Deux Chevaux

vendredi 13 janvier 2017

Un citoyen respectueux

Bien garée

lundi 14 novembre 2016

Hippophagie

Liaan, gentil lecteur de ce blog qui nuit (très) grave, nous fait part dès potron-minet ce matin du fait qu'une revue bien connue des amateurs de 2cv Citroën fait de la pub pour ce blog qui nuit (très) grave dans un encart diffusé sous la forme d'un fichier pdf.
Toujours soucieux de capitaliser mon pouvoir de nuisance, je n'hésite pas à vous faire subir la vision d'une photo déjà publiée ici mais traitée, pour l'occasion, en noir et blanc.
La question est de savoir si François Brun, boucher-charcutier à Limoges (Haute-Vienne) se sert de sa 2cv pour transporter de la viande chevaline, bien entendu.

2cv à Brive

mardi 5 janvier 2016

Mais où sont les neiges d'antan ?

2cv des neiges

jeudi 3 décembre 2015

Le pinard, ça devrait être obligatoire

Un dessin qui était pourtant mal parti. Hier, alors que j'essayais d'en faire un autre et que je pataugeais péniblement, j'ai eu l'idée de prendre une nouvelle feuille de papier pour conjurer le sort funeste. Parfois, je fais comme cela. Lorsque je ne parviens pas à mes fins, je passe à autre chose et, pas toujours, ça me permet de me vider la tête et de revenir à la première idée et de la mener à bien. Cette fois-ci, j'ai eu l'idée de me changer les idées avec une 2cv. Mais ça n'a pas marché du premier coup. Impossible de dessiner cette putain de bagnole ! Nom de dieu. Ce n'est pourtant pas si difficile de dessiner cette voiture ! J'avais un problème, voilà que je devais faire face à un nouveau. Ce n'est pas bien malin. Je me suis agacé, j'ai gommé, j'ai pesté et râlé. J'ai tout effacé et je suis reparti de zéro. Quelques traits, quelques courbes et la forme générale apparaissait enfin ! Et là, une idée chassant l'autre, un dessin est apparu. Et je me suis pris au jeu et j'ai ajouté ceci et cela, une barrique et une maison, du texte et des détails. Cette fois, le dessin prenait réellement forme et je m'amusais à laisser le crayon le faire apparaître. Alors que ce n'était vraiment pas le but premier, j'ai décidé de le terminer tout à fait et puis je suis allé jusqu'à prendre le pinceau et l'encre de chine et alors que je le terminais je m'apercevais qu'il était déjà l'heure de penser à faire cuire le poulet.
Il n'est sans doute pas nécessaire de préciser que je n'ai pas fait le dessin que je devais faire ?

2cv et vinasse
2cv et vinasse

dimanche 23 novembre 2014

2cv vaporisée

2cv à vapeur

vendredi 5 septembre 2014

2cv pirate

Deux chevaux pirate

jeudi 4 septembre 2014

Avec des ménagements

déménagement

dimanche 27 juillet 2014

2cv miniature

2cv 1951 miniature de 3/4 avant

Miniature 2cv 1951

lundi 23 juin 2014

2cv à Périgueux (4 et fin)

Pour en terminer avec cette affaire de Deux Chevaux exposées à Périgueux pour les 75 ans de la naissance de la petite Citroën, je vous ai réservé une sélection de modèles bizarres.

C'est un personnage. Jean-Pierre Monmarson, si vous êtes déjà allé au marché de Périgueux ou si vous vous êtes déjà trouvé à participer à une manifestation en plein-air dans la ville, vous l'avez sans doute aperçu ou entrevu. On l'entend de loin. Un roulement de tambour, une voix puissante et chantante, c'est lui, sous son képi, plaque de la Loi sur le poitrail. C'est le garde-champêtre des vieux quartiers de la ville. Bonhomme, il se prête au jeu avec les photographes. Il prend la pose. Roulement de tambour, il harangue la foule une fois de plus. Mais la question est : "vrai ou faux garde-champêtre ?".

Jean-Pierre Monmarson garde-champêtre autoproclamé
Parmi les 2cv présentes, une authentique voiture ayant participé au mythique Paris-Kaboul 1970. De cette époque aventureuse, elle a conservé les autocollants et des traces qui sont autant de trophées.

Authentique !
Décapotable, la 2cv l'est depuis le début. Décapotable, mais pas cabriolet. Et voilà que certains ont considéré que la 2cv aurait mérité mieux en matière de voiture de loisirs. Qu'à cela ne tienne, si Citroën ne le fait pas, on le fera. Les transformations sont plus ou moins heureuses et plus ou moins artisanales. Certaines entreprises ont commercialisé des kits permettant de changer la 2cv en cabriolet.

Cabriolet
Plus radical, on peut, à partir de sa 2cv, créer un véhicule qui lorgne du côté des cyclecars d'anthologie. Nous avons déjà vu la Lomax, place à la Patron. Sur cette dernière, on peut aller loin dans les détails. On note particulièrement les couvre-culbuteurs qui permettent de masquer un peu plus encore l'origine populaire de la machine.

Patron ! Une 2cv !

Z'avez vu les couvre-culbuteurs, patron.

Mais de toutes les voitures présentées, il en est une qui m'a particulièrement attiré. Autant le dire, on ne peut pas rester indifférent face à cette personnalisation très... personnelle. Au départ, lorsque je l'ai aperçue, j'ai été à deux doigts de la nausée. Franchement, il est difficile de l'aimer, cette chose. Voyons voir. Une 2cv aux ailes coupées, décapitée, les portes réduites à leur minimum, de la fourrure synthétique pour habiller la planche de bord, de gros phares de Traction Avant, des petits clignotants montés sur le capot, le tout servi avec une peinture que l'on jugera prudemment de spéciale.

Prévue pour participer à des raids
N'écoutant que mon courage, je m'approche tout de même du monstre, à l'abri derrière mon appareil photo. Et là, je n'en crois pas mes yeux, je m'aperçois que je suis en présence d'une 2cv légendaire ! Et je pèse mes mots. Oui. Mes yeux sont attirés par un petit bout de papier glissé sur le pare-brise. Incroyable !

1972
Je vous explique. Cette voiture, j'en ai entendu parler pour la première fois il y a une petite quinzaine d'années. Celui qui m'en avait parlé me racontait l'histoire de cette 2cv, dont il n'avait aucune photo, construite par son frère. Pas de photo, plus aucune trace de la 2cv modifiée et réceptionnée par le service des mines. Peu d'éléments à se mettre sous la dent. Si l'on ajoute à cela que l'on ne peut pas vraiment porter crédit, d'une manière générale, aux dires de la personne qui me racontait l'histoire, je peux vous assurer que j'étais dans le doute le plus profond.

Dalix original
La voiture existait donc et, plus surprenant encore, existe toujours. Elle a été achetée au début des années 80 par son propriétaire actuel qui l'a repeinte et l'a conservée dans l'esprit de son concepteur. Il admet que cette voiture ne peut pas plaire à tout le monde. Pour moi, elle est le reflet d'une époque et elle a le mérite d'exister et d'avoir été préservée. Ce n'est pas la plus belle des 2cv du monde mais, au moins, elle est étonnante et fait tourner les têtes.

On aime ou on déteste

UMAP
Plus "classique" l'UMAP dont je vous ai déjà montré une photo. Apparemment, son propriétaire a choisi de la conserver dans son jus à moins qu'elle ne soit dans l'attente d'une restauration complète. Le plus difficile est, bien entendu, de trouver les pièces qui lui sont spécifiques.
Et pour terminer, un petit jeu. Il s'agit de donner la marque ce cette automobile qui s'était introduit dans la manifestation.

Mais qu'est-ce donc ?

dimanche 22 juin 2014

Editions Picotin

Revue 2cv page de couverture

jeudi 19 juin 2014

2cv à Périgueux (3)

Avant d'aller dépanner un PC forcément en panne, je continue mon compte-rendu du rassemblement de 2cv à Périgueux organisé pour fêter les 75 ans de la naissance de cette automobile.

Qu'est-ce qui fait donc la force de la deux pattes Citroën ? Est-ce sa gueule atypique ? Cette face avant qui nous montre deux ailes rebondies surmontées de petits phares ? Ce profil immédiatement identifiable tracé d'un trait simple qui fait qu'un enfant ou qu'un mauvais dessinateur peut dessiner une 2cv reconnaissable ? Cette suspension dansante qui amuse ? Ce petit moteur au son aigrelet ? Cet agencement de solutions techniques avancées et d'économies de bouts de chandelle qui constitue un ensemble bizarre ? Je ne le sais pas. Il m'a toujours semblé que l'on ne pouvait pas acheter et conduire une 2cv par hasard. On peut refuser la solution proposée par Citroën et lui préférer un ersatz ou un autre. Certains, à une époque, lui ont préféré, allez savoir pourquoi, la 4L qui, pourtant et selon moi, ne possède aucun argument en sa faveur. On ne peut pas avoir d'attitude tiède vis-à-vis de la deuche. On l'aime ou on la fuit.

La 2cv en voit de toutes les couleurs
Pour moi qui suis très partisan, la 2cv est un véhicule éminemment sympathique. Elle n'est pas prétentieuse, elle est modeste. Elle est rigolote, amusante, on lui pardonne beaucoup. Elle peut pétarader dans un nuage de vapeur d'huile, se traîner sur la route, on l'excuse. La conduite d'une 2cv ancienne, c'est quelque chose ! Vous êtes assis sur une sorte de hamac tendu par des élastiques et vous avez ce volant en fer devant vous. A droite, vous avec le levier de changement de vitesse. Un tube coudé surmonté d'une boule. Devant vous, ce qui constitue le tableau de bord. Un ampèremètre et trois tirettes. Une pour le starter, une pour le contact et une pour le démarreur. Oui. Sur les vraies vieilles 2cv, pas de clé de contact. Pas plus de serrure de porte. Qui veut l'utiliser peut la prendre. A vos pieds, les trois pédales qui commandent l'embrayage, les freins et les gaz. Des pédales qu'il faut enfoncer droit devant vous en appuyant sur des tampons ronds de caoutchouc. L'accélérateur, lui, est une palette que l'on peut plaquer contre le tablier sans crainte. La 2cv est la seule voiture au monde que l'on peut mener à fond sur de nombreux kilomètres sans rien craindre pour sa santé.

Une restauration au-dessus de tout soupçon
Vous tirez le contact, vous maintenez la tirette de starter et vous glissez l'index et le majeur de votre main droite sous celle du démarreur. Un bruit se fait vite entendre. Le démarreur s'engrène sur la couronne du moteur qui commence sa rotation dans un bruit qui n'a rien de rassurant. Avec un peu de chance, ça démarre. La voiture est prise de secousses, de tremblements, de trépidations. Des sons arrivent de partout, ça vibre des ailes, du capot, du moteur, de partout ! Bien. Vous y êtes. Il faut agir ! Votre pied gauche pèse sur la pédale d'embrayage, la paume de la main droite empoigne le levier de vitesse et le bascule vers la gauche avant de pouvoir le tirer vers l'arrière. Vous êtes en première. Vous plongez vers le bas, vous tirez légèrement le levier de frein à main, le pivotez et le relâchez. Votre pied soulage l'embrayage tandis que l'autre appuie sur l'accélérateur. Comme vous aviez les roues braquées, la 2cv commence à rouler en faisant des bonds qui vous inquiètent. Etes-vous en train de tout casser ? Bien sûr que non ! C'est normal ! Normal mais, tout de même, ça fait peur. Le volant vous indique qu'il n'est pas d'accord. Vous devez le tenir fermement et vous ressentez les secousses jusque dans les épaules. Vous ne faites pas trop le fier, la sueur perle à votre front, vous terminez votre demi-tour en serrant les dents et vous remettez les roues droites. Ça va mieux. Accélération, le moteur rugit. Il faut passer la deuxième vitesse. Pied gauche à fond sur la pédale, pied droit relevé, main droite qui pousse le levier de vitesse, qui le laisse reprendre sa position centrale et qui pousse à fond, loin en avant. Vous êtes en seconde. Jeu de pieds, vous gagnez de la vitesse. C'est grisant. Le moteur prend les tours et montre sa bonne volonté. L'aiguille du compteur, dans le coin gauche du pare-brise, vous donne une indication approximative de votre allure. Vous roulez, la direction est douce, la suspension fait descendre et monter la voiture au gré des creux et bosses de la chaussée. Associée à la mollesse des sièges, vous vous promenez sur un axe vertical en même temps que vous avancez sur un axe horizontal. Là, c'est au choix le sourire ou la nausée qui vous arrive aux lèvres.

Marquée par les affres du temps mais toujours roulante
Vous passez la troisième. Simple ! Il suffit de tirer le levier droit vers vous en arrière. Immédiatement, l'aiguille du compteur s'envole. Parce que vous avez pensé à rouler la capote, le sommet de votre crâne frise d'une brise rafraîchissante bienvenue. Cette petite route de campagne en légère descente vous incite à passer la surmultipliée. Attention, manœuvre délicate à venir ! Un coup d'œil rapide sur le tableau de bord vous indique la technique. De la troisième, vous basculez le levier vers la droite et là, vous poussez à fond très loin en avant. Ah oui, ça surprend au début. Et là, vous accélérez tout ce que vous pouvez. Le moteur ne prend plus guère de tours. Vous êtes au maximum de la vitesse possible. Qu'indique le compteur ? 70 km/h ? Ce n'est déjà pas si mal pour un moteur de 375cc qui développe moins de chevaux qu'un petit vélomoteur de 125cc actuel.

2cv 1959 ou 1960
Mais on le sait bien, le bonheur ne dure qu'un instant et voilà un traître faux plat qui se profile à l'horizon proche. Le moteur baisse les bras. Il faut déjà repasser en troisième. Si vous n'êtes pas trop chargé, vous pouvez espérer conserver une allure de l'ordre des 60 km/h. Un peu plus loin, vous devez tourner et prendre la petite vicinale. Vous cherchez les clignotants ? Laissez tomber. Il n'y en a pas. Vous levez la demi-vitre et tendez le bras pour indiquer votre intention aux autres usagers de la route. Rétrogradage, braquage, la 2cv est prise de soubresauts inquiétants. Enfin on s'y fait, on apprend vite à élargir les virages serrés. Accélération, troisième, ça roule vite sur cette route défoncée. On comprend l'intérêt de cette suspension géniale. La voiture reste très confortable. On s'amuse, on se prend à chercher les nids de poule exprès, pour voir.

2cv-75ans-49-3.jpg
Et à présent, voilà que la route devient une belle descente pleine de virages raides. A fond de surmultipliée, vous foncez en agrippant le volant avec volonté. La caisse penche dangereusement mais les roues ne quittent pas le macadam. Par contre, vous le sentez bien, il faut imposer votre idée au volant. Attention de ne pas le lâcher, les roues reviendraient bien vite en ligne droite. Vous filez ainsi de virage et courbe et, pour une fois, vous semez tout ce qui roule ou presque. Vous conduisez sportivement à allure modérée. Un bonheur à nul autre pareil.

Brochette de 2cv
Seulement voilà. En cette saison, le temps est changeant. La pluie arrive. Il faut s'arrêter pour remettre la capote en place. Les épaules trempées, vous reprenez place dans la voiture. Comment on met les essuie-glaces, sur cette foutue bagnole ? J'ai beau tiré la molette sous le compteur, il ne se passe rien ! Serait-ce en panne ? Si je tourne la molette, les balais se promènent sur la vitre mais sinon, ça ne fonctionne pas. Mince, ça doit être cassé. Et non ! Bon sang, mais c'est bien sûr ! C'est le câble du compteur qui entraîne le système ! Il faut rouler pour que ça fonctionne. Plus on roule vite, plus ça essuie vite. Pas bête. La nuit tombe. Il faut mettre les phares en tournant la commande fixée sur la colonne de direction. Hum. J'éclaire un peu bas. Une molette sous la planche de bord permet de régler ça aisément. Bien pensé. Mais c'est qu'il commencerait presque à faire frais, ma foi. On plonge sous la planche de bord, deux bouches de chauffage permettent de faire entrer l'air chaud puisé au niveau des culasses dans l'habitacle. Efficace, finalement.
Je reviens à mon point de départ. Je vais avoir du mal à reprendre ma voiture avec ABS, turbo-Diesel, aides à la conduite de toutes sortes, climatisation, phares au xénon, intérieur cuir et système de sonorisation huit hauts-parleurs, régulateur de vitesse et boîte robotisée 7 vitesses, deux-cents chevaux sous le capot et fermeture centralisée des portes, GPS et bluetooth pour le téléphone.

mercredi 18 juin 2014

2cv à Périgueux (2)

Les prétextes légèrement spécieux qui présidaient à la tenue de ce rassemblement de deux chevaux Citroën dans la cité pétrocore étaient d'une part les 75 ans de la 2cv et la fête des pères.

"Un art de vivre". Rien de moins. Un temps, je m'en souviens, certaines 2cv indiquaient, sur un autocollant apposé sur la lunette arrière, l'avertissement suivant : "Je ne roule peut-être pas vite mais je suis devant vous". Si ma mémoire ne me fait pas défaut, mon grand-frère avait marqué sur la porte de malle la devise suivante : "Rigole pas, bourgeois, ta fille est peut-être à l'intérieur". Je ne suis pas sûr qu'il reste encore une trace iconographique de la chose dans les archives familiales. Je me renseignerai à l'occasion.

Philosophie à la petite semaine
Quoi qu'il en soit, dans le cahier des charges originel, il n'était pas fait état d'art de vivre. Pierre Boulanger qui présidait aux destinées de Citroën depuis que la marque était tombée dans le giron de Michelin après le suicide de André CItroën avait défini ses attentes d'une manière laconique mais précise. Il voulait une voiture "pouvant transporter quatre personnes et 50 kg de pommes de terre, à la vitesse de 60 km/h, pour une consommation de 3 litres d'essence aux 100 km... elle devra être conduite par une femme ou un débutant... et l'esthétique, je ne veux pas en entendre parler !". En charge au bureau d'études de se débrouiller avec ça. Faible consommation, ça veut dire faible poids. Le poids, c'est l'ennemi. On a pensé utiliser des matériaux nobles. Magnésium, aluminium. Ce fut de la tôle mince qui fut choisie. Moins chère.
L'histoire de la 2cv a été émaillée de rebondissements, d'errements et de questionnements qui nous montrent combien, en ces années trente, l'industrie automobile était encore une affaire d'ingénieurs et de bricoleurs de génie. Ce qui fait la force incontestable de la 2cv, c'est cette vision que Pierre Boulanger avait de ce que devait être la voiture populaire. Dans ces années lointaines, la France était encore principalement rurale. Les routes étaient encore bien souvent des chemins blancs et l'attente, les besoins, étaient dans une automobile utilitaire et facile.
"Un parapluie sur quatre roues", dira-t-on plus tard. Tout à été pensé et choisi en fonction du maigre cahier des charges. Une capote ? Parce que c'est moins lourd que la tôle. Les grandes roues ? Pour passer les nids de poule. Des phares ? Oui... Mais la réglementation n'en impose qu'un ! On gagne du poids. Les sièges ? Une simple structure tubulaire tendue de tissu. Pierre Boulanger refusait d'entendre parler d'une quatrième vitesse. On n'en mit pas. Ou plutôt, on l'appela malicieusement "surmultipliée" avec un "S" pour l'indiquer sur le schéma explicatif du passage des vitesses peint sur le tableau de bord.
La 2cv est "la" voiture intelligente. Elle peut partager ce titre, peut-être, avec la Ford T. Si elle est aujourd'hui objet de convoitise et de dévotion, il faut se souvenir de l'accueil moqueur qu'elle a reçu à sa présentation publique. Elle est laide, la 2cv. Objectivement. Laide mais pleine de charme.

2cv Type A magnifique
Lors de ce rassemblement, des modèles de toutes les années étaient présentés. La plus belle, la plus ancienne, la mieux restaurée était cette Type A de 1951. C'est là la "vraie" 2cv, celle qui répond le mieux au cahier des charges. Elle ne roule pas vite mais elle emmène bien son chargement prévu sur les petites routes. La légende dit que Walter Becchia, l'ingénieur génial, aurait conçu le moteur en une nuit. Et génial, le moteur l'est aussi ! Un petit flat-twin culbuté robuste, vif, fiable. Il acceptera de grossir au fil des ans sans jamais rien perdre de ses qualités.

Une restauration exemplaire menée jusque dans les plus intimes
Rapidement, le cœur de cible de la 2cv sut s'élargir et tout le monde voulut sa 2cv. Les jeunes virent là le véhicule qui allait pouvoir leur permettre de parcourir le vaste monde et découvrir de nouveaux horizons. Après la croisière jaune et la croisière noire, Citroën renouait avec ses raids motorisés. Une 2cv présente à Périgueux était un témoin "vivant" de cette époque.

Historique !
Chez Citroën, ont su prendre conscience de la mine sur laquelle on était assis. On avait une base mécanique qui permettait toutes les folies automobiles. Une plate-forme et un moteur, une transmission et des suspensions qui autorisaient tout. On fit des utilitaires, des véhicules ludiques, des automobiles plus cossues, des véhicules à quatre roues motrices. Que ce soient les Méhari, les AMI 6 et AMI 8, les Dyane, les 2cv Sahara ou les fourgonnettes diverses, tout a été tenté sur cette base. Tout ou presque. Citroën a été quelque peu frileuse mais heureusement, des acteurs extérieurs planchèrent aussi sur la question.

Lomax, le plaisir à belles dents
Pourquoi Citroën n'a pas osé aller voir du côté du véhicule réellement amusant ? Pourtant, la 2cv s'y prête merveilleusement ! N'oublions pas que certains prototypes ont utilisé un moteur de moto BMW. La 2cv, finalement, est peut-être la première motocyclette à quatre roues. Il est d'ailleurs amusant de voir que, longtemps, la seule "caisse" qui gréaient aux motards était la deux pattes !

Méhari, la 2cv en plein air
La Méhari est née en 1968. Son lancement a été un peu raté à cause des événements menés par de dangereux gauchistes. C'est là aussi une voiture géniale qui n'est pas sans rappeler tout à la fois la célèbre Jeep et la Mini Moke. C'est un véhicule de loisirs. A l'aise sur les petits chemins et en ville, facile d'accès, amusante à conduire, capable d'accueillir des charges volumineuses, elle est aujourd'hui l'objet d'une économie parallèle qui fait que son prix la rend plus ou moins inabordable. Ceci étant, il est possible aujourd'hui, si l'on y met le prix, d'acheter sa Méhari "neuve", entièrement refaite avec un maximum de pièces refabriquées.

Rare UMAP, moins d'une centaine produites
Bien plus rare et certainement pas moins chère, était présente une UMAP. Il s'agit d'un ravissant petit coach sportif capable d'atteindre un bon 100km/h construit à la fin des années 50. Moins de cent exemplaires auraient été produits. Qui irait, à l'arrêt, démasquer une 2cv sous cette carrosserie aguichante ? Ah ! Par contre, dès que le moteur est lancé, on dévoile la supercherie ! C'est bien le son aigrelet du bicylindre Citroën qui se fait entendre. Cette rare UMAP mériterait une bonne restauration mais la sauvegarde en état authentique, dans son jus comme on dit, est respectable également.

Méhari
La suite demain !

mardi 17 juin 2014

2cv Citroën à Périgueux

2cv-petit.pngA l'initiative de je ne sais qui, de je ne sais quelle obscure organisation, au prétexte du soixante-quinzième anniversaire de cette automobile, de nombreuses 2cv Citroën et dérivés s'étaient donné rendez-vous sur l'esplanade Robert Badinter, à Périgueux, à côté du théâtre. Sur les prochains jours, je vous présente quelques photos de la manifestation, une première sélection d'une longue série.

Il faisait beau et cela a certainement contribué à la réussite du rassemblement. Venues de Dordogne et des départements limitrophes, les 2cv investissaient l'esplanade Robert Badinter.
Sur le site de la ville de Périgueux, l'événement était annoncé et l'on y pouvait y apprendre que, je cite, "La mise en route de ces voitures reprendra après la guerre, en 1941.". Je sais que la ville est repassée à droite mais je ne me doutais pas que c'était à ce point. Il faut dire que le nouveau maire UMP, M. Audi[1], s'est déjà fait connaître par un bel arrêté municipal interdisant la mendicité dans la ville. Un arrêt municipal inapplicable comme partout ailleurs où un tel arrêté a été pris mais qui doit satisfaire une certaine frange (fange ?) de la société. Passons, ce n'est pas le sujet.

2cv-site-perigueux.png
Cet intermède révisionniste qui est un bijou de perle à rebours[2] passé, et même si l'on ne peut nier que pour la France la guerre "officielle" s'est bien arrêtée en 1940, nous pouvons reprendre le fil du sujet qui nous intéresse aujourd'hui.
Donc, la 2cv et ses soixante-quinze ans. Bien. La toute première question qui me vient à l'esprit est : pourquoi fêter les 75 ans de la 2cv ? Ça représente quoi, 75 ans ? Trois quarts de siècle, oui, certes, mais encore ? Je ne vois pas. Cette année, on aurait pu fêter les 80 ans de la Traction Avant, si l'on avait voulu fêter la marque aux chevrons, comme on dit chez les journalistes.
Mais enfin, ne boudons pas notre plaisir. J'ai une sympathie particulière pour la 2cv et ce dimanche était une bonne occasion pour en voir de toutes sortes. Des vieilles, des plus récentes, des transformées, des authentiques, des modèles dérivés, des cousines, des membres de la famille. De la Méhari à la Dyane en passant par les AMI 6 et 8, beaucoup de modèles basés sur la 2cv étaient représentés.

Type A superbement restaurée
Parmi les plus anciennes, on pouvait voir une Type A de 1951 magnifiquement restaurée. On la jurerait sortie de concession la veille. Ce modèle est le modèle original. On le reconnaît à plusieurs détails. La capote qui descend jusqu'à la plaque d'immatriculation, le capot soudé équipé de béquilles pour rester ouvert, l'absence de serrures de porte et de clé de contact. Il est doté du petit 375cc qui délivre comme il peut une cavalerie de 9 chevaux réels lui permettant un petit 70 km/h.

La course avec une Renault
En fin de matinée, de nombreuses voitures se dégourdissaient les bielles pour une parade sur les boulevards périgourdins. Les badauds s'arrêtaient assez souvent pour regarder avec sourire cette file de 2cv. C'est que, en bonne populaire, elle a été présente dans de nombreux foyers, la 2cv de chez Citroën. La production ne s'est arrêtée qu'en 1990 et seuls les plus jeunes peuvent aujourd'hui ne pas connaître ce véhicule qui était il y a peu encore, très présent sur les routes.

Capote roulée
Au sortir de la deuxième guerre mondiale, la France avait besoin de véhicules. Chez CItroën, on avait cette 2cv dont la conception datait de la fin des années 30. On allait la ressortir de ses cartons, la finaliser et la commercialiser à partir de 1948. Au passage, si l'on a quelque notion de mathématique élémentaire, quelque connaissance basique en terme de calcul, on s'amusera à comprendre la notion de soixante-quinzième anniversaire. Dans les années 50, la demande de 2cv était tellement importante qu'il fallait se faire inscrire sur une liste d'attente et s'armer de patience pour espérer pouvoir posséder un jour sa 2cv.

Acadyane
La voiture évoluera au fil des ans et, sans jamais vraiment s'embourgeoiser, connaîtra bien des modifications et améliorations. Le moteur augmentera de puissance, les portes avant perdront leur ouverture "dans le bon sens", le capot perdra sa tôle ondulée, une vitre de custode apparaîtra. La ligne, elle, restera fidèle et identifiable jusqu'à la fin de la production.
Bonne à tout, dure à la tâche, bonne fille, simple à entretenir et à conduire, la 2cv est attachante. Sur sa plate-forme, on imaginera plusieurs avatars comme cette Acadyane. Beaucoup d'encre coule et a coulé sur la Dyane, la petite sœur mal aimée de la 2cv. Personne n'a jamais vraiment compris ce qui a prévalu à sa naissance. On a parlé, pour expliquer cette naissance, du rachat de Panhard par Citroën. Je suppose que du côté du quai de Javel[3], on pensait que le public désirait passer à autre chose et demandait une voiture plus moderne. Si la 2cv, intrinsèquement, n'est pas une belle voiture, la Dyane est carrément moche. C'est simple, on dirait presque une Renault. D'ailleurs, il est amusant de voir que l'histoire existe aussi chez la marque au losange[4] avec le couple Renault 4 et 6, la seconde, plus cossue, vraisemblablement chargée de tuer la 4L. Ni chez Citroën ni chez Renault la manœuvre fonctionnera.

Encore une 2cv
 Par contre, la plate-forme de la 2cv sera utilisée pour des modèles bien plus intéressants. L'AMI 6 et sa lunette arrière si caractéristique, l'AMI 8 qui lui succèdera, la Méhari qui est l'une des automobiles les plus jouissives qui soient. Ah la Méhari ! Cette petite voiture en plastique qui permet de rouler le nez à l'air sur les petites routes, qui peut rester sous la pluie sans craindre la funeste rouille, qui se lave au jet d'eau ! Ça c'est de la voiture intelligente !

Rouillée, c'est beau aussi
Dans les années 80, on pouvait facilement trouver une 2cv pour rien. Il y en avait partout, dans toutes les casses auto, pour toutes les bourses et dans tous les états. Il n'y avait pas encore de contrôle technique obligatoire et, ma foi, tant que ça voulait rouler, on faisait avec. Il n'y avait parfois plus de plancher, les ailes pouvaient être tordues et embouties, le moteur pouvait bien s'époumoner dans des panaches de vapeurs d'huile brûlée, ça avançait.
Seulement, il ne faut pas se voiler la face. En ces années 80, l'automobile changeait de forme. On bougeait de plus en plus, on allait de plus en plus loin, on avait de plus en plus de véhicules sur les routes et on ne voulait plus rouler en 2cv. Les ventes commençaient à s'effondrer, la 2cv ne répondait plus aux normes de sécurité et de pollution. La production continuait grâce à des dérogations qui s'ajoutaient à des arrangements de convenance. Chez Citroën, passé dans le giron de Peugeot depuis déjà des années, on avait la tête ailleurs. On avait fait un gros coup avec la Charleston qui a connu un beau succès mais il fallait tuer la 2cv, en finir avec ça.
Hélas et par bonheur, des inconditionnels de la 2cv ne l'ont pas entendu de cette oreille et se sont mis en tête de continuer à faire rouler ces voitures. Ils les ont restaurées, ils les ont reconstruites, ils les ont sauvées. De populaires qui ne valaient rien, les 2cv sont devenues des voitures de collection avec tout ce que cela traîne comme malheurs. Les prix ont commencé à exploser, toute une économie s'est mise en place avec ses marchands, ses commerçants, ses revues. Aujourd'hui, les possesseurs de 2cv se croient des gens à part. Ils forment une "grande famille" au sein de laquelle tout n'est pas tout rose. Il y a des clubs, des grands rassemblements, on s'y retrouve pour parler 2cv mais je n'ai pas l'impression qu'il y ait une vraie communauté fraternelle derrière tout ça. Je ne fais partie d'aucun de ces clubs mais j'ai des oreilles et des yeux qui traînent. Il me semble bien que le mot d'ordre est le "chacun pour sa gueule". On achète les pièces auprès de commerçants qui vendent à prix d'or des fins de stock et des refabrications douteuses qui permettent de continuer à faire rouler sa 2cv. A Périgueux, j'ai vu une 2cv fourgonnette même pas si vieille, même pas en si bon état, à vendre pour 5500 euros. Ce n'est pas rien ! L'âme de la 2cv s'est perdue en même temps que la deuche entrait dans le monde de l'automobile de collection. Qu'une Type A méticuleusement restaurée ait un prix conséquent, ça ne me choque pas. Qu'une deux pattes pourrie des années 70 soit proposée à plus de 3000 euros, ça me fait tousser.
Une 2cv n'est ni une Bugatti ni une noble auto rare et prestigieuse. Aujourd'hui, tout semble montrer que les "deuchistes" se croient assis sur un tas d'or. J'écoutais une discussion lors de cette réunion périgordine entre deux personnes dont une expliquait qu'elle avait acheté sa 2cv a un prix conséquent et qu'elle pensait pouvoir la revendre, après un bon nettoyage, un changement de batterie et quelques bricoles, un prix encore plus élevé. Bel esprit.
En fait, je pense que le monde des collectionneurs et amateurs de 2cv est assez artificiel. Entrer dans ce petit monde, c'est à n'en pas douter, pour plusieurs personnes, se donner un petit but dans la vie, comme si avoir une 2cv était la garantie d'être une bonne personne, sympathique, cool. "Ceci n'est pas une voiture, c'est un art de vivre", affirme un autocollant posé sur la lunette arrière de plusieurs 2cv. C'est triste et pathétique.

La suite demain.

Notes

[1] Ne serait-ce que pour le nom, je n'aurais pas voté pour le bonhomme.

[2] 1941, quoi ! Enfin !

[3] un autre truc de journaliste pour appeler la marque aux chevrons.

[4] Sacrés journalistes !

samedi 14 juin 2014

Et que ça roule !

Droguez-vous et prenez la vie du bon côté

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