement, de bonnes productrices de miel. Il s'émeut de la chute de population chez les lombrics depuis qu'il a compris leur rôle fondamental dans le travail des terres arables en permettant l'aération et le drainage des sols cultivés. Il veut protéger certaines espèces végétales, certaines espèces animales, certaines ressources minérales parce qu'elles sont utiles à sa survie, son expansion. En quoi les oiseaux lui sont utiles ? Si on ne se pose pas la question pour les poules pondeuses, les canards mulards à gaver, les grives plaisantes à chasser et les autruches rigolotes à regarder, ils chassent sans vergogne le pigeon des villes, l'oiseau voleur de cerises ou de récoltes diverses.
On reconnaît aux oiseaux leur capacité à disséminer certaines graines ou encore leur aide dans la lutte contre la prolifération d'insectes "nuisibles" mais à part ça ? A quoi sert donc le moineau, le merle, la pie, la mésange ou le rouge-gorge ? On se le demande bien. Et puis, après tout, des espèces d'oiseaux ont déjà disparu sans que ça semble remettre en cause la survie du genre humain. D'autre part, on sait à présent que les oiseaux sont les derniers descendants des dinosaures. Peut-être ont-il fait leur temps, non ? Qui va aujourd'hui regretter la disparition de leurs lointains ancêtres ?
Alors, sans doute faudrait-il cesser de regarder tout ce qui nous entoure sous l'œil de l'utilité. La biodiversité est sans doute garante d'un équilibre subtil dont nous avons bien du mal à cerner toutes les implications. Si l'homme est passé maître dans l'art de faire disparaître ce qui ne l'arrange pas, de façonner son monde à son idée, rien ne dit qu'il a compris ce qu'il faisait réellement en agissant. Personnellement, ça me fait un peu chier de ne plus voir d'hirondelles, de verdiers, de faucons crécerelle.

samedi 10 mars 2018

Encore un dessin très dispensable

mardi 27 février 2018

Le dessinateur ne dessine plus

lundi 26 février 2018

Pas moins con que le cheval tout de même !

Sur le podium, l’homme n’est devancé que par le cheval et le chien Rien de neuf donc. Ce classement ne bouge pas d’un poil depuis quasiment cinq millénaires, depuis cette période que l’on a nommé, avec un bel à-propos, l’âge du bronze tandis qu’aujourd’hui encore, sa médaille d’or vaut au chien de se faire appeler Médor.
Si l’on tient compte des nombreux compétiteurs en lice, avec sa troisième place l’homme ne démérite pas. Devançant le phacochère comme le panda, le dauphin comme le rat-taupe-nu, seulement battu par les indétronables que sont les chiens et les chevaux, il mérite bien sa troisième place d’animal le plus con du monde.
Cette année encore, malgré ses efforts, l’homme n’a donc pas réussi à infléchir le classement en sa faveur. Et pourtant, convenons-en, il ne ménage pas ses efforts, l’être humain. Et qu’il mette la planète en péril, et qu’il organise des guerres, et qu’il invente le football ou les feuilletons télévisés, rien n’y fait, il reste bloqué à sa troisième place.
Si les experts se perdent en hypothèses toutes plus bêtes les unes que les autres, ils oublient trop souvent, par anthropocentrisme sans doute, de réfléchir à la vraie question qui est de savoir ce qui vaut au chien et au cheval leur place. Peut-être est-ce leur propension à rester proche de l’homme, justement ? Quels autres animaux acceptent cette promiscuité avec cette saloperie qui n’hésite pas à transformer l’un en lasagnes tandis qu’il contraint l’autre à être promené en laisse, à porter un manteau, à aller chez le toiletteur, à aider les flics, à chercher des truffes, à chasser pour l’homme. Le chien met la barre haute, c’est une certitude. Il est bien l’animal le plus con qui soit et sans doute encore pour plusieurs millénaires. Quel autre animal a accepté d’être placé dans un engin spatial et d’y mourir comme la chienne Laïka (petit aboyeur) en 1957 ? Il faut bien maîtriser la connerie extrême, il faut le reconnaître.

Mais alors, que faudrait-il pour que nous réussissions à conjurer le sort et enfin nous hisser ne serait-ce que sur la deuxième marche du podium ? La première idée qui nous vient à l’esprit est, cela va sans dire, de nous débarrasser du cheval, ce grand dadais à l’air si con qui ne (nous) sert plus à rien si ce n’est pour les jeux d’argent ou pour amuser le bourgeois et leurs rejetons. Le spectacle du con ou enfant de con à cheval, sa bombe sur la tête et la cravache à la main vaut son pesant de cacahuète. Cependant, prenons bien garde de ne pas nous penser aussi con que l’on en a l’air, le cheval l’est encore plus, lui qui accepte que l’on lui monte sur l’échine pour un picotin d’avoine.
Ce qui fait la force du chien et du cheval, c’est que chez eux la connerie est naturelle, sans arrière pensée, sans calcul. On parlerait de grâce divine si l’on croyait en l’existence d’une créature divine. L’homme, s’il naît également con, est tenté, parce qu’il commet l’erreur de se penser intelligent, de pousser sa connerie par l’éducation et l’organisation de sociétés. Cela le dessert, il est trop con pour ne pas le comprendre mais pas assez pour utiliser cette connerie à bon escient. C’est là la faiblesse fondamentale de l’homme, sa tare originelle. L’homme est tellement con qu’il en arrive à générer de l’intelligence chez certains de ses représentants. C’est contre productif au possible ! Qui a déjà entendu parler d’un chien ou d’un cheval intelligent ? Personne, jamais, nulle part.
Peut-être devrions-nous mettre en place des écoles dédiées à l’apprentissage de la connerie sans limite. Déjà, nous avons les universités d’été du Parti Socialiste, de Les Républicains, du MEDEF… Pourquoi ne pas s’inspirer de ces écoles d’excellence ? Pourquoi ne pas faire ruisseler la connerie depuis la sphère politique vers le peuple ? Comment peut-on aujourd’hui encore penser que ce peuple ne mérite pas d’atteindre un niveau de connerie minimum ? C’est un mystère que je ne m’explique pas.
Attention ! Je ne dis pas que toute la faute revient au peuple. Il sait très bien, d’une manière intuitive et innée, se montrer très con à l’occasion. Déjà, et c’est un signe marquant, c’est lui qui élit les politiques. Ce n’est pas rien. C’est lui aussi qui accepte de travailler en échange d’un salaire pour engraisser le capital, qui se réjouit de pouvoir consommer un peu des produits de peu. C’est un fait, le peuple est con mais pas tout à fait assez con. Il doit faire des efforts pour le devenir plus encore !

Des raisons d’espérer existent. Les efforts constants d’abrutissement du peuple commencent à porter leurs fruits. Bien utilisée, l’intelligence peut être un allié objectif de la quête sans fin de la connerie suprême. Avec Internet, les réseaux sociaux, la globalisation de l’information, on sent la connerie gagner chaque jour un peu plus de terrain dans les esprits. Un peu partout sur la planète, du moins dans les pays riches pour le moment mais ne désespérons pas, on enregistre une baisse sensible du QI des plus jeunes. Ici on ne sait plus lire un texte et le comprendre, là on n’est plus foutu de faire une opération de base, là encore, on croit que la terre est plate ou que la planète a été créée par un être supérieur il y a six mille ans. Faisons confiance à ces jeunes générations, soyons positifs, nous n’avons pas dit notre dernier mot, la connerie humaine va rebondir.
Le combat est lancé et les Macron, Trump, Poutine, Kim, Erdogan, El Assad ainsi que bien d’autres œuvrent afin de faire gagner la connerie « qualité humaine ». Grâce aux efforts conjugués de tout le genre humain, qui sait, peut-être l’an prochain remporterons-nous la médaille d’argent. C’est le défi auquel je vous engage, je compte sur vous tous, la victoire repose sur vous tous, nous avons besoin de vous, de votre connerie. Laissez-la exploser, laissez-la jaillir à flot continu, exprimez-la en tout instant, revendiquez-la sans cesse ! Soyez con et fier de l’être !

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