lundi 3 décembre 2018

Et si les Gilets jaunes étaient simplement bêtes ?

Entendu Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire. Elle a bien clairement expliqué la situation actuelle après les actions des Gilets jaunes et la volonté d'Emmanuel Macron et du gouvernement d'Édouard Philippe. Ben voilà ! Une fois que l'on prend le temps d'expliquer les choses, tout devient beaucoup plus clair et, du coup, on comprend.
Alors. Ce que notre président est en train de faire, ce qui lui tient le plus au cœur, c'est de sauver la planète. C'est pour cela qu'il combat avec tant de force tout ce qui peut contribuer à l'émission de gaz à effet de serre, le gaz carbonique en premier, bien sûr. Emmanuel Macron travaille d'arrache-pied à bâtir un monde meilleur, un monde vivable, un monde écologique. Pour cela, avant d'attirer tous les pays du monde dans sa foulée, notre président veut sauver la France, son pays, ses habitants. Notre président est bienveillant.
Il faut bien comprendre que si nous voulons nous en sortir, il faut quitter le vieux monde. SI on ne comprend pas ça, forcément, ça coince. Le vieux monde, c'est celui du moteur à combustion interne, qu'il fonctionne au gas-oil ou à l'essence, du chauffage au fuel et de tout plein de choses mauvaises pour la planète. C'est pour cela, pour notre bien, qu'il a été décidé de taxer les carburants. Les taxes nous aident à quitter ce vieux monde et à entrer de plain-pied dans le nouveau. On nous aide et nous invite à troquer nos vieux véhicules polluants contre de l'automobile propre pour accéder à la mobilité écologique. C'est pour cela que le gouvernement a décidé de mettre en place un système d'aide financière propre à nous aider dans cette transition écologique.

Et avec un peu de pédagogie, il est évident que les Gilets jaunes laisseront les récriminations et la colère pour applaudir et laisser éclater leur joie. Cependant, toutefois, néanmoins, malgré tout, il y a quelques questions qui continuent à perturber le bon entendement de ce bas peuple de l'ancien monde.
Par exemple, pourquoi on ne taxe pas le kérozène des avions, le fuel lourd des navires ? Et aussi, pourquoi on ne crée pas des taxes qui iraient toucher les industries polluantes ou les marchés financiers ? On ne peut pas en vouloir à ces Gilets jaunes de l'ancien monde de penser que l'on ne pique de l'argent qu'à eux. Et puis, il y a aussi la question de la fraude fiscale qui s'élèverait, selon les sources quelque part entre 50 et 100 milliards d'euros. Et encore, sans trop parler de l'ISF, de la baisse des APL, de la CSG pour les retraités et toutes ces sortes de choses.
Ce que le petit monde du vieux monde ne comprend pas tout à fait non plus, c'est en quoi la fermeture des petites lignes SNCF, de petits hôpitaux, de divers services publics et la réforme de l'administration vont impacter durablement la transition écologique et énergétique. Des fois, on peut se demander si l'idée forte de notre bon président de la République n'est pas de sacrifier ces petites gens du vieux monde tout simplement. Comme on dit, on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs.

Brune Poirson affirmait que le gouvernement est à l'écoute des Gilets jaunes et ouvert au dialogue. Je veux bien essayer de la croire mais j'ai comme un doute. Je ne veux pas faire un procès d'intention à Macron mais tout de même… Est-ce que l'on peut répondre à la grogne, à la colère, en affirmant rester droit dans ses bottes ? Parmi les revendications des Gilets jaunes, certaines sont contradictoires, d'autres idiotes, d'autres encore stupides. Ok. Mais tout n'est pas de ce tonneau. Il y en a qui sont revendiquées par beaucoup de Français. Si ce mouvement recueille plus de 80% de soutiens dans la population, c'est tout de même bien le signe de quelque chose, non ? On peut croire que ce gouvernement et plus largement les "gens de pouvoir" ne sont plus en lien avec la réalité vécue par cette population qui a le sentiment de subir le pouvoir, de ne pas être représentée par lui, d'être sous le joug de la classe dirigeante qui aurait tous les droits et aucun devoir. Ça ne peut pas se terminer juste comme ça avec quelques propos moralisateurs. Qui peut croire que le Français, ce Gaulois réfractaire, prend plaisir à polluer l'atmosphère ? Qui peut croire qu'il refuse l'automobile électrique juste parce qu'il aime son turbo-Diesel ?


Je me demande si une solution de "sortie de crise" existe aujourd'hui. Ce que ces mouvements de Gilets jaunes semblent montrer plus que tout, c'est la multiplicité, la diversité des mécontentements et des colères. Il n'est même pas envisageable de satisfaire toutes les demandes tellement elles sont nombreuses et parfois contradictoires. Il faudrait trouver au moins un plus petit dénominateur commun, un point, ne serait-ce qu'un point, qui ferait consensus. Il ne suffira plus de supprimer les taxes sur le carburant, ça c'est désormais une certitude. Ce qui est grave, à mon sens, c'est aussi la défiance généralisée qui se met en place contre tout ce qui peut revêtir le costume de l'officiel. Politiques, syndicalistes, mais aussi presse. Cette défiance ne semble pas toucher les forces de l'ordre pour le moment mais qu'en sera-t-il si ce gouvernement demande à la police et à l'armée de rétablir l'ordre public par tous les moyens ? Le risque d'insurrection est-il si éloigné que ça ? Il paraît que des mouvements naissent aussi en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne. La contagion peut-elle s'étendre ? Ce ne sont pas les questions qui manquent !

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