décembre 2018 (33)

lundi 31 décembre 2018

La grande purge

Il est plus que temps de faire le ménage. Sur ma table s'empilent des dessins, des ébauches de dessins, des dessins terminés ou presque achevés et je vais classer tout ça. Il va donc y avoir plusieurs dessins aujourd'hui.
Pour commencer, un "truc" vieux de quelques jours. Je n'avais qu'une idée faible, je me suis dit que ça allait sans doute suffire à faire un dessin mordant et je me suis trompé. Peut-être pourrai-je le recycler un jour ? Je ne le jette pas, je lui laisse une petite chance.


08:32 Là, je me souviens de ce dessin. C'était en fin d'après-midi et j'écoutais de la bonne musique de punk. D'un coup, j'ai eu envie d'une bonne bière et une haute idée philosophique m'est apparue. Imaginez que j'aie écouté du Chantal Goya !


08:54 Aucun souvenir de ce tout petit dessin. Je suppose que je venais d'encrer un autre dessin et qu'il restait de l'encre à utiliser. Il est possible qu'alors j'aie griffonné ce petit personnage et l'aie encré dans la foulée. Bon. C'est un petit truc qui peut toujours servir.
09:02 Et ce camion ? Pourquoi ai-je dessiné ce camion ? Aucun souvenir. Il n'est pas impossible que ce soit juste histoire de me dégourdir les doigts. Une fois terminé, j'ai dû me dire que ce n'était décidément pas très intéressant et je l'ai laissé de côté. Je doute que ce dessin puisse jamais servir, je vais peut-être le conserver en me promettant de vite l'oublier.


09:12 Hier, je ne vous ai pas menti. La moto que je vous présentais était bien l'avant-dernière. Celle d'aujourd'hui est la dernière de l'année. Dans les faits, elle a été dessinée avant celle d'hier, quelques heures avant. Elle a été mise en couleurs après la publication de celle d'hier. J'ai un autre dessin, là, à côté de moi, que je ne vous ai pas encore présenté. Je ne sais pas pourquoi je l'avais écarté. En fait, je le trouve tellement bien que je vais le garder pour l'année prochaine !


09:57 Je farfouille dans la pile de feuilles. Tiens ? Une feuille vierge ? Comment je vais la dépuceler sans plus attendre ! Je peux être un dessinateur compulsif. Le crayon, quelques traits, une idée, un peu de fignolage et je passe à l'encrage. Voilà, c'est fini, un dessin tout frais !


10:11 Là, c'est un cas typique de raison à surseoir à la publication d'un dessin : le défaut d'idée. Le dessin est commencé sans idée. Le hasard conduit à construire ce personnage dans cette position et je me dis que je vais ajouter une bulle dans laquelle je trouverai bien un propos pertinent à ajouter. Sauf que ça ne marche pas à tous les coups. La preuve.


11:15 Là, il n'y a pas raison à se demander pourquoi ça a pu être écarté. Bien sûr, on pourra se questionner sur ce qui a pu conduire à la réalisation de ce crayonné et, éventuellement, s'inquiéter de ma santé mentale. Je suis bien incapable de dire dans quel état j'étais lorsque j'ai commis ça.

dimanche 30 décembre 2018

Pénultième

Je ne peux pas me faire confiance. Vous, vous faites bien comme vous le sentez mais pour ce qui me concerne, c'est joué, j'ai compris, c'est foutu, pas moyen de remonter dans mon estime tellement je suis tombé bien bas dans la confiance que je peux avoir en moi. Je ne suis pas digne de la moindre parcelle de confiance.
J'ai dit un jour, je ne sais plus quand, que je ne dessinais plus de motocyclettes stupides. J'aurais mieux fait de réfléchir avant d'avancer pareille ânerie proférée haut et fort par bravache. Que croyez-vous qu'il advint ? Je tint bon quelques heures, peut-être quelques jours, et le crayon a tracé une forme rappelant de loin un cercle. La roue était née, le reste suivrait bientôt. Le doigt dans l'engrenage, le naturel qui revenait au galop, le dessin ridicule qui prenait forme de nouveau. Et merde !
Serment d'ivrogne, incapacité à respecter sa promesse, inaptitude à tenir parole, volonté défaillante, je suis un être vil et pusillanime, un déchet humain, un ennemi du bon goût qui ne respecte ni l'art ni la décence. J'ai honte de moi et si je n'étais pas si couard et pétochard, je me filerais bien des claques dans la gueule jusqu'à en avoir les joues rouges. Terminer l'année sur un si terrible message n'augure rien de bon pour l'année prochaine et c'est bien triste.

samedi 29 décembre 2018

Homo Connectus

vendredi 28 décembre 2018

Alexandre (le petit) Benalla, le retour !

jeudi 27 décembre 2018

Vous n'avez pas idée

D'ailleurs, moi non plus je n'ai pas idée. Et pourtant, une idée, j'en ai eu au moins une depuis ce matin, celle de me faire et de me refaire du café. C'est une idée bien modeste dont on ne peut guère faire grand chose si ce n'est boire du café. D'ailleurs, est-ce seulement une idée à la mesure de celle que l'on peut se faire d'une idée ? Pas bien certain, ça. Peut-être est-ce plutôt une forme d'automatisme, quasi un réflexe conditionné par le réveil et la pose du premier pied à terre. Ce lever respecte chaque matin un petit cérémonial immuable au sein duquel la préparation du café et son absorption ont une belle place.
Ainsi, depuis ce matin, c'est bien la seule idée qu'il me semble pouvoir enregistrer : faire du café. Je viens d'en refaire, je viens d'en reboire. Il m'arrive parfois d'avoir d'autres idées plus intéressantes que celle-ci mais aujourd'hui tout paraît concourir à ce que j'aille jusqu'à la fin de la journée sans qu'une meilleure que celle du café qui coule ne vienne perturber la morosité, la lassitude, le désespoir qui s'installe sourdement dans mon esprit. Je déteste n'avoir que cette idée caféinée à me mettre sous la dent. Je déteste ça. Ça m'amène à broyer du noir (comme le café), à me persuader que tout est foutu, la matinée, la journée, la vie et tout le reste.
J'ai pris du papier et j'ai commencé un dessin. Je me suis aperçu qu'il ne se raccrochait à aucune idée et je l'ai abandonné. J'ai pris une autre feuille et j'ai commencé un nouveau dessin et l'idée n'est pas venue, n'est pas arrivée. Je pourrais noter dans mon agenda, à la date du jour : journée sans idée. Je l'écrirais à l'encre rouge et en fin d'année, je relirais cet agenda et compterais le nombre de journées de la sorte. Il y en aurait peut-être un peu plus de trois-cent soixante et ça finirait de me désespérer totalement.
Hier, je suis allé bosser à Périgueux. Ça a été une journée bizarre. Rien ne marchait comme il le fallait. Déjà, l'ordinateur a refusé de se connecter au réseau. Je n'ai pas compris. C'est assez incompréhensible. Une fois que j'ai réussi à me connecter en utilisant le réseau sans fil, ce réseau s'est révélé être d'une lenteur exaspérante et sidérante. Après, l'imprimante ne fonctionnait plus. Il a fallu en passer par l'envoi de pdf sur un serveur saturé et par la récupération de ceux-ci par un autre ordinateur pour pouvoir imprimer. A la fin de la journée, il était déjà plus de 19 heures, l'ordinateur s'est bloqué au moment de générer un pdf composé de tous les travaux de la journée. J'en ai eu marre, tout le monde avait une grande envie de partir, j'ai tout mis sur une clé USB et je suis rentré chez moi. J'ai fini ce travail sur mon ordinateur et j'ai envoyé le résultat sur une plate-forme de partage de fichier.
C'est cette journée d'hier qui a dû me perturber au point que j'en ressens encore le contrecoup. Du coup, parce que je me rends compte qu'il est vain de lutter et d'attendre la naissance miraculeuse d'une idée, je pioche dans un dessin un peu ancien. Ce n'est pas génial mais je vous sais plein de bienveillance et pas trop difficiles à contenter.

mercredi 26 décembre 2018

Finalement, une solution à la crise en vue ?

mardi 25 décembre 2018

Un beau cadeau de Noël

lundi 24 décembre 2018

Le père Noël n'est pas tout à fait prêt pour la grande distribution de cadeaux somptueux

dimanche 23 décembre 2018

Craindre la Chine ?

On m'a parlé d'un reportage sur la Chine et son dirigeant diffusé sur arte,. Hier soir, n'ayant rien de mieux ou de pire à faire après avoir mangé et alors que je commençais à m'ennuyer ferme, je suis allé voir ce documentaire.
Après près d'une heure et quart, je me sentais mal. J'avais peur, je craignais pour l'avenir du monde et ma survie à court terme. J'envisageai déjà sérieusement une guerre nucléaire, un conflit mondial, une crise sans précédent, des tensions diplomatiques dantesques, la mort de l'Europe, des États-Unis d'Amérique, de nos systèmes économiques et politiques, la fin de la démocratie, le malheur, la détresse, les pleurs et les larmes, les cris et les lamentations, un immense cataclysme, des combats et des hostilités. J'avais peur et je pensais sérieusement qu'il valait peut-être mieux en finir tout de suite, se suicider sans plus attendre, laisser le monde courir à sa perte sans moi. Je n'avais pas le moral.
La tête basse embrumée de pensées noires, je suis allé me coucher. J'ai fini le roman en cours parce que, s'il faut mourir, c'est con de le faire sans connaître la fin d'une histoire. J'ai éteint la lumière et je me suis mis à cogiter. Je ne déteste rien plus au monde que de cogiter alors que je ne souhaite que sombrer dans un sommeil réparateur. J'ai réfléchi à ce documentaire et, peu à peu, j'ai commencé à avoir un peu moins peur. Alors, j'ai pu m'endormir.

La Chine contre le reste du monde ?

Je vous conseille de voir ce documentaire. Je ne sais pas s'il sera disponible longtemps, je ne sais pas comment ça marche, cette affaire de "replay". Bon. Là, je viens de vérifier, c'est disponible. Si vous ne souhaitez pas voir ça, je vais vous raconter en quelques mots ce que je pense en avoir compris.
On nous explique qui est Xi Jinging. Fils de haut dignitaire de l'époque de Mao mis au ban du parti et du système pour trahison, il est soumis à des brimades alors qu'il est encore enfant. Plus tard, il est envoyé travailler une terre ingrate en compagnie d'autres intellectuels ou enfants d'intellectuels. Il en chie. Toutefois, son père finit par être réhabilité et Xi Jinping poursuitevit des études qui lui permettentpermirent de grimper les échelons dans le système[1]. Pour bien faire, il choisit de repartir du bas et de gagner ainsi une légitimité et une certaine aura. Finalement, il arrive à la tête de la Chine.
Une fois au pouvoir, il décide de faire de la Chine un acteur majeur dans le commerce mondial, une puissance égale aux USA en matière militaire, de faire gagner le communisme à l'échelle mondiale. Pour cela, il crée les "routes de la soie", il achète des ports (notamment celui du Pirée en Grèce), des aéroports (par exemple celui de Toulouse-Blagnac en France), construit des infrastructures en Asie et en Afrique. En quelques années, l'armement chinois se développe considérablement avec des navires, des équipements divers et variés et de toutes sortes. La Chine crée des bases militaires en mer de Chine sur des îlots artificiels et installe une base à Djibouti.
Tout au long du reportage-documentaire, on nous rappelle ou nous fait entendre le mot "communisme". On nous montre des images d'une réunion où sont présents des chefs d'états, ceux de la Russie, de l'Iran, Viêt Nam, d'Inde et du Pakistan ainsi que d'autres que nous pouvons considérer comme "douteux". On nous montre des défilés militaires, des porte-avions, des soldats en arme déclarant leur fidélité indéfectible au parti communiste. On entend des témoignages d'opposants à Xi Jinping et aussi des partisans farouches, on nous montre les systèmes de surveillance avec reconnaissance faciale des passants en temps réel, on nous explique combien la Chine n'est pas un pays démocratique et combien son dirigeant est un quasi dictateur, surtout depuis qu'il a fait changer la constitution pour avoir le droit de rester à son poste aussi longtemps qu'il lui semblera bon.
On entend les commentaires de Fabius, Raffarin, un type de la CIA, on entend des chercheurs, des politologues, des experts, dire qu'il faut craindre la puissance de la Chine, dénoncer les conflits d'intérêt, les accords scélérats.

C'est foutu

Bref, on regarde ce documentaire-reportage durant un peu plus d'une heure et on a vraiment la désagréable sensation que la Chine va déclarer la guerre contre le monde entier pour imposer son communisme et que Xi Jinping va devenir le maître du monde entier et de ses environs. C'est flippant. Mais une fois l'émotion retombée un peu, on commence à réfléchir à tout ce que l'on a vu et entendu et on relativise un brin.
Les défilés militaires ? On a les nôtres en France, me semble-t-il. De l'armement ? Bah… La France ne se défend pas trop mal dans ce domaine non plus, non ? Il paraît même que nous serions parmi les meilleurs vendeurs d'armes à l'échelle de la planète. Et puis, en quoi le communisme serait une idée plus mauvaise que celle qui régit nos pays "occidentaux" ? Les investissements en Asie et en Afrique ? Ah oui ! Mais les USA, les pays européens, la France ? Jamais ? On n'a pas pressuré les pays africains quitte à devoir payer des dictateurs locaux pour obtenir quelque matière première ? Vraiment jamais ?
Pour ce qui est de la question de l'hégémonie chinoise pour les affaires de commerce, regardez un peu autour de vous tout ce que vous achetez aux Chinois. Vous y trouvez pourtant votre compte à l'heure de débourser. Pour notre confort de consommateur, serait-il préférable que les Chinois restent nos esclaves ?
Il reste que, sans doute, notre idée à vue basse qui consistait à croire que nous allions pouvoir tout faire construire en Chine sans que, à un moment donné, ça constitue quelques problèmes était un peu idiote. Certainement que nous allons nous rendre compte que maintenant que la Chine a toutes les cartes en main, on va être obligé de mettre la main à la poche un peu plus profondément.
Ce qui est inquiétant, c'est le contrôle sur les citoyens chinois. Toutefois, ne nous voilons pas la face, si les Chinois ont moins de scrupules que nous, nous tendons vers les mêmes méthodes de contrôle de la population. Les caméras sont présentes aussi dans nos villes, nos discussions sur les réseaux sociaux, nos courriels, nos activités sur Internet sont surveillées, pesées, analysées. Si c'est Google, facebook, un état, qui est à la manœuvre, le résultat est bien le même, dans le fond. Le fait que Xi Jinping soit un peu plus une sorte de dictateur que Trump ou Macron, bon, ok. Chez nous, on a le droit de voter, de choisir parmi quelques candidats.
Je me suis demandé si ce documentaire-reportage n'était pas un peu trop dirigé et alarmiste en plus d'être anxiogène. Si vous l'avez vu, ça m'intéresse d'avoir votre avis là-dessus.

Note

[1] La rédaction sous l'emprise de la drogue n'est pas recommandée

samedi 22 décembre 2018

Ça peut pas moins bien marcher

vendredi 21 décembre 2018

Hiver et achat de saison


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jeudi 20 décembre 2018

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 70 (Comme un mardi ordinaire)

Feuilleton collaboratif du mardi

mercredi 19 décembre 2018

Un petit fond de tiroir

Ces jours-ci je suis bien occupé par la réalisation de plein de dessins que je ne peutx pas vous montrer. En attendant une prochaine période d'inactivité, je racle les fonds de tiroir à la recherche de dessins inexploités et qui auraient sans doute mérité de l'être encore longtemps.

mardi 18 décembre 2018

2cv de course

lundi 17 décembre 2018

C'est la magie de Noël qu'on assassine

dimanche 16 décembre 2018

Se satisfaire de sa condition… ou pas ?

samedi 15 décembre 2018

Le bonheur, c'est une question de volonté

J'en ai marre d'entendre les gens se plaindre et se complaire dans le malheur. Le bonheur, ce n'est pourtant pas difficile. C'est à la portée de toutes les personnes de bonne volonté, il suffit d'y mettre un peu du sien. C'est à croire que ces gens préfèrent le marasme et la morosité, qu'ils aiment à pousser cette longue plainte bien lassante et lancinante. Et que on n'a pas assez d'argent, et que les fins de mois sont dures, et que il y a trop de taxes, et que les riches ils sont riches et les pauvres pauvres… Pfiou ! J'en ai marre d'entendre ça à longueur de journée.
Ça sert à quoi de se plaindre ? Ils ne feraient pas mieux de se creuser la tête pour trouver des solutions à leurs petits problèmes, tous ces gens ? Ça me dégoûte, moi, toutes ces personnes qui se lamentent pour un rien. Ce qui me rend triste, c'est qu'elles ne sont même pas capables de voir que le bonheur est à portée de main, que tout est fait pour que tout aille pour le mieux pour eux. C'est vraiment pénible. Il ne faut pas avoir de dignité pour se plaindre ainsi quand on a le ventre plein et les pieds au chaud, que les illuminations de Noël sont mises en place, que les rayons des magasins sont pleins de marchandises affriolantes et les étals emplis de mets raffinés et de gourmandises appétissantes.
Le bonheur, il est là, jamais bien loin, au bout de la carte bancaire mais aussi tout autour de nous, dans les villes et les campagnes. Plutôt que de passer leur temps à manifester et à bloquer les ronds-points, puisqu'ils semblent ne pas vouloir travailler, pourquoi ces râleurs ne décident-ils pas plutôt d'aller passer du bon temps ailleurs ? Moi, il me semble que si j'avais l'intention de manifester mon mécontentement, j'en profiterais pour aller au bord de la mer, au soleil. Je pense qu'il faut toujours privilégier le bonheur au moment de faire un choix de vie.

Vivement les vacances

vendredi 14 décembre 2018

Ami 6 bondissante

jeudi 13 décembre 2018

La chasse aux fake news

questions

Seul le philosophe peut-il se poser des questions plutôt que de travailler ? Bien sûr que non ! Le modeste, le sans-grade, l'obscur, le gens du peuple, le peut également. Bien entendu, il ne faut pas non plus lui demander de se poser les mêmes questions. Les siennes sont nettement plus terre-à-terre.
Il peut, par exemple, se demander s'il est bien sérieux de tenter de cuisiner des pâtes à la sauce béchamel. L'idée est curieuse, la question ne l'est pas moins. D'un point de vue strictement gastronomique, on peut juger que la question n'est pas de celles que l'on peut se poser à moins de vouloir jouer dans le registre de la pure provocation. Qui peut, pourvu qu'il ait un minimum de sens commun, avoir le désir de préparer pareille incongruité culinaire ? Pour le moins, il faut ne pas avoir grand chose dans la tête.
Certainement, je n'ai pas lu tous les philosophes. Je n'ai jamais lu BHL[1]. J'ai lu mon "Petit Nietzsche illustré", par contre. Et je peux affirmer que jamais ce grand homme aux belles moustaches ne s'est intéressé à la question des pâtes à la béchamel. Ou alors, j'ai sauté ce passage. Ou alors, ce n'est pas impossible, les pâtes n'étaient pas arrivées jusqu'à lui. Quand les pâtes industrielles sont-elles tombées dans le panier de la ménagère prussienne ? Le sait-on seulement ? J'imagine que, si l'on procédait à des recherches pointues, on découvrirait cette date. Je doute que cette arrivée ait pu faire les gros titres des gazettes d'alors mais, à n'en pas douter, elle aura au moins fait l'objet d'un entrefilet voire d'un écho.
Les pâtes à la béchamel ne sont pas un plat d'intellectuel ou de puissant. C'est un plat de pauvre. De pauvre relatif, de pauvre qui a tout de même les moyens de se les payer. Il faut tout de même des pâtes, du beurre, de la farine, du lait, du sel, de la noix de muscade et, pourquoi pas, un peu de fromage si l'on a le projet de faire gratiner la chose au four. Ce n'est pas à la portée du premier pauvre venu, il faut en convenir. Le philosophe refusera l'idée de ce plat de pauvre d'opérette parce que le philosophe se détourne des contingences matérielles pour prendre l'air préoccupé par des sujets bien plus profondes. Il posera son large front dans la paume de sa main droite ou gauche[2] et réfléchira au désirs du genre humain et à sa condition fondamentale. Est-ce que le philosophe daigne se nourrir ? Oui ! Que mange-t-il ? Oncques ne sait trop. Il boit de la bière ou du vin, un peu à la façon du poète qui, lui, se pose des questions absurdes et, pire encore, apporte des réponses stupides. Il faut haïr le poète toute affaire cessante ! Le poète est la lie de la société quand le philosophe est un mal nécessaire et le pauvre un allié du pouvoir et des riches.

« Ne peut-on pas faire plus simple ?» me demandait la dame dont les yeux chafoins se cachaient derrière d'épais verres de lunettes assez sales. Il était question d'expliquer comment utiliser l'interface d'administration d'un site Internet. La dame m'avait dit son désir d'apprendre et, à l'heure d'apprendre, disait son envie de n'avoir rien à apprendre. Je vous demande un peu ! Il faut savoir ce que l'on veut ! On ne peut pas avoir l'idée de cuisiner des pâtes à la béchamel et désirer manger du caviar d'Iran en buvant de la vodka de Russie. Dans la vie, et le philosophe ne me démentira pas, il faut un minimum de constance. Mais peut-être suis-je un peu trop psycho-rigide.

La température est passée sous la barre des 11°C. Pour être honnête avec vous, je considère que le jeu commence à ne plus m'amuser autant. En quelque sorte, en cette période de COP24, j'agis contre le réchauffement climatique et c'est bien. D'autre part, je montre une certaine solidarité avec ces personnes des mouvements des Gilets jaunes qui se pèlent le fion sur les ronds points de la France entière. C'est un peu moins valorisant mais ce n'est pas si mal non plus. Je ne pousse pas le vice à porter un gilet jaune mais il faut dire que je suis un rebelle et que je n'aime pas trop que l'on m'indique comment il me faut m'habiller. J'ai un mauvais esprit.

J'ai fait un dessin sous l'emprise de la drogue[3]. Vu l'état dans lequel j'errai au niveau des hautes sphères de la perception hallucinée, je ne suis pas en mesure aujourd'hui de vous raconter ce que signifie le dessin. Je l'ai encré ce matin parce que j'ai jugé qu'il pouvait sans doute alimenter le blog pour aujourd'hui.

personnage.jpg

Notes

[1] qui rime bien avec béchamel, d'ailleurs

[2] c'est selon sa dextérité ou sa gaucherie

[3] café, tabac et un verre de vin blanc

mercredi 12 décembre 2018

Une vie de frustration

Parce que je n'y pensais plus, je ne l'attendais pas plus. Un jour, un copain me demande des dessins pour illustrer une petite vidéo qu'il souhaite faire à partir de l'une de ses chansons. Le projet m'amuse et, enthousiaste, j'accède à la demande sans plus attendre.
Le temps passe à la vitesse du temps qui passe, ni trop rapidement ni trop lentement, et je finis par ne plus m'occuper de cette affaire de dessins et de chanson. La dernière fois que je m'en étais préoccupé, le copain m'avait dit qu'il attendait qu'un de ses copains finisse de mettre les dessins en couleur et de réaliser les animations.
Et alors que je m'y attendais le moins, voilà que le petit film sort sur les écrans ! Allez bande d'inutiles désœuvrés ! Regardez-moi ça et amusez-vous ! C'est gratos.

mardi 11 décembre 2018

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 69 ⅘

Feuilleton collaboratif du mardi

lundi 10 décembre 2018

Il va parler !

dimanche 9 décembre 2018

Et si on laissait sa chance à l'utopie ?

Ça l'ennuyait beaucoup. Lui qui aimait vivre dans l'illusion, illusion entretenue par son entourage, qu'il pouvait tout contrôler, qu'il contrôlait tout, l'espace et le temps, les femmes et les hommes, les événements autant que les éléments, il affichait une mine grave et contrariée en regardant ce qui se passait dans le pays sur l'écran de son poste de télévision. Ses conseillers, ses ministres, la préfecture de police, les services de renseignement, tout le monde le tenait au courant de tout continuellement. On lui disait les cris entendus, les voitures incendiées, les devantures brisées, les attaques contre les forces de l'ordre. Tout. Il savait tout.
Il faisait carrément la gueule. Il n'avait même plus envie de fanfaronner, de prétendre que tout était sous contrôle et que tout serait jugulé dans les heures à venir, que les mouvements de contestation allaient s'éteindre comme ils s'étaient enflammés. Il n'y croyait plus. Il était assis dans son fauteuil, bien au fond, les mains crispés sur les accoudoirs, la tête légèrement baissée et il restait plongé dans son mutisme qui ne laissait rien présager de très bon. Il n'avait rien mangé à midi, il avait réclamé une bouteille de cognac et il se la sifflait consciencieusement, petit verre après petit verre, les yeux rivés sur l'écran qui déversait un flot ininterrompu de mauvaises nouvelles.
Il ne voulait plus voir personne, il tentait de réfléchir aux solutions qui se présentaient encore à lui. Tout accepter des revendications des manifestants impliquait qu'il se dédise sur tous les points, sur l'ensemble de la politique qu'il avait commencé à mettre en place. Il s'y refusait. Dans le fond, il ne voulait rien donner. Il se refusait à accorder quoi que ce soit. Il était le chef, il était au pouvoir, il avait gagné. Il se considérait comme un monarque républicain investi de tous les pouvoirs, du droit de vie et de mort sur son peuple. Il luttait encore contre l'idée bien tentante de faire charger l'armée, de réprimer la contestation par la force des armes, de faire couler le sang, de faire revenir le calme par tous les moyens à sa disposition. Le chef d'état-major avait tenté de le tempérer, d'expliquer qu'il y avait d'autres moyens que de lancer l'armée contre le peuple, que ça ne ferait qu'envenimer la situation. Il s'était resservi un cognac et s'était renfoncé un peu plus dans son fauteuil, les yeux injectés de sang mauvais.
On avait osé faire état d'une dissolution de l'Assemblée, d'une éventuelle démission. Il s'était mis dans une colère folle et avait envoyé promené tout le monde. Dans les rangs de son parti, on disait la peur. On disait aussi son soutien pour le président mais avant tout, on le pressait de prendre la parole, de trouver des mots d'apaisement, de faire des promesses, de faire des concessions. Or, il n'en était pas question. Il fallait tenir le cap, montrer sa détermination, prouver son courage et sa volonté.
Il se demandait à quel moment ça avait commencé à merder. Il avait réussi à revenir sur les acquis sociaux avec juste ce qu'il fallait de contestations, de grèves, de manifestations. Il était parvenu à plus ou moins convaincre le peuple avec les éléments de langage habituels qu'il maniait à la perfection, il arrivait parfaitement à manipuler, à rouler dans la farine, à mentir avec le parfum de la vérité, à affirmer le caractère inexorable et indispensable de ses décisions. Il y avait eu l'affaire Benalla mais il croyait qu'elle était enterrée, que l'on avait oublié ça. Il avait bien entendu la grogne lors de l'affaire de la piscine, du renouvellement de la vaisselle de l'Elysée. Il s'était contenté de hausser les épaules et de penser que les Français étaient décidément des Gaulois réfractaires. Ce bon mot l'avait amusé, il l'avait ressorti. Il n'aurait peut-être pas dû. Il restait que l'on l'avait choisi en raison de son intelligence, tout le monde lui reconnaissait une intelligence hors du commun, non ? Il avait plein d'énergie, il était jeune, il était beau. Qu'est-ce que l'on pouvait demander de plus ?
Il avait secrètement contacté les dirigeants des partis politiques du pays et des syndicats. Tous l'avaient mis en garde et assuré qu'ils ne contrôlaient rien de ces mouvements. C'était l'anarchie ! C'était ce qu'il détestait le plus. Sauf pour le monde des affaires, bien sûr. Là, il acceptait tout à fait que tout soit dérégulé à l'extrême. La richesse aux riches, la pauvreté aux pauvres et les vaches seraient bien gardées. Pour le président, l'évidence était que les puissants comme les miséreux n'ont que ce qu'ils méritent.
Dans le fond, ce n'est pas qu'il était bête ou méchant, le président, c'est juste qu'il s'était laissé endoctriné. Il avait été formaté comme ça par cette secte de penseurs, de sachants, acquis à la cause libérale. La chute du bloc soviétique avait amené de l'eau à leur moulin. Ils pouvaient enfin prétendre que le socialisme ne fonctionnait pas et qu'il ne restait donc qu'une possibilité : le libéralisme.

Et là…

J'avais commencé à écrire ce texte, je me suis aperçu qu'il n'allait pas me mener loin. Je préfère l'arrêter là.
Taper sur Macron, bon, c'est tentant, bien sûr. D'autant plus que je n'ai pas voté pour lui, que je n'ai pas souhaité qu'il arrive au pouvoir (même si, je dois le reconnaître, je suis soulagé que ce ne soit pas la candidate qui ait été élue). Taper sur Macron, donc, c'est tentant et c'est facile. D'accord, il n'a rien fait pour que ça n'arrive pas mais il n'est sans doute pas seul responsable de ce "ras le bol".
Nous sommes dimanche, au lendemain de ce que l'on appelle "l'acte 4" des manifestations parisiennes des Gilets jaunes. Je ne parviens toujours pas à me sentir complètement solidaire avec ce mouvement et à faire miens les revendications et propos de ces Gilets jaunes. La principale demande semble désormais être le départ de Macron. Ce serait comme un préalable à toute discussion pour un changement de société.
Plus que le départ de Macron, il me semble plus probable que l'on pourrait se diriger vers une dissolution de l'Assemblée nationale, un départ du premier ministre, de nouvelles élections et une cohabitation. Une grande consultation citoyenne ? Des états généraux populaires ? J'ai entendu que des maires ouvraient déjà des cahiers de doléances et se disaient prêts à les communiquer à la présidence de la République. Une nouvelle société ne peut pas, à mon avis, se construire sur une seule baisse des taxes sur les carburants. Une liste de revendications circule sur le web. Limitation du salaire des patrons, fin du CICE, contrôle plus strict du train de vie des élus, augmentation du salaire minimum, création d'emplois pour les demandeurs d'emploi… On pourra dire que certaines (la plupart ?) de ces idées sont fantaisistes mais celles imposées par l'idéologie libérale ne le sont-elles pas tout autant ?

samedi 8 décembre 2018

Les AMI de mes AMI sont mes AMI

vendredi 7 décembre 2018

La gendarmerie prête à sortir ses véhicules blindés d'intervention !

COP 24 inquiétude pour le climat

jeudi 6 décembre 2018

Motocyclette du Front Populaire

Pour se faire pardonner ? Pour s'excuser ? Pour signaler qu'il n'est pas mort ? On ne sait. Il n'en est pas moins vrai que Liaan a fait parvenir aux instances dirigeantes du Blog qui nuit (très) grave ! deux dessins d'égale qualité qui, nous le savons (de Marseille) sauront réjouir les yeux d'enfant de notre large public tout à la fois esthète (de l'art) et exigeant. Nous remercions Liaan pour ce cadeau qui nous va droit au cœur !
J'en profite pour renouveler un appel déjà répété plusieurs fois ici même : si vous avez quelque chose à dire, quelque chose à montrer, le blog vous est ouvert. Je ne peux pas concevoir que vous ne soyez pas capable de faire au moins aussi pire que ce qui est habituellement présenté sur ces pages, merde alors !


mercredi 5 décembre 2018

Internet c'est le mal

La COP 24 qui se tient à Katowice en Pologne nous rappelle que Internet participe à l'émission de gaz à effet de serre et au réchauffement climatique. Un simple courriel produirait à lui seul un équivalent de quatre grammes de CO2. Un courrier électronique contenant une pièce jointe en génèrerait plusieurs dizaines de grammes. Les plus gros consommateurs d'électricité et producteurs de CO2 seraient les sites de "streaming" vidéo, les youtube et autres netflix.
Ce blog paraît bien petit et innocent face à ces poids lourds de l'Internet mondial mais il fait sa part en matière de nuisance. Les fichiers sont hébergés par un serveur dans un centre de données dans le nord de la France qui abrite également un serveur de base de données sans lequel ce blog n'existerait pas. Pour mettre en ligne un billet, j'ai besoin d'un ordinateur connecté à Internet. J'envoie les textes et images sur le serveur et cela utilise de l'énergie. Pour visiter ce blog, vous avez besoin d'un ordinateur, d'une tablette ou d'un smartphone. Vous utilisez de l'énergie vous aussi.


Pour réduire l'impact sur le climat, je pourrais commencer par faire des billets courts, légers, sans images. Vous pourriez vous contenter de regarder ça après vous être posé la question de la pertinence de vos actes et de ne pas vous prêter au jeu puéril et énergivore des commentaires. Vous pourriez aussi organiser, par zones géographiques à définir, une séance de connexion à ce blog qui permettrait à plusieurs personnes de le voir ensemble pendant quelques minutes. Cela créerait du lien social, vous permettrait de partager, de boire un coup, de parler de la marche du monde. Ces séances pourraient être hebdomadaires. En une petite demi-heure, vous auriez connaissance de l'ensemble du contenu publié sur le blog et vous pourriez éteindre l'ordinateur.
Je sais bien que vous n'avez pas un ordinateur uniquement pour pouvoir visiter ce blog. Heureusement pour vous ! Pour ma part, je reconnais laisser l'ordinateur démarré et connecté presque 24 heures sur 24. Je pourrais au moins l'éteindre le soir et débrancher la freebox. Ça ne me manquerait pas, ça ferait du bien pour l'ensemble de la biosphère, ça me ferait faire des économies. Mais je suis trop fainéant même pour un truc aussi simple à faire ! Ou trop insouciant, ou trop mauvais par nature, ou trop bête pour avoir conscience des conséquences de mon mode de vie. Quoi qu'il en soit : c'est mal.

mardi 4 décembre 2018

Gaulois réfractaire au changement ? Vraiment ?

lundi 3 décembre 2018

Et si les Gilets jaunes étaient simplement bêtes ?

Entendu Brune Poirson, secrétaire d'État auprès du ministre d'État, ministre de la Transition écologique et solidaire. Elle a bien clairement expliqué la situation actuelle après les actions des Gilets jaunes et la volonté d'Emmanuel Macron et du gouvernement d'Édouard Philippe. Ben voilà ! Une fois que l'on prend le temps d'expliquer les choses, tout devient beaucoup plus clair et, du coup, on comprend.
Alors. Ce que notre président est en train de faire, ce qui lui tient le plus au cœur, c'est de sauver la planète. C'est pour cela qu'il combat avec tant de force tout ce qui peut contribuer à l'émission de gaz à effet de serre, le gaz carbonique en premier, bien sûr. Emmanuel Macron travaille d'arrache-pied à bâtir un monde meilleur, un monde vivable, un monde écologique. Pour cela, avant d'attirer tous les pays du monde dans sa foulée, notre président veut sauver la France, son pays, ses habitants. Notre président est bienveillant.
Il faut bien comprendre que si nous voulons nous en sortir, il faut quitter le vieux monde. SI on ne comprend pas ça, forcément, ça coince. Le vieux monde, c'est celui du moteur à combustion interne, qu'il fonctionne au gas-oil ou à l'essence, du chauffage au fuel et de tout plein de choses mauvaises pour la planète. C'est pour cela, pour notre bien, qu'il a été décidé de taxer les carburants. Les taxes nous aident à quitter ce vieux monde et à entrer de plain-pied dans le nouveau. On nous aide et nous invite à troquer nos vieux véhicules polluants contre de l'automobile propre pour accéder à la mobilité écologique. C'est pour cela que le gouvernement a décidé de mettre en place un système d'aide financière propre à nous aider dans cette transition écologique.

Et avec un peu de pédagogie, il est évident que les Gilets jaunes laisseront les récriminations et la colère pour applaudir et laisser éclater leur joie. Cependant, toutefois, néanmoins, malgré tout, il y a quelques questions qui continuent à perturber le bon entendement de ce bas peuple de l'ancien monde.
Par exemple, pourquoi on ne taxe pas le kérozène des avions, le fuel lourd des navires ? Et aussi, pourquoi on ne crée pas des taxes qui iraient toucher les industries polluantes ou les marchés financiers ? On ne peut pas en vouloir à ces Gilets jaunes de l'ancien monde de penser que l'on ne pique de l'argent qu'à eux. Et puis, il y a aussi la question de la fraude fiscale qui s'élèverait, selon les sources quelque part entre 50 et 100 milliards d'euros. Et encore, sans trop parler de l'ISF, de la baisse des APL, de la CSG pour les retraités et toutes ces sortes de choses.
Ce que le petit monde du vieux monde ne comprend pas tout à fait non plus, c'est en quoi la fermeture des petites lignes SNCF, de petits hôpitaux, de divers services publics et la réforme de l'administration vont impacter durablement la transition écologique et énergétique. Des fois, on peut se demander si l'idée forte de notre bon président de la République n'est pas de sacrifier ces petites gens du vieux monde tout simplement. Comme on dit, on ne fait pas d'omelette sans casser d'œufs.

Brune Poirson affirmait que le gouvernement est à l'écoute des Gilets jaunes et ouvert au dialogue. Je veux bien essayer de la croire mais j'ai comme un doute. Je ne veux pas faire un procès d'intention à Macron mais tout de même… Est-ce que l'on peut répondre à la grogne, à la colère, en affirmant rester droit dans ses bottes ? Parmi les revendications des Gilets jaunes, certaines sont contradictoires, d'autres idiotes, d'autres encore stupides. Ok. Mais tout n'est pas de ce tonneau. Il y en a qui sont revendiquées par beaucoup de Français. Si ce mouvement recueille plus de 80% de soutiens dans la population, c'est tout de même bien le signe de quelque chose, non ? On peut croire que ce gouvernement et plus largement les "gens de pouvoir" ne sont plus en lien avec la réalité vécue par cette population qui a le sentiment de subir le pouvoir, de ne pas être représentée par lui, d'être sous le joug de la classe dirigeante qui aurait tous les droits et aucun devoir. Ça ne peut pas se terminer juste comme ça avec quelques propos moralisateurs. Qui peut croire que le Français, ce Gaulois réfractaire, prend plaisir à polluer l'atmosphère ? Qui peut croire qu'il refuse l'automobile électrique juste parce qu'il aime son turbo-Diesel ?


Je me demande si une solution de "sortie de crise" existe aujourd'hui. Ce que ces mouvements de Gilets jaunes semblent montrer plus que tout, c'est la multiplicité, la diversité des mécontentements et des colères. Il n'est même pas envisageable de satisfaire toutes les demandes tellement elles sont nombreuses et parfois contradictoires. Il faudrait trouver au moins un plus petit dénominateur commun, un point, ne serait-ce qu'un point, qui ferait consensus. Il ne suffira plus de supprimer les taxes sur le carburant, ça c'est désormais une certitude. Ce qui est grave, à mon sens, c'est aussi la défiance généralisée qui se met en place contre tout ce qui peut revêtir le costume de l'officiel. Politiques, syndicalistes, mais aussi presse. Cette défiance ne semble pas toucher les forces de l'ordre pour le moment mais qu'en sera-t-il si ce gouvernement demande à la police et à l'armée de rétablir l'ordre public par tous les moyens ? Le risque d'insurrection est-il si éloigné que ça ? Il paraît que des mouvements naissent aussi en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne. La contagion peut-elle s'étendre ? Ce ne sont pas les questions qui manquent !

dimanche 2 décembre 2018

Des revendications légitimes

samedi 1 décembre 2018

Ça va cartonner !

enfumage

La Révolution ! Et après ?

J'ai entendu Mélenchon et Ruffin, tous deux de la France Insoumise, qui appelle à une "révolution citoyenne". Ruffin exhorte les Parisiens à se souvenir du Paris des barricades de 1968, de la libération de 1945, du Front populaire, de Gavroche, de la prise de la Bastille. Faux cul comme jamais, Mélenchon se défend de dire aux Gilets jaunes ce qu'il serait bon qu'ils fassent. Il se présente comme l'intellectuel pensant qui voit et comprend le peuple et va le guider du fruit de ses réflexions.
J'avoue, je ne suis pas allé écouter d'autres sons de cloches plus à droite ou plus à gauche. Pour la France Insoumise désireuse d'être entendue, présente sur les réseaux sociaux, la révolution est en marche et elle fera date, elle sera dans les livres d'Histoire. Ruffin reconnaît que nous ne sommes peut-être pas encore tout à fait à la veille du grand soir mais que nous en sommes proches, que c'est du tout chaud, de l'imminent, de l'incessamment sous peu. Les Français, ces Gaulois réfractaires inculturés et fainéants vont marcher sur l'Elysée et en déloger le bouffon libéral Macron. Allez zou ! A la porte le Manu ! On dégage, on laisse la place au peuple.
2019 sera l'année de cette révolution populaire. On nous le promet presque. Mais qu'est ce que ça va bien pouvoir donner, tout ça ? On va voir, on verra bien. Va y avoir des pleurs et des larmes, ça va pas se faire dans la douceur. Va y avoir de la guerre intestine pour mettre en place un nouveau pouvoir. Ça m'étonnerait qu'on se dirige vers l'Anarchie, on n'est pas assez intelligents pour. Par contre, que l'on aille vers le bordel, ça c'est moins impossible. Un temps, je me suis demandé quelles pouvaient bien être les revendications des Gilets jaunes. Finalement on s'en branle. Grosso modo, il y a l'envie de moins d'impôts et de plus d'égalité. Ce qui paraît mobiliser le plus, c'est l'envie de pouvoir vivre en comptant un peu moins ce qui reste au fond du porte-monnaie. On a envie qu'il y ait une meilleure distribution des richesses, un ruissellement plus visible de tout ce pognon de dingue qui tombe toujours dans les mêmes poches.
Faut bien reconnaître que les provocations de la Macronie ont été entendues par le peuple. On ne sait pas si ça va déboucher sur quelque chose de concret mais on peut reconnaître à cette Macronie conquérante et victorieuse, à cette élite, à ces premiers de cordée, d'avoir réussi à jeter de l'huile sur le feu avec ses petites provocations. Le peuple a beau être généralement une masse atone et amorphe, il faut tout de même pas trop lui marcher sur les ripatons. Il finit immanquablement à en prendre ombrage. Castaner gesticule devant les caméras et vilipende les dégradations infligées à la plus belle avenue du monde, dénonce les blessures portées aux forces de l'ordre comme jamais ça n'est arrivé auparavant. Castaner se fout de la gueule du monde.
Le truc, c'est que la question de la légitimité de Macron est posée. Il a été élu. Ça, c'est une vérité. Mais il a été élu par qui ? Combien ont voté pour lui pour ne pas voter pour elle ? Combien ont voté pour lui pour faire payer PS et LR ? Combien ont voté pour lui "pour voir" ? Il fallait écouter ses discours, à Macron ! Finalement, il ne nous a pas menti, il fait globalement ce qu'il avait promis de faire. Il faut lui reconnaître ça. On peut lui reprocher la méthode. Si l'on n'est pas rendu à ses idées, à son idéologie, on peut lui reprocher presque tout et même le reste. Macron, c'est la gloire de celles et ceux qui pensent que quand on veut, on peut. C'est le héraut des "winners", c'est peut-être le plus américain des présidents français. Macron, c'est le pouvoir de nier la misère subie. Pour lui, il n'y a pas de secret. Les malheurs qui nous accablent ne nous sont pas tombés dessus par hasard. C'est de notre faute, on avait qu'à se débrouiller pour vaincre et tant pis si on doit périr. A la limite, peut-être, accepte-t-il la "faute à pas d'chance" mais ce n'est même pas sûr.

[1]
Imaginons. C'est la révolution, Macron est viré, le peuple prend l'Elysée, le parlement, les ministères. Deux cas. Ou ça fait tache d'huile en Europe ou ça ne le fait pas. Quoi qu'il en soit, c'est le bordel. Ainsi, on apprend que la révolution peut être comme le bal ou la soupe : populaire. Au peuple, on demande ce qu'il souhaite et, parce que le peuple ne peut pas se tromper, tout roule impec et tout le monde il est heureux jusqu'à la fin des temps. C'est hyper chouette.
Moi, je me dis que cette affaire de révolution, c'est une affaire politique. Et j'ai décidé que la politique, je m'en fous. C'est pas pour moi. Après tout, on peut vivre sans avoir d'idée politique. Est-ce que Brassens avait des idées politiques ? Il y a vachement mieux à faire avec son cerveau que de perdre son temps à avoir des idées politiques ! La politique, si on regarde bien, c'est un truc tout mou. C'est l'art du consensus. La politique, ça cause à la société plus qu'aux personnes qui la composent. Il faut tout le temps ménager la chèvre et le chou, faire avec les intérêts du plus grand monde et d'une minorité. Tâche malaisée et parfois même paradoxale qui fait que l'on est contraint à faire usage du mensonge.
Pour avoir le pouvoir, il faut faire des promesses au peuple. Il faut se faire aimer. Faut pas rechigner à dire n'importe quoi. Le peuple refuse d'être "pas riche" ? On va lui dire qu'on lui amène de la richesse pour tous. Le peuple ne veut plus tomber malade et mourir, on va lui dire qu'on a une potion magique qui va l'éloigner de tout ça. Pas de problème. On verra après. Mais finalement, on la connaît bien la règle du jeu depuis le temps, non ? On le sait qu'on nous ment, qu'on nous prend pour ce qu'on est. Et pourtant, allez, on repique au truc, on glisse notre bulletin dans l'urne. Moi, je crois que je vais désormais être en accord avec mes idées et que je n'irai plus voter. J'ai conscience que ça ne changerait rien si une énorme majorité n'allait plus voter. N'y aurait-il qu'une poignée de votants qu'un·e président·e serait élu·e. Pas de quorum pour les présidentielles ! Et alors ? On n'a pas compris que le vote n'était pas la solution aux problèmes plus ou moins réels que nous soulevons ?

Note

[1] oui, il y a faute

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