mai 2015 (31)

dimanche 31 mai 2015

Pourquoi la moto est le plus stupide des moyens de locomotion

La moto, c'est bête à manger du foin

samedi 30 mai 2015

Massacre à la tronçonneuse

Ce matin, grâce à l'aide précieuse de Noël qui m'a apporté des démonte-pneus de compétition, j'ai pu démonter le pneu de la MZ. A présent, il va me falloir trouver des rustines et de la colle et réparer la chambre à air. J'espère que la valve n'est pas à l'origine de la fuite d'air. Mais à chaque jour suffit sa peine !
D'un autre côté, la batterie est achetée. Je l'ai mise en charge et il ne me restera qu'à l'installer pour tenter un démarrage enfumé. Si jamais, par malheur, tout se passe comme cela pourrait se passer, il serait éventuellement possible que je sois sur les routes aux alentours de Azerat durant le mois de juin. Soyez vigilant !

Un pneu crevé

vendredi 29 mai 2015

Moto du vendredi

Moto amanite

jeudi 28 mai 2015

La Peste, elle ment comme un arracheur de dents

La Peste, elle pratique la dentisterie

mercredi 27 mai 2015

La politique, c'est rien moche

Sarko, il est pas beau

mardi 26 mai 2015

Sagesse populaire

Aujourd'hui, j'ai du lourd pour vous. Du lourd, du grave, de l'inquiétant. Il paraît que la révolution arrive. Elle sera effective d'ici un peu plus d'un mois. Dans l'idée, le peuple va prendre le pouvoir.

Hier, je suis allé réparer un PC. Ce PC appartient à une personne qui connaît une autre personne que je connais également. C'est cette autre personne qui colporte ces idées nauséabondes et fait du prosélytisme. Le propriétaire du PC en panne m'a montré trois documents laissés à sa disposition et j'en ai fait des photos que je vais vous proposer sitôt cette petite introduction passée. Attendez-vous à du costaud.
De quoi s'agit-il au juste ? Il s'agit de "démosophie", un néologisme construit autour de "dèmos", ensemble des membres de la Cité, et "sophie", sagesse. La sagesse du peuple, si l'on veut. Cette idéologie bien puante veut donner le pouvoir au peuple, peuple réputé sage, qui va rédiger une "constitution". Cette idéologie qui ne me semble pas très éloignée des idées pestilentielles des mouvements d'extrême droite prône donc la prise de pouvoir par le peuple et le combat du "sionisme" et du "Nouvel Ordre Mondial". Je vous propose de lire les trois documents suivants pour vous faire une première idée de la chose.

sagesse du peuple
racket et sagesse populaire
révolution de la sagesse du peuple

Je n'ai pas trop l'intention de me lancer dans une laborieuse analyse de tout ça. Je ne comprends pas tout, il faut dire. Par exemple, je ne suis pas certain que le plus urgent soit d'œuvrer pour la gratuité du stationnement. On a les combats que l'on mérite. Pourquoi s'adresse-t-on aux motards ? Mystère !
Je vous laisse la liberté de lire toute cette merde et je vous invite à ouvrir le débat. Pour ma part, je trouve tout cela très dangereux et très malsain. Je serais d'avis que l'on combatte ce "mouvement".

Nouvel Ordre Mondial et révolution

lundi 25 mai 2015

Sous les gravats

Gravats et carrelage

dimanche 24 mai 2015

Comment ça ?

De quoi ? Comment ? Vous dites ? Comment ça cette photo n'a aucun intérêt ? De quel droit pouvez-vous affirmer cela ? Que vous ne l'appréciez pas, que vous ne la compreniez pas, soit. On ne peut pas aller contre le manque de goût, contre la déficience mentale. J'accepte tout à fait que vous ne soyez pas en mesure d'apprécier à sa juste valeur cette photo magnifique que je me suis cassé le cul à faire dans le seul et unique but de vous en foutre plein la vue et d'élever la photographie au rang du domaine de l'art absolu mais je ne peux pas entendre que d'infâmes philistins étrangers à toute forme de culture !
Bon, bon, d'accord, je le reconnais, cette photo manque peut-être un peu d'intérêt. D'accord, puisque vous insistez, je reconnais qu'elle n'a été faite que parce que je passais par là et que je cherchais à tester un objectif. Bon. C'est donc bien une photo indigne de figurer sur ce blog qui se fait une obligation de présenter le meilleur du mieux.
Nonobstant, il s'agit tout de même du viaduc du Douime qui supporte l'autoroute A89 à Azerat. Et puis, on distingue tout de même un joli camion qui porte une remorque et une presse à balles rondes sur sa remorque, non ? Ça ne suffit pas à faire une photo intéressante et on s'en lasse vite. Je suis bien d'accord avec vous. Consolez-vous en vous disant que ça va vous permettre de ne pas perdre votre temps sur le blog et que ça vous donnera peut-être l'idée de profiter de cette belle journée.

Viaduc du Douime

samedi 23 mai 2015

Climato-scepticisme et exception culturelle française

Avant tout et en préambule, je ne suis ni un savant ni un scientifique ni quoi que ce soit de cet ordre qui pourrait me permettre d'avoir une opinion quelconque qui soit en rapport avec la question du réchauffement climatique causé par l'accumulation des gaz à effet de serre produits par l'activité humaine. Tout ce que je peux dire ou penser n'a donc aucune légitimité et, de fait, aucune importance. A la limite, je ne pourrais qu'avancer des opinions n'engageant que moi.

Que les choses soient bien claires. Je n'ai en aucune manière quoi que ce soit à dire de sérieux sur cette question du réchauffement climatique. Comme la plupart des gens sans culture scientifique spécifique, je ne pourrais que, éventuellement, me laisser aller à proférer des âneries. Par exemple, je pourrais dire que, alors que l'on nous parle de réchauffement généralisé, on connaît encore des journées fraîches. Avec ça, nous pouvons gager que le Science ne fait pas un bond notable en avant.
Le fait qu'il y ait une certaine forme de consensus au sein de la communauté scientifique mondiale sur la question de la responsabilité humaine dans ce réchauffement climatique et le fait que ce consensus soit brisé par quelques personnes siégeant à l'Académie des sciences française font que je ne suis pas en mesure d'avoir une idée précise sur le sujet. D'un autre côté, ça tombe bien puisque l'on ne me demande pas mon avis. Il est généralement admis que je ne fais pas autorité dans le domaine de l'étude du climat de notre bonne vieille planète. Je n'y connais rien, je ne sais même pas vraiment ce que l'on entend par "climat", pour tout dire. Je suis très certainement bien incapable de comprendre quoi que ce soit aux études et calculs divers réalisés sur cette question.
Le souci, c'est que, même si la très grande majorité, je le pressens intimement, est dans la même ignorance que la mienne dans ces affaires de climat, tout le monde pense avoir son mot à dire. Il me semble que beaucoup de personnes confondent "climat" et "temps qu'il fait" ou "bulletin météo". Vu de notre petite place à chacun, on a bien du mal à avoir une vision globale du climat mondial. On va se contenter de pester quand il ne fait pas le temps que l'on souhaite. Soit il fait trop froid, soit il pleut trop, soit il fait trop chaud ou trop sec. Pour le grand public que l'on tente d'informer de la plus mauvaise façon qui soit en appuyant sur sa corde sensible en essayant d'en appeler à sa capacité à l'empathie à l'égard des ours blancs, des manchots ou des quelques personnes vivant sur des îles lointaines (lointaines pour celles et ceux qui ne vivent pas à sa surface, bien sûr) qui auront bientôt les pieds dans l'eau jusqu'au dessus des genoux ou pire encore. C'est sans doute méritoire de vouloir que la masse prenne conscience de la gravité de situation. Il est sans doute nécessaire que cette masse ait cette conscience pour qu'elle agisse dans le bon sens. Et il est sans doute compréhensible que l'on n'essaie pas d'expliquer tout cela en présentant des chiffres, des courbes, des calculs et des études par trop complexes.
Le problème, c'est que nous autres, nous sommes mis dans la situation où l'on doit croire et faire confiance d'un côté et que l'on doit accepter que l'on nous rende responsables de tous les problèmes. Si le climat se dérègle, c'est de notre faute à nous, pauvres humains que nous sommes. Notez que c'est sans doute vrai. Certains esprits éclairés tentent bien de faire porter la responsabilité aux vaches et autres ruminants en oubliant un peu au passage que s'il y a autant de vaches sur la planète, c'est un peu à cause ou grâce au genre humain.
L'humain n'aime pas nécessairement que l'on lui raconte qu'il est en train de bousiller sa planète et que c'est un peu bête de le faire, vu qu'il n'y a pas trop de planète de rechange à proximité immédiate. Il préfère parfois jouer la carte du scepticisme, se dire que les scientifiques se trompent, intentionnellement ou pas. Pour de plus ou moins obscures raisons. Et là, on n'est pas bien loin de la théorie du complot. Pour les quelques humains riches qui consomment beaucoup, c'est rageant d'entendre qu'il faut changer sa façon de vivre à laquelle il s'est fait. Arrêter d'utiliser ces fabuleuses machines qui permettent de se déplacer sans se fatiguer, cesser de chauffer son logis en hiver grâce à la chaudière qu'il n'a pas terminé de payer, accepter de consommer moins de toutes ces marchandises proposées partout et tout le temps, c'est dur à avaler.
Alors, la tentation d'écouter les climato-sceptiques qui forment une très petite minorité est là. A l'échelle de la communauté scientifique mondiale, d'après ce que j'ai lu et entendu, il existe bien une forme de consensus. Dans ce petit monde, il semble que la France seule fasse entendre un son discordant sur la question puisque quelques voix tentent de se faire entendre dans les rangs de son Académie des sciences. Ce ne sont que quelques personnes qui doivent se sentir bien seules mais leur voix portent. Il faut bien reconnaître que l'affaire des chiffres bidonnés présentés par le GIEC il y a quelques années de cela peut susciter le trouble ou le doute dans certains esprits. Changer sa façon de vivre d'une manière drastique et radicale n'est pas nécessairement simple. Changer ses petites habitudes, accepter de concevoir que l'on s'est trompé, que ses parents se sont trompés avant nous et leurs parents avant eux, ce n'est pas confortable.
Lorsque la question du réchauffement climatique est récupérée par les politiques écologistes et que l'aspect scientifique de la question devient une affaire idéologique, ça ne va plus.
Je n'ai jamais lu le moindre rapport du GIEC parce que je sais bien que je n'y comprendrais rien. Parce que l'on nous dit que le réchauffement climatique concerne l'ensemble du vivant de la planète dont nous, humains, on pense que l'on se doit d'avoir une opinion. C'est très con. L'affaire de la relativité restreinte de Einstein nous concerne tous au moins autant et personne n'estime être nécessaire d'avoir une opinion sur le sujet. Il faut reconnaître que Einstein ne nous a pas demandé explicitement d'abandonner la bagnole. Pour contrer ce réchauffement climatique, pour ralentir le réchauffement faute d'inverser le processus, les écologistes nous donnent des pistes peut-être un peu trop simplistes. Arrêter d'utiliser les sources d'énergie carbonées, par exemple. Ce que l'humain lambda des pays riches n'accepte qu'à contre cœur, c'est que, au nom de la préservation de la planète, de la bio-diversité, on lui propose de payer de nouvelles taxes. Il a parfois l'impression que l'on se fout un peu de sa gueule, l'humain lambda des pays riches. Et alors, il réagit comme il peut avec les moyens qu'il a à sa disposition. Quitte à croire, il va croire ce qui l'arrange sur le moment. Après moi le déluge ! C'est peut-être ce qu'il se passe avec les climato-sceptiques qui seraient, dès lors, d'affreux démagogues.
Peut-on aujourd'hui refuser de faire des efforts pour moins polluer, pour moins consommer ? Raisonnablement, je me dis que si ça ne fait pas de bien, ça ne peut pas faire de mal de moins brûler de pétrole dans nos bagnoles, nos bécanes, nos camions. Ce qui serait très intelligent de la part de nos dirigeants, ce serait de tenir un discours un peu moins alarmiste, accusateur et culpabilisant. Bien sûr que nous sommes tous responsables et coupables ! Mais la faute à qui ? Qui nous a poussé à tous avoir une automobile ? Qui a mis l'industrie automobile au centre de l'économie ? Que nos dirigeants nous proposent des solutions intelligentes, que les états prennent le problème en main ! Que l'on coupe les budgets militaires et que l'on affecte ce fric à créer des sources d'énergie propre, des infrastructures climato-compatibles, que l'on plante des arbres, que l'on crée des emplois verts et que l'on arrête de nous faire chier.

Climat

vendredi 22 mai 2015

La Peste, elle crée le dodécaphonisme atonal

La Peste à l'avant-garde musicale

mercredi 20 mai 2015

La soupape rencontre le piston

J'entends déjà les ricanements perfides. On m'a transmis hier la photo présentée ici. Elle retrace bien la mésaventure survenue à un petit monocylindre Honda. Une soupape est tombée dans le cylindre et elle n'a pas survécu à l'accident. Je n'ai jamais vu une soupape tordue de cette manière. C'est somme toute assez extraordinaire et cela a donné lieu à une très belle image à mon sens très graphique. Il va de soi qu'il va être obligé de procéder au remplacement de quelques pièces pour que le petit 50cc reprenne la route.

Elle va marcher beaucoup moins bien forcément

mardi 19 mai 2015

Fête des plantes de l'Abbaye Nouvelle

Ancienne commune lotoise indépendante, l'Abbaye Nouvelle est désormais rattachée à celle de Léobard, à quelque distance à l'ouest de Gourdon. Le site vaut surtout pour son ancienne abbaye cistercienne du XIIIe siècle active jusqu'en 1650. Après la Révolution française, l'abbaye a commencé à tomber en ruines et a servi de carrière de pierres. Aujourd'hui, ces ruines de l'abbaye surplombent le petit village et accueillent diverses manifestations dont la Fête des plantes qui se tient autour de la mi mai depuis un quart de siècle.

C'est la deuxième fois que je me rends à l'Abbaye Nouvelle pour la Fête des plantes. La première fois, c'était en 2010. Si l'on ne peut pas dire que je sois particulièrement intéressé par l'horticulture et les plantes, je reconnais que la manifestation est agréable. D'abord, il y a la majesté de cette ancienne abbaye gothique qui en impose. C'est indéniable. Si l'on aime les vieilles pierres, on ne peut pas rester totalement insensible.
Autour de l'abbaye et à l'intérieur de celle-ci, on trouve un grand nombre d'exposants qui proposent soit des plantes soit des ouvrages en lien avec elles, soit, encore, des épices ou des œuvres d'art. Des stands en relation avec l'écologie dans une large acception du terme tentent de faire prendre conscience de l'importance de l'eau ou de la préservation de la diversité des espèces végétales.
Dans les jardins entourant les ruines de l'abbaye, les fleurs et les arbres sont à l'honneur et plusieurs milliers de personnes passent ici pour faire provision de plantes d'agrément ou potagères. Le tout se déroule dans une réelle bonne humeur, ça c'est certain. Bien que ça ne soit absolument pas comparable, je peux dire que je préfère aller passer quelques heures à l'Abbaye Nouvelle plutôt que d'aller à la Foire de la Latière dont je parlais il y a quelque temps.
Je suis allé à l'Abbaye Nouvelle avec l'idée de faire des photos. La fois précédente, je n'en avais ramené aucune d'intéressante. Cette fois encore, je ne peux pas dire que les images glanées brillent par leur intérêt. Ainsi, il n'est clairement pas envisageable de faire des photos intéressantes de l'abbaye lors de cette fête. Il y a trop de monde, trop d'éléments parasites. Il faudra que je pense à y retourner en dehors de cette manifestation.

Abbaye Nouvelle - fleurs

Fête des plantes - l'heure du choix

Abbaye Nouvelle - site classé

Abbaye Nouvelle - cactées

lundi 18 mai 2015

Direct from DDR

L'autre jour, j'ai testé une association contre nature. J'ai vissé un objectif Nikon sur un boîtier Canon. Parce que je suis un sale provocateur qui ne recule devant rien, je n'hésite pas à déclarer que l'exercice m'a amusé. Pour parfaire la provocation, je me suis amusé à faire quelques photos en pleine ouverture (f:1,4) et au maximum de la sensibilité proposée par le boîtier (3200 ISO). Et tout cela pour quoi ? Pour pas grand chose. Mais au moins, me demanderez-vous à cet instant précis du discours, la photo est-elle bonne ? Non. Elle ne l'est pas. Certainement pas. Est-ce si important ? Probablement pas ! Et puis, qu'est-ce qu'une bonne photo ? Hein ? Je vous le demande un peu. De toutes façons, c'est moi le chef, ici. Je fais ce que je veux comme je veux. Vous n'allez tout de même pas commencer à me casser les pieds avec des exigences de qualité ou de je ne sais pas quoi encore.
Donc, aujourd'hui, vous devrez vous contenter de cette image.

MZ 125 TS

dimanche 17 mai 2015

Qui a bu rébus

Pour passer le temps et parce que je n'ai rien d'autre à vous offrir aujourd'hui, une petite histoire inspirée par des propos entendus aujourd'hui qui m'ont bien amusé.

Louis avait poussé la grille rouillée restée trop longtemps fermée. Elle avait grincé sur ses gonds et il s'inquiétait du fait qu'un voisin aurait pu l'entendre. Il n'était pas venu ici depuis plusieurs années, depuis la mort de son père, en fait. S'il avait pris la précaution de se munir d'une lampe torche, il n'en avait pas encore besoin. Dans sa main droite fermée, il tenait la grosse clé qu'il avait précieusement conservée dans le tiroir de sa table de chevet. Sans jeter le moindre regard au petit pavillon aux volets clos, Louis se dirigea jusqu'au petit atelier planté au fond du jardin. Il se retourna pour s'assurer d'être seul et il fit jouer la serrure. Il pesa sur le bec de cane et pénétra dans le local poussiéreux. Les odeurs de sciure et de vieille huile mêlées réveillèrent des souvenirs qu'il aurait préféré restés endormis. Il voyait son père occupé à couper ou à poncer du bois, à assembler des pièces taillées et polies mais, par dessus tout, il se voyait lui, pleurant, le pantalon baissé sur les chevilles, il entendait le râle de son père et il attendait déjà la gifle qui n'allait pas tarder à arriver.

Il avait tu tout cela par crainte, par honte et par amour pour sa mère. Ce n'est qu'au décès de celle-ci qu'il avait parlé. Il était déjà adulte, sa vie avait déjà pris le chemin de l'échec total. Son père l'avait détruit et il avait décidé de parler après avoir regardé une émission à la télévision. L'histoire avait intéressé les policiers puis les juges. Son père était parti en prison et il était mort. Louis avait hérité de la maison et il n'avait pu se résoudre ni à l'habiter ni à la vendre. Elle était là, présente, avec ses souvenirs.

S'il venait ici à la manière d'un mauvais cambrioleur, c'est qu'il ne voulait pas croiser les voisins qu'il suspectait d'avoir toujours tout su de son histoire et qui avaient témoignés en faveur du père au procès. Il savait ce qu'il venait chercher. Il contourna la dégauchisseuse et se dirigea vers ce que son père appelait "la malle des vis". Une caisse en bois pourvu de puissantes ferrures qui abritait une collection disparate de vis de toutes tailles et aussi quelques clous, quelques pointes et autres crochets. Il souleva la lourde caisse par les poignées latérales et ressortit de l'atelier. Il ferma la porte, rangea la clé dans la poche de son pantalon et agrippa de nouveau la malle. Il rejoignit sa voiture garée plus bas dans la rue.

S'il était là, assis derrière son volant à attendre d'avoir repris souffle, c'était à cause de Jean-Pierre, son collègue aux services techniques communaux. A eux deux, ils réparaient tout ce qui méritait de l'être dans la commune. Ils remplaçaient les plateaux des pupitres de l'école, ils changeaient les clapets de robinetterie de la mairie, ils bricolaient l'électricité du programmateur des cloches de l'église. Un petit boulot tranquille qui ne demandait que des rudiments d'aptitude à bricoler un peu tout et n'importe quoi. Ça laissait pas mal de temps pour ne rien faire ou pour discuter. Et discuter, ils aimaient ça autant l'un que l'autre, Louis et Jean-Pierre. Il faut cependant reconnaître que c'était plutôt Jean-Pierre qui avait de la discussion. Louis aimait l'écouter, il avait l'impression d'apprendre, de s'instruire. S'il était là, assis derrière son volant à conduire pour rejoindre son appartement, c'était la faute à Jean-Pierre et à ce qu'il lui avait raconté la veille.

Plus tôt dans la journée, Louis était allé acheter une laisse et un collier pour chien. Il avait aussi mis une bouteille de pastis dans son caddie. Et puis des cacahuètes, en plus des courses habituelles. De quoi manger, du liquide vaisselle, du dentifrice, du PQ. Rien que du bien banal. Sauf le collier et la laisse, bien sûr ! Demain soir, Jean-Pierre viendrait prendre l'apéritif et il verrait ce qu'il verrait. Jean-Pierre habitait à l'autre bout du village sur la même route, la route qui traverse le village de bout en bout, de la ferme des Colas jusqu'au cimetière à tout le monde. Louis habitait juste à côté du cimetière.

Jean-Pierre était un bon copain pour Louis. Le seul copain, en fait. C'était son bon copain mais tout de même, des fois, il l'emmerdait avec son air un peu supérieur et condescendant. Le gros défaut de Jean-Pierre, aux yeux de Louis, c'était qu'il ne pouvait pas s'empêcher de se croire plus intelligent, plus instruit, que les autres. Louis ne se pensait pas plus intelligent que Jean-Pierre mais il ne pensait pas pour autant que Jean-Pierre, lui, fut plus intelligent que lui. Jean-Pierre aimait, c'est vrai, étaler son savoir acquis la veille à la télé et, avec quelques approximations, sur un ton péremptoire, tenter d'épater Louis. Ce que l'on ne pouvait pas enlever à Jean-Pierre, c'est bien qu'il avait la parole facile. Un vrai moulin à parole. Il était capable de parler toute la journée de tout et de n'importe quoi. De la chasse au canard comme du programme commun de la gauche uni. Il était intarissable sur le problème du cours du pétrole et savait tout ce qu'il fallait savoir sur la géo-politique au proche-orient. Un érudit, en quelque sorte. S'il lui arrivait de se mélanger les pinceaux, il refusait de le reconnaître et, si on lui faisait remarquer une erreur, il était habile à faire bifurquer la conversation vers d'autres horizons. Mais là, cette fois, Louis allait lui clouer le bec. Il avait bien tout calculé et Jean-Pierre allait être bien attrapé. Louis en riait déjà.

Il ouvrit la porte d'entrée du petit immeuble et la bloqua avec une cale de bois laissée là à cet usage le temps d'aller chercher la malle et les courses qu'il déposa sur le palier. Il laissa la porte se fermer et il gravit les marches jusqu'à sa porte. Il l'ouvrit, bascula l'interrupteur et alla poser ses sacs et la malle dans la cuisine. Il rangea les courses dans le buffet et dans le réfrigérateur sauf le collier et la laisse qu'il posa sur la table. Il jeta un regard amusé vers le chauffe-eau à gaz qui trônait au-dessus de l'évier. Demain soir, il rirait bien !

Après un rapide repas léger pris en regardant le journal télévisé, il alla faire une petite vaisselle. Il régla la puissance du chauffe-eau et fila prendre une douche. Il revint dans le séjour et commença à regarder un téléfilm policier qui l'ennuya vite. Il éteignit la télé avant la fin et alla se coucher. Il lut quelques pages du roman qu'il avait entrepris quelques jours auparavant et s'endormit rapidement sitôt la lumière coupée. Il passa une nuit épatante peuplée de rêves joyeux. Au matin, en pleine forme, il lui sembla s'être réveillé plusieurs fois pris d'un fou rire. Ça allait être une super journée !

Il se fit chauffer de l'eau pour préparer le café, se coupa quelques tartines et sortit la confiture du réfrigérateur. Après un bon petit-déjeuner, il alla se préparer et s'habilla pour aller au boulot. Il y allait à pieds sauf s'il pleuvait trop fort. Le soleil était au rendez-vous.

Il arriva avant Jean-Pierre et l'attendit avec impatience. Lorsque celui-ci entra dans l'atelier, il eut droit à un joyeux accueil. Ça allait être une belle journée. Il y avait juste assez de travail pour ne pas s'ennuyer. On commença par faire couler du café et Jean-Pierre commença à parler en tentant d'expliquer la tectonique des plaques et la genèse du système solaire. Louis affichait un sourire ravi. Tout au long de la journée, il rappela son invitation à venir prendre l'apéritif le soir même. Il dit et redit qu'il avait acheté de l'apéritif et des cacahuètes et que l'on allait passer une bonne soirée. Il laissa aussi entendre qu'il y aurait une surprise.

Une super journée très agréable. Le cantonnier était passé en fin de matinée pour une affaire de manche de pioche cassé. On discuta de choses et d'autres jusqu'à la pause de midi. A partir de 16 heures, Louis insista pour que Jean-Pierre n'oublie pas l'apéritif. Il lui rappela qu'il pouvait venir à partir de 18h30. Jean-Pierre lui répliqua qu'il le lui avait déjà donné les consignes à plusieurs reprises.

Louis accrocha sa veste de travail à la patère et ne put s'empêcher de rappeler l'invitation à Jean-Pierre qui se contenta de hausser les épaules. Sans se presser outre mesure, Louis rentra chez lui. Il avait largement le temps pour préparer sa surprise. Il prit une douche et commença gentiment à mettre en place les éléments de sa petite mise en scène.

Il vérifia que les bacs à glaçons étaient pleins, il posa les verres et la bouteille de pastis sur la table basse, il rangea les deux ou trois bricoles qui traînaient, il était satisfait et commençait déjà à se faire le film de son petit effet dans sa tête. Tout allait se passer à merveille. Il retourna dans la cuisine pour terminer. Jean-Pierre devait arriver d'ici une demi-heure. Il installa la malle sur l'évier et accrocha la laisse au collier lui-même fixé au chauffe-eau. Tout était fin prêt et Louis n'était pas peu fier de lui.

A 18h30 très précises, Jean-Pierre toqua à la porte. Louis inspecta rapidement une dernière fois son installation, ferma la porte de la cuisine et ouvrit celle d'entrée. Jean-Pierre avait pensé à amener deux pizzas achetées au camion qui était là tous les vendredis. Il expliqua qu'il avait pensé que ça serait peut-être bien de manger quelque chose en buvant, pour éponger. Louis le félicita pour son initiative bien venue. Il invita Jean-Pierre à s'installer dans le canapé et alla déposer les boîtes en carton contenant les pizzas dans la cuisine.

Il revint avec un bol emplit de cacahuètes salées et le posa sur la table basse. Il proposa un premier apéritif qui fut accepté de bon cœur. Jean-Pierre commença à parler et à tenter des notions compliquées en lien avec la thermodynamique à moins que ce ne fut en rapport avec la physique nucléaire. Il en était à expliquer que Einstein s'était peut-être trompé dans sa théorie générale de la relativité lorsque Louis servit un deuxième pastis bien tassé. Lui l'aimait frais avec des glaçons quand Jean-Pierre le préférait sans trop d'eau et à température ambiante.

Vers 19h30, après déjà pas mal de verres, Louis proposa que l'on commence à manger. L'idée fut accueillie avec enthousiasme. Jean-Pierre proposa de réchauffer les pizzas dans le four. Louis acquiesça et se leva pour aller dans la cuisine. Jean-Pierre allait se lever pour l'accompagner mais Louis l'en dissuada en lui expliquant qu'il n'y en aurait pas pour longtemps avec le four à micro ondes et que Louis pouvait se servir un nouveau verre sans oublier le sien.

La première pizza, coupée en huit, fut servie à même le fond du carton. Jean-Pierre pensa qu'il était opportun d'expliquer les origines de la pizza et comment ce plat est devenu mondialement connu et partagé. On but encore quelques verres et les têtes commençaient à tourner un peu. Louis décida qu'il était temps de présenter sa surprise maintenant. Il avait peur de ne plus en être capable d'ici quelques minutes.

Avec un grand sourire, il demanda à Jean-Pierre de le suivre dans la cuisine. Jean-Pierre se leva en titubant un peu et le suivit d'un pas mal assuré. Dans la cuisine, Louis se mit un peu à l'écart pour laisser Jean-Pierre découvrir l'installation. Ce dernier n'eut d'autre réaction que d'afficher un air étonné d'incompréhension. Pour une fois, il ne trouvait rien à dire.

— Je te mets sur la voie, annonça Louis.

— Hum ?

— Tu vois quoi ?

— Bah... une caisse pleine de clous et de vis sur un évier ?

— Oui mais c'est une malle, pas une caisse. Et quoi d'autre ?

— Euh ? Une laisse et un collier pour chien ?

— Oui ! Et alors ?

— Alors quoi ?

— Et alors ? Par rapport à ce que tu me disais hier après-midi ?

— Je disais quoi ?

— A propos d'un film que tu as vu et que tu m'expliquais ?

— Je vois pas bien ?

— Mais si voyons !

— Non, je vois pas. Désolé.

— Bon. Ça c'est quoi ?

— Une caisse ?

— Une malle !

— D'accord, si tu veux. Une malle. Et ?

— Il y a quoi dedans ?

— Des vis ?

- Oui ! Et alors ?

— Je vois pas...

— Héhéhé ! Louis était au comble du bonheur. Et là, c'est quoi ?

— Je l'ai dit. Un collier et une laisse pour chien.

— Je te le fais pas dire. Et c'est accroché où ?

— Sur le chauffe-eau ?

— Parfaitement ! Oui !

— Et alors ?

— On reprend. Là ?

— Laisse ?

— Et là ?

— Collier ?

— Et là ?

— Chauffe-eau ?

— D'accord. Et ça donne quoi ?

— J'en sais rien, moi !

— Laisse, collier, chauffe-eau...

— Hein ?

— Et là ?

— Une caisse de vis ?

— Une malle !

— Une malle de vis ?

— Oui ! Oui ! Oui ! Et alors ?

— Ah non, franchement, je vois pas.

— Je t'ai coincé, hein ? Avoue !

— Je le reconnais, je sèche, j'y comprends que dalle dans ton truc. C'est un rébus ?

— Vouais ! Une sorte de rébus, c'est ça !

— J'ai dû trop boire, j'arrive pas à recoller les morceaux. Allez. Je donne ma langue au chat. Donne la solution qu'on en finisse et qu'on aille fêter ta victoire avec un bon verre.

Louis savourait sa victoire déjà gagnée. Il fit durer le suspense et, sentencieux, donna l'explication de l'énigme.

— Alors, j'y vais. Bon. Là, on a une laisse, un collier et un chauffe-eau, on est bien d'accord ?

— Ouais, ouais !

— Et là, une malle avec des vis ?

— Ouais, si tu veux.

— Alors, ça nous donne, attention ! Roulement de tambour ! Ta, ta, ta ! Attention, attention ! Laisse - collier - chauffe-eau - malle des vis !

— Hein ? Rien compris !

— Laisse, collier pour le chauffe eau, malle des vis. L'escalier pour l'échaffaud, Miles Davis ! T'as compris maintenant ?

— ...

— Alors ? Hein ? T'en dis quoi, champion ?

— C'est un ascenseur, pas un escalier !

Jean-Pierre fut pris d'un fou rire et Louis se sentit très bête.

samedi 16 mai 2015

Roulez bourré

elephant.pngC'est un projet qui me tient à cœur depuis longtemps et que je m'en vais vous exposer ici même. Je sais que ce sujet est propre à susciter la polémique et qu'il n'est absolument pas "politiquement correct". Pour autant, je reste persuadé que c'est une idée terriblement lumineuse.

Chaque jour, des gens meurent dans des accidents de la route. Chaque fois, on cherche à expliquer l'accident et, lorsque l'on ne trouve rien, on accuse une vitesse excessive. C'est simple. Si l'on ne trouve pas vraiment de raison mais que l'on détecte des traces d'alcool chez la personne considérée comme responsable de l'accident, on incrimine l'alcool. De nombreuses études montrent que la consommation d'alcool diminue largement la capacité d'une personne à conduire en pleine conscience de ses actes. Ainsi, avec le champ de vision réduit et les réflexes à la ramasse, on réagit moins bien. Une personne sous l'emprise de l'alcool pourra aussi, par l'euphorie causée par la boisson, imaginer pouvoir rouler vite sans risque. Tout cela et bien d'autres choses encore est prouvé, validé, incontestable. Nous ne reviendrons pas sur ces questions et ne chercherons pas à faire croire que l'on peut bien conduire avec un sévère "coup dans le nez". Pour avoir expérimenté la chose, je peux certifier que lorsque l'on ne comprend même plus à quoi peuvent bien servir ces pédales que l'on a au bout des pieds et pourquoi la route a une fâcheuse (mais amusante) manière de se gondoler et de louvoyer en tous sens, on est un vrai danger public ! Croyez-en mon expérience. Boire ou conduire, il faut choisir.
Mais voilà. Il est de notoriété publique que certaines personnes (et même des gens bien) ne peuvent concevoir une journée réussie sans qu'elles aient ingurgité une quantité non négligeable de boisson alcoolique. Un nombre encore plus important de personnes peuvent se retrouver à devoir prendre le volant, ne serait-ce que pour rejoindre leur lit, après un repas ou une occasion festive un peu trop arrosée. La sagesse voudrait que ces personnes aient le réflexe de se raisonner et de refuser de prendre le volant. Mais voilà, là, il y a comme un problème. En effet, il est établi que, sous l'emprise de l'alcool, nous ne sommes plus tout à fait maître de notre réflexion qui est passablement perturbée et faussée.
"Mais bien sûr que je peux prendre le volant ! J'ai presque rien bu. D'ailleurs, tiens, je vais me laisser tenter par un dernier digeo". Qui n'a pas assisté à cette triste scène une fois dans sa vie ? Le tonton rigolard qui a émaillé le repas de baptême de ses blagues hilarantes et pour qui l'on s'inquiète tout de même un peu au moment où il va annoncer qu'il rentre au volant de sa DS est dans bien des mémoires. La plupart du temps, le tonton aura réussi l'exploit de rejoindre son pavillon de meulière sans problème particulier. Mais il peut aussi arriver que ce soit justement ce soir là que le tonton s'est tué ou, pire encore, qu'il a tué. C'est bien triste. Le problème est que, comme je l'ai dit plus avant, il est admis que la personne bourrée n'est plus capable de jugement clair. L'alcool détraque la cervelle plus sûrement qu'il rend intelligent et clairvoyant. Mais alors, dès lors, la personne bourrée peut-elle être considérée comme responsable, elle qui n'est pas dans son état normal ? Bien sûr que non !
Après une bonne et belle bouteille de vodka ou quelques chopines d'un bon vin de Moselle, l'infâme poivrot n'a plus la maîtrise de ses actes présents ou à venir. Il s'imaginera être en mesure de conduire pour peu qu'il y aille prudemment en empruntant des routes désertées par les forces de l'ordre. Parce que même fin rond, l'ivrogne sait que son ennemi, bien avant la phynance, c'est le gendarme. Il tient à conserver encore un peu quelques points sur son permis de conduire, ne serait-ce que pour pouvoir aller au boulot lundi matin, quoi.

Dans un monde idéalisé, on pourrait imaginer que, dans chaque circonstance, il pourrait y avoir quelqu'un qui n'aurait pas bu et qui pourrait raccompagner les soiffards invétérés ou qui empêcherait les picoleurs de tous poils de prendre la route. On pourrait aussi espérer de nos vœux une intervention divine de la technologie qui empêcherait à un véhicule de daigner bouger si le conducteur n'est pas à jeun. Enfin, et pourquoi pas ? On pourrait légiférer de telle sorte qu'il y aurait des représentants des forces de l'ordre partout et toujours et jusqu'à la plus petite vicinale insignifiante. Cela fait des années que l'on essaie la répression et les campagnes de prévention avec les résultats que l'on sait. On a baissé le taux d'alcoolémie acceptable et on le baissera encore. Il ne me semble pas raisonnable de militer pour une interdiction pure et simple de la vente d'alcool. L'idée pourrait sembler frappée au coin du bon sens. Ça n'a pas trop bien fonctionné aux Etats-Unis d'Amérique du temps de la prohibition, ça ne sera pas bien accepté en France, pays grand producteur de ce poison qu'est l'alcool. Le problème, c'est que l'idéal n'est jamais accessible.

Et si l'on envisageait ce problème sous un autre angle ?

Le conducteur sous l'emprise de l'alcool est un danger public. Pour lui comme pour les autres. C'est un fait. Mais en quoi est-il un danger pour les autres, au juste ? J'ai beaucoup réfléchi à cela et je pense avoir bien réfléchi. Le gros problème de l'automobiliste bourré, c'est que rien ne le distingue des autres automobilistes. Voilà, c'est tout. Comme souvent, on ne voit pas le plus simple. On cherche une solution en creusant dans le compliqué, le complexe, alors qu'il suffit de rester dans le simple, dans l'évident.
Prenons un exemple. Dans un espace ouvert, une grande étendue quelconque, il y a tout un tas de personnes. Vous êtes dans cette foule dispersée. Parmi toutes ces personnes, une tient une arme et affiche un air agressif. Gageons que la foule va se méfier de cette personne peu amène et s'en écarter. Pourquoi ? Parce que le danger est identifié, tout simplement.
Sur nos routes, les passages dangereux sont identifiés par un système de signalisation routière. "Attention ! Virage dangereux à gauche !", nous dit un panneau. "Attention ! Intersection !", nous dit un autre. Mais il n'y a pas de panneau pour nous dire "Attention ! Passage d'automobilistes bourrés !". Et c'est là que la bât blesse. On ne sait pas identifier un conducteur saoul d'un autre sobre. Du coup, on ne se méfie pas. On roule sans s'imaginer que le type qui arrive en face en zigzaguant quelque peu est rond comme une pelle et c'est l'accident fatal.
Alors, voilà ce que je propose à nos dirigeants. En préambule, je précise que pour que mon système fonctionne, il ne faut tout de même pas que la personne bourrée le soit trop. S'il l'est vraiment trop, ce n'est pas grave. Il tombe dans un coma éthylique et ne conduit pas. Du coup, on pourrait aussi inciter les gens à boire toujours plus au nom de la sécurité routière. Mais là n'est pas le propos.
Pour que ça fonctionne, il faut encore être en état de savoir que l'on est bourré. Le but de l'idée géniale et ingénieuse, c'est de signaler aux autres usagers de la route que l'on est un danger potentiel. Du coup, les automobilistes font se méfier des réactions du chauffard et prendre leurs précautions. C'est pas intelligent, ça ?
Pour se signaler, je suggère que chaque automobiliste, chaque véhicule, ait à sa disposition un système lumineux visible et facilement identifiable, de belle taille qui indiquerait aux autres que l'on est pas bien sûr de pouvoir conduire sans causer une regrettable catastrophe. Ce panneau pourrait représenter un éléphant rose. C'est ce que j'ai trouvé de mieux pour le moment. Ça dédramatise la situation, ça ne jette pas l'opprobre, ça fait rire plutôt que susciter la vindicte populaire. J'aime bien.
Evidemment, il faudrait peaufiner le système. Par exemple, on pourrait créer une charte du conducteur alcoolisé qui lui permettrait de conduire sur une relativement courte distance, pour lui permettre de rentrer chez lui, par exemple, à une vitesse contenue (pas plus de 70 km/h), en empruntant uniquement et de préférence les routes peu fréquentée et lui interdisant les autoroutes. Les gendarmes auraient pour mission d'escorter et accompagner ces personnes et à veiller que les autres usagers facilitent le passage du convoi. En gros, ça reviendrait à ce que la société accompagne le fêtard, le bon vivant, le joyeux drille.

Bien entendu, je ne compte pas gagner de l'argent avec mon idée. J'en fais don aux politiques intelligents qui sauront l'exploiter !
Hips !

Elephant rose et sécurité routière

vendredi 15 mai 2015

Recherche et rangement et réorganisation

Ce matin, je me suis réveillé tôt alors que je ne m'étais pas endormi avant tard. Après avoir bu du café en quantité suffisante, je me suis dit que quelque chose clochait dans mon installation informatique. Certains éléments du réseau d'ordinateurs connectés et partagés n'étaient pas à leur place. Je me suis aussi mis en tête de dessiner un nouveau personnage. En plus de tout cela, j'ai eu l'idée, à l'occasion de sa mort récente, d'écouter un album de BB King. Et enfin, parce qu'il a fallu m'y résoudre, j'ai fait un tout petit peu de ménage. Rassurez-vous, ça ne se voit pas.

Le personnage que j'ai en tête, il faut le mettre sur le papier. Ce n'est pas si aisé que cela. Plus jeune, j'y serais sans doute parvenu en rigolant tellement l'exercice m'aurait semblé simple. Aujourd'hui, les ravages de l'âge font que tout devient chaque jour un peu plus difficile. Du coup, et sans sombrer dans un catastrophisme exécrable teinté de défaitisme, j'en suis à user de la mine en en faisant une grise. Ça ne vient pas tout à fait comme je le souhaite. Il faut dire que l'idée est encore vague. Je sais ce que je cherche, il ne me reste plus qu'à le trouver.
À suivre !

jeudi 14 mai 2015

Sous contrôle

J'allais à la ville pour y faire diverses choses. Quand je parle de ville, j'en fais peut-être un peu trop. Disons plutôt que j'allais au gros village le plus proche du petit mien. Quoi que c'est un abus de langage que prétendre que le village où j'habite m'appartient. Non. Bon. Ça commence mal, ce billet. Je reprends.
J'étais parti de chez moi au volant du fourgon blanc pour aller faire diverses choses au gros village le plus proche. Si j'avais pris le fourgon plutôt que la voiture, j'avais une bonne raison. J'avais l'intention de faire le plein de gazole. En effet, la dernière fois que je l'avais utilisé (le fourgon, pas le gazole[1]), je m'étais aperçu que la jauge de carburant était au plus bas. Une petite lumière rouge éclairait joyeusement le tableau de bord.
Il faisait beau et chaud et nous étions en début d'après-midi. Disons qu'il était quelque chose comme pas tout à fait 15 heures, pour être précis. En arrivant au carrefour du gros village dont je parle au début, j'aperçois deux motos de la gendarmerie nationale équipées chacune d'un gendarme habillé de pied en cap du costume concocté par on ne sait quel tailleur facétieux. Parce que le feu tricolore est au vert, je traverse le carrefour susdit non sans jeter un œil quelque peu moqueur aux représentants des forces de l'ordre. En fait, je regarde plutôt les motos bleues d'origine extrême orientale. Bien sûr, je m'en doutais un peu, les braves gendarmes maintenant motorisés enfourchent leur monture et me rattrapent vite fait bien fait pour m'intimer très bientôt de m'arrêter en bord de chaussée.
Moi, ça ne m'arrange pas de m'arrêter de ce côté de la rue. J'avais justement l'intention de tourner de l'autre côté. Mais bon, que vouliez-vous que je fasse ? Je n'allais tout de même pas m'essayer au délit de fuite ou au refus d'obtempérer au risque de représailles dantesques ! Je tiens à ma vie. Un peu.
Un fier et solide gaillard s'invite à la hauteur de la porte gauchière du véhicule dont je tiens le volant. "Bonjour Monsieur, Gendarmerie nationale", me dit-il sans l'ombre d'un sourire. Il me demande de lui présenter mon permis de conduire. Un peu gêné, je lui tends les quelques morceaux de papier rose en ma possession. Ça ne lui plaît pas trop qu'il soit dans cet état, mon permis. Il me dit qu'il faudrait que je le fasse refaire et je lui dis que c'est prévu[2]. Il me demande ma profession. Je réponds que je suis dessinateur humoristique. "Quoi ?" coasse-t-il. Je répète. "Dessinateur... humoristique ?" semble-t-il douter. Il consulte rapidement et sans intérêt apparent le certificat d'immatriculation et celui d'assurance que je lui propose. Il m'invite à descendre du véhicule et à m'avancer contre le mur proche, à l'ombre.
"Vous avez consommé de l'alcool", me questionne-t-il. "Non", que je lui rétorque. "Vous avez consommé des stupéfiants ?", poursuit-il. "Non", que je lui dis. "A quand remonte votre dernière consommation de stupéfiants ?", qu'il essaie en puisant dans ses réserves d'intelligence. "Non", me contente-je. Il semble étonné par la réponse, ça le perturbe, je crois.
Là, il a une nouvelle idée pour m'emmerder un peu. Il me demande de me tenir droit et de fermer les yeux. Je m'exécute. Après, il me demande de les ouvrir. Je le fais. Et puis, il me demande de suivre le doigt qu'il promène de droite à gauche puis de haut en bas devant mes yeux. Et, pour finir, il me demande de fermer les yeux de nouveau et de lever une jambe[3]. Là, je lui dis que j'ai un souci d'équilibre et que voilà. Il veut savoir pourquoi j'ai un problème d'équilibre et je lui explique que c'est une question d'oreille interne. Bon, bon, bon. Son collègue profite de la confusion pour faire son entrée en scène avec un éthylomètre en main. Il présente l'appareil à hauteur de bouche et m'explique qu'il va me falloir souffler dans le tube jusqu'à ce qu'il me dise d'arrêter. Je lui prends l'appareil et souffle. Alors qu'il reprend le truc, je me penche sur lui pour regarder l'écran de contrôle qui ne tarde pas à indiquer un joli 0.00.
On me restitue le permis de conduire en loques, le certificat d'immatriculation et celui d'assurance. On me souhaite une bonne route et j'en fais de même. Alors, l'un des deux gendarmes dit à l'autre : "Là ! Le C15 !". Ils enfourchent leur Yamaha et s'apprêtent à partir à la poursuite du véhicule suspect. J'ai juste le temps de demander à l'un des deux gendarmes, au moment où il fixe une sorte de cordon à son blouson, s'il s'agit du système de airbag. Il me répond que oui et il file. Je n'ai même pas le temps de leur dire que le C15 est un Renault Express.

Les hommes en bleu

Notes

[1] Bien que je sois bien en peine d'utiliser l'un sans l'autre. Je peux utiliser le gazole sans le fourgon ; je ne peux pas utiliser le fourgon sans le gazole. Il faudrait que je réfléchisse à tout cela à tête reposée.

[2] depuis au moins dix ans.

[3] L'une ou l'autre, il m'a laissé le libre choix.

mercredi 13 mai 2015

La Peste, elle invente une machine qui sert à que dalle

La Peste, elle pollue

mardi 12 mai 2015

Traits de plume

construction

lundi 11 mai 2015

Arrête de faire l'âne !

ane.gif

dimanche 10 mai 2015

Périgueux sur Seine

Paris en Périgord

Bijoux et bien-être

Hier, je suis passé par Périgueux avec mon appareil photo numérique. J'ai vu cette personne en train de contempler la vitrine d'un vendeur de bijoux et j'ai vu une image amusante.

Chemins du bien-être

samedi 9 mai 2015

Le pire est toujours à venir

orange blossom

vendredi 8 mai 2015

Si les ricains n'étaient pas là

Qui aurait dit qu'un jour je citerai ce grand penseur qu'est Michel Sardou ? Plus aucun doute possible, le blog qui nuit (très) grave nuit bien à fond. Quoi qu'il en soit et jour de commémoration oblige, le groupe de personnes qui se sont mises en tête de préserver la mémoire des soldats alliés venus, entre autres choses, libérer la France de l'occupant nazi ont organisé une exposition visible aujourd'hui et demain dans les jardins de la Vergne de Terrasson-Lavilledieu, en Dordogne.

Jeep
Si, aujourd'hui, je m'intéresse aux quelques véhicules présents, il convient, par honnêteté, de dire que cette manifestation montée en marge des cérémonies du 8 mai s'attache, en proposant de visiter un ensemble de tentes, à montrer des objets témoins de la seconde guerre mondiale et ceci bien au-delà de la seule armée américaine. Ainsi, on peut voir des uniformes français ou américains mais aussi des habits d'époque de la Résistance. Ici, on honore la mémoire de ces résistants et du général de Gaulle, là on reconstitue un hôpital de campagne. Les membres de l'association à l'origine de ces reconstitutions ont amassé tout un tas d'objets rappelant cette période. On peut trouver des boîtes de corned-beef, des bouteilles de Coca Cola ou des tablettes de chocolat mais aussi des armes, des casques, des accessoires militaires divers et variés.

GMC Atelier
Mais on ne se refait pas et moi, du bout de ma petite lorgnette, je commets l'erreur assumée de ne présenter que des photos de véhicules. Par pur mauvais esprit, je regrette que seuls soient présents les véhicules étoilés. Je ne reviens pas sur le fait que quelques Jeep soient des Hotchkiss produites sous licence en France pour l'armée française et que, de fait, elles n'ont jamais eu à porter cette belle étoile à cinq branches identifiant si bien l'armée américaine. Par contre, j'aurais aimé voir une ou deux représentantes des automobiles françaises de l'époque. Une Traction ou une 202, ça doit tout de même pouvoir se trouver, non ? Pas plus de Harley, d'ailleurs. Bon, ok, c'est une petite association d'amateurs et il font comme ils peuvent. C'est comme l'absence de véhicules allemands. On ne les voit que très rarement, ces machines qui rappellent l'occupation et la guerre. Les véhicules américains, ce n'est pas la guerre, c'est la victoire, la libération.
J'aime beaucoup la gueule du GMC. C'est à mon avis le plus beau camion du monde. Quand je serai grand, j'en aurai un !

White Scout Car

Moins courant que la sempiternelle Jeep ou le classique GMC, il y a un beau White Scout Car blindé et bien équipé. Je suppose que pour la plupart d'entre-vous il n'est pas d'actualité de passer par Terrasson pour aller visiter cette reconstitution d'un camp militaire américain et soutenir la petite équipe qui s'occupe de tout ça. Mais si jamais l'occasion se présente, allez-y ! Il y a forcément des trucs à glaner pour comprendre la libération et les conditions de vie des militaires américains du débarquement.

jeudi 7 mai 2015

L'indienne de Limeyrat

Aujourd'hui, j'ai essayé de faire une photo. Un ratage parfait ! Je n'étais pas absolument sûr que ce soit si catastrophique que ça en contrôlant sur l'écran de l'appareil photo mais en rentrant et en transférant les fichiers sur l'ordinateur, j'ai pu m'assurer que c'était une abomination rarement atteinte. J'ai tout mis dans la corbeille que j'ai vidée. Une bonne chose de faite. Passons à autre chose.

Du coup, je ne savais pas quoi vous proposer pour aujourd'hui. Parce que je n'arrivais pas à faire un dessin, je suis allé vers la facilité et ai puisé dans les images restantes de Limeyrat. Et donc, je vous présente une 1000 Indian déjà présente l'an passé. On ne s'en lasse pas.

Indian 1000

Meilleur profil de l'Indian 1000

mercredi 6 mai 2015

Bourse d'échanges de Brive-la-Gaillarde

Dimanche dernier, il y avait la bourse d'échanges de Brive. C'était l'occasion pour les collectionneurs et restaurateurs de véhicules anciens de trouver la perle rare, c'était aussi, pour les badauds, d'admirer les quelques véhicules exposés. Cette foire se tenait sur la place de la Guierle et dans la salle Georges Brassens qui, comme c'est étrange, est aussi l'endroit où se tient l'un des plus courus des marchés de la ville. Je reviendrai peut-être sur les véhicules exposés mais, pour aujourd'hui, je vous propose quelques images de la bourse d'échanges proprement dire.
Pour commencer et pour faire râler Liaan, une Honda 750 Four bien restaurée qui n'était pas vraiment exposée. Elle se trouvait en bout de la bourse, légèrement en retrait. Pour moi et par-delà les vaines querelles, cette moto a marqué son époque et est devenue une vraie "classique". Alors, oui, on ne peut pas le nier, c'est une moto japonaise. Et alors ? Elle a une bonne gueule et ça me fait plaisir d'en voir une dans ce bel état.

Honda 750 Four
L'humour s'était invité à cette bourse d'échange corrézienne. En guise de rappel de l'étonnante vente Artcurial de la collection Baillon qui a vu partir à des prix totalement déraisonnables des épaves qui ne seront probablement jamais restaurées, étaient exposées deux "machines" décrépies en un état de délabrement bien avancé. Des affichettes annonçaient qu'il s'agissait d'une vente "Artfinal" et proposaient la vente à des prix cocasses. Cela rappelait au passage que le petit monde du véhicule de collection est aussi sinon avant tout une grosse affaire de fric.

Vente Artfinal-Baillon
Humour encore avec un joli petit Kombi VolksWagen décoré avec goût aux couleurs d'une célèbre marque de boisson sucrée bien connue. J'aime beaucoup ce genre de traitement qui cherche à vieillir la carrosserie et à laisser la rouille apparaître tout en la contrôlant attentivement. J'aime aussi le contraste entre les jantes bien propres et brillantes avec le reste du véhicule.

Volkswagen
Pour finir, un aperçu de ce que l'on pouvait trouver comme deux roues à restaurer. Il s'agit de ce que l'on appelle du matériel "sorti de grange". Il n'est pas impossible qu'un jour quelqu'un se prenne de passion pour ces cyclos et vélomoteurs populaires délaissés et abandonnés à leur triste sort et qu'ils sillonnent de nouveau les petites routes prochainement. Au passage, il est amusant de se dire qu'il sera aussi difficile et onéreux de restaurer à la perfection l'un de ces pétochons insignifiants qu'une moto d'une grande marque célébrée. A l'heure où je suis parti de la bourse, ces machines étaient toujours là et n'avaient visiblement pas trouvé acquéreur. Une prochaine fois peut-être ?

Sortie de grange

mardi 5 mai 2015

Bondieuserie superstitieuse et quelques motocyclettes à Limeyrat

Je n'ai pas eu beaucoup de temps pour préparer quelque chose. Parmi les quelques photos que je ne vais pas jeter tout de suite, j'en ai sélectionné trois. Une qui présente une jolie Armor sur fond de Motoconfort et deux autres d'une même moto, une Rhony'x, avec laquelle on doit sereinement pouvoir affronter la route bien protégé.

Armor et Motoconfort
Regarde St Christophe puis va-t-en rassuré
Rhony'x

lundi 4 mai 2015

À Limeyrat, les vieilles se dégourdissent les gambettes

Je suis sincèrement désolé de ce qu'il va se passer sur le blog pour aujourd'hui et les jours à venir. Désolé pour celles et ceux qui n'aiment pas les motos anciennes, qui s'en foutent, qui n'en ont rien à battre, que ça emmerde, que ça ennuie, que ça dérange. Désolé pour celles et ceux qui n'aiment pas les photos. Désolé mais, parce que c'est moi le chef, je fais bien ce que je veux et comme je l'entends.
Je comprends tout à fait que l'on ne comprenne pas l'intérêt suscité par ces vieilles mécaniques, ces gros jouets qui ne servent même plus à se véhiculer d'un endroit à un autre dans un but pratique et utilitaire. Toutes ces motos qui ont au minimum 86 ans ne doivent plus être considérées comme de vrais véhicules. Bien sûr, elles roulent et elles l'ont démontré lors de la promenade d'une cinquantaine de kilomètres qui les a menées vers Bars et Fanlac. Elles roulent mais il serait illusoire de prétendre les utiliser au quotidien comme on le fait d'une moto plus ou moins récente. Et de fait, on peut légitimement se demander à quoi ça peut bien servir de préserver ces vieilles pétoires. On peut même estimer qu'il serait plus productif d'utiliser son temps à autre chose. Mais bon, c'est comme ça. Il y a des personnes qui sont prêtes à laisser couler une larme d'émotion à la première rencontre avec une moto ou une auto ancienne à restaurer. Et ceci même si ça n'éveille pas de souvenir particulier, s'il n'y a pas derrière un grand-père voire un arrière grand-père qui aurait eu un véhicule semblable dans le temps. C'est une perversion bizarre et étrange et ça ne se discute pas.
Et comment ça fonctionne, tout ça ? C'est ma foi assez simple. La première étape, pour faire une moto de collection, c'est de trouver une personne qui l'achète neuve à sa sortie. Ça semble idiot mais c'est pourtant vrai. Bien vite, de neuve la moto entre dans le domaine de la moto d'occasion. A cette étape, normalement, elle n'intéresse pas grand monde. D'occasion récente, la moto entre alors dans une sorte de purgatoire. Il s'agit de cette période noire durant laquelle elle fait figure de vieillerie dépassée. On la regarde avec un sourire moqueur et on ne lui trouve aucune qualité. C'est après, une fois que nombre de ses semblables aura fini sous le pilon du casseur et qu'elle aura été recyclée, que l'on commencera à s'intéresser aux représentantes restantes. Elle sera alors auréolée du prestige plus ou moins marqué de l'appellation "véhicule de collection" ou, du moins et comme on le dit aujourd'hui, de "moto classique". Clairement, entrent aujourd'hui dans ces catégories des motos nées dans les années 80. Le temps passe !
Venue en voisine comme une petite fille viendrait rendre visite à ses grand-mères, une belle BSA était présente à Limeyrat, un peu à l'écart, toutefois.

Birmingham Petits Bras
Si cela fait bien plaisir de voir cette belle anglaise, le sujet était la moto bien plus ancienne. Parmi les plus âgées du jour, il y avait une belle Peugeot qui exposait un ingénieux système de suspension avant par lames de ressort disposées verticalement le long de sa fourche. On notera que le principe n'a pas fait école.

Visez-moi cet éclairage ! Visez-moi cette suspension !
Pour la sélection de photos d'aujourd'hui, je me suis concentré sur quelques détails amusants ou simplement intéressants. Par exemple, nous avons le cas de ce bicylindre en V (qui trouvera la marque ?). Bicylindre mais quatre bougies d'allumage !

Bicylindre en V mais quatre bougies
Je n'ai jamais eu la chance et l'occasion de conduire des motos vraiment anciennes, des années 30 ou antérieures. Ce devait tout de même être quelque chose de gérer les commandes au guidon, de ne pas oublier de donner un coup de pompe pour le graissage de temps en temps, de chercher à éviter les nids de poule sur ses routes qui n'étaient pas revêtues. La quantité de manettes et leviers à sa disposition est de nature à provoquer comme un certain désarroi chez les non initiés.

Essaie de te débrouiller avec toutes ces manettes !
Pour accélérer, c'est où qu'on freine ?
Ce qui me surprend toujours, c'est de trouver des dispositifs d'éclairage sur les motos les plus anciennes. Ici, pas d'ampoule électrique ! On éclaire la route avec du gaz enflammé ! J'ai comme une sorte de doute quant à l'efficacité de la chose. Il semble que l'éclairage n'était pas obligatoire en ces temps anciens. Bon nombre de motos ne propose aucun accessoire de ce genre si ce n'est, dans le meilleur des cas, un discret catadioptre à l'arrière. Mais franchement, est-ce que l'on avait réellement l'idée de filer dans la nuit au guidon de ces machines ?

C'est comme les pieds, bien nickelé !

dimanche 3 mai 2015

Limeyrat 2015

Encore un plateau de rêve pour cette nouvelle édition du rassemblement des ancêtres de Limeyrat. Année après année, la qualité de l'événement ne se dément pas et c'est un bonheur tant pour les yeux que pour les oreilles que d'aller à la rencontre de ces motocyclettes qui tutoient le siècle d'âge pour certaines.

Chaque année, on a plaisir à revoir certaines motos et à en découvrir de nouvelles. Enfin des nouvelles ! C'est maladroit. Non, des nouvelles, il n'y en a pas. Les plus récentes datent de 1929. Ça commence à faire un bel âge, convenez-en. Et elles tournent ! Ce n'est pas toujours très simple à faire démarrer, il convient parfois de les pousser ou de ne pas compter sa sueur à pédaler mais il arrive toujours un moment ou le mélange gazeux pénètre dans le cylindre et qu'une étincelle vienne, au moment opportun, l'enflammer.
Que de marques éteintes ! Terrot, Rhony'x, DS Malterre, Motobécane, Griffon, René Gillet, Gnome Rhone et j'en passe. Parmi tout cela, quelques représentantes de marques toujours en activité. Harley Davidson, Triumph, Indian. Celles d'aujourd'hui n'ont pas grand rapport avec celles d'hier mais nous ne sommes pas là pour discourir du temps qui passe et des avantages supposés du temps passé.
Pour vous faire patienter le temps que je finisse de traiter toutes les images prises ce matin, je vous propose déjà trois photos sélectionnées parmi celles qui, à mon avis, méritent d'être présentées ici. Tout d'abord, une belle Terrot.

Terrot
Il existe un débat sans fin dans le petit monde des collectionneurs de véhicules anciens. Faut-il conserver l'engin dans son jus d'origine, avec la patine du temps, les coups et les bosses, la peinture écaillée et la rouille grignoteuse ou est-il préférable de procéder à une restauration complète au risque de ne plus conserver de la machine d'origine ou presque ? Pour ma part, je ne prends pas parti. J'aime les deux solutions à égalité et considère que, si l'on a la chance de trouver une motocyclette entière et dans ce que l'on appelle "dans son jus", il est préférable de la garder en l'état avec les inscriptions d'origine, la peinture d'origine. Maintenant, si la motocyclette (ou l'automobile) est une quasi épave incomplète, il est sans doute préférable d'effectuer une restauration complète plutôt que d'afficher un montage de plusieurs origines avec un réservoir bleu, un garde-boue avant rouge et un arrière jaune. Et donc, tout ça juste pour dire qu'il y avait quelques machines gardées dans leur jus et que j'aime bien ça.

Dans son jus
Ce qui est très intéressant dans les motocyclettes présentées à Limeyrat, c'est bien qu'elles roulent ! Des véhicules anciens, on peut en voir dans des musées. Là, elles sont le plus souvent bien propres, sans flaque d'huile sous elles. Mais il est impossible de savoir si elles sont en état de rouler ou même de démarrer. Comment savoir s'il y a un piston dans une moto de musée ? A Limeyrat, les motos démarrent et elles le font entendre. Alors, oui, parfois, il arrive qu'elles aient quelques petits problèmes de fuite et il faut parfois bricoler une solution dans l'urgence.

Triumph fuyarde

samedi 2 mai 2015

Peyrignac, son église, son monument aux morts

Eglise et monument aux morts de Peyrignac

vendredi 1 mai 2015

Foire de la Latière

Elle est plusieurs fois séculaire, on en parle comme d'une légende, on prétend qu'il faut s'y être rendu au moins une fois dans la vie, c'est la foire de la Latière à Saint-Aulaye.

Alors quoi ? C'est ça, la foire de la Latière ? Je n'y étais jamais allé. Il faut dire qu'il me faut pratiquement traverser le département d'est en ouest pour arriver à la limite des frontières, tout à côté de la Charente. Pas loin de cent bornes depuis Azerat, tout de même. Cela faisait des années que j'en entendais parler, plutôt en bien même si on ne m'avait jamais réellement dit ce que l'on pouvait y trouver.
D'après ce que j'en avais entendu, il s'agissait d'une foire très ancienne, une foire qui se déroule dans la forêt de chêne de la Double, à Saint-Aulaye. J'imaginais des vaches, des cochons, des brebis et des chèvres sous les frondaisons, j'imaginais du très typique. En fait, j'ai été déçu. Passons sur le parking qu'il faut payer 5 euros. C'est cher pour une place dans un pré mais passons. Admettons qu'il faille payer les infrastructures et l'organisation. C'est que ce sont plusieurs dizaines de milliers de visiteurs qui passent par là sur deux jours !
Il semble que ce soit aujourd'hui, le 1er mai, qu'il faille s'y trouver pour profiter réellement de la foire. Du reste, il y en a deux dans l'année. Une au printemps et une à l'automne. J'y étais hier. Depuis le parking, on arrive sur les lieux de la foire. Quelques ânes et chevaux sont là. Rien de bien spectaculaire. En fait de foire sous les arbres, j'ai vu une bête foire commerciale avec des étalages de saloperies diverses, de pièges à gogo en tous genres. De la poêle qui n'attache pas solide comme du silex au lot de chaussettes à 20 euros en passant par de l'authentique artisanat amérindien (véridique) ou de la photo "au mètre" (oui, oui !), je parcours les allées et j'ai le moral en berne. Qu'est-ce que je fous ici ?
Je ne dis pas. Peut-être que la foire est intéressante pour qui veut acheter des plants de tomates ou de cornichons, des canards ou des poulets, de l'outillage à main "made in China". Bien sûr, on peut se restaurer. D'après ce que j'ai lu, il semble que ça puisse ne pas être mal de ce côté là. Je n'étais pas présent pour l'heure du repas, j'étais déjà parti. Ceci dit, je doute tout de même un peu que ça vaille le coup de se rendre à la Latière dans l'espoir de faire un bon repas. Là, on trouve des manèges et animations pour les enfants et puis c'est à peu près tout, on a fait le tour de ce qu'il y a à voir. Décevant.
J'avais lu qu'il y aurait une exposition de vieux tracteurs et j'espérais que, au moins, j'allais pouvoir faire provision de photos. Il y en avait quelques uns. Rien de bien folichon. Quelques Fordson, Massey-Ferguson, Renault et inévitables Société Française Vierzon. Je m'attendais à mieux pour une foire aussi réputée.

Société Française Vierzon 201
Ce que j'ai trouvé aussi très décevant et à la limite du foutage de gueule, c'est la présence de quantité de commerçants présents pour vendre de la charcuterie, du fromage, du pain et des conserves qui n'ont rien à voir avec le Périgord. Disons que, si j'admets qu'il est difficile de produire du Cantal en Dordogne ou du jambon de Bayonne dans la Double, il aurait fallu pouvoir trouver aussi des stands de producteurs locaux pour donner à la foire son caractère périgordin. Ils étaient particulièrement absents. Pour expliquer la chose, j'ai tenté de me persuader qu'il y a une logique. La foire permettait d'acheter ce que l'on ne trouvait pas en Périgord. Les marchands venaient de toute la France pour proposer leurs produits. Pour acheter les produits locaux, on n'avait pas besoin d'aller à la foire. Logique. Logique mais décevant tout de même pour moi.
La Latière, j'y suis venu, j'ai vu, je ne suis pas convaincu. Je n'y retournerai probablement pas.

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