janvier 2017 (31)

mardi 31 janvier 2017

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 23

Feuiileton collaboratif du mardi

lundi 30 janvier 2017

La nature joue à l'artiste

étang gelé à Thenon

dimanche 29 janvier 2017

Si les six scies de Sisyphe sient Sissi, qui scie ici ?

Banc de scie abandonné

samedi 28 janvier 2017

Mélenshow

Jeudi, Jean-Luc Mélenchon était à Périgueux. Dans l'après-midi, il était parti à la rencontre des cheminots des ateliers ferroviaires de Périgueux qui manifestaient contre l'annonce de nouvelles suppressions d'emploi. Par solidarité, quelques commerçants du quartier du Toulon avait baissé leurs rideaux pour une opération "quartier mort" durant une heure. Cette rencontre entre les salariés des ateliers SNCF et Jean-Luc Mélenchon a été un peu mouvementée. Au moins une vidéo est visible sur Internet. Le patron des Insoumis s'est présenté comme le défenseur des intérêts des ouvriers et, fidèle à son style, il n'a pas hésité à s'offusquer et à parler fort pour dire sa sincérité à l'endroit du monde des travailleurs.
Mais là, je n'étais pas. Par contre, le soir, j'étais à la salle du complexe sportif[1] de la Filature à Périgueux. Jean-Luc Mélenchon allait y tenir séance et il y avait foule pour venir l'écouter. Plus de deux mille personnes selon les organisateurs, trois personnes pour la police et entre cinq cent trois et six-cent mille pour le Parti Socialiste. Il y avait du monde, c'est sûr. Plus que prévu puisqu'il a fallu, dans l'urgence, préparer une seconde salle pour nous accueillir tous.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux
Mais pourquoi était-on là ? Certains étaient venus déjà convaincus mais d'autres étaient présents pour la promesse d'un spectacle de qualité. On venait voir Jean-Luc Mélenchon comme on serait allé à la représentation d'une vedette. On venait pour les idées, certainement, mais aussi pour les talents indéniables de l'orateur.
Jean-Luc Mélenchon sur scène, ce n'est pas un homme politique derrière son pupitre ahanant laborieusement un texte écrit par des collaborateurs. Il a ses notes qu'il consulte de temps à autres, picore une idée et la développe judicieusement au moment opportun selon les réactions de la salle. Il s'enflamme, il vitupère, il accuse, il moque, il dénonce avec ardeur et allant. Et il y prend plaisir, le bougre ! C'est vrai qu'il est un peu cabot, Jean-Luc Mélenchon. Il goûte les applaudissements et aime à prendre à témoin le public. "Mais je ne vais pas m'étendre sur le sujet, vous savez bien ce qu'il en est", ponctue-t-il à l'occasion une affirmation. Un peu simple mais efficace. Qui ira avouer que non, il ne sait rien à ce sujet au risque de passer pour un ignorant ? Alors oui, sans doute, M. Mélenchon sait manipuler une salle et l'amener à accepter ses propos même lorsqu'ils sont partiaux voire erronés. Les approximations sont légions dans son discours mais il s'excuse d'être "littéraire" et de ne donc pas maîtriser les chiffres ou les principes physiques ou chimiques.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux
De son passé d'enseignant, Jean-Luc Mélenchon a conservé son goût pour la pédagogie. De sa carrière de politique, il a développé un sens aiguisé de la rhétorique. Il mêle ces deux arts pour servir ses propos. Il a aussi le bon sens de suivre l'air du temps. Je ne dis pas qu'il n'est pas sincère, Jean-Luc Mélenchon, je ne dis pas qu'il a de réelles préoccupations écologiques, je ne dis pas non plus qu'il n'a pas réfléchi à ces questions. Mais donc, Jean-Luc Mélenchon se préoccupe beaucoup de l'écologie, de l'avenir de la planète et de notre santé. Il œuvrera à arrêter les centrales nucléaires, à promouvoir les énergies propres et renouvelables, à combattre l'utilisation des énergies fossiles et, bien entendu, le Diesel. Il veut multiplier par je ne sais combien le nombre d'exploitations agricoles pour que l'on produise bio et consomme bio. Tout cela est parfaitement facile à financer selon lui.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux

Pour la santé, il est question de regrouper les assurances privées et les mutuelles au sein de la Sécurité Sociale. L'idée est plaisante, elle a été exposée récemment par Martin Hirsch. Et puis, aussi, produire plein de médicaments génériques pour contrer le prix honteux de certaines médications. C'est très bien mais je me demande tout de même un peu comment il sera possible de convaincre les laboratoires de s'asseoir sur leurs brevets. C'est un peu le problème, à mon sens, avec les idées exposées par Jean-Luc Mélenchon. Il a tendance à s'enflammer facilement et à se laisser aller à des envolées lyriques un peu osées. Mais bon, ça marche et le public applaudit sans trop se poser de questions.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux
L'un des chevaux de bataille de Jean-Luc Mélenchon, c'est le refus des TAFTA et CETA[2]. Là, c'est on ne peut plus clair. Jean-Luc Mélenchon ne signera rien, refusera tout et proposera au peuple français de se prononcer par referendum. Il avertit cependant le public présent de ce que l'Europe aurait d'ores et déjà ouvert la porte au traité CETA qui serait un cheval de Troie pour permettre aux USA de vendre tout et n'importe quoi dans toute l'Europe. Les viandes trafiquées, les OGM, l'exploitation des gaz de schistes sont à la porte de l'Europe et de la France avec toutes les histoires de tribunaux d'arbitrage qui obligeraient les États à dédommager les sociétés privés dans le cas où ceux-ci viendraient à gêner le commerce. L'idée de tenir un bras de fer avec l'Europe n'est pas de nature à faire peur au candidat Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux
Jean-Luc Mélenchon tient sans faiblir son auditoire en piochant dans ses notes, en usant de traits d'humour bien sentis et ça fonctionne bien. Un spectacle auquel on prend un réel plaisir. Ses têtes de turc préférées ce soir là étaient Macron et Fillon. L'un de droite... de droite et du centre, l'autre du centre et de la droite. Du pareil et du même. La faiblesse de l'exercice est qu'il manque de rigueur et de réelles explications. Affirmer et annoncer des idées et hypothèses, c'est une chose, les prouver en est une autre. Les données chiffrées le sont un peu à la louche[3]. Bien des sujets sont survolés superficiellement et Jean-Luc Mélenchon donne l'impression de s'en sortir d'une pirouette. Parce qu'il ne s'agissait pas d'un débat, le public n'était pas invité à intervenir ou à poser des questions. L'orateur excelle à créer la connivence entre lui et son auditoire. Face à un public déjà conquis, il peut se permettre à faire dans l'à-peu-près sans craindre d'être contredit.

Je suis repéré
On a taxé Jean-Luc Mélenchon de populisme. Lui-même a accepté la quasi injure. Parce que je ne saurais pas définir le populisme, je n'utiliserai pas le terme que je préfère réserver à la saloperie d'extrême-droite. La vraie question est de savoir si ce tribun est sincère et honnête ou s'il use de ses talents pour servir ses intérêts. Parce que c'est tout de même un professionnel qui a son fond de commerce. Evidemment, face à la concurrence j'ai tendance à le trouver plutôt sympathique, Jean-Luc Mélenchon. Je partage pas mal de ses idées et pense assez souvent comme lui. Le problème, c'est que je ne suis pas en mesure de déterminer si ces idées sont réalisables ou du simple domaine de l'utopie. Je n'ai pas lu le programme de la France Insoumise. Il est possible qu'il soit chiffré, détaillé, expliqué, programmé. J'aimerais bien pouvoir penser que Jean-Luc Mélenchon avance des propositions réalisables qui seront réalisées mais il y a cette petite suspicion de douce manipulation qui me titille. En l'état, si je vote pour les élections présidentielles prochaines, il est probable que ma voix ira à lui même s'il m'est très difficile d'adhérer à tout et, surtout, de penser tout cela réaliste.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux
Je ne sais pas ce que vous pensez de tout cela. Si vous ne l'avez pas déjà fait, vous pouvez voir l'enregistrement de cette réunion publique à Périgueux sur youtube. Il y a beaucoup d'autres vidéos sur la chaîne de Jean-Luc Mélenchon. J'en ai regardé quelques unes pour me faire une idée. Il y a certainement un aspect séduisant dans toutes les idées soutenues là. On aimerait pouvoir espérer et rêver que tout cela soit possible mais le doute subsiste. Je vous laisse vous exprimer dans les commentaires.

Jean-Luc Mélenchon à Périgueux

Notes

[1] Pouah !

[2] dans son discours, J.-L. Mélenchon se plante et parle de TAFTA et de TIPP...

[3] il faut reconnaître que le problème est commun à tous les candidats

vendredi 27 janvier 2017

Aujourd'hui avec pas grand chose

Je n'ai pas envie de faire quelque chose pour aujourd'hui. C'est comme ça et c'est irrévocable.

jeudi 26 janvier 2017

Les cons ne déçoivent pas

A la faveur d'un "reportage" sur l'expérimentation d'éoliennes flottantes et maritimes, sur France Inter, un con a eu droit à son temps de parole. Ce con nous a expliqué, à nous autres auditeurs, que la France est le second pays au monde en terme de surface maritime et que, donc, la France a une capacité à installer des éoliennes flottantes et maritimes très importante et patati et patata en plus d'être carrément une première mondiale et française et tralali tralalère. Ce con utilisait de ton de voix propre aux cons excessivement enthousiastes qui cherchent à convaincre vraiment vraiment. Ils croient à ce qu'ils disent et ils veulent partager. Parce que de l'enthousiasme, il n'en manque pas, le con. Il nous a parlé de la masse de plusieurs dizaines de tonnes, de l'exploit que cela représente de faire flotter le bazar et de toutes les promesses en matière de "transition énergétique".
Alors entendons-nous bien. Je ne suis pas contre ces éoliennes maritimes, qu'elles soient flottantes ou pas, qu'elles soient ancrées au socle rocheux des abysses ou maintenues en place grâce à des câbles (en nylon dans le cas présent). D'ailleurs, je ne suis pas contre les éoliennes terrestres non plus. Non, ce qui me permet de traiter de con ce con de "journaliste" entendu sur les ondes de France Inter, c'est son argument à la con utilisé lorsqu'il rappelle que la France est le secont pays au monde en terme de surface maritime. Alors c'est vrai, j'ai vérifié, on peut affirmer cela. Oui mais c'est, vous l'aurez compris, en comptant les départements et territoires d'outre-mer. Ah ! Eh oui. C'est aussi pertinent que si je vous raconte qu'avec ses 672 369 km2 (territoires ultramarins compris) et en se basant sur une production moyenne de blé à 60 quintaux à l'hectare, la France est en mesure de produire 4 034 214 000 quintaux de blé à elle seule. Pour rappel, il faut 10 quintaux pour faire une tonne. Nous aurions donc la capacité à produire 403 421 400 tonnes de blé à nous seuls alors que, pour 2016, la production mondiale de blé a été de 742 millions de tonnes. Plus de la moitié de la production mondiale à nous seuls. C'est qui les meilleurs ? C'est les Français !
Remarquez, je ne suis pas contre les cons. Il serait bien qu'ils n'existent pas mais comme ils existent, il faut faire avec. Ils ont le droit de vivre aussi. Ce que je reproche à France Inter, c'est de ne pas préciser les propos et corriger les approximations lorsque cela serait nécessaire. Je rêve d'un service composé de "surveilleurs" qui auraient ligne ouverte et seraient en mesure d'intervenir dans l'instant pour corriger des propos erronés ou trop cons. Hop, un sonal et l'émission en court laisse la place à une mise au point. Sans polémique, sans débat. Paf ! Une erreur corrigée.
Ça me fait penser à un nanard, je ne me souviens plus de son titre, dans lequel il y avait un détecteur de con ou de menteur ou un truc du genre. Bien sûr, ça n'arrêtait pas de sonner. Bon, là ce serait pareil. Peut-être que ça nuirait un peu à l'écoute des programmes. Mais ce serait salutaire et, rêvons, les journalistes feraient un peu plus attention à leurs propos.
Il faut distinguer la connerie du mensonge, du sophisme ou de la manipulation. Le con est sincère. Il croit à ce qu'il dit. Il ne pense généralement pas à mal. On trouve des cons dans tous les domaines d'activité mais force est de reconnaître que l'on en trouve un beau vivier parmi les experts et autres spécialistes. Ils ont un jour eu une révélation et il s'y accrochent. Du genre un matin, assis en train de chier, paf, l'idée qui explose dans la tête ! Ils vont construire tout un monde autour de ça et ils vont devenir prophètes afin de propager la bonne parole.

Tout ça, c'est du vent

mercredi 25 janvier 2017

Vous avez beau dire, y a pas seulement que d'la pomme

Tarte aux pommes

mardi 24 janvier 2017

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 22

Feuilleton collaboratif du mardi

lundi 23 janvier 2017

Un matin à Azerat

Il se trouve que j'ai eu des dettes. C'est aujourd'hui de l'histoire ancienne et je ne m'en porte pas plus mal. Ce matin, je suis sorti pédestrement pour me rendre dans le petit bourg de Azerat payer ce que je devais à mon fournisseur. Parce que je n'étais pas présent samedi matin, je n'ai pas pu effectuer cela à la livraison. Hier, jour du seigneur et des primaires citoyennes, je ne pouvais concevoir déranger des personnes qui, possiblement, souhaitaient goûter leur repos dominical jusqu'à plus soif. Attention ! Je ne dis pas là que ces personnes boivent d'une façon coupable et immodérée. D'abord, je n'ai aucun élément pour avancer pareille allégation et puis cela ne me regarde en aucun cas et il serait bien malséant de ma part de colporter des ragots sans fondement aucun. Du reste et pour que les choses soient bien claires, je ne sais pas non plus si ces personnes dont je ne dirai pas plus par souci de préserver leur anonymat et leur intimité goûtent leur repos dominical ou pas. Disons-le clairement, je ne connais pas ces personnes et n'ai donc aucune prétention à décrire ce que peut être leur vie privée, s'il boivent et paressent ou pas. La calomnie n'a que trop duré s'il s'avère que calomnie il y a à leur endroit. Pour ma part, je n'ai jamais entendu de paroles malveillantes à leur endroit. A leur envers non plus.
Il faut faire usage de la plus réservée prudence dès lors que l'on commet l'erreur, par mégarde, de parler de personnes. Il ne faudrait pas que l'on puisse penser que j'ai eu l'intention de nuire à qui que ce soit en relatant mes activités de ce matin. C'est juste que j'ai acheté quelque chose qui m'a été livré samedi matin et, parce que je n'étais pas là[1], je n'ai pas pu payer. Je ne l'ai pas fait hier parce que nous étions dimanche et que l'on m'a appris à ne pas déranger les gens le dimanche. Alors, pour ces raisons que j'expose ici[2], ce n'est que ce matin, ce lundi matin, à une heure convenable je vous l'assure, que je me suis rendu à pied jusqu'au domicile de ces personnes pour payer mon dû. Ce n'est tout de même pas difficile à comprendre. On ne va pas en faire toute une histoire. Vous êtes fatigants, je trouve, parfois. Il faut toujours tout vous expliquer, y mettre les formes, être précis, ne rien oublier, ne rien travestir, ne rien trop dévoiler non plus[3].

Où en étais-je déjà ? Ah oui. Donc, j'avais des dettes et je n'en ai plus. Enfin plus beaucoup, un peu moins. Ce matin, avec des chaussures — et des chaussettes entre pieds et chaussures — je suis allé payer ce que je devais. J'ai payé en liquide, en monnaie papier. Deux billets authentiques, pas des billets frelatés que l'on peut trouver dans des milieux interlopes. Et là, je vous vois venir avec vos accusations à peine voilées de suspicion de dissimulation de revenus, de vente sous le manteau avec l'œil torve et l'attitude de celui qui a quelque chose à cacher et qui n'est pas franc du col. Les souvenirs de marché noir pendant l'occupation de la France par les forces allemandes pour les plus anciens d'entre-vous, si vous voyez ce que je veux dire. Du pas "joli-joli", du réprimandable, du coupable, même. Eh bien je vais vous dire, je n'en sais rien et cela ne me regarde pas. On est en démocratie, on a encore le droit de payer en liquide, non[4] ? Après, que la personne déclare ou pas, ce n'est pas mon affaire. Je ne suis pas comme certains qui s'empresseraient d'aller délater toute affaire cessante. Non ! Et puis, surtout, j'ai ma conscience pour moi.
J'ai toqué à la porte et cela a provoqué l'aboiement de chiens. Qu'est-ce que ça peut être con, un chien ! Ce n'est pas un chat qui se mettrait à aboyer pour un oui pour un non. Pas plus un poisson rouge. Bref. Ça aboie comme un sourd pendant peut-être bien une minute pleine avant que l'huis s'ouvre. On me fait entrer et me prie de m'asseoir. Bon, ok. Je m'imagine déjà que l'on va me proposer un café. Mais non, pas de café à l'horizon. Alors, faute de mieux, on fait marcher la langue pour que des sons un peu articulés s'assemblent en des semblants de phrases. Et qu'"il a fait froid cette nuit" et que "moins que hier" et que "mais il fait beau on a du soleil" et que "les jours rallongent". Je commence à trouver le temps long. Toujours pas de café. Tant pis. Il faut en finir maintenant. Je sors mes deux billets et les pose sur la table. Une main qui fait semblant de prendre son temps s'abat sur eux. "Merci". "C'est bien normal". Bien, bien, bien. On a finit là, non ? Je vais me lever et aller me promener dans le village, un peu, maintenant. Sauf que non parce que l'on commence à me parler d'un truc en me demandant mon avis, avis que je n'ai pas. Heureusement, on ne me parle pas des primaires citoyennes et de leur premier tour. Ouf.
Finalement, on me libère. Poignées de main. Parce que j'avais pris l'appareil photo[5] je fais un petit tour. Je m'arrête au lavoir. Bof. Je vais sur la jetée de la retenue d'eau de l'ancien moulin. Bon. Je ne trouverai pas mieux et puis je n'ai pas non plus l'intention d'aller faire une grande promenade. Je fais une photo et je rentre me faire du café.

Azerat

Notes

[1] j'étais à Périgueux si vous voulez tout savoir

[2] vous pouvez relire si vous n'avez pas suivi

[3] parce que je vous connais, vous iriez tout répéter

[4] jusqu'à 1 000 € en espèces lis-je

[5] parce qu'il y a un beau soleil

dimanche 22 janvier 2017

Primaire moi-même

Premier tour des primaires citoyennes. J'ai décidé de ne pas me prononcer, de ne pas choisir, de ne pas participer. Je reste chez moi, je me fais une tarte aux pommes et c'est tout. Et pourquoi ne participe-je pas ? Parce que je m'en fous. Voilà, c'est ça. Je n'en ai rien à branler de ces primaires. Je me fiche de savoir qui des uns (es) ou des autres seront au deuxième tour. Ce qui est grave, c'est que je me fous complètement de ces élections présidentielles qui s'approchent. Je ne parviens pas à m'imaginer voter pour qui que ce soit parmi les candidats possibles. Je me dirige vers une abstention assumée.
Ces temps-ci, il est de bon ton de prendre Manuel Valls pour tête de turc sinon pour tête de liste. On aime taper sur l'ex premier ministre et on a tendance à prôner le n'importe quoi sauf Valls. Je n'ai pas de sympathie particulière pour Valls mais je n'en ai pas plus pour les autres candidats. On a tenté de me persuader que, par exemple, Hamon valait mieux que Valls ou que Bennahmias était plus rigolo que les autres. Je n'ai pas souvenir que l'on ait cherché à me faire choisir Pinel.

Dur de faire passer la pilule

samedi 21 janvier 2017

L'homme au canotier

Pour peu que vous soyez Périgourdin ou que vous connaissiez quelque peu Périgueux, si vous êtes un inconditionnel des vieilles rues et des marchés de la ville, vous avez dû croiser Alain Bernard. Alain Bernard, c'est une personnalité. Journaliste retraité de Sud Ouest, belle plume qui plus est, il a parcouru les rues de la capitale du Périgord pendant des années et a fini par être reconnu de toutes et tous. Aujourd'hui encore, il ne peut se résoudre à lâcher le stylo et l'appareil photo et continue à écrire. Il ne peut pas s'en empêcher, c'est peut-être pathologique mais c'est surtout sa raison de vivre. J'aime à rencontrer Alain Bernard lorsque je passe par Périgueux. J'ai la prétention de penser que nous nous apprécions mutuellement. Parce que je suis une personne foncièrement méchante, j'aime aussi le taquiner un peu. Avec finesse il me le rend bien en retour.
Ce matin, j'étais à Périgueux et c'était jour de marché. Alain Bernard était là et nous avons pu parler, discuter de tout et de rien sous la halle du Coderc. Je me suis amusé à le photographier.

Alain Bernard

vendredi 20 janvier 2017

Un héron à la limite

Un après-midi récent que je passais par là, je me suis arrêté à côté de cet étang dans l'idée que je pourrais y faire une photo au caractère hivernal. J'espérais un peu que l'eau serait gelée mais macache. Il faisait froid et pour me convaincre que je n'étais pas venu là pour rien, je sors de la voiture avec l'appareil photo et le zoom 80-200. Je claque la porte et quelque chose traverse mon champ de vision, une trace filante. Je me doute qu'il doit s'agir d'un oiseau, assez gros. Je m'accroupis et l'œil au viseur j'inspecte les arbres. Et là, je le vois. C'est un héron (cendré ?). Il est posé sur une branche haute et a décidé de n'en pas bouger tant que je serai là. Je reste peut-être quinze minutes comme ça et rien à faire. A part bouger un peu la tête, le héron reste campé sur ses positions. Pourtant, j'ai essayé de me faire discret.
Bon. Il ne faisait vraiment pas chaud, j'avais les doigts qui commençaient à s'engourdir, j'ai fait quelques photos comme ça. Et là, oui, j'ai regretté de n'avoir pas un 400mm voire plus. Et dans le même temps, mettre entre 4000 et 6000 euros dans un objectif que je n'utiliserais pas si souvent, ce n'est pas dans mes priorités du moment, hein. Il est à parier que ce héron a posé ses valises près de cet étang qui doit lui assurer la pitance pour quelque temps encore. Je pourrais y revenir en usant de plus de discrétion et de patience pour le traquer. Enfin bon, je ne suis pas photographe animalier non plus, hein.
Et cela me fait inévitablement penser à Vincent Munier qui est un photographe que j'admire beaucoup. Ça le ferait sourire un peu, lui, mes histoires de froid périgordin de pacotille. Lui, il va photographier en Sibérie, dans le grand nord, au Canada ou en terre Adélie. Je vous laisse l'adresse de son site Internet (il est en Flash, du coup je ne peux pas le voir...).

héron

jeudi 19 janvier 2017

Et les gants c'est élégant

Prenons des gants

mercredi 18 janvier 2017

Trump, Brexit et ces genres de choses

Alors voilà[1], la Première ministre Theresa May a choisi une sortie de l'Union européenne forte. Cela va être sans doute passionnant de voir ce qu'il va se passer au Royaume-Uni désormais. D'un point de vue économique mais aussi social et politique. Ça va nous faire une expérience grandeur nature. Si la Grande-Bretagne souhaite commercer avec le reste de l'Europe, ce sera à des conditions différentes et, en partie, aux conditions de l'Europe. Bien sûr, ce sera aux conditions de la Grande-Bretagne dans l'autre sens.
Mais déjà Trump félicite Theresa May. On peut supposer que des accords commerciaux vont être noués entre les USA et la Grande-Bretagne. Il n'en reste pas moins que, géographiquement, le continent européen est, pour le Royaume-Uni, plus proche que l'américain.
Trump n'aime pas l'Europe et il n'hésite pas à le dire. Je ne sais pas bien ce que va être la politique du nouveau président américain mais j'ai comme dans l'idée que ça va être quelque chose de gratiné. Parce que je ne suis absolument pas un spécialiste de ces questions, je n'ai pas la moindre idée des impacts que pourront avoir les mesures protectionnistes annoncées par Donald Trump. Je suppose que si les Etats-Unis d'Amérique font peser de lourdes charges douanières sur les produits européens, l'Europe ripostera. Il faudrait savoir à quel point l'Europe dépend des USA, la balance des échanges entre ces deux entités. Bon. Si Trump remporte son pari et si le dollar s'envole face à l'Euro, déjà on peut prévoir que le prix du pétrole va exploser pour nous autres européens. Le prix des Harley-Davidson aussi mais j'en consomme bien moins.
Et alors j'imagine (mais je pense cela assez peu probable) que nous ayons une présidente d'extrême-droite au pouvoir d'ici quelques mois et que cette présidente là nous fasse sortir de l'Union européenne. Alors là, on l'aura en direct, notre expérience taille réelle !
Après la deuxième guerre mondiale, il y a eu ce que l'on a appelé le rêve américain. Le rock'n roll débarquait, on bavait devant les caisses américaines, on buvait du bourbon en fumant des cigarettes américaines. On s'habillait avec des bloudjines et on posait des perfecto sur les épaules. Je ne sais pas quand a pris fin ce rêve américain. Petit à petit, les USA nous ont moins fait rêver, c'est une certitude. On est devenu plus critique, on s'est dit que nous faisions nous aussi des trucs pas si mal. On a pris nos distances, de Gaulle est sorti de l'OTAN, la France a opté pour une certaine forme de neutralité entre bloc de l'ouest et bloc de l'est. Et puis l'Europe s'est construite. Elle est perfectible, elle n'est pas exempte de défauts mais combien d'avancées ! Je suis européen, je n'ai aucune envie de sortir de l'Europe, je ne suis pas mécontent du départ de la Grande-Bretagne et j'attends de voir l'issue du combat promis face aux USA.
Il n'en reste pas moins que tout cela n'annonce rien de bien réjouissant.

Le rêve américain

Note

[1] profitez-en pour visiter ce blog

mardi 17 janvier 2017

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 21

Feuilleton collaboratif du mardi

lundi 16 janvier 2017

Mousse blanche pour bière noire

Guinness is good for me

dimanche 15 janvier 2017

Marcel Proust (1871-1922)

Marcel Proust naît le 10 juillet 1871 à Auteuil. Son père est un professeur de médecine réputé (ses travaux ont permis de vaincre le choléra), sa mère est la fille d'un agent de change. Deux ans plus tard naîtra Robert, qui sera un gynécologue éminent. Marcel a une enfance heureuse, même si, très tôt, il se montre d'une sensibilité maladive. Il a 9 ans quand, lors d'une promenade familiale au Bois de Boulogne, il est pris d'une crise de suffocation telle que son père croit qu'il va mourir : la première manifestation de l'asthme dont il souffrira toute sa vie. Bavard, charmeur, il serait un excellent élève du lycée Condorcet s'il n'était nul en mathématiques. En français, ce passionné de George Sand et de Musset déconcerte ses professeurs par ses audaces de style. Les critiques de ses pédagogues sur la longueur de ses phrases — parfois des centaines de mots — qui sur sa prose enchevêtrée le mortifient.

J'ai sorti le premier tome de "À la recherche du temps perdu", Du côté de chez Swann, d'un carton oublié au fond du garage sous d'autres cartons, une pile de revues et une vieille couverture. C'est un livre important pour la littérature française et son histoire. Par trois fois, j'ai tenté d'entreprendre sa lecture et d'atteindre la fin du premier chapitre. J'ai remonté ce livre au format poche du garage et je l'ai là, à mes côtés, sur la table, posé à l'envers. C'est un gros livre de plus de quatre-cent-quarante pages et trois gros chapitres. Les premières pages que je retranscris en début de billet sont les premières pages de cette édition, les premières pages que j'ai lues et aussi les pages qui ne sont pas de Proust.
"À la recherche du temps perdu" est un monument de la littérature. Il est réputé difficile à appréhender, à lire, à suivre. Je vais essayer une fois encore de m'y plonger et de m'y tenir. Je vous tiendrai au courant.

Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Hier soir, j'ai lu une bonne quarantaine de pages. C'est extraordinaire et inespéré, il semble que je sois enfin à un point de ma vie qui me permet d'apprécier et sourire de ce roman. J'ai réellement pris du plaisir à lire ces pages. J'espère que cela va continuer.
Autrement et sans aucun rapport, une photo récupérée de dedans le disque dur.

1798

samedi 14 janvier 2017

Pâquerettes

Petites fleurs

vendredi 13 janvier 2017

Un citoyen respectueux

Bien garée

jeudi 12 janvier 2017

Soleil d'hiver

Hiver quelque part

mercredi 11 janvier 2017

Tintin voit rouge

Qu'entends-je ce matin ? Tintin au pays des soviets, cet admirable ouvrage honnête et impartial, est réédité dans une version en couleurs. Alors bien sûr, loin de moi l'idée de penser ne serait-ce qu'un instant qu'il y ait dans cette opération la moindre intention de faire du fric et de repousser de quelques années le moment où Tintin tombera dans le domaine public. Non ! Cette nouvelle édition est indubitablement une continuité légitime de l'œuvre de Hergé, une œuvre d'art véridique, une prouesse artistique, une merveille parmi les merveilles du monde et il faudrait être bien sot pour ne pas se précipiter chez son libraire et acheter ce nouvel album que tout tintinophile qui se respecte se doit de posséder.
Que Hergé n'ait jamais été du côté des rouges puants qui font peur aux petits enfants avec leur sale couteau serré entre les dents, cela n'aura échappé à personne. De là où le grand homme se trouve actuellement, il nous rappelle d'une manière admirable combien il a toujours été du côté du caca-pipi-talisme. Désormais, le doute n'est plus permis. Souhaitons que Tintin finisse par terrasser le communisme pestilentiel partout où il peut encore se terrer, à grands coups de faucille si nécessaire.

Tintin part combattre le communisme

mardi 10 janvier 2017

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 20

Feuilleton collaboratif du mardi

lundi 9 janvier 2017

Charrette entre nous

charrette

dimanche 8 janvier 2017

La place du chat

Au coin du feu

samedi 7 janvier 2017

Solidarité mon cul

Alors que j'apprends sur le site du journal Sud Ouest que deux cents tonnes de canards sont incinérés chaque jour à Agen, des canards, dans une indifférence coupable, s'amusent comme des fous à faire des glissades dans l'eau fraîche de l'Auvézère en se foutant pas mal du sort de leurs frères d'élevage.
C'est choquant. Enfin moi, ça me choque. Oui, certainement, on peut être choqué de voir ces canards s'amuser lorsque d'autres sont massacrés mais ce qui me choque vraiment, c'est de parler de ces canards en terme de tonnes. Imaginons un instant que l'on entende aux informations ou que l'on lise dans la presse que "... tonnes de Syriens morts lors de l'attaque de..." ou, mais je vois bien que vous m'avez vu venir, lire que lors de la seconde guerre mondiale tant de tonnes de juifs sont passés par les fours crématoires des camps d'extermination nazis.
Comment ? Ah oui, des canards tués pour cause de grippe aviaire et des hommes et des femmes tués pour cause de folie idéologique, ce n'est pas la même chose. Ah non, c'est sûr, ce n'est pas comparable. Il n'empêche que je ne peux pas m'empêcher, ce matin, avec beaucoup de mauvais esprit, de faire un parallèle de mauvais goût. Par exemple, il y a ces canards photographiés hier à Cubjac alors que je passais par là et toutes ces personnes qui savaient le sort réservé aux personnes parquées dans ces camps d'extermination qui ne se sont pas révolté outre mesure, qui se sont tues, qui n'ont rien fait. On peut estimer que ces canards croisés hier sur l'Auvézère ne savent rien de ces affaires de grippe aviaire et qu'ils ne savent pas plus que l'homme peut "élever" des canards pour les gaver et manger leur foie gras au moment des fêtes, que l'homme peut aussi choisir de tuer, de massacrer, des "tonnes" de leurs semblables par peur d'un virus grippal.
Parce que la question est de savoir pourquoi on tue ces canards. Oui, pourquoi après tout ? Je lis que le virus H5N8 n'est pas dangereux pour l'homme et même qu'il a peu de chance de se propager à la faune sauvage. Donc, si je comprends bien, on tue les animaux d'élevage pour permettre de continuer l'élevage d'animaux. Le problème vient de l'élevage mais parce que l'on souhaite continuer à élever, on tue tout et on repart sur des bases saines. On ne fait pas dans le détail.
Je comprends bien que pour les éleveurs et toute la filière du canard gras, d'un point de vue économique, il n'est pas question d'arrêter de produire du foie gras et du confit. D'un point de vue économique, question gros sous, ce n'est carrément pas envisageable. A la radio, j'ai entendu quelques éleveurs se plaindre un peu et attendre une bonne indemnisation de la part de l'État pour ce manque à gagner. Ce matin, je lis que "Les dépouilles de canards incinérées pourront être revalorisées sous forme de farines ou de graisses animales utilisées comme combustibles". Je lis aussi : "Un process par traitement thermique à plus de 130 °C, déjà imposé par la réglementation, permet de garantir les mesures de sécurité sanitaire et éliminer tout virus présent ou potentiellement présent". Ainsi, il s'agirait d'incinérer juste ce qu'il faut pour pouvoir gagner tout de même un peu de sous, malgré tout. Au moins que ça rembourse les frais d'incinération, quoi. Un minimum acceptable d'un point de vue économique. On parle de tonnes de canards exécutés, on parle aussi d'environ un million d'individus. A la grosse louche.

Bande de canards
Et cette saloperie de pensée qui ne me lâche pas, ce matin. Faut pas faire le parallèle, c'est mal et malsain. On ne compare pas des hommes et des canards, nom de nom ! N'empêche que les nazis aussi ils voulaient un peu rentabiliser les fours crématoires. C'est que ça coûtait, cette affaire ! Alors, on récupérait les cheveux et la graisse. C'est économique, je vous dis ! Moi, je suis choqué par cette affaire d'élimination de canards. Je ne peux pas vous dire vraiment pourquoi. Hier, lorsque j'ai vu ces canards sauvages heureux de vivre, s'amuser à faire des glissades dans l'eau fraîche de l'Auvézère, j'ai pensé tout de suite aux canards pas sauvages et à la grippe aviaire et à leur extermination. Bien sûr que ces canards heureux n'ont aucune idée du sort réservé aux canards d'élevage. Comme nous autres, humains, ignorons pour la grande majorité le sort de quiconque sur la planète. A l'heure où j'écris ces lignes, il y a des tas de personnes qui naissent, qui meurent, qui apprennent une bonne ou mauvaise nouvelle. Les victimes d'un conflit, d'un attentat (on en reparle ces jours-ci), d'une catastrophe naturelle, dès lors qu'elles sont nombreuses deviennent une quantité. Sauf un peu si elles sont connues. Les victimes de Charlie Hebdo sont des individus, celles récentes de l'attentat en Turquie ou, un peu plus tôt, de Nice, sont une quantité. On n'ose tout de même pas en parler en terme de masse. Douze tonnes de victimes lors du regrettable attentat à...
Je ne suis pas un canard (oui, avec un "a"). Je ne suis pas non plus opposé à la consommation de foie gras ou de confit de canard et je ne dédaigne pas cuisiner à la graisse de canard. Je ne suis pas complètement sot et sais bien qu'il est nécessaire de tuer le canard pour extraire le foie gras, découper les cuisses. Par contre, dans ma tête il y a un petit truc bien confortable qui fait que j'occulte le fait que l'on élève des tonnes de canards de manière industrielle et dans des conditions que je ne veux pas voir. J'ai, par confort, l'image de ce brave paysan du sud-ouest qui élève avec amour ses quelques canards dans sa petite ferme si typique du Sarladais. Il est sympa, ce bon paysan. Il a une bonne bouille. Faudrait pas trop réfléchir à tous ces trucs, ça vous pourrit vite votre journée.
Question solidarité, on ne vaut pas beaucoup mieux que les canards heureux de l'Auvézère. Que l'on n'aide pas les populations lointaines, admettons. On ne les croise pas, on ne peut pas les regarder dans les yeux. Par contre, lorsque l'on voit des personnes qui n'ont visiblement pas d'autre possibilité que de tenter de ne pas crever de froid dehors dans les villes, là, la question de la solidarité se pose. Il y a des initiatives isolées d'aide, il y a aussi des machins institutionnels qui prétendent apporter de l'aide aux personnes perdues dans la rue. On ne m'enlèvera pas de la tête que l'on ne fait pas tout pour aider et sauver ces personnes. Hier, j'entendais un type expliquer les difficultés pour avoir quelqu'un au bout du fil au 115, le SAMU Social. Hier aussi, j'ai entendu Hollande dire aux armées qu'il fallait leur donner plus de budget "pour assurer la protection des Français". Il souhaite que la dotation aux armées atteigne 2% du budget de l'État. 2% ! Bordel de merde ! 2% ! C'est énorme. Si les armées ont vraiment pour vocation de protéger la population, qu'elles commencent par héberger et nourrir toutes celles et tous ceux qui crèvent de froid.
La politique, ça doit pas être un truc facile. Il doit certainement y avoir tout un tas de facteurs et de considérations à prendre en compte pour que le pays fonctionne à peu près. C'est une question d'équilibre et de compromis. Le truc, tout de même, c'est que, dans mon idée, l'intérêt d'un État devrait être de permettre un meilleur "vivre ensemble". Evidemment, celui qui a ne veut pas perdre un peu pour aider celui qui n'a pas. C'est humain. On peut avoir le sentiment de mériter ce que l'on a et se dire que, après tout, les autres n'ont qu'à s'inspirer de son parcours pour avoir ce que l'on a. "Si j'ai pu le faire, tout seul moi avec mes petits bras, ils ont qu'à se sortir les doigts du cul et faire comme moi". C'est un discours que l'on entend souvent. Et c'est un discours qui est assez généralement admis par beaucoup. Ça a tout du sophisme mais comme ça semble tenir la route, après tout... Et puis, ça évite d'avoir à réfléchir.
Le fait est que nous ne sommes pas tous pareils. Il y en a qui ont la chance de naître ici et comme ça et d'autres qui ont la malchance d'avoir fait autrement. Le mérite n'a pas toujours sa place dans nos vies. C'est rassurant et glorifiant de croire que l'on est pour quelque chose dans sa réussite. Pour être honnête, on peut aussi dire que c'est facile et déresponsabilisant de prétendre que si l'on est dans la panade, c'est la faute à pas de chance ou la faute aux autres. Bon. Il n'empêche que nous ne sommes pas tous pareils. On peut naître avec des tares, physiques ou mentales, on peut avoir des aptitudes à faire certaines choses, on peut être né intelligent et on ne sera finalement pas pour grand chose dans sa réussite ou son échec. Selon moi, la majeure partie des gens mènent leur vie comme ils le peuvent. Rares sont celles et ceux qui font vraiment ce qu'ils ont rêvé de faire comme ils ont choisi de le faire.
Ce que je veux dire, c'est que si votre rêve de gosse a été de faire du bon pain et que vous avez réussi à créer votre boulangerie et à faire du bon pain, vous devez déjà être heureux de faire ce que vous avez rêvé de faire. Que vous puissiez gagner de l'argent et vivre confortablement, d'accord, mais à la condition que vous acceptiez de payer des impôts pour aider les moins chanceux. L'autre gros con de Macron prétend qu'il faut rêver de devenir milliardaire. Non mais quel con. C'est vraiment un rêve au ras des pâquerettes, ce rêve de merde. Rêver d'être riche ? Putain. C'est d'une tristesse.
Moi, mon rêve, ce serait de dessiner comme Franquin et de photographier comme Doisneau. Je ne rêve pas d'un tas de fric. Et en plus, je suis sûr qu'il est bien plus difficile de dessiner comme Franquin que de faire fortune. A la limite, je peux jouer au Loto et compter sur la chance. Le jour où le génie pourra être gagné lors d'un tirage au sort, on en reparlera.
Il y a quelques années, peu après l'élection de François Hollande, Gérard Depardieu a dit combien il en avait plein le cul de payer des impôts et qu'à la fin il n'avait plus rien. Il est parti en Belgique et puis en Russie. Je suis sûr qu'il pense avoir travaillé beaucoup pour devenir un acteur célèbre et que son talent doit tout au mérite. Parce que nos sociétés font une belle place à la méritocratie et à son pendant, le "c'est bien fait pour ta gueule". A quelqu'un qui est en train de crever d'un cancer du poumon, n'hésitez pas à dire : "c'est bien fait pour ta gueule, t'avais qu'à pas fumer". Ayons le courage de nos opinions. A quelqu'un qui a perdu une jambe dans un accident de la route, dites donc : "bien fait pour ta gueule, t'avais qu'à pas rouler si vite !". Oui, notre modèle de société invite à haïr l'autre voire, pire peut-être, à le mépriser. Il m'est arrivé de voir des personnes se moquer d'autres personnes handicapées mentales. Mouais.
Remarquez que la haine, il n'y a que ça de vrai. J'en sais quelque chose, moi qui suis un vrai et parfait misanthrope. Je hais l'Homme, le genre humain, cette merde grouillante et dégoulinante. J'ai de la haine pour ces systèmes humains basés sur la manipulation, la croyance, la recherche de son confort personnel et le mépris de l'autre. Je préfère l'indifférence et l'acceptation des différences. L'indifférence et les différences. C'est rigolo ça. Si j'avais le courage, je creuserais le sujet. Bref. L'indifférence, c'est pour moi accepter que les gens fassent ce qu'elles souhaitent faire. C'est la liberté. L'acceptation des différences, c'est plutôt la fraternité. J'ai conscience de ne pas être comme vous et que vous n'êtes pas comme moi. Nous sommes des individus, pas des clones. Je ne sais pas tout faire, je ne peux pas tout faire. L'intérêt de la société, c'est de pouvoir s'appuyer sur les autres pour atteindre des buts. C'est de pouvoir se regrouper, de s'aider, de construire ensemble, d'élaborer des idées en commun. De réfléchir à plusieurs, aussi. Je ne sais pas si l'on peut réfléchir loin tout seul. Pour finir sur le thème des devises républicaines françaises, il reste l'égalité. C'est difficile d'être égaux lorsque nous ne sommes pas tous équivalents ou permutables. Bien entendu, il est question d'égalité de traitement. Là, il y a du boulot. La même semaine, on apprend qu'un type est envoyé au trou pour avoir piqué je ne sais plus quelle pécadille dans un commerce et que Lagarde s'en tire avec les félicitations du jury. C'est populiste ? Pas si sûr. C'est surtout scandaleux à mon avis.

Mais alors voilà, on est en 2017 depuis à peine quelques jours et je sens déjà que cette année n'a pas fini de me mettre en colère. Loin de moi l'idée de jouer la Madame Irma mais j'ai comme dans l'idée que ça va être une sacrée année de merde à l'échelle mondiale et nationale.
Revenons à nos canards. Des tonnes de canards bousillés mais juste ce qu'il faut pour qu'ils puissent encore servir de combustible ou de farines animales pour nourrir d'autres animaux d'élevage. Bizarre ça, il y a comme un truc que je trouve choquant dans cette information lâchée comme ça, comme une évidence, sans même le moindre soupçon de cynisme ou d'ironie. C'est l'expression du bon sens libéral. Le libéralisme décomplexé va nous annoncer un jour qu'il est malheureux qu'un séïsme ait engendré tant de morts dans tel coin de la planète et, du coup, supprimé tant de consommateurs dont notre économie avait pourtant tant besoin. Les libéraux sont les plus cons des plus cons. Eux, je les hais encore plus que les autres. Pire que les racistes ou les tueurs d'enfants. On nous explique depuis quelques décennies que les marchés ont raison et qu'il nous faut nous plier aux volontés du marché. Jusqu'aux écolos qui, mine de rien, font le jeu des libéraux. Bah ouais hein ! Rien qu'en voulant interdire les vieilles bagnoles de rouler ils obligent les gens à acheter du récent sur lequel on ne peut plus rien réparer tout seul. Les écolos qui d'un côté disent favoriser les économies parallèles (AMAP[1] contre grandes surfaces par exemple) livrent des consommateurs pieds et mains liés aux industriels de l'automobile. L'économie (forcément libérale) a pris le pouvoir et a relégué le politique à la gestion à la marge de tout ce qui n'est pas intéressant pour l'économie. A mon avis, ce devrait être le contraire. Le politique devrait dicter ses droits à l'économie. Le politique devrait, par exemple, empêcher des industriels de l'agro-alimentaire de maintenir sous leur joug des paysans qui sont obligés d'élever toujours plus et dans des conditions toujours plus mauvaises des tonnes de canards. J'ai connu l'époque où, ici en Dordogne, il existait encore des paysans qui n'avaient pas des tonnes de canards. Ils vendaient un peu au noir du foie gras, des confits, des cous farcis, des pâtés. Ils ont pratiquement disparu. Enfin il en reste mais c'est bien parce que nous sommes en Dordogne et ni dans le Gers ni dans les Landes ni dans le Lot-et-Garonne.
Et pour nous rassurer un peu, pour finir, je dirai que si nous ne brillons pas par notre esprit de solidarité il faut reconnaître que les canards ne font guère mieux en la matière.

Note

[1] association pour le maintien d'une agriculture paysanne

vendredi 6 janvier 2017

Jours d'époque

Voilà qui n'est pas tout neuf

jeudi 5 janvier 2017

De la moto et du confort

Motoconfort

mercredi 4 janvier 2017

Les colonnes de Saint-Raphaël

Eglise de Saint-Raphaël Dordogne

mardi 3 janvier 2017

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 19

Feuilleton collaboratif du mardi

lundi 2 janvier 2017

Chiffres

Demain sera un autre jour. Demain, ce sera le retour de la Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD. Rien ne dit que vous retrouverez cette BD chaque mardi. Les planches arriveront à leur rythme selon les possibilités de l'auteur.
photo chiffrée

dimanche 1 janvier 2017

Une année commence

En ce début d'année, la seule question qui vaut d'être posée concerne la recette du Punch Pilate. Pour réussir un bon punch Pilate, il faut de l'eau, du savon et une serviette. Plus quelques ingrédients, bien sûr.
Commençons par nous laver les mains. Bien. Séchons-les à présent. Parfait. Nous allons pouvoir attaquer la recette.
Quelques heures avant la dégustation et idéalement une bonne douzaine, retroussez-vous les manches et lavez-vous les mains. Séchez-les. Regroupez les ingrédients nécessaires à la confection de ce Punch Pilate comme définis dans la liste donnée ci-dessous.

Indrégients (pour deux personnes)

  • 1 gros litre de rhum blanc de Martinique ou du nord de la Picardie à votre convenance
  • 1 petit demi-litre de rhum ambré bien parfumé
  • 1 litre de jus d'orange
  • 1 litre de jus d'ananas
  • 2 bananes bien mûres coupées en rondelles
  • 1 citron vert coupé en morceaux
  • 1 verre de sirop de sucre de canne
  • 1 gousse de vanille de Tahiti fendue et grattée
  • 1 bâton de cannelle du Sri Lanka (ou du supermarché du coin)
  • 10 grains de café ou deux cuillères à soupe de café moulu enfermé dans un baluchon de gaze
  • 1 petit verre d'Angostura ou de Fernet-Branca
  • 1 gousse d'ail (facultatif)

D'abord, lavez-vous soigneusement les mains. Essuyez-les avec une serviette propre.
Sans plus attendre, rassemblez les ingrédients cités plus haut ainsi qu'un contenant susceptible de recevoir tout ça, un saladier en verre par exemple. Si le saladier ne vous semble pas très propre, lavez-le. Profitez-en pour vous laver les mains. Séchez mains et saladier.
Versez tous les ingrédients dans l'ordre qu'il vous plaira dans le saladier. Lavez-vous et séchez-vous les mains et réservez le punch dans un endroit frais et à l'abri d'une lumière trop forte. Allez-vous coucher.

ô désespoir !

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