janvier 2013 (33)

jeudi 31 janvier 2013

La pomme de discorde

J'ai vu et touché le nouvel iMac "2012". Incroyablement fin (surtout sur les bords), tellement "design", magnifiquement beau (selon Apple). Incontestablement le meilleur du monde informatique actuel (selon Apple). Mon avis est bien moins enthousiaste.

Des bouleversements, il y en a eu, chez Apple. Il y en a eu des bons et des moins bons. Il y a eu l'arrivée du SCSI, l'arrivée des cartes ethernet, le système Mac OS X, l'adoption du USB et du FireWire, le premier iMac... Il y a aussi eu l'abandon des processeurs PowerPC et le choix des processeurs Intel, l'abandon du SCSI et du FireWire, l'abandon des XServe, des machines de plus en plus difficiles à faire évoluer, l'abandon de Mac OS X pour OS X qui nous promet un rapprochement avec iOS, le débarquement de l'App Store et l'obligation à passer par cette plate-forme pour obtenir des logiciels à plus ou moins longue échéance. Aujourd'hui, la gamme d'ordinateurs Apple se compose de MacMini, de iMac, de MacPro et de MacBook Pro ou de MacBook Air. Toutes ces machines vendues avec la dernière version du système Apple, Mountain Lion (10.8).

C'est en prévision de l'arrivée d'une nouvelle personne au boulot que mon employeur m'a demandé d'acheter une nouvelle machine. J'ai choisi un iMac de dernière génération avec 8Go de RAM. Les MacPro sont bien trop chers. Nous avons reçu cette machine et je l'ai installée. Parce que Apple a décidé de ne plus installer de lecteur optique avec ces machines, j'ai acheté le lecteur/graveur de CD/DVD Apple. Parce que Apple ne livre plus de DVD d'installation du système, j'ai acheté un disque dur externe qui m'a permis de sauvegarder le contenu du disque dur en vue d'une future possible réinstallation du système. Cela fait gonfler le prix.
Dès le démarrage, Apple cherche à vous inciter à vous connecter à votre compte Apple ou à en créer un. Pour faire les mises à jour, il vous est demandé de vous identifier. S'il est possible de passer outre cette identification pour les mises à jour du système, il n'en va pas de même pour les mises à jour des logiciels livrés avec la machine (iPhoto, GarageBand...). Là, il vous faut absolument utiliser votre compte ou en créer un qui va vous permettre de télécharger les nouvelles versions à partir de l'App Store. C'est un peu agaçant d'autant plus que rien ne semble être prévu pour les entreprises.
Je démarre la machine, je configure le système pour qu'il entre sur notre réseau et qu'il s'authentifie à notre serveur Apple et je fais les mises à jour. Je sauvegarde l'intégralité du disque sur le disque externe avec Time Machine et je cherche à connecter une tablette graphique Wacom Intuos 2. Déconvenue, Wacom ne développe plus de pilote pour ses tablettes anciennes. Apple n'y est certes pour rien mais ça m'agace tout de même. La machine est silencieuse et réactive. Il semble que ça marche plutôt bien. Je déteste Mountain Lion comme je déteste Lion, la version précédente du système.

Le iMac d'une collègue ne parvenant pas à lire un DVD un peu endommagé, j'ai l'idée de connecter le lecteur/graveur acheté avec le nouvel iMac. J'insère le DVD et il ne se passe rien. Le DVD ne monte pas. J'essaie d'éjecter le DVD sans succès. Je pense à un problème du système et redémarre le iMac en tenant le bouton de la souris appuyé. Le DVD s'éjecte et le système redémarre. J'essaie de nouveau d'insérer le DVD. Même résultat. Je teste sur un MacPro sans plus de résultat. Là, je lis un peu ce qui est dit de ce lecteur/graveur Apple et je vois que cet appareil ne fonctionne qu'avec des ordinateurs dépourvus de lecteur/graveur interne. C'est à dire que chez Apple, on a décidé sciemment que ce machin ne fonctionnera que sur les MacMini, iMac et MacBook récents. Admettons qu'il soit envisageable qu'il faille un bout de logiciel ou un pilote pour faire fonctionne le bouzin sur des macs vieux de deux mois. Admettons que ce logiciel ou pilote ne soit pas livré avec la merde Apple mais qu'il soit nécessaire de la télécharger. Mais non. Tant pis.
Un autre truc qui m'agace vraiment, c'est le fait que le iMac ne soit visiblement pas livré avec une image disque du système que l'on pourrait graver ou enregistrer sur une clé USB ou un disque dur. Apparemment, la seule solution envisagée est de télécharger (et acheter) le système sur le App Store. On peut, comme je l'ai fait, faire une sauvegarde du disque avec Time Machine mais le problème est que ce système est prévu pour effacer les sauvegardes les plus anciennes si jamais le disque externe vient à manquer de place. Bien sûr, on peut faire une première sauvegarde sur un disque dur externe que l'on range et conserve pour "le cas où" mais je n'y avais pas pensé.
Les nouveaux iMac ne permettent pas un remplacement du disque dur ou de la RAM aisé. Au nom du design (nous dit-on) Apple réinvente l'ordinateur jetable. Bien entendu, il est possible de faire appel à un service après vente pour effectuer la réparation. Tant que la machine n'est pas trop vieille. L'idée est tout de même bien d'inciter grandement le cochon de client à changer de machine au premier pet de travers. On me dira que l'on peut toujours ouvrir le iMac soi-même et bricoler ce que l'on veut dedans (et même remplacer le processeur). Oui, on trouve les explications pour le faire sur Internet. Je gage que la majeure partie des possesseurs de iMac ne s'y essaiera pas. Je ne sais pas si j'oserais m'essayer à l'opération.

Pour le moment, tout cela ne me concerne que très indirectement. Je n'ai pas l'intention de changer de machine, je reste avec mon Snow Leopard sur les machines qui l'acceptent. Qu'en sera-t-il dans quelques années ? Plus ça va, moins j'accepte les idées de chez Apple. La seule alternative à brève échéance est de passer à Windows ou à Linux. Acheter un PC ne me réjouit pas. Utiliser Windows encore moins. Un PC avec Linux. Oui. A condition de se passer de certains logiciels dont certains de chez Adobe (Photoshop, Illustrator et InDesign). Je peux imaginer que Gimp peut éventuellement remplacer Photoshop. Pour les autres, je ne vois pas de remplaçants crédibles. Le plus sage serait d'accepter Windows pour pouvoir utiliser ces logiciels et ouvrir les documents déjà réalisés avec eux. A moins que je décide tout simplement de laisser tomber les ordinateurs et que je passe à autre chose. Chez Apple, il semble assez clair que l'on veuille imposer les iBidules (iPhone et iPad). Pour aller sur Internet et faire ce que je fais le plus souvent, ça peut suffire. Sauf que je ne me vois pas continuer à tenir un blog en devant tapoter sur un clavier virtuel (je sais que l'on peut connecter un clavier Bluetooth).

Cela fait une vingtaine d'années que je bricole sur des machines Apple. En ces quelques vingt ans, j'ai vu et accepté des évolutions mais, dans le fond, il est toujours question d'un clavier, d'une souris (ou équivalent) et d'un écran. Je n'ai aucune idée de ce que sera l'informatique personnelle l'an prochain. J'ai l'impression que l'on voudrait conduire la grande majorité des utilisateurs à ne plus être que des consommateurs de données numériques. Les ordinateurs seront peut-être bientôt réservés aux informaticiens qui concevront ces contenus et les gèreront à notre place, sur le "cloud". Ainsi, les appareils numériques seraient tous connectés à un super-Internet et à un compte numérique attribué à chacun. Les photos seront directement envoyées sur des serveurs et on pourra les voir en étant "connecté". La fracture numérique a encore de beaux jours devant elle.

mercredi 30 janvier 2013

Rien que du vrai véridique

L'autre jour, pour le boulot, je suis allé chercher tout un lot de serveurs d'occasion. J'ai commencé à réinstaller tout ça.

Huit serveurs, rien que des Dell©, et un NAS "rackable le tout dans une grande armoire informatique métallique de deux mètres de haut sur un mètre de profondeur et 60 centimètres de large. J'ai commencé par reformater et paramétrer le NAS pour qu'il puisse être utilisé sur notre réseau local. Ça a pris son temps. Pratiquement une journée rien que pour cela. Hier et aujourd'hui, je me suis occupé de regarder ce que chaque serveur avait dans le ventre, RAM et disques durs, avant de les installer dans les rails de l'armoire. Ce matin, j'ai commencé à câbler le tout. Je peux vous dire qu'il y a du câble. Rien que pour les alimentations, qui sont redondantes. J'avais espéré pouvoir démarrer au moins un serveur aujourd'hui mais j'ai été pris par le temps. Je pense que la remise en route des serveurs qui nous serviront avec la réinstallation de Linux prendra quelques heures.

C'est mon patron qui a choisi très précisément l'endroit où doit être placée l'armoire informatique de ces serveurs. Il l'a fait avec goût et après avoir bien réfléchi à la couleur de la moquette qui serait la meilleure pour le sol de la salle des serveurs [1]. J'ai protesté en disant que la moquette n'était peut-être pas la meilleure des solutions pour une salle prévue pour accueillir des serveurs. Ne serait-ce que pour les risques d'électricité statique. Il m'a rassuré en me disant que ce serait de la moquette en plastique (!).
Il a tellement bien choisi l'endroit où sera cette armoire qu'il a choisi juste l'endroit où il n'y a pas une seule prise de courant [2] et aucune arrivée de réseau [3]. De plus, il a décidé que l'armoire sera bien collée au mur du fond, juste à côté d'un radiateur [4].
Je dois être un peu souffrant, je ne me suis même pas engueulé avec lui. Je me dis que je vais mettre les serveurs en état et que, une fois que ce sera fait, je lui demanderai une solution pour brancher le tout quelque part[5].

Notes

[1] Cela est véridique.

[2] Véridique encore.

[3] véridique derechef.

[4] Véridique là encore.

[5] Et ça, c'est toujours du véridique !

mardi 29 janvier 2013

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (29)

Où en sommes-nous ? Dans l'épisode précédent nous assistions quelque peu éberlués à un carnage et à la concrétisation d'amours homosexuelles qui faisaient chaud au cœur. Quelques méchants étaient passés de vie à trépas sans que l'on songe une minute à les regretter ; Roland et Robert, Alice et Gaëlle s'apprêtaient à convoler en justes noces et tout semblait nous indiquer que nous nous dirigions vers une issue somme toute heureuse. Fin heureuse ? Fin ? Que nenni ! Liaan prend le relai et nous livre son authentique version des faits ! Le feuilleton n'est pas mort, vive le feuilleton !

Chez Kermitt, boulanger à la retraite, avec les brigadiers Chapraud et Chapraut.

- Mais, au fait, brigadier Chapraud ? Si nous allions voir l'endroit d'où le présumé coupable a perpétré son forfait ? demanda le brigadier Chapraut.

- Bonne initiative, brigadier Chapraut, Monsieur Kermitt, pouvez vous nous mener sur le site du forfait éventuel ?

- Bien sûr, Messieurs de la Maréchaussée. répondit Kermitt, Suivez-moi.

L'air frais de la nuit leur éclaircit un peu les idées. La chouette hulula une nouvelle fois. Arrivé devant le hangar profané par Günther, le brigadier Chapraut demanda encore :

- Vous avez plusieurs motocyclettes dans cette remise, M. Kermitt ?

- Certes, j'en avais quatre, de bécanes, d'ailleurs vous allez les voir.

Les deux pandores pénétrèrent dans le hangar, invités par Kermitt qui s'effaça pour les laisser entrer les premiers, Kermitt fit fonctionner l'éclairage et l'on pu voir les trois bâches recouvrant les motos restantes, dont seule la BSA était restée entièrement visible.

- Il a dû vouloir me faucher la BSA d'abord, car c'est la première qu'il a pu voir, le Fridolin ! dit Kermitt.

- Fichtre ! lança le brigadier Chapraut, une B33, une 500 centimètres-cube, belle machine, ma foi !

- Hé, brigadier Chapraut, vous vous y connaissez en matière de motocycles ? demanda le brigadier Chapraud.

- Oui, c'est bien une B33 continua Kermitt, il n'y a pas que des ignares chez les cognes !

- Attention, Môssieur Kermitt, attention à l'injure, j'ai toujours sur moi mon carnet à souche !

- Oh, rétorqua Kermitt, si on peut pu émettre une opinion, on est en République, non ?

- Il est vrai que je m'y connais un peu, coupa le brigadier Chapraut, je lisais Moto Revue tous les samedis, le magazine des motocyclettes depuis 1913 !

- Depuis 1913, vous lisiez cette revue ? demanda, perfide, le brigadier Chapraud, je ne vous voyais pas si âgé, brigadier Chapraut !

- Non, ignorant ! C'est l'année de la création de Moto Revue, rétorqua le brigadier Chapraut.

- Attention, brigadier, ce n'est pas que vous êtes hiérarchiquement mon égal qu'il faut me traiter en inférieur !

Kermitt s'amusait de ces piques lancées par les 2 Pandores.

- Ah ? Cela vous fait rigoler, M. Kermitt ?

Le brigadier Chapraut, passionné de motocyclettes continua :

- J'avais toujours voulu passer dans la Brigade Motocycliste, mais j'ai échoué à tous les examens, sauf celui d'urine. Oui, vous pouvez rigoler.

- Et ces autres deux-roues ?

Kermitt souleva la bâche qui recouvrait une NSU Max 250 et une DKW RT 350.

- Deux autres motos allemandes, vous avez bon goût, M.Kermitt, lança doctement le brigadier Chapraut, si je puis me permettre, avec une BMW R51, vous aviez là la quintessence de la belle ouvrage en matière de motocyclettes !

- Bon, bon, nous ne sommes pas là pour juger la qualité de ces deux roues motorisés, mais pour établir un rapport circonstancié de ce vol curieux, tempéra le brigadier Chapraud.

- Mais ces motos sont totalement en règle ! précisa Kermitt.

- Cela ne nous regarde pas , ces motocycles ne sont pas sur la voie publique !

Pendant que le brigadier Chapraud parlait, Kermitt observait le brigadier Chapraut qui essayait de démarrer la moto anglaise.

- Si vous y arrivez, Gendarme, je vous paie une fillette de Calvados ! Cette chiotte m'en a fait voir et des retours de kick, et des sautes d'allumage !

Tel un motocycliste de "l'équipée sauvage", le brigadier Chapraut était debout sur le kick-starter de la BSA, et soudain, un bruit énorme suivi de pétarades surgis dans la remise, suivi d'une fumée âcre qui emplit le local.

- Nom de Dieu ! brigadier Chapraut, vous allez arrêter vos singeries ?

Mais les paroles du brigadier Chapraud se perdirent dans le grondement du tuyau d'échappement, et soudain, homme et machine décollèrent littéralement de quelques mètres, les faisant choir l'instant d'après, dans un silence surprenant.

- Ça, c'est l'embrayage qui reste collé, vous avez voulu enclencher une vitesse, Gendarme ? demanda Kermitt. Penaud, sous les invectives de son collègue, le brigadier Chapraut se releva et remis la motocyclette sur sa béquille.

- Alors, ça ! C'est épatant ! s'enthousiasma Kermitt, allez venez vous autres qu'on fasse honneur à Monsieur le Gendarme, qui a mis en route cette damnée anglaise, avec cette bouteille promise !

Et ce trio, emmené par Kermitt heureux comme un pou sur la tête d'un Beatnik, rentra dans la maison.

Dix minutes plus tard, l'horaire tardif, la fatigue des ces émotions trouvèrent nos trois lascars assoupis, chacun sur sa chaise, Kermitt en profita pour ronfler.

La chouette dehors hulula de plus belle.

Soudain un cri dans la cuisine où se trouvait notre trio de pochtrons.

Les brigadiers Chapraud et Chapraut sursautèrent.

- Que se passe-t-il ? demandèrent presque simultanément ces derniers.

Kermitt était en sueur : Putain ! Quel cauchemar !

- Ah, vous dormiez, M.Kermitt ? demanda innocemment le brigadier Chapraut, moi non, et vous brigadier Chapraud ?

- Non, je ne dormais pas, je réfléchissais, si j'avais les yeux fermés, c'est que je me concentrais rétorqua le brigadier Chapraud.

- Ah Nom de Dieu de saloperie de vérole, putain de cauchemar ! Il faut que je vous raconte ça, Messieurs les Gendarmes ! dit Kermitt. Une histoire de dingue, c'était comme au théâtre, c'était comme du Molière qui me faisait tant suer à l'école, une histoire en vers, en alexandrins !

- Y'avait un Alexandre ? questionna le brigadier Chapraud, j'ai connu un Alexandre Benoît dans le civil, un gros qui bouffait tout le temps...

- Non, reprit Kermitt, un texte en vers, avec des rimes à la noix de coco ! Vous y étiez, vous les Gendarmes, dans mon cauchemar, y'avait plein de gens que je ne connais pas, des genres de martiens, y'en avait un comme mon chleuh qui m'a fauché la bécane, y'avait le facteur, aussi et la Labornez ! C'était plein d'explosions, de coups de pétard... Et, y'a eu comme une explosion atomique, qui m'a réveillé !

- L'explosion, je vois ce que c'est. C'est vous qui avez pété, tout-à-l'heure, brigadier Chapraud ? interrogea le brigadier Chapraut.

- Mais pas du tout, d'ailleurs je ne pète pas en dormant !

- Alors vous dormiez !

- Bon, il suffit ! Et nous étions dans votre cauchemar, M.Kermitt ? osa le brigadier Chapraud.

- Oui, comme je vous vois tous les quatre ! répondit Kermitt, Oh ! je suis fait, moi !

- Et cela vous arrive souvent d'avoir des cauchemars aussi réalistes ? demanda le brigadier Chapraut.

- Non, d'habitude, lorsque je "tisane" du Calva, je fais plutôt des rêves z-érotiques...

- Hérétique ? questionna benoîtement le brigadier Chapraud.

- Non, érotique, des histoires avec de jolie pépées, plutôt, hips !

- Delirium Tremens conclua le brigadier Chapraud.

- Et vous dites qu'il y avait la Gaëlle Labornez dans votre rêve-cauchemar ? demanda le brigadier Chapraut.

- Oui, elle était là, avec une tripotée de gens que je ne connais pas, et des martiens. Répondit, les yeux fixes, Kermitt.

- Si on allait voir la maison Labornez, brigadier Chapraud ? interrogea le brigadier Chapraut.

- J'allais vous en parler, brigadier Chapraut.

- Allez hop, en action ! ajouta ce dernier.

- Un dernier verre pour la route ? proposa Kermitt.

- Ce n'est pas de refus, M.Kermitt ! répondit le brigadier Chapraud.

Trois verres plus tard, les voici dans la 4L réglementaire en vue des ruines de la maison de Gaëlle.

- Quoi c'est-il don' passé ici ? On dirait que tout a sauté ! Que des ruines, l'automobile noire que nous avions vue l'autre soir est toute bousillée... hé, ho ! Je vois un bout de jambe là !

Le deux pandores escaladèrent le monticule de gravats en s'approchant de la jambe. Machinalement, au mépris de toute réglementation, le brigadier Chapraud tira comme une bête sur ladite jambe qui s'échappa des restes de pierre et de plâtre, et notre brigadier Chapraud chut dans un interminable juron.

- Ça va, brigadier Chapraud ?

- Punaise ! La canne s'est détachée du tronc ! Mais, mais, ce n'est pas une jambe humaine ! C'est une jambe de… de… robot ! Ou de Martien ! Nom de Nom ! Le pékin Kermitt aurait-il raison ? Nous sommes envahis par les Martiens ! Eh, vous êtes où, brigadier Chapraut ? s'étonna le brigadier Chapraud.

- Je suis là, lui répondit-il, je cherche un accès vers la cave !

- La cave ?

- Oui, il y avait de belles réserves dans la cave du temps de Yannick ! Je ne pense pas que Gaëlle Labornez ait tout sifflé, à son âge !

-Son âge, son âge, cela ne l'empêche pas de faire les quatre-cents coups, à la Gaëlle, vous allez pas me dire que ce qui s'est passé ici est l'habitude d'une retraitée !

-Ah, j'ai trouvé l'entrée de la cave, coupa le brigadier Chapraut.

Les deux compères descendirent dans la cave qui ne semblait pas avoir trop souffert de la déflagration, à part la poussière, remarqua le brigadier Chapraud.

Deux bonnes grosses futailles remplissait en partie la cave.

Les yeux avides, le brigadier Chapraud toqua de l'index replié la première. Vide, conclut-il.

- Quant à l'autre, elle sonne elle aussi creux. Aah Sacré Nom d'un Pipe, la Gaëlle devait avoir soif, ponctua-t-il en heurtant du poing le foudre, dont le couvercle soudain s'ouvrit !

- Qu'est-ce-que c'est que ce commerce ? jura-t-il pendant que son collègue s'approchait.

- Allez chercher la lampe-torche dans l'auto, brigadier Chapraut !

Pendant que le brigadier Chapraut allait chercher la lampe, le brigadier Chapraud touchait les parois du foudre, qui a dû contenir du pinard, pensa-t-il, mais cela remonte à fort longtemps, c'est comme qui dirait sec comme mon gosier à cet instant.

La lampe-torche arrivée, d'autorité le brigadier Chapraud s'en empara et éclaira la partie de la cave qui faisait cellier :

- Ah ! Des litres pleins !

Il s'empara d'un bouteille de vieux calva et l'ouvrit avec son nécessaire d'urgence pour ces cas là. Satisfait, il donna la bouteille entamée à son collègue qui, à la guerre comme à la guerre, y but goulûment.

- Bon, et c'te futaille, qu'est-ce-qu'elle a dans le ventre ? lança le brigadier Chapraud.

Tous deux pénétrèrent dans le foudre béant. Parvenus à l'autre extrémité, Chapraut toqua, cela sonnait toujours creux, ils poussèrent, mais rien ne bougea, si ce n'est un léger craquement.

- Nous somme bêtes ! les gonds sont de ce côté, il faut donc tirer vers nous !

La manœuvre effectuée, ils virent l'amorce d'un escalier, après s'être interrogés du regard, n'en menant pas large, il descendirent, le brigadier Chapraut en tête, suivi du brigadier Chapraud qui tenait la lampe-torche de manière à s'éclairer mutuellement les pieds. Chapraut compta mentalement cinquante-neuf marches de pierres.

- Cela doit nous faire environ une descente de bien douze mètres !

Un palier qui pouvait être fermé par une porte de métal à peine rouillée restée ouverte débouchait sur un couloir. Couloir immense dont la lampe-torche essayait de voir l'issue ; en éclairant tout autour, ils virent tous les deux un interrupteur rotatif, d'un modèle fort ancien, et le brigadier Chapraut, après avoir interrogé du regard son collègue, décida de l'actionner, et surprise ! Une lumière envahit le couloir qui ne paraissait pas avoir de fin, tout du moins jusqu'au coude situé à une quarantaine de mètres.

- Ben dites donc, dit doucement le brigadier Chapraud, y'a pas intérêt d'oublier d'éteindre en sortant, parce qu'après avoir gravi toutes ces marches, tu n'as pas envie de les redescendre et de les remonter !

Le brigadier Chapraut répliqua que le courant électrique ne venait pas de là-haut, mais du bas, montrant à son comparse, le tube de métal enfermant les fils électriques. Nos deux compères, tout en silence, se lancèrent sur le parcours, en marchant lentement. Quatre-cents pas, comptèrent-ils mentalement. Une autre porte, toujours de métal mais comme blindée celle-ci, restée ouverte également.

- Éteignez derrière vous, chuchota le brigadier Chapraud, on ne sait jamais…

Ils étaient arrivés dans un couloir voûté d'environ six mètres de largeur, entièrement bétonné, avec au milieu une voie ferrée noyée dans le sol.

- C'est de la voie de soixante, annonça doctement le brigadier Chapraut, cela me rappelle la Ligne Maginot que l'on a visité y'a dix ans, avec ma femme, ajouta-t-il.

- Alors, ici, ce doit-être le Mur de L'Atlantique conclu le brigadier Chapraud.

- Sûrement !

Ils avancèrent jusqu'à tomber nez à nez avec, tout d'abord, un wagon de transport d'ouvriers et son banc en long au milieu, et, en tête de ce petit train, une petite motrice électrique.

- Ça fonctionne peut-être encore ? déclara le brigadier Chapraut.

- Nom de nom, ne touchez à rien ! Ne nous rappelez pas l'exploit de tantôt avec la moto !

- Chut ! Écoutez ! Continua le brigadier Chapraud, on dirait que de l'eau coule.

En effet, un petit caniveau le long du mur était parcouru par un petit ruisseau qui suivait la petite pente descendante du couloir.

- Vous cherchiez d'où vient le courant, osa le brigadier Chapraut, tout en farfouillant le tableau de bord de la petite locomotive.

- Ah, c'est malin. Très, très fin, votre courant, brigadier Chapraut !

Mais le brigadier Chapraud fut déséquilibré par le train qui venait de s'ébranler ! Le brigadier se retrouve assis à califourchon sur le banc central du wagon.

- Tchou tchou, ça roule ! s'exclama le brigadier Chapraut, promu mécanicien du petit convoi.

Le brigadier Chapraud, passager involontaire, était rouge de fureur, hurlait dans le bruit du mouvement du train :

- Vous êtes fou ! brigadier Chapraut ! Stoppez ce train ! nous n'avons déjà pas de justificatif pour pénétrer dans des lieux privés, mais en plus nous nous livrons à des voies de fait en utilisant sans autorisation des biens privés ! Au nom du ciel, brigadier Chapraut, arrêtez ce train de la mort sûre !

- Je voudrais bien, lui répondit le brigadier Chapraut, mais les freins ne répondent pas, et le tunnel est en descente ! Ce train devait être en révision...

- Pas le savoir, brigadier Chapraut, en rentrant à la Brigade, c'est un rapport que vous aurez, et qui sera très mauvais pour votre avancement hurla le brigadier Chapraud, voix étouffée par le roulement du convoi ferroviaire.

La ligne était doucement éclairée par de pâles loupiotes, et parfois par des ouvertures ressemblant à des meurtrières, la voie descendait toujours donnant une légère accélération au train devenu "Train Fantôme", emportant deux nobles représentants de la Gendarmerie Française. Impossible de sauter en marche, la vitesse acquise étant trop élevée et les murs trop près de la voie centrale. Le "voyage" dura une bonne demi-heure. Puis la pente s'adoucit et le convoi ralentit de lui-même. Le brigadier Chapraut tenta une note d'humour pour dérider son collègue renfrogné :

- Vous descendez à la prochaine ?

Les dents serrées, le brigadier Chapraud ne pipait mot.

- Quatre minutes d'arrêt, continua le brigadier Chapraut, tout heureux de sa promotion au sein des chemins de fer. Correspondance pour... Mais nous sommes dans un port ?

- Arrêtez votre cirque, brigadier Chapraut ! se réveilla le passager secoué.

Le train était stoppé sur un quai de canal où clapotait une eau calme.

- S'il y a un port, il doit y avoir une Capitainerie ! lança, le brigadier Chapraud, tout joyeux que le train et son calvaire se soient stoppés. Et ce doit être le bureau là, montra-t-il du doigt un ensemble de fenêtres dans le mur en face du canal.

Sur l'eau flottait mollement une chaloupe verdâtre. Le brigadier Chapraut s'approcha et remarqua que cette embarcation était en cuivre, terni certes, mais en cuivre ! Il s'exclama :

- Bon sang ! Du cuivre ! Mon beau-frère qui est antiquaire, en offrirait une fortune ! Mais il y a un nom : Mautil, Nautil , Nautilut ou Nautiluc ! Ce n'est pas trop lisible, avec l'oxydation.

- Bien, dit le brigadier Chapraud, si nous allions visiter la "Capitainerie".

Nos deux compères s'approchèrent de la porte, la poussèrent et entrèrent dans une grande salle d'où leur parvenait un ronronnement et une douce lumière. La salle était partagée avec un bureau en premier lieu, et une plus grande pièce ressemblant à une salle des machines d'un navire : de gigantesques dynamos fonctionnaient, sans l'aide de personnel visible. Le bureau était composé de meubles en bois verni, d'un style plutôt ancien.

- Ben le scheuhs ne s'emmerdaient pas pour leurs burlingues, constata le brigadier Chapraud.

- Justement, brigadier Chapraud, cela ne vous trouble pas que tout cela date des années 1940 ? lui rétorqua son collègue. C'est plutôt du style 1900/1910, vos bureaux, mon beau-frère, l'antiquaire...

- Oui, on sait, tiens, un téléphone ?

Le brigadier Chapraud se saisit du combiné relié par un fil à l'appareil fixé au mur.

- Pas de tonalité, constata-t-il.

- Normal, lui fit remarquer le brigadier Chapraut, le roi de la mécanique moto et de la conduite des trains électriques. C'est un appareil manuel, il y a une manivelle qui fait tourner une magnéto, qui fait sonner un standard téléphonique quelque part.

- Oui, Bon, prenez l'écouteur, brigadier je-sais-tout, je lance un appel qui ne débouchera sur rien, vous verrez. Manivelle tournée à faire tourner un moteur d'auto récalcitrant, et dans les écouteurs se fit entendre un déclic et une voix féminine :

- J'écoute !



Coup d'œil inquiet du brigadier Chapraud avec son collègue.

- Oui, donnez moi le 02 98 06 07 28 s'il vous plait, Mademoiselle ! C'est le numéro de la Brigade, murmura le brigadier Chapraud à l'intention de son collègue.

- Excusez-moi monsieur, mais je ne peux établir une communication codée, répondit la voix féminine dans un grésillement.

- Codée ? Le numéro de téléphone codé ? C'est nouveau ça !

- Quel abonné désirez vous, monsieur ?

- Euh, la Gendarmerie de Pont-Aven !

- Département du Finistère ? interrogea la voix.

- C'est cela, mademoiselle !

- Vingt-cinq minutes d'attente, Monsieur.

- Comment cela, vingt-cinq minutes, vous vous moquez de moi ?

- Non, Monsieur, mais je vois que vous appelez d'un poste militaire, il s'agit peut-être d'une priorité ?

- Poste militaire ? ah oui ! C'est une priorité !

- Dix minutes d'attente, Monsieur !

...

- Raccrochez votre combiné, je vous rappelle ! reprit agacée la voix féminine.

Le brigadier Chapraud remit le combiné sur sa fourche et sa colère éclata.

- Nom de Dieu de Nom d'une pipe ! Qu'est-ce-que c'est que ce commerce ? Vous avez entendu, brigadier Chapraut, dix minutes d'attente ! Je n'appelle pas la planète Mars, pourtant ! Bon, et j'ai soif, il n'y a rien dans cette cambuse ?

Et voici nos deux pandores cherchant de quoi boire en ouvrant les placards, trouvant que des papiers qui ne les concernent pas vraiment, et soudain, le brigadier Chapraud poussa un soupir de satisfaction :

- Enfin un litre de vin, et bouché, en plus, trouvez-moi des verres, brigadier Chapraut !

- Pas de verres, collègue !

- Bon, ben, à la guerre comme à la guerre ! Le brigadier Chapraud sorti son tire-bouchons et s'arrêta, perplexe, en regardant l'étiquette de la bouteille :

- Nom de Dieu ! Mil-neuf-cent-trois ! Regardez, brigadier Chapraut, 1903, c'est écrit en tous chiffres ! Et il n'y a pas trop de poussière dessus ! Du jaja d'avant la guerre de 14, c'est-y pas beau ! On va lui faire honneur, à cette bouteille ! Alors, brigadier Chapraut, ces verres ?

- Je vous ai déjà dit que je ne trouvais pas de verre !

- Nom de Dieu ! Boire ce nectar au goulot ! Sacrilège !

- À la guerre comme à la guerre, vous aviez dit !

- C'est vrai, en parlant de guerre, la téléphoniste me disait que c'était un terrain militaire, ici, mais vous l'avez entendu comme moi, brigadier Chapraut ?

- Oui.

- Bon alors jusqu'à preuve du contraire, nous sommes chez nous, ici !

Et ayant ouvert la bouteille, il la porta à la bouche et goulument, entreprit de déguster ce nectar.

- Punaise ! De 1903 ! dit-il en tendant le litre à son collègue, pour un vieux vin, il parait bien jeune au palais, allez-y, brigadier Chapraut, goûtez-moi ça.

Le brigadier Chapraut avait à peine mis les lèvres sur le goulot qu'une sonnerie se déclencha.

- Le téléphone, c'est le téléphone et il décrocha le combiné.

- Allo ?

- Vous avez le 1 à Pont-Aven, parlez !

- Gendarmerie de Pont-Aven ? je désire parler au Commandant Letrouduc, s'il vous plait ?

- Ici Gendarmerie de Pont-Aven, nous n'avons pas de commandant Trouduque, annoncez-vous !

Interloqué, le brigadier Chapraud répond :

- Ici, brigadier Chapraud, de la Brigade de Pont-Aven, je désire parler au Commandant de la Brigade.

- Le Commandant Chapraud alors, je vous mets en communication avec lui.

- Allo ? Ah, qu'est-ce que cela grésille, allo ? Ici le Commandant Chapraud, j'écoute.

- Ici le brigadier Chapraud, mon Commandant, le Commandant Letrouduc n'est pas là ?

- Quel Commandant Le Trouduque ? Il n'y a jamais eu de Commandant Le Trouduque à la Brigade ! Mais dites moi, vous ne seriez pas en train de vous payer ma fiole, avec votre Commandant ? Rappelez moi votre nom et votre grade, et votre Unité ?

- Ben, brigadier Chapraud Léon, muté à la brigade de Pont-aven en 1974...

- Combien ? En quelle année ?

- Mille neuf cent soixante quatorze, mon Ccmmandant, je vous entends mal.

- Je vous reçois trois sur cinq, cela grésille abominablement. J'entends que vous êtes muté ici, en 1974, lors que nous sommes le 20 septembre de l'année 1908 ! La plaisanterie est cocasse ! Et vous avez et le même patronyme que moi, et le même prénom ! Votre second prénom est Noël, je parierai !

- Affirmatif, mon Commandant ! Comment le savez-vous ? Nom d'une pipe, cela grésille de plus en plus, et je n'entends presque plus rien !

Un rire étrange venu du fin fond de l'écouteur essayait de couvrir l'affreuse friture qui sévissait.

Une voix féminine lui demanda de raccrocher et... La communication fut coupée (*)

- Qu'est-ce que c'est que ce commerce. Le Commandant de Pont-aven s'appelle comme moi, nom, et prénoms ?

Le brigadier Chapraud était blanc comme neige, il s'adressa à son collègue :

- vous avez entendu comme moi : le commandant Chapraud Léon Noël... en 1908 ! C'était mon grand-père qui était commandant de la brigade de Pont-aven en 1908. Il fut tué en 15, à la Grande Guerre, et c'est pour cela que mes parents me donnèrent ces prénoms, par honneur pour le Grand-Père. Nom de Dieu de Nom d'une Pipe ! Qu'est-ce que c'est que ce commerce ?

Le brigadier Chapraut tendit au brigadier Chapraud Léon Noël la bouteille de vin de 1903.

- J'ai parlé à mon Grand-Père que je n'ai pas connu ! se lamentait le brigadier Chapraud Léon Noël.

Tout à leur émotion, il n'avaient pas remarqué que le ronronnement des turbines avait monté d'un cran, et le bruit empêchait nos deux pandores d'entendre les deux ombres furtives qui s'approchèrent et les assommèrent proprement.

...

Les deux hommes mirent avec précaution les deux brigadiers gendarmes à l'avant de leur Renault 4, arrosèrent les habits des deux pandores avec un fond de Calvados, et poussèrent la 4L vers l'étang tout proche.

L'étang, peu profond, ne noya que le moteur de la 4L.

Des deux personnages qui s'éloignaient du bord de l'étang, l'un dit :

- Il fallait les emmener loin d'ici, ils allaient tout découvrir !

...

À la station service Shell.

- Je vais changer le poisson d'eau, dit Colette.

Le facteur s'interrogeait. Colette reprit :

- Je vais pisser, quoi ! Et me refaire une petite toilette car je ne suis pas belle à voir. Occupe-toi de ces messieurs !

- Lesquels ? hasarda Arthur le facteur.

Mais Colette était parti vers le local de la station service, sans regarder derrière elle et sans voir son mari Gérard et son amant, Frédéric.

Francis et Pédro s'observèrent avec Gérard et Frédéric. Le facteur dit :

- Vous pouvez attendre un petit peu, la Dame est partie au petit coin.

Gérard murmura à Frédéric :

- Ne me dites pas que Colette fréquente ces deux là ?

- Ces deux là ont l'oreille fine, lança Pédro, que lui voulez vous à Colette ?

- Mais, s'étouffa Gérard, c'est ma femme !

Francis se mit à sourire et lui dit :

- Donc, tu es Gérard Moyeux, nous te recherchions depuis un petit bout de temps, mon garçon !

Tout en disant cela, Francis s'approcha de Gérard qui bêlait :

- Ne me touchez pas, j'ai rien fait !

- Justement parce que tu n'as rien fait qu'on doit s'occuper de toi, Fiston !

Le Gérard n'en menait pas large, il suait à grosses gouttes. Brusquement, il se précipita vers la 4L de la poste et pénétra dans l'habitacle, mis le contact et démarra sur les chapeaux de roue.

Tout le monde était abasourdi par la vélocité de Gérard qui paraissait totalement abattu quelques secondes plus tôt. Le facteur levait les bras au ciel en gémissant sur le sort de sa camionnette.

Alerté, le caissier sorti de son local :

- Hé, ho, la Poste, il faut me payer le carburant !

Résigné, le facteur paya, pendant que Francis et Pédro étaient remontés dans le Land Rover et tentait de rattraper la 4L jaune. Colette sortait à ce moment et s'arrêta net en voyant Frédéric :

- Fred ! Qu'est-ce que tu fais là ?

Les deux amants s'étreignirent. Frédéric lui raconta que son mari, qu'il avait "chargé" par hasard dans son bahut, venait de s'enfuir devant Francis et Pédro.

- Il a fauché la voiture du postier.

Colette se remit en colère :

- Le cloporte, la raclure de bidet ! Mais, il y a Hans dans la fourgonnette !

- Hans ? Tu étais avec Hans ?

- Oui, mais il est en veille ! reprit Colette. Attends. Avec mon mobile, je vais l'activer.

Colette sorti un téléphone de la marque à la pomme, et saisit "l'appli" "Zorglhomme" et demanda de ramener la 4L à la station service sans esquinter le conducteur.

Cela fut fait si rapidement que Frédéric ne put dire aussi vite que le camion était rempli de clones de "Hans" qui étaient eux aussi en veille et qu'il ne fallait pas... Trop tard, le camion vibrait, et sous une poussée violente et brutale, les portes arrières s'ouvrirent. Des dizaines de "Hans" s'échappèrent, tous identiques et habillés de la même manière, qui étaient partis chercher des R4 pour les ramener à la station-service. Horrifiés pour différentes raisons, le caissier de la station, le facteur, Colette et Frédéric ne savaient plus que faire.

- Et il y en avait combien, de "Hans" ? demanda Colette.

- Quarante-huit ! lui répondit Frédéric.

...

À la villa "La Falaise"

Günther était à moitié couché sous la motocyclette qui, dans un hoquet, étouffa son moteur. Une fumée âcre emplit la pièce.

- Ach ! Tésolé, che n'ai pas pu freiner avec cette jambe de bois !

Maurice reconnut, malgré son air un peu calciné, Günther. Roland, hébété, tenait son pistolet à la main. Il menaça :

- Ne bougez pas ! Ne bougez surtout pas !

Vif comme l'éclair, Uma se retourna et changea d'adversaire potentiel, elle fit voler le flingue de Roland. Et Roland subit le même sort que ses infortunés compagnons : attaché et baillonné.

Pendant que Günther changeait sa jambe cassée avec un des pieds de la table, Uma avait confectionné un gentil petit sac pour y mettre la toile découpée et, ceci fait, le groupe sorti de la maison, monta dans le Land Rover et s'éloigna. Nos compagnons s'interrogeaient des yeux. Robert, qui était le plus proche de la moto, avait l'air d'étudier quelque chose. Il se mit à pencher de droite à gauche, puis de gauche à droite de plus en plus rapidement, et ce qui devait arriver arriva : il chuta, côté moto, en geignant. Tante Etzelle, Gaëlle, Alice et Roland devinèrent ce que Robert faisait : il était tombé, avec sa chaise, les poignets contre le coude de l'échappement, encore brûlant, côté cylindre. Aux larmes qui coulaient de ses yeux, chacun devinait sa souffrance et, brusquement, il rabattit ses bras devant lui, en les secouant, il arracha le bâillon et cria presque comme un ouf de soulagement. Il libéra un par un ses autres compagnons et se précipita vers l'évier et mit ses poignets sous le jet d'eau glacée du robinet. Alice vint l'aider et grâce au matériel de secours de l'ambulance, pu lui calmer sa douleur et soigner ses plaies. Roland ne put s'empêcher de dire :

- Ben, les estropiés, ce fut moi en premier, Cousine Gaëlle en second, et te voilà blessé, Robert. À qui le tour ? demanda-t-il à la cantonade. Tante Etzelle haussa les épaules en souriant.

Robert, qui venait d'avaler deux comprimés d'anti-douleur, précisa que l'on ne craignait rien, puisque nous avions la plus gentille et efficace infirmière parmi nous. Puis il continua :

- Mais dites-moi, madame Etzelle, tout à l'heure, vous vouliez dire quelque chose, non ? C'était à propos du tableau.

- Oui, les enfants ! Je voulais crier ma joie, dit Tante Etzelle, car en observant le tableau, j'avais vu que je l'avais confondu avec l'autre, le vrai.

- Le vrai ? interroge Gaëlle, celui-ci était un faux ?

- Non da, mais l'oncle refaisait souvent le même tableau, la même image avec de légères variations, soit pour le parfaire, ou... je ne sais quoi. Celui que ces malotrus ont emporté n'était pas le bon !

Partons vite chercher le seul et l'unique tableau !

...

Seul, à la Fabrique, Lafleur était satisfait : rhum blanc et ananas, il se fit un cocktail.

(*) Note de l'éditeur : Le centre téléphonique Gutemberg, à Paris, fut détruit par un incendie le 20 septembre 1908.

lundi 28 janvier 2013

La bonne excuse

Il y a quelques années, on m'a acheté une imprimante multi-usages en contrepartie de quelques travaux qui nécessitaient que je possède une imprimante. J'en avais choisi une pas chère, en promotion, de chez Canon. Une MP 540.

Des imprimantes, j'en ai eu quelques unes. Ma première était une Apple StyleWriter 2500 achetée neuve auprès d'un revendeur de matériel Apple. Cela se passait en 1993 et j'avais un Macintosh Classic II. Le Macintosh tournait sous Mac OS 7.0.1 et le vendeur m'avait assuré que l'imprimante pouvait fonctionner sous ce système. J'avais acheté cette imprimante parce que, d'une manière assez incompréhensible, elle était presque au même prix que celle que je souhaitais acquérir, la StyleWriter 1200, qui ne faisait "que" des impressions en noir. La 2500 imprimait en couleurs mais il faut reconnaître que cela n'avait qu'un intérêt assez modeste lorsqu'elle se trouvait être connectée à un ordinateur qui affichait seulement du noir et du blanc. J'ai vécu avec cette imprimante jusqu'en 1998 ou 1999. Elle était passée du Classic II au 7100 puis au G3 sans broncher. J'en était globalement plutôt satisfait mais il me fallait trouver une imprimante plus "professionnelle" et j'ai acheté une Epson 1520 (format A2 !) avec un RIP logiciel pour pouvoir imprimer les données PostScript® depuis QuarkXPress® ou Illustrator®. Cette imprimante n'a jamais vraiment fonctionné et, finalement, le vendeur me l'a offerte. Je n'ai pas bien compris son attitude. Visiblement, il savait son imprimante défaillante et n'a fait aucune difficulté pour me rembourser. Bref. J'ai donc acheté, encore d'occasion, une Epson StylusPhoto EX qui imprimait en couleurs, en qualité photo et en A3. Je l'ai utilisée et conservée quelques années jusqu'à ce qu'elle tombe en panne à son tour. De plus, elle n'était plus compatible avec le nouveau système des Macintosh. Le fait qu'elle accepte de fonctionner avec un RIP logiciel faisait que je pouvais tout de même l'utiliser en la connectant à un Macintosh plus vieux qui faisait office de serveur d'impression. Il fallait juste démarrer deux machines pour imprimer. Ce n'était pas pratique.
Après sa mort, je suis resté quelque temps sans imprimante. Et un jour, un copain me donne une Epson. Elle n'était pas très vieille mais n'avait jamais très bien fonctionné. De fait, elle était assez amusante. On ne savait jamais si elle allait accepter ou non de travailler. Tantôt c'était la connexion USB qui ne se faisait pas, tantôt elle décidait de commencer l'impression avant de l'arrêter avant la fin. Je ne l'utilisais pas beaucoup. Après les Epson qui m'avait un peu déçu, j'ai donc choisi de prendre une Canon. Il faut dire que les Apple StyleWriter n'étaient rien d'autre que des Canon habillées par Apple. Je prends donc cette MP 540 qui n'était pas chère en me disant que ça allait me permettre d'avoir un petit scanner USB. Les seuls scanners que j'avais jusque là était en SCSI. Je les ai toujours mais le SCSI n'existe plus sur les Macintosh depuis belle lurette.
Et donc, au départ, je suis plutôt satisfait de cette petite imprimante-scanner. Je n'imprime pas beaucoup et utilise avec entrain la partie numériseur pour mes dessins. Un jour, une cartouche d'encre arrive à se vider et je me rends compte que l'appareil, non content de bloquer l'impression interdit aussi de numériser quoi que ce soit. Je commençais déjà à l'aimer beaucoup moins, l'imprimante Canon. En plus, mais c'est de bonne guerre, elle n'accepte que des cartouches de la marque (sauf bidouille probable) et on sait à quel prix les fabricants d'imprimantes vendent l'encre !
Elle me fait le coup des cartouches à quelques reprises mais là, je prévois plus ou moins et ai quelques cartouches d'avance. Et puis, il y a quelques mois de cela, alors que la numérisation fonctionnait toujours très bien, il me prend l'idée d'imprimer quelque chose. Et là, un beau code erreur bien bloquant. Rien à faire. J'éteins la machine, la démarre, l'arrête, la relance. Toujours le code 6C10. Je farfouille sur Internet et trouve un moyen de faire une remise à zéro du bazar. L'imprimante repart et je peux de nouveau scanner mes dessins. Bien.
Et puis, l'autre soir, on me demande de numériser et imprimer des documents. Je les scanne, les mets un peu en forme et me risque à vouloir les imprimer. Et voilà le code erreur 6C10 qui revient ! Chouette ! Sauf que là, toutes les tentatives pour la remettre en route ont échoué. J'ai essayé un nettoyage, j'ai essayé des rites vaudous, j'ai testé des combines imparables. Rien de rien, ça reste bloqué sur l'erreur 6C10. Pour moi, c'est fini. Je n'ai plus envie de m'emmerder avec ce truc. Obsolescence programmée, qu'on va dire. Si ça se trouve, c'est trois fois rien. Peut-être qu'en démontant une petite pièce et qu'en la nettoyant ou en la remplaçant, l'imprimante repartirait. Peut-être est-ce une panne programmée ? Je n'en sais rien. Il y a un bruit qui court depuis des années à propos des imprimantes Epson qui seraient programmées en usine pour ne pas dépasser un certain nombre d'impressions. Je ne sais pas si c'est une réalité.
Et donc, je me dis deux choses. La première, c'est qu'il ne faut pas acheter d'appareil combiné. Il faut un scanner et, le cas échéant, une imprimante. Je vais commencer à me chercher un petit scanner. Je n'ai pas besoin de quelque chose de sophistiqué, je ne fais presque que numériser du dessin au trait ou au crayon. Pour l'imprimante, on verra plus tard, si le besoin se fait sentir. La deuxième, c'est que je ne vois pas comment on peut faire pour éviter de se faire avoir. Je suppose que tous les industriels fonctionnent un peu de la même manière. Je me demande jusqu'où ce système fonctionnera. Il y aura bien un moment où on refusera d'acheter des produits qui tombent en panne pour un oui pour un non, non ?

Enfin tout ce bavardage pour vous expliquer qu'il n'y a pas de dessin. C'est une bonne excuse. Un peu bidon, comme excuse, dans la mesure où je n'ai pas fait de dessin.
Demain, c'est jour de feuilleton !

dimanche 27 janvier 2013

Il était une fois en Amérique

Cet après-midi, peut-être, je vais aller voir "Il était une fois en Amérique" au cinéma de Montignac. Il ressort en version longue de trois heures et quarante-neuf minutes. Je pense que c'est un film qui doit être intéressant à voir sur grand écran. La projection débute à 16h30.

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samedi 26 janvier 2013

Faut-il laisser vivre les cons ?

Ça faisait un petit bout de temps que j'avais envie de faire un billet d'humeur et de dire ma haine des cons.

Peu de temps après que j'ai ouvert ce blog, j'avais l'idée d'en faire une sorte d'exutoire de mes haines. Il y a tant et plus de choses et de gens que je déteste en ce monde. J'ai réfléchi et ai vite compris que cela m'aurait contraint à un travail à temps plein. Alors, j'ai cherché autre chose et j'avoue n'avoir toujours pas trouvé à quoi ce blog peut servir. Du moins, il vit.
C'est à l'occasion des discussions et autres manifestations que le sujet du mariage pour tous suscite que je me suis rappelé mon désir premier. Aujourd'hui, donc, je vais dire tout le mal que je pense des personnes opposées à cette idée. Je vais aussi dire du mal du mariage et je vais même commencer par cela avant d'aborder, je le suppose, d'autres sujets.

Alors en tout premier point, je dois dire que je n'ai jamais compris à quoi pouvait servir de se marier. Hormis l'aspect festif et quelque peu "fête à nœud-nœud" de l'événement avec son repas, ses familles et amis, sa viande saoule, ses costumes ridicules et les anneaux crétins auquel d'aucuns peuvent prendre plaisir, qu'est-ce que ça change dans la vie de tous les jours ? Madame peut adopter le patronyme de Monsieur et parader dans le grand monde tandis que Monsieur va pouvoir présenter Madame son épouse à un peu tout le monde avec une belle fierté. Accessoirement, le couple bénéficiera d'un petit abattement fiscal. Au décès de Monsieur, Madame aura droit au versement d'une pension de réversion et, si par malheur, le couple divorce, il y aura jugement et partage équitable. On saura exactement qui aura la garde de fifille et de toutou.

Si j'ai échappé au mariage jusque là, c'est que j'ai eu de la chance. On ne m'a jamais ou presque demandé en mariage et, ça c'est sûr, je n'ai jamais demandé personne en mariage. Ni homme, ni femme. Je suis opposé au mariage en cela que je ne comprends pas à quoi ça sert. C'est tout. Je suis opposé au mariage religieux parce que je suis opposé aux religions mais c'est là une autre affaire. Dans le même temps, je reconnais que l'on puisse avoir le droit de se marier sans mon consentement. Si cela ne m'apporte pas de plaisir particulier, ça ne m'apporte pas de désagrément non plus. Du moment que l'on ne m'invite pas, tout est bien. J'ai eu dans ma vie la très grande faiblesse d'accepter d'assister à des mariages (et pire que ça, même) et je sais que ça m'ennuie au plus haut point. Je n'aime pas ça, ça m'emmerde et je regrette de n'avoir pas su dire non.

Par rapport au mariage homosexuel, je ne comprends pas le problème. Tant qu'un homosexuel ou une hétérosexuelle ne m'oblige pas à me marier, ça ne me regarde pas. De ce que j'ai compris dans ce débat, il n'est pas question d'obliger la population de ce pays à se trouver époux ou épouse. Il semble bien que l'on garde le droit de ne pas convoler en justes noces. Alors quoi ? Si Alice épouse Gaëlle et si Robert épouse Roland, ça ne va pas m'empêcher de dormir[1]. Ça ne me retirera rien, ça ne retirera rien aux hétérosexuels catholiques pratiquants de mes couilles, à ces gros cons qui pensent que le mariage est un saint sacrement voulu par dieu. Les bitures d'épousailles sont aussi de volonté divine ? La "Danse des Canards" aussi ? Qu'est-ce qu'ils en font, de leur saint sacrement divin, ces imbéciles ? Qu'est-ce que ça peut bien leur faire que l'on se marie entre gens de même sexe ? Je vous demande un peu. Qu'ils s'occupent de leur préchi-précha et de leurs bondieuseries et qu'ils cessent de faire chier le monde. Voilà ce que j'ai à leur dire.

Je n'ai pas beaucoup suivi l'affaire mais il me semble bien que la majorité des gens qui sont contre le mariage homosexuel sont à chercher parmi cette catégorie de personnes croyantes. Je n'ai pas de grande sympathie pour les bigots et bigotes. Je ne crois pas en dieu mais ce n'est pas une raison, pour moi, de pavoiser. Je déteste les religions que, je le reconnais, je ne connais pas bien. Un peu plus la catholique que les autres tout de même. Ce n'est pas un honneur d'être mécréant parce que, au fond, je n'ai fait aucun effort pour l'être. Je ne crois pas en dieu parce que je n'ai jamais eu besoin d'y croire. Maintenant, il est possible que la foi me tombe sur le coin de la gueule le jour où je m'y attendrai le moins. Possible. On verra.

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Pour en revenir à l'histoire du mariage, je ne comprends pas pourquoi les homosexuels désirent pouvoir se marier. Si c'est pour une question d'avantages fiscaux ou autres du même tonneau, je me dis que l'on devrait pouvoir inclure ce genre de choses dans le PACS. Mais il semble que certains couples tiennent vraiment à cette idée de mariage. Bon. Et alors ? Encore une fois, ça n'enlèvera rien à personne.
Sauf que là, on sort l'argument (THE ARGUMENT) en béton armé. L'adoption d'enfant par un couple homosexuel ou, bien pire encore, la procréation médicalement assistée autorisée pour les couples "gays" et "lesbiens". Horreur ! Puanteur ! Malédiction ! Les pauvres enfants ! Je ne suis pas spécialiste mais j'ai comme dans l'idée que si la chose est répandue et considérée comme normale, il n'y aura pas de problème. Bon, je n'y connais rien et je n'ai pas d'enfant. Je ne me suis jamais occupé de l'élevage d'un gosse, je ne sais pas si j'aurais fait un bon papa. Je n'aime pas les gamins et ils ne m'intéressent pas. Quelque part, je me dis que si ça peut leur faire du mal, ce n'est peut-être pas si inintéressant que ça.
Et puis, le débat dérive aussi sur la question de l'homosexualité. Du genre, "si vous êtes pour le mariage homosexuel, c'est que vous êtes pour les homosexuels". Ah ! C'est qu'il y en a pour regretter à mots couverts que l'on ait remisé la guillotine ! La peine de mort pour les invertis ! Qu'on leur coupe le kiki à ces anormaux ! J'ai eu des copains homosexuels comme j'ai eu des copains hétérosexuels. Je ne dois vraiment pas être un bon coup, aucun ne m'a jamais proposé de partie de pattes en l'air. C'est bête mais je ne me questionne pas beaucoup sur les orientations sexuelles des gens, moi.

Je connais des homosexuels qui ne me semblent pas particulièrement intelligents et je connais des couples hétérosexuels mariés à l'église dans la sainte grâce de la parole de dieu tout puissant qui sont de sacrés trous du cul de cons. Et j'en connais plus, de ceux là.
En ce moment, on cause beaucoup de la "Frigide Bargeot". La femme hétéro à l'hétéro "Basile de Koch", le frère de "Karl Zéro". Tous membres de Jalons, un ramassis d'iconoclastes de droite. Pourquoi donne-t-on la parole à cette dame ? Elle représente quoi et qui ? Si le pape nous dit qu'il est contre le mariage homosexuel, il est dans son rôle. Je peux ne pas être d'accord avec lui, je suis forcé de l'admettre. Il me semble que, dans notre pays, il y a un système qui fait passer ou pas les lois proposées par le gouvernement. Attendons que tout cela soit débattu et que l'on arrête de parler de cette affaire qui, dans le fond, n'intéresse pas grand monde. Dans la récente manifestation contre l'ouverture du mariage aux couples de même sexe, combien étaient présents juste pour faire chier la gauche au pouvoir ?

Note

[1] Sauf peut-être s'ils font la fête à côté de chez moi.

vendredi 25 janvier 2013

Une moto, encore une moto !

Moto Chose

jeudi 24 janvier 2013

Ça ne roule pas mais ça roulera peut-être

J'ai allumé un feu dans la cheminée, j'ai payé mes factures d'eau et d'électricité, je me suis occupé un peu d'un site Internet que j'essaie d'aider à mettre en place, j'ai fait une relecture de textes pour passer le temps, j'ai fait un dessin, j'ai fait la vaisselle, j'ai envoyé quelques courriers électroniques, j'ai essayé ce qui sera probablement l'un de mes nouveaux véhicules.

Pour le moment et sans doute parce qu'un copain m'a prêté une voiture, je ne ressens pas trop de désagrément à ne pas avoir de véhicule en état de rouler. Il faut dire que je n'ai pas eu beaucoup l'occasion de circuler, aujourd'hui. Il n'empêche que je sais qu'il va me falloir trouver un véhicule pour lundi.
Tout à l'heure, en début d'après-midi, j'en ai vu et essayé un. C'est un fourgon. J'aime bien les utilitaires. Je pense l'avoir déjà dit ici. Ce qu'il y a de bien, avec les utilitaires, c'est que, normalement, c'est potentiellement utile pour transporter des choses. Et moi, j'aurais des choses à transporter. Principalement des choses à amener à la décheterie[1]. Mais aussi d'autres choses qui ne partiront pas à la déchèterie. Ce qu'il y a de bien aussi, avec un fourgon, c'est que ça peut servir de "camping car" de fortune. Ça évite de se faire sucrer son permis de conduire pour les fois où vous allez à une soirée et que vous buvez un peu trop. Mais il ne faut pas que ça devienne une excuse pour s'adonner à la boisson sans raison.
Ce qu'il y a de "pas bien" avec un fourgon, c'est que vous devenez vite la cible de tous ceux qui vous connaissent plus ou moins et qui ont besoin de transporter quelque chose. L'idéal, pour éviter ça, c'est le fourgon en panne. Bon, d'accord, un fourgon en panne, ce n'est pas très pratique[2]. Ce qui n'est pas bien non plus, ce sont tous les endroits où l'on ne peut plus aller du fait d'une hauteur trop importante. Les parkings souterrains ou certains parkings d'hypermarché, par exemple. Il y a aussi les frais plus importants qu'avec une voiture de tourisme. Ne serait-ce que le contrôle technique obligatoire concernant la pollution qui doit être passé chaque année. Les pneumatiques sont aussi assez chers et la consommation est plus importante.

Enfin quoi qu'il en soit, vous l'aurez compris, ce billet n'a aucune espèce d'importance. Pour en terminer tout en restant sur la lancée, je vous montre un dessin fait aujourd'hui, juste pour rien, comme ça.

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Notes

[1] A propos de déchetterie, vous avec remarqué qu'il n'y a pas d'orthographe précise à son sujet ? On voit ça écrit un peu de toutes les manières possibles. Ça m'angoisse.

[2] On doit bien pouvoir simuler une panne, non ?

mercredi 23 janvier 2013

Le rien du mercredi soir

J'ai travaillé un peu tard et suis rentré plus tard encore. Hier, je suis allé chercher un lot de serveurs d'occasion. Ce matin, j'ai commencé à remonter tout ça, l'armoire, les rails... J'ai trié les câbles et ai commencé à chercher de la documentation. Je sens que cette opération va m'occuper durant quelques semaines avant que tout soit opérationnel. J'ai dans l'idée de déployer beaucoup de Linux dans toutes ces choses et j'ai l'intention de faire fonctionner le tout dans un environnement hétéroclite constitué de Macintosh et de PC-Windows de plusieurs types. Ça peut être un jeu amusant.
Je n'ai pas vraiment été présent sur le blog depuis mardi matin. J'ai vu que vous étiez restés sages. Encore un peu de travail et je vais pouvoir vous confier totalement ce blog.
Demain, je dois voir un véhicule. Je ne sais pas si je l'achèterai. Il faut que je le voie et l'essaie. S'il ne me convient pas, il me faudra trouver une solution de véhiculage avant dimanche soir. On verra bien.

mardi 22 janvier 2013

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (28)

Nous nous quittions sur une promesse de  guerre de cyborgs, Sax/Cat qui nous livre une suite pas piquée des vers.

Le routier mélomane et l'huissier malheureux,

La brune nymphomane et le facteur paumé,
À la station-service allons les retrouver,
Je sens que ça va être un sacré sac de nœuds.

- Gérard qu'est-ce que tu fous dans ces fringues pourries,
Frison qu'est-ce qu'il t'a pris de charger ce minable,
De rencontrer ensemble l'amant et le mari,
Vaudrait mieux me calmer, je vais péter un câble.

- Colette saloperie tu devrais la fermer,
Moi qui me croyais veuf je ne suis que cocu,
En moi j'ai une idée qui commence à germer,
Celle de t'envoyer un bon coup de tatane.

Francis avec Pedro, ils n'étaient pas tout près,
Vers notre petit groupe ont un peu progressé,
Munis de pistolets parfaitement graissés,
Vu leur air renfrogné ça pourrait être chaud.

Mais laissons cette histoire et allons voir ailleurs,
Ce qu'il advient ce jour aux gens de la Falaise,
Nous en étions restés à l'entrée de Günther,
Et à la belle Alice assise sur sa chaise.

Roland était planqué, les autres mains en l'air,
Günther venait d'entrer et de surprendre Uma.
Robot contre robot, une sacré affaire,
Dans les yeux de chacun un éclair s'alluma.

C'est Pedro le premier qui tire sur Colette,
Un petit trou au front, ça ne fait pas un pli.
Francis n'a pas le temps de tirer sur Freddy,
À cet instant précis arrive l'Estafette.

Oui, l'Estafette bleue que l'on attendait pas,
À bord Chapraud, Chapraut et l'inspecteur François.
C'est à ce moment-là qu'Hans entre dans le jeu,
Et à toute vitesse attaque les affreux.

Les deux cyborgues sont de force comparable,
Uma est plus légère mais Günther est gêné
Par sa jambe de bois qui le rend incapable
De parer avec force à de puissantes clés.

Ils s'étreignent, ils se serrent, ils se donnent des coups,
Maurice l'inconscient essaie de les calmer,
D'un seul geste du poing ils lui cassent le cou,
Et reprennent sitôt leur combat insensé.

D'un même mouvement Hans bondit de l'auto,
Et serre dans ses bras forts Francis et Pedro,
Serrant un peu plus fort il fait craquer leurs os,
La main les fait plier comme simples roseaux.

On sait que les cyborgs ont un talon d'Achille,
Qui est en général au niveau du nombril,
Chapraud tire si mal que çà parait futile,
Et c'est ce point précis qu'atteint le projectile.

Une gerbe de feu jaillit de ses entrailles,
Suivie en un instant d'un "boum" dans le gasoil,
Günther également fait donner la mitraille,
Contre Uma qui finit complètement à poil.

Un cyborg étalé, ça ne fait pas bien beau,
De l'aire de service une fumée s'élève,
Dans un dernier sursaut c'en est fini il crève,
Voilà un beau succès du brigadier Chapraud.

- Chapraud tout est fini, il nous foutront la paix,
Rectifie ta tenue, l'inspecteur nous regarde,
Il serait bien capable de porter le pet,
Guy le commandant te ferait monter la garde.

Par un curieux hasard, au bout du même temps,
Les deux cyborgues sont à court de batterie,
Robert baye aux corneilles, Roland sort de l'abri,
Et revient retrouver le groupe calmement.

- Chapraut, viens avec moi, allons à la fontaine,
Avec quelques seaux d'eau éteignons l'incendie,
De rôtir évitons, nous serons capitaines,
Et aurons, ça rira, de tout nouveaux képis.

Lafleur est très inquiet, il n'a plus de signal,
Aucun de ses cyborgs ne répond à l'appel,
Tout seul à la Fabrique, il se sent un peu mal,
Rhum blanc et ananas, il se fait un cocktail.

Gaëlle est fatiguée, elle est un peu émue,
C'est alors qu'elle pense "mais que ferait Yannick",
- Robert, Roland, Etzelle, pensez-y je vous prie,
Et ma petite Alice, viens-là que je t'embrasse.

La racine du mal est beaucoup plus profonde,
Il est désespéré, il ne croit plus en rien,
Avec le Nautilus il quitterait le monde,
Tout seul au fond de l'eau il sait qu'il serait bien.

Freddy, Gérard, Arthur, Chapraud, Chapraut, François,
Tout le monde est parti à la gendarmerie,
L'inspecteur ne dit rien, au loin un chien aboie,
L'eau-de-vie qu'il a bu lui fait dresser l'oreille.

Du bateau il les ont envoyés par le fond,
Les deux humanoïdes et Maurice amollis,
Et reviennent au port leur mission accomplie.
Ceux-là ne feront plus jamais un tour de piste.

Je crois que nos amis ont l'avenir plus clair,
Déjà quelques méchants ont quitté cette histoire,
Lafleur n'a plus d'allié pour l'aider en affaire,
Sauf peut-être Gérard, mais on n'y peut pas croire.

Roland, Robert, main dans la main, continueront
À chercher la fortune, ou au moins à y croire.
Alice pleure un peu, elle a bien le cafard,
Gaëlle la console, lui caresse la main.

Mais soudain, qu'y a t-il, une forte explosion !
En direction de Caen une énorme lueur !
Une nuage qui prend une forme de fleur,
Là où d'autres auraient plutôt fait champignon.

Moralité :
Malgré tous mes efforts je n'ai pas réussi
À finir sagement ce bout de feuilleton.
L'aventure du moins est loin d'être finie,
Le jeu continuera, le jeu, un jeu de.

lundi 21 janvier 2013

Une anglaise dans la neige

En attendant le feuilleton de demain, deux photos du Land Rover de mon frère prises hier dans la neige.

Land Rover Serie 2 dans la neige

Land Rover Serie 2 dans la neige

dimanche 20 janvier 2013

Sous un blanc manteau virginal

Ce matin, la neige était là et bien là. Je me suis planté dans les grandes largeurs. J'avais prédit qu'en raison de la température de la nuit et de toute la pluie tombée hier, la neige ne tiendrait pas. J'me suis gourré.

Mais il faut le reconnaître, la neige, ça vous change votre environnement. D'un coup, ce manteau blanc apporte un petit quelque chose qui sait réveiller votre âme d'enfant. Alors, ce matin, dès qu'il y a eu un peu de lumière, je suis sorti pour être le premier à piétiner la neige et pouvoir faire quelques images. Je pense que je vais aller en faire d'autres. Pour commencer la série, un petit jeu : quel est donc le véhicule qui se cache sous la neige ?

2cv type AZU sous la neige

2cv type AZU sous la neige

Et donc, je suis allé faire des photos dans le village. J'en ai profité pour glisser dans la boîte aux lettres de la mairie les formulaires pour le recensement de la population en cours par chez nous.
Je sors de chez moi, je monte vers la mairie et je reviens par l'ancienne route nationale 89.
Azerat sous la neige

Azerat sous la neige

Azerat sous la neige

Azerat sous la neige

Azerat sous la neige

Azerat sous la neige

Et puis, j'ai sorti le fabuleux 80-200 pour une autre photo de la 2cv.
2cv type AZU sous la neige

samedi 19 janvier 2013

Pédestrement va le piéton

Pour aujourd'hui, j'avais plus ou moins une idée de sujet d'actualité dont je désirais parler et puis, j'ai été embêté par un souci mécanique.

Ça, pour un désagrément, c'est un désagrément. Je m'en serais bien passé, pour tout vous dire. Je vous raconte.
L'autre jour, je prends ma voiture. Je roule, il ne fait pas bien chaud et je remarque que l'aiguille de l'indicateur de température du moteur ne monte pas. Du coup, je n'ai pas de chauffage. Je me dis qu'il fait froid et que c'est "normal". Ça m'étonne tout de même. Et puis, enfin, l'aiguille bouge et grimpe. Le problème, c'est qu'elle grimpe bien haut et que je n'ai toujours pas de chauffage. Le ventilateur se met en marche et l'aiguille tombe presque au minimum. Comme ça à deux reprises. Je n'aime pas ça.
Aujourd'hui, je décide de regarder d'un peu plus près ce qui peut être à l'origine de ce problème. J'ai un espoir, celui que ce soit le thermostat qui soit bloqué. Je prends quelques clés et je dépose le thermostat. Je constate qu'il semble en bon état mais je le teste. Je rentre chez moi, je mets de l'eau à chauffer dans une casserole et j'y plonge la pièce. Peu avant le point d'ébullition de l'eau, le thermostat s'ouvre. Je le sors, le passe sous l'eau froide, il se ferme. Je le replonge dans l'eau chaude, il s'ouvre. Il fonctionne. Chouette !
Sauf que si ce n'est pas lui qui est en cause, c'est qu'il y a toutes les chances pour que ce soit le joint de culasse qui a lâché. Comme ça, sans raison et sans prévenir. C'est ballot. C'est ennuyeux. Pour en avoir le cœur net, je fais le plein de liquide de refroidissement, je démarre et je regarde ce qu'il se passe. Le circuit de refroidissement se met aussitôt sous pression et le liquide sort par le bouchon de radiateur de bon cœur. La chose est entendue, c'est bien le joint de culasse ou, pire encore, la culasse elle-même.
C'est qu'un véhicule, moi, j'en ai un peu besoin pour aller au boulot. Mon frangin me propose un prêt de véhicule, je consulte les petites annonces pour voir ce qu'il y aurait à acheter autour de chez moi, un copain me propose aussi de me prêter sa voiture et un autre copain que je consulte pour son analyse de la situation me parle du fourgon d'une de ses connaissances qui est à vendre. Bon.
Ce fourgon, normalement, je le vois jeudi prochain. Je verrai. Pour la 405, je pense que ça peut valoir le coup de la réparer. Elle n'a pas énormément de kilomètres et, si je ne l'aime pas beaucoup, elle a un côté pratique et économique. Un fourgon, j'en cherche un depuis bien longtemps. C'est l'occasion. L'un dans l'autre et parce qu'il faut positiver, ce n'est pas si grave que ça, cette affaire. Je vais enfin trouver le moyen de me débarrasser de quelques euros et je vais pouvoir envisager sérieusement de bazarder tout ce que j'ai dans ma maison (et la maison elle-même, pourquoi pas ?) pour vivre dans un fourgon en parcourant les highways de l'ouest azeracois ! La grande aventure se présente à moi et je ne vais pas la laisser filer.
Mais tout de même, je trouve que tout cela est un peu chiant. Déjà, je n'aime pas faire de la mécanique sous la pluie lorsqu'il fait froid. Ce n'est pas plaisant. Et puis, j'avais plus ou moins envisagé d'occuper autrement ma journée. Demain, je vais savoir comment je me rendrai au boulot pour la semaine qui vient. Si tout se passe correctement, j'aurai peut-être un véhicule avant la fin de la semaine prochaine.

vendredi 18 janvier 2013

Construisez votre 2cv Citroën

Construire sa 2cv Citroën soi-même

Et je viens de découvrir un article récent concernant une 2cv type A de 1951.

jeudi 17 janvier 2013

Journée molle

Pour moi, ça a été une journée que je qualifie de molle. Il a fait froid mais beau. La neige a commencé à fondre, il y a eu de belles éclaircies, j'ai allumé un feu dans la cheminée et je n'ai rien fait de bien intéressant.

Ai-je perdu mon temps, aujourd'hui ? Je me posais la question, tout à l'heure, alors que j'étais en train de bouquiner, allonger sur le lit. Je me suis aperçu qu'il était déjà dix-sept heures passées et que je n'avais pas l'impression d'avoir fait grand chose de ma journée.
Et pourtant, finalement, j'ai tout de même fait pas mal de petites choses. J'ai bossé un peu sur un site Internet en construction, j'ai traficoté un PC sous Linux pour tenter de récupérer une vidéo sur Internet, j'ai fait la vaisselle, j'ai allumé un feu dans la cheminée et j'ai essayé de faire un dessin. Sur ce dernier point, je constate que ça a été un échec.
Si j'avais échoué à faire la vaisselle ou à faire les petits trucs pour le site Internet ou encore pour allumer le feu ou pour télécharger la vidéo, ça ne m'aurait pas tant ennuyé que cela. Du moins dans la mesure où j'aurais pu faire mon dessin. C'était ça qui était important et c'est cet échec qui m'ennuie. Ce n'est pas très grave. Juste un peu désagréable. J'ai cherché la raison de cet échec. J'ai changé de crayon, j'ai changé de papier, j'ai essayé de mettre de la musique et puis de travailler dans le silence mais ça n'a rien changé. Je me suis dit que c'était peut-être parce qu'il ne faisait pas assez chaud mais en fait, s'il ne fait pas très chaud, il ne fait pas vraiment froid non plus. Je tourne autour de 12°. J'ai connu pire.

Non. C'est juste que ce n'est pas une bonne journée pour dessiner, c'est tout. J'ai abandonné le projet de dessin là où il en était et je suis allé bouquiner. Et du coup, je n'ai rien pour le blog. Tant pis.

mercredi 16 janvier 2013

La neige tombe

Ce matin, j'ai eu la surprise relative de trouver de la neige. Météo France l'avait annoncée. Il y avait environ cinq centimètres de cette saloperie blanche. Je suis tout de même allé à Périgueux.

La neige, ça peut être beau. Ça peut être beau mais il faut que ça reste blanc et propre. Dès que ça se transforme en bouillasse, ça n'a plus rien d'esthétique et ça ne conserve que les mauvais côtés. C'est froid et ça glisse. C'est chiant.
Ce matin, en venant à Périgueux, la route était bien dégagée à partir de Saint-Crépin-d'Auberoche. Et là, je suis tombé sur un crétin qui continuait à refuser de dépasser un petit 40 km/h. Il avait peur. Il donnait de multiples petits coups de freins pour des raisons qui me semblent bien incompréhensibles. Le Dordognais n'est pas habitué à la neige et ça, je le comprends. Je ne le suis pas non plus.
Mais bon, je n'aime pas la neige et ce qui m'ennuie un peu, c'est qu'elle continue à tomber en abondance sur Périgueux et que je ne rentrerai pas avant ce soir. J'espère ne pas trop galérer sur la route.
Ce billet se poursuivra peut-être dans la journée.

mardi 15 janvier 2013

Chapraud & Chapraut, gendarmes de l'impossible

C'est un cadeau qui touche à l'exceptionnel que nous fait là Liaan. Sa vision d'une des scènes majeures de ce feuilleton qui fera date dans les annales du blog qui nuit (très) grave. Je vous invite à détailler ce chef d'œuvre, à voir tous les clins d'œil, à chercher la raison de la présence de tel ou tel élément. Mais que ceci ne vous empêche pas de lire l'épisode du jour !
Je tiens à remercier Liaan. Merci.

Bouchés à l'émeri

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (27)

Soyons honnête, au moins pour une fois. Au terme de l'épisode précédent, nous n'avions pas beaucoup avancé dans l'histoire rocambolesque qui nous mène, semble-t-il, vers la Normandie sur les traces ténues d'un sous-marin très hypothétique. Nous apprenions néanmoins que les cyborgs savaient piloter une moto allemande et que les gendarmes savaient apprécier le jus de pomme.
C'est Arielle, aujourd'hui, qui nous promet d'avancer à pas de géants vers un début de dénouement. Mais sans plus de bavardage, sachant les lecteurs pressés de connaître la suite, les nerfs tendus, je laisse la place à l'épisode de la semaine !

Un peu plus tôt à La Fabrique…

Inquiet de se faire doubler par Colette, Lafleur avait donc pris ses précautions. Il avait gardé un atout dans son jeu sous les traits de son fidèle technicien, Maurice Lenoir. Ce dernier lui était tout dévoué.

Nous ne savons grand chose sur le passé de ce taiseux qui travaille et vit à La Fabrique. Sans doute devait-il une fière chandelle à Lafleur qui l'avait probablement sorti du pétrin.

Lafleur décida donc d'expédier Maurice à Barfleur mais pas seul. Uma l'accompagnerait. Ce cyborg femelle de dernière génération, ils l'avaient conçu ensemble. Ils l'avaient conçu plus robot que cyborg. Après avoir tenté sans succès de vendre le brevet aux services secrets israélien, Lafleur avait réussi à le caser aux services secrets boldave. Le prototype fut donc ressorti du placard et dépoussiéré.

Faite d'un alliage de métal et de chair ultra léger, Uma, à l'opposé de la carrure "char d'assaut" d'un Hans ou d'un Günther, était la grâce même. D'aucun dirait sexy en diable. Lafleur l'avait dotée de tous les attributs qui vous posent une espionne et une voleuse. Déplacement rapide et feutré. Agilité des prothèses des mains. Chacune munie d' outils de précision, genre Leatherman pour souris d'hôtel. Magnétophone-enregistreur embarqué, indispensable. Caméra et appareil photo implantés dans ses yeux de porcelaine bleue. Lesquels étaient dotés d'un système de zoom ultra sophistiqué qu'Uma déclenchait par le seul pouvoir de "la pensée",en exorbitant les yeux. Lafleur, passionné de photo, n'utilisa que de l'optique Leitz miniaturisée. Pour parfaire son chef-d'œuvre, il lui installa un logiciel de Krav-Maga qui permettait à Uma de se débarrasser de ses adversaires avec un minimum de bruit. Seul le logiciel du langage fut réduit au strict minimum.

Maurice en était fou. Il avait particulièrement soigné et les mensurations, et le revêtement en plastique mou qui imitait à la perfection la chair blanche et laiteuse. Après avoir ajusté la perruque brune frangée, il lui enfila une combinaison style treillis et laça les rangers. Il appuya sur le bouton "on". Uma était fin prête.

- Prends le Land , dit Lafleur. Vous passerez plus facilement pour un couple de baroudeurs en quête d'un séjour "nature". Méfie-toi de Günther, il vient de réapparaître sur la console de gestion des cyborgs mais pour l'instant je n'arrive pas à reprendre le contrôle.

- Bien, répondit Maurice.

- Débrouille-toi pour tout récupérer avant l'arrivée de Colette. Qu'elle ne se doute de rien quand elle arrivera après vous. Pas de morts. Faites-vous passer pour des agents d'un service secret étranger. Un truc dans ce genre.

- Boldave ? demanda naturellement Uma.

- Non Uma. Je ne veux pas de problème avec eux. Nous sommes en affaire. D'ailleurs au fait, Maurice, nous avons rendez-vous avec le Colonel Amisovscu, la semaine prochaine, service après vente oblige. Ton logiciel t'autorise toutes sortes d'accents Uma. Tiens Russe, ça fera l'affaire.

Ils quittèrent La Fabrique et prirent la direction de Barfleur.

...

Si nous ne savons pas grand chose sur Maurice, il en est de même pour le routier mélomane, volage et gouailleur, censé emmener Gérard au Mans. Retour dans la cabine du Renault truck.

La sonnerie du portable du camionneur retentit sur l'air du toréador.

- Allo oui... Ok patron. Mais prévenez au Mans que j'aurai du retard. Il raccrocha et s'adressa à Gérard. Mon ptit gars, détour obligé par Caen pour récupérer un colis urgent. Alors, ou tu restes, ou je te dépose à la prochaine station-service. Mais avec ton allure déjantée, pour faire du stop hein, tu vois ce que je veux dire.

Gérard, l'air abattu, ne répondit pas. Le fric. Le magot. L'avion. Partir. Se sortir enfin de tout ce merdier. Soupirs.

- Fais pas cette tronche. Au fond je t'aime bien.

"si tu ne m'aimes pas, si tu ne m'aimes pas, je t'aime...". Il se mit à rire.

Gérard eut envie d'allonger son poing dans la gueule du camionneur. Il se retint. Cet enfoiré était sans doute sa seule chance de rejoindre Le Mans.

- Ben quoi ? Oublie-là ta bergère. Allez on va s'en jeter un à la prochaine station-service et faire le plein. Tiens, prends une goldo, c'est pas toi qui raque.

- Merci. Au fait, c'est quoi ton nom ? demanda Gérard.

- Frédérique Lang. Freddy pour les intimes. Pour Colette, c'était Fred et quand...

- Oh, ça va hein ! Rien ne dit que ce soit la même après tout.

- Ouais, regarde-moi ça un peu...

Ils venaient d'arriver en vue de la station. Force est de constater qu'elle avait brûlé de fond en comble. Explosée , anéantie, volatilisée.

- Ben merde ! reprit Freddy. Ok, on va pousser jusqu'à la station Shell où bosse ma copine Marie. Ça fait une trotte, mais au moins là, c'est sur qu'ils sont ouverts sauf s'ils ont explosé. Ah, ah, ah.

Ils reprirent la route. La radio diffuse l'acte II des Contes d'Hoffmann :

"Voyez-la sous son éventail
tourner, baisser, lever la tête,
ouvrir ses yeux d'émail
Et dire d'un air bête:
Oui, oui, oui, halte-là!
C'est la belle Olympia! "

- Ah, ah, ah. Quel couillon cet Hoffmann avec les femmes, il n'a rien vu et c'est bien fait avoir !

- Ouais. Bon, je vais faire un somme, répondit Gérard excédé. Il se fichait pas mal d'Hoffmann et de ses histoires de bonnes femmes. Les siennes lui suffisaient amplement.

Pas très loin de Caen, ils atteignirent enfin la station-service convoitée. Freddy rangea son bahut derrière une 4L jaune qui faisait le plein. Au moment même une femme en descendit. Un land noir les dépassa et se gara face au libre-service.

Gérard et Freddy s'exclamèrent en chœur en regardant la femme : " Oh putain, Colette ! "

Francis et Pedro claquèrent les portières du Land et allumèrent une cigarette.

Arthur Conan remit le pistolet de distribution en place et se tourna vers Colette dont le visage exprimait une rage contenue de très mauvaise augure.

- Maame que se passe-t-il ? hasarda Arthur pas très rassuré.

...

Villa "La Falaise". Uma et Maurice viennent de faire irruption dans le salon.

- Mains en l'air. Vite ! déclara Maurice sèchement en pointant son 44 magnum vers l'assemblée.

Gaëlle, Etzelle, Alice et Robert, médusés, s'exécutèrent.

- Gaëlle, murmura Alice. Tout à l'heure je vous ai menti à propos de...

- Fermez-là. D'un signe de tête Maurice montra à Uma les documents étalés sur la table.

- Da Boris. Moi compris.

Uma s'approcha de la table. Ses yeux sortirent de leur orbite. Une fine spirale en métal transconducteur les reliait au cerveau qui stockait les informations. Ils photographièrent et filmèrent tout ce qu'il y avait sur la table. Le spectacle était hallucinant.

Tante Etzelle faillit tourner de l'œil. Gaëlle retomba assise sur sa chaise. Robert semblait gober l'air. Alice fut prise de petits rires hystériques.

- Hi, hi, hi. Ils ont dormi ensemble. Hi, hi, hi, mon dieu ces yeux. Sinon, j'aurais dû dormir avec l'un deux. Hi, hi, hi. C'est tout. Ils ne couchent... Mais c'est quoi, cette chose ! Alice au bord de la crise de nerfs agitait ses mains comme des marionnettes au-dessus de sa tête.

Robert la regarda l'air ahuri et ouvrit la bouche encore plus grand.

- Mais qu'est-ce qu'elle raconte ? C'est quoi tout ce bazar.

Tante Etzelle, ayant retrouvé ses esprits, fixait machinalement le tableau.

- Vous pas parlez, vous pas bougez, déclara Uma après avoir remis ses yeux en place. Sinon, Boris taratatata. Vous tous garder mains en l'air.

Elle plia soigneusement la carte et s'approcha du tableau. Un cutter jaillit de son index. Elle s'apprêtait à découper la toile.

Robert avala sa salive et s'écria :

- Non ! Non ! Qui êtes-vous ? Vous êtes envoyés par La Fabrique ? On peut peut-être s'arranger...

- Pas arrangement. Quoi fabrique ? pas comprendre.

AZ.AZ... mais non ce n'est pas un Z, pensait Etzelle.

C'est un S... AS ! Et là on devine un A, puis RAT. Une coiffe en forme de cône... une femme... Sorcière ? Démone ? Mais où l'ai-je vue ? D'associations d'idées en associations d'idées, un nom surgit de sa mémoire: Astarat. Astarat ou Astarté.

Elle en était certaine à présent, la goélette portait le nom de la déesse égyptienne. L'Aphrodite des grecs. Et le village en haut de la falaise. Ça lui disait quelque chose. Elle se retint de crier.

- Dépêche-toi, dit Maurice.

Uma découpa la toile. Ensuite elle ficela tout ce petit monde à la table en prenant soin de les baillonner. Ficelle et baillons jaillissaient de ses mains à la demande.

Et Roland lui ? Où est-il passé ? Vous seriez en droit de vous le demander.

Roland, que tout le monde avait oublié, était planqué derrière la porte de la chambre. Arme à la main, il ne savait plus à quel saint se vouer. La situation était critique et le discours d'Alice pour le moins étrange. Le choc sans doute. Comment faire ? Seul, il ne faisait pas le poids. Il fallait pourtant qu'il agisse.

Un bruit de moto se fit entendre. Maurice eut juste le temps de se retourner pour voir Günther défonçant la porte d'entrée. Uma bondit en position d'attaque. Roland surgit de la chambre arme au poing.

lundi 14 janvier 2013

Jetables

Je sais que vous attendez tous la suite du feuilleton qui va paraître demain. Comme je n'ai pas eu le temps de faire quelque chose pour le blog aujourd'hui, comme demain sera un grand jour avec une admirable surprise, je me contente de vous proposer une photo faite juste pour expérimenter un petit quelque chose. Le résultat n'est pas bon, le principe demande à être amélioré mais il y a une idée que je vais peut-être travailler.

Briquets Bic

dimanche 13 janvier 2013

Passé motorisé

Comme il est habituel chez moi, alors que je cherchais quelque chose je suis tombé sur tout autre chose. En l'occurrence, il s'agissait de boîtes de diapositives anciennes. Bien entendu, j'ai abandonné ma quête initiale pour perdre mon précieux temps à regarder puis numériser certaines de ces vieilles photographies.

Des diapositives mal exposées et mal cadrées, des mises au point approximatives, des couleurs délavées lorsqu'elles n'ont pas complètement virées. Des diapositives pleines de poussière, déchirées pour certaines. Des diapositives qu'il ne m'est pas possible de dater, d'autres qui présentent des personnes que je ne parviens pas à identifier. Ce sont des photographies de famille. Elles ont été prises pour la plupart par mon grand-père maternel. Le passé vieillit mal.

Il y a les photos de mariage, de communion, d'anniversaire, de vacance. Certaines sont légendées. On sait que cette série a été faite en Norvège quand celle-ci a été réalisée dans les Vosges. Il y en a qui datent vraisemblablement des années 80 et d'autres qui doivent surgir des années 50 ou 60. Il y en a où j'apparais. Avec mon arrière grand-mère ou devant un gâteau acheté pour mon deuxième anniversaire. Il y a celles avec ma mère, avec mon père, avec mes frères. Celles prises à Conflans-Sainte-Honorine et quelques une qui peuvent venir de Pontoise. Il y en a une où l'on voit mon grand-frère et moi dans le jardin de ce que l'on appelle chez nous "la maison humide". Une maison que mes parents avaient louée lorsqu'ils avaient vendu l'appartement de Conflans pour acheter un pavillon à Pontoise. Il fallait attendre que le pavillon soit terminé et nous avons vécu dans cette petite maison humide entre 1968 et 1969. J'ai des souvenirs de cette période. Sur cette photo, il y a la P60 Simca de mon père. Pas de date précise, par contre. Je suppose que c'est un printemps ou un été. Possible que ce soit durant mai 68. Je me plais à me le faire croire.

Sur ces photos, il y a des personnes mortes depuis. Pour celles qui sont encore de ce monde, on note qu'elles ont pris parfois une cinquantaine d'années dans la tronche. Je ne me souvenais plus qu'elle avait eu autre chose que des cheveux blancs. Je ne me souvenais plus qu'il avait pu être aussi petit. Le temps passe et ce n'est pas toujours à la faveur de celui ou celle qui a pris les années qui se présentaient sans discernement et sans se méfier. En général, il ne fait pas bon vieillir. C'est ce que je me dis en regardant ces images. Les monuments, les paysages, les bâtiments s'en sortent mieux. On ne remarque pas grand chose.
Ce qu'il y a de plus intéressant, dans toutes ces photos, c'est le manque d'intérêt. Là, une dame (je ne sais pas qui elle est) pose fièrement devant un grand arbre (je ne sais pas où). Là, c'est une barre d'immeubles. Pas de personnage, pas d'indication. Et en plus, elle est de traviole. Une communion. De qui ? Des personnes sur les marches d'une église. Je ne connais pas cette église. Je pense reconnaître ma grand-mère. Ce n'est pas certain mais très probable. Le plus souvent, je me demande pourquoi on a déclenché. Pourquoi a-t-on jugé utile de presser le déclencheur de l'appareil photo ? Ça a usé une vue, ça a coûté des sous pour le développement. Et surtout, pourquoi a-t-on jugé important de conserver cette photo manifestement ratée ? Mystère.
J'ai cherché de la photo intéressante, marquante de l'époque. D'une époque. De la photo "Doisneau". Je n'en ai pas trouvé beaucoup. L'anniversaire du frangin ou le barbecue dans le jardin de l'oncle, ça ne va pas intéresser grand monde. Même moi qui suis un grand sentimental, j'ai du mal à m'extasier devant tout ça. J'espérais à tout le moins une pointe de nostalgie, un petit quelque chose qui m'aurait fait comme un petit pincement au cœur mais ça n'est pas arrivé.
Mais bon. J'avais commencé à regarder ces images et j'y ai passé pas mal de temps. Il ne fallait pas que ce soit en pure perte non plus. Alors, j'ai fait une sélection de trois photos pour le billet du jour. La première, je ne sais pas de quand elle date. On peut être à la fin des années 50 ou au début des années 60. Elle met en scène la 4cv Renault de mes grands-parents maternels. Il s'agit de leur première auto, je pense. La photo est posée. C'est de la pure spéculation de ma part mais je suppose que la photo a été prise peu de temps après l'achat de la voiture. Ma grand-mère est dans la 4cv et mon grand-père, certainement, derrière l'appareil photo.

La 4cv de mes grands-parents maternels

La seconde photographies est datée. Nous sommes en 1963. Enfin moi, par la force des choses, je ne suis pas encore là. Quoi qu'il soit possible que je sois déjà dans le ventre de ma mère. Quoi qu'il en soit, je n'ai pas un grand souvenir de cette scène. Il s'agit de l'Estafette Renault de mon père. Je sais que cet utilitaire avait été acheté neuf. Il ne doit pas être bien vieux sur la photo. La diapositive est très poussiéreuse. Je ne me suis pas amusé à la nettoyer ou à la retoucher après numérisation. C'est mon grand-frère que l'on aperçoit à l'arrière du véhicule.

Estafette de mon père

Sur le troisième cliché, je suis bien là, par contre. Je suis au volant de la 2cv familiale. Derrière, il y a toujours mon grand-frère et un landeau qui pourrait bien être le mien. On aperçoit le bras de ma mère. La photo n'est pas datée mais je n'ai pas l'air bien vieux. Nous sommes peut-être en 1965 ou 1966. Je ne sais vraiment quel âge je peux avoir. Je ne me souviens pas non plus de quel modèle de 2cv il pouvait bien s'agir. Une des années 50, c'est certain. Elle semble être déjà un peu ancienne au vu de l'usure de la peinture du volant. Le tissu des sièges laisse penser que ce pourrait être un modèle d'avant 1956. C'est peut-être la plus ancienne trace de mon passage sur terre. Enfin disons que là, je reconnais que c'est moi qui suis au volant. Sur d'autres photos, je vois parfois des enfants très jeunes qui me laissent perplexes. Impossible de savoir s'il s'agit de l'un de mes frangins ou de moi. Mais bon, on s'en fout.

Au volant de la 2cv paternelle

samedi 12 janvier 2013

Bestiole bizarre

Où ai-je encore pu chopper des puces ?

vendredi 11 janvier 2013

Rien de mieux mais on aura évité le pire

Question dessin, je patine un peu dans la semoule, ces temps derniers. Je ne sais pas bien pourquoi, c'est comme ça.

Je n'ai pas beaucoup d'idées de dessin et lorsque j'en ai, je ne parviens pas à les réaliser. Je suppose que l'état larvé de "enrhumé en devenir" y est pour quelque chose. Je le sens, ce rhume de saison, tapi là, dans le nez et la gorge. Il ne se déclare pas tout à fait, se contentant pour l'heure de menacer. Je me soigne à l'aspirine parce que je considère que c'est là une sorte de panacée qui me réussit pas si mal.
Mais ça peut aussi être dû à deux ou trois petites bricoles qui me tracassent et m'ennuient. Rien de bien grave, je vous rassure. Juste l'idée un peu désagréable que l'on se fout de ma gueule en me prenant pour plus sot encore que je le suis réellement à propos d'une affaire qui, au fond, n'a aucune forme d'importance. Quelque chose dont je ne me préoccupe pas, dont je me moque totalement et qui m'indiffère au plus haut point. Un petit machin qui se résoudra de lui même en son temps et que l'on tente d'accélérer. Il faut savoir prendre son temps.

Hier, j'étais chez un copain photographe et j'ai eu l'honneur et l'avantage de faire mes tous premiers pas avec une chambre photographique. Ah ! La chambre photographique, c'est tout de même autre chose que ces appareils photo numériques d'aujourd'hui bardés d'automatismes divers et d'électroniques absconses. Là, on ne fait rien si l'on ne comprend pas un minimum ce qu'il y a à faire.
Mes premiers pas sont bien modestes. Il a juste été question d'installer la chambre, d'en installer les divers éléments, et de regarder sur le dépoli de visée. Mon copain m'a demandé de faire quelques exercices simples. C'est à la fois difficile et facile. Il y a une logique et des impératifs techniques ainsi qu'un peu de jugeote. Redresser les perspectives, chercher les zones de netteté, jouer sur les réglages de bascule et de décentrement. Des concepts que je connais mais que je n'ai jamais eu à mettre en pratique jusque là. Nous n'avons pas fait de photo mais il y a comme un début de promesse que ça pourrait arriver dans un avenir plus ou moins lointain.
Le travail à la chambre, de ce que j'en sais et ai pu en percevoir, est radicalement une autre approche de la photographie. Il n'est pas question d'instantané, de photo prise sur le vif. Tout est préparé, calculé, mis en place, organisé, mesuré. C'est une fois que tout est prêt que l'on glisse le plan-film dans la chambre et que l'on déclenche. Sur un châssis de plan-film, souvent, on peut mettre deux plans-films. On a donc la possibilité de faire deux photos. Bien entendu, on peut avoir autant de châssis que l'on veut. La limitation n'existe pas par le nombre mais plus par l'approche. L'idée est de faire la photo en une prise. Il faut dire que le coût de l'opération dissuade grandement de se laisser aller à l'expérimentation cavalière. Ça coûte. Cher.
Pour le moment, le numérique n'est pas vraiment adapté aux chambres photographiques. Je ne suis pas sûr de ce que j'avance mais il me semble qu'il n'existe pas de capteur de la taille d'un plan film de 4x5 pouces. Les quelques dos numériques existants seraient des sortes de scanners avec une barrette qui se déplacerait sur la surface à photographier. Autant dire que l'on peut oublier les sujets en mouvement et les éclairages au flash.
La question est bien entendu de savoir s'il existe un intérêt quelconque à travailler à la chambre plutôt qu'avec un bête boîtier numérique de nos jours. On trouve facilement sur Internet des comparatifs d'images faites avec une chambre et un plan-film argentique d'un côté et un boîtier numérique de bonne facture de l'autre. Pour ce que j'en ai vu, le plan-film et la chambre sortent grands vainqueurs. De plus, la chambre permet des réglages tout bonnement impensables avec autre chose.
Ceci étant dit, si j'avais aujourd'hui un budget à investir dans du matériel photographique et si je devais choisir à prix égal entre un boîtier numérique récent et une chambre d'occasion complète, je pense que j'irais vers le choix de la raison et donc celui du boîtier numérique bien plus polyvalent et utilisable au quotidien.

Et donc, sans transition et sans me soucier de la cohérence de mon discours, je vous propose de vous ébaubir devant le dessin du jour. Bonne soirée.

Motocyclette de sport

jeudi 10 janvier 2013

On s'en tamponne

Pour acquit

mercredi 9 janvier 2013

Pfiou ! Quelle journée !

Ce matin, j'avais les yeux grands ouverts à un peu plus de quatre heures. Ce soir, je suis rentré de travailler à bientôt vingt-deux heures.

Ce n'était pas prévu. Ni que je me réveille si tôt, ni que je rentre si tard[1]. J'aurais dû me réveiller vers six heures, travailler de huit heures à midi avant d'aller sur les lieux de mon second travail de la journée. Là, j'aurais mangé et nous aurions travailler de, disons, treize heures trente à dix-sept heures trente ou dix-huit heures. Seulement, nous nous sommes pris à notre boulot et lorsque nous avons regardé l'heure, il était vingt et une heure. Demain, ce sera encore ailleurs mais j'ai l'impression que ce sera grosso-modo la même chose pour l'après-midi. Si on m'invite à manger, je pense même que je ne serai pas rentré avant tard dans la nuit.
Comme j'avais mangé ce midi, j'ai pu faire l'impasse sur le repas du soir. De toutes les façons, je n'ai absolument pas envie de cuisiner. J'ai plutôt envie d'aller me coucher, de lire quelques pages et de dormir. Je vous souhaite une bonne nuit.

Note

[1] Et je n'en suis pas ravi.

mardi 8 janvier 2013

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (26)

Alors que l'on est en train d'essayer de déchiffrer un très hypothétique message codé contenu dans une effroyable croûte picturale censée représenter une goélette marine, une étrange automobile est arrivée et semble glacer d'effroi le petit monde de la vila " La Falaise". Mais pendant ce temps, et totalement ailleurs, d'autres événements tout à fait incroyables se déroulent alors que l'on ne les attendait pas le moins du monde.

Bzzz. Clic. Clic. Cliic. Bzzbz. Clac. Clic. Cloc. Cliquiquiclic. Zzzz.

Des ruines de la maison Labornez, Günther se remet en route. Il pivote la tête dans un cliquetis douloureux accompagné de divers bruits de rouages enroués. Il observe, il analyse la situation. Ses neurones électroniques enregistrent et calculent. Il se redresse et tombe sur le côté. Il s’éteint.

Trois heures passent avant qu’il n’entre de nouveau en activité. Une diode se met à pulser au fond de l’orbite de son œil gauche. La tourelle de sa tête grince. Son bras droit ne répond plus. Il s’assied, il constate qu’il fait nuit. Il passe en mode « vision nocturne ». Il cherche Colette. Il ne trouve pas Colette. Il cherche Hans. Il ne trouve pas Hans. Il active son modem à ondes courtes. Il n’y parvient pas. Il essaie encore. Il pousse un peu la tension du modem. Le modem crame. Le modem est foutu, carbonisé. Il bouge une jambe. Il bouge l’autre jambe. Il a perdu un pied. Il prend le pied détaché. Il se demande s’il peut réparer. Il lui faudrait un fer à souder et des outils de précision. Son cerveau plein de processeurs lui dit que c’est peine perdue. Il jette le pied. Il cherche quelque chose parmi les gravas. Quelque chose qui puisse remplacer le pied. Une prothèse de fortune qui lui permette de tenir debout et de marcher. Un bout de pied de table. Ça fera l’affaire. Il tire sur un fil électrique qui pend depuis une poutre éclatée. Il s’en sert comme lien. Il se lève. Il fait un pas. Il ajuste son pied de bois en hauteur. Il fait un second pas.

Ses batterie se déchargent vite. Il doit y avoir un court-circuit qui pompe son énergie vitale. Il lui faut réparer et se recharger. Il cherche une source d’électricité parmi les bouts de fils électriques qu’il trouve en fouillant les décombres. Il se sent réfléchir de plus en plus lentement. Il est entré en mode dégradé. Il peut tenir une heure si tout va bien. Il trouve une paire de fils alimentés. La phase, le neutre. 240 volts. Il va faire le plein. Il se fourre les fils dans les trous de nez, en prise directe avec le conjoncteur-découpleur de phase du transformateur-chargeur. Il reste comme ça, assis à attendre, avec juste le système d’alerte qui veille.

Les batteries chargées à bloc, il se débranche et se lève. Il repasse en accéléré le film de sa mémoire. Il enregistre les visages et les noms dans ses éléments de mémoire instantanée. Il sait où il est. Il sait sa mission et il sait ce qu’il a à faire. Il ne sait pas où sont Colette, Gérard et Hans. Ils ne sont pas dans les ruines de la maison. Il s’extirpe de ce qui a été une maison et récupère les données de géolocalisation. Il appelle la carte des environs. L’habitation la plus proche est celle du père Kermitt. Prendre la route vers le sud est sur quarante-huit mètres et tourner à gauche. En boitant et en traînant la patte, il avance. Il tourne à gauche et fait face à une sorte de bâtiment fait de planches. Un hangar branlant. Il pousse la porte. Il cherche ce qui peut lui être utile en essayant de faire le moins de bruit possible.

Il va au fond du hangar. Sous une bâche, il trouve une moto. Une 350 BSA, lui indique son ordinateur intime. Il cherche les données techniques. Il lui faut trouver du carburant. Il cherche. L’analyse des fûts, bouteilles et bidons lui permet d’écarter le cidre, le calvados et l’engrais pour géranium. Il trouve cependant ce qu’il cherche. Il porte le bidon à sa bouche. Essence de pétrole et lubrifiant minéral monograde. Tout juste bon pour une tronçonneuse ! Le monocylindre anglais n’acceptera jamais pareille mixture. Il retourne au fond du hangar et soulève une autre bâche grise. Un sourire rayonnant s’affiche sur sa face démolie.

- Ach ! Ein BMW motorrad ! Gut !

Il retourne chercher le bidon de mélange à tronçonneuse et débâche la BMW. Il vide le précieux carburant dans le réservoir, déplace la motocyclette et ouvre la porte du hangar. Il pousse l’engin à l’extérieur avant de s’attaquer à une expertise minutieuse en faisant appel à ses ressources internes. Il comprend comment il peut faire démarrer la machine et l’origine des pannes éventuelles. Les pneus sont légèrement dégonflés, le frein avant est hors d’usage et il n’y a pas la clé de contact. Broutilles. Il dévisse l’index de la main gauche et enfiche le connecteur universel dans le trou de la clé de contact. Dans les environs, une chouette hulule.

Le robinet d’essence est ouvert. Il a titillé les carburateurs, la boîte de vitesse est au point mort. Il lève la jambe et pose le pied sur le kick. Il pèse de tout son poids sur le dispositif de mise en route. Le bicylindre est entraîné mais n’a pas démarré. Un deuxième puis un troisième vigoureux coup de kick permet de faire entendre les premières explosions du flat-twin teuton. Günther passe une main affectueuse sur le beau réservoir noir orné de fins liserés blancs tracés à la main autour du prestigieux emblème blanc et bleu symbolisant une hélice d’avion. Il enfourche la BMW au moment où la lumière se fait au-dessus du perron de la maison du père Kermitt et que celui-ci apparaît en chemise et bonnet de nuit avec l’air le plus éberlué dont il est capable.

- Mais ? Mais ? Ma moto ! Ma moto !

- Scheiße !

- Mais ! Eh ! Vous, là ! Ma moto ! Il me pique ma moto ! Tonnerre de Brest ! Ma moto ! Et l’allemande en plus ! Prenez plutôt la merde d’anglaise qui veut jamais marcher !

Günther ne l’écoute déjà plus. Il a passé la première vitesse et, dans un équilibre un peu précaire, a commencé à rouler. Dans un panache bleuâtre, il prend le large en laissant le père Kermitt vociférer et se lamenter sur son malheur. La route défile dans le faisceau chiche du gros phare de la BMW grondante. Tandis que le père Kermitt s’est précipité sur son téléphone pour appeler la gendarmerie locale à la rescousse, le fier cyborg de conception germanique fait route vers Hans dont il vient de recevoir les ondes de localisation. Il faut se diriger vers la Normandie. Pays au souvenir douloureux pour tout le peuple allemand. Le pays de l’invasion yankee. Le pays du début de la fin. Presque pire que Stalingrad.

...

- Brigadier Chapraud ! Réveillez-vous, brigadier Chapraud !

- Hein ? Quoi ? C’est quoi ? Qu’est-ce qu’il se passe ? Brigadier Chapraut ? C’est vous qui m’appelez ?

- Oui brigadier Chapraud, c’est le brigadier homonyme à un « t » près. Je vous ai réveillé ?

- Eh oui dame ! Je dormais ! C’est pour ça que vous m’avez réveillé. Que si j’avais pas dormi, vous ne m’auriez pas réveillé, comme qui dirait. C’est pour quoi, brigadier Chapraut ?

- C’est relatif au père Kermitt qui...

- Qui est encore fin saoul ?

- Il dit que non.

- Il ment. Il est saoul, je vous dis, brigadier Chapraud. Laissez-moi retrouver mes rêves. J’étais nommé adjudant et il y avait un grand buffet avec du pâté de campagne et du saucisson sec. Je veux retrouver mon rêve.

- Il dit qu’un allemand louche lui a volé une moto.

- Il a une moto, le père Kermitt ? Première nouvelle. Dites-lui de venir nous présenter papiers du véhicule et attestation d’assurance demain matin. Bonne nuit, brigadier Chapraud.

- Il dit qu’il faut qu’on vienne.

- Je dors.

- Mais vous parlez, brigadier Chapraut.

- Je parle en dormant.

- Et vous pétez, aussi, sauf votre respect, brigadier Chapraut.

- Je ne vous permets pas, brigadier Chapraud.

- Pourtant, j’ai entendu.

- ...

- Vous dormez toujours, brigadier Chapraut.

- Non. J’arrive. Faites chauffer du café, brigadier Chapraud.

- Vous prendrez du lait ?

- J’aimerais mieux une larme de Calvados.

- Tout comme moi. Sauf que le café, à cette heure de la nuit, j’y tiens guère trop.

- Moi non plus, en fait. Partons sur le calvados... sans café. A la guerre comme à la guerre.

- Et j’lui dis quoi, au père Kermitt, brigadier Chapraut ?

- Qu’on arrive tout de suite après le café, brigadier Chapraud.

...

A peine un peu plus d’une heure plus tard, la Renault 4 des pandores arrivent en zigzaguant un brin devant la maison du père Kermitt sise à bien au moins deux kilomètres de la gendarmerie locale. L’haleine surchargée à la pomme de contrebande et le képi de travers, qui penche à gauche pour le brigadier Chapraud, à droite pour le brigadier Chapraut, les deux brigadiers se présentent devant la porte du père Kermitt qui, pour se consoler, s’est réfugié dans le calvados. Une tradition du cru.

- Ah ! Vous voyez, Chapraud...

- Brigadier ! Brigadier Chapraud, brigadier Chapraut !

- Oui... Brigadier Chapraud. Je vous l’avais dit. Il est saoul !

- Ma foi.

- Pas plus que vous, mes brigadiers

- ‘Tention ! Injure de manque de respect à militaires dans l’exercice de leurs fonctions ! Ça va chercher loin, ça, père Kermitt !

- On en a foutu au trou pour moins que ça !

- Et sans connotation sexuelle, je préfère vous dire. Parce que Chapraut et moi, on est pas du genre à abuser de notre pouvoir.

- Exactement ! Chapraud et moi-même, on est comme qui dirait irréprochables.

- J’aurais pas mieux dit. Bravo brigadier Chapraut !

- Et ma moto ?

- Vous avez les papiers du véhicule ?

- C’est que...

- C’est oui ou c’est non ? On va dresser procès verbal, pour dire qu’on s’est pas déplacés pour rien.

- C’est que...

- C’est que quoi ?

- C’est que vous avez pas un peu soif avec toute la route que vous avez faite pour arriver ici ?

- C’est pas faux. Il faut pas se déshydrater.

- J’ai du calva qu’est pas piqué des vers. Mais entrez donc, brigadiers !

Les gendarmes entrent. Ils s’asseyent et le père Kermitt prend deux verres dans le buffet qu’il pose sur la toile cirée de la table. Il attrape la bouteille et remplit les trois verres.

- Pas trop ! Nous sommes en service !

- Pas plus haut que le bord du verre !

- Brigadier Chapraud ! Un peu de tenue !

- Pardon, brigadier Chapraut ! J’ferai plus.

- Bon. Je vous explique, rapport à la moto. Les papiers, je les ai pas pour cause que l’Allemand qui me la vendue, il devait me les envoyer par la Poste et que la Poste, vous savez ce que c’est, ils perdent les lettres. C’est qu’ils boivent, les facteurs. Ils ont pas une vie facile, vous me direz. C’est un peu comme vous autres, les gendarmes. Sans la gnôle, vous tiendriez pas.

- C’est pas faux.

- Alors, la moto, je l’ai mise dans la grange et j’y ai jamais trop touché. Mais elle est à moi tout de même. Et là, il y a un type très bizarre qui causait comme on aurait dit de l’allemand qui me l’a volée, la moto. Et moi, ben naturellement, je me dis que ça doit être l’allemand qui me l’a vendue qui est venu la voler. C’est ça que je me suis dit en réfléchissant.

- Vous l’auriez achetée quand, cette moto ?

- Je dirais que ça devait être en 1963. Oui, l’été 63. J’en suis sûr.

- Ça fait pas loin d’il y a soixante ans, ça !

- Quarante, plutôt, brigadier Chapraut.

- Quarante ? Comment ça quarante, Brigadier Chapraud ?

- Ben oui, 2013 moins 1963 : quarante ans.

- Oui, bon. Quarante si vous voulez.

- Cinquante, non ?

- Comment ça, cinquante ?

- Excusez, brigadiers. Mais 2013 moins 1963, ça fait cinquante ans.

- Peut-être bien. Il fait soif, trouvez pas ?

Le père Kermitt remplit les verres.

- Bon. Partons sur cinquante. Il avait quel âge, votre vendeur ?

- Voyons voir un peu... Moi, j’avais vingt-deux... Hi hi hi... Pardon.

- ?

- Non, rien. Juste vingt-deux. Vingt-deux v’là les flics. Vous connaissez ?

- Faites bien attention ! Manque de respect à force de l’ordre dans la force de l’âge. C’est sujet à bavure ! Faites bien attention à vous !

- Bon, bon... Donc, j’avais un peu plus de vingt ans. Lui, le boche, il devait bien avoir dans les cinquante.

- Et votre voleur potentiel que vous disez, là, il avait l’air centenaire ?

- C’est que... Non. Il avait l’air grand et solide. Mais il boitait.

- C’est pas le même homme, si vous voulez mon avis. Je sais pas ce qu’en pense le brigadier Chapraud, mais pour moi, c’est pas le même homme. L’affaire est close. On vous dresse pas de contravention parce que l’objet du délit a disparu avec le crime mais on vous a à l’œil.

- Et aussi parce que votre calvados est bon. On passe l’éponge pour cette fois, hein, brigadier Chapraut ? Dites, père Kermitt, cette bouteille, on se la finirait pas ? Le jour commence à se lever et on a une dure journée qui nous attend.

...

Günther s’arrête dans une station service. Il tire le pistolet d’essence et le glisse dans le réservoir de la BMW. Il attend que le compteur se remette à zéro et actionne la gâchette. Il fait le plein. Ceci fait, il arrose copieusement les pompes, enfourche sa moto, la démarre, enclenche la première, lâche la poignée d’embrayage avec douceur et fait jaillir une flamme de son auriculaire droit. Il s'enfuit en laissant les flammes envahir la station service.

Alors qu’il est à moins de cinquante kilomètres de la villa « la Falaise », deux personnes descendent d’un Land Rover noir en tenant des armes de poing à la main. Dans la villa, Gaëlle et les autres sont bouche bée et les bras ballants.

lundi 7 janvier 2013

C'est pas tombé dans l'oreille d'un sourd

Tenir le rythme du billet quotidien n'est pas toujours facile. Par exemple, aujourd'hui, je n'avais rien à dire et je n'aurais pas su quoi écrire s'il n'y avait pas eu grève sur les ondes de France Inter.

Ce matin, je me réveille vers cinq heures. Je vais me préparer du café et je mets la radio. France Inter est en grève. La programmation musicale permet de s'en assurer sans craindre de se tromper. Ce qui est bien avec les grèves de France Inter, c'est qu'elles donnent l'occasion d'écouter d'autres musiques que celles de la liste de lecture habituelle et officielle. Je suppose que certains attendent avec appétit la moindre grève pour se laisser aller à passer de la musique que l'on écoute peu habituellement sur les ondes. Par exemple, là, depuis quelque temps, il y a pas mal de musique brésilienne. Mais ce matin, il y a eu un grand moment avec l'intégrale de "O Superman" de Laurie Anderson. Ce qui a suivi n'était pas mal non plus. En me rendant à Périgueux, dans la voiture, j'ai eu du Higelin. J'aime bien les grèves de France Inter même si elles perturbent un peu mes repères auditifs de la journée.
C'est l'autre jour, je ne sais plus quand, que je me suis aperçu de cela. Ma vie est en partie gérée par des petits repères auditifs. Par exemple, il y a le son de la cafetière qui me sort du sommeil[1], il y a le réveil qui sonne, le radio-réveil qui entre en action. Et puis c'est la radio en buvant le café. Les voix familières, les chroniques attendues. Je n'ai pas besoin de regarder l'heure pour savoir que je vais bientôt partir au boulot. Et les cloches de l'église sonnent l'angélus. Il faut que j'y aille. Il y a le petit clic de la serrure qui se ferme, le son du moteur de la voiture. Arrivé au boulot, c'est le son du démarrage du Mac. Je reconnais les collègues qui arrivent au bruit de leurs pas, j'entends des bribes de discussions qui commencent. Il y a le son des portes. Celle qui grince, celle qui claque, celle qui chuinte sur la fermeture. Les pièces ont leur son propre. Un son qui change du tout au tout selon qu'elle est occupée ou non. Je reconnais les serveurs à leur bruit ; j'identifie les imprimantes à leur marque sonore.
Il n'est pas rare que, le mercredi matin, le camion poubelle me réveille alors qu'il faut vraiment tendre l'oreille pour l'entendre dans le silence de la nuit. C'est sans doute un son que j'attends inconsciemment dans mon sommeil. Il y a aussi le bruit presque imperceptible du robinet qui goutte et qui vous oblige, de guerre lasse, à vous lever alors qu'il vous empêche de trouver le sommeil. Il y a les sons qui rassurent et les sons qui inquiètent. Le murmure bienveillant du chat qui ronronne et le vacarme insupportable du même chat en chaleur.
Enfin bref, il y a plein de sons partout et on n'en a pas toujours conscience. J'avais trouvé il y a quelque temps de cela, un petit utilitaire parfaitement inutile qui reproduisait les sons d'une antique machine à écrire à chaque touche appuyée sur le clavier de mon Mac. J'avais aussi téléchargé la version bêta d'un logiciel de saisie de texte qui accompagnait la frappe d'une petite musique zen. Dans certaines entreprises, on travaille l'ergonomie des produits ou services jusqu'au sons produits. Il y a des experts des sons de démarrage des Macintosh successifs qui identifient la machine à ce simple signal sonore. Le bruit du claquement de porte d'automobile ou la musique d'un échappement peuvent faire l'objet d'études poussées. Aujourd'hui, il paraît que les bouchons à vis sont en train de gagner du terrain sur les bouchons en liège chez les producteurs-embouteilleurs de vin. La magie du bruit du bouchon que l'on extirpe de la bouteille est pourtant bien agréable et prometteur de plaisir.

On m'a appris[2] que Adobe rendrait la Creative Suite 2 (CS2) en libre téléchargement. Si l'information est vraie, c'est un coup à me rendre Adobe tout de suite plus sympathique. Bien sûr, la CS2 n'est pas la CS6 et elle ne s'installera pas sur un Mac Intel. Elle ne fonctionne a priori que sur un Macintosh PPC (G3, G4 ou G5) et seulement de Mac OS 10.2.8 à 10.3.8. On notera histoire de dire que les personnes qui ont un PC (Pentium III ou IV) seront peut-être plus intéressées dans la mesure ou la CS2 tourne sous Windows 2000 ou XP. Vu le nombre de XP encore en activité, ça peut être une vraie aubaine. Bien sûr, après, il faut avoir l'utilité de tout ça. Pour moi, ça me permettra d'installer la suite sur un ou l'autre de mes vieux Mac. Je me dis aussi que c'est un beau cadeau pour les partisans de la décroissance. Aujourd'hui, un vieux G4 se négocie selon la configuration entre 50 et 150 euros. Pour qui voudrait se lancer dans l'utilisation de logiciels professionnels à moindre coût, c'est là une alternative à Linux et Gimp. Il faudrait néanmoins vérifier les termes de la licence et vérifier que l'on peut faire un usage professionnel de la CS2 offerte. Pour beaucoup de graphistes, de petites structures et d'associations, cette suite suffit amplement et permet de faire pratiquement ce que font les suites plus récentes. Dans les grandes lignes, ça fait aussi bien.

Pour clore le billet du jour qui aura été un long bavardage, je vous annonce que j'ai mangé, ce soir même, un yaourt nature dont la date limite de consommation était arrêtée au 26 novembre de l'an dernier. Nous verrons si je serai toujours vivant demain et si je serai en état de mettre en ligne le feuilleton du mardi. Souhaitez-moi bonne chance !

Notes

[1] Sauf lorsque je suis réveillé avant l'heure de programmation de la cafetière, comme ce matin.

[2] Mais je n'ai pas encore vérifié les dires.

dimanche 6 janvier 2013

Une certaine idée de la démocratie

C'est donc fait. Notre Gérard (plus tout à fait) national a obtenu son passeport russe des mains de Vladimir Poutine. Alors qu'il a chanté les louanges de la démocratie russe, on lui aurait proposé un poste de ministre de la culture. L'heure est venue de se poser les bonnes questions.

La Russie de Vladimir Poutine est-elle une démocratie ? Bien entendu, si l'on s'en tient au fait que le régime de Moscou assassine les journalistes et emprisonne les chanteuses rock, on peut en douter. Si l'on s'intéresse aux dernières élections présidentielles, au jeu joué avec Medvedev pour contourner la stupide règle du nombre de mandats successifs à la présidence du pays, on peut se poser quelques questions. Mais voyons le bon côté des choses et disons-nous bien qu'un grand pays comme l'est la Russie qui accueille des personnes persécutées par le fisc français ne peut pas être totalement mauvais.
Qu'est-ce qu'une démocratie, au fond ? Jusqu'en 1945, les femmes de France n'avaient pas le droit de vote et pourtant, personne sauf quelques féministes excitées ne niait que notre pays était une belle démocratie. Plus loin dans le temps, dans la Grèce antique, il ne faut pas croire que tout le monde pouvait voter. Et pourtant ? Ne dit-on pas que la Grèce est le berceau de la civilisation et de la démocratie ? La démocratie est un système politique dans lequel le peuple est souverain. Dans lequel il est demandé au peuple de se prononcer. En cela, la Russie est une démocratie. Bien sûr, on ergotera sur le caractère quelque peu "bizarre" de la vie politique russe et sur ce qu'il peut advenir comme menus tracas aux candidats par trop adversaires à la ligne de Poutine. Mais aucun système n'est parfait et il ne faut pas reprocher à la démocratie de ne pas être exempte de défauts.
Chacun peut aussi avoir sa définition de la démocratie. C'est le problème avec les mots et avec les idées abstraites qu'ils sont sensés transportés. Pour Gérard Depardieu, par exemple, une démocratie se juge à l'aune du taux d'imposition des artistes. C'est une vision claire, précise et totalement recevable. S'il considère qu'il lui est préférable de s'en aller vivre dans une démocratie qui lui permettra de jouir de son argent d'une meilleure façon, pourquoi l'en blâmer ? Evidemment, vous comme moi n'avons pas à réfléchir selon la logique de M. Depardieu. Nous ne sommes pas artistes, nous ne sommes pas si riches que ça, nous n'avons pas de patrimoine conséquent à gérer, nous ne somme pas concernés par le taux d'imposition "à la marge" de 75% de nos revenus. Nous ne pouvons pas comprendre la logique de M. Depardieu mais, au moins, acceptons-la et disons-nous que s'il prend la décision de partir de France pour s'en aller vivre ailleurs, c'est qu'il a de bonnes raisons de le faire.

Il faut maintenant se demander quel sera l'avenir de Gérard Depardieu. S'il s'avère qu'il deviendra citoyen russe de plein droit et qu'il sera nommé ministre de la culture, on peut supposer qu'il mettra un terme à son métier d'acteur. Alors, on ne pourra plus guère lui reprocher grand chose de notre côté. Qu'il continue éventuellement à gagner de l'argent en France de par ses affaires ne serait pas de nature à devoir nous choquer. Combien d'étrangers ont des intérêts dans le pays sans que cela nous fasse ni chaud ni froid ? Parce que, au fond, que reproche-t-on à Gérard Depardieu ? Lui reprocherait-on de ne pas être dans la vie ce qu'il peut être à l'écran ? Lui reprocherait-on de nous avoir déçu ? A l'extrême limite, la seule chose, à mon sens, que l'on pourrait reprocher à ce personnage, c'est sa connerie et sa bêtise. Qu'il aille vivre en Belgique ou en Russie, qu'il renonce à sa citoyenneté française (si cela est faisable), nous devrions nous en foutre. Qu'il parte parce qu'il en a marre de payer pour les pauvres, il n'y a pas vraiment de problème du moment qu'il vive vraiment ailleurs et ne profite pas du système français.
Selon Depardieu, la Russie est donc une belle démocratie, la plus belle de toutes. A ce stade, on ne peut éprouver qu'un peu de pitié pour cette personne qui a été aimée chez nous et qui fait des efforts si importants pour que l'on se mette à le détester. De la pitié et de la tristesse.

samedi 5 janvier 2013

Le Dakar, c'est pas le Pérou

Dakar 2013

vendredi 4 janvier 2013

L'âme du ressort

"N'y voyez pas le fantasme de l'homme, mais le délire de l'artiste !" Aujourd'hui, j'ai eu l'idée d'un système de suspension très novateur pour motocyclette. On objectera que mon système est vieux comme Hérode et moi, je dirai avec aplomb et mauvaise foi que je n'étais pas au courant.

Moto à suspension avant bizarre

jeudi 3 janvier 2013

Foirage de dessin

J'ai essayé de faire un dessin. A un moment, le pinceau a dérapé et ça m'a agacé. Alors, bon, plutôt que de je jeter rageusement, je l'ai terminé en le bâclant rapidement. La prochaine fois, ça ira peut-être mieux.

Motocyclette

mercredi 2 janvier 2013

Ça carbure à tort et à travers

Dans l'une de ses contributions pertinentes dont il a secret, notre bon ami Liaan affirmait qu'il était plus intéressant de collectionner des carburateurs plutôt que des armes à feu. Spécialement pour lui et pour tous les amateurs de beaux objets, je vous ai sorti une perle rare de ma collection de curiosités.

Carburateur

mardi 1 janvier 2013

Je ne ferai pas de vœux hauts

Ça vous a un doux nom de char russe. Je vous en parlais hier. C'est un Canon T90. Un appareil qui date du milieu des années 80 qui a été le chant du cygne pour les Canon en monture FD. Un appareil en tous points impressionnant qui a été remplacé par le système EOS quelques années après.
Meilleurs vœux pour tout le monde. Champagne !

Canon T90

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (25)

Etzelle possèderait donc une Peugeot 403 cabriolet. Oui. Comme celle du lieutenant Columbo. Oui. Cette semaine, pour démarrer l'année sur les chapeaux de roue, c'est Sax/Cat qui nous livre un tout nouvel épisode. Pour qui "zappa" les épisodes précédents, je conseille de les lire pour tenter de comprendre quelque chose à cette histoire morcelée qui nous entraîne, eux et nous, dans de bien étranges aventures.

- Bon, du moment que tu es ce que tu es, je te tutoie.

Même à supposer qu'on connaît la même Colette, mais ça ferait vraiment mauvais feuilleton, ma Colette la dernière fois que je l'ai vue elle était couchée dans une cuisine dangereuse à côté de gens en plastique, il n'y avait plus rien à en tirer si j'ose dire.Juste pour dire, ma Colette à moi, et son frère Robert, leur nom c'est Brun.

- Je ne lui ai jamais demandé son nom de jeune fille. On va où comme ça ?

- Tu veux gagner mille euros ? Tu peux aller en centre-ville avec ton camion ?

- Bien sûr, c'est plus maniable qu'une Smart.

- OK, alors on va au Mans, à côté du pensionnat de jeunes filles catholiques, il y a le garage de Joe.

- Le guitariste qui joue du jazz d'enfer ? Je connais, et là on fait quoi ?

- Tu te gares, je rentre dans le garage, je récupère un colis, et on repart.

- Et après ?

- Je te donne mille euros, tu me déposes dans n'importe lequel des deux-cents motels de la région, tu files et tu n'entendras plus parler de moi.

- Ça me va, mais j'ai comme l'impression qu'une voiture nous suit depuis un moment.

- Tu parles du gros 4x4 noir, ça doit être Pedro et Francis. Tu vas t'arrêter à la prochaine station-service, et on verra bien si c'est eux ou nous les plus malins.

...

- Ce n'est pas Pedro, on dirait un poulet. dit Colette.

- Alors je fais quoi ? demande Arthur.

- Tu vois ce qu'il veut. Mais, pour son bien, fais en sorte qu'il ne rentre pas dans la voiture ou il pourrait tâter de ça.

- Oh ! un Telefunken U47 !

- Pas tout à fait, c'est un Lüger, ça fait de plus gros trous.

- Bonjour, je suis l'inspecteur central François. Qu'est-ce que vous faites ici ?

- François comment ?

- Inspecteur central François tout court, c'est mon nom. Qu'est-ce que vous faites ici ?

- Je livre des colis.

- Impossible. Votre voiture est du Finistère, et on est dans le Morbihan.

- C'est parce que j'ai pris un raccourci. Alors forcément j'ai changé de département pour quelques kilomètres.

- Impossible. Une voiture postale du Finistère ne peut pas circuler dans le Morbihan. Je vais devoir verbaliser.

- Dites, vous n'avez pas fait un stage à la gendarmerie de Pont-Aven vous ? Je connais deux brigadiers qui vous ressemblent.

- Insulte à officier de police, ça va vous coûter cher. Descendez de la voiture.

- OK, et voilà les papiers du véhicule. Verbalisez si vous voulez. Mais vite, j'ai ma tournée à finir.

- Et vous transportez quoi ?

- Des colis.

- Ouvrez le coffre.

- Impossible. Secret professionnel. Je n'ai pas le droit de montrer ma tournée sans un mandat officiel.

- Vous vous foutez de moi ?

- Non, mais le règlement c'est le règlement. Et le règlement de la Poste est au moins aussi rigoureux que celui de la Police.

- Appelez la poste centrale, je vais leur dire deux mots.

- Impossible. La radio est cassée.

- Obstruction à l'exercice de la Justice, vous aggravez votre cas.

- Écoutez, mettez ce que vous voulez sur votre procès-verbal, mais faites vite, sinon je ne vais pas pouvoir finir ma tournée avant midi, et je devrai faire un rapport et je devrai indiquer que j'ai été retardé par l'inspecteur central François et le directeur de la poste centrale est un ami du commissaire divisionnaire et ça risque de chauffer pour votre matricule.

- Si vous le prenez comme ça, allez-y, mais que je ne vous revoie pas par ici.

La R4 jaune repart.

- Ça va, on est passé, vous pouvez remballer votre joujou maintenant.

- Fais pas le malin. C'est vrai cette histoire du directeur de la Poste et du commissaire de police ?

- Tout ce qu'il y a de plus vrai. Vous allez rire.

- Ça m'étonnerait.

- Ils sont tous les deux dans le même club de danse. Ils sont fous de danse. Ils font même des concours de danse, tango, valse, vous voyez le genre.

- Oui, c'est presque drôle.

- Dites, j'espère que vous avez de l'argent parce que le réservoir est presque vide. Je n'ai pas de quoi aller en Normandie.

- Bon alors tu vas t'arrêter à la prochaine station-service, on va essayer de trouver un autre véhicule.

...

À "La Falaise", la nuit ne s'est pas tout à fait passée comme prévu. En se levant, Gaëlle est tout étonnée de trouver Alice seule sur le canapé.

- Tu as passé la nuit ici ?

- Oui, ils m'ont laissée.

Elle a les yeux un peu rouges et les traits tirés. Elle n'a pas beaucoup dormi.

- Et où sont-ils ?

- Ils ont pris la chambre.

- Ah.

- Oui. Notez que je me doutais bien de quelque chose dans ce goût-là, j'ai surpris de drôles de regards entre eux. Je pensais que c'était dû aux circonstances, mais non.

- Ce n'est pas la première fois, ça leur prend de temps en temps, ça dure quelques jours.

- C'est bien ma chance, pour une fois que j'en trouve deux à mon goût, non seulement je n'arrive pas à choisir mais en plus ils ne sont pas pour moi.

- Mais si, en dehors de ces périodes, ils vivent comme tout le monde.

- Oui, mais moi je ne veux pas partager mon homme avec un autre homme. Ni avec une autre femme d'ailleurs.

- Je croirais lire mon "Nous-Deux". Mais, ma petite, le monde a changé, heureusement. À mon époque on se cachait, maintenant ça se passe au grand jour. D'ailleurs, bien que je ne sois qu'un vieux machin, je serais bien venue te rejoindre cette nuit si j'avais su que tu étais là. Allez, je vais les réveiller, Tante Etzelle va arriver, et elle n'a pas les idées aussi larges que moi sur ces sujets.

- Bonjour Tante Etzelle.

- Bonjour Roland, bonjour Robert, bonjour Gaëlle, bonjour mademoiselle.

- Appelez-moi Alice.

- Bonjour Alice. Vous avez pris le petit déjeuner ?

- Pas encore, on s'est couchés un peu tard avec ces histoires de cartes, de code et tout ça.

- Ça tombe bien, j'ai pris des croissants et des petites rosettes vertes en passant, il ne manque que le café.

Tout le monde est autour du tableau. Il représente une goélette, avec une falaise en arrière-plan, et, au sommet de la falaise, une ville avec ses petites lumières. Les lumières sont allumées, comme pour mieux souligner le fait que le tout se passe de nuit. La précision était inutile, la lune se reflétant dans l'eau était déjà suffisamment éloquente (si l'on peut dire).

- Ça me donne un peu de nostalgie de nos sorties nocturnes avec Yannick, dit Gaëlle.

- Les jeunes, avec vos bons yeux, vous voyez le nom de la goélette ? demande Etzelle.

- Pas complètement, je pense qu'il va encore falloir jouer au code. Je vois "Az" au début et "at" à la fin, ça ne fait pas très breton ni normand ça. Entre les deux, c'est tout brouillé, mais c'est un seul mot court. dit Roland.

- Attends que je regarde de plus près, dit Robert.

- ...

- Là, devant le bateau, dans l'eau, je vois un point bizarre. Quelqu'un a une loupe ?

Alice passe la loupe à Robert.

- Attendez, j'essaye de voir.

- ...

- Nom de Dieu, je vois ce que c'est, mais je ne comprends rien ! Roland, tu peux regarder avec la loupe ?

- ...

- Ça y est, je vois ! Une femme. Avec sa tête en cône, on dirait une sorcière qui se noie et que le bateau ne va pas pouvoir sauver. Je ne vois pas du tout ce que ça peut bien vouloir dire. Il va falloir réfléchir tous ensemble.

Gaëlle les interrompt.

- Non, pas maintenant. Nous ne sommes pas seuls, il y a une drôle de voiture qui vient de se garer devant la maison.

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