Des choses...

mardi 10 décembre 2019

Faire tomber Macron et ses sbires

dimanche 8 décembre 2019

La bêtise a encore de beaux jours

J'avais le pressentiment que j'allais m'amuser aux dépens d'un imbécile, je ne suis pas déçu. L'imbécile en question, je vous en ai déjà parlé. C'est celui qui envisage de renverser l'équipe municipale de sa commune en présentant une liste proche des "idées" macronistes. Cet imbécile a marchandé et j'ai accepté de lui mettre en place un site Internet. Je lui ai bien expliqué que j'assurais cette mise en place mais que, à aucun moment, je ne me chargerai de plus. Le site est plus ou moins en place, une formation a été dispensée à l'imbécile et voilà. Il reste à réserver le nom de domaine et à le faire pointer vers le site et, surtout, il reste à remplir le site en question. Et c'est là que ça commence à être amusant tellement le contenu rédactionnel déjà publié est affligeant.
Ce qui est fabuleux chez l'imbécile, c'est qu'il n'hésite pas. Ce spécimen n'est pas homme à hésiter. Il y va tête baissée, avec hargne et méchanceté. Je ne peux pas vous balancer les textes, je ne souhaite pas dévoiler l'identité de l'imbécile et le nom de sa commune, mais dans l'idée il est question de "népotisme", d'"hémorragie fiscale", de "clientélisme rampant", d'"idéologie partisane". Un vrai régal, je vous l'assure. Je ne connais pas du tout la réalité de la vie de cette petite commune. Je la traverse de temps à autres, pour aller ailleurs. Je m'y suis arrêté une fois pour faire des photos d'un site assez intéressant mais, vraiment, ce n'est pas l'une de ces communes qui font parler d'elles et qui pèsent dans la vie du département. Je sais que cette commune est gérée depuis l'après-guerre par des équipes se réclamant du Parti Communiste Français et du Parti Socialiste avec des alliances au gré des scrutins et de la constitution des listes. Vu de l'extérieur, c'est une commune tranquille sans grand attrait mais qui paraît fonctionner sans faire de bruit. Le maire actuel est dans l'équipe municipale depuis une trentaine d'années et il a décidé de prendre sa retraite.
Et l'imbécile, accompagné par d'autres du même type, décide de mener un combat âpre et volontaire. Il a l'ambition de donner un bon coup de pied salvateur dans la fourmilière et d'apporter des idées nouvelles et ambitieuses pour la commune. Au doigt mouillé, il m'a affirmé penser sincèrement remporter les élections dès le premier tour et avec au moins 75% des suffrages. En matière d'idées nouvelles, ça se pose un peu là. Pour commencer, planter des fleurs. Ah ! C'est pas du programme, ça ? Après, il fallait oser, mettre en valeur le patrimoine[1] ! Ce n'est pas ambitieux, ça ? Et puis, « redonner à chacun la fierté de sa commune, de son lieu de vie ». C'est bien le moins que l'on pouvait attendre de parfaits imbéciles. Le reste est un poil plus vague, moins précis. On apprend néanmoins que sera mis en place un guichet d'accueil à la mairie pour les habitants de la commune. Alors, oui, bien sûr, j'adhère à l'idée. Si, comme on peut le comprendre en creux dans cette déclaration, la mairie est interdite aux citoyens, qu'elle reste portes closes, barricadée, protégée des intrusions extérieures, je suppose qu'il est bon qu'une nouvelle équipe municipale ouvre enfin cet édifice public… au public. Là, je le reconnais, je ne peux pas critiquer.
Ce qui est bon dans cette initiative, c'est que les électeurs de la commune auront au moins l'occasion de se fendre la poire en lisant la prose de ces révolutionnaires marcheurs. Il s'en trouvera forcément pour se reconnaître comme assez imbéciles et voter pour la liste censée les réunir tous. J'espère que les imbéciles seront humiliés et balayés du paysage politique local. Ils ne méritent que beaucoup de mépris et plus encore de beaucoup de moqueries.
Je vous tiendrai au courant de l'avancée de la bêtise dans ce petit coin de Périgord.

Note

[1] Correction suggérée par Liaan. Merci à lui

dimanche 1 décembre 2019

La fin du monde débute aujourd'hui et ici

Vous en conviendrez aisément, ce n'est pas tous les jours que l'on a l'occasion de se réjouir d'avoir le sentiment d'être génial. Et justement, pour ma part, ce ne sera pas encore pour aujourd'hui. L'autre jour, il y a peut être une semaine pour être plus précis, j'entendais les propos d'un ancien ministre adepte des idées de l'effondrement, de la collapsologie comme on appelle cela lorsque l'on a le soin d'user et abuser de mots choisis qui vous permettent de briller lors d'une soirée entre amis, entre la poire et le fromage. Selon ce brave homme que l'on ne pourrait suspecter d'être sot puisque ancien ministre, la fin de notre civilisation basée sur l'énergie est à deux doigts (ou à trois mais guère plus) d'imploser. Et alors ce sera terrible. En l'espace de quelques années de 365 jours (366 pour les années bissextiles), nous passerons d'une chiée de milliards d'être humains à environ quatre de ces mêmes milliards. Avec joie et gourmandise, ce penseur défilait le cours de son scénario catastrophique. Il jubilait réellement à la description de toutes ces joyeuses calamités qui nous attendent. Plus d'énergie —plus de pétrole et plus d'électricité — mais aussi plus rien à bouffer, plus d'eau à boire, plus d'air à respirer. La grande fatalité, le fléau ultime, la fin douloureuse annoncées avec un sourire bienveillant et de la délectation à la commissure des lèvres.
Faut bien le dire, être spectateur de la fin du monde, ça doit être un truc à ne pas rater. Ça doit valoir le coup d'œil, ça doit mériter la peine d'être là pour y assister. Moi, les collapsologues, je ne pense pas qu'ils racontent n'importe quoi. Je ne suis pas assez optimiste pour croire que nous allons toujours vers des jours meilleurs et que le bonheur nous attend forcément au coin de la rue. Ils ont des arguments qui me semblent tenir la route. L'épuisement des ressources pour commencer. Je pense que, effectivement, le jour où il faudra un litre de pétrole pour extraire un litre de pétrole, on se posera la question de la pertinence de la continuité des opérations. Le jour où l'on aura épuisé bien comme il le faut la réserve de terres rares et de plein d'autres choses qui nous sont utiles pour l'agriculture ou l'industrie, nous serons dans la merde. Que, à plus ou moins long terme, pour des raisons multiples au rang desquelles on peut noter cette affaire de réchauffement climatique et de migration de populations dont on nous parle, il y ait des conflits sanglants, c'est possible, c'est envisageable.
Le monsieur qui parlait de cet effondrement à venir citait ces escrocs de Freud et Lacan (et je n'ai pas compris pourquoi, dans quels buts et en quoi ça allait dans le sens de son propos) et parlait d'ostéopathie, de calèches et de chevaux. Ce devait être passionnant et édifiant mais je reconnais avec toute l'humilité dont je suis capable avoir échoué à tout comprendre. La seule chose que je pense avoir comprise, c'est que nous allons vers le chaos, que nous n'y pouvons rien et que c'est comme ça. J'en prends bonne note.
Curieusement, je ne parviens pas encore à être trop inquiet du futur. Ce n'est pas que je cultive une confiance béate en cet avenir, c'est plutôt que je n'ai pas un cerveau préparé pour me projeter dans cet avenir. Déjà que je ne sais pas ce que je vais me préparer à manger ce soir. Je sais ce que j'ai à faire demain, après-demain, mercredi et jeudi (et peut-être vendredi), mais à l'horizon de vingt ou trente ans, impossible de l'imaginer. D'abord, il est possible sinon probable que je sois mort à cette échéance. Je ne me fais pas d'illusion. Parce que je n'ai pas de descendance, je ne me préoccupe pas du tout de la survie du genre humain. Je m'en fous. C'est mal, sans doute. En premier, je m'intéresse à moi. En second aussi, d'ailleurs. Je suis plus préoccupé par mes petits plaisirs ou tracas du quotidien que par les grandes questions de l'Humanité et de sa survie. Curieusement, j'ai conscience que l'être humain ne survivra sans doute pas éternellement et que si jamais il parvient à cela, ce ne sera sans doute pas tout à fait sous la forme que nous lui connaissons aujourd'hui et sans doute pas ici sur cette planète, avec notre soleil, dans notre galaxie. Peut-être le genre Homo continuera son évolution et essaimera-t-il vers un lointain ailleurs pour une nouvelle aventure. Selon moi, l'idée est du domaine de la douce science-fiction et toute réjouissante et enthousiasmante qu'elle puisse paraître, elle ne me concernera pas. De fait, si cela advient, je ne le saurai pas. Personne ne sera là pour me le raconter.
D'ici une dizaine d'années, nous ressentirons déjà avec plus de force les effets de cet effondrement qui aurait maintenant débuté. Notre quotidien en sera tout modifié et il faudra choisir entre l'adaptation et la mort. Assurément, on nous aidera à faire le choix. Ou bien nous aurons pas le choix. Ou bien seuls les riches, les puissants, les élites, auront le choix. Ou pas. Selon la forme de l'effondrement, on pourrait imaginer que les riches seront assis sur des tas d'or qui n'intéresseront personnes quand celles et ceux qui sauront se débrouiller, faire pousser, cueillir, chasser et pêcher seront les maîtres du jeu. On ne sait pas. Il s'en trouve pour penser que la réponse est entre les mains de la Science qui saura trouver les palliatifs nécessaires à la survie de tout un chacun. On en trouve aussi pour penser que notre futur passera par une prise de conscience et un rationnement. Ils pensent que la meilleure des idées est celle qui consiste à faire durer un peu ce que l'on a le plus longtemps possible. Il doit bien y en avoir pour réfléchir à des solutions plus radicales qui passeraient par une grosse réduction de bouches à nourrir. Et puis, bien sûr, il y a des politiques pour préconiser l'institution d'enclaves protégées des hordes invasives capables de préserver les richesses disponibles au profit des actionnaires de ces îlots sécurisés.
Les idées en lien avec la collapsologie semblent se propager sur l'ensemble de la planète. Aux USA, cela donne naissance aux mouvements survivalistes qui pensent que l'important est d'avoir un bel arsenal d'armes, de savoir faire du feu, de savoir se soigner avec les moyens du bord et toutes ces choses. En Russie, c'est un peu la même chose mais, il me semble avoir compris, plus dans un esprit de retour à la nature. En France et peut-être dans d'autres pays européens proches, je cerne moins bien les propositions. Ça me paraît plus être du domaine du bouleversement politique avec la mise en place d'entités plus petites, de noyaux indépendants de la taille de la commune ou du canton. Des idées de production et de consommation locales. D'un certain côté, lorsque l'on en aura fini avec l'idée du moyen de locomotion personnel aisé à mettre en œuvre (je me vois très mal devoir faire avec la traction animale), c'est sûr que l'on aura moins envie d'aller faire ses courses à vingt ou trente kilomètres de son lieu de vie.
Si je m'en tiens à ma façon de penser, l'Univers n'existait pas avant moi et s'éteindra avec moi. Factuellement, je n'ai jamais été aussi près de la fin qu'aujourd'hui à l'heure où j'écris ces lignes et il en est de même pour vous tous, pour la Terre, pour l'Univers (quoi que là, je ne suis pas certain que tous soient d'accord sur la question de la fin de l'Univers). Le fond de la question est de savoir si nous pouvons agir pour que cet effondrement annoncé se passe dans la joie et dans la bonne humeur ou pas. Je suis presque certain qu'il ne sert à rien de se lamenter, de pleurer, de taper du pied. De même, il est sans doute illusoire de croire qu'un miracle surviendra à temps pour agir à la manière d'un deus ex machina salvateur. A mon avis, comme d'habitude, l'Humanité fera comme elle pourra en fonction de ses possibilités avec ses grandeurs et ses bassesses. Il y aura des drames mais il y en a toujours eu dans l'Histoire. Il y aura aussi des progrès et des grandes idées et des découvertes et des raisons d'espérer.
Ce que je reprocherais aux collapsologues si j'avais du temps à perdre, c'est de n'aborder la question que du point de vue de l'Humain, lequel n'est ni l'alpha ni l'omega d'un très hypothétique programme écrit par on ne sait quoi ou qui. Sur notre Terre, la vie a existé avant l'Homme, elle continuera peut-être après lui. Je ne pense pas que la vie elle-même ait été "voulue". Sans doute est-ce inconfortable de se dire que tout cela n'a pas de but. A quoi bon alors ? J'ai entendu qu'il y aurait eu quelque chose comme 100 milliards d'être humains sur Terre au cours de ces dernières 2,5 millions d'années. Du coup, on comprendrait que, actuellement, nous serions près de 10% de tous les Humains qui ont jamais existé. Bon. Je me doute que je n'ai pas bien écouté ce que j'ai entendu et que, peut-être, ne s'agit-il que d'Homo sapiens. Alors, ce n'est peut-être pas sur 2,5 millions d'années qu'il faudrait calculer. Mais bon, on s'en fout un peu. Le truc, c'est que si nous sommes aussi nombreux aujourd'hui, c'est que l'on meurt moins jeune, que l'on vit plus longtemps, que l'on atteint surtout plus certainement l'âge de procréer et que les enfants à leur tour ont plus de chance d'atteindre cet âge. Alors, on peut regretter d'être si nombreux, de tant consommer, de tant exploiter les ressources à notre disposition, ressources en quantité forcément limitée, de tant tuer d'animaux pour nous nourrir et bla, bla, bla… Personnellement, je me réjouis un peu de n'être point mort lors de ma crise d'appendicite lorsque j'étais petit, d'avoir survécu aux multiples infections dentaires ou autres, d'avoir été réparé après les quelques fractures, de vivre en ce siècle qui m'assure tout de même bien plus de sécurité que ce que l'on pouvait espérer auparavant. J'ai un confort, une sécurité alimentaire, une profusion de stimuli intellectuels incroyables. J'ai la chance de vivre dans un pays riche dans lequel, si je ne suis pas des plus aisés, j'ai accès à des tas de trucs qui font rêver tant d'autres de mes semblables. Franchement, je bouffe, je picole, je fume, je m'éclaire, me chauffe, m'abrite, me promène, lis, écoute de la musique, regarde des films, pérore sur Internet, achète des objets inutiles, m'occupe comme bon me semble, le tout sans beaucoup me fatiguer physiquement. J'ai le luxe d'être un inutile, un fainéant, un quasi parasite et que l'on ne me le reproche pas plus que ça. Si je devais manger ce que je cueille, chasse, pêche ou fais pousser, je serais bien moins serein. Avec un peu de chance, demain ressemblera à aujourd'hui. Je serai un peu plus proche de la fin des fins mais je pourrai sans aucun doute encore envisager un demain avec sérénité et insouciance.
Lorsque l'effondrement aura fini son effondrement, qui serons-nous et comment vivrons-nous ? Je n'en ai pas la moindre idée. Par contre, je suis presque certain que celles et ceux qui seront alors concernés par la question trouveront, du moins pour certains, une adaptation convenable aux nouvelles conditions de vie. Et si ce n'est pas le cas, bah tant pis.

dimanche 24 novembre 2019

Salon des refusés

samedi 23 novembre 2019

Plume noire

mercredi 20 novembre 2019

Les Gilets Jaunes n'ont pas froid aux yeux et ne restent pas les mains dans les poches

vendredi 15 novembre 2019

On n'oserait pas se foutre de notre gueule

Il est possible sinon certain que je sois un peu énervé, ces temps-ci. Je ne me l'explique pas et ça ne manque pas de m'étonner mais je remarque supporter de moins en moins d'entendre le président Macron, les membres du gouvernement, leurs représentants et laudateurs, amis et associés, journalistes acquis à la cause, expliqueurs de tous poils, porteurs de la bonne parole libérale plus ou moins bienveillante, plus ou moins menaçante, plus ou moins péremptoire. Je n'en peux plus et je suis agacé.
Ce que je ressens depuis que Macron premier est aux manettes, je ne me souviens pas l'avoir ressenti auparavant avec autant de force et dégoût. Oui, je suis dégoûté. J'en ai marre, j'en ai plein le cul, j'en ai ras-le-bol. Voilà. C'est l'indigestion, limite la nausée. Je ne peux plus les entendre, je ne peux plus les écouter, fini, terminé, je ferme les écoutilles, je me bouche les oreilles, j'éteins le poste. Ça suffit.
La radio qui est ma principale d'information me devient insupportable. Je l'éteins souvent, je ne l'écoute plus que pour certaines émissions qui, je le sais, me plairont. Je me ferme au monde à force de ne plus vouloir lui prêter l'oreille. Et c'est assez grave, il me semble. Je ne lis plus la presse, je ne jette plus qu'un rapide coup d'œil sur certains sites d'informations. Je me contente de lire des titres et de ruminer ma haine pour les puissants, les décideurs, les experts, les donneurs de leçons. Je ne suis plus de ce monde, déjà. Tout de même, un peu, je regarde des vidéos de sites d'information sur Internet. Mediapart, Le Media. Je reste sur des discours qui vont dans mon sens.
Et pendant ce temps, la Macronie est à l'œuvre. Et parfois, je me dis qu'il n'est tout de même pas possible que l'on cherche à nous affaiblir encore plus, qu'il n'est pas croyable que l'on cherche à nous nuire plutôt que de nous servir, de servir les intérêts du "peuple". Hein ? Ce n'est pas possible ? Qu'est-ce qu'ils auraient contre nous, d'abord ? Peut-être bien qu'ils n'ont rien contre nous mais qu'ils ont quelque chose pour ceux qui sont plus haut que ce bas peuple.
C'est quoi la valeur d'un être humain ? On dirait qu'aujourd'hui un riche vaut plus qu'un pauvre. On dirait qu'il faut préserver les hautes classes au mépris des plus faibles. Et peut-être qu'il y a une logique derrière ça. Peut-être, après tout, est-on en train de réaliser ce que je crains depuis des années. On va réussir à nous dégoûter de la démocratie, on n'ira plus voter, on se contentera d'être de serviles petits consommateurs pieds et mains liées. On ne semble pas avoir suffisamment peur d'une possible révolte. Il paraît qu'une vraie révolution ne peut survenir que lorsque les classes moyennes se rangent aux côtés des classes les plus basses de la société. Je pense que nous n'en sommes pas encore là. Le petit bourgeois peut encore se payer ses petits plaisirs du quotidien, se donner l'impression d'être un privilégié qui mérite bien de l'être. Parce qu'il travaille bien pour la société, qu'il crée du PIB et de la croissance, ou parce qu'il a bien travaillé pour la société et qu'il peut maintenant profiter de sa retraite durement gagnée à la sueur de son front.
Et ceux qui ont encore les moyens de profiter du système ont bien raison de continuer à le faire. Ça ne durera peut-être pas. Il n'est pas impossible que les revendications sociales donnent de la voix dans les mois à venir et que ça s'enflamme pour de bon. Enfin moi je dis ça je dis rien, hein ! Je ne pense pas que l'on oserait se foutre de notre gueule jusqu'au point de non-retour.

vendredi 1 novembre 2019

Manus Machina

mercredi 30 octobre 2019

Ça ou autre chose, après tout…

J'hésitais beaucoup. J'aurais pu sortir et descendre l'escalier pour pouvoir le remonter. Alors, j'aurais pu dire que j'avais monté un escalier. J'aurais pu dire que je l'avais descendu précédemment mais il me semble que cela était implicitement compréhensible. Et puis, une fois en bas de l'escalier, je n'aurais pas eu la latitude de pouvoir l'écrire ou le dire puisque l'ordinateur serait resté en haut. Ou alors, il aurait fallu que j'aie eu l'idée alors que j'étais en bas. Là, on n'aurait pas pu me reprocher quoi que ce soit. Bien sûr, j'aurais pu descendre l'escalier avec l'ordinateur. Alors, je me serais assis sur les marches et j'aurais écrit que j'avais descendu l'escalier pour pouvoir vous le raconter. Mais là, je me doute que vous n'auriez pas mis longtemps à me déclarer fou. Qui descendrait un escalier avec son ordinateur sous le bras pour pouvoir écrire qu'il venait de descendre un escalier ? Un fou furieux, oui, vous auriez eu raison. Mais là, ce n'est pas le cas. J'ai descendu l'escalier sans ordinateur puis je l'ai remonté et j'ai pu retrouver l'ordinateur là où je l'avais laissé et commencer à écrire cette expérience du quotidien qui consiste à monter un escalier. Arrêtez de chipoter.
Parfois, je descends l'escalier pour aller voir si, par hasard, il n'y aurait pas un courrier dans la boîte à lettres. Habituellement, je ne le descends pas complètement. Je me contente de quelques marches. Alors, je me penche par dessus la rambarde et je regarde la boîte. S'il n'y a rien de visible, je fais demi-tour. S'il y a quelque chose, je me résous à descendre le reste de marches. D'ailleurs, je viens d'y penser en écrivant ces lignes, je ne sais pas combien il y a de marches à cet escalier. Je n'ai pas le souvenir de les avoir comptées. Il y en a plus que trois, plus que quatre, plus que cinq. Peut-être plus de dix, même ! Je n'en sais trop rien et ce n'est pas très important.
Ce que j'aurais pu faire aussi, ça aurait été d'aller faire une pâte à tarte brisée. Alors, j'aurais pu m'aventurer à faire une tarte aux pommes. J'aime bien la tarte aux pommes. C'est même ce que je préfère en matière de tarte. J'aime bien aussi la tarte aux oignons ou la tarte aux poireaux mais c'est différent. Et puis, j'ai des pommes dont je ne sais pas quoi faire. Pour faire une pâte à tarte, il aurait fallu que je m'assure d'avoir de la farine, du beurre et du sel en quantité suffisante. Et un peu de sucre aussi, si l'on veut. Des fois, j'en mets, des fois non. Si je ne sais pas si je vais utiliser cette pâte pour une tarte sucrée ou une tarte salée, je ne mets pas de sucre. Certains mettent des œufs, d'autres de la peau de lait. Je n'y suis pas opposé mais moi, je fais la recette de ma maman et de mes grands-mères. Pas d'œuf, pas de peau de lait.
J'aurais aussi pu aller me recoucher pour réfléchir à tout ça mais j'ai craint de faire un mauvais rêve. Cette nuit, justement, j'en ai fait un. Un des pires. J'avais arraché l'un des crochets de mes chaussures et j'étais bien ennuyé parce que je ne voyais vraiment pas comment réparer cela. Et puis, serais-je reparti me coucher qu'il n'est pas certain que je trouve le sommeil. D'un côté, sans sommeil, pas de rêve et sans rêve, pas de mauvais rêve. En me levant, ce matin, je suis allé vérifier l'état de mes chaussures. Elles étaient normales. Les crochets étaient tous bien à leur place. J'ai été soulagé. Du coup, ça aurait pu être une belle journée.
Un peu avant 7 heures, j'ai démarré mon serveur et mon ordinateur et j'ai commencé à travailler sur un dessin, une commande. C'est un dessin que je vous montrerai peut-être si vous êtes sages. Un jour. Je l'ai presque terminé tout à l'heure, vers 14 heures. C'est du dessin vectoriel. On peut toujours ajouter des détails, grossir presque sans limite. Au début, j'ai voulu le faire avec un autre logiciel que celui que j'utilise habituellement. J'ai bossé quelques heures dessus et puis je me suis rendu compte que je perdais du temps et que certaines fonctions étaient absentes. Alors, j'ai tout recommencé. Ça, c'était il y a quelques jours. Bien avant que j'aie l'idée de descendre un escalier pour pouvoir le remonter et vous raconter la chose.
Plus souvent, je me dis que ce que je pourrais faire, ce serait d'arrêter ce blog. Je pourrais le mettre de côté et passer à autre chose. Je risquerais peut-être de m'ennuyer un peu sans lui mais aussi, je ne me sentirais pas obligé de faire un dessin ou d'écrire un texte idiot pour le nourrir quotidiennement. En vérité, j'ai plusieurs dessins d'avance. Des motos, un camion, un engin bizarre, quelques personnages. Parce que, arrêter le blog, ça ne va pas m'empêcher de continuer à dessiner. La question est de savoir s'il est important ou pas de les montrer, ces dessins. Je suppose que si je le fais c'est que je dois y trouver mon compte.
Là, j'ai fait un dessin pour me changer les idées en buvant du café. J'ai trouvé que c'était un peu curieux, un peu amusant, et j'ai eu l'idée de le numériser pour le mettre dans le billet de ce jour. Comme ça, je n'ai pas eu besoin de descendre l'escalier et je ne m'en sors plutôt bien, du coup. Parce que, finalement, il y a des risques à descendre et à monter un escalier. Un faux pas et on peut se briser les os.

samedi 26 octobre 2019

La santé par les plantes

mercredi 23 octobre 2019

Titre

mardi 22 octobre 2019

De la difficile condition d'artiste d'art

Il n'en reste pas moins vrai que nous en sommes toujours à compter 24 heures par jour. Pour le dessinateur de bande dessinée comme pour le vulgus pecum, il en est ainsi et on peut soit s'en réjouir soit le regretter, on n'y changera jamais rien. Or, s'il est acté que la plupart d'entre nous ne savons déjà pas quoi faire de toutes ces heures, il en est tout autrement pour l'artiste dont nous ne pouvons que nous réjouir de ce qu'il condescende à nous porter quelque attention en nous gratifiant à l'occasion d'une planche aux couleurs subtiles et aux cases tracées avec précision et rigueur.
L'artiste dont il est question là aurait besoin de journées riches de bien plus d'heures pour parvenir à réaliser son art. Nous autres, pauvres philistins étrangers à la chose artistique, ne nous doutons pas de la somme de travail considérable nécessitée par la pratique de l'art de la bande dessinée. Nous regardons les images, nous pouvons même lire les textes, et nous en avons terminé en une grosse poignée de secondes. Nous n'imaginons pas que ce temps consacré à la consommation d'une planche n'est pas celui nécessaire à sa confection. Si j'osais une analogie, je rapprocherais bien cela au temps accordé pour déguster une portion de gigot de sept heures que l'on fait passer à l'aide de grands verres de pomerol.
Mais nourrir l'esprit n'est pas tout à fait comme se remplir la panse. L'art s'adresse plus à l'esprit qu'au corps, au cerveau qu'à l'intestin. D'ailleurs, la sagesse populaire le sait bien qui affirme que l'art ne nourrit pas son homme. Et combien d'artistes optent pour un boulot alimentaire afin de, justement, ne pas souffrir de cachexie ? Parce que oui, bien que différent de nous, l'artiste est bien, lui aussi, obligé de manger et boire pour espérer survivre. S'il le pouvait, il se passerait bien de manger. De boire, c'est une autre affaire. L'artiste est notoirement un grand buveur, de vin rouge principalement. Selon la reconnaissance qu'il obtiendra des critiques ou des Arnault et autre Pinault, il se contentera d'un petit vin de pays sans prétention ou goûtera de rares vins de Bourgogne hors de prix.
Pressé par la montre, l'artiste ne s'arrête de travailler qu'anéanti de fatigue ou tenaillé par la faim. L'artiste dort peu et mal. Comme il mange, d'ailleurs. Aussitôt éveillé, son inspiration revient au galop et bientôt, la nécessité fait loi. L'artiste ne peut pas lutter contre l'art, contre la force de l'art, contre l'impétueuse exigence de l'art. Alors, il retourne à son travail pour une nouvelle journée qu'il sait déjà trop brève. Parce que l'artiste, lui, sait le caractère impératif du travail bien fait. En cela, il peut se rapprocher de l'artisan consciencieux qui met un point d'honneur à approcher la perfection. Mais l'artisan n'est pas artiste et il considère, lui, que les journées sont bien assez longues comme cela.


Les heures passent, finissent par constituer des jours qui à leur tour forment des semaines. L'artiste est aux abois, il se désole de ce manque de temps, de la course du temps, ce ce temps qui lui échappe, qui court devant lui et qu'il ne parvient pas à rattraper. La vie de l'artiste n'est pas rose. Déjà, il sait qu'il ne pourra pas livrer à temps. Le temps le presse, il veut bien faire, il veut satisfaire l'appétit d'ogre de ses admirateurs, il voudrait combler ces insatiables lecteurs, ces bédéphages boulimiques qui ne savent que dévorer à belles dents tout en en demandant toujours plus et plus vite. Ils ne connaissent nulle pitié, nulle indulgence. Ils réclament, ils entendent que l'on leur fournisse de la planche de bande dessinée à foison, distribuée à la fourche, par pleines poignées, jusqu'à l'indigestion, jusqu'à la nausée.
Et comment l'artiste peut-il répondre à cette demande déraisonnable ? Hein ? Comment peut-il toujours dessiner plus et plus sans y perdre sa santé et sa raison ? Comme il aimerait que le lecteur entende un peu de sa souffrance tue par un trop-plein de modeste humilité digne et pudique ? Il ne se plaint pas, l'artiste. Il courbe l'échine, pare les coups, serre les dents et, vaincu, retourne au boulot. Il a une mission qui lui est imposée par une force supérieure qu'il n'est pas de taille à contrer. L'artiste doit faire avec cette malédiction et il sait pertinemment qu'il ne devra pas attendre de compréhension de la part du public ignorant de tout et du reste. Non ! Être artiste n'est vraiment pas une sinécure !
Et l'artiste, en plus de tout cela, a le malheur immense d'être généreux. Pas une petite générosité de rien du tout, une générosité envahissante et délétère, une générosité qui lui fait donner même lorsqu'il n'a plus rien ou presque. L'artiste serait du genre à donner son manteau à un pauvre si seulement il avait encore un manteau. Aujourd'hui, alors que l'artiste est acculé par le temps qui passe trop vite, il parvient à donner malgré tout. Il a sorti de ses archives une œuvre datée de 1982 et il vous la propose. Au moment de la découvrir, ayez une pensée sensible pour la condition malheureuse de l'artiste, faites preuve d'un peu de bienveillance et pensez à le remercier pour ses efforts, l'artiste aime les remerciements presque autant que le vin rouge. Ça le nourrit et l'encourage.

jeudi 17 octobre 2019

L'amour du travail bien fait

Je n’ai pas payé ta facture car j’ai eu un prélèvement de 550 euros. L'excuse est à mon avis tout à fait recevable. Le client m'assure qu'il va procéder au règlement "sous peu" depuis un certain temps. Là, alors que je ne lui demandais rien, que je ne l'ai pas relancé, il tient à me rassurer en m'envoyant un courriel. J'apprécie l'attention. Il m'avait appelé à l'aide, il était en détresse, il avait un besoin urgent d'un coup de main. Il m'a écrit et puis, sans doute parce que je ne lui ai pas répondu assez vite, il m'a téléphoné. Il m'a expliqué son souci, il a su trouver les mots pour me dire son grand malheur et l'urgence de la situation et moi, la larme à l'œil, n'écoutant que mon grand cœur sensible et bienveillant, j'ai laissé le crayon ou le pinceau ou le je ne sais quoi que j'utilisais à cet instant précis pour porter secours à cet homme aux abois.
Je ne me souviens plus avec précision ce que j'étais en train de faire à ce moment là mais je me souviens que le problème que je m'étais approprié alors qu'il ne me concernait absolument pas quelques minutes avant m'a occupé au bas mot pendant trois heures. Je me souviens de l'intense satisfaction d'être parvenu à mes fins, d'avoir réussi à démêler l'écheveau, la joie d'avoir vaincu, d'avoir gagné. Un petit moment de bonheur simple, une petite victoire contre l'adversité. J'adore ça. J'adore réellement ce moment où je finis par comprendre l'origine d'un problème et que j'entrevois la solution, la méthode, le truc, l'astuce. J'adore.
Et alors, je me dis que pour tant de bonheur, de joie, de satisfaction, finalement, je pourrais bien accepter que l'on ne me donne pas, en plus, de l'argent. Après tout, j'ai bien été suffisamment récompensé de mes efforts. J'ai peur de paraître trop bassement mercantile en réclamant que l'on me paie quelque chose pour ces quelques rares instants au cours desquels je me suis senti plus fort que l'adversaire. J'ai été heureux, j'ai rendu un homme heureux, la vie nous a semblé heureuse et pleine de promesse. Qui serais-je pour oser en demander plus ? Je vous le demande.
Ce qu'il y a de confortable avec les travaux techniques, c'est que l'on peut envisager d'atteindre à la satisfaction vraie, entière, complète, pleine. Lorsque vous parvenez à débloquer un boulon, lorsque votre pain est bien cuit, lorsque le robinet ne fuit plus, lorsque la fracture est bien réduite, lorsque la facture est bien enregistrée, que la comptabilité est juste au centime, que le condamné à mort est bien décédé, que le blé est bien récolté, que la loi est bien passée, on est content. On ne se pose pas plus de questions. Mais lorsque l'on est dans le "travail de l'esprit", c'est pas la même affaire. Une ligne de texte, une touche de couleur, un trait de crayon, une note de musique, une tirade, un pas de danse ou une rime ne peuvent jamais être considérés comme parfaits. Enfin c'est ce que je pense. C'est pour cela que j'aime bien avoir des boulots techniques, ça repose. Et le repos ajouté au contentement sans condition, c'est déjà bien assez payé, non ?
Ah oui ! J'oubliais de le préciser. Si le client m'a envoyé ce courriel pour me dire qu'il ne m'avait pas payé, c'était aussi pour me demander un nouveau petit service. Trois fois rien, juste un petit quelque chose qu'il n'arrive pas à réaliser par lui-même et qui ne me prendra pas beaucoup de temps. Déjà, j'apprécie beaucoup que l'on puisse considérer que j'aie quelque compétence qui n'est pas à la portée du premier quidam venu. Mine de rien, ça fait du bien. On sent son ego tout ragaillardi, tout pimpant. Ce n'est pas rien. Surtout que je suis de nature à parfois me rabaisser un peu, à ne pas avoir une confiance inébranlable en moi. Finalement, je devrais sans doute remercier ce client de me faire confiance. J'hésite encore à lui facturer le petit boulot que je viens de faire pour lui, entre 6 et 9 heures, ce matin. Déjà qu'il n'arrive pas à régler 60 euros…

mardi 15 octobre 2019

Malgré la défaillance de l'auteur du feuilleton en bande dessinée, la joie continue

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