octobre 2015 (35)

samedi 31 octobre 2015

Oh lord won't you buy me a Mercedes Benz

Unimog 404

vendredi 30 octobre 2015

La Peste, elle est un pilier de comptoir

La Peste, elle invente le barman

jeudi 29 octobre 2015

Le barrage de Guerlédan

Construit entre 1923 et 1930 à cheval sur deux départements et deux communes, à Saint-Aignan dans le Morbihan et Mûr-de-Bretagne dans les Côtes-d'Armor (qui alors étaient les Côtes-du-Nord), le barrage hydroélectrique de Guerlédan retient les eaux du Blavet en un lac de 55 millions de litres d'eau. En 2015, le barrage a été vidé pour son entretien et des travaux. La vidange d'un lac est toujours une affaire. On ne compte pas les légendes qui courent sur ces villages engloutis et sur les possibles fantômes qui les hantent. Entre 1951et 1985, le site a connu quatre assecs. Celui de 2015 a pour but de contrôler le bon état de l'infrastructure et de procéder à des travaux d'entretien. La remise en eau est programmée pour cette fin d'année et devrait se poursuivre jusqu'au début de l'année 2016.

Le barrage de Guerlédan
Le barrage de Guerlédan, 45 mètres de hauteur 208 mètres de longueur en crête, entièrement réalisé en béton coffré sans ferraillage, la largeur à la base est de 33,50 m et 1,50 en crête.
DSCF5598.jpg

Méandre du Blavet - personnages sur le chemin de halage, on devine les niveaux d'eau, le maximum, et le niveau abaissé servant de bassin de rétention. A gauche des rochers, une pancarte de limitation de vitesse pour les bateaux.

arbres
borne pour bateliers
Des vestiges, il y en a. Par exemple, ces arbres comme pétrifiés d'avoir passé trop de temps sous l'eau ou cette borne kilométrique pour bateliers indiquant que Nantes se trouve à, encore, à 228 kilomètres.

Ecluse, on voit les niveaux des vidandes pour l'assec, le lac étant asséché par palier pour ne pas inonder les villages en aval et ( Pontivy ), pour pouvoir prendre les poissons qui seront mis ailleurs et remis dans le lac après un remplissage suffisant. Les plus gros et les meilleurs, ont été vendus aux poissonniers et restaurateurs, l'argent récolté par cette vente servira au rempoissonnement futur.

niveaux des assecs

Une ancienne ferme et maison éclusière ou un verger englouti, on remarque l'endroit des clôtures et une ancienne maison (enfin, ce qu'il en reste), la végétation a repris ses droits dans cette désolation (en vert au premier plan, des saules noirs).

niveaux des assecs

ancienne maison

la végétation reprend ses droits

Crépuscule du soir ( en jaune et rouge/noir, un photographe et un cameraman.) On les voit que très rarement en photo les photographes, c'est pour cela que j'aime bien les prendre.

photographe photographié

Ruine d'un vieux moulin - au fond, le village de Caurel, couleur rouille, de la renouée des oiseaux, en vert, des saules noirs.

ruine moulin

Trou de carriers où les fondeurs descendaient extraire des blocs d'ardoise de 50 à 100 Kgs, à la bougie le plus souvent, qu'ils remontaient à l'échelle - les enfants y descendaient pour écoper l'eau et remontaient les déchets d'ardoise.

trou de carriers

vue d'ensemble

vase craquelée

brume et base de ski nautique

ponton de ski nautique

Cette femme n'est là uniquement pour que vous imaginez l'épaisseur de vase, cette ouverture était la porte d'entrée du café/épicerie Thomas ( maison avec un étage, rare à cette époque ) les Thomas : deux " GROGNEUGNEU ", la femme tenait le commerce - le mari était le patron des ardoisières, la paie des ouvriers fondeurs et fendeurs se faisait au café où les ouvriers étaient pratiquement obligés de dépenser leur paie dans l'établissement sous peine d'être virés.

porte d'entrée du café

Pignon de la maison Thomas: en foncé quand l'eau stagnait, en clair lors des vidanges - à droite une entrée de carrière.

Maison Thomas

Ecluse, 5 métres de profondeur ( estimée ), on peut en voir de beaucoup moins profondes, imaginez l'épaisseur de vase.

écluse

Maison Thomas - au fond, une ancienne ferme derrière le groupe. Cette ferme a été démontée, couverture, charpente, linteaux, portes et fenêtres tout ce qui a pu être remonté ailleurs. Pour les ardoisiers, le rendement n'était pas assez productif par rapport aux ardoisières " d' Angers ", il y en a eu beaucoup à travailler sur le barrage. Les plus à plaidre, étaient les éclusières qui, comme elles étaient embauchées par l'état, elles n'ont pas eu à dire quoi que ce soit.

Maison Thomas

Une maison éclusière parmi les dix-sept autres englouties - en premier plan, de la renouée des oiseaux.

maison éclusière

mercredi 28 octobre 2015

Berliet à bidasses

C'est un camion militaire et c'est un Berliet. Il a un drôle de nom. Il a été baptisé GBC 8KT et ça demande un minimum d'explication. Chez Berliet, la lettre G signifie que nous sommes en présence d'un porteur (les véhicules tracteurs ont un T pour première lettre). Le B nous enseigne que ce véhicule a trois essieux. Il peut s'agir d'un 6x6 ou d'un 6x4. Le C pourrait indiquer une classe de tonnage. Il semble que plus cette lettre s'éloigne du A et plus ce tonnage est élevé. Le 8 nous indique la cylindrée approximative du moteur. Dans le cas présent, le moteur 5 cylindres cube 7,9 litres. Le K qui suit nous dit que ce moteur est polycarburant et qu'à ce titre, il peut potentiellement fonctionner avec un peu tout ce qui brûle, de l'alcool à l'huile de vidange. Selon les sources, le T signifierait soit "Tactique" soit "Torpédo".

Berliet GBC8KT

mardi 27 octobre 2015

Les flammes et les enfants d'abord

Le débat est né sur un blog voisin et ami. C'est un débat qui a pour origine le récent accident girondin qui a fait une quarantaine de morts. Un autocar plein de retraités percute un camion arrêté. Les deux passagers du camion, le chauffeur et son fils de trois ans meurent. Dans le car, certains réussissent à se sauver. Le débat porte sur la couverture médiatique de l'accident. On en ferait trop et on prendrait du temps et de l'espace pour cette information au détriment d'informations plus importantes. L'attitude des politiques est également tancée. Faut-il qu'ils se déplacent, qu'ils s'expriment ? On tente d'expliquer l'intérêt malsain du public pour cet accident par son voyeurisme.
Jusque là, j'avais choisi de ne pas parler de cet accident parce que je n'y vois aucun intérêt. Il ne me concerne pas, je ne connais personne qui y ait été mêlé d'une façon ou d'une autre. De plus, cet accident ne peut pas servir d'exemple, n'évitera pas qu'il se reproduise dans des conditions plus ou moins semblables. C'est un accident, bête, cruel, définitif. C'est la faute à pas de chance et voilà. Tout est dit. Et puis, parce que ça m'a un peu agacé, je me suis dit que moi aussi j'allais donner mon avis. Et puis, j'ai fait un dessin.

autocar.jpg

Image bidonnante

Bidons militaires

lundi 26 octobre 2015

Un rien vissieux

C'est une certaine forme de vice auquel je ne peux pas résister longtemps. Foutez-moi une caisse pleine de vis sous les yeux et un appareil photo dans les mains (et vice-versa, peut-être) et voilà que je visse et dévisse la bague du zoom pour cadrer au mieux. J'ai trouvé un nouveau terrain de jeu photographique tel que je n'osais pas en trouver un qui me ravisse à ce point ! Sur plusieurs hectares, une profusion de sujets à donner en pâture au capteur de mon appareil photo. Presque en vis-à-vis, un vieux camion et une caisse pleine de vis, un rouleau de fil de fer barbelé et une pelle mécanique rouillée. Je ne suis pas à la veille d'avoir épuisé l'endroit. Je vais essayer d'y aller de temps en temps.

Quincaillerie

dimanche 25 octobre 2015

Berliet automnal

C'est un camion Berliet GLM. Il a fini sa carrière là. Il a dû bien travailler durant pas mal d'années. C'est un GLM, il a trois essieux dont deux sont moteurs. Il pourrait peut-être être sauvé mais il y aura du boulot pour le restaurateur qui souhaiterait se lancer dans l'aventure. Si je ne sais rien de son état mécanique, l'aspect de la carrosserie parle de lui-même. Ailes découpées, phare cassé, grille de radiateur enfoncée, pièces manquantes. Pourtant, je suis certain qu'il est "sauvable" et je suis persuadé qu'il mériterait d'entrer dans une collection de camions anciens.

Berliet d'automne

samedi 24 octobre 2015

Le Tarn à Albi

Albi

Et quelqu'un m'a suggéré de faire un "panoramique" pour mettre plus en valeur le ciel. J'en ai profité pour virer le camion qui passe sur le pont.

Albi

vendredi 23 octobre 2015

Le juste prix

Si vous avez une sale gueule, passez votre chemin

jeudi 22 octobre 2015

On ne peut pas aller contre son destin aussi funeste soit-il

On dirait que je suis condamné à ça. C'est comme une malédiction, comme un sort que m'aurait jeté une vilaine fée penchée sur mon berceau et laissant échapper un filet de salive corrosive de sa bouche malodorante et édentée. Je n'en sortirais jamais. C'est mon destin de devoir supporter cela et de ne pas pouvoir m'extirper de cette infamante infortune.
Je m'étais bien promis que cette fois j'en avais terminé avec ces saloperies de dessins de motos. Marre, plein le cul de ces conneries. J'ai touillé le problème dans le dedans de ma tête avec les doigts, j'ai malaxé ces entrailles molles, j'ai fait de la bouillie de tout ça dans l'espoir vain que ça me changerait les idées, que ça en amènerait d'autres, que ça supprimerait celles déjà présentes, au moins. Mais que dalle ! Rien à faire. Macache. Elles sont toujours là, ces saloperies de motos. Je fais des efforts, pourtant. Je refuse de dessiner. Je jette les feuilles dès lors qu'un semblant de début de dessin de moto pointe le bout de son nez. Ça ne marche pas. Je n'arrive pas à dessiner quoi que ce soit d'autre. Ou alors, il faut que ça aille vite, que je me concentre beaucoup, avec intensité. Ne pas me laisser faire, ne pas permettre à la moto d'apparaître, refouler les motos qui se pressent au portillon. Leur filer un coup de Kalachnikov dans les gencives, aux bécanes ! Zou ! Elimination totale. Douze balles dans la peau de détente et que les roues pètent !

J'écoutais du Bob Dylan. Les tout premiers albums. Je me suis laissé avoir comme un bleu. J'ai vu une feuille de papier débarquer devant moi, sur le plat de la table. J'ai vu le porte-mine s'agripper à ma main droite. Je l'ai vu de mes yeux vu ! J'ai vu cette main faire des arabesques absurdes et gommer et recommencer. Et l'harmonica de Robert qui me vrillait les oreilles ! J'ai mis un autre disque et j'avais un pinceau en main. Un pinceau qui allait barboter dans l'encre noire comme mon âme révulsée de voir ce qui se passait. Impossible de me raisonner, je suis allé au bout. J'ai bu la lie jusqu'à la dernière goutte.
En plongée, je voyais cette moto couchée sur le papier qui avait été blanc immaculé. Je voyais le pinceau empesé d'encre sèche. Je voyais l'étendue de la catastrophe et je fus pris d'un grand élan de déprime. Je me suis levé pour aller laver le pinceau à l'eau tiède et au savon de Marseille. Je suis revenu à la table et le dessin était toujours là. J'ai mis un disque de Babx parce que j'aime bien ce que fait ce garçon et je suis allé numériser le dessin en me disant que, bah ! Après tout ! Cela n'aura pas été totalement inutile, en fin de compte.
Je suis face à l'écran de l'ordinateur. La fumée de la cigarette me pique les yeux et je suis en mode "écriture automatique". Les doigts courent sur le clavier à la vitesse de ma pensée. Je tape ce que j'entends dans ma tête. J'ai appris à taper assez vite pour suivre ce rythme. A côté de moi, j'ai branché un radiateur à bain d'huile qui délivre son content de calories. Il est déjà plus de 17 heures et je me demande bien ce que je pourrai me faire à manger ce soir. Je ne manque pas, j'ai plein de trucs plus ou moins frais, pas trop pourris, à bouffer. C'est l'envie de cuisiner qui manque, le plus souvent. Envie de se remplir le bide d'une nourriture pas compliquée, facile à préparer et à ingérer. Rapide et mangeable. Sans plus.

Encore un motard heureux

mercredi 21 octobre 2015

Présents dans le futur

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mardi 20 octobre 2015

Les vieux tracteurs de Lanouaille

Et donc, j'étais parti pour Lanouaille dans l'espoir d'y trouver une belle exposition de vieux tracteurs. Il n'y en avait pas beaucoup et, en fait, rien de bien intéressant. Tout de même, à côté d'un Renault D16, d'un Deutz en piteux état et d'un petit Massey Ferguson, quelques Zetor. Zetor, c'est une marque de tracteurs de Tchécoslovaquie basée à Brno et née au sortir de la deuxième guerre mondiale. La mauvaise image des tracteurs de l'Est, les Avto, Belarus, Ursus ou, donc, Zetor est assez incompréhensible. Certes il existe des tas de légendes autour de la piètre fiabilité de ces tracteurs ou de leurs multiples défauts de conception mais cela devrait rester dans le domaine de la légende. Il paraît que les premiers Avto à quatre roues motrices avaient une nette tendance à s'enterrer dès que l'on engageait le pont avant en terrain meuble. Soi-disant que le pont avant tournait plus vite que l'essieu arrière. Je ne sais pas trop. J'ai tout de même le sentiment que les ingénieurs et concepteurs de ce tracteur avaient procédé à quelques essais en condition avant de le lancer sur le marché. Ce qui a pu nuire à leur large diffusion sur le territoire national, par contre, c'est le manque d'un large réseau de concessionnaires. D'ailleurs, il est amusant de voir que l'on peut passer, à quelques dizaines de kilomètres, d'une marque à l'autre. Ici, on trouvera beaucoup de John Deere lorsque là ce seront les Renault qui seront en nombre. Pour ma part, je connais quelques Avto et Zetor qui travaillent toujours aujourd'hui et ont dépassé allègrement les 40 ans sans problèmes majeurs. Alors, oui, ce sont généralement des tracteurs rustiques, du moins pour les plus anciens. Comparés à ce qui se faisait à la même époque chez les constructeurs capitalistes, les tracteurs des pays de l'Est paraissent dépassés. Il en était de même pour les automobiles ou les motocyclettes.
Mais donc, les photos. J'en ai conservé quelques unes. Je me suis arrêté sur les détails.

Zetor

tableau de bord Zetor

Zetor

Belle mécanique Zetor

Renault D16

lundi 19 octobre 2015

Portraits de Lanouaille

Des objectifs photographiques à ma disposition, c'est ce Canon EF 80-200mm L f:2.8 mon préféré. Il a été produit entre 1989 et 1995. Au mieux, il n'a donc qu'une petite vingtaine d'années. Toutefois, dans la mesure où il porte la mention "SPECIAL DEMO/TEST", je pense pouvoir supposer qu'il fait partie des tous premiers produits. J'imagine même qu'il s'agit d'un objectif assez exceptionnel, produit à quelques exemplaires et destiné à montrer aux professionnels de l'époque le niveau d'excellence atteignable par Canon. J'aime à penser qu'il a bénéficié de soins particuliers lors du montage, de l'alignement des lentilles, du calage de la rampe de mise au point. J'adore son rendu et en particulier celui obtenu à pleine ouverture.
Cet objectif n'est pas dénué de points faibles. Le premier est qu'il est lourd. Un peu plus de 1,4 kg tout de même ! Ensuite, il n'est pas équipé de moteur USM. Du coup, la mise au point est un peu lente. Enfin, il est incapable de faire le point à une distance inférieure à 1,80 mètres. Tous ces "défauts" n'en font pas un objectif difficile à utiliser, c'est juste qu'il faut avoir conscience de ses limites. Par exemple, pour un photographe de sport (ce que je ne suis certainement pas) ce 80-200 serait aujourd'hui désagréable à utiliser en raison de son autofocus lent. Par contre, pour un photographe de paysage, ce n'est pas un gros souci.
Moi, j'aime bien l'utiliser pour réaliser des portraits volés et j'aime bien l'utiliser à pleine ouverture. A Lanouaille, je me suis amusé à le visser sur le boîtier que j'avais en main et à chasser les expressions. Ça ne fonctionne pas à tous les coups ! Parce que l'on est un peu loin du sujet, on ne se fait pas assez remarquer et il peut arriver que quelqu'un entre dans le champ et refuse d'en sortir. Ce qui me dérange aussi, parfois, c'est que la grosseur de l'objectif fait qu'il se fait trop remarquer. Je n'aime pas beaucoup que quelqu'un vienne me dire que c'est un objectif "professionnel" et que, du coup, je dois en être un. Hier, j'ai encore eu à expliquer à plusieurs reprises que je ne faisais ces photos que pour mon plaisir. De toutes façons, si j'avais les moyens, je choisirais un Leica M avec deux objectifs, un 50mm et un 35mm. Je conserverais le matériel Canon pour réaliser les photos qu'il serait impossible de faire avec le Leica. Malheureusement, hélas, je n'ai pas les 6000 euros nécessaires pour me faire ce petit plaisir.
Parfois, je me dis qu'il y a des alternatives au Leica. Chez SONY, Olympus ou d'autres fabricants, il existe des boîtiers qui pourraient convenir. Voire, pourquoi pas, choisir un bon compact ? L'intérêt, c'est que c'est plus discret. Ou alors, il y a toujours cette idée de revenir à l'argentique et à la pellicule noir et blanc. Un vieux Leica de la série M, un M6 tant qu'à faire ! Un Leica M avec un ou deux Summicron ! Ce serait chouette. Ça reste assez cher et je n'ai pas d'endroit où faire un labo photo chez moi. Je pourrais imaginer en faire un dans le sous-sol mais il faudrait le vider, le rendre accessible. C'est une autre histoire, ça.
Et donc, après ce bavardage et avant de me mettre au boulot, je vous propose trois photos faites ce dimanche à Lanouaille.

En costume traditionnel

Eleveur

docte college

dimanche 18 octobre 2015

Foire de Lanouaille

On m'avait dit qu'il y aurait de vieux tracteurs exposés. Les vieux tracteurs, moi j'aime ça. En fait de vieux tracteurs, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent mais j'y reviendrai ultérieurement. Par contre, voilà que je me trouvais à Lanouaille, commune du nord de la Dordogne à la limite du Limousin, de la Haute-Vienne et de la Corrèze, en plein Périgord Vert. Jusqu'à aujourd'hui, je ne m'étais arrêté à Lanouaille qu'à l'occasion d'un contrôle de gendarmerie. Autant dire que je n'avais aucune raison valable d'avoir de la sympathie pour l'endroit. Sinon, j'ai traversé le village un nombre assez incalculable de fois, celui-ci se trouvant juste sur la route que j'emprunte à chaque fois que je vais à Limoges ou à Paris.
Et donc, me voilà là, au cœur d'une grande foire qui laisse une large place aux stands de marchands de chaussettes par lot, aux baraques à frites, aux vendeurs d'ustensiles magiques "que si vous en achetez un vous en avez dix autres gratuits", aux revendeurs de charcuterie authentique, de fromages garantis, de couteaux "les meilleurs du monte" ou de CD de musique qui fait regretter de ne pas être sourdingue. La foire est aussi l'occasion d'organiser un vide-greniers et une petite fête foraine. Mais le clou de la chose, c'est le comice agricole !
Cela fait des années que je n'ai pas assisté à une réunion d'éleveurs et d'acheteurs. Je n'ai pas regretté d'y être cette fois-ci. Dans cette partie du Périgord, c'est la vache limousine qui est à l'honneur et il y avait un concours qui venait primer le plus beau taureau, la plus belle génisse ou le veau le plus mignon. Il y avait aussi de très beaux chevaux de traits, des percherons et des auxois. Si je n'aime pas les chevaux d'une façon générale, j'aime beaucoup ces gros chevaux à la puissante musculature. Je ne connaissais pas ces auxois. Ce sont de très beaux chevaux.

Chevaux auxois
Parmi les bêtes présentes, le préfet (ou peut-être bien un sous-préfet, allez savoir) avait fait le déplacement et était entouré d'une pléthore de pandores. Parmi les vaches, ces fiers cow-boys de la République veillaient à ce que l'on ne porte pas atteinte au représentant de l'Etat. J'avoue ne pas avoir compris la présence de ces militaires bleus en aussi grande quantité. Quoi qu'il en soit, c'est à ce préfet (ou sous) que revenait l'honneur de couper le ruban tricolore inaugural. J'étais là avec mon appareil, juste en face et j'ai pris la photo qui valait le coup d'être prise selon moi.

Marc Champeil éleveur corrézien et son taureau
Etaient présentes également les confréries de la pomme du Limousin et de la noix du Périgord ainsi que le Docte Collège de la Truffe et du Foie Gras. Tout ça en costume traditionnel avec les coiffes pour ces dames et le chapeau pour ces messieurs. Je vous montrerai ça plus tard. Il faut faire durer le plaisir.
Il n'empêche que le taureau de l'hilare éleveur corrézien de la photo précédente est un bien bel animal. Parce que j'avais toujours l'appareil en main et pas bien loin de l'œil, je lui ai fait un portrait serré. La petite déception de n'avoir pas eu ma ration de tracteurs anciens (mais nous y reviendrons) s'évanouissait après ce spectacle paysan qui valait bien la présentation de mécaniques agraires anciennes. Je ne regrette pas d'avoir pris la voiture pour aller découvrir cette foire de Lanouaille ! Elle est bien plus intéressante que celle de la Latière dont on me rebat les oreilles à longueur d'année et où je me suis rendu au printemps pour en revenir bien déçu et bien persuadé que je n'y remettrai jamais les pieds. Parce que Lanouaille est en plein dans le pays de la pomme du Limousin, il y avait un pressoir qui déversait des litres et des hectolitres de jus de pomme baptisé un peu vite cidre.

Taureau de Marc Champeil à Darazac

samedi 17 octobre 2015

Pour en finir avec le dessin

dessin-crayon.jpg

vendredi 16 octobre 2015

Défi du jour

Qui saura expliquer ce qu'aura voulu dire cet humoriste célèbre ? Il en va de l'avenir de la France !

Une nouvelle casserole

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jeudi 15 octobre 2015

Rapprochement contre nature

A quelques jours d'intervalle, deux livres opèrent leur entrée dans l'actualité. Si l'un a provoqué l'autre et si l'un est bien la conséquence de l'autre, j'ai trouvé pour le moins étonnant et maladroit cette collision de l'information.

Il paraît que l'on trouve 53% de Français prêts à reconnaître ne plus lire du tout de livres. Dans le même temps, cette information entendue hier ne dit rien. C'est Frédéric Beigbeder qui la donnait. Admettons qu'elle soit vraie ou qu'elle se rapproche d'une certaine vérité. Ne pas lire de livres n'est pas en soi d'une folle gravité. On peut lire tout un tas d'autres choses, des journaux, des revues, des pages Internet, des prospectus ou je ne sais pas quoi. Et puis tous les livres ne se valent pas. Et justement, ce sont deux livres qui ne se valent probablement pas qui inspirent ce billet. J'ai lu l'un d'eux. L'autre, je n'ai pas envie de le découvrir.
Ces deux livres ne sont pas nouveaux. Il y a "le Journal d'Anne Frank" et "Mein Kampf". Ce qui vaut au premier d'être dans l'actualité, c'est une affaire de droits d'auteur. Certains pensaient qu'il tomberait dans le domaine public en 2016 mais il n'en sera probablement rien. Pour l'autre, par contre, il sera bien dans le domaine public l'an prochain puisque le Land de Bavière perdra ses droits sur ce livre en janvier 2016. Fayard annonce déjà son édition de cet ouvrage, une édition augmentée d'un appareil critique conséquent, nous assure-t-on.
Si j'ai lu "le Journal d'Anne Frank" il y a bien des années de cela, je n'ai pas lu "Mein Kampf". Je n'en ai pas l'envie. Même pas pour "voir" ou pour "me faire mon avis personnel à moi". Si j'avais eu le désir de lire ça, j'aurais pu aller le chercher sur Internet où l'on doit le trouver in extenso sans trop de problème. Ce qui me choque, ce n'est pas vraiment qu'un éditeur comme Fayard se jette sur l'opportunité pour proposer une réédition. J'accorde ma confiance pour que l'appareil critique soit présent et qu'il mette bien en garde le lecteur. Ce qui me choque, c'est que ça risque fort d'être un best seller et que l'on achète ce livre par défi, pour passer outre le tabou, par bravade, pour braver l'interdit.
D'ailleurs, cet interdit n'est pas si certain que cela. J'avais entendu dire qu'il était impossible d'éditer ou de publier ce manifeste nazi mais il semble qu'il n'en est rien. Je suis opposé à la censure et considère qu'il est illusoire de penser que l'on empêche la propagation des idées (aussi nauséabondes soient-elles) en interdisant. Pour autant, je n'aime pas l'idée que l'on pusse faire la promotion de ces idées et pas beaucoup plus que l'on puisse chercher à faire un bon coup commercial avec elles. Même si l'idée n'est pas éclatante, je pense qu'il conviendrait que les bénéfices éventuels de la réédition de ce bouquin aille abonder un fonds d'aide aux victimes ou descendants de victimes du nazisme. Ou du moins à quelque chose du genre.
Pour lutter contre les idées mises en avant par les nazis, justement, il y a ce journal d'Anne Frank. Là, je vais peut-être de mauvaise foi mais je pense que si ce livre était dans le domaine public, on pourrait peut-être l'éditer et le distribuer dans toutes les écoles. On pourrait même obliger la maison Fayard à éditer à tant pout tant les deux livres. Les bénéfices de l'un venant payer l'édition de l'autre. Ah tiens ! C'est une bonne idée, ça ! Non ?
Et maintenant, une question que je vous pose : serez-vous un lecteur potentiel de Mein Kampf dans les années à venir ?

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mercredi 14 octobre 2015

En avant, marches

escalier

mardi 13 octobre 2015

The incredible flying dog

Sully le chien volant

lundi 12 octobre 2015

Quand un vicomte

Je suis passé aussi par Turenne. C'est un joli village, Turenne, un village perché sur une belle butte et entouré d'une réjouissante campagne toute corrézienne. Cette fois-ci, je n'avais pas le temps de m'y arrêter pour aller photographier l'intérieur du village qui vaut vraiment le coup d'œil mais j'ai pris quelques minutes pour faire deux images en me disant que ça alimenterait ce blog.

Turenne
Turenne

dimanche 11 octobre 2015

Je suis passé par là

Carennac

samedi 10 octobre 2015

L'art contemporain, votre tasse de thé ?

Encore et toujours à Rochechouart. Je vous gâte ! C'est une infime partie de la globalité de l'œuvre de Laure Prouvost exposée jusqu'au 26 octobre et intitulée "On ira loin". Une toute petite partie qui n'explique rien du projet, qui n'est pas représentative non plus. Nous sommes dans une histoire, dans un mensonge, dans une re-création de son histoire personnelle à travers la vie imaginaire de ses grands-parents. L'artiste nous raconte sa grand-mère et son grand-père et nous embrouille au point que l'on ne sait plus démêler le vrai du faux. Et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir été prévenu ! Rien n'est vrai, tout est imaginaire. A ne pas rater si vous passer par le Limousin !

Table à thé

vendredi 9 octobre 2015

FFMC à Périgueux

FFMC.jpg

L'art qui tourne en rond

Toujours à Rochechouart, une œuvre un peu cachée, dans une petite salle. Elle couvre tout un pan de mur, elle semble avoir été faite avec les doigts. Avec de la terre ? Je n'en sais rien. Ça me fait penser aux mandalas mais ça n'a rien à voir. Enfin disons que ça n'a vraisemblablement rien à voir.

L'art de rien

jeudi 8 octobre 2015

J'ai été contrôlé

On frappe à la porte. Je vais ouvrir. Un homme de taille moyenne, des cheveux gris légèrement frisottés, habillé sans goût. Il a un porte-documents sous le bras. Il m'annonce qu'il est là pour contrôler les personnes qui prétendent ne pas avoir de poste de télévision à leur domicile. Ah ! Il me soupçonne très ouvertement de frauder et ça m'agace déjà un peu. Je réitère ma déclaration de non-possession d'un poste de télévision à mon domicile. Il se fait accusateur et me demande ce que l'on entend à l'instant présent. C'est la radio, calée sur France Inter. Face à sa face affichant un doute encore plus marqué, je l'invite à entrer et à contrôler. Je lui montre l'emplacement de la chaîne Hi-Fi et lui prouve que le son provient bien des enceintes. Il s'étonne de ce que j'ai pourtant déjà payé la redevance les années précédentes. J'explique que oui, je paie chaque année et demande le remboursement chaque année également. Dans un silence qui se veut pesant et plein d'accusations, il me fixe droit dans les yeux. Je ne craque pas. Il me demande alors de lui déclarer sur l'honneur que je ne détiens pas de poste de télévision. Je m'exécute. Il coche une case.
Je lui demande s'il peut faire quelque chose pour que l'on tienne compte de mes déclarations. Il me demande si je coche bien la case prévue à cet effet sur ma déclaration de revenus. Je réponds par l'affirmative et il s'en va en me disant que ce serait mieux si je déclarais mes revenus par Internet. La bonne blague !

La ruine a bon pied bon œil

Je suis passé par là et j'avais l'appareil photo. Sur le boîtier, il y avait le 80-200. Je me suis arrêté et je me suis dit qu'il y avait déjà quelque temps que je ne vous avais pas proposé la progression de l'effondrement de cette maison en ruine.

La maison qui tombe en ruine

mercredi 7 octobre 2015

L'art, on ne le laisse pas choir, à Rochechouart

Quel bonheur de voir combien les personnes intelligentes et ouvertes ont su apprécier la photo d'une œuvre d'art contemporain exposée au musée de Rochechouart, hier ! Du coup, voilà que cela me pousse à remettre ça pour aujourd'hui avec une autre superbe œuvre. Je suis déjà tout frétillant de joie à l'idée que vous allez vous émerveiller. Je me doute bien que vous serez dès à présent pris d'une irrésistible envie d'aller découvrir ce magnifique musée et les merveilles qu'il recèle ! Allez-y ! Vous ne serez pas déçus ! Rien que le château vaut le coup d'œil.

Fauteuils au musée de Rochechouart

mardi 6 octobre 2015

Rochechou-art contemporain

J'ai eu le tort de venir avec un gros sac photo. En repartant du Musée départemental d'art contemporain de Rochechouart, en Haute-Vienne, une charmante personne de l'accueil veut savoir ce que je compte faire des photos que j'ai prises. Elle me dit avoir remarqué mon matériel "professionnel" et m'avertit qu'il m'est interdit de vendre mes clichés. J'essaie d'argumenter un peu, de lui faire comprendre que mon matériel n'a rien de si "professionnel" et je l'embrouille avec mon humour à deux balles. Ce qui est amusant, c'est que j'ai vu d'autres photographes dont une qui avait un appareil bien plus "professionnel" que le mien. Disons bien plus cher, bien plus performant. Mon tort, c'est d'avoir eu ce sac photo et ce zoom équipé de son pare-soileil. Ça lui donne un aspect plus imposant. Qu'il ne s'agisse que d'une sorte de tube de plastique découpé importe peu, ça donne l'air.
Ce qui est amusant, c'est que l'on ait pu me prendre pour un professionnel, un photographe professionnel, uniquement en raison de mon équipement supposé. Ce qui est encore plus amusant, c'est que l'on ait pu imaginer que j'avais pu faire des photos vendables. Je me suis bien amusé à parlementer et à brouiller les pistes. En assurant n'être qu'un simple particulier j'ai réussi à instiller encore un peu plus de doute dans l'esprit de cette Janus soucieuse des intérêts du musée et de la propriété intellectuelle des artistes exposés. Je me suis demandé quelle pouvait être la valeur de la représentation d'une œuvre d'art. Et puis, j'en suis arrivé à me demander ce qu'était l'art.
Je vois bien la différence entre l'art et l'artisanat. L'artisan a une obligation de résultat. C'est à dire que si vous faites appel à un bon artisan, par exemple à un plombier, vous êtes en droit d'exiger qu'il n'y ait pas de fuite d'eau, que les raccords soient solides et bien faits. Si vous en appelez à un artiste qui conçoit ses œuvres avec du tuyau de cuivre et de la robinetterie, vous ne pourrez rien demander. Si l'artiste ne sait pas souder, s'il lui plaît de placer une vanne faussée et de placer des bassines en plastiques sous son installation, c'est lui qui aura raison au bout du compte. Vous ne pourrez porter plainte contre lui si son travail n'est pas réalisé dans les règles de l'art. Et c'est un comble.
Admettons que je me prenne pour un artiste et que je considère que mon art consiste à faire des photos d'œuvres d'art. Je peux estimer avoir le droit, au nom de l'art, de la transgression aussi, de photographier ce que je veux comme je le veux et même si c'est interdit. A la condition toutefois (bien que...) de ne pas porter atteinte à l'intégrité de l'œuvre photographiée. Mais en fait, on ne m'a pas soupçonné de faire de l'art à bon compte, on m'a soupçonné d'être un professionnel de la photographie cherchant à monnayer mon travail. On m'a pris, au mieux, pour un artisan cupide. Ce n'est pas que ce soit une tare rédhibitoire d'être un artisan mais ce qui est choquant c'est que l'on n'ait pas pensé que j'ai pu être un simple quidam, un visiteur lambda.
Ça ne date pourtant pas d'hier que l'on recommande de ne pas se fier aux apparences ! L'habit ne fait pas le moine, on le sait bien. Et puis, c'est quoi, avoir l'air professionnel ? Il suffit d'avoir un appareil photo qui fait "genre professionnel" ? Un un peu gros sac photo suffit à se faire passer pour un photographe inscrit ? Je sais bien que l'on ne peut pas aller contre les apparences et, moi-même, au nom de ces apparences, j'ai pensé que la personne qui était de l'autre côté du comptoir de l'accueil de ce musée de Rochechouart était là dans le cadre de son emploi. Si cela se trouve, il s'agissait d'une imposteur(e).
A force de palabres, il a été établi que je n'avais pas le droit de vendre mes photos, que je devais les conserver pour mon seul usage, qu'il m'était interdit de les partager, de les montrer, de les publier. Mais comme je suis un mauvais garçon qui ne respecte rien et qui aime à passer outre les règlements je prends le risque de vous en montrer une dès aujourd'hui. Evidemment, à vous de prendre vos responsabilités. Si vous regardez cette image photographique vous vous exposez à une plainte pour recel. C'est logique. Donc, je me dois de vous signaler que vous ne devez pas regarder la photo qui suit.
Ah oui, j'oubliais. Parce que je suis décidément un vrai sale type, je ne dirai pas qui sont les artistes exposés à Rochechouart. Ceci dit, si ça vous intéresse, vous pouvez toujours aller visiter le site du musée.

Cette photo n'est pas à vendre

lundi 5 octobre 2015

Epave de camion Renault

En avril 2011, je présentais ici une photo d'un camion Renault. Hier, j'ai eu l'occasion de repasser à proximité et je me suis arrêté.
La fois précédente, j'étais resté à bonne distance du camion et je l'avais photographié au téléobjectif. Cette fois, il en est allé tout à fait différemment. Je m'arrête et avant d'avoir le temps de faire quoi que ce soit d'autre, je sens une présence. Je me retourne et je vois une personne en train de m'observer d'un terrain situé à l'aplomb de la route. Le type n'a pas l'air bien commode et semble se demander ce que je suis en train de faire. J'ai même carrément l'impression qu'il est à deux doigts de m'engueuler. Je lui dis bonjour et lui demande si le terrain où se trouve le camion est à lui. Il me répond par l'affirmative. Alors, je demande la permission d'aller photographier le vieux camion.

— Pourquoi faire ?

— Pour rien, c'est juste que j'aime bien ces vieux camions.

— Et qu'est-ce que vous voulez faire des photos ?

— Oh ! Rien, rien ! C'est juste pour moi.

Le type semble hésiter quant à la marche à tenir. Doit-il me virer ? Doit-il venir me filer un coup de pelle derrière les oreilles ? Doit-il m'engueuler ? Il se contente de me regarder sans sourire du tout et puis il porte la main à la hauteur de la tempe en la faisant tourner d'avant en arrière et en haussant les épaules.
Bon. Il me prend pour un dingue.

— Vous m'autorisez à aller le photographier ?

— Si vous voulez ...

— Je passe par là ? Lui demande-je en lui montrant une barrière.

— Vous passez par dessous !

— Ok ! Merci !

Et je prends mon appareil pour aller photographier le camion. Chouette ! Depuis la dernière fois, des petits chenapans sont passés par là. De loin, je le pensais moins pourri qu'il l'est réellement. Il n'y a franchement pas grand chose à récupérer. Je fais mes photos et je remonte vers la route. Le type m'entend et revient me surveiller.

— Vous savez depuis quand il est là, ce camion ?

— Comment ?

— Le camion, vous savez depuis quand il est là ?

— Je vous entends mal.

Manquait plus que ça. Il est devenu sourdingue. J'abandonne ma question qui n'a pas d'importance et je la remplace par une autre.

— Il date de quand, ce camion ? Des années 60 ?

— Ouh ! Plus vieux que ça ! (Il vient de retrouver son audition, on dirait). Je l'ai acheté en 1982. Ou 1983. C'était le camion de Cousinoux, l'épicier de Périgueux. Il faisait les tournées dans les campagnes avec ça. Je l'ai acheté avec une succession. Il y avait ce camion dedans, je l'ai mis là. Je m'en suis jamais trop servi. Pas pratique.

— Et puis ça consomme !

— Oui. Alors je l'ai mis là et voilà. Mais plutôt des années 50, tout de même.

Je salue le bonhomme et repars. Il ne me reste plus qu'à découvrir les photos sur l'écran de l'ordinateur. D'ailleurs, en voilà quelques unes.

Renault 2,5 tonnes fourgon magasin

De rouille et d'os

Auprès de mon arbre, je pourissais heureux

Encore utile l'utilitaire ?

dimanche 4 octobre 2015

Un violon extirpé des entrailles du disque dur

Des fois, il arrive que l'on fasse des photos et qu'on les oublie. Hier, en faisant du ménage dans un disque dur, je tombe sur une image que j'avais écartée, sans y prêter attention. Elle date de l'an dernier. Je visitais une exposition et la journée se terminait avec une sorte de pot de l'amitié assez quelconque. Je me souviens qu'il y avait des mauvaises chips et du mauvais vin de Bergerac. Mais il y avait deux musiciens qui avaient en charge de proposer une animation sonore. C'est très ingrat, comme exercice, je pense. J'avais remarqué que peu de personnes faisaient attention à ces deux musiciens. Elles préféraient se battre pour avoir un verre plein.
J'écoutais la musique et j'avais envie de partir. J'étais venu avec un couple d'amis, il me fallait attendre qu'ils décident de s'en aller. J'étais venu avec mon appareil photo. Pourquoi avais-je écarté cette photo ? Je n'en sais trop rien. Peut-être ne l'ai-je pas trouvé suffisamment bonne. Elle n'est pas extraordinaire, c'est une chose entendue. Elle est presque trop facile, il y a ce regard insistant, presque suppliant. Là, il n'est pas possible de penser à une photo volée. Le sujet est tout à fait conscient du fait que je vais déclencher. Il voit le gros objectif pointé vers lui. Je me souviens que j'avais été fainéant. Il aurait fallu que je me place plus loin pour avoir un meilleur cadrage. C'était la fin de journée et je m'ennuyais un peu. Ce n'est pas une bonne photo en partie aussi parce que le violoniste est placé trop près du mur mais ça, je n'y pouvais rien. On avait dû leur dire de se placer là. Je n'ai aucun souvenir du style de musique qui était joué et je ne sais pas qui est ce violoniste. Et je me rends compte qu'en fait cette image ne raconte rien, n'évoque pas grand chose. Je pense comprendre pourquoi elle est restée durant plus d'un an sur ce disque dur sans en sortir. Je comprends aussi pourquoi elle n'a pas été jetée. Elle a quelque chose d'indéfinissable, peut-être quelque chose d'un peu dérangeant. Je continue à ne pas trop aimer cette image mais voilà que je suis retombée dessus et que, une fois encore, je n'ai pas pu me résoudre à la jeter. Bon. Elle me permet de faire un billet facile, c'est déjà ça.

violon

samedi 3 octobre 2015

El Capitan

El Capitan est une formation rocheuse verticale de 900 m de haut située dans la vallée de Yosemite aux États-Unis, très connue dans le monde de l'escalade. nous apprend wikipedia. C'est aussi le nom de la nouvelle version du système d'exploitation pour les ordinateurs Apple. Pour me faire une idée, je l'ai installée sur l'une de mes machines.
Premier point, OS X 10.11 est distribué gratuitement. Chez Apple, c'est le cas depuis 10.9 et, justement, la machine qui m'a servi de cobaye pour tester cette nouvelle mouture de OS X fonctionnait sour Mavericks (10.9). Cette version du système me convenait parfaitement et il n'y avait aucune vraie raison pour effectuer la mise à jour. Il en est même une, de raison, qui aurait dû me dissuader de passer à El Capitan. Le logiciel que j'utilise depuis quelque temps pour traiter les images de mes appareils photo ne fonctionne plus avec OS X 10.11. Il a bien été remplacé par un nouveau logiciel, Photos, que je ne connais pas encore mais qui ne s'est pas fait que des amis parmi les photographes. Un autre point qui aurait dû me faire hésiter, c'est que je n'ai pas du tout aimé la version précédente, Yosemite. Je ne l'ai d'ailleurs installée sur aucune de mes machines. Alors quoi ?
Disons que l'ordinateur que j'ai choisi pour essayer El Capitan n'est pas utilisé pour travailler et qu'il ne contient pas la moindre donnée qui me manquerait si jamais je venais à tout perdre. Tout simplement, j'ai eu l'envie de voir, histoire de me faire mon idée et de connaître un peu ce système pour le cas où j'aurais à intervenir sur un Mac sur lequel il serait installé. Je n'en attendais rien de vraiment intéressant, rien de mieux que ce que me proposait Mavericks, en tous cas. De ce côté et après à peine quelques heures passées en sa compagnie, je ne suis pas déçu.

ElCapitanIcon512.jpg
Pour commencer, j'ai fait une sauvegarde du contenu du disque dur. Même si je dis un peu plus avant qu'il n'y avait rien qu'il m'aurait chagriné de perdre, j'ai considéré que la bonne pratique consistait à procéder à une installation après avoir formaté le disque dur. Le fait d'avoir une sauvegarde complète devait me permettre d'importer l'ensemble des applications, données personnelles et réglages après l'installation de El Capitan.
J'ai donc téléchargé OS X 10.11 sur l'App Store (environ six heures) et j'ai créé une clé USB amorçable. Après que la sauvegarde a été terminée, j'ai glissé cette clé USB dans l'ordinateur et je l'ai redémarré depuis cette clé USB. J'ai demandé d'installer le système après un formatage et c'est parti. A un moment, j'ai cru que l'installation était bloquée. On m'indiquait qu'il n'y en avait plus que pour "environ une seconde" et cela durait depuis plusieurs dizaines de minutes. J'ai recommencé et j'en suis arrivé au même point. Cette fois-ci, j'ai décidé de laisser faire et il m'a fallu patienter pendant au moins une demi-heure pour venir à bout de cette ultime seconde et voir l'installation reprendre. Je n'ai pas bien compris mais force a été de constater que c'était reparti pour encore plusieurs dizaines de minutes. Bon.
L'ordinateur redémarre. Je crée un compte utilisateur et commence à découvrir ce nouveau système. J'essaie deux ou trois bricoles, la nouvelle version du navigateur, Safari, que j'avais déjà installée sous Mavericks, par exemple. Je lance Photos, le remplaçant de iPhoto et de Aperture. Je ne suis pas conquis. Je ne le suis pas plus par l'interface qui poursuit le changement inauguré avec Yosemite au nom du flat design. Je n'aime pas du tout. Tout de même un point positif avec le choix d'une police plus économe en place. Elle reste très lisible à mes yeux et permet d'afficher plus d'informations en moins de place. Je vais voir ce qu'il y a de neuf du côté des préférences système, je ne découvre rien de bien passionnant. Je teste deux ou trois bricoles lues sur différents sites et forum traitant de ce nouvel OS et je reste assez froid. J'en arrive à me demander si je ne vais pas me résoudre à réinstaller Mavericks, pour tout dire.
Mais bon, après tout, je me dis que je m'y ferai bien et que je n'ai pas réellement utilisé ce système en conditions. Alors, je me lance dans l'importation de ma sauvegarde. C'est parti pour quelques heures de transfert ! J'en profite pour perdre du temps à dessiner des conneries et pour finir un boulot. J'ai même le temps de préparer de la pâte à crêpes pour mon repas du soir.
Hier soir, peu avant 21 heures, je redémarre l'ordinateur. Je m'assure que les applications fonctionnent, je passe sur le cas de Aperture qui ne fonctionne pas (et pour qui il existe, apparemment, une mise à jour présente dans la liste des applications Apple mais absente "momentanément" au téléchargement. Chapeau Apple !). Je m'agace un peu avec Mail qui nécessite que l'on spécifie son souhait de relever les mails sans authentification sécurisée. Je vois que Safari a bien importé mes favoris. Je doute un peu de la pertinence du nouveau Spotlight (système de recherche interne). Je suis bien loin de trouver beaucoup de qualités à ce nouveau système, pour tout dire. Pour être parfaitement honnête, il me semble que tout cela ne m'encourage pas à me passer de Snow Leopard (10.6) que j'utilise sur la machine de travail ! Ne serait-ce que pour le manque de Aperture ! Je vais tout de même tenter de tester Photos pour vérifier que c'est un logiciel si mauvais que l'on le dit ici et là.

ElCapitan.jpg
Sur ces sites et forum traitant de l'actualité Apple, je peux lire qu'il y a un gain significatif de rapidité avec cette nouvelle version de OS X. C'est possible. Je ne la ressens pas vraiment. On me dit qu'il y a une meilleure intégration avec iOS qui équipe les iPhone et iPad. Je n'ai ni l'un ni l'autre. Ceci étant, je reconnais que tout (sauf Aperture) fonctionne aussi bien avec El Capitan qu'avec Mavericks. Aucun problème avec les logiciels de la Creative Suite 6 de Adobe, notamment. Dans le même temps, je les utilise très peu sur cet ordinateur.
Bref, si l'on enlève les jolies photos de fond d'écran fournies par El Capitan et quelques bricoles, il n'y a rien de bien transcendant dans tout cela. Il est sans doute un peu tôt pour que je puisse me faire une idée objective de ce système et je vais m'attacher à en découvrir plus. Toutefois, il est plus que certain que ce n'est pas l'enthousiasme béât. Rester avec Mac OS 10.6 sur l'ordinateur que j'utilise le plus est l'option que je choisis pour le moment. Si ce "vieux" système bloque désormais l'accès à quelques logiciels et à quelques fonctionnalités, je préfère cela à un système plus récent qui m'empêcherait aussi d'utiliser des logiciels et des fonctionnalités qui ne sont plus d'actualité aujourd'hui.

vendredi 2 octobre 2015

Les Fridolins nous pompent l'air

Bosch et VW nous enfument

jeudi 1 octobre 2015

Une bûche neuve pour la femme à la bûche

Je ne sors la bûche neuve que pour de rares occasions. Cette bûche neuve a une histoire, une belle histoire, une histoire d'amitié vraie, de la plus belle amitié qui puisse exister entre deux hommes épris de vérité et de liberté. Cette bûche m'a été offerte en gage de cette belle amitié vraie par un ami vivant parmi les faisans suceurs de sang de la lagune. C'est une bûche de lagune, une bûche lagunaire. Chaque fois que je la regarde, je sens comme une douce chaleur bienveillante envahir mon vieux corps usé et je pense à mon ami, à ses faisans et à sa lagune. Je pense aussi à la musique et m'empresse de glisser un disque dans la platine CD. Cette bûche, j'ai envie de la partager un peu avec vous en mémoire de la femme à la bûche.

bûche lagunaire

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