mai 2018 (33)

jeudi 31 mai 2018

Au bout on dort

Petites fleurs

mercredi 30 mai 2018

L'artichaut de Lala

plante dicotylédone de la famille des Astéracées

mardi 29 mai 2018

Temps des cerises

Il n'est pas si loin le temps des cerises
Sinon, un son piqué à France Bleu Périgord ce matin dans lequel le président de Ha!Ha!Ha! Éditions évoque la rencontre avec Pierre Bellemare à l'occasion du film réalisé pour raconter de manière humoristique l'Histoire d'Escoire.

lundi 28 mai 2018

Retour à Saint-Julien-de-Lampon

De temps à autres et bien que j'y répugne férocement en temps normal, il convient de faire le ménage, ne serait-ce que dans le disque dur[1] de l'ordinateur. Plus d'une semaine après l'événement qu'a été la tenue du rassemblement annuel du Motobécane Club de France à Saint-Julien-de-Lampon, il est grand temps d'en finir. Pour commencer, une image d'une Motobécane 500 "Superculasse" de la fin des années 30[2].

superculasse.jpg
Une vingtaine d'années plus tard, Motobécane et Motoconfort tentaient d'attirer la jeunesse en proposant une petite machine déclinée en 125cc et 175cc à l'apparence sportive. Couleur pétante, petit saute-vent, réservoir à échancrure, pas sûr que ça soit suffisant pour battre des records de vitesse. Certes, ces petites monocylindres culbutées sont aguicheuses mais, comme on dit, le ramage ne vaut pas le plumage.

175 ZS
Et puisque l'on en est à parler de plumage, que dire de ceci ? Oh ! Une vieille Motobécane ! Est-ce seulement si sûr ? C'est bien tenté, c'est même plaisant.

Motobécane

BFG

Il se trouve que le club BFG était lui aussi de passage par la Dordogne. L'idée d'utiliser un moteur d'automobile pour le placer dans un cadre de motocyclette n'est pas nouveau. On peut noter que l'inverse a également existé. Alors que la MF[3] choisissait le bicylindre de la 2cv (ou VIsa), BFG[4] portait son dévolu sur celui de la GS. Ces deux tentatives de "refaire" une moto française (cocorico) sont des échecs. On reprochera une esthétique spéciale, une finition fantaisiste mais aussi l'origine du moteur. Rouler sur une moto à moteur de bagnole ? Pouah ! Sorties des chaînes en 1982 pour les premières, les suivantes seront produites, à partir de 1983, chez Motobécane. En tout, quelques 600 motos seront fabriquées. Le couple du moteur permet de traîner un side-car dans de bonnes conditions et, de fait, nombreuses sont celles qui seront attelées.

BFG
BFG
BFG

Notes

[1] en fait un SSD

[2] du siècle précédent, bien sûr

[3] pour Moto Française

[4] initiales des concepteurs Louis Boccardo, Dominique Favario et Thierry Grange

dimanche 27 mai 2018

La serpe

Au soir du vendredi 24 octobre 1941, à Escoire, à quelques kilomètres de Périgueux, quatre personnes vivantes sont dans le château fermé de l'intérieur. Au matin du samedi 25 octobre 1941, trois de ces personnes sont mortes, assassinées à coups de serpe. L'hypothèse du suicide collectif est écartée, on penche vers celle du triple crime, une enquête est diligentée.
En 1941, Escoire est encore en zone libre. L'année précédente, la France a perdu la guerre contre l'Allemagne, le Maréchal Pétain a fait don de sa personne à la France et est parti avec son gouvernement à Vichy. Des trois morts d'Escoire, l'un est haut fonctionnaire à Vichy. Les autres sont la sœur du fonctionnaire et la domestique du château. Ce château est entré dans la famille à la fin du XIXe siècle. Cette famille, c'est celle de l'unique survivant du massacre, Henri Girard, fils de Georges Girard et neveu d'Amélie Girard, deux des assassinés de la nuit. Marie Soudeix, la bonne, n'a semble-t-il aucun lien de parenté avec les autres victimes.
De Georges Girard, j'avais entendu dire qu'il était haut fonctionnaire à Vichy et, de ce fait, pétainiste. De cela, certains m'avaient affirmé qu'il ne fallait pas aller chercher plus loin la raison de ce crime. Soit que Henri, le fils, s'opposait à son père collabo, soit que la Résistance voulait supprimer un collaborateur.
L'enquête est menée rondement, Henri Girard est inculpé. Dans les esprits, le fils est le coupable. D'ailleurs, ne dit-on pas qu'il est violent, instable, dépensier, en but avec l'autorité, pour tout dire un peu "dérangé" ? Henri est emprisonné dans la prison de Périgueux pour dix-neuf mois dans l'attente du procès. Son principal avocat est le célèbre Maurice Garçon — ami de Georges Girard — et ce dernier parvient, on ne sait comment, à sauver la tête d'Henri Girard en 1943 alors que toute la France est sous occupation allemande.
La suite, on la connaît. Henri Girard part pour l'Amérique du Sud, en revient, écrit, sous le pseudonyme de Georges Arnaud, le "Salaire de la peur". Ce livre est un beau succès populaire, il est adapté au cinéma par Henri-Georges Clouzot. Le sulfureux Henri Girard disparaît derrière sa nouvelle identité. Dans les esprits de ceux qui n'ont pas oublié l'affaire d'Escoire, ça ne fait pas beaucoup de doute, Henri Girard est le coupable. Henri meurt en 1987 sans rien avouer. Mais il n'est pas impossible qu'il fût innocent.

Moi, le crime d'Escoire, j'en avais entendu parler à quelques occasions. En 2002, Guy Penaud, ancien commissaire de police, écrit un livre sur le sujet. Pour lui, la culpabilité d'Henri Girard est presque certaine. J'avais lu et entendu quelques bricoles à propos de cette sale affaire. Je n'avais pas creusé le sujet et, il me semble, je me foutais un peu de savoir si Henri Girard était coupable ou pas. J'étais passé devant le château d'Escoire sans le trouver très intéressant d'un point de vue architectural et pas beaucoup plus intéressant en sa qualité de lieu de crime.
A l'occasion d'un salon de l'Humour organisé à Escoire[1] auquel j'étais invité, j'ai commencé à m'intéresser un peu à l'affaire. Pour en rire, pour la traiter sous l'angle de l'humour, de l'ironie, de la dérision. Cela ne m'intéressait toujours pas des masses, il faut être honnête.
Et puis, voilà que Philippe Jaenada sort un livre sur le sujet. Un gros livre de plus de six-cents pages apparemment très documenté. Au départ, j'hésite. Les éloges tombent, le livre décroche le prix Fémina, j'entends l'auteur à la radio parler de son livre, je le trouve sympathique et je finis pas acheter le livre. Je commence la lecture.
Philippe Jaenada explique qu'il part pour l'hostile province au volant d'une automobile de location. Premier bon point, ça croustille de notes humoristiques légèrement provocatrices. C'est une mise en condition, histoire que le lecteur comprenne qu'il va y avoir de la digression, de l'avis personnel, du subjectif assumé. Le contexte est posé dès les premières pages. Philippe Jaenada a, par hasard, rencontré le petit fils d'Henri Girard. Les deux hommes parlent de l'œuvre de Georges Arnaud et, inévitablement, du crime d'Escoire. L'idée de l'enquête naît de cette rencontre.
Voyage vers la Dordogne, donc. Hôtel à deux pas de la place Francheville, whiskies[2] dans un bar proche, repas dans divers restaurants de la ville. Philippe Jaenada brosse un tableau honnête de Périgueux. L'enquête se passe principalement aux archives départementales où, depuis peu, on peut avoir accès au dossier de l'affaire d'Escoire. Les dépositions, les courriers, les rapports d'enquête sont à disposition de l'écrivain-enquêteur.
Dans la première partie du bouquin, Philippe Jaenada se prête au jeu consistant à écrire à charge en s'appuyant sur le travail des gendarmes, policiers, juge d'instruction et procureur de l'époque. Dans cette première partie, il est difficile de douter de la culpabilité de Henri Girard.
Qui est ce Henri Girard au juste ? Il est dépeint comme un jeune bourgeois dépensier et désœuvré qui ne pense qu'à faire la fête, boire, dilapider l'argent de son père, ennuyer les honnêtes gens. Un sale gars. Selon certains témoignages, il s'entend mal avec son père et est odieux avec sa tante. A Escoire où la famille se rend de temps en temps, il n'est guère apprécié. On l'accuse d'être violent et colérique, irrévérencieux et méprisant.
Pour beaucoup, il a tué père, tante et bonne pour une question d'argent. Il n'y a pas à aller chercher plus loin, c'est lui le coupable, il faut lui couper le cou[3].

La serpe - Philippe Jaenada
Dans une deuxième partie, Philippe Jaenada bat tout ça en brèche. D'abord, les divergences entre père et fils ne résistent pas à la lecture des courriers. Ils ne s'entendent pas ? Tout au contraire, ils ont l'un pour l'autre une estime et un amour qui ne fait aucun doute. La tante ? On accuse Henri de lui soutirer de l'argent constamment alors que l'on peut lire que, tout au contraire, c'est la tante Amélie qui insiste pour aider financièrement son neveu. On dit que Henri maltraitait Marie Soudeix, la bonne. Faux !
On accuse Henri d'avoir monté une histoire d'enlèvement par la Gestapo pour obtenir de sa tante le versement d'une rançon de 100000 francs. L'affaire n'est pas des plus claires mais il est difficile de dire avec certitude que cette histoire a été inventée par Henri. D'ailleurs, rien ne vient faire penser qu'il aurait eu plus d'argent à dépenser après cet enlèvement "fictif".
On dit que Henri aurait emprunté la serpe — l'arme des crimes — deux jours auparavant aux gardiens du château. Selon la femme du gardien, cette serpe était sale et ne coupait pas. Celle que l'on retrouve après le massacre est (presque) propre et est affûtée. On accuse alors Henri de l'avoir limée et meulée pour lui faire retrouver un tranchant de bon aloi. On accuse Henri d'avoir choisi, comme par hasard, une chambre située à l'étage de l'aile gauche du château lorsque son père, sa tante et la bonne résidaient dans l'aile droite. On trouve ça pour le moins bizarre. En fait, ça n'a rien de si bizarre que ça. La chambre qu'Henri occupait habituellement, à l'étage de l'aile droite, a été vidée de tout meuble. Il faut dire que le château a été réquisitionné après la débâcle de 1940 pour, dans un premier temps, héberger les réfugiés alsaciens puis les malades d'un sanatorium.
Ce que les enquêteurs ne voient pas ou, plutôt, ne veulent pas trop voir, c'est que la tante a probablement été violée, qu'il était assez simple pour une personne extérieure de pénétrer dans le château, qu'une somme d'argent a disparu. On instruit à charge contre Henri, on fait tout pour prouver sa culpabilité. Pourtant, Philippe Jaenada trouve des motifs de douter de cette culpabilité. Et pas qu'un peu !
Parmi les étrangetés de cette affaire, il y a le procès et son issue. Comment Maître Garçon s'est-il débrouillé pour sauver la tête de son client ? Comment se fait-il que les jurés ont pu innocentéer Henri au bout d'une dizaine de minutes de délibération ? Philippe Jaenada a sa petite idée sur la question. Le juge aurait cru que Maurice Garçon allait pouvoir l'aider à se faire muter à Paris. Il y aurait donc eu un arrangement entre l'avocat et le juge. Quoi qu'il en soit, en 1943 Henri Girard est libre.

Philippe Jaenada poursuit sa contre-enquête et se risque à poser des hypothèses. Pour lui, à présent, dans la dernière partie de ce livre, l'innocence d'Henri ne fait plus de doute. Mais alors qui ? Nous sommes en Dordogne, c'est la guerre, les châtelains sont propriétaires de nombreuses terres sur lesquelles travaillent des métayers. Ces métayers ont l'obligation de fournir des denrées aux maîtres. C'est la guerre, ce n'est facile pour personne. Les métayers renâclent à remplir leurs obligations. Ils ne livrent pas tous les œufs, tous les poulets. Il ne payent que lorsque l'on les y invite avec insistance. Les châtelains, ce sont encore les seigneurs. On ne semble pas en tenir compte dans l'enquête des années 1941 à 1943 mais il semble bien exister une forme de haine larvée contre les châtelains. Peut-être pas de nature à commettre les crimes, certes, mais suffisante pour qu'un esprit faible s'en empare et passe à l'action.
Et justement, le 22 octobre 1941, le fils des gardiens du château revient des Chantiers de jeunesse[4]. Nous sommes deux jours avant le crime. Une bonne partie de l'accusation est basée sur le témoignage de ce fils. Le soir des crimes, il est allé chez des voisins. Il n'est pas impossible qu'ils aient bu quelques coups et discuté du paiement des fermages de la veille. Les esprits se seront peut-être échauffés. Peut-être le jeune est-il passé par le château pour rentrer chez ses parents ? Peut-être a-t-il vu la serpe laissée dehors par Henri[5] ? Peut-être savait-il comment pénétrer dans ce château laissé inhabité la majeure partie de l'année ? Peut-être voulait-il faire payer la morgue[6] des châtelains ? Peut-être sera-t-il entré dans le château et massacré les personnes présentes là ? Sauf Henri ? Sauf Henri, oui.
Les mystères ne sont pas tous effacés. Ce ne sont que des suppositions. En refermant le livre, on ne sait pas avec certitude si Henri est innocent mais on peine à le penser coupable. La piste du fils des gardiens semble tenir plus ou moins la route mais, là aussi, aucune certitude. S'il apparaît que les témoignages des gardiens et de leur fils sont, pour le moins, douteux, rien ne permet d'affirmer qu'ils sont pour quelque chose dans ces crimes. Faute de mieux et parce que l'on cherche à prouver l'innocence d'Henri Girard[7] Philippe Jaenada referme son enquête sur cette proposition.
Aujourd'hui, soixante-dix sept ans après les faits, il ne reste plus grand monde pour témoigner. Peut-être un secret est-il encore conservé dans une famille et peut-être même éclatera-t-il un jour. En attendant[8], on peut se plonger dans ce livre riche, étonnant, épatant, palpitant, amusant, distrayant. C'est à mon avis un très bon bouquin que l'on a du mal à lâcher et dans lequel on se promet de revenir dans un avenir plus ou moins proche. Je le conseille donc !

Notes

[1] par l'association HEC et son président Patrick François

[2] l'auteur semble apprécier le Oban

[3] ce qui entraîne presque à tous coups, une mort certaine

[4] qui remplacent le service militaire, l'armée française n'existant plus

[5] serpe empruntée pour couper des sapins à l'arrière du château et de la vigne vierge à l'avant

[6] supposée ou pas

[7] grand-père de l'ami de l'auteur, écrivain célèbre…

[8] ou pas

samedi 26 mai 2018

Ça marche pas à tous les coups

J'arrive à Saint-Julien-de-Lampon, et il n'y a pas grand chose à voir. La balade est déjà partie, les participants du rassemblement du Motobécane Club de France seront de retour vers 17 heures. Sur la place du village, une 51, une Mobyx et c'est tout. Ah non, pardon, j'avais mal vu. Un peu à l'écart, quelques personnes sont regroupées au chevet d'une D55 Motoconfort. Elle refuse de démarrer. Son propriétaire dépose la bougie, rien à signaler de ce côté. Alors, c'est la carburation. On dépose la cuve du carburateur et les avis et conseils se font entendre.

Les conseils et avis fusent
"C'est un gicleur", dit l'un ; "c'est le filtre", dit un autre. Le gicleur est soufflé à la bouche et remonté. On ouvre le robinet d'essence et on actionne les pédales. Le petit monocylindre pète ! Oui enfin… Pas longtemps et uniquement avec le starter. Si on lâche la tirette du starter le moteur s'étouffe et s'arrête. Il y a un souci au niveau de l'arrivée d'essence, c'est certain. Pas de problème, on démonte le carburateur de nouveau.

Vérification du carburateur
Le joint de la cuve ne résiste pas longtemps. Heureusement, il y a un tube de pâte à joint. Dans le fond de la cuve, il y a une couche de résidus de vieille essence. Ça doit venir de là. On gratte, on nettoie, on essuie, on remonte. Retour aux pédales. Le moteur démarre sur le starter. Aussi, il s'arrête dès que l'on le lâche. Le problème vient d'ailleurs. On reprend la clé et dépose une fois de plus le carburateur.

Remontage du carburateur
Quelqu'un préconise de remplacer ce carburateur Gurtner — qui, selon lui, ne vaut rien — par un Dell'Orto bien plus efficient. Ah mais c'est qu'à Saint-Julien-de-Lampon, ça ne sera pas simple à trouver sous le sabot d'un cheval ! Il est alors proposer de filer à Sarlat, la ville la plus proche, pour tenter d'en dénicher un. Hum.
Ah mais voilà une nouvelle piste. Un petit joint torique doit se trouver là, sur le tube d'émulsion. Il est tout foutu. Voilà. L'origine du problème est là, c'est certain. Un joint torique de cette taille, il n'y en a pas parmi les outils et petites pièces prévus. Par contre, il y a un rouleau de chatterton. Ça devrait faire l'affaire. On en découpe un bout et on l'enroule autour du tube d'émulsion. Remontage, pédales, pétage, étouffage, redémontage.
Cette fois, on ne sait plus trop. On propose des pistes plus ou moins farfelues et fantaisistes. La plupart sont écartées. L'essence arrive, la cuve se remplit bien ; l'allumage est bien réglé ; c'est juste que ça ne fonctionne (et pas très bien) qu'avec le starter. On baisse les bras, on rassemble les outils et on charge la D55 sur la remorque. Elle ne participera certainement pas à la balade du samedi et il est à craindre qu'elle ne sera pas plus en état pour la promenade du dimanche. Dommage.

Le moteur du D55

vendredi 25 mai 2018

Anciennes à Saint-Julien-de-Lampon

Motoconfort

Motoconfort

Motobécane

jeudi 24 mai 2018

Pour faire tomber les dents et exploser les globes oculaires

Les hostilités sont lancées, la course à l'armement non conventionnelle ouverte, la poudre va parler. C'est écrit en petit et en anglais : "Don't drink neat". Je ne parle pas anglais mais ça doit bien vouloir dire un truc du genre "ne pas boire pur". Qu'est-ce que c'est ? Du rhum jamaïquain. Ce rhum de mélasse doit être réservé à la préparation de cocktails et, de préférence, des tiki. Ne me demandez pas ce qu'est un cocktail tiki, si vous êtes là c'est que vous avez un accès à Internet et que, en conséquence, vous pouvez faire une recherche vous-même. Je ne vais pas vous mâcher le boulot et ne souhaite pas un instant que l'on puisse me suspecter de vous pousser à la consommation de boissons alcooliques.
Ce rhum jamaïquain titre 75,5°. Faites-moi confiance, c'est beaucoup. Pour vous faire une idée, l'eau du robinet titre aux alentours immédiats de 0° d'alcool. C'est fort peu. 75,5°, ça sert à quoi ? On peut se le demander. Je n'ai pas de réponse satisfaisante. Pour ne rien arranger, il se trouve que je n'ai pas goûté ce rhum et n'ai donc pas d'avis sur sa qualité.
On peut voir la question de l'utilité sous plusieurs angles. Par exemple, on peut se dire que c'est un bon rhum pour jouer à celui qui est le plus fort, qui a la plus grosse, qui a le gosier en acier zingué. Après tout, j'en connais qui choisissent leur vin en fonction de sa teneur en alcool. Un 13 ou 14°, c'est meilleur que du 11 ou 12°. On peut aussi estimer que, pour peu que ce rhum soit fort en goût, il permet d'alcooliser un cocktail en laissant une grande place aux jus de fruit et autres ingrédients, alcoolisés ou non. Enfin, on peut prétendre que ce rhum est bon pour la planète puisqu'il permet de faire voyager autour de la planète plus d'alcool dans moins de place. Après tout, pourquoi ne pas laisser l'utilisateur final se charger de rectifier le degré alcoolique avec son eau à lui ?
S'il est question de s'enivrer complètement, voire d'atteindre le comas éthylique rapidement, il est bien certain que ce rhum est une solution envisageable. Alors, on peut supposer que les qualités gustatives et organoleptiques du produit importent peu et que l'on pourrait avantageusement se procurer de l'alcool à 90° chez le pharmacien du coin. Mais on peut aussi supposer que ce rhum est excellent, riche en goût et complexe en bouche. On va lui attribuer le bénéfice du doute et penser que les arômes et saveurs sont plus importantes que la puissance.

Soixante-quinze virgule cing degrés

mercredi 23 mai 2018

Et pendant ce temps, à Thenon…

Je m'étais rendu à Thenon pour faire le plein de carburant. Aux pompes, deux véhicules attendaient du côté droit tandis que, du côté gauche, celui qui, parce que l'orifice de remplissage de mon véhicule s'ouvre du côté droit, a ma préférence, se trouvait une automobile immatriculée en Bretagne arrêtée dans le sens contraire de la marche. Ce n'est pas que j'aie quoi que ce soit contre les Bretons et j'ai bien conscience qu'il convient de ne pas, d'un cas particulier, faire de généralité mais je n'ai pas pu m'empêcher de qualifier l'automobiliste présent là d'abruti fini. D'accord, je le comprends, en se présentant ainsi à contresens il avait l'ouverture de son réservoir du bon côté et, j'en conviens, cela était plus pratique. Cependant, l'automobiliste ne semblait pas avoir pensé un instant qu'en agissant de la sorte il empêchait un autre automobiliste d'attendre son tour de ce côté des pompes à carburant. Je me rangeais donc, sans rien dire, derrière les deux véhicules de droite et patientait.
Arrivant dans la direction de Périgueux, trois automobiles s'engagent sur le parking du supermarché. Trois automobiles américaines. Je me murmure à l'oreille que j'ai été bien avisé de prendre un appareil photographique avec moi et cela me met de bonne humeur.
La première voiture a fini de faire le plein de carburant, la deuxième se met en position. Le temps qu'elle en ait fini, le Breton idiot en arrive tout juste à raccrocher son pistolet. Alors, il commence une danse rituelle assez amusante bien qu'un peu déconcertante. Dans le sens contraire des aiguilles d'une montre, il fait le tour des pompes (en passant derrière la voiture qui me précède) à deux reprises en lançant des regards appuyés de haut en bas et de droite à gauche. Je finis par comprendre que le Breton débile cherche du papier pour essuyer ses mimines. N'en trouvant pas, dépité, il se résout, la mort dans l'âme pense-je, à s'installer au volant de sa petite auto. Alors, ce qui devait arriver arriva. Une autre auto arrive et se place face au capot du breton véhicule. Le Breton mou du bulbe agite alors frénétiquement les bras derrière son pare-brise pour faire comprendre que l'arrivant le gène beaucoup. Pendant ce temps, je prends position pour à mon tour remplir mon réservoir.
Une courte engueulade survient au terme de laquelle notre Breton demeuré est contraint de repartir en marche arrière. Je ris sous cape. Je repose le pistolet, visse le bouchon de réservoir et monte dans la voiture. Je décide d'aller vérifier s'il n'y aurait pas moyen de faire des images des américaines entrevues. Quelle chance ! Elles sont là, bien garées, s'offrant en spectacle. Je me gare, prends l'appareil et vais faire des images. J'en profite pour discuter avec le propriétaire de la Dodge. Il m'apprend qu'elle arrive de l'Arizona où elle était plus ou moins abandonnée. Il y a eu du boulot pour la rendre roulante, il a fallu changer le radiateur et le carburateur, par exemple. Par contre, nulle question de restauration pour le moment, elle va rester dans son jus, dans l'état où elle a été trouvée. C'est un choix, j'aime bien aussi.
Il s'agit donc d'une Dodge de 1948 équipée de son six cylindres à soupapes latérales. A ses côtés, une Cadillac de 1958 et, un peu plus loin, une Plymouth de 1953, toutes deux munies de V8 culbutés. Je refais quelques photos, finis de causer avec le propriétaire de la Dodge et repars chez moi.

Dodge Coupé 1948
Cadillac Coupe DeVille 1958
Buick Special 1953


mardi 22 mai 2018

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 56

Feuilleton collaboratif du mardi

lundi 21 mai 2018

Deux moteurs au rassemblement du Motobécane Club de France

Y a des blasés qui croient avoir tout vu, des qui sont revenus de tout. J'en connais même, les pauvres, pour affirmer qu'il n'y a plus matière à l'enthousiasme, plus rien à découvrir, plus rien de neuf, que de l'ancien, du repassé, du rediffusé. Ces désabusés continuent à hanter les expositions de véhicules anciens juste pour le plaisir de dénigrer, de râler, de pester, de cracher dans la soupe. Ils en sont rendu à remarquer le boulon qui n'est pas d'origine, le cabochon de feu arrière qui n'est pas le bon modèle, l'anti-parasite anachronique ou la teinte qui n'est pas fidèle à l'identique. Ils ne jettent plus que des coups d'œil méprisants en tenant des propos acerbes et c'est tant pis pour eux.
À Saint-Julien-de-Lampon, certains de ceux-là étaient là et je les ai entendus se lamenter qu'il n'y ait pas de raretés jamais vues. Je ne sais pas s'ils sont pires que ceux qui disent n'importe quoi comme ce jeune qui s'enferrait en racontant à qui voulait l'entendre que Motobécane avait produit un trois cylindres à plat et qui, face à un Mobyx X7, affirmait qu'il était bien trop grand pour rouler là-dessus, lui qui devait bien me rendre 20cm. Son excuse, sans doute, c'est d'être un adolescent encore un peu con. Il y a toujours ceux qui, pour briller auprès de leur copine, expliquent que leur grand-père avait une moto comme celle-ci exactement et ces autres qui se souviennent avoir une épave de cyclomoteur pareil à celui-ci parfaitement restauré et qui veulent savoir combien ça coûte, histoire d'estimer la valeur de leur patrimoine.
Et alors, il y avait un engin qui attirait les plus indifférents et faisait fermer leur clapet aux plus prolixes (quoi que certains tout de même y allait de leur avis ou de leurs commentaires "halakon"). C'est une création de Bertrand Marchal et il s'agit d'un side-car magnifique attelé à une Mobylette bimoteur. Pour quelqu'un comme moi qui suis prompt à l'extase et à l'enthousiasme, pensez que j'étais aux anges ! J'ai attendu que la foule finisse de se désintéresser de l'objet pour en faire le tour et l'observer dans les moindres détails. C'est un super beau boulot, du grand-art ! C'est simplement beau et génial.

side-car Mobylette bimoteur
La force de cette réalisation exceptionnelle tient aussi aux détails et à l'humour instillé dans le projet. J'aime l'humour, je ne sais pas si je vous l'avais déjà dit. Je suis bien conscient que cela n'est pas toujours visible au premier coup d'œil mais je vous l'assure, j'aime rire, parfois. Ce que j'aime, dans l'humour, c'est quand il est teinté d'une certaine dose de subtilité, quand il se cache dans le détail. Et là, il y a eu un détail auquel j'ai été particulièrement sensible et qui, je le pense, a échappé à beaucoup.
Pour vous dire, j'ai été obligé de sortir de l'enceinte constituée par les barrières "Vauban" et d'en faire le tour pour aller le voir de plus près. Je vous ai fait une image.

Marque de fabrique
Je vous laisse goûter la chose. Pour ma part, je crie au génie encore une fois, j'applaudis, j'aurais embrassé le propriétaire et inventeur si je l'avais eu sous la main. Mieux qu'un test de QI, plus sûrement c'est sûr, voilà qui montre et prouve l'intelligence vive de ce constructeur ! Forcément, nous sommes là face à une personne intelligente, fine, éveillée, révélée. Un artiste, quoi. D'ailleurs, allez, je me lance, je proclame que cette Mobylette attelée bimoteur est une œuvre d'art. C'est sans appel.

On l'oublierait presque, il faut avoir de solides compétences en mécanique pour réaliser pareille machine. Ce n'est pas de l'improvisation à la va-vite. J'ai déjà vu des bricolages sur ce thème. Deux méchants bouts de ferrailles qui peinent à tenir un semblant de panier mal arrimé. Une troisième roue mollement attachée à un châssis en pâte à mâcher fixée à un Solex. Si c'est pour le gag, pour rire un peu, ma foi, pourquoi pas. Mais là, c'est tout autre chose ! C'est du pensé, du pesé, du réfléchi. Ça tient la route, c'est viable, ça fonctionne.

De la belle ouvrage

dimanche 20 mai 2018

Rassemblement du Motobécane Club de France à Saint-Julien-de-Lampon

Hier comme aujourd'hui et inversement, la petite commune de Saint-Julien-de-Lampon vibre au rythme des vrombissements des engins du Motobécane Club de France qui tient là son 23e rassemblement national.
Des cyclomoteurs en pagaille, des "Mobylettes" bleues ou vertes, jaunes ou orange, des populaires 125 à soupapes latérales ou culbutées mais aussi des 125 plus "sportives" avec des cylindres à trous et puis, tout de même, quelques belles anciennes des années 30 en 350 ou 500cc. Un beau plateau de motocyclettes mais surtout une belle ambiance bien servie par un soleil resplendissant. Au programme, deux balades. Une le samedi après-midi et une autre ce dimanche matin pour aller à la découverte de cette partie orientale limitrophe du Lot du Périgord Noir.
C'est un hasard heureux qui a conduit le club BFG de choisir, lui aussi, ce Périgord pour son rassemblement annuel. Parce qu'il y a un lien (un peu ténu) entre MBK et BFG, ces motos françaises à moteur de GS Citroën ont fait une halte.
L'organisation du rassemblement Motobécane était confiée aux Pétaroux à la noix de la Cassagne que l'on connaît bien et qui donne rendez-vous aux amateurs de cyclomoteurs (et pas que de la marque de Pantin) le 19 août prochain.
Et donc, il y avait de la Mobylette, de la 125cc et d'autres représentantes de la marque mais c'est une Peugeot qui retenait particulièrement mon attention. Il s'agissait d'une magnifique P515 rutilante et je vous la montre sans plus tarder.

La plus belle des Motobécane était une Peugeot !
J'ai bien conscience que tout cela est quelque peu désobligeant pour le club Motobécane et pour les organisateurs mais ce n'est pas de ma faute si une belle moto était présente, hein ? D'ailleurs, je n'ai rien contre Motobécane et pas grand chose de plus pour Peugeot. Je ne suis pas de parti pris, c'est juste qu'en tant qu'esthète exigeant, je sais reconnaître ce qui est et faire fi des clivages et autres esprits de chapelle qui sont autant de positions nocives à l'expression d'un jugement impartial et honnête. Pour vous prouver que cette Peugeot était bien la plus belle des motocyclettes en présence, je vous la montre une nouvelle fois, rien que pour le plaisir des yeux. C'est dommage, vous n'avez pas le son.

Splendide Peugeot P515
Une prochaine fois, je vous montrerai d'autres photographies faites à l'occasion de ce rassemblement. En attendant, profitez de ce beau dimanche ensoleillé et soyez sages.

samedi 19 mai 2018

Une perceuse et sans dormir

Perçage

vendredi 18 mai 2018

Le corniaud du jour

Un fidèle compagnon

jeudi 17 mai 2018

Comme une souche

Souche

mercredi 16 mai 2018

Petit tracas de la vie quotidienne #1

Lundi - 19h12
Comme chaque lundi, à l'heure où retentit la volée de cloches marquant l'angélus, j'ai mis à chauffer l'eau dans la casserole pour assurer la cuisson des pâtes du lundi. J'ai réglé la flamme pour qu'elle lèche de la meilleure des façons qui soit le cul de la casserole. Je suis passé maître en la matière. Il faut que l'eau atteigne son point d'ébullition le plus vivement possible avec le moins de déperdition énergétique. Il faut veiller à ce que la flamme soit assez large sans trop sortir du cercle formé par le fond de la casserole. Bien sûr, avec une casserole à fond carré, triangulaire ou d'une autre forme, il serait plus difficile d'optimiser le dispositif. Habituellement, les casseroles ont un fond rond. Des siècles et des siècles d'expérimentation empirique ont conduit à considérer que c'était là la meilleure des formes à donner à un fond de casserole. Par expérience, je sais qu'il me faut compter une dizaine de minutes pour que l'eau bouille avec une belle pétulance enthousiaste.
Je suis revenu devant l'ordinateur pour terminer un travail tandis que le journal du soir de France Inter se termine sur des nouvelles maussades qui peinent à me mettre en joie. Soudain, je me rends compte que je n'entends pas le couvercle taper sur le sommet de la casserole comme il devrait le faire si l'eau, par l'effet magique de l'ébullition mis en évidence par Denis Papin, avait atteint cet état tant attendu. Je m'en étonne et quitte l'écran et le clavier pour me mouvoir avec quelque difficulté liée à un âge qui, alors, n'a jamais été aussi avancé vers la cuisine. Mon esprit vif et prompt à analyser une situation quelle qu'elle soit — et même les plus improbables — me permet de comprendre qu'il n'y a plus suffisamment de gaz dans la bouteille pour produire une flamme convenable.
Il est trop tard pour que j'envisage de désolidariser la bouteille de son détendeur et que je me résolve à affronter le monde extérieur en la descendant, ahanant et suant, par l'escalier rude et malaisé qui seul saurait me permettre de rejoindre la Ford Mondeo verte qui est mon principal véhicule et pourrait me permettre de me rendre à Thenon en empruntant la route départementale (ancienne route nationale) afin d'aller l'échanger contre une semblable mais pleine contre le paiement d'une somme à mon sens bien trop élevée.
Il est trop tard, j'en suis certain, et en plus, il pleut. Rapidité et efficacité sont des caractéristiques parmi les plus reconnues de mon esprit. J'envisage avec célérité les solutions qui me sont ouvertes face à cette situation de crise. Puisqu'il n'est pas envisageable de partir à l'aventure au volant de mon véhicule à la recherche d'un éventuel dépôt de gaz, à moins d'aller au moins jusqu'à Boulazac ou Trélissac, et que cette perspective est clairement à écarter tant elle nécessiterait que j'accepte de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres pour récupérer une bouteille de gaz, qu'en outre cela demanderait que je consacre à cette opération, au bas mot, une bonne heure de mon temps et plusieurs litres de carburant, il me faut trouver une solution qui soit tout à la fois acceptable et réalisable dans un délai court voire immédiat.

Lundi - 19h23
J'ai fait le tour des solutions envisageables. J'ai écarté la possibilité de manger mes pâtes du lundi crues et aussi celle consistant à placer la casserole dans le petit four électrique Moulinex offert il y a de nombreuses années par ma grand-mère maternelle après qu'elle en avait acheté un nouveau, à chaleur tournante, plus moderne. D'abord, j'ai vérifié, la casserole ne rentrerait pas dans ce four. J'aurais pu, c'est vrai, laisser la porte dudit four ouverte afin de laisser la queue de la casserole à l'extérieur. Je me suis dit que cela nuirait certainement à l'obtention d'une température optimale.
Là, il faut tout de même que j'apporte une précision qui a toute son importance pour la bonne compréhension de ce récit. Si je suis en train de tomber en panne de gaz, la bouteille n'est pas pour autant totalement vide et une faible flamme, déjà mourante, en fin de vie, proche de l'extinction, est encore présente. Dans la casserole, l'eau est chaude faute d'être bouillante. Vais-je oser quelque chose que j'ai vu faire et qui m'avait horrifié alors que je devais avoir une petite vingtaine d'années, un jour que j'avais été invité à déjeuner par un copain de l'époque et que c'était sa grand-mère qui œuvrait à réaliser ce repas auquel j'étais convié ? Elle avait l'intention de nous faire des pâtes et elle avait mis de l'eau à chauffer sur le feu. Un peu comme tout le monde, elle avait mis un couvercle pour que l'eau chauffe plus rapidement et jusque là, je ne voyais rien à y redire. Lorsque l'eau eut atteint la bonne température, elle avait soulevé le couvercle et ajouté du gros sel à l'eau. Cela me semblait très correct. Alors, elle préleva la quantité de pâtes qu'elle jugeait convenable pour nourrir trois personnes (elle comptait déjeuner avec nous) et les mis à baigner dans l'eau bouillante. Rien à dire non plus. Et là, horreur sans nom ! Voilà que l'ancêtre repose avec autorité le couvercle sur la casserole et qu'elle éteint le feu avant de poser un torchon plié sur le couvercle. J'avais, je m'en souviens bien, le souvenir est encore présent dans ma mémoire comme s'il avait créé un traumatisme dont jamais je ne pourrai me libérer, réprimé un cri. « Mais qu'est-ce qu'elle est en train de foutre, la vieille ? », me dis-je in petto en mon for intérieur.
Poli et victime d'une trop bonne éducation, je ravalais mon désarroi et cachait mon intense désolation du mieux que je le pouvais. Je me souviens vaguement de ce qui suivit alors. Peut-être, mais sans certitude, avons-nous eu des sardines à l'huile pour entrée. Peut-être avons-nous mangé ces pâtes et, même, peut-être y avait-il quelque chose pour les accompagner. Peut-être aussi y avait-il quelque chose pour simuler un dessert. Je ne sais plus rien de tout cela, j'étais bien trop effondré, ébranlé, pour pouvoir encore inscrire quoi que ce soit dans ma mémoire. Je pense aujourd'hui, en revenant sur cette dure période de ma vie, avoir été victime d'un véritable choc émotionnel qui aura agi à la manière d'un barrage de ma conscience. Je ne souhaite cela à personne.
Et pourtant, ce souvenir douloureux remontait à la surface et je ne pouvais rien faire pour l'écarter, pour l'empêcher de survenir. J'étais terriblement mal à l'aise, en crise de panique caractérisée, je sentais des gouttes de sueur perler à mon front. Il me fallait prendre une décision et je n'en trouvais pas de meilleure. Je me sentais désemparé comme rarement cela m'était arrivé, j'hésitais et tentais de tempérer dans l'espoir que je savais vain d'en trouver une plus acceptable. La mort dans l'âme, mettant ma fierté de côté, je me résolvais à agir, soulagé d'être seul, qu'il n'y eût pas de témoin. Je salai l'eau, versai deux poignées de pâtes et, détournant le regard, plaçai le couvercle sur la casserole. Tout de même — j'ai ma dignité — je n'allai pas jusqu'à poser un torchon sur cette triste affaire.
La mine triste, la tête basse, les épaules effacées, abattu et honteux au possible, je tentais de me calmer en fumant une cigarette face à la lecture des derniers commentaires laissés sur ce blog.

Lundi - 19h39
J'ai osé soulever le couvercle. Au fond de la casserole, un agglomérat informe gît tristement, lamentablement. Du bout d'une fourchette chancelante, je pique dans l'amas désolant de pâtes sans vie. J'en extirpe une pâte que, au bord de la nausée, je porte à la bouche. C'est cuit. Il me faut passer outre le dégoût. Nous sommes lundi, je dois manger ces pâtes. Je dois me convaincre que ce sont bien des pâtes. Il le faut. Je verse le contenu de la casserole dans la passoire. Une eau trouble et tiède s'échappe dans l'évier. Je sens venir les larmes, j'en chialerais presque. Je remets ces pâtes dans la casserole, ajoute un peu de beurre qui peine à fondre, mélange et verse dans l'assiette. C'est un euphémisme de dire que je me dirige alors sans joie à ma table pour manger. J'avale en essayant de penser à autre chose. Je pense à ce que le Christ a dû supporter et cela me donne la force et le courage.

Lundi - 19h44
J'ai posé l'assiette vide dans l'évier. Je ferai la vaisselle demain. Je n'ai vraiment pas le cœur à cela ce soir. Au-dessus du lavabo, je me purifie la bouche au Signal©. Double dose sur la brosse à dents. Il convient de nettoyer la cavité buccale de fond en comble. Je reviens dans la pièce principale de ma petite maison l'âme sombre comme jamais. J'éteins la lumière, tourne la clé dans la serrure et vais me coucher. Il n'est pas encore 20 heures et j'essaie d'oublier cette terrible épreuve en me plongeant dans les dernières pages d'un bouquin. Si mes yeux suivent bien les lignes, je me rends compte que moi, je ne suis pas le texte. Je suis plus atteint encore que je pouvais l'imaginer. J'éteins la maigre ampoule et réussis à m'endormir. Il n'y a rien de mieux à faire et je compte sur le sommeil pour digérer (si je peux dire) ce choc traumatique.

Mardi - 14h11
Je me décide enfin à affronter la réalité en face. J'y travaille depuis ce matin. Je me suis levé tôt, un peu après 5 heures. Je dois me rendre à l'évidence, la bouteille de gaz ne se remplira pas d'elle-même et personne n'ira à Thenon à ma place pour la remplacer par une autre. J'ai envisagé toutes les solutions crédibles. J'ai imaginé appeler au secours, prétendre que je m'étais blessé à la jambe et que je n'étais pas en mesure de sortir de chez moi. J'ai dressé la liste des personnes susceptibles de pouvoir — et accepter — de me venir en aide. Je me suis effrayé à l'idée que l'on puisse découvrir que je n'étais pas blessé du tout. J'ai écarté la tentation d'aller me recoucher pour toujours, jusqu'au jour où une bouteille de gaz se déciderait de venir jusque chez moi par ses propres moyens pour je ne sais au juste quelle raison. Je me suis dit que, « Putain de bordel de merde, on est tout de même au XXIe siècle, quoi ! Pourquoi personne n'a pensé à des bouteilles de gaz connectées qui préviendraient un livreur qu'il est urgent de venir livrer tout de suite maintenant une nouvelle bouteille à mon domicile, surtout le lundi soir ! On est à l'heure d'Internet ou pas ? »
J'ai bu du café et fumé des cigarettes. Plusieurs fois, j'ai failli réussir. Je ne compte pas le nombre de fois où j'étais prêt à aller débrancher la bouteille et à la descendre jusqu'au coffre de ma voiture pour aller la changer. Autant de fois, j'ai repoussé. Je me demande si je n'ai pas un problème, quelque part. J'ai essayé de me raisonner. Ce n'est pas la mer à boire, je l'ai déjà fait. Il ne s'agit que de débrancher une putain de bouteille de gaz vide, d'enfiler ma parka, de descendre un escalier, de soulever le capot du coffre de la bagnole, de refermer le coffre, de prendre les clés dans la poche droite, de démarrer et de rouler sur cinq ou six kilomètres pour acheter une nouvelle bouteille et enfin revenir, sortir la bouteille du coffre, remonter l'escalier, mettre la bouteille en place, m'énerver sur le bouchon de plastique que je ne sais jamais enlever convenablement, rebrancher le détendeur et pousser la bouteille sous l'évier, quoi ! Je l'ai déjà fait autrefois, ça ne devrait pas me poser de problème majeur.
Oui, sauf qu'il pleuvait et que, finalement, je n'aurai sans doute pas besoin de gaz avant ce soir. Ça peut attendre encore un peu. « Encore un moment, monsieur le bourreau », aurait supplié Jeanne du Barry. Torturé comme jamais, j'ai longtemps hésité à glisser la tête dans la lunette de la guillotine. Si j'attendais trop longtemps, si, disons, j'attendais jusqu'au soir, je n'aurais pas plus de gaz pour préparer mon riz du soir (nous sommes mardi, je mange du riz le mardi). La lutte entre moi et moi-même est âpre. Une partie de moi dit qu'il est raisonnable de se faire violence et d'aller chercher cette foutue bouteille de gaz tandis que l'autre partie m'invite à reporter encore un peu cette épreuve.
Ça arrive, parfois, qu'il y ait la chance qui vienne glisser son nez dans une affaire que l'on pensait perdue. La chance, ça existe. Le problème, c'est que l'on ne peut pas compter sur elle. Il paraît que l'on peut la provoquer. En duel, même, si ça se trouve. On a tous entendu parler de ces personnes qui expliquent leur insolente réussite au fait qu'elles ont su saisir leur chance. On ne sait pas. Peut-être que quelqu'un allait venir me voir. J'allais expliquer que ce n'est vraiment pas de la mauvaise volonté mais que j'ai un boulot urgent à finir et que ce serait vraiment aimable de sa part qu'il aille à Thenon me changer la bouteille de gaz. Je n'ai pas eu de chance. Personne n'est venu.
Sur Internet, je suis allé aux renseignements pour connaître le prix d'une plaque de cuisson électrique. C'est encore dans mes moyens mais les délais de livraison sont incroyablement longs. Je ne la recevrai pas, au mieux, avant plusieurs jours. J'écarte aussi l'idée qui m'a traversé un instant de cuisiner dans la cheminée. Il me reste bien un peu de bois mais à terme il me faudrait en faire livrer d'autre et l'idée m'angoisse déjà rien que d'y penser.
J'en suis à une telle extrémité que j'envisage même de revoir les menus de la semaine, de ne plus manger et acheter que de la nourriture qui peut s'avaler sans cuisson : cassoulet en boîte, chocolat, saucisson sec, cacahuètes. J'ai entendu dire que l'on pouvait ne se nourrir que d'aliments liquides, bière et vin par exemple. Peut-être aussi des jus de fruits et des soupes en brique. Je n'ai rien trouvé de convainquant sur Internet à ce sujet. Je tergiverse, j'hésite, je repousse et porte loin la procrastination.
Ça y est, je me suis décidé. J'ai fait un gros travail sur moi-même. J'essaie d'agir sans réfléchir. Je passe aux actes, je mets de côté l'intellectuel que je suis, me force à ne plus être qu'un travailleur manuel. Je ne réfléchis pas, je dévisse le détendeur, je revisse la poignée de la bouteille, j'essaie même de siffloter comme un simple travailleur, je passe la parka, agrippe la bouteille, ouvre la porte devant moi et la referme derrière, descends les marches, balance la bouteille dans le coffre de la Ford, m'installe au volant, tourne la clé de contact, passe la première, m'arrête pour m'assurer que personne n'arrive à gauche et à droite, roule vers Thenon, passe la deuxième vitesse, la troisième, la quatrième, la cinquième, file vers Thenon, m'agace derrière un camping-car qui ne va pas assez vite, le double dès que possible, suis arrêté par le feu qui est au rouge au carrefour de Thenon, tapote d'impatience le cercle du volant, repasse la première, la deuxième, la troisième, la quatrième, arrive au dépôt de gaz, mets le clignotant pour tourner à gauche, attends qu'une bagnole ait fini de passer, tourne, vais me ranger à côté de la guérite de la station-service et constate, effaré, que celle-ci n'ouvre qu'à 15 heures. Je suis effondré.

Mardi - 14h57
La femme qui s'occupe de la caisse de la station-service arrive. Je sors de la voiture et la bouteille du coffre. Je vais la déposer à proximité de la guérite. J'estime que l'on doit comprendre ma demande sans que j'aie besoin de l'expliciter plus clairement. Normalement, me semble-t-il, une personne qui arrive chargée d'une bouteille de gaz et qui la pose comme je l'ai fait est simplement une personne qui vient la faire remplacer pour une autre, pleine. Je ne pense pas qu'il soit nécessaire d'avoir fait de longues études pour comprendre cela. Ceci dit, je ne sais rien de cette femme, si ça se trouve elle a fait de longues études et alors c'est triste qu'elle en soit réduite à exercer son métier bien qu'il soit utile et nécessaire.
Elle a compris et elle sort avec son trousseau de clés. Je la suis. Ma bouteille est une bouteille bleue foncé, elle l'a vu et elle va là où sont rangées les bouteilles de ce genre, dans leur casier antivol. Elle ouvre une grille qui forme une porte et sort une bouteille pleine. Parce que je connais les manières de faire bien, je renverse celle que j'ai amenée pour la présenter de telle manière que l'on comprenne qu'elle est vide et non pleine. J'ai droit à un sourire fugace pour ce geste bien venu.
En prenant d'autorité la bouteille pleine je me demande si cela ne peut pas être compris comme une marque de sexisme. Est-ce que mon geste ne peut pas être interprété comme celui du mâle qui se sent supérieur, plus fort, que la femme ? Intérieurement, je me mords les doigts de mon impulsivité que j'assure irréfléchie. J'hésite à me reprendre, à reposer la bouteille et à m'excuser en proposant à cette femme de porter la bouteille jusqu'à la guérite. Je me contente d'afficher un sourire un peu gêné. Je me maudis d'être tellement timide que je n'ose pas dire les choses en toute simplicité. Que la vie doit être simple pour les gens qui n'ont pas à souffrir de cette tare qui perturbe la vie sociale et les plus petits moments de la vie quotidienne.
Je paie mon dû et vais déposer la bouteille dans le coffre. Je m'installe au volant et souffle un bon coup. Le plus dur est fait. Il ne me reste plus qu'à revenir à Azerat et à monter la bouteille jusqu'à sa place. Je respire et me dis que tout va bien se passer et je démarre. La chance que j'appelais de mes vœux m'a sans doute entendu, je parviens à rejoindre Azerat sans la moindre embûche. Allez, encore un effort et ce sera terminé. J'ouvre le coffre, sors la bouteille de gaz, referme le coffre, porte la bouteille — plus lourde qu'à l'aller — jusqu'à l'escalier que je grimpe. Je la pose pour prendre la clé de la porte d'entrée que j'ouvre dans la foulée. Je pénètre chez moi chargé de la bouteille et dans le même élan vais jusqu'à la cuisine. Je n'ai pas fermé la porte et j'hésite à revenir sur mes pas pour la fermer. Dans le même temps, je me dis qu'il existe un risque pour que l'élan soit brisé et que je n'ai pas le courage par la suite de terminer l'installation de la bouteille de gaz. Ce serait trop bête, si proche du but ! Allez ! Haut les cœurs ! Je dévisse, j'enlève le bouchon en plastique que je ne parviens jamais à retirer convenablement, visse le détendeur, pousse la bouteille sous l'évier. C'est fait ! J'ai réussi ! Je ne suis pas peu fier, je peux vous le dire. Je me sens tellement fort d'un trop-plein d'exaltation que je vais jusqu'à tourner le robinet de la bouteille de gaz et de m'assurer que le gaz arrive bien aux brûleurs de la cuisinière que j'allume tous, les uns après les autres, d'une seule allumette. Ça fonctionne, je me sens bien, soulagé, comblé. Je ferme le robinet de la bouteille et vais fermer la porte d'entrée.

Mardi - 15h06
Assis devant l'ordinateur je sens mon enthousiasme me quitter à toute vitesse. Déjà, je redoute ce jour prochain où cette foutue nouvelle bouteille de gaz sera vide et qu'il me faudra revivre tout ça. Peut-être serait-il sage que j'achète cette plaque électrique que j'avais trouvée sur Internet tout à l'heure ? Je vais y réfléchir, j'ai déjà assez dépensé aujourd'hui. Combien de temps vais-je tenir avec cette bouteille ? Je vais essayer de l'économiser le plus possible, jamais plus d'un feu à la fois, faire durer, repousser l'échéance, ralentir le temps…

mardi 15 mai 2018

Fait divers de printemps

C'est pas bien de se moquer. Surtout, qu'en plus, je ne suis pas le dernier à écrire n'importe quoi n'importe quand. Je le reconnais, je n'en suis pas fier. C'est vrai, je fais des fautes d'orthographe et de frappe, j'écris parfois des sottises énormes, aussi. Comme on pourrait dire, je vois la paille dans l'œil du voisin et suis aveugle à la poutre qui est dans le mien, d'œil. Bref, j'ai suffisamment battu ma coulpe comme ça pour aujourd'hui. Place aux professionnels de la profession.
A quoi ça sert, un journaliste ? A nous raconter des histoires, vraies de préférence, en y mettant les formes et en rendant l'histoire compréhensible au plus grand monde. C'est ce que semble avoir oublié l'une des petites mains du journal Sud Ouest dans l'édition numérique d'hier. Je vous explique.
Il y a environ une semaine, un aigle de bronze était volé au cimetière de Périgueux. Le volatile ornait le monument funéraire du lieutenant Fernand Briault, mort le 26 novembre 1913 avec son mécanicien Brouillard, alors qu'il était en service commandé. Un matin, hop, l'aigle s'était envolé. On se questionna, on interrogea des ornithologues réputés, il apparut que l'oiseau n'avais pas pu partir par ses propres moyens. Dès lors, l'idée du larcin creusa son nid dans les esprits.
Nous en étions là lorsque le journal Sud Ouest, par le truchement d'un·e journaliste lancé·e sur l'affaire, nous révèle le fin mot de l'histoire qui aura su tenir en haleine tout un pays. L'aigle était retrouvé dans la Dordogne !

A ce moment, pour vous prouver que je n'invente rien et que tout est vrai, je pense qu'il est nécessaire que je vous invite à jeter un œil humide sur la copie d'écran suivante :

Sud Ouest du 14 mai 2018
Effectivement, on peut voir clairement ce qui pourrait être l'aigle disparu gisant dans de l'eau. Sur cela, on ne nous ment pas. Mais attendez la suite ! C'est là que ça devient d'un cocasse fou. Préparez-vous et regardez cette seconde copie d'écran :

Sud Ouest du 14 mai 2018
Alors là, on tient du tout bon, du papier de grande qualité, de l'information de qualité supérieure, du surchoix. Qu'apprend-on donc ?
Déjà, on apprend qu'un aigle de bronze de 200kg est capable de flotter dans les eaux de la Dordogne. Alors, je m'interroge. Faire flotter du bronze, ce n'est pas chose aisée. On pourrait, bien sûr. Il suffirait que l'aigle de bronze soit suffisamment creux et étanche pour que le miracle ait lieu mais, franchement, je doute beaucoup. D'ailleurs, sur la photo présentée par le journal, je ne vois rien qui flotte particulièrement. Passons. Il doit s'agir d'un effet de style, rien de bien méchant.
Mais c'est pas tout ! C'est là que l'on atteint le nirvana. Que nous dit-on de plus ? On nous informe que le lieutenant Fernand Briault est décédé au cours de la Première Guerre mondiale… en 1913.

Là faut m'excuser mais je n'en peux plus de rire. Chapeau, fallait oser !

lundi 14 mai 2018

Noir d'Islande

Je ne me souviens pas avoir déjà lu un roman islandais avant celui-ci. Celui-ci, c'est "La femme en vert" de Arnaldur Indridason. C'est un roman noir, un polar mettant en scène le commissaire Erlendur Sveinsson, personnage complexe, déprimé, père d'une fille toxicomane, blessé jusqu'au plus profond de son être par la disparition de son jeune frère dans son enfance.
"Il remarqua qu'il s'agissait d'un os humain dès qu'il l'enleva des mains de l'enfant qui le mâchouillait, assis par terre." Le roman débute par cette phrase. Elle met dans l'ambiance, un peu faussement toutefois. L'histoire implique des événements datant des années 40 et une enquête menée dans les années 2000. Par hasard, un os humain est découvert dans les fondations d'une construction nouvelle. Assisté de deux autres policiers, le commissaire va mener l'enquête et tenter de comprendre ce qui s'est passé là, qui est enterré et comment la personne est morte. Cela va conduire les enquêteurs à plonger dans le passé, à remonter des pistes, à faire remonter des souvenirs bien enfouis.
L'histoire est prenante et bien construite, il est difficile d'abandonner la lecture tant le désir d'en savoir plus est présent. L'auteur sait dépeindre la partie la plus sombre de l'Islande et de sa capitale ainsi que la psychologie des différents personnages.
Je ne vais pas vous raconter l'histoire, je préfère que vous la découvriez par vous-même parce que, oui, je vous encourage à découvrir cet auteur dont, pour le moment, je ne connais que ce roman. Il n'est pas impossible que je parte à la découverte du reste de ses bouquins et, du moins, de ceux de la série du commissaire Erlendur Sveinsson.

Arnaldur Indridason

dimanche 13 mai 2018

Encore une dédicace de torchée

Serpette dédicacée

samedi 12 mai 2018

Parce qu'il pleut et que je n'ai pas envie de me casser le cul à trouver une idée à mettre sur le blog aujourd'hui d'autant moins que j'ai très mal dormi la nuit dernière, je me contente de cette fleur

vendredi 11 mai 2018

Gagavulin qprès quleques evrres

C'est bon tou t de mame ! J'avias aller faire la sieste.

Le rhum, poison fruit de l'esclavage

tandis que mon œil torve[1] quittait la bouteille de rhum photographiée et présentée ici hier, j'en vins à me questionner sur l'histoire de cet alcool. Il ne me fallut pas longtemps pour réaliser l'évidence : le rhum n'aurait jamais existé sans l'esclavage.
Et de fait, le rhum est issu en droite ligne de la culture de la canne à sucre. La culture de la canne à sucre est intimement liée à l'esclavage. Une recherche sur Internet m'informait de l'origine sud-asiatique de cette plante. Une recherche plus poussée m'apprenait que la canne à sucre avait alors été implantée sur les côtes africaines et que sa culture était assurée par des esclaves.
Christophe Colomb découvre le continent américain. On comprend que le climat des îles des Caraïbes pourrait être favorable à cette culture. Seulement, pour cultiver cette canne d'où l'on tire le sucre dont l'Europe s'est entiché, il faut de la main d'œuvre. Le génie humain n'étant jamais en reste pour inventer une nouvelle saloperie, on organise le transport d'esclaves de l'Afrique vers l'Amérique.
Il y a une forte demande de sucre, on l'a vu, il faut de la main d'œuvre pour cultiver la canne à sucre, on l'a dit. L'offre doit répondre à la demande. Nous sommes en présence des merveilles de l'économie capitaliste avant qu'elle ait été théorisée. Il s'agit d'un capitalisme bien décomplexé. Si l'on peut ne pas payer la main d'œuvre, pourquoi s'en priver ? Rapidement, les femmes et hommes transportés dans des conditions épouvantables à travers l'Atlantique ne sont plus considérés comme des êtres humains mais comme des marchandises. On les vend, on les achète, on en dispose. Dans les plantations, l'espérance de survie est d'une dizaine d'années. Entre la fin du XVe siècle et l'abolition de l'esclavage, on estime à plus de trente millions de femmes et hommes à avoir été vendus et achetés. On estime à plus de 10% les "pertes" durant les traversées.
Avec la canne à sucre, on produisait du sucre. Si on a du sucre, on le sait bien, on peut produire de l'alcool. On eut l'idée de distiller la canne à sucre et on inventa le rhum. Ce rhum devint l'alcool exotique par excellence, celui des marins, des pirates. C'était surtout le fruit du sang des esclaves exploités au sens propre par des propriétaires avides et cupides.

C'est pour ces raisons qu'il faut refuser le rhum et lui préférer le whisky écossais qui, lui, n'a pas de sang sur les mains et donne de la classe et de la distinction vraie à celui qui sait s'en délecter, assis dans un moelleux fauteuil près d'un flamboyant feu de cheminée.

Note

[1] le plus torve des deux, je veux dire

jeudi 10 mai 2018

Comment lutter efficacement contre ce poison appelé Neg'ita en buvant avec distinction un bon rhum authentique

Glou !

mercredi 9 mai 2018

De nouveau rien de nouveau

Simplement heureux

mardi 8 mai 2018

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 55

Feuilleton collaboratif du mardi

lundi 7 mai 2018

Y en a qui mériteraient une bonne tarte

Dans une jatte, dans une jatte plate, versez de la farine, un peu de sucre et une pincée de sel ainsi que la moitié de beurre qu'il y a de farine. Pétrissez le sourire au lèvres et du bout des doigts de la main qui vous convient le mieux. Ajoutez suffisamment d'eau de telle manière que vous parveniez à confectionner une boule souple mais ferme de pâte. Farinez-la et laissez-la reposer de profundis une heure ou, si vous êtes pressé, cinquante neuf minutes. Vous venez de réaliser la pâte brisée qui vous sera bien utile pour la suite.
Épluchez et détaillez quelques pommes (de préférence pas trop véreuses si vous êtes vegan). Il vaut mieux prévoir un peu trop de pommes que pas tout à fait assez. S'il en reste, vous pourrez toujours les manger étant entendu que ce fruit se déguste aussi cru.

Si, à cet instant de la recette vous changez d'avis et décidez de concocter une tarte aux oignons, remplacez les pommes par les oignons et prenez soin d'enlever le sucre de la boule de pâte brisée réalisée auparavant.

Sur un plan fariné, étalez la pâte en un disque d'une épaisseur n'excédant pas les trois millimètres au plus et d'un diamètre au moins égal à celui du moule à tarte que vous prévoyez d'utiliser augmenté de trois à quatre centimètres. A l'aide d'un mètre de couturière ou de maçon, assurez-vous d'être dans ces limites.

Beurrez le moule à tarte et déposez-y le cercle de pâte. Tentez, dans la mesure du possible, de lui faire épouser au mieux les contours du moule et garnissez bien les bords de celui-ci.

Piquez ce fond de tarte à l'aide d'une fourchette ou d'un couteau. Vous pouvez alors déposer vos pommes directement ou, si vous le préférez, étaler à votre convenance une couche de compote de pomme ou de confiture avant d'agencer les tranches de pomme de la plus belle manière qui soit.
déposez quelques petits morceaux de beurre par dessus les pommes et saupoudrez-les légèrement de sucre vanillé ou, si vous n'en disposez pas, de sucre pas vanillé.

Placez votre tarte dans un four chaud pour une demi-heure ou un peu plus ou un peu moins selon votre four et le temps qu'il fait.

Ce serait dommage de l'aplatir sur une gueule

dimanche 6 mai 2018

Compteur intelligent

Tiens, ami·e lect·rice·eur, puisque l'on en est à causer compteur, je me permets de revenir sur la Fête à Macron organisée par François Ruffin rejoint par la France Insoumise, le mouvement de Benoît Hamon, le PCF, des écolos et tous ceux qui souhaitaient participer à la chose. Alors, je sais, Cédric Villani n'est pas du côté de ces mouvements de gauche, il a rejoint LREM, j'ai conscience que ceci peut expliquer cela mais tout de même, faut-il un médaillé Fields pour compter le nombre de participants à une manifestation ? Je m'interroge. Quoi qu'il en soit, voilà que l'on annonçait 160000 manifestants d'un côté quand on n'en distinguait qu'un peu moins de 40000 des autres. Quatre fois moins ou plus selon que l'on se place d'un bord ou de l'autre, ce n'est pas rien.
Est-ce important ? Non parce que l'on sait bien que ça fait partie du jeu de ne pas avoir d'accord sur ces chiffres entre organisateurs et forces de l'ordre (à noter que des compteurs indépendants atteignent le même compte que la préfecture). Je me demande juste à quoi ça sert de gonfler le nombre de participants à ce point. Il est possible qu'il soit important pour les organisateurs de se donner l'impression d'avoir réussi au-delà de ses prétentions mais honnêtement, il ne me semble pas qu'il ait été nécessaire de compter chaque participant quatre fois pour pouvoir prétendre que l'opération a été une réussite.
Bref, donc, il y aurait eu une quarantaine de milliers de personnes venues à Paris pour manifester contre Macron. Il y a eu des manifestations en province aussi. C'est peut-être pour cela que l'on atteint le total de 160000 participants après tout. Il est prévu de manifester de nouveau le 26 mai et Jean-Luc Mélenchon dit pouvoir espérer le million de personnes. On verra.

Compteur Linky

Si la grogne gronde contre Macron, elle se fait aussi entendre contre le compteur intelligent que Enedis veut mettre en place dans chaque foyer. Ce matin sur France Inter, une dame expliquait comment elle dormait mal chez sa fille depuis qu'un tel compteur y avait été installé. Elle est "électro-sensible". Moi qui ai la chance de ne pas l'être, je ne peux pas trop savoir ce que ressent la dame. Dans mon for intérieur, ces histoires de sensibilité extrême aux ondes magnétiques est du pipeau complet mais je ne suis ni médecin ni scientifique ni électricien. Par contre, j'ai eu à rencontrer une personne qui ne m'a pas paru bien nette au niveau de l'agencement des neurones du cerveau. C'est une femme versée dans les croyances bouddhistes qui vous oblige à laisser votre téléphone portable (si vous en possédez un) dans votre véhicule avant de l'approcher. En plus de cela, elle est victime de tout un tas d'allergies — alimentaires ou pas — qui la conduisent à éloigner le gluten, à refuser les excitants (café, thé, chocolat, sucre), à bannir la laine mais aussi le coton trop "traité". Elle et son compagnon (un astrologue) mangent et boivent bio, ça va de soi. Bon.
J'avais rencontré cette personne pour un projet professionnel. Il s'agissait de concevoir un catalogue présentant ses productions artistiques. Elle m'explique tous ses problèmes et précise bien comment elle ne peut pas approcher d'une prise électrique ou utiliser un appareil électrique. Bien sûr, elle redoute les ondes pire que tout. A un moment, elle veut m'expliquer un truc — je ne sais plus quoi — et, n'y parvenant pas avec ses mots, elle demande à son compagnon de me faire voir. Il va dans la pièce d'à-côté et revient avec un iPad. Je suis étonné. Je le suis encore plus lorsque je le vois aller chercher des photos sur Internet. Quoi ? Comment ? Mais alors !
Bah oui, l'iPad est bien connecté au réseau de réseaux via le Wi-Fi et, probablement une "box" Internet dissimulée quelque part dans la maison. Diable ! Ce doit être un rare cas de sensibilité aux ondes électro-magnétiques de caractère aléatoire et discriminant. J'en reste baba comme un Ali devant un bol de graines de sésame mais préfère fermer ma gueule. Après tout, peut-être Apple aurait développé une technologie avancée filtrant efficacement les ondes qui restent prisonnières dedans l'appareil ? Peut-être la connexion à Internet se fait-elle pas imposition des mains ou par des ondes homéopathiques encapsulées dans une gangue protectrice. Allez savoir, toi !

Mais bref

Alors, le sujet, c'est le compteur Linky© de Enedis®. Faut que j'arrête de digresser à tort et à travers. De quoi c'est qu'on l'accuse-t-il ? De balancer des ondes délétères voire mortelles, de faire exploser ses appareils ménagers et, surtout, de récolter de la donnée pour nourrir le Big Data qui est le petit nom de Big Brother. Avec ces compteurs intelligents, on va connaître quelle quantité d'électricité vous consommez à la minute près et ces données seront transmises à de mystérieux centres d'analyse, quelque part dans l'Univers par courant porteur en ligne avant d'être revendues à des firmes obscures pour vous nuire, vous pourrir la vie, faire de l'argent sur votre dos.
Moi, de tout ça, je ne sais rien de plus que ce que je peux en entendre à la radio ou lire dans des périodiques. Ai-je un avis sur la question ? Pas vraiment en fait. La seule chose qui me fait tiquer, c'est bien que l'on m'oblige à payer ce compteur. J'entends la promesse qui m'est faite de pouvoir suivre ma consommation électrique et de pouvoir faire la chasse aux équipements trop gourmands afin de faire baisser le montant de ma facture mais, sois-en sûr, je n'en ai cure. Je consomme de l'électricité indument, je suis au courant du fait. Je suis un mauvais consommateur. Je laisse la Freebox allumée même lorsque je vais me coucher, je laisse l'ordinateur branché, j'ai un gros chauffe-eau, j'utilise un vieux réfrigétateur. C'est mal. J'en ai conscience. Mais, dans le fond, je m'en contrefous. Au moins, je suis honnête, je reconnais ma nuisance.
Il y a la CNIL qui a donné son rapport à propos de ce qui la concerne, la collecte de données. Elle a mis en garde Enedis® sur ses devoirs. Il n'est certes pas réjouissant de penser que Enedis® peut te suivre à la trace, connaître ta vie jusque dans ton intimité. Pour dire vrai, je ne sais pas bien comment ils pourraient savoir que j'utilise l'électricité pour alimenter un sex-toy ou pour éclairer l'endroit ousque c'est que je suis pour lire l'autobiographie de sainte Thérèse d'Avila en bandes dessinées. Je ne pense pas que l'on puisse savoir si l'engin consommateur est la cafetière électrique ou un sèche-cheveux, par exemple.

Cohérence

Il y a des personnes qui, presque par jeu, par défi, cherchent à se passer le plus possible de l'électricité du réseau. Avec des panneaux solaires, un régulateur et des ampoules adéquates, ils vous éclairent une pièce entière en toute indépendance. Le jeu est d'arriver à l'autonomie énergétique. Je respecte ça. Aucun souci. Les idées d'habitations à énergie positive — production énergétique supérieure à la consommation — me semblent enthousiasmantes.
Là où j'ai beaucoup plus de mal, c'est avec ces gens qui gueulent après Linky© sur les réseaux sociaux comme facebook, qui s'expriment avec des vidéos diffusées sur youtube, qui utilisent des ordinateurs tournant avec un système d'exploitation comme Windows ou OSX et des applications qui sont des usines shadokiennes à pomper ces données auxquelles elles semblent tant tenir. Utiliser un téléphone portable est sans doute plus discutable que le compteur Linky©. Avoir une carte de fidélité dans un super ou hypermarché en dit long sur vous, sur vos habitudes, sur votre vie, sur vos goûts. Si vous êtes abonné à une revue, il y a beaucoup de chances pour que vous soyez dans des fichiers diffusés partout. Faut être logique. Si vous craignez autant pour vos données, va vous falloir être un peu moins négligents, un peu plus sérieux.
Et puis, franchement, c'est pas un peu présomptueux de penser que votre vie de merde est tant différente de celle de vos voisins ? Je ne vous connais pas forcément mais j'ai tout de même le sentiment que si vous avez du temps à consacrer à ce blog c'est que vous ne faites pas partie de l'élite, hein. Vous aussi êtes de simples médiocres qui formez la masse. Vous pouvez bien vous donner des airs en osant acheter une petite boîte de caviar pour les fêtes, une bouteille de vin à plusieurs dizaines d'euros à l'occasion, vous payer une bagnole neuve ou d'occasion récente avec quelques options de merde, ça n'enlève rien au fait que vous avez une petite vie de merde bien éloignée de celle des puissants. Faut savoir être modeste. C'est pas parce que vous êtes plus riche que le clodo que vous avez croisé en tordant le nez la dernière fois que vous êtes allé à la ville que vous leur êtes tant tellement supérieur. Je gage que vous avez pas une myriade de domestiques à votre disposition, pas même de chauffeur ou de boniche. Vous êtes pas loin d'être misérable à la tête d'une vie misérable et d'une fadeur affolante. Votre misérable vie vous conduit à utiliser un minable taille-haie électrique qui fait votre fierté. La consommation de ce taille-haie sera enregistrée par Enedis® qui revendra ces données à quelqu'un. La belle affaire ! A la fin, vous allez crever et vos données n'intéresseront plus personne ! Vous serez enfin libéré de ce joug odieux. Joie !

Faisons crever le système

Que le système soit méprisable et haïssable, je n'en disconviens pas. Juste, je ne suis pas sûr que la lutte passe par celle contre ces compteurs intelligents. S'il est juste question de mettre du sable dans les rouages pour faire gripper la machine, j'applaudis de toutes mes mains disponibles. Oui, il faut faire pourrir ce système de l'intérieur, faire la grève du zèle, faire preuve de mauvais esprit, renâcler dès que possible, être mauvais citoyen, ne plus jamais se prêter au jeu faussé du vote démocratique, refuser par principe, saboter à chaque occasion.
Si un jour on vient me proposer ce nouveau compteur, je le refuserai dans un premier temps en affirmant que celui déjà en place fonctionne encore assez bien à mon goût. Je ne sais pas bien ce que l'on peut entreprendre comme actions intelligentes pour aller contre cette installation mais je promets que je n'aiderai pas à sa mise en place. Par contre, faudra pas compter sur moi pour accuser les ondes ou la collecte de données. Faut pas non plus me prendre pour plus con que je le suis. Merde !

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