novembre 2018 (30)

vendredi 30 novembre 2018

Un geste simple pour la planète

jeudi 29 novembre 2018

Faire voyager une Citroën 2cv par la Poste

On me dira que ce n'est pas chose possible. On dira qu'une 2cv ne rentre pas dans une boîte à lettres et que, quand bien même, elle dépasserait largement les limites de poids et de taille imposées par la Poste. Et ce "on" n'aurait pas tort de dire tout cela sauf que, moi, j'arrive à envoyer une 2cv par la Poste grâce à une petite astuce toute simple.

mercredi 28 novembre 2018

Apprendre à causer bien



mardi 27 novembre 2018

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 69

Feuilleton collaboratif du mardi

lundi 26 novembre 2018

Hipophraste Dressingstone

Tout jeune déjà, le petit Hipophraste Dressingstone forçait l'admiration de ses parents. Il n'avait pas encore six ans — puisqu'il n'en avait que quatre — lorsqu'il montra les premiers signes de son intérêt pour les techniques mécaniques en démontant le réveille-matin de ses parents. Bien sûr, un enfant si jeune n'était pas en mesure de le remonter convenablement et il se contenta de replacer l'horloge vide de ses éléments constitutifs sur la table de chevet. Cet épisode fut à l'origine du blâme que reçut M. Dressingstone pour "retard intolérable" dès le lendemain.
Bien plus tard, très exactement presque une semaine après, c'est aux pneumatiques de l'automobile familiale que le petit diable s'intéressait. Nouveau blâme pour raison similaire pour le parent, fessée pour le gamin. Cette brimade allait éloigner Hipophraste de la science à tout jamais au presque. En effet, alors qu'il allait fêter son dixième anniversaire dans les années suivantes, il n'avait alors que sept ans et demi, Hipophraste prouvait au monde qu'il n'avait pas perdu son âme de petit garnement et de génie de la mécanique. Il allait démonter le vélo du petit Thomas, camarade de classe, à l'aide d'une scie à métaux et d'un gros marteau. Le vélo ne roulera plus jamais mais la vocation était née, Hipophraste deviendra cadre ou rien !
Et de fait, il faut le reconnaître, il ne devint jamais cadre. Pourtant, il ne se découragea pas le moins du monde et, honoré par un diplôme tout neuf délivré le jour de son vingtième anniversaire par ses parents le reconnaissant désormais comme Grand Ingénieur en Chef de l'école Polie-comique (il ne s'agissait en fait que d'un diplôme humoristique, vous l'aurez compris, vous…), Hipophraste décida de consacrer le plus clair de son temps libre (et il en avait, le bougre !) à la réalisation de son grand projet, une motocyclette novatrice de grand luxe et de grande puissance. Il puisa tout l'enseignement nécessaire à la réussite de ce projet dantesque dans les exemplaires des revues "Système D" et "Science & Vie Junior" ainsi que dans le "Manuel des Castors Juniors" qui ne le quittait jamais. Avant de passer à l'établi et aux outils, il prit une feuille de papier et un stylo pour rédiger un cahier des charges.
La motocyclette de ses rêves devait avoir une roue devant et une autre derrière. Pour s'asseoir, une selle était prévue et celle-ci devait pouvoir se positionner légèrement sur l'arrière et devant un guidon chargé de diriger la machine en un mouvement oscillant vers la droite et la gauche selon la configuration du terrain. Un moteur d'une cylindrée comprise entre 350 et 500cc allait avoir la mission de fournir le mouvement et la puissance à l'une des deux roues. Entre roue et moteur, Hipophraste jugea intéressant de placer deux dispositifs, une boîte à vitesses (deux pour aller en avant et une pour aller en arrière) et un embrayage à deux disques dont l'un serait plutôt en forme de cercle. Pour s'assurer de ne jamais dépasser les limitations de vitesse, il fut décider de placer un tachymètre visible depuis le poste de pilotage. Plusieurs croquis furent exécutés et servirent à la constitution de plans cotés d'une précision remarquable.
Les roues, les pneumatiques, divers accessoires et organes furent récupérés sur des motocyclettes mises au rebut. Le moteur fut remonté à partir de quelques modèles disparates modifiés, améliorés et adaptés par ce constructeur de génie. S'il avait hésité un moment entre le moteur à deux et à quatre temps, il se décida pour un cycle à trois temps de son invention qu'il serait bien trop long de décrire ici et qui, de toutes façons, est protégé par tout un tas de brevets. On peut juste en dire que le système fait appel à une chambre de condensation-répulsion commandée par clapets automatiques à bi-révolution opposée.
Une fois le moteur mis au point et placé dans le morceau de cadre découpé juste là où il était le plus intéressant de le faire, Hipophraste nota que l'idéal était bien entendu d'opter pour une roue avant motrice. L'entraînement de la turbine hydraulique étant assuré par un engrenage pris sur un arbre à cames furtif placé en tête. L'entraînement de la pompe du liquide hydraulique serait, quant à lui, assuré par une autre turbine mue par la puissance des gaz d'échappement. Un système somme toute élémentaire auquel, cependant, il fallait penser.
Au terme de quinze années de travail laborieux, la motocyclette était fin prête pour parcourir ses premiers kilomètres. Au guidon de sa machine, Hipophraste réalisa un premier tour de France à une moyenne très constante qui le ramena juste à la porte du garage qu'il avait quitté douze jours auparavant. L'essai était des plus prometteurs. Aucune panne n'était venue ternir ce galop d'essai mais ceci n'empêchait pas de revenir avec un carnet empli de notes qui allaient bien servir pour encore améliorer ce prototype.
Après avoir gravi le Kilimandjaro, s'être rendu en Terre de Feu et au Cap Nord, à Kyoto et à Tokyo, à Mexico et à Anchorage, la preuve était faite que sa motocyclette était la meilleure, la plus fiable, la plus économique, la plus confortable et la plus pratique de toutes les motocyclettes jamais conçues par l'Homme. On peut, sur le document iconographique suivant, voir Hipophraste Dressingstone sur la route qui le mène au village proche où il va acheter son pain quotidien.

Photo d'époque

dimanche 25 novembre 2018

Ça vaut mieux qu'une chaise de même


Et comme nous sommes dimanche et qu'il faut se détendre…

Je vous propose un petit jeu. Il s'agit de jouer avec LREM. Je propose "La Révolte En Mouvement", "La Rue Emmerde Macron" et, bien sûr, "La Ratatouille Enerve Mémé". A vous !

samedi 24 novembre 2018

Darmanin se fout de notre gueule

Déjà, il a une bonne vraie gueule de con. De vrai con, vraiment. Il est ministre de l'Action et des Comptes publics. Il a été exclu de Les Républicains. Il s'est prononcé contre le mariage homosexuel. Un con, vous dis-je.
Ce con, donc, a voulu dire combien il comprend les Français de la France d'en-bas. Et comment ça s'y prend un immense et glorieux connard quand ça veut dire qu'il comprend cette France populaire ? Hein ? Il s'y prend comme le con magnifique qu'il est, il se lamente lamentablement des prix des restaurants parisiens où l'on doit payer deux cents euros pour deux personnes… sans même prendre de vin. Mais mon pauvre gros con de ministre de merde ! Est-ce que tu sais seulement à qui tu parles, toi qui est fils de tenancier de bar et de femme de ménage ? Comment peux-tu, toi, ignoble connard, mépriser le petit peuple, toi qui en viens, connard ! Comment ?
Il voudrait mettre de l'huile sur le feu, ce connard merdeux, qu'il ne s'y prendrait pas mieux. Je ne sais pas ce que va donner cette colère des gilets jaunes mais déjà, on sait quelle tête placer au bout d'une pique, pour commencer.
Je suis en colère.

vendredi 23 novembre 2018

Palombes d'un doute

S'ils sont majoritaires, il n'y a pas que des salopards dans le genre humain. Quoi de mieux pour contrer les misanthropes et les fâcheux que de vous narrer un cas exemplaire ? Car oui, ne vous en déplaise, j'ai la chance de connaître de bonnes gens, des êtres humains pour qui les termes de gentillesse, de bonté, d'altruisme, ne sont pas galvaudés.
Récemment, je m'ouvrais à ces personnes des difficultés rencontrées pour se nourrir lorsque l'on a un maigre budget grandement amoindri par les nécessaires acquisitions de whiskies écossais hors de prix, de grands crus bordelais et de conséquents cigares de la Havane. Sans trop me plaindre, je disais ce quotidien constitué de pâtes et d'eau du robinet, je disais l'évitement des devantures trop alléchantes des pâtisseries, boucheries et charcuteries, des épiceries et marchands de fruits et légumes, sources de dépit et d'envies insatisfaites, je disais ce refus des livres de cuisine aux textes et illustrations insupportables pour qui s'en va au lit la queue basse et le ventre vide trop souvent. Les temps sont durs pour un pauvre hère tel que vous me voyez.
Ces personnes avaient par devant elles deux oiseaux chassés par une de leurs connaissances, des palombes. Les palombes, j'en avais entendu parler, comme les poulets ou le saucisson à l'ail, et je pensais que cela tenait de la légende, que cela ne pouvait exister ailleurs qu'au paradis qui accueillera les bons et les miséreux pour une vie meilleure faite de prière et de dévotion dans l'amour de dieu. Et ces personnes, bénies soient-elles, émues par mon malheur, touchées par ma triste condition, dans un geste gratuit (je n'aurais pas eu les moyens sinon) m'offrent deux palombes. Plumées et vidées. Charge à moi de les préparer.

Je me retrouve en mon étroit logis avec ces deux oiseaux et je me gratte le sommet de la tête. Que vais-je en faire ? Comment les préparer ? Quelle recette ? Je demande et me renseigne par-ci par-là et ça m'ennuie. On me conseille ceci, on me dit que c'est mieux comme ça. Non mais oh ! Après tout, j'ai le droit de donner mon point de vue sur la question, non ? Je vais faire à mon idée. Et voilà ce que cela donne.
J'ai d'abord coupé les oiseaux en deux dans le sens de la longueur avec un bon gros couteau bien solide. Ça a fait tchak ! et tchak ! et j'avais quatre morceaux. Dans une cocotte en fonte, j'ai fait fondre de la graisse de canard et j'ai fait revenir ces moitiés de palombe jusqu'à ce qu'elles soient bien colorés. J'ai fait flamber avec un peu d'alcool de prune. J'aurais voulu de l'armagnac mais je n'ai pas retrouvé la bouteille.
J'ai enlevé les palombes et j'ai mis à blondir deux échalotes et un oignon auxquels j'ai ajouté deux gousses d'ail écrasées et détaillées en éclats. J'ai coupé une belle tranche de jambon de cul noir du Périgord et en ai tiré des dés pas trop petits. Je les ai glissés dans la cocotte et ai remué. Un peu de sel, beaucoup de poivre et une légère pluie de farine de froment est venue recouvrir le contenu. J'ai mélangé l'ensemble d'une cuillère de bois bien vive. Les palombes sont revenues dans la cocotte et j'ai couvert à moitié de vin de Bergerac. J'ai attendu un instant que les vapeurs d'alcool s'échappent en remuant souvent et j'ai couvert, baissé le feu et laissé mijoter pour un peu plus d'une heure. Une demi-heure avant de déguster, j'ai ajouté des pommes de terre de belle qualité coupées en deux.
A l'heure de me mettre à table après le bénédicité, je peux vous assurer que je me suis bien régalé. J'ai bu un peu de ce même vin de Bergerac pour accompagner le plat.

Palombe à ma manière


PS J'avais oublié de préciser que j'ai aussi mis une belle carotte et du vert de poireau coupé très fin. Un délice, je vous dis !

jeudi 22 novembre 2018

Le gas-oil, une nouvelle vision du luxe

Fut un temps où le moteur Diesel était réservé aux poids-lourds, aux tracteurs agricoles et aux voitures taxi. Le moteur Diesel était un mal nécessaire, plus économe en carburant mais aussi poussif, bruyant, polluant. A la faveur des deux chocs pétroliers des années 70 et à la hausse du prix du pétrole consécutive, le gas-oil a su attirer d'abord les gros rouleurs puis toute la France avec les promesses de consommation moindre et, surtout, de coût plus bas au litre.
De longue date, deux constructeurs proposaient des automobiles à moteur Diesel, Mercedes-Benz et Peugeot. Aux débuts des années 80, Renault, Volkswagen puis tous les autres ont placé ces motorisations dans leurs catalogues. Parce qu'un moteur Diesel est plus technique qu'un moteur essence, qu'il nécessite une pompe à injection, un bloc moteur et une culasse capable de supporter un taux de compression plus grand, des injecteurs aussi, le prix de l'automobile à moteur Diesel était plus important que la même automobile à moteur à carburateur classique. On pensait se rattraper sur son investissement en payant moins cher son carburant. Et peu à peu, effet d'échelle aidant, les constructeurs ont pu proposer des voitures roulant au gas-oil à prix égal. En France, ça a été un appel d'air, ça a marché et la majorité des automobilistes s'est mis à rouler en Diesel.
Il y a eu des améliorations. On a ajouté un turbo-compresseur, on a imaginé des systèmes d'injection plus performants, on a cherché à atteindre le niveau d'agrément du moteur à essence. Les voitures neuves sont devenues les voitures d'occasion tant et si bien que bientôt, on a été presque incapable de trouver autre chose que du Diesel sur le marché. Avec les améliorations, le moteur Diesel est devenu plus fragile, moins fiable, moins increvable, plus cher à l'entretien mais il était devenu la norme et c'était le choix par défaut pour l'automobiliste. En concession, il fallait la demander explicitement pour que l'on vous propose une automobile à moteur essence.
Et alors, l'écologie est passée par là. Un coup, il fallait rouler en Diesel, un autre coup, il ne fallait surtout pas utiliser de Diesel. La valse hésitation a fait que l'on ne savait plus exactement qu'elle attitude adopter. Aujourd'hui, c'est haro sur le Diesel, c'est tollé contre l'essence, c'est l'enthousiasme pour l'électrique ! Et on s'apercevra qu'il y aura besoin de beaucoup de centrales électriques et que l'on ne pourra pas produire suffisamment et ça repartira pour un tour. On veut nous faire comprendre qu'il nous faut changer de paradigme, que le temps du véhicule personnel est derrière nous. Nous n'y sommes pas prêts.

mercredi 21 novembre 2018

Parce qu'il le vaut bien

Si scandale il y a, où se trouve-t-il ? Est-il dans les millions cachés aux services fiscaux japonais ou dans l'avidité ? Lorsque l'on gagne ses neuf millions d'euros par mois an, a-t-on raisonnablement besoin de gagner encore plus ? Craint-on les fins de mois difficiles ? Vit-on dans la peur du lendemain ? Carlos Ghosn est suspecté d'avoir omis de déclarer pas loin de la moitié de ses revenus (38 millions d'euros au lieu de 78 millions d'euros). Si l'erreur involontaire n'est pas totalement inenvisageable, elle est assez peu crédible. L'erreur aurait couru sur plusieurs années, entre juin 2011 et juin 2015.
Garder une poire pour la soif, c'est humain. Constituer des réserves pour les toujours possibles jours mauvais, c'est compréhensible. Nous avons tous un paquet de sucre mis de côté, du café d'avance, une bouteille d'huile et un paquet de pâtes dans les placards. Je suppose que Carlos Ghosn est un inquiet, un anxieux. Chaque jour, il doit se dire que l'on ne sait pas de quoi demain sera fait et, sans même y réfléchir, il met un petit million de côté pour pouvoir voir venir, au cas où.
Et puis, Carlos Ghosn est une personne tout à fait honorable. Un grand patron, un capitaine d'industrie, un redresseur d'entreprise, un visionnaire d'exception. Au Japon, on en a fait un héros de manga. C'est un être charismatique et complexe, un représentant de l'excellence à la française. Grâce à lui, le fleuron de l'industrie française qu'est Renault s'est hissé au plus haut à l'échelle mondiale.
S'il est d'ores de déjà écarté de la direction de Nissan, il reste à son poste de PDG de Renault. On a tout de même noté qu'il était quelque peu empêché et on a nommé un Bolloré pour faire l'intérim. Ouf ! Les Twingo et autres Zoé vont continuer à tomber des chaînes et à fleurir dans les concessions. C'est qu'il faut en vendre des voitures pour payer le salaire de Carlos ! Bon, il faut être honnête, il n'y a pas que ce salaire à payer. Et en plus des salaires, il y a la publicité. Parce qu'une Renault, s'il n'y avait pas la pub, ça se vendrait moins bien, il faut le reconnaître. Chez Renault, le budget pub monte à plus de quatre cents millions d'euros par an. Ce n'est pas rien mais c'est à ce prix que l'on trouve de la Renault dans les spots pub de la télé et sur les pages en papier glacé des bons magazines. C'est qu'il faut réussir à vendre toutes ces voitures qui donnent tant de travail à tant de monde.
Et là, on se prend à frémir d'effroi à l'idée que l'image de Renault puisse être écornée par la mise en cause de son estimable patron. La bourse a réagi, les investisseurs sont frileux. Le consommateur pourrait chercher à sanctionner la marque et s'en détourner pour la concurrence. Il faut calmer le jeu comme on dit dans les milieux sportifs. Il faut rassurer et dépassionner le débat. Jusqu'à preuve du contraire, Carlos Ghosn est innocent. Ce sont les Japonais qui manœuvrent pour faire tomber ce héros au sourire si doux et au grand cœur. Salopards de Japonais ! Ah ! Les traitres ! On ne peut pas faire confiance à ces gens étranges au sourire impénétrable. D'ailleurs, Carlos Ghosn n'a rien dissimulé au fisc français à ce que l'on en sait. Ça prouve bien que nous avons affaire à quelqu'un de foncièrement honnête. Il faut sauver Renault, il en va de l'avenir de la nation.

mardi 20 novembre 2018

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 68¾ - Dessinateur en grève !

lundi 19 novembre 2018

Macron sauve la planète - épisode 1

dimanche 18 novembre 2018

Mickey a 90 ans

samedi 17 novembre 2018

Détourner les Français de l'automobile

J'ai beaucoup réfléchi. Ma cervelle a approché l'affolement de soupapes. J'ai mis à contribution l'intégralité de mes capacités à penser et je pense que le résultat est fructueux. J'ai trouvé la solution !
Quel est le problème, au fond ? Le problème, c'est l'automobile et, d'une manière plus générale, l'idée même du véhicule individuel à moteur à combustion interne. Le Français ne veut pas payer le carburant trop cher. J'entends cela mais, excusez-moi de devoir le dire, le Français est un sot. Plutôt que pleurer sur l'augmentation du coût du litre de gazole ou d'essence sans plomb, ne ferait-il pas mieux de cesser d'acheter ce carburant qui part immanquablement en fumées nauséabondes, délétères pour la planète et la santé ? Faut-il qu'il soit peu disposé à la chose intellectuelle pour n'y avoir pas pensé de lui-même, le Français ! Heureusement, je suis là.
Mais, me demandera ce bête Français, comment aller au travail ? Comment aller à l'hypermarché ? Comment aller à la mer ? Sot ! Sot ! Sot ! Ah ! Français à l'étroitesse d'esprit digne des pires étrangers ! Ah que je te plains ! Ah que je ne peux te pardonner ta coupable paresse intellectuelle ! Ne comprends-tu donc pas que tu fais fausse route ? Faut-il que tu m'aies attendu ? Que je vienne dessiller ta vision basse et obtuse ? Et si je n'avais pas été là ? Hein ? Comment peut-on vivre ainsi durant tant d'années dans l'attente de l'être providentiel, du miracle qui arrivera et expliquera tout ? Enfin ! Je suis là !
Donc, j'ai réfléchi et j'ai trouvé. Il faut détourner le Français de l'automobile, le dégoûter de cette machine infâme et coûteuse. Car que sont les services que peuvent rendre ces automobiles face aux dépenses qu'elles imposent ? Réfléchons-y et tirons le bilan idoine. A tête reposée, calmement, sereinement. L'automobile pollue, l'automobile coûte, l'automobile tue, l'automobile agace, l'automobile questionne. Et en contrepartie ? Elle ne permet rien de plus que de se rendre à plusieurs kilomètres et de revenir au point de départ. Est-ce bien raisonnable ? Qu'alliez-vous faire là-bas que vous n'auriez su faire ici ? Et si, imaginons la chose, vous êtes tellement mieux là-bas qu'ici, pourquoi n'iriez-vous pas y établir vos pénates ?

L'automobile, les problèmes sans les solutions

Je connais des personnes qui dépensent plus de la moitié de leurs revenus dans l'automobile. Il faut acheter le véhicule, il faut changer le certificat d'immatriculation, l'assurer, le nourrir en carburant, l'entretenir, vidanger son huile et changer ses filtres et ses pneumatiques, payer les péages et le stationnement, le contrôle technique et les révisions, les amendes et tout un tas d'autres choses dont on se passerait bien.
Et pourtant, tous les automobilistes ne sont pas des déficients mentaux. Il y en a même des biens. Seulement, ils oublient de penser. Pire, ils refusent de le faire. Ils rechignent à ouvrir les yeux et à observer leur automobile avec les yeux connectés à leur bon sens. Parce que, franchement, c'est laid, une automobile. Une motocyclette encore plus, certainement, mais, par chance, il y en a moins à combattre. L'automobile est une agression visuelle, olfactive et sonore. C'est avant tout un amas de métaux et de matières plastiques plus ou moins habilement maquillé sous une couche de peinture et derrière quelques accessoires en "enjoliveurs" au goût plus que douteux. Les constructeurs et leurs services de communication ont tellement bien œuvré qu'il en est aujourd'hui pour s'extasier devant la "beauté" d'une automobile, se ravir des courbes arrondies et des lignes élancées, de la largeur des pneumatiques et de la forme des feux arrières. Vraiment ? Franchement ? En toute objectivité ? Vous ne sentez pas, confusément, qu'il y a quelque chose de dérangeant dans tout ça ? Vraiment ? C'est beau ces trucs montés sur des pneumatiques plein d'accessoires et d'équipements disparates chargés de cacher la misère ? Vous me faites de la peine.
On ne vous aurait pas dit que c'était beau, vous ne l'auriez pas deviné. Reconnaissez-le, au moins. Avez-vous conscience que l'on s'est infiltré dans votre esprit pour vous faire accepter l'inacceptable, l'inepte ? Vous êtes victime de la publicité. Pouvez-vous mettre au même niveau la statuaire grecque et la dernière née de l'industrie automobile ? Où sont les artistes qui ont décidé que le plastique peint en rouge, que les chromes étincelants, que les jantes en alliage étaient tombés dans le domaine du "beau" ?

"Oui mais, l'automobile, c'est pratique"

Pratique pour quoi ? Pour remplir le coffre de saloperies achetées dans des magasins stupides ? Pour aller perdre son temps au boulot ? Pour risquer l'accident mortel ? Pour craindre les radars ? Pour bouillir dans les embouteillages ? Pour faire grise mine face à la facture brandie par le garagiste ? Pour épuiser les réserves de pétrole ? Pour pourrir l'atmosphère ? Pour écraser les hérissons ? J'ai beau chercher et faire des efforts, je ne vois rien de bien indispensable dans l'idée de l'automobile particulière.

Pour certains, l'automobile est un marqueur social. Ils se donnent l'impression de se grandir, de s'élever dans la société en possédant un truc qui roule. Ils se pensent l'égal des grands en achetant une automobile d'une marque un peu prestigieuse, ils croient tutoyer le PDG ou le décideur. Notons tout de même que jamais on a entendu parler d'un phare de la pensée qui se serait fait remarquer par la "classe" de son automobile. Oui, d'accord, peut-être Françoise Sagan. Sait-on si Sartre avait une automobile ? Sait-on ce que conduit tel grand écrivain ? A-t-on vu tel prix Nobel dire sa fierté de posséder une automobile ? Tout au plus, dans l'actualité récente, a-t-on entendu parler de Trump enfumant la cour du palais de l'Elysée avec son automobile blindée. Il n'y a pas de quoi être particulièrement fier.
Que l'on puisse avoir la nécessité de se déplacer, ça peut se concevoir. Il faut juste comprendre que le véhicule personnel n'est pas l'unique solution. En premier, pourvu que vous ayez été bien conçu, dans les règles de l'art, vous avez des pieds. On peut aller loin avec deux pieds fonctionnels. Nous passons sur le recours aux animaux et nous intéressons à la bicyclette. Ce n'est pas mal mais c'est assez fatigant dans les montées et ça ne protège pas bien de la pluie. La téléportation n'est pas encore au point et rien ne permet de dire si elle le sera un jour. Ça semble assez compliqué et poser tout un tas de questions complexes.

L'automobile, un moyen de locomotion très moyen

Plus des trois quarts de la population française vit en ville ( données de 2012 — Source ). Pour ces personnes et même si ces services demandent à être améliorés et complétés, il y a les transports en commun. Pour les autres, on peut éventuellement envisager que l'on puisse encore être obligé d'utiliser un véhicule personnel pour se rendre à une gare, à un parking desservi par des navettes, un tramway, des bus. Mais dans le fond, l'idéal serait que ces personnes n'aient pas à se déplacer du tout. L'idéal n'étant pas à portée de main, on peut accepter les déplacements sur un faible rayon. Ainsi, les automobiles seraient limitées à un maximum d'une dizaine de kilomètres. Il faudra aider à la réinstallation de commerces en zone rurale et dans les centre-villes. Des systèmes de livraison à domicile seront mis en place.
Ainsi mes amis, je vous en conjure. Je sais que mon message a été entendu, je sais votre prise de conscience, je vous sais désormais convaincus. Aussi, vous qui avez de vieilles automobiles, des Bugatti, des Delage, des Delahaye, des Ferrari ou des Porsche, des Citroën ou des BMW, confiez-les moi ! Je saurai les soustraire à vos regards, je saurai vous aider à faire pénitence, à expier vos péchés. Pensez à faire le plein de carburant et à gonfler les pneus.

vendredi 16 novembre 2018

Jouons avec une plume et de l'encre ainsi qu'un peu avec un ordinateur

jeudi 15 novembre 2018

Pas touche au gas-oil du peuple !

Je n'irai pas manifester avec les "gilets jaunes". Je suis plein de suspicion par rapport à ce mouvement et je pense que le combat n'est pas des plus nobles qui soient. Je ne manifesterai pas aux côtés de la Peine et de Mélenchon. On a les combats qu'on peut.
C'est quoi le problème au juste ? Le prix des carburants. C'est tout ? Oui, c'est rien que ça. C'est juste que des gens disent qu'ils en ont marre de payer pour rouler. Dans l'idéal, ils voudraient que les carburants soient gratuits. Parce qu'ils ont conscience que l'on ne leur accordera pas ça, ils demandent que, au moins, le gouvernement baisse les taxes. A quel niveau ? Je n'en sais foutre rien.
On m'a demandé si ça me plaisait de payer des taxes. On m'a dit, bien sûr, que je ne devais pas me sentir concerné ou, pire encore, que j'étais un soutien fidèle et sans concession à Macron. Je rassure tout le monde, je paie mon carburant comme tout le monde et je n'aime pas la politique de Macron.
Pour certains, l'idée est de foutre le bordel pour réussir, à terme, de mener la révolution qui va conduire Macron et ses sbires au pilori. Le peuple va ainsi se soulever et marcher sur l'Élysée comme un seul homme. On va voir ce qu'on va voir ! On ne pique pas les sous du peuple sans avoir à craindre son courroux. Les têtes au bout des piques, les barricades… et le carburant à un prix aussi bas que possible.
Plus prosaïquement, je ne me vois pas revêtir cet horrible gilet jaune pour parader en public. J'ai ma dignité. Et pourquoi pas un nez rouge ou des mocassins à gland, tant qu'on y est ? Franchement, faut pas s'aimer pour accepter de se ridiculiser ainsi.
Qu'il y ait de la colère contre Macron, ça je le comprends. C'est bien. Ça aurait été encore mieux de comprendre plus tôt qu'il ne fallait pas le mener à son poste mais bon, on ne refait pas l'Histoire. Je me demande combien il y en aura à manifester qui ont glissé le bulletin Macron dans l'urne aux premier et deuxième tour des présidentielles. La colère présente est la voix de la déception, le prix du carburant est un prétexte à manifester. Vous allez voir qu'ils seront plus nombreux pour cette mobilisation que lorsqu'il s'agit de défendre les services publics, la Sécurité Sociale, les acquis sociaux. La France est peuplée d'automobilistes qui défendent un modèle de société qui sent le gas-oil.

mercredi 14 novembre 2018

2cv rapide

mardi 13 novembre 2018

L'artiste fait défaut


Tandis que Liaan se trouve dans l'obligation de surseoir à la réalisation de la planche hebdomadaire du feuilleton pour des raisons honteuses dont j'ai fait le serment de ne rien dévoiler afin de ne pas mettre à mal l'honneur de notre artiste préféré (nous sommes tous avec toi, Liaan !), nous apprenons le décès d'un autre immense artiste, Stan Lee, survenu le 12 novembre dernier (oui, hier, c'est ça). Sur ce blog, Stan Lee est sans doute moins connu que Liaan. Pourtant, ce dessinateur a remporté un succès certain avec d'étonnants personnages de super-héros comme Spider-Man ou Hulk.
Gloire soit rendue à ces deux héros de la bande dessinée qui ont tant apporté aux arts graphiques populaires.

lundi 12 novembre 2018

Sale gosse

Il y a des gens, leur métier c'est d'écrire des livres. Longtemps, j'ai cru qu'ils étaient ceux que l'on appelle "livreurs". En vérité, ce sont des écrivains, romanciers, poètes, historiens, raconteurs. Moi, j'ai toujours, depuis l'enfance, à cause des films de la télé peut-être, voulu être tueur. J'ai toujours rêvé de réussir le crime parfait, d'être celui qui mettrait en échec les plus forts des enquêteurs, celui qui ne serait jamais pris. Je n'ai jamais eu de préférence spéciale, ce qui comptait, pour moi, c'était de tuer, de donner la mort. Une femme, un homme, un enfant, peu importe. Juste tuer. Pour le plaisir, pour mon plaisir.
Plus jeune, j'ai pu à loisir tuer des animaux. Miraculeusement, le chat disparaissait du paysage, le poisson rouge flottait le ventre à l'air, le sale chien du voisin n'aboyait plus. J'ai expérimenté l'étouffement et le poison, le couteau et la masse, la hache et la corde. J'avais la chance de vivre à la campagne. Des cousins étaient paysans. J'adorais assister à la mise à mort du cochon au grand désespoir de ma mère qui prétendait que ce n'était pas un spectacle pour un si jeune enfant. Très tôt, j'ai appris à tuer le poulet du dimanche ou le lapin des jours ordinaires. J'allais à la pêche pour le seul plaisir d'attraper un poisson et de l'observer se débattre sur la berge herbue. Je le laissais agoniser avec un plaisir et je bandais. J'aimais ça.
Petit, je ne comprenais pas que c'était "mal". Sincèrement, j'étais certain que tout cela était parfaitement normal, que mes frères et sœurs, mes parents, la maîtresse, tout le monde aimait tuer, étrangler, ressentir la magie de cette vie qui s'échappe, de ces muscles qui se détendent, de ce souffle qui se fait court, de ce sang chaud qui coule entre les doigts, l'odeur de ce sang, cette odeur de fer, douce, suave. J'ai été pris. C'était un mercredi après-midi de fin de printemps. Il faisait déjà chaud, il avait plu et le soleil avait percé à travers les nuages. Je me suis dit que la journée était belle et que pour qu'elle soit parfaite il ne manquait plus qu'un chien mort. Un peu à l'écart du village, il y avait la ferme de mon copain Xavier. A la ferme, ils avaient un vieux chien jaune qu'on gardait attaché parce qu'il avait pris le goût d'aller tuer les moutons. Il s'appelait Totor, il était gentil, affectueux. Je suis allé le voir et je l'ai étranglé avec la chaîne qui le retenait. Il ne s'est pas trop débattu, je crois qu'il n'a pas compris tout de suite ce que je lui faisais. Je lui parlais, lui disais que c'était un bon chien, qu'il ne fallait pas qu'il essaie de me mordre. Le père de Xavier m'a vu de loin. Il arrivait sur son tracteur et il m'a vu à côté de Totor. Il s'est demandé ce que je faisais et il arrivait à grands pas dans ses bottes couvertes de merde de vache. Il m'a attrapé par le bras et m'a envoyé en arrière et puis il a déroulé la chaîne d'autour du cou du chien. Il n'était pas encore tout à fait mort mais c'était trop tard pour le refaire basculer du côté de la vie. Je me suis fait engueuler, j'ai compris que l'on m'accusait d'avoir tuer tué le chien, on disait que j'étais malade. Ce jour là, j'ai compris.
Je me suis défendu, j'ai dit que le chien s'était emmêlé et que je voulais le libérer. J'avais six ou sept ans. On a fait semblant de presque me croire et on m'a fait comprendre que je n'étais pas le bienvenu à la ferme. Mes parents ont été mis au courant et j'ai eu droit à des questions, à des demandes d'explication. Je suis resté sur mes positions, le chien s'était entortillé la chaîne autour du cou et je voulais l'aider. Je suppose que mes parents ont préféré me croire. Ça devait les rassurer.

Mon premier humain, c'était un vieux. Je n'ai jamais connu son nom. Il passait de longues heures à pêcher, toujours dans le même coin, debout sur la berge. J'avais déjà causé avec lui. Il m'avait dit qu'il ne savait pas nager. A cet endroit, la berge était haute et tombait abrupte au dessus de la rivière. Il suffisait de le pousser un bon coup et de le regarder se débattre, éviter de couler. Pour tout vous dire, j'ai été déçu. Le spectacle n'a pas été à la hauteur de mes espérances. Je suis allé le voir, on a discuté un peu et puis je me suis reculé, mine de rien, pour prendre de l'élan. Je me suis jeté sur lui, au niveau de son gros cul, je l'ai poussé de toutes mes forces et il est tombé à l'eau. Je me suis penché et je ne l'ai pas vu. Il n'a pas crié, il n'a pas battu des bras, rien. Il a coulé comme une pierre, je n'ai rien vu. Dans ma tête, tout se mélangeait. J'avais la satisfaction d'avoir tué un homme, oui, mais je n'avais pas ressenti de vrai plaisir. C'était déroutant, décevant.
J'ai eu l'idée de tuer ma petite sœur plusieurs fois. J'ai essayé mais je crois que je manquais de motivation vraie ou bien, peut-être, étais-je arrêté par une sorte de tabou, d'interdit moral. Je me suis contenté de la rendre bien malade, de lui faire avaler des médicaments que je broyais dans son chocolat du matin. Ça ne l'a pas tuée. Aujourd'hui, je pense sincèrement que ce n'est pas plus mal. Finalement, j'aime mes frères et sœurs et mes parents. Et puis, ce ne sont pas les étrangers à la famille qui manque manquent dans le monde !
A l'école, ça n'allait pas fort. On m'a pris pour un idiot, on m'a fait passer des tests, on m'a conduit vers la sortie sans trop m'en demander. Je ne suis pas si idiot que j'ai voulu le faire penser. Je sais lire et écrire (et pas si mal), compter et réfléchir. Au moment d'entrer dans la vie active, on ne savait pas quoi faire de moi. Logiquement, j'ai fait en sorte de trouver de quoi concilier mon goût particulier et vie professionnelle. A l'abattoir, dans la ville d'à-côté, on embauchait. Pas de diplôme requis. L'expérience professionnelle, je l'avais acquise sur le tas. C'est un milieu particulier, l'abattoir. J'ai rencontré le directeur, je lui ai dit que je voulais bosser. Il m'a expliqué qu'il y avait plusieurs candidats pour la chaîne de découpe, qu'il allait garder ma candidature et, éventuellement me rappeler. A moins, précisa-t-il, que j'accepte un poste à l'abattage. Là, on ne se bousculait pas pour décrocher un emploi. Finement, j'ai dit que je pouvais essayer. J'ai été pris.
Au départ, j'ai été mis à la saignée. On recevait principalement des vaches. Ce n'était pas désagréable mais ça ne me procurait pas de plaisir particulier non plus. C'était un travail assez tranquille. Au bout de quelques mois, d'abord pour des remplacements puis réellement affecté à ce poste, j'ai été mis à l'étourdissement. J'avais un pistolet d'abattage. C'est un appareil muni d'une tige qui est poussée dans le crâne de la bête par une cartouche à poudre. La vache est face à vous, dans une sorte de cage et vous, vous êtes un peu en hauteur. Vous armez votre pistolet, vous l'appuyez contre le front de la bête et vous tirez. La vache s'effondre. Niveau plaisir, c'était un peu mieux mais tout de même pas totalement satisfaisant.
Mon père disait que le bon côté, c'est que je ramenais de la viande pas chère. On n'a jamais fait autant de barbecue qu'à cette époque, à la maison. J'ai été appelé pour le service militaire. Normalement, je n'aurais pas dû être pris. J'avais un dossier d'idiot qui me suivais. On m'a incorporé dans un régiment d'infanterie, chez les "chair à canon". J'ai vraiment aimé être en contact avec des armes, apprendre à les utiliser, apprendre à tuer (on ne l'a malheureusement pas fait lors du service militaire). C'est vers la fin des douze mois que j'ai été convoqué chez le commandant. Il m'a proposé de m'engager. Il y avait une guerre et la France devait y envoyer des hommes "qui n'ont peur de rien". J'avais un avis positif du sergent, de l'adjudant, du lieutenant et du capitaine. J'ai signé. Je suis parti à la guerre.
Sur le terrain, j'ai été affecté à une unité spéciale. On menait des actions "spéciales". C'était secret, on n'avait pas le droit d'en parler. Pour dire les choses clairement, il s'agissait de, par petits groupes, d'aller assassiner sans faire de bruit. On avait des poignards et une arme de poing. On tuait du civil plus que du militaire et on devait déposer des indices qui devaient laisser penser que les coupables, c'était les autres. On a foutu la merde dans tout le pays pour longtemps. Officiellement, la France était là pour rétablir la paix, aider les gouvernants de ce pays ami. En vérité, on était là pour le pétrole et des matières premières rares. On était une très bonne unité. La meilleure selon le colonel. On a été promu. J'ai gagné mes premiers galons. J'avais trouvé ma voie. Je tuais allègrement avec les félicitations du jury. C'était jouissif.
Après quelques mois, on nous a fait sortir du pays. Ça devenait chaud. De retour en France, j'ai été convoqué pour un entretien avec un colonel et plusieurs autres hauts gradés. On m'a proposé de rejoindre les services spéciaux de l'armée. Je devenais tueur avec le titre de sergent-chef et la solde d'un lieutenant. J'ai suivi des formations supplémentaires pour le combat au corps à corps, les poisons, le maniement des armes. Je devenais ce que j'avais toujours rêvé d'être, une machine à tuer. Mon métier m'excitait, j'y excellais. J'ai voyagé sur toute la planète, j'ai tué partout dans le monde pour servir les intérêts de mon pays. J'en suis assez fier.
A mes quarante ans, j'avais tué plusieurs milliers de personnes en service commandé auxquels il convient d'ajouter celles exécutées pour mon seul plaisir. Dans les hautes instances, on a considéré que j'étais rattrapé par la limite d'âge et on m'a proposé un reclassement dans l'administratif. J'allais pouvoir tuer dans des bureaux ? Non. J'ai préféré rompre mon contrat et partir avec une pension assez confortable. Durant ces vingt ans, j'avais réussi à amasser un pécule pas dégueulasse. Je suis revenu vers mon village. Mes parents avaient vieilli. Je me suis acheté une maison et j'ai commencé à m'ennuyer gravement. Je me suis mis à traîner dans les rues à la recherche d'un petit quelque chose à tuer. J'ai eu la tentation de retourner à l'abattoir mais, franchement, les vaches ça me semblait bien fade, à présent.
Je suis allé à la ville de plus en plus souvent. Je parcourais les rues à la recherche d'un clodo qui ne manquerait à personne, d'une pute esseulée. Les flics et la presse s'en sont mêlé. On avait bien remarqué l'augmentation de la "criminalité". On avait soulevé l'hypothèse du crime de la drogue ou du "règlement de compte entre bandes rivales" mais ça ne tenait pas la route. Qui allait tuer un mendiant pour son fric ou sa bouteille de jaja ? Qui étranglerait une bourgeoise égarée sans même lui piquer son porte-monnaie ? Qui égorgerait un cadre ventripotent alors qu'il rejoignait sa voiture après un dîner d'affaire à l'ombre d'une porte-cochère ? La police pressentait bien la présence d'un tueur en série mais n'arrivait pas à lier les crimes les uns aux autres. Il ne semblait pas y avoir de motivation. A moins que la folie ?
Seulement, je ne suis ni fou ni con. Pas assez pour me faire prendre par les flics, ça c'est sûr. J'ai délaissé cette ville pour une autre et puis encore une autre. Mon père est tombé malade. Cancer généralisé, foutu. Je l'ai aidé. Les obsèques ont été l'occasion de revoir mes frères et sœurs. Je n'avais décidément rien en commun avec eux. Je détestais les belles-sœurs, les beaux-frères, les gosses. J'ai tout envoyé promené. J'ai mis ma maison en vente et je suis parti loin. De région en région, de location en location, j'ai tué partout, au hasard, à l'envie. Jamais plus de trois ou quatre par ville. J'ai aussi tué à la campagne à l'occasion, bien sûr. J'ai compris combien il était facile de trouver quelqu'un à liquider. Et c'est là que j'ai commencé à vouloir donner un sens à tout ça. Il y avait trop à tuer, il fallait faire des choix. Le problème, je l'ai vite compris, c'est que je n'avais pas de haine. J'aimais tuer mais je tuais sans raison. Il allait falloir m'en trouver une.
Je n'ai jamais été politisé. La solution est venue par la télé et ce type qui promettait de nettoyer la racaille au Kärcher. J'allais m'attaquer à la racaille et pas qu'au nettoyeur haute pression. J'allais devenir un nettoyeur, Le Nettoyeur ! J'avais passé des années à rendre service à la France en tuant, j'allais continuer ma mission en nettoyant, en supprimant la racaille. Je devenais un justicier. Il ne me restait plus qu'à définir ce qu'était cette racaille. La télé me fut d'une grande aide là aussi. Et puis, il suffisait de parler avec les gens, dans la rue, à la terrasse des cafés, au marché. J'appris à lire les bons journaux qui allaient me désigner la racaille, je rencontrais des personnes qui savaient. J'ai commencé mon œuvre de nettoiement. Je me suis attaqué à la racaille et pas qu'un peu. J'allais de banlieue en banlieue, ne m'installait jamais. Je descendais dans des hôtels minables pour quelques jours, j'opérais de nuit. Je pouvais liquidé jusqu'à trois racailles en une seule nuit. J'avais nettoyé le territoire de presque deux cents racailles à la fin de l'année. Je surveillais la télé et quelques journaux, on ne semblait pas faire de rapprochement entre ces racailles défuntes et moi. Je devais me montrer prudent.
Un soir, dans une cité au nord de Paris, ça s'est mal passé. J'ai merdé. La racaille a réussi à se défendre, elle a sorti une lame et m'a planté. J'ai pu fuir pendant que la racaille en faisait autant de son côté. J'avais mal, j'étais sérieusement touché, j'ai dû aller aux urgences. On m'a réparé, on m'a poussé à porter plainte. Je ne voulais pas mais les flics sont passés me voir. Il a fallu que je décrive mon agresseur, j'ai dit n'importe quoi, que c'était une racaille à capuche, qu'il était plutôt grand. On a pris mon identité, mon adresse. J'ai donné l'adresse de ma mère. Les flics ont un peu tiqué. Ils ont voulu savoir ce que je faisais là. J'ai raconté que je m'étais égaré. Ils m'ont laissé tranquille mais pas les toubibs. Interdiction de sortir, obligation de rester en observation. J'avais eu l'intestin perforé, on m'avait perfusé pour éviter une infection, je devais rester au moins une nuit à l'hôpital.
Le lendemain matin, un type est venu me voir. C'était un inspecteur. Il m'a redemandé ce que je faisais dans cette cité à cette heure tardive. J'ai ressorti mon bobard. Il n'a pas eu l'air de se satisfaire de cette explication. Il a voulu savoir ce que je faisais dans la vie. J'ai dit que j'étais retraité de l'armée. Il m'a re-redemandé ce que je faisais là cette nuit. J'ai redit que je m'étais égaré. Il a voulu savoir ce que je cherchais. J'ai dit n'importe quoi, que je cherchais un endroit où manger. Il a tapoté son stylo sur son calepin et il m'a souhaité un bon rétablissement en sortant. Ça sentait mauvais. J'en avais conscience.

Je suis resté en observation pendant trois jours. Les flics ne sont pas revenus me casser les pieds. Le médecin m'a donné une ordonnance et m'a dit de faire refaire le pansement tous les jours. J'ai signé des papiers, j'ai remercié et suis sorti. J'ai réussi à retrouver ma voiture, j'ai pris le large. Je suis allé me mettre au vert. J'avais toujours un appartement à Dijon. Je m'y suis réfugié et me suis soigné moi-même. Pendant deux mois, je me suis tenu à carreau et puis je suis reparti en chasse.
A Lyon, j'ai nettoyé à trois reprises. A Avignon, une seule fois. Marseille m'attirait. Je sentais qu'il y avait là un vivier. J'ai cherché les quartiers à problème. J'ai observé, j'ai sélectionné quelques proies, je me suis mis au travail. Il y a eu une proie, je ne la pensais pas si jeune. Elle s'est mise à pleurer quand j'ai fini par l'attraper. Il me suppliait, il s'est même pisser pissé dessus. J'ai serré les mains sur son cou plus fermement, j'ai senti que ça cédait, que ça craquait. La proie s'est détendue, je l'ai laissée glisser contre mes jambes. Une autre, j'avais noté son manège. Elle dealait sous un porche. Je suis passé devant elle, l'air de rien, et suis revenu après quelques pas sous prétexte que je voulais du feu pour allumer ma cigarette. Le type m'a renvoyé chier. Je n'ai pas trop apprécié. J'ai saisi la cordelette déjà préparée et je l'ai attrapé en le faisant pivoter. Il s'est mis à gargouiller et s'est laissé tomber. Il y a eu des cris, des bruits de pas, je me suis cassé vite fait.
La moisson marseillaise n'a pas été si fructueuse que je l'espérais. Je ne suis resté là que quatre jours et suis parti pour la région toulousaine où, finalement, ça a été plus intéressant. Je suis remonté sur Limoges (grosse déception), suis passé par Orléans (pas mal) et poursuivi ma route vers Troyes, Nancy et Strasbourg. Nettoyages corrects, sans plus. Retour par Besançon et enfin Dijon. J'ai pris des vacances. Il faut dire aussi que niveau finances, ça devenait un peu chaud.


Je ne sais pas s'il y aura une suite.

dimanche 11 novembre 2018

La paix n'a pas gagné la bataille

Cent ans après, de quoi nous souvenons-nous ? On nous a raconté qu'il fallait cultiver le souvenir pour que ce soit la Der des Ders à tout jamais. Le conflit fini, la paix aurait pu, aurait dû, se propager pour longtemps. On sait ce qu'il en a été. On est même allé jusqu'à accuser les pacifistes d'avoir provoqué la deuxième guerre mondiale. Faut-il des raisons pour expliquer une guerre ? Peut-on expliquer la guerre ? L'excuser ? La comprendre ?
La guerre existe depuis longtemps, existera encore longtemps, est partout à différentes échelles. La paix ne fait pas partie de la panoplie du genre humain. La paix, si seulement elle peut exister un jour, devra être le fruit d'un énorme bouleversement des consciences, du schéma mental de l'Homme. Tout donne à penser que nous ne sommes pas prêts pour la paix, que nous sommes programmés pour la guerre, le combat.
On peut le comprendre, nous sommes le fruit d'une longue évolution du vivant et ce vivant se bat pour sa survie et sa reproduction depuis très longtemps. Les tout premiers organismes vivants se contentaient peut-être de puiser leur source de vie de l'environnement, de la chimie de leur milieu, de la lumière et de la chaleur du soleil. Les premières cellules, il y a peut-être 3,5 milliards d'années, étaient possiblement des cyanobactéries, des stromatolithes, pour qui le sens de la vie était sommaire. Il y avait bien une certaine forme de vie, embryonnaire, mais pas de pensée, pas de but, pas d'idée.
A un moment, la concurrence est arrivée. Les espèces se sont multipliées, des stratégies sont nées. Certaines solutions n'ont pas connu le succès et ont été abandonnées. La concurrence a conduit à croître plus vite ou en plus grand nombre, de détruire les organismes voisins. Le règne végétal n'est pas pacifique du tout, la guerre est toujours présente. L'idée de la défense d'un territoire, de l'occupation d'un écosystème, de l'éradication des concurrents n'est pas nouvelle et nous avons hérité de toute cette longue histoire.
Aujourd'hui, pour vivre, nous devons tuer. Ne serait-ce qu'une carotte ou un poireau. Mais nous ne voulons pas seulement vivre, nous voulons l'abondance, nous refusons le risque de manquer. Alors, on y va à tour de bras, on ratiboise, on avale goulûment, on dévore à belles dents, on vole la part du voisin et le voisin par la même occasion et sa femme et sa fille pour faire bonne mesure. Et enfin, son cochon, ses rutabagas et on va faire une petite sieste avec le sourire de celui qui a bien œuvré. C'est ce que l'on appelle l'humanité.

Un siècle après la fin de cette guerre horrible on nous fait de beaux discours et de belles cérémonies. On en appelle à la paix entre les peuples et c'est de la belle hypocrisie, du pur mensonge fait-main, de la vraie belle ouvrage. Je ne comprends pas le sens profond de tout cela. Devoir de mémoire ? Ah ! Le Devoir de mémoire ! Il se trouve que je n'ai pas, dans ma famille, de "Mort pour la France". Il doit bien y en avoir, hein, mais pas un qui ait franchi la barrière de ma lignée et qui soit arrivé jusqu'à moi. Je ne le regrette pas, je ne m'en enorgueilli pas non plus. C'est comme ça. Mon arrière grand-père maternel, du côté de son père, était Allemand pour ce premier conflit mondial. Il n'est pas mort à la guerre. Je n'ai pas de monument au morts où aller me recueillir. Il m'arrive de les regarder, ces monuments, de lire la liste de ceux tombés au champ d'honneur entre 14 et 18 puis entre 39 et 40. Parfois, ceux de la guerre d'Algérie ont été ajoutés. Je n'ai pas connaissance d'un monument pour ceux d'Indochine.
Que va-t-il se passer ? A Paris, on va réveiller la flamme du soldat inconnu, on va dire des mots et on va s'en retourner préparer la prochaine guerre ou vendre des armes pour une guerre économiquement profitable. Hypocrisie de merde. Merde à la guerre, merde aux armées, merde aux militaires ! Merde, merde et re-merde !

samedi 10 novembre 2018

Sportive Traction

Traction avant Citroën de sport
Traction avant Citroën de course

vendredi 9 novembre 2018

On est le neuf

S'il avait fallu que je ne montre et n'écrive que des images et des propos cohérents sur ce blog, il y a fort à parier qu'il serait bien moins fourni. Et force est de constater, avec un peu d'amertume et beaucoup de déception, que ce n'est pas encore ce jour que l'intelligence fera son entrée en ces pages.
Aussi, mais je ne veux pas vous jeter la pierre, vous ne m'aidez pas à progresser sur le chemin malaisé de la lumière, de la pensée forte et de la connaissance. Finalement, peut-être sommes-nous parvenus à nous trouver, vous et moi, sur le terrain de l'intellection modeste et de la compréhension défectueuse. Si nous ne sommes certainement pas entre gens savants, nous ne sommes pas non plus de parfaits idiots. Ce n'est déjà pas si mal et, comme on le dit, après tout il faut de tout pour faire un monde.
Dans ce marasme intellectuel qui nous envahit, j'ai eu hier la chance, à Périgueux, de rencontrer une personne particulièrement brillante, artiste, dessinateur et peintre, photographe et écrivain. J'étais là pour tenter de remettre en route un vieil Apple G4. Mon diagnostic a rapidement été que la panne venait de l'alimentation. Trouver une alimentation pour ce modèle d'ordinateur n'est pas aisé et, lorsque l'on en trouve une sur le marché de l'occasion on découvre qu'elle est vendue au prix d'une machine complète. Pour tout dire, cet ordinateur vieux d'une quinzaine d'années ne mérite peut-être pas que l'on tente de le faire revivre.
La personne chez qui j'étais me propose un café que j'accepte avec entrain. A un moment, elle me dit : « Vous aussi le noir vous va bien ? ». Je ne m'attendais pas à cette simili question. Que veut-elle donc dire ? Face à l'absence de réponse, la personne précise le fond de sa pensée : « Les idées anarchistes ne vous sont pas étrangères ? ». Du coup, je commence à comprendre le sens de ses propos et je réponds (enfin !) que, effectivement, je me sens proche de ces idées.
Alors, l'homme se lève et va vers sa bibliothèque. Il se saisit d'un livre et me le montre. Une fois encore, je ne comprends pas bien où on veut m'amener. « Je suis un frère », me dit-il sur le ton de la confidence. Là, je comprends. L'ouvrage porte les symboles de la franc-maçonnerie. Ok, d'accord, je pige… Enfin pas trop, tout de même. Pas tout. Et là, sans doute parce que j'arbore un air particulièrement stupide, il m'explique que beaucoup d'anarchistes sont entrés en franc-maçonnerie. Et de me citer plusieurs noms de l'anarchisme.
Je n'ai pas jugé bon discourir à ce propos. Déjà parce que je n'ai toujours pas compris pourquoi et comment la discussion a pu dériver sur le sujet de l'anarchie et de la franc-maçonnerie. Oui, d'accord, j'étais chez cette personne parce que j'avais précédemment dépanné un type lui aussi franc-maçon à qui j'avais été recommandé par un client franc-maçon. Ça doit forcément venir de ce cheminement.
Moi, je ne connais rien de bien précis au sujet de la franc-maçonnerie. Ça n'a jamais été un sujet qui m'a passionné. Je ne sais pas en quoi ça consiste exactement, ce que ça implique, à quoi cela oblige. Surtout, je pense que je m'en fous totalement.
J'ai proposé d'amener le disque dur du Mac en panne chez moi pour récupérer les données afin que ce client puisse travailler depuis son ordinateur portable dans l'attente de trouver une solution valable pour soit réparer soit remplacer le Macintosh malade. Depuis hier soir, je transfère les données sur un disque dur externe qu'il sera possible de connecter en USB. En attendant que ce soit fini, j'ai eu le temps de faire un dessin que j'ai encré ce matin et qui n'a rien à voir avec tout ça.

Moto pour vieux

jeudi 8 novembre 2018

Manu militari with love

Que l'on ne vienne pas me raconter que ça n'est pas calculé. Notre président de la République française à nous qu'on a pour le moment a déclaré :

"Il est légitime que nous rendions hommage aux maréchaux qui ont conduit l’armée à la victoire, comme chaque année. Mon chef d’état-major sera présent à cette cérémonie"

Parmi ces maréchaux, il y a Philippe Pétain. Lorsque l'on parle "maréchal", pense-t-on à Joffre ou à Foch (pour ceux des années de guerre) ? Bien sûr que non. On pense à Pétain.
Lorsque l'on pense Pétain, pense-t-on au héros de Verdun ? Vous, je ne sais pas mais moi, non. Pétain, c'est "je fais don de ma personne à la France", c'est Vichy, la collaboration, la milice, les déportations, les lois d'exception.
Honorer les chefs d'armée de la Grande guerre, déjà, on peut se demander. Il avait pourtant été dit que l'on ne glorifierait pas la guerre, que l'on allait plutôt la pleurer. A mon sens, mais je suis peut-être un poil trop anti-militariste, je préfère le souvenir de l'horreur et de la bêtise plutôt que des victoires bien maigres en regard avec les mortels échecs. Si je veux un souvenir de cette guerre, je préfère celui des anonymes à celui des grands "va-t-en guerre".
On ne peut rien contre l'Histoire. Cette guerre a eu lieu, elle a eu ses raisons, on peut les expliquer. Elle a eu sa fin, on peut l'expliquer aussi. Elle a eu ses conséquences que l'on peut également expliquer aujourd'hui. Grandir les maréchaux et généraux de cette guerre c'est chercher à grandir la France, peut-être, mais c'est aussi, selon moi, donner un message perturbant.
Macron est revenu sur ses propos. Il se justifie en rappelant qu'il s'est trompé, que l'on l'a mal compris. Il n'honorera donc pas Pétain. Il n'en reste pas moins que le message est donné et que je ne le comprends pas encore tout à fait. Pourquoi préciser vouloir honorer les chefs militaires alors que, finalement, ça allait de soi et que ça aurait pu être fait sans qu'il soit nécessaire de l'annoncer ? Macron aurait, dans un discours, chanté les louanges de ces chefs, il aurait cité Pétain en disant les réserves sur l'autre Pétain, celui des années 40, qu'aurait-on trouvé à dire ? Pétain, on ne peut le nier, a bien été un chef durant le premier conflit mondial. Le Pétain de Vichy n'éclipse pas celui de Verdun.
Ce qui est troublant, c'est que cette annonce de Macron arrive quelques jours après qu'il ait jugé utile d'agiter le spectre des années 30. Alors, peut-être ne faut-il pas lui faire de procès trop hâtif. Peut-être voit-il ressurgir un peu partout les idées et les régimes d'extrême-droite et, peut-être aussi, s'est-il laissé porté par sa peur d'un retour des fascismes. Il n'en reste pas moins que la polémique née de ses propos à propos de Pétain en cette période me semble délétère pour la démocratie en cela qu'elle peut être mal comprise.
Honorer Pétain, en cette période actuelle trouble, c'est dangereux. C'est à la fois banaliser le régime de Vichy et, par extension, le nazisme, le fascisme et l'ensemble des régimes autoritaires. Chez moi, le doute persiste. Pourquoi Macron a-t-il tenu à tenir ces propos ? Tout cela pour annoncer finalement que Pétain ne sera pas mis à l'honneur. Ce peut aussi n'être qu'une astuce pour brouiller les esprits, mettre un peu d'interférences dans les idées.

Macron prépare le plan de communication des futures présidenti

mercredi 7 novembre 2018

La plume et la gomme

Hier, j'ai mis à profit un passage par Périgueux pour acheter des plumes et une gomme. Je ne suis pas allé à Périgueux uniquement dans ce but. J'étais à Périgueux pour ramener à un client son ordinateur réparé et mis à jour. Il s'agissait d'un MacBook de 2010. Sauf malheur, la machine est repartie pour quelques années de bons et loyaux services. Demain, je retourne à Périgueux pour m'occuper de deux autres Macintosh. Un vieux G4 et un MacBook.
J'étais à Périgueux, je suis passé par un commerce qui propose du matériel pour beaux-arts. Ce n'est pas que j'avais un besoin urgent de quoi que ce soit mais voilà que je passe dans un rayon et que j'avise des plumes à dessiner. « Et pourquoi pas ? » me dis-je d'une voix intérieure et intime. Je choisis des plumes qui me semblent intéressantes à tester, en profite pour prendre une nouvelle gomme (j'en fais une belle consommation) et je me dirige vers la caisse pour régler mes achats. Si je ne l'avais pas fait, ça aurait été du vol, j'aurais peut-être été pris, on m'aurait sans doute conduit au poste et je serais actuellement à moisir dans une cellule, dans l'impossibilité de m'occuper de ce billet quotidien auquel je m'astreins. C'eût été déplorable. On ne pense pas suffisamment aux conséquences de ses actes au moment de commettre un larcin et c'est la raison pour laquelle les prisons sont pleines à craquer, en état de surpopulation.
Alors que j'avais les plumes et la gomme en main, j'ai réfléchi à tout cela et me suis dit (je me parle beaucoup) que je n'avais aucune envie de connaître l'horreur que j'imagine du milieu carcéral. Alors, parce que j'avais de l'argent en poche, je suis allé payer. Il ne me restait plus qu'à revenir chez moi pour pouvoir tester ce modèle de plume sur du papier. C'est ce que j'ai fait aujourd'hui.
Ce matin, j'ai aussi réparé une lampe Maglite© rechargeable. Elle ne fonctionnait plus. J'avais déjà déterminé que c'était l'ampoule qui était morte. C'est une ampoule halogène assez chère. La lampe appartient à l'un de mes petits frères. Ce matin, donc, je remplace l'ampoule et je constate que ça n'éclaire pas beaucoup plus. Là, ça m'a agacé. J'ai entièrement démonté la lampe. C'est assez bien foutu, on peut tout démonter. Vraiment tout. Bon, parfois, c'est un peu vicieux pour comprendre comment mais j'y suis arrivé. Avant, mais je l'avais déjà fait, je me suis assuré que le chargeur fonctionnait bien. Je me suis aussi assuré que les accumulateurs étaient chargés. Donc, j'ai entièrement démonté la lampe et j'ai nettoyé tous les contacts. J'ai remonté les éléments, j'ai mis l'ampoule et j'ai testé. Ça a fonctionné. J'ai fini le remontage.
Après, j'ai fait la vaisselle mais ça ne m'a pas pris beaucoup de temps. J'ai pu enfin m'intéresser à cette plume. Je vous l'ai déjà dit, mon outil préféré reste le pinceau que je trouve bien plus souple et bien plus amusant à utiliser. D'un autre côté, il faut le reconnaître, le pinceau est moins précis et est sans doute plus générateur de hasards plus ou moins heureux. J'avais une ébauche de dessin et j'ai décidé de l'encrer avec la plume. Ça n'a pas été une franche réussite mais il faut tenir compte de ce qu'une plume demande une période de rodage. Il faut que je m'habitue à elle, il faut qu'elle s'habitue à moi. Quoi qu'il en soit, pour pas très cher, j'ai trouvé un nouveau jeu.

mardi 6 novembre 2018

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 68

Feuilleton collaboratif du mardi

lundi 5 novembre 2018

La Moto Con & Fort

Bécane et Confort

dimanche 4 novembre 2018

Quarts de rouge quart de siècle

C'est un mystère. Une bouteille pleine chez moi ? Normalement, ça ne dure jamais très longtemps. Souvent, j'ai soif, j'ai le gosier avide. Comment cette bouteille a-t-elle pu rester intacte si longtemps ? Je ne me l'explique pas. Vingt cinq ans que le raisin a été cueilli, qu'il a été foulé et pressé, que son jus a commencé à fermenter. Vingt cinq ans ! Un quart de siècle. 1993 !
1993, c'est une année qui m'a marqué pour plusieurs raisons et pas que des bonnes. J'ai plein de souvenirs dans la tête de cette année là mais aucun de cette bouteille. Ce vin a vingt cinq ans et maintenant il est temps de se demander si c'est encore buvable. La meilleure méthode pour s'en assurer, c'est de trouver un tire-bouchon et d'ouvrir puis de goûter. Je vais pas le faire ce matin. Déjà, ça pourrait laisser penser que je suis un buveur invétéré. Et puis, honnêtement, j'ai plutôt envie de me refaire du café, pour tout dire.
C'est du Madiran. Il y a des vins qui vieillissent plus mal que ça. Peut-être il y a une chance pour que ce soit encore du domaine du buvable. Je connais un type, à Périgueux, qui se fait une spécialité de rachat de caves. Il achète des lots de bouteilles et après, avec des amis, il les boit. Il m'a raconté avoir bu un Graves de 1913 et qu'il était bon. Admettons. Connaissant le bonhomme et quelques uns de ses amis, je doute un peu qu'il soit en mesure de goûter les qualités d'un vin.
L'affaire, avec une bouteille de vin un peu vieille, c'est qu'il n'y a aucune certitude. Moi, je ne sais pas dire, comme ça, en regardant la bouteille, si ce qu'elle contient est bon ou mauvais. Bien sûr, si le vin est décomposé, je ne me fais pas d'illusion. Là, il y a quelques signes qui laissent penser que ça peut valoir le coup de tenter l'aventure. Le niveau n'a pas trop baissé, l'aspect semble "normal". Au pire, ça finira dans l'évier.
Pour voir, j'ai recherché ce que l'on dit de ce domaine Mouréou. Apparemment, ce n'est pas de la piquette. Ce que je pense faire, c'est de trouver du confit de canard. J'éplucherai quelques pommes de terre que je ferai cuire dans de la graisse de canard et que je parfumerai avec un peu de persil et d'ail. Alors, j'essaierai ce vin. Deux cas : ou il est buvable et ça ne gâchera rien ou il est mauvais et il restera le canard et les pommes de terre. Je vous raconterai sans doute dans les prochains jours.

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samedi 3 novembre 2018

On va pas tourner autour du pot

Mobilité

vendredi 2 novembre 2018

Machine à remonter le temps

Redevenir jeune, frais et beau. Il y a deux façons d'imaginer une machine qui nous ferait remonter le temps. Soit ce serait un voyage dans le passé sans que notre âge change, soit nous rajeunirions au fur et à mesure que nous irions vers ces temps passés. Finalement, ce serait plus logique. Nous serions toujours nous au présent de ce passé. Bien sûr, ça nous empêcherait de voyager plus loin que notre naissance ou, tout du moins, à notre état embryonnaire.
Alors que je m'ennuyais beaucoup, l'autre jour, je me suis mis à me rappeler de cette aujourd'hui lointaine époque où j'écumais les routes au volant de ma coccinelle. Et alors, je me suis perdu à penser qu'en retrouvant une coccinelle semblable à celle de l'époque, je retrouverais ma jeunesse perdue. Un instant de lucidité inespéré m'a vite fait sortir cette pensée stupide du dedans de la tête et m'a fait comprendre qu'au volant d'une coccinelle, aujourd'hui, je n'aurais guère que l'attitude d'un petit vieux qui roule dans une vieille auto.
Et je me suis laissé à penser à ceux-ci qui tentent de se raccrocher à leur jeunesse à travers les musiques entendues lors des boums, les livres lus, les films vus, les souvenirs. Par exemple, il se trouve que je sortais de l'adolescence et que j'étais amoureux d'une fille que je trouvais vachement jolie et bandante. Si je me laisse aller à penser à elle, je la vois toujours jeune et jolie alors qu'elle doit avoir vieilli elle aussi. Peut-être ne la trouverai-je plus trop à mon goût aujourd'hui si je la retrouvais. Nul doute qu'elle considèrerait elle aussi que j'ai pris un sacré coup de vieux si jamais elle me voyait aujourd'hui. Ceci dit, je n'ai aucune raison de penser qu'elle puisse perdre du temps à penser à moi, soyons honnête et modeste.
Si aujourd'hui je roulais dans cette coccinelle de mes jeunes années, je pense que j'aurais du plaisir à le faire. Et même, je pense que je jouerais à me croire jeune. Il n'y aurait pas grand mal à cela, je pense. Ce n'est même pas de la vraie nostalgie, juste un jeu dont je ne serais au fond pas dupe.

jeudi 1 novembre 2018

Remonter à la source

Je vous ai trompé. J'ai choisi sciemment une histoire clivante, provocatrice, et je vous l'ai racontée. Vous avez plus ou moins mordu à l'hameçon et avez donné votre avis sur cette prétendue étude scientifique américaine, avez pesté contre l'art abstrait, défini ce qu'était et n'était pas l'intelligence, ce qu'était et n'était pas l'art. C'était juste ce que j'attendais et espérais. Je vous ai trompé.

Ce que je cherchais, c'était de voir si quelqu'un allait demander les sources, les preuves, l'origine de cette étude américaine. En vous proposant un sujet qui fera polémique, j'espérais bien que vous alliez réagir plus sur le propos que sur l'authenticité de l'information. Ça a fonctionné. C'est de la manipulation et je n'ai rien inventé. La manipulation est utilisée par plein de personnes, les politiques, les publicitaires, les journalistes… Dès lors que l'on veut conduire des personnes à penser d'une manière ou à agir d'une façon, on manipule. Le mensonge peut être plus ou moins important.
Au début de la Grande Guerre, on faisait croire aux soldats que les balles allemandes ne pouvaient rien contre la solidité du corps des Français.
« L'inefficacité des projectiles ennemis est l'objet de tous les commentaires. Les shrapnels éclatent mollement et tombent en pluie inoffensive. Quant aux balles allemandes, elles ne sont pas dangereuses : elles traversent les chairs de part en part sans faire aucune déchirure. » - L'Intransigeant, 17 août 1914

Et pourquoi me suis-je amusé à vous tromper ainsi ? Par pure méchanceté ? Oui, sans aucun doute mais aussi parce que j'ai envie de parler d'un truc depuis quelque temps, parler de la vérité, de l'esprit critique, de la zététique, de la traque à la désinformation, au mensonge, au "fake".
Il me semble que l'Homme a besoin de croire. Depuis qu'il est tout petit, il ne cesse d'expérimenter, d'essayer de comprendre le monde qui l'entoure, de déduire des trucs et des machins et d'imaginer les raisons de tout ça. Il n'a pas fallu attendre Newton pour que l'on ait l'intuition bien chevillée au corps que tout a tendance à tomber par terre si on le lâche ou le pousse. Seulement, avant Newton, ce n'est pas un savoir mais une croyance. Une croyance n'est pas nécessairement contraire à la vérité scientifique.
D'abord, la science a posé ses principes suite à l'observation. Ensuite, il y a eu l'expérimentation. Parfois, il y a eu l'intuition. On a longtemps eu l'intuition de l'atome avant de réussir à en voir un. On peut considérer que la science gagne ses lettres de noblesse à partir du dix-huitième siècle. De plus en plus, elle a réussi à expliquer, à prouver, notre monde, notre univers. La science a permis de soigner, de construire, de prévoir et on a fini par penser qu'elle était toute puissante. Aujourd'hui, certains pensent encore que rien n'est bien grave et que la science finira par trouver une solution à nos problèmes, aux problèmes à venir. Plus de pétrole à mettre dans nos voitures d'ici deux ou trois décennies ? Bah ! La science trouvera bien une parade !
Or, la science ne devrait pas être une croyance. L'un des principes de la science telle qu'elle est vue aujourd'hui, c'est qu'elle ne dit pas la vérité mais qu'elle propose une vision et qu'elle demande à ce que cette vision soit réfutée. La démarche scientifique est bien de chercher à casser les théories qu'elle propose.

La suite plus tard…


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