lundi 15 octobre 2018

Vérité mécanique

Mobilité

lundi 1 octobre 2018

Périvroom #3

On ne va pas non plus y passer l'année. Pour peu que la question du véhicule de collection vous intéresse, cette édition de PériVROOM valait le déplacement. Beaucoup de Bugatti, de belles automobiles d'avant la première guerre mondiale, de rugissantes monoplaces, quelques motocyclettes. Vraiment, ce n'était pas mal du tout. Je n'ai pas regretté.
Tenez, par exemple, une SIMCA Coupé de VIlle. La base est une banale Aronde et, a priori, il n'y a pas à faire étalage d'un enthousiasme particulier. Sauf que, tout de même, l'auto est jolie et qu'elle est carrossée par Facel-Véga. Ce n'est pas si courant. On m'objectera que les VLR Delahaye étaient carrossés eux aussi par Facel-Véga et que ces véhicules tous terrains n'ont pas grand chose de luxueux.

Simca Coupé de Ville
Une Renault, une Corre. Ce qui est amusant, c'est qu'il y a presque autant d'années qui séparent ces deux autos qu'il y en a entre la plus récente des deux[1] et notre époque. On peut constater qu'il y aura eu plus de bouleversements dans la conception des automobiles dans les 50 premières années que dans les 50 suivantes. Enfin à la condition d'accepter de dire n'importe quoi et de ne pas tenir compte des incroyables progrès de ces vingt dernières années qui nous mènent vers la voiture autonome, bien sûr. Par contre, je pense que l'on peut plus aisément se mettre aux commandes de la petite Renault et s'insérer dans le trafic actuel qu'au volant de la Corre.

Match Corre-Renault
Puisque l'on en est à causer de Renault, nous voyons là l'imposante automobile de 1909 qui tente de faire la course avec une Bugatti. C'est la Bugatti qui va gagner. N'empêche, il y a moins de trente ans entre ces deux automobiles. Tout de même, on reconnaîtra qu'elles n'ont pas été tout à fait conçues pour le même usage, la même destination. Dans la Renault, vous amenez famille et bagages mais vous gagnez moins souvent les courses de vitesse.

Renault contre Bugatti
Une Peugeot 402 Darl'mat et une Bugatti. On pourrait se dire qu'il n'y a guère de rapport entre ces deux marques mais ce serait méconnaître l'histoire de l'une des premières Peugeot, la Bébé Peugeot a bien été conçue, dans les années 10, par Etorre Bugatti.

Peugeot et Bugatti
La 402 est vraiment très jolie. Ça, on ne peut pas le réfuter. Elle date de 1939. Il ne resterait que quelques rares exemplaires de ce beau cabriolet. Peut-être six. Ce qui est un peu dommage, c'est que cette belle carrosserie n'ait pas eu droit à un moteur digne d'elle. Elle doit se contenter d'un "vulgaire" quatre cylindres développant entre 50 et 60 chevaux. Pas de quoi impressionner les autos plus puissantes.

Peugeot 402 Darl'mat
On reste chez Peugeot et on perd une roue avec un side-car de course. Je ne me souviens plus du modèle de la moto. C'est, me semble-t-il, un 350cc à soupapes latérales. Sans doute des années 30. On le voit mal sur la photo mais le singe prend son rôle très au sérieux. Sans doute bien incapable d'atteindre des vitesses folles, cet attelage ne fait cependant pas qu'amuser la galerie !

Side-car Peugeot
Je parlais de la collaboration entre Bugatti et Peugeot.Eh bien figurez-vous que les premières motos Norton étaient équipées d'un moteur Peugeot ! Celle que je vous présente ci-après est, c'est marqué, une Manx. C'est le modèle emblématique de la marque, celui qui nourrit les rêves les plus fous, une machine de légende. Une Manx, quoi ! Ce qui est très regrettable, c'est qu'elle n'ait pas couru.

Norton Manx
Une qui a roulé et plutôt bien, la Magnat Debon pilotée par un solide gaillard équipé de pied en cap dans l'esprit qui sied à l'exercice.

Magnat Debon
Deux Bugatti, deux âges. La plus ancienne, celle qui porte le numéro 7, est une type 13 ou "Brescia". Elle date de 1913. L'autre est une type 35 des années 20. On remarque qu'entre les deux, Bugatti adopte le radiateur en forme de fer à cheval qui sera une marque de fabrique jusqu'aux modèles actuels.

Bugatti 13 et 35

Pour être certain que ce sera bien une Bugatti qui gagnera, le mieux est encore de faire courir une Bugatti contre une Bugatti. C'est la scène que l'on pouvait voir lors de ce PériVROOM à de multiples reprises.

Bugatti contre Bugatti

Mais la surprise venait de la lutte acharnée à laquelle nous avons pu être témoins entre deux ancêtres, une Brasier et une Despine, et une puissante Caterham. Peut-être les anciennes faisaient-elles obstruction et peut-être même la Caterham remporterait-elle la course si on l'avait laissée passer. Mais tous les coups semblaient être permis.

Les ancêtres mènent la course

Spécialement pour le Liaan

Dauphine qui veut se faire voiture de course

Note

[1] la Renault

dimanche 30 septembre 2018

Dernière moto de septembre

Sans déconner, j'avais mieux à faire que ça. Vraiment. Par exemple, j'aurais dû avancer dans le boulot en cours. Mais là, ce qu'il s'est passé, c'est que j'ai fait un premier dessin et que ça m'a conduit à en faire un deuxième puis un troisième, celui que voilà aujourd'hui. L'idée, c'est que le dessin, ça marche pas tous les jours comme on voudrait et que ça, ça ne s'explique pas trop. Enfin, du moins, moi je ne l'explique pas. Faut faire avec. Alors quand il y a une journée où vous produisez trois dessins dans la foulée dès les environs de potron-minet, faut pas laisser passer.
Et alors, le troisième dessin, c'est une moto. Oui, je vous entends rouscailler. Les motos, ça commence à bien faire, on en a déjà vu et revu. On frise l'indigestion. C'est possible mais deux choses en passant : je fais ce que je veux et si vous êtes pas contents, vous pouvez aller voir ailleurs.

Coup de turbo

vendredi 28 septembre 2018

Périvroom #2

Des motos, disais-je. Il y en avait quelques unes, des populaires et des prestigieuses, des plus ou moins anciennes. Après l'Ariel Square Four, une AJS de course que nous n'avons pas eu le plaisir de voir courir. C'est bien dommage.

AJS
Entre 1921 et 1939, Joseph Lamy et Émile Akar construisent des petites automobiles sportives, les Amilcar. Certes, elles ne concourent pas dans la même catégorie que les puissantes Bugatti mais elles ne déméritent pas pour autant. Ce sont de vraies petites automobiles sportives, puissantes et bien conçues et fabriquées.

Amilcar
La notion d'automobile sportive a évolué au fil des années et décennies. En ces débuts de l'automobile, dans les premières années du XXe siècle, à l'époque des pionniers et alors que l'on n'a pas encore une idée bien arrêtée sur ces drôles de machines pétaradantes et fumantes, on pense déjà que l'on pourrait les utiliser pour des courses de vitesse. On comprend rapidement que l'ennemi, c'est le poids. Alors, on enlève le dispensable et on conserve les roues, le moteur, le réservoir de carburant et les sièges en plus de quelques accessoires dont un volant et des commandes placées ci et là. On obtient quelque chose comme cette Richard Brasier qui marche bien plus fort que je le pouvais penser.

Brasier 1907
Tous les constructeurs ne sont pas sportifs dans l'âme. Chez Corre, en 1905, on propose cette type G forte d'une huitaine de chevaux. Si l'on ne brille pas particulièrement en course, au moins peut-on amener, avec le sourire, toute la famille.

Rouler en Corre et toujours
Je vous parlais hier de la marque Lotus avec la Caterham. On en reparle aujourd'hui avec le modèle Elise que l'on connaît aussi sous l'appellation Speedster chez Opel mais avec un moteur différent. Cette automobile de ce troisième millénaire dans lequel nous pataugeons prouve que l'on peut être une automobile intéressante et de collection sans encore multiplier les ans.

Lotus Elise
Avant d'être absorbée par Terrot, la marque Magnat Debon produisait de bien belles motocyclettes comme cette 250cc "coursifiée" qui savait montrer de quel bois elle se chauffe lors des tours de circuit.

Magnat Debon
Notons que les marques Terrot et Magnat Debon seront rachetées par Peugeot qui supprimera ces marques au détour des années 50. Et puisque l'on évoque Peugeot, arrêtons-nous un instant sur une belle réalisation de Darl'mat sur une base de 402. Celle-ci date de 1939 et l'on ne peut s'empêcher de se dire qu'à l'époque, on avait encore une haute idée de ce qu'était une belle carrosserie.

Peugeot 402 Darl'mat

jeudi 27 septembre 2018

Périvroom #1

Assis sur le marchepied d'une antique automobile Renault, l'un des organisateurs de ces PériVROOM initiées par l'Automobile Club du Périgord "Classic" en partenariat avec la mairie de Périgueux se lamente : « Le public n'est pas là, il n'est pas venu ». Ce n'est pas tout à fait exact. Je suis là, moi, avec mon appareil photo. D'autres personnes sont là aussi, certaines avec qui je prends plaisir à discuter auto ou moto ancienne comme celui-ci qui m'explique sa carrière de pilote de speedway et ses motos, toutes des anglaises, ou cet autre qui m'annonce un événement d'importance l'an prochain pour les cent ans de la marque Citroën à Marsac-sur-l'Isle.
Toutefois, ce n'est pas non plus tout à fait faux. Le public n'est pas très nombreux. Notez, je préfère. Ça me permet de faire mes photos dans de meilleures conditions. Il n'y aurait pas eu ce brouillard persistant et ce ciel plombé de nuages bas, ça aurait été encore mieux. Le public, pour qu'il vienne, il faudrait qu'il ait des raisons de le faire. Tout le monde n'est pas attiré par les automobiles anciennes, fussent-elles de marques prestigieuses, aient-elles un intérêt historique ou un palmarès sportif. L'automobile de collection et la motocyclette ancienne ne peuvent pas être une source de passion chez tout le monde. Il faut comprendre la diversité des gens.

Une quinzaine de jours après les remarquables Vintage Days qui, elles, attirent édition après édition un public toujours plus nombreux, peut-être est-il illusoire de faire venir les foules pour une manifestation qui peut sembler plus fade et moins festive.
Ce PériVROOM commençait le samedi matin par un départ des véhicules pour un rallye Périgueux-Bergerac. Du coup, on peut comprendre qu'il n'y aurait rien à voir à Périgueux jusqu'au retour annoncé pour 18 heures 30. Au programme du dimanche était annoncée une « Commémoration du Grand Prix de Périgueux 1950 » qui ne commençait que vers 14 heures. Le matin, les curieux pouvaient admirer les véhicules au fur et à mesure de leur arrivée. Alors quoi ? Un programme pas assez alléchant ? Un souci d'organisation ? De communication ?
Ce qui me paraît certain, c'est que le grand public préfère voir des motocyclettes et des automobiles qu'il sait identifier et qui, surtout, savent réveiller les souvenirs. Présentez-lui de la 403, de la 2cv et de la Dauphine et il viendra, le grand public. Par contre, le public un peu plus exigeant ne fera peut-être pas le déplacement. La bonne recette pourrait être un subtil équilibre entre le "commun" et "l'exceptionnel".
Parce que de l'exceptionnel, il y en avait ! Et pas qu'un peu ! Pour commencer, une Ariel Square Four attelée. Ce n'est pas de la moto commune, ça. Ça ne se croise pas à chaque carrefour. Même, je peux m'avancer un peu en affirmant que c'est raisonnablement rare. C'est la première que je voie de mes yeux et pourtant, des motos, j'en ai vues.

Ariel Square Four
Celle qui suit est quasi neuve. C'est une Caterham 420S, descendante "officielle" des Lotus Seven que Colin Chapman a fait naître en 1967. En soixante ans, la "Seven" a gagné en puissance tout en conservant plus ou moins l'esprit des origines. Cette Caterham arrivait de Grande-Bretagne et on voit au sourire de ses propriétaires que le voyage a été une partie de plaisir.

Caterham 420S
On peut aussi faire un grand bond dans le passé et aller à la rencontre d'une marque aujourd'hui bien méconnue qui n'a sans doute pas été très populaire en son temps, Despine. On ne sait pas grand chose de ces automobiles. On sait que le constructeur était installé à Paris et qu'il y a donc eu au moins ce modèle équipé d'un gros moteur à quatre cylindres de quatre litres de cylindrée. Sa restauration ou refabrication a demandé 900 heures de travail. Mais pour quel résultat ! C'est une voiture de course de son époque, 1908, avec juste l'essentiel, pas de superflu. J'ai eu grand plaisir à discuter à son propos avec son pilote.

Despine 1908 4 litres
Plus récente d'une année (mais le modèle de 1905 ne diffère guère de celui-ci), une Renault A1 de 1909 bien connue des habitués de ce blog. Oui, c'est celle de M. Brou de Laurière et je l'ai déjà photographiée à plusieurs reprises. Il faut dire que je ne me lasse pas de ce monstre automobile, de sa taille colossale, de sa patine, de ses roues arrières jumelées et de son allure de vaisseau fantôme. C'est la première fois que je la voyais rouler et cela m'a plu.

Renault 1909 type A1 35cv
Presque banale tant on pouvait en voir, deux Bugatti pour terminer. Pour la première, je ne suis absolument pas certain de l'identification. Je propose que c'est une type 35 parce que je n'ai rien de mieux dans les manches mais j'ai un doute tellement énorme que j'ai le sentiment d'avoir mieux à faire que d'avancer n'importe quoi. Par exemple, je m'étonne de la position de l'allumeur qui n'est clairement pas dans le prolongement de la culasse. Un jour, il me faudra trouver un ouvrage de référence sur ces automobiles.

Bugatti type 35 - sous réserve
Par contre, celle-ci me semble bien être une type 35B à compresseur. Nous la voyons là lors de la "course" sur les allées Tourny, le dimanche après-midi. Mais d'autres images viendront, j'en ai d'autres en réserve !

Bugatti type 35B

samedi 22 septembre 2018

SMOL is beautiful

Roulez vite, roulez bon

jeudi 6 septembre 2018

VéloSoleX, Indian, Harley Davidson, Moto Guzzi, Norton et ces sortes de choses aux Vintage Days

Les premiers VéloSoleX font leur apparition en 1946. Noir, discret, pratique, il saura se faire une place de choix dans la culture populaire française. Il a été tellement banal que l'on ne le remarquait même plus. Il était utilisé par toutes et tous, principalement en ville. Si ses performances étaient plus que modestes il permettait aux budgets les plus serrés d'accéder à la motorisation. Au guidon du VéloSoleX, on avait moins besoin de pédaler, on se fatiguait moins. Dans sa livrée classique, il a deux sacoches et, comble du raffinement, son pare-choc chromé. Il se doit d'être d'un noir uniforme juste souligné d'un liseré doré. Le modèle attelé à un side-car présenté ici n'est jamais sorti officiellement des usines Solex. C'est une réalisation artisanale et humoristique que j'avais déjà croisée dans Périgueux. Le panier en pur contreplaqué de récupération arbore une somptueuse décoration vantant un produit du Tennessee bien connu des mauvais garçons d'opérette. Mais à quoi peut bien servir un VéloSoleX attelé ? Sans doute à rien.

side-car Solex
Plus évolué que le VéloSoleX, plus récent aussi dans sa conception, le Rallye Peugeot était un cyclomoteur chargé d'attirer l'impétueuse jeunesse avide de vitesse et d'évasion. Il y en avait trois aux Vintage Days. Chez Peugeot, on a voulu faire une petite "moto" pour les jeunes. Comme sur une grande, on peut passer (avec quelques difficultés cependant) les vitesses et dépasser la vitesse autorisée pour les cyclomoteurs. Malgré son nom aguicheur et sa décoration suggestive, cette petite machine peine à donner de vraies sensations aux pilotes amateurs qui se voudraient champions de courses de vitesse. La tenue de route est une notion difficile à accoler au petit Peugeot tout comme celle de performance, pour tout dire. Mais pour autant, le Peugeot n'a-t-il que des défauts ? Certainement pas ! Sa principale qualité est bien de plaire à quelques inconditionnels. Ce n'est pas tout à fait rien.

Brochette de Peugeot Rallye
A propos de plumage et de ramage. Etait présente aussi une machine bricolée avec goût et détermination. Pour ce qui est de la marque, j'ai un doute. Disons, pour faire dans l'euphémisme de bon aloi, qu'il ne doit pas s'agir d'une marque bien prestigieuse et qu'il n'est pas impossible que ça ait été manufacturé dans quelque usine asiatique obscure avant que d'avoir été transporté à fond de cale jusqu'en nos contrées pour satisfaire l'appétit des bikers désargentés qui ne se sont pas encore remis de la disparition de leur idole, de leur quasi dieu chantant. Acheter de l'Harley, faut avoir les moyens en plus d'un permis de conduire officiel. Là, pas besoin. Un blouson en cuir pur skaï avec des franges et roulez jeunesse ! Si, en plus d'avoir les finances, le biker débutant démuni du permis de conduire les motocycles a une bonne dose de très mauvais goût, il peut se rabattre sur ces horribles trikes qui nous polluent l'environnement visuel avec leurs peintures "aigleuses" ou "loupeuses" représentant leur Amérique à eux. Ces personnes, j'estime que l'on est en droit de les mépriser copieusement. Mais pour ce petit 125cc, je reconnais le travail effectué et le souci du détail. Pour tout dire, j'aime bien.

Jolie petite moto
Si l'on souhaite se faire moins remarquer et baguenauder le nez au vent dans un sympathique sillage de "poum-poum" calme et enjôleur, pourquoi ne pas aller voir du côté de la production de chez Motoconfort ? Celle présentée ici est un peu l'archétype de la populaire française des années 50 du siècle dernier. Ne parlez pas performance ou confort ! C'est du calme utilitaire chargé de vous amener d'un point à l'autre sans trop de soucis, tout simplement. Rien de plus. Du coup, on n'a pas cherché la carte de l'esbroufe. Pas beaucoup de chromes mais un porte-bagages, pas de freins très efficaces mais un moteur avec ce qu'il faut de couple. C'est fait pour rouler à 60 km/h et ça le fait bien. Là encore, nous sommes en présence d'une modeste machine qui ne faisait pas tourner les têtes à son époque. C'était du banal, on en voyait partout, ça ne faisait pas rêver. Aujourd'hui, elle sait faire naître un sourire sur son passage et, même, un peu d'envie.

Moto avec confort
Elle, elle n'aura pas brillé au Tourist Trophy comme tant de ses sœurs. C'est bien une anglaise Norton mais elle est pour les bidasses. Les performances ne sont pas folles, l'équipement est sommaire, les solutions techniques utilisées éprouvées et rustiques. Avec ses presque 500cc et ses soupapes latérales, le moteur parvient à entraîner pilote et bagages à près de 100 km/h. Ce n'est pas si mal et même, c'est nettement suffisant pour se promener sur les petites routes. Par contre, on n'a pas jugé bon, les militaires n'aiment pas ça, agrémenter la Norton de pièces nickelées et de couleurs chatoyantes.

Norton 16H
En France, on n'a pas toujours eu à rougir des productions étrangères. On a même eu des marques vachement fameuses comme, parmi tant, les Terrot. Et justement, en voilà une, de Terrot ! La vie est bien faite. Comme on peut le constater sur l'image présentée, cette vénérable motocyclette est tout à fait appropriée pour convoyer deux passagers dont un muni de fort jolies gambettes. Voyez comme il a l'air fier, le fier pilote ! Ah ! Qu'il lève haut le menton ! Heureux homme.

Terrot fertile de nos rêves motocyclistes
Peut-être serait-il aussi fier au guidon d'une belle italienne comme cette Moto Guzzi California II. La Calif', c'est une énième itération du célèbre V-Twin de chez Guzzi né en 1967 avec la V7. Ce moteur était auparavant installé dans un assez improbable véhicule à trois roues comme seuls les Italiens savent les faire, le 3x3. Cette Calif' voulait s'attaquer au marché américain et concurrencer les Harley-Davidson. Plutôt confortable et relativement fiable, elle connut un certain succès. En France, elle concurrençait plutôt les BMW dans la gamme des motos de tourisme et représentait une alternative crédible aux productions japonaises dont certains ne voulaient pas.

Moto Guzzi California II
Des marques de motocyclettes américaines, on ne retient guère plus que quelques unes et, le plus souvent, Harley-Davidson et Indian. Ces deux marques aujourd'hui plus que centenaires étaient représentées à Périgueux durant ce week-end avec deux motos des années 30. Si j'ai du mal à identifier avec exactitude l'Indian, je n'ai aucun mal à reconnaître l'Harley-Davidson, une belle Knucklehead comme on aimerait en voir plus souvent. Alors, la question qui ne cesse de turlupiner le motard depuis des lustres : Indian ou Harley ? Il est bien difficile de trancher. Aujourd'hui, il est bien plus rare de voir une Indian "authentique" qu'une Harley Davidson un peu ancienne. Du coup, on peut être plus enthousiaste à la rencontre d'une moto de Springfield. D'un point de vue technique, on pourra reprocher à Indian d'être resté accroché à son idée et de refuser de troquer les soupapes latérales contre des tiges de culbuteurs quand Harley Davidson aura compris depuis longtemps l'avantage d'une distribution plus moderne. La seconde guerre mondiale sera certainement à l'origine de la fin de la marque Indian au début des années 50. L'armée voulait une moto robuste. Indian et Harley Davidson ont sorti leurs planches à dessin. A Milwaukee, on proposa un prototype de bicylindre à plat (comme les allemandes Zündapp ou BMW), la XA, et un modèle conçu sur une base existante, la WL à moteur bicylindre en V à soupapes latérales de 45ci (750 cc). Chez Indian, on se lança dans l'élaboration d'un V Twin face à la route, la 841, qui connut bien des misères de mise au point. L'armée choisit en grand nombre le modèle WL de chez Harley Davidson, Indian resta avec des stocks invendables de motos et de pièces détachées pour leur 841. La messe était dite.

Indian
Belle Harley-Davidson

lundi 27 août 2018

Encore une moto à la con

Badoum et Plouf

vendredi 3 août 2018

Cul posé

Pour en terminer avec cette affaire de saint Cani, pour en finir avec la grande affaire que fut la présence d'une 1000 Vincent, trois photos. Il se fait que quelqu'un a osé demander s'il pouvait chevaucher la moto de légende pour se faire tirer le portrait et il se trouve que le propriétaire de la machine d'exception a accepté. Déjà, cela démontre que nous nous trouvions en bonne société.
Je me suis demandé quel était l'objectif. Je me suis demandé si nous n'étions pas dans la lignée des selfies. Je me suis demandé aussi si la pratique était nouvelle. S'il y a quelque chose de nouveau, ce n'est pas de désirer se mettre au guidon ou au volant d'un véhicule que l'on peut convoiter. Si nous étions en présence d'une moto offerte à la vente, après tout, nous pourrions concevoir que les acheteurs potentiels puissent vérifier in situ qu'ils sont assis confortablement, que les pieds touchent le sol, que la position de conduite est agréable. Mais il ne m'a pas semblé que la Vincent fût à vendre. Quoi que, bien sûr, j'imagine aussi qu'à partir d'une certaine somme, il doit être difficile de refuser la transaction.

Motocyclette
Moi, je n'ai pas posé mon cul sur une Vincent. On ne me l'a pas proposé, je n'ai pas osé demander. Je me demande si j'ai souhaité le faire. Est-ce que cela m'aurait fait plaisir de m'asseoir sur la selle de la Vincent ? Je ne le pense pas vraiment. Un temps, si l'on me proposait d'essayer (même sur une courte distance) un véhicule, je ne refusais jamais. Aujourd'hui, ça m'intéresse moins. Les dernières fois, ça a été pour une BMW 330xi, une Jaguar XJ8 et, un peu avant encore, une Harley Davidson WLA.

Motocyclette
Finalement, c'est le propriétaire de cette Vincent qui a la chance de pouvoir rouler à son guidon. Il est assez fier de son terrible engin, je pense que c'est légitime. Ce n'est pas donné à tout le monde d'avoir ce genre de motocyclette dans son garage. Hormis le prix, il faut la trouver. Il faut admettre que les Anglais avaient le chic pour concevoir des motos plutôt belles. Elles ont dû en faire rêver toutes ces Vincent, Triumph, Royal Enfield, Norton, BSA[1]

Motocyclette

Note

[1] mais aussi AJS, Matchless, Scott, Panther (liste non exhaustive)

jeudi 2 août 2018

Moto de jeune

On vit vieux de plus en plus longtemps. Il faut bien le reconnaître, la quarantaine arrivée, on considère la survenue de la vieillesse comme une suite de petites humiliations. L'organisme commence à se détraquer, la force s'évade, les facultés mentales fondent, la vue baisse, les poumons grattent, les dents se déchaussent, les couilles pendent — et les seins donc ! —, les poils grisent, les articulations grincent. Alors, la queue basse et la dignité remisée dans la culotte, on fait semblant d'avoir encore de l'allant, d'être encore vivant.
J'ai pu le constater de nouveau en ce week-end charentais. Je le vois quotidiennement sur ce blog, aussi. La vieillesse gagne du terrain. Ici, la moyenne d'âge frise la soixantaine, ce blog est l'antichambre de l'hospice, de la maison de vieux. Ah ! Il faut se les fader ces vieux qui radotent leurs souvenirs de quand ils étaient jeunes ! Une plaie, je vous dis pas. Et que c'était mieux avant, et que hier c'était pas comme aujourd'hui, et que ça se souvient de quand ils pétaient le feu au lieu de péter à en souiller les fonds de caleçon.
Je ne critique pas les vieux. Ils font bien ce qu'ils peuvent, les pauvres ! Ils ont bien du mérite, allez. On peut juste leur reprocher de n'avoir pas eu le courage de partir à temps. Ils s'accrochent à la vie mais la vie, elle, elle tente de leur échapper, elle file entre tous les pores de leur peau parcheminée. La vie, c'est la jeunesse, c'est pas un truc de vieux. C'est par erreur qu'elle semble habiter encore pour un temps les anciens.
Je comprends le désarroi de ces petites vieilles, de ces petits vieux, qui n'ont pas vu arriver la fin du temps qui leur était imparti. Ils n'en croient pas leurs yeux chassieux et cataracteux, il se raccrochent aux branches et se regroupent pour se serrer les coudes. Alors, ils se donnent l'illusion que leur vieillesse vaut bien la jeunesse des autres et ils se rejouent les actes et les scènes de leur petite comédie humaine mal écrite, mal jouée, mal mise en scène, qui n'attire guère de spectateurs. Ils s'applaudissent, feignent l'intérêt, masquent la réalité, griment le présent, abolissent le futur, gesticulent et parlent de travers, interprètent un rôle de composition. Ont-ils seulement jamais été jeunes, ces vieux ?
Oui, évidemment qu'ils ont été jeunes ! Depuis que le monde est monde, c'est ainsi, les jeunes d'aujourd'hui seront les vieux de demain, pourvu que le grand manitou leur prête vie assez longtemps. Mais un jeune d'hier n'est pas un jeune du temps présent ! Ah non ! C'est la source de l'incompréhension abasourdie qui accable ces petits vieux anciens jeunes. Ils ne parviennent pas à comprendre la jeunesse de maintenant tellement elle est différente de leur jeunesse à eux. Ils ne pigent pas, ne peuvent pas accepter, ne peuvent pas s'y faire. Non ! Etre jeune, ça ne peut pas être ça ! Ils ne veulent pas reconnaître la peur qui leur mord le ventre, il ne veulent pas voir la mort qui se rapproche, la grande maladie qui les grignote déjà. Ils voudraient pas que ça ait bougé. Ils auraient voulu que le temps s'arrêtât en leur temps. Ils veulent du Zorro en noir et blanc sur la télé du salon, ils veulent de la 404 dans les rues, des nouvelles imprimées sur papier, des flippers dans les troquets, du disque microsillon sur les Tepaz. Ils pestent contre ce qui n'est pas de leur jeunesse tant ça leur indique qu'ils sont désormais vieux. Peut-être plus pour très longtemps, notez bien.
Ce qu'il y a de bien avec la vieille, avec le vieux, c'est que ça n'a pas d'avenir. C'est appelé à disparaître, à se faire remplacer. Ce n'est qu'une question de temps. Patience, d'autres vieilles, d'autres vieux, viendront balayer tout ça ! C'est la cruelle marche du temps qui passe. Tous ces petits vieux d'aujourd'hui refusent ce que leur génération a construit. Jeunes, combien ils ont critiqué les réalisations de leurs parents et grands-parents ! Mais maintenant, comment ils louent tout ça ! Faut les voir et entendre pour y croire.
Ils sont là à s'ébaubir devant des motocyclettes hors d'âge. Il n'y a personne pour les contredire, pour leur expliquer qu'ils déraisonnent, que leur cerveau cafouille, que les neurones sont embourbés, que ça tourne en roue libre, que ça n'engrène pas, que ça manque d'huile. Alors, ils se congratulent les uns les autres, se persuadent, crachent sur le reste du monde. Une assemblée d'anciens combattants d'une guerre dont le monde se fout. Dépliant leur colonne vertébrale rouillée et usée, ils se redressent tel le coq qui va chanter pour afficher leur fierté d'avoir été jeunes en leur temps. C'est beau d'y croire à ce point durant quelques heures. C'est grand de parvenir à nier l'évidence à ce point, d'être aveugle au présent.
Moi qui ne suis déjà plus très jeune j'ai bien conscience de la pente descendante. C'est plutôt confortable, finalement. Il n'y a qu'à se laisser couler, s'armer de patience et attendre que ça passe. Sans illusion, je pressens la fin se profiler à l'horizon et je tente de vivre cette fin de route sans cultiver la moindre appétence pour quelque nostalgie qui soit. S'il est entendu que ce ne sera pas mieux demain, il est certain que ce n'était pas mieux hier.

Moto de jeune

mercredi 1 août 2018

Quelques germaines

Comme une feuille

MZ 250

Hercules

mardi 31 juillet 2018

Sans glace, au nord tonne l'art laid

Si je ne haïssais pas le calembour plus que tout au monde, je dirais que la pierre fut polie longtemps avant l'Homme.

François Cavanna


Motocyclette
Motocyclette
Motocyclette

lundi 30 juillet 2018

Première saint Cani

Ça se passait en Charente ces samedi et dimanche et c'était un rassemblement initié par Norbert. Ça n'était pas un rassemblement Sanglas bien qu'il y en ait eu plusieurs. C'était une réunion d'amis et de copains liés par un amour ou un intérêt pour la moto plus ou moins ancienne, plus ou moins vaguement européenne ou américaine, de petite, moyenne ou grande cylindrée. C'était la première réunion de ce que l'on appellera pour le moment la saint Cani et rien ne dit qu'elle sera jamais suivie d'une seconde édition.
Qu'est-ce que la saint Cani ? Vous n'avez pas à le savoir mais parce que je n'ai rien à vous cacher parmi toutes ces choses que j'accepte de vous révéler, je prends sur moi de vous renseigner succinctement sur ce point. La saint Cani, ce n'est rien sinon une opération festive visant à honorer Cani, président éternel du Clan Sanglas France disparu jusqu'à nouvel ordre et à la suite d'une longue maladie en 2017. C'est une "commémoration" même si le terme m'emmerde. C'est un rassemblement de personnes qui veulent garder la mémoire de Cani, de personnes liées à Cani d'une façon ou d'une autre, qui, souvent — mais pas toujours — se sont rencontrées grâce à Cani autour des motos de la marque catalane Sanglas et, plus aléatoirement, des motos d'autres marques.

Motocyclettes
Le samedi soir furent lus les statuts constituants d'une nouvelle entité encore plus libertaire, anarchiste et éloigné de toute notion d'organisation que l'était le Clan Sanglas France. Défini comme un groupe fantoche, cette assemblée informelle n'a pas de nom arrêté, n'a aucun objectif précis, ne se donne aucune obligation et, surtout, aucun droit sur rien et sur personne. Sont membres ceux qui sont présents.
Toutefois, il convient de tirer son chapeau à Norbert qui est l'initiateur et l'organisateur de cette première saint Cani. Avec une générosité sans faille et la gentillesse dont on le sait capable, il est parvenu à mettre en place cette réunion qui permit à un groupe d'amis, copains, connaissances et invités d'un jour, de passer un moment fort agréable dans un cadre qui ne l'était pas moins.

Vincent Black Shadow 1951

lundi 23 juillet 2018

Moto de guerre

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