Photographie

mercredi 19 septembre 2018

Souvenirs perdus

J'ai trouvé une petite boîte en carton. Dans cette boîte, quelques plaques photographiques en verre et des négatifs de film 127. Avec quel appareil ces photos sur film ont-elles été faites ? Je l'ignore. Qui a fait ces photos ? Je l'ignore également. J'ai tout de même une petite idée à ce dernier sujet. Si je vois juste, ces images ne sont plus les souvenirs de personne. De ce que je sais, il n'y a plus aucun descendant de cette famille.
C'est curieux de regarder ces images qui ont dû permettre de conserver le souvenir d'instants et de lieux qui évoquaient quelque chose chez certaines personnes et qui, aujourd'hui, ne veulent plus dire grand chose. Il y a une trentaine d'images imprimées sur la pellicule. Les plaques en verre ne sont malheureusement pas utilisables.
Ce ne sont pas des photos artistiques même si certaines sont bien cadrées et pas trop mal exposées. J'en ai numérisé deux. Sur la première, on peut penser que nous sommes dans la port de Saint-Brieuc. Pour supposer cela, je m'appuie sur l'immatriculation du bateau de pêche apparemment basé dans cette ville des Côtes d'Armor (Côtes du Nord à l'époque). Je pense que cette image a été prise dans les années 1930. Le film utilisé, le 127, date de ces années là. Cependant, il n'est pas impossible que l'image date des années 40. Je ne sais pas pourquoi mais les chaussures de la dame me font penser à ces années 40.

A Saint-Brieuc ?
La deuxième photo pourrait avoir été faite elle aussi en Bretagne. Où ? Le mystère est épais. La plaque de l'automobile semble nous indiquer une immatriculation parisienne pour l'année 1931. Mais quelle est la marque de cette automobile ? Encore un mystère. Peut-être voit-on ici la mère et la fille ? L'habillement de la plus jeune des deux personnes semble moins luxueux, toutefois. La plus âgée prend la pose pour le photographe, la plus jeune paraît s'apprêter à ouvrir la porte. Je voir un air un peu espiègle dans l'allure de cette personne. Elle ne semble pas vouloir se plier au jeu du photographe. Néanmoins, on note un sourire amusé.
Mais qui saura identifier l'automobile ?

Qui, quoi et où ?

lundi 17 septembre 2018

Une chanson qui vous met en joie pour la journée

Ce matin, j'apportais quelques menues modifications à un dessin que l'on m'a commandé lorsque, au moment d'enregistrer le fichier, je tombe par le plus grand des hasards sur un dossier contenant des photos déjà un peu anciennes. Je finis d'exporter mon fichier au format demandé par mon client et m'intéresse à ces photos.
Des voitures, des motos, quelques paysages et des images faites pour m'essayer à la mise en scène d'objets en condition de studio. Parmi celles-ci, celle que je vous présente aujourd'hui. Je l'ouvre sur un logiciel de traitement de l'image et considère qu'elle n'est pas si mauvaise que ça. Même, je me dis que ça pourrait être amusant de l'utiliser pour une fausse publicité.
Et là, comme une évidence me vient un air, une chanson. Son titre va devenir la "punchline" de cette fausse pub. Cette chanson a le don de me mettre en joie et de m'inciter à revoir le film dont elle est extraite, "la Vie de Brian" qui est ce que les Monty Pythons ont fait de mieux. A mon avis.

Lunettes et bout de bois

dimanche 2 septembre 2018

Bâtir, ça donne soif

Combien faut-il de bouteilles pour construire son mur ? Les nouvelles méthodes de construction et les règles d'urbanisme associées aux engagements à lutter contre l'alcoolisme ne permettraient plus cette poésie murale. Nous sommes dans l'Oise, à Saint-Germain-la-Poterie. Vous ne connaissez peut-être pas et ça n'a aucune vraie importance. C'est un petit village de l'Oise avec ses maisons en briques comme on en fait dans ces régions de France où la brique était la norme. En Dordogne, on a préféré la pierre. C'est sans doute que l'on doit en trouver aisément. Si l'on a choisit la brique ailleurs, c'est que l'on doit y trouver de la terre adéquate. Du reste, pour appeler un village Saint-Germain-la-Poterie, c'est qu'il soit y avoir une raison, on ne s'amuserait pas à cela juste pour l'amusement des foules. En Dordogne, nous trouvons des Saint-Pierre-de-Chignac ou des Saint-Pierre-de-Côle. Ça indique, non ? Et la basilique Saint-Pierre est-elle un amas de briques ? Hein ? Je ne vous le fais pas dire.

Mur à boire


Hier, j'étais aux Vintage Days de Périgueux. J'ai ramené quelques photographies, quelques centaines. Ça promet du travail pour classer et traiter tout ça. Ça donnera aussi de la matière pour le blog. On en reparlera sans aucun doute.

samedi 1 septembre 2018

Élastique comme du latex - suite

Donc, il y avait une grue dans le parc du prieuré à Conflans-Sainte-Honorine et on pouvait l'apercevoir depuis la rue Carnot. Dans le parc, on pouvait s'approcher de cette grue et comprendre ce qu'elle faisait là. Au bout d'un solide câble d'acier, une cage est posée au sol. Quelques personnes s'affairent autour. Il semble que l'une de ces personnes est en train de se faire équiper de tout un attirail.
Toutes les personnes prennent place dans la cage et le grutier entre en action pour l'élever dans les airs à plus de cinquante mètres de hauteur. Vous l'aurez compris, il s'agit là de s'essayer au saut à l'élastique.
A l'origine de cette animation, il y a l'association Une idée en l'air dont le slogan nous éclaire sur ses buts : "Nous, quand on s'envoie en l'air, on n'oublie pas notre latex". L'idée est de récolter des fonds pour la lutte contre le SIDA et d'autres maladies. Et donc, cette association propose à des personnes saines de corps et d'esprit de monter à des dizaines de mètres pour se lancer dans le vide en ayant une confiance aveugle en un bout d'élastique. Vous le feriez, vous ? Moi pas !

La nacelle est en l'air
Les pieds au bord de la nacelle, la jeune femme semble hésiter à sauter le pas. Ira ? Ira pas ? En bas, c'est ce que tous se demandent. On ne la poussera pas, c'est à elle de se décider. A mon avis, il faut affronter sa peur et ça ne doit pas être si simple. On a beau vous avoir assuré que tout est sous contrôle, que le matériel est vérifié et revérifié, il doit exister une petite appréhension.

la tête en bas en l'air
Elle a sauté ! L'élastique semble étonnamment court au regard de la hauteur. Certes, il n'est pas question de faire un élastique qui irait au sol, ce ne serait pas très pertinent. De combien s'allonge-t-il, cet élastique ? De beaucoup !

Ça ne descendra pas plus bas
La chute est rapide, l'élastique se tend et remonte. Là, mieux vaut avoir le cœur bien attaché et, peut-être, avoir déjeuné légèrement. Pendue par les pieds, la jeune femme joue au yo-yo quelques secondes avant de penduler. A présent, il s'agit de se redresser pour arrêter de jouer au cochon pendu et de laisser le grutier vous redescendre au sol. Le public applaudit le courage.

On se redresse avant la descente

vendredi 31 août 2018

Élastique comme du latex

Ça se passe à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines (78). Depuis le bas de la rue Carnot, on voit la flèche d'une grue se dresser dans le parc du Prieuré au-dessus de la cime des arbres.
Il doit y avoir des travaux. Je continue ma route, emprunte la rue Crapotte et redescend vers les quais où j'arrête la voiture. Il fait beau, nous nous arrêtons à une terrasse pour boire une boisson rafraîchissante avant de monter vers la tour Montjoie. De là, direction l'église qui a été rénovée et le parc avec son château qui héberge le Musée de la Batellerie. Le panneau qui indique les heures d'ouverture du parc nous indique qu'il devrait être fermé. Pourtant, il y a foule. Je décide d'entrer. Les portes sont ouvertes, après tout.
Une fois dans les jardins, nous comprenons que la ville a mis en place des animations pour l'été. Une immense structure gonflable permet aux jeunes et aux adultes de s'essayer au saut dans le vide. Nous continuons la promenade et nous apercevons la flèche de la grue vue plus tôt. La curiosité me pousse à m'approcher pour voir quels sont les travaux entrepris là. C'est humain.

Camion grue

Trognes du Perche

Source de la SartheC'est dans le Perche, à Soligny-la-Trappe, à quelques pas de la source de la Sarthe. La Sarthe qui sort là va rapidement repartir sous terre pour ressortir à une résurgence sur la commune de Saint-Aquilin-de-Corbion. Saint-Aquilin-de-Corbion, village de 78 habitants, était l'une des destinations de la promenade qui m'aura occupé durant ces quelques jours d'absence.
Qu'allais-je faire dans le Perche, vous demanderez-vous peut-être. Y allais-je pour y photographier la source de la Sarthe ? Certainement pas. D'ailleurs, j'ignorais jusqu'à récemment que cette rivière prenait sa source ici. Peut-être vous raconterai-je un jour prochain le but exact de ce voyage mais ce n'est pas certain tout de même. D'un côté il est certain que cela ne vous concerne en rien mais, d'un autre côté, ça pourrait faire l'objet d'un billet qui vous intéresserait peut-être.
En quelque sorte, c'est une affaire d'histoire familiale. Ça va être un peu long à raconter. D'ailleurs, ça me fait penser que je voulais parler d'un truc. Je m'étais dit qu'il aurait été bien que j'en parle avant septembre. Je sens que je vais être à la bourre. Rien de bien grave sauf que, là aussi, ça risque d'être un peu long à raconter et qu'il me faudrait reconstruire mes souvenirs. Je me donne jusqu'à la fin de l'année pour vous raconter ça.
Donc, à quelque distance de la source de la Sarthe, il y avait des trognes. Ailleurs, on appelle ces arbres des têtards. Leur forme particulière est due à leur exploitation régulière. Plutôt que de couper l'arbre pour le débiter en bûches, on l'étête chaque année. Le résultat est ces arbres au tronc qui se termine par une boule d'où partent des branches. Dans le Perche, on parle de trognes. J'ai pensé que l'on pouvait faire une photographie dans ce paysage. Des photos, j'en ai ramené plus de 150. J'ai été raisonnable. Toutes ne sont pas à conserver. Certaines sont parfaitement ratées et d'autres plus ou moins intéressantes.
Demain, ce sont les Vintage Days à Périgueux. J'ai mis en charge la batterie de l'appareil photo et vidé la carte mémoire.

Trognes du Perche


Sinon, je n'ai pas lu tous les commentaires que vous avez laissés durant mon absence. Apparemment, vous avez été sages et fidèles à vous-mêmes. C'est bien, je suis fier de vous. A noter que fifi m'a fait parvenir sa participation au petit jeu de la 2cv dans l'espace. Merci à lui !

dimanche 19 août 2018

En attendant

Je reviens de La Cassagne. J'ai fait quelques photos des Pétaroux qui y étaient venus faire la fête. Je n'ai aucune envie de regarder tout ça tout de suite et je n'ai pas plus envie de raconter la journée. Alors, je suis allé chercher une image qui traînait là sur le disque dur.

samedi 4 août 2018

Ciel avec nuages

Nuit

dimanche 22 juillet 2018

Fin de fête

vendredi 13 juillet 2018

Carte postale de par là-bas

pavillon au bord de l'eau

samedi 7 juillet 2018

Ilford à l'épreuve du temps

J'étais descendu dans le garage pour y chasser le mammouth. Il n'y en avait pas, sans doute n'avait-il pas assez plu. Le mammouth ne sort de son terrier qu'après de violentes pluies, c'est bien connu des chasseurs de mammouth. D'ailleurs, cette condition vaut aussi pour le brontosaure[1] sauf que le brontosaure vivait en Amérique et qu'Azerat ne s'y trouve pas. Comme il n'y avait pas de mammouth dans le garage, j'ai posé l'arc et les flèches pour me consacrer à une autre activité.
J'étais en train de faire le compte des câbles pour imprimante à la norme parallèle[2] lorsque j'ai aperçu une charmante souris qui me regardait de ses petits yeux brillants tout en remuant les moustaches. Ça m'a étonné parce que je n'avais encore jamais vu de souris chez moi. Je me doutais bien que, sauf à penser que ma maison fût bâtie sur un ancien cimetière indien, bien sûr, il n'y avait pas de raison valable pour que les souris désertent les lieux. Lorsqu'elle fut lassée d'observer mes agissements, elle s'en alla à vive allure suivie de sa longue queue.
J'en avais assez de compter ces câbles dont je n'ai pas l'usage, dont je n'ai jamais eu l'utilité, que j'avais récupérés à l'occasion du déménagement d'un magasin informatique à Périgueux auquel j'avais participé. Ces câbles devaient partir à la déchetterie et j'avais jugé que cela était dommage. On me proposa de les prendre. Quelques jours plus tard, j'essayai de les donner en passant un site de petites annonces. Je n'eus pas le moindre retour, la plus petite demande. Je me retrouvai avec une cargaison de câbles pour imprimante et voilà comment, pour partie, j'ai un garage particulièrement encombré.
En bougeant un carton, j'aperçois un négatif traînant à même le sol. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Comment était-il arrivé là ? Je ne le sais pas. Il n'était pas beau à voir. Je le ramassai et, heureux de ma trouvaille, je remontai pour le nettoyer et l'observer plus en détail. Dans un premier temps, je ne comprenais pas ce que représentaient les images. J'apercevais des voitures de voyageurs, je reconnaissais la gare de Terrasson-Lavilledieu mais pour le reste, je ne voyais pas bien. Il a fallu que je procède à une numérisation pour qu'enfin je comprenne et me souvienne de ces images enregistrées sur la pellicule.
Déjà, je suis quasi certain que ces images ne sont pas de moi. Il me semble même savoir qui les a faites. Elles sont toutes faites dans la gare de Terrasson ou à ses abords proches. Il y a un casier avec des documents, un système que j'identifie comme un poste de contrôle des aiguillages ou, tout du moins, de surveillance de ceux-ci. Une image est particulièrement dégradée, comme bouffée par l'humidité. Pour être honnête, aucun cliché n'est bien intéressant. Certaines photos sont floues, d'autres mal exposées.
Ces photos datent des années 90. A l'époque, je fréquentais le club photo de Terrasson et il me souvient que nous avions eu l'idée de monter une exposition sur le thème du chemin de fer. Le président du club était un ancien de la SNCF. Pour cette exposition, je me souviens de deux photos faites au Leica M4 et au Summicron 50. L'une d'elles représentait un morceau de wagon à marchandise. L'autre était une borne kilométrique en fonte prise vers Cublac sur la ligne Brive-Périgueux. Je n'ai aucun souvenir des autres photos qui avaient été exposées. Ça date d'entre 20 et 25 ans.
Ce bout de négatif n'a aucun intérêt mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser que cette pellicule a passé une quinzaine d'années au fond de mon garage, qu'il a traîné par terre, qu'il s'est retrouvé sous un carton et qu'aujourd'hui je peux encore voir les images et, si besoin, les tirer sur papier. La trace a survécu. D'un autre côté, à la faveur de disques durs qui ont rendu l'âme, de CD et de DVD qui sont devenus illisibles, combien d'images numériques ai-je pu perdre ? Bien sûr, l'image imprimée sur la pellicule ne résisterait pas à un incendie ou à des mauvais traitements trop extrêmes mais tout de même. Comme une feuille de papier peut encore porter son message après un incendie, un fichier texte corrompu ne peut plus livrer grand chose[3].
La conservation des données numériques est un sacré problème auquel nous sommes tous plus ou moins confrontés. Il s'agit de la mémoire que nous pourrons transmettre aux générations futures. Pour limiter les pertes, on fait des copies et des copies de disques durs, on archive sur des bandes magnétiques, on compte sur la redondance en se disant que de tout ça il restera bien quelque chose. Et puis, on n'a jamais autant produit que de nos jours. La masse d'écrits, d'images, de sons est colossale et elle ne fait que grossir un peu plus tous les jours. Il y a tant de données nouvelles à s'ajouter à celles existantes que l'on ne peut sans doute même plus faire un tri entre ce qui mérite d'être conservé et le reste.
Bon. Une fois de plus, je n'amène pas de solution, je n'avance pas d'idée neuve. C'est juste l'histoire d'un type qui a trouvé un bout de négatif dans son garage, qui en a oublié ce qu'il y était venu faire et qui a perdu du temps à se poser des questions sur ces images exposées sur la pellicule. Il est incorrigible.

Zenit E et Ilford HP5 Plus

Notes

[1] n'écoutons pas ceux qui, par amour de la polémique stérile, prétendent que le brontosaure n'existe pas et qu'il convient de parler d'apatosaure.

[2] d'ailleurs si quelqu'un en cherche, j'en ai tout un stock

[3] sauf dans certains cas

vendredi 6 juillet 2018

Prise en main

viaduc du Douime

samedi 30 juin 2018

Les gens qui posent des questions sont des ignorants

Est-ce que je t'en pose, moi, des questions ? Hein ? Ben non, je ne t'en pose pas. Je sais bien qu'il n'y a rien à attendre de toi. Tes réponses, de toute manière, seraient ineptes, ridicules, infondées. Je ne pose pas de questions et j'entends que l'on ne m'en pose pas. Attention ! Je ne dis pas que je ne ME pose pas de questions. Bien sûr que je m'en pose ! Je n'arrête pas de m'en poser. J'ai juste la décence de ne pas attendre de réponses. Je ne vois pas pourquoi je devrais m'astreindre à me trouver une réponse. Si j'étais en mesure de répondre à mes questions, franchement, tu crois que je perdrais du temps à m'en poser, des questions ? Soyons sérieux. Si j'avais les réponses, je n'aurais pas besoin de m'interroger. Je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de boire un verre d'eau lorsque j'ai soif, je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de pisser lorsque j'ai la vessie qui m'indique qu'elle a envie de se vider.
Il y en a, des cons ou des intellectuels, qui croient que ça fait intelligent de se poser des questions ou, tout du moins, de laisser entendre qu'ils se les posent. Il y en a même qui vous pondent des bouquins plein de leurs questions existentielles dont on n'a rien à faire. Au lieu de travailler, de faire quelque chose d'utile, de faire la vaisselle, de se laver le cul ou d'écrire une histoire intéressante, ils se masturbent la tête à la recherche d'une question intelligente qui collera avec la réponse intelligente qu'ils ont déjà mis de côté tout exprès pour cette question. Le plus dur, c'est de trouver la question pleine de fatuité vaine qui aura l'apparence de l'intelligence pour s'associer bien comme il faut avec la réponse.
Ça fait penser à ces créatifs qui produisent leur œuvre et qui dissertent après coup sur le cheminement intellectuel qui a conduit à la réalisation de ce coup de génie. Ils vont te faire un travail d'introspection, ils vont convoquer leur enfance et le fait que leur maman a couché avec leur papa pour t'expliquer que rien n'est dû au hasard et que leur peinture/sculpture/écrit/photo/film est à voir comme un reflet du passé digéré ou non de leur condition d'homme pensant. Mon cul. Moi, j'en côtoie des artistes. Et ça depuis des années. Il y a pas à tortiller du cul, ça ne fait pas un pli, les meilleurs artistes ce sont ceux qui sont incapables de parler de leur œuvre. Bien sûr que leur travail est intimement lié à leur histoire et à l'histoire de leurs ancêtres. Evidemment ! Mais ils ne cherchent pas à expliquer leur besoin de réaliser des œuvres d'art. S'il le faisait, certainement qu'ils ne pourraient plus produire.
Un truc que l'on entend parfois, c'est que l'artiste ou le créateur ne peut pas faire autrement que de produire ce qui pousse en eux. Ça, j'y crois. Va pas demander à l'artiste ou à l'écrivain ce qui l'a conduit à peindre comme ci, à sculpter comme ça ou à écrire avec ces mots et ce rythme. Ce que l'on voit, lit, touche, c'est la réponse. Point barre.
Si tu es un trou du cul, un pique-assiette et un vide-verres compulsif, tu aimes peut-être aller aux vernissages. Si tu as la chance que ce soit une exposition un peu importante, il y aura peut-être un commissaire d'exposition qui aura en charge de poser la problématique de la scénographie et de l'auteur mis dans le contexte de l'époque. Si tu as la chance de maîtriser l'humour, tu vas te fendre la gueule sous cape en écoutant les gens s'extasier et prendre des mines compliquées et graves en face des œuvres exposées. Laisse tes oreilles en profiter ! Tu vas t'amuser. Laisse-les traîner à l'affût des critiques qui ne vont pas tarder à fuser. Tu vas entendre le confrère artiste qui va remarquer que l'encadrement est perfectible ou qu'il n'aurait pas mis cette photo/peinture/sculpture. Derrière des beaux sourires hypocrites, tu vas goûter à satiété du concentré de méchanceté âcre et fielleuse. Savoure ! Régale-toi ! Vas-y de ton avis à la con. Fais dans le pompeux, fais dans la provocation facile. Tu vas entrer dans le cénacle, tu vas te faire ta place. L'artiste n'est plus celui qui expose, c'est le public.
Franchement, si tu as le désir de voir les œuvres, ne vas pas au vernissage ! Choisis une heure calme un autre jour. Si tu veux bouffer et picoler gratis, oui, bien sûr, vas au vernissage ! L'amateur d'art réussit le tour de force d'être encore plus artiste que l'artiste. Il joue au vampire. Il sur-interprète, il suce l'intime de l'artiste et s'en rassasie. Bon, allez, soyons honnête, il y a aussi de vrais amateurs d'art qui aborde les œuvres avec toute l'humilité nécessaire. On ne peut pas, on ne doit pas violer l'artiste. Ça lui fait déjà assez mal de montrer ce qu'il ne parvient pas à garder pour lui, il ne faut pas le presser comme on le ferait d'un citron. Vous croyez vraiment que van Gogh était heureux de peindre ? Vous croyez que Mozart créait dans une joie perpétuelle ?
C'est pas sûr (et c'est même sûr que non) que l'artiste soit plus intelligent ou plus sensible que le reste du monde. C'est du pipeau. C'est juste qu'il a plus de choses à dire. Ce n'est pas une affaire de question et de réponse. C'est comme ça, rien de plus. L'artiste est impudique. Il est peut-être aussi, à l'occasion, égocentré. Il extériorise la complexité de sa pensée, il s'exprime. Mais non, pas d'explication, pas de réponse, pas de question. Certainement pas ! Des obsessions, de l'intime, du personnel, du profond, du "tu", de l'indicible, oui. Le tout dans un contexte personnel, familial, culturel, politique, social. L'artiste n'est pas quelqu'un de "bien" ou de "mal", de "bon" ou de "mauvais". Il peut être con comme un manche à balai, il peut être vaniteux, imbitable, faible, dément, même. L'œuvre est ce qui est sorti de l'artiste, l'œuvre n'est pas l'artiste. L'œuvre, quelque part, ne lui appartient plus, n'est plus en lui. Elle s'est extirpé de lui, il s'est débarrassé d'elle. Elle doit vivre sa vie après son accouchement.
On peut perdre son temps à chercher les réponses aux questions que l'on peut se poser face à l'art des hommes les plus anciens. C'est vain. Ce qui, éventuellement, signifiait est aujourd'hui perdu à nous. Le symbolisme possible des peintures, gravures, sculptures de ces êtres nous est étranger parce que nous n'avons pas de pierre de Rosette pour le décrypter mais aussi parce qu'il nous manque l'environnement d'alors. Peignait-on au fond des grottes accompagné de musique ? Cette musique ne nous sera pas parvenue. Buvait-on ou avalait-on des substances plus ou moins hallucinogènes ? On n'en a nulle trace. Comment pouvons-nous juste imaginer ce qu'était le quotidien de ces femmes et hommes ? De quoi était composé l'imaginaire commun ? Jamais on ne percera le "mystère". Ce qui reste, c'est l'émotion. Peut-être cette émotion ressentie aujourd'hui ne correspond à rien de celle perçue autrefois. Certainement même. Il manque le référentiel. Toute interprétation est fausse mais ce n'est pas grave. L'important, c'est qu'une émotion soit suggérée par l'œuvre elle-même.
Récemment, un expert a suscité un certain émoi dans quelques milieux en révélant que, selon lui, le "Guernica" de Pablo Picasso ne représenterait absolument pas le bombardement nazi mais une scène de ménage. Quelques années avant, on apprenait que la célèbre photographie de Robert Capa "Mort d'un soldat républicain" est une mise en scène. Auparavant, c'était la photographie de Robert Doisneau "le baiser de l'Hôtel de ville" qui était présentée (par l'auteur) comme une mise en scène. On plaque ce que l'on veut de nous sur l'art. Et c'est pourquoi la seule attitude valable dans une confrontation à l'art est son ressenti personnel. On aime ou pas. L'art n'a aucune raison d'être difficile d'accès et ne demande pas à être compris ou analysé.
Sur une même affaire, j'ai lu "La serpe" de Philippe Jaenada et un bouquin écrit par un journaliste de Sud-Ouest. L'un, le premier, est un artiste quand l'autre est un scribouilleur qui se contente d'écrire dans un style sans âme. Il ne donne rien de lui, ne crée rien. L'artiste-écrivain ne s'oblige ni à la vérité ni à au factuel. Récemment, sur France Inter, Jaenada expliquait qu'il écrit parce qu'il ne peut pas faire autrement. Tout est dit. J'ai eu le bonheur de le rencontrer et de discuter avec lui. Il a son opinion, il la livre, mais il ne se lance pas dans autre chose que ce que son livre (excellent livre) livre.


Qu'est-ce que je voulais vous raconter ? Je ne m'en souviens plus. Je suis parti sur ce sujet, je suis parti en vrille alors que je voulais vous parler, me semble-t-il, de croque-monsieur et de photo de service à café. C'est tout de même bizarre, un cerveau, ça a tendance à n'en faire qu'à sa tête. Notez, je me demande bien ce que je pourrais avoir à écrire à propos des croque-monsieur. Ce n'est pas un sujet dont on peut écrire des lignes et des lignes. Enfin si, sans doute, quelqu'un de talentueux pourrait sans doute le faire. Il faudrait que le besoin se fasse jour et ça, c'est pas gagné.
Moi, je fais les croque-monsieur d'une manière assez simple. Deux tranches de pain de mie, du beurre sur une face puis une fromage râpé, une demi tranche de jambon, de nouveau du fromage que je recouvre avec la deuxième tranche de pain beurrée. Maintenant, je beurre légèrement la face du dessus et hop ! je pose l'ensemble dans l'appareil à croque-monsieur le beurre côté feu. Un peu de beurre sur le dessus et je rabats l'appareil. Je laisse cuire quelques minutes à feu pas trop vif et j'en profite pour m'en faire un second.
Je sais que j'ai dit qu'il ne fallait pas se poser de questions mais je me réserve le droit à l'incohérence et au paradoxe. Donc. Est-ce que c'est bon, le croque-monsieur ? Objectivement, pas vraiment. Ça se mange. C'est dans le domaine du "régressif", je pense. A la limite du junk food. Personnellement, je suis opposé au croque-madame qui est la même chose mais avec un œuf au plat par dessus. Vous n'en avez rien à faire ? Je peux le comprendre. Pas de problème.
Certains font leurs croque-monsieur avec de la sauce béchamel et les font cuire au four sous le grill. Je n'ai jamais compris cette pratique. Je ne critique pas les partisans de cette recette, je tolère que l'on puisse la préférer, c'est juste que je ne la comprends pas.

Comme j'avais des photos à faire et que j'avais retrouvé des tasses et d'autres éléments d'un service à café, je me suis servi de ça pour régler les éclairages. Ça m'a donné l'occasion de faire un peu de vaisselle et de m'exercer à faire de la photo d'objets. Ça casse pas trois pattes à un canard mais j'aime bien mettre de l'image dans les billets du blog et ceci même s'il n'y a aucun rapport avec quoi que ce soit. Je suis chez moi, je fais ce que je veux.

Tasses décor pavot
Cádiz - Villeroy et Boch


Est-ce que je t'en pose, moi, des questions ? Hein ? Ben non, je ne t'en pose pas. Je sais bien qu'il n'y a rien à attendre de toi. Tes réponses, de toute manière, seraient ineptes, ridicules, infondées. Je ne pose pas de questions et j'entends que l'on ne m'en pose pas. Attention ! Je ne dis pas que je ne ME pose pas de questions. Bien sûr que je m'en pose ! Je n'arrête pas de m'en poser. J'ai juste la décence de ne pas attendre de réponses. Je ne vois pas pourquoi je devrais m'astreindre à me trouver une réponse. Si j'étais en mesure de répondre à mes questions, franchement, tu crois que je perdrais du temps à m'en poser, des questions ? Soyons sérieux. Si j'avais les réponses, je n'aurais pas besoin de m'interroger. Je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de boire un verre d'eau lorsque j'ai soif, je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de pisser lorsque j'ai la vessie qui m'indique qu'elle a envie de se vider.
Il y en a, des cons ou des intellectuels, qui croient que ça fait intelligent de se poser des questions ou, tout du moins, de laisser entendre qu'ils se les posent. Il y en a même qui vous pondent des bouquins plein de leurs questions existentielles dont on n'a rien à faire. Au lieu de travailler, de faire quelque chose d'utile, de faire la vaisselle, de se laver le cul ou d'écrire une histoire intéressante, ils se masturbent la tête à la recherche d'une question intelligente qui collera avec la réponse intelligente qu'ils ont déjà mis de côté tout exprès pour cette question. Le plus dur, c'est de trouver la question pleine de fatuité vaine qui aura l'apparence de l'intelligence pour s'associer bien comme il faut avec la réponse.
Ça fait penser à ces créatifs qui produisent leur œuvre et qui dissertent après coup sur le cheminement intellectuel qui a conduit à la réalisation de ce coup de génie. Ils vont te faire un travail d'introspection, ils vont convoquer leur enfance et le fait que leur maman a couché avec leur papa pour t'expliquer que rien n'est dû au hasard et que leur peinture/sculpture/écrit/photo/film est à voir comme un reflet du passé digéré ou non de leur condition d'homme pensant. Mon cul. Moi, j'en côtoie des artistes. Et ça depuis des années. Il y a pas à tortiller du cul, ça ne fait pas un pli, les meilleurs artistes ce sont ceux qui sont incapables de parler de leur œuvre. Bien sûr que leur travail est intimement lié à leur histoire et à l'histoire de leurs ancêtres. Evidemment ! Mais ils ne cherchent pas à expliquer leur besoin de réaliser des œuvres d'art. S'il le faisait, certainement qu'ils ne pourraient plus produire.
Un truc que l'on entend parfois, c'est que l'artiste ou le créateur ne peut pas faire autrement que de produire ce qui pousse en eux. Ça, j'y crois. Va pas demander à l'artiste ou à l'écrivain ce qui l'a conduit à peindre comme ci, à sculpter comme ça ou à écrire avec ces mots et ce rythme. Ce que l'on voit, lit, touche, c'est la réponse. Point barre.
Si tu es un trou du cul, un pique-assiette et un vide-verres compulsif, tu aimes peut-être aller aux vernissages. Si tu as la chance que ce soit une exposition un peu importante, il y aura peut-être un commissaire d'exposition qui aura en charge de poser la problématique de la scénographie et de l'auteur mis dans le contexte de l'époque. Si tu as la chance de maîtriser l'humour, tu vas te fendre la gueule sous cape en écoutant les gens s'extasier et prendre des mines compliquées et graves en face des œuvres exposées. Laisse tes oreilles en profiter ! Tu vas t'amuser. Laisse-les traîner à l'affût des critiques qui ne vont pas tarder à fuser. Tu vas entendre le confrère artiste qui va remarquer que l'encadrement est perfectible ou qu'il n'aurait pas mis cette photo/peinture/sculpture. Derrière des beaux sourires hypocrites, tu vas goûter à satiété du concentré de méchanceté âcre et fielleuse. Savoure ! Régale-toi ! Vas-y de ton avis à la con. Fais dans le pompeux, fais dans la provocation facile. Tu vas entrer dans le cénacle, tu vas te faire ta place. L'artiste n'est plus celui qui expose, c'est le public.
Franchement, si tu as le désir de voir les œuvres, ne vas pas au vernissage ! Choisis une heure calme un autre jour. Si tu veux bouffer et picoler gratis, oui, bien sûr, vas au vernissage ! L'amateur d'art réussit le tour de force d'être encore plus artiste que l'artiste. Il joue au vampire. Il sur-interprète, il suce l'intime de l'artiste et s'en rassasie. Bon, allez, soyons honnête, il y a aussi de vrais amateurs d'art qui aborde les œuvres avec toute l'humilité nécessaire. On ne peut pas, on ne doit pas violer l'artiste. Ça lui fait déjà assez mal de montrer ce qu'il ne parvient pas à garder pour lui, il ne faut pas le presser comme on le ferait d'un citron. Vous croyez vraiment que van Gogh était heureux de peindre ? Vous croyez que Mozart créait dans une joie perpétuelle ?
C'est pas sûr (et c'est même sûr que non) que l'artiste soit plus intelligent ou plus sensible que le reste du monde. C'est du pipeau. C'est juste qu'il a plus de choses à dire. Ce n'est pas une affaire de question et de réponse. C'est comme ça, rien de plus. L'artiste est impudique. Il est peut-être aussi, à l'occasion, égocentré. Il extériorise la complexité de sa pensée, il s'exprime. Mais non, pas d'explication, pas de réponse, pas de question. Certainement pas ! Des obsessions, de l'intime, du personnel, du profond, du "tu", de l'indicible, oui. Le tout dans un contexte personnel, familial, culturel, politique, social. L'artiste n'est pas quelqu'un de "bien" ou de "mal", de "bon" ou de "mauvais". Il peut être con comme un manche à balai, il peut être vaniteux, imbitable, faible, dément, même. L'œuvre est ce qui est sorti de l'artiste, l'œuvre n'est pas l'artiste. L'œuvre, quelque part, ne lui appartient plus, n'est plus en lui. Elle s'est extirpé de lui, il s'est débarrassé d'elle. Elle doit vivre sa vie après son accouchement.
On peut perdre son temps à chercher les réponses aux questions que l'on peut se poser face à l'art des hommes les plus anciens. C'est vain. Ce qui, éventuellement, signifiait est aujourd'hui perdu à nous. Le symbolisme possible des peintures, gravures, sculptures de ces êtres nous est étranger parce que nous n'avons pas de pierre de Rosette pour le décrypter mais aussi parce qu'il nous manque l'environnement d'alors. Peignait-on au fond des grottes accompagné de musique ? Cette musique ne nous sera pas parvenue. Buvait-on ou avalait-on des substances plus ou moins hallucinogènes ? On n'en a nulle trace. Comment pouvons-nous juste imaginer ce qu'était le quotidien de ces femmes et hommes ? De quoi était composé l'imaginaire commun ? Jamais on ne percera le "mystère". Ce qui reste, c'est l'émotion. Peut-être cette émotion ressentie aujourd'hui ne correspond à rien de celle perçue autrefois. Certainement même. Il manque le référentiel. Toute interprétation est fausse mais ce n'est pas grave. L'important, c'est qu'une émotion soit suggérée par l'œuvre elle-même.
Récemment, un expert a suscité un certain émoi dans quelques milieux en révélant que, selon lui, le "Guernica" de Pablo Picasso ne représenterait absolument pas le bombardement nazi mais une scène de ménage. Quelques années avant, on apprenait que la célèbre photographie de Robert Capa "Mort d'un soldat républicain" est une mise en scène. Auparavant, c'était la photographie de Robert Doisneau "le baiser de l'Hôtel de ville" qui était présentée (par l'auteur) comme une mise en scène. On plaque ce que l'on veut de nous sur l'art. Et c'est pourquoi la seule attitude valable dans une confrontation à l'art est son ressenti personnel. On aime ou pas. L'art n'a aucune raison d'être difficile d'accès et ne demande pas à être compris ou analysé.
Sur une même affaire, j'ai lu "La serpe" de Philippe Jaenada et un bouquin écrit par un journaliste de Sud-Ouest. L'un, le premier, est un artiste quand l'autre est un scribouilleur qui se contente d'écrire dans un style sans âme. Il ne donne rien de lui, ne crée rien. L'artiste-écrivain ne s'oblige ni à la vérité ni à au factuel. Récemment, sur France Inter, Jaenada expliquait qu'il écrit parce qu'il ne peut pas faire autrement. Tout est dit. J'ai eu le bonheur de le rencontrer et de discuter avec lui. Il a son opinion, il la livre, mais il ne se lance pas dans autre chose que ce que son livre (excellent livre) livre.


Qu'est-ce que je voulais vous raconter ? Je ne m'en souviens plus. Je suis parti sur ce sujet, je suis parti en vrille alors que je voulais vous parler, me semble-t-il, de croque-monsieur et de photo de service à café. C'est tout de même bizarre, un cerveau, ça a tendance à n'en faire qu'à sa tête. Notez, je me demande bien ce que je pourrais avoir à écrire à propos des croque-monsieur. Ce n'est pas un sujet dont on peut écrire des lignes et des lignes. Enfin si, sans doute, quelqu'un de talentueux pourrait sans doute le faire. Il faudrait que le besoin se fasse jour et ça, c'est pas gagné.
Moi, je fais les croque-monsieur d'une manière assez simple. Deux tranches de pain de mie, du beurre sur une face puis une fromage râpé, une demi tranche de jambon, de nouveau du fromage que je recouvre avec la deuxième tranche de pain beurrée. Maintenant, je beurre légèrement la face du dessus et hop ! je pose l'ensemble dans l'appareil à croque-monsieur le beurre côté feu. Un peu de beurre sur le dessus et je rabats l'appareil. Je laisse cuire quelques minutes à feu pas trop vif et j'en profite pour m'en faire un second.
Je sais que j'ai dit qu'il ne fallait pas se poser de questions mais je me réserve le droit à l'incohérence et au paradoxe. Donc. Est-ce que c'est bon, le croque-monsieur ? Objectivement, pas vraiment. Ça se mange. C'est dans le domaine du "régressif", je pense. A la limite du junk food. Personnellement, je suis opposé au croque-madame qui est la même chose mais avec un œuf au plat par dessus. Vous n'en avez rien à faire ? Je peux le comprendre. Pas de problème.
Certains font leurs croque-monsieur avec de la sauce béchamel et les font cuire au four sous le grill. Je n'ai jamais compris cette pratique. Je ne critique pas les partisans de cette recette, je tolère que l'on puisse la préférer, c'est juste que je ne la comprends pas.

Comme j'avais des photos à faire et que j'avais retrouvé des tasses et d'autres éléments d'un service à café, je me suis servi de ça pour régler les éclairages. Ça m'a donné l'occasion de faire un peu de vaisselle et de m'exercer à faire de la photo d'objets. Ça casse pas trois pattes à un canard mais j'aime bien mettre de l'image dans les billets du blog et ceci même s'il n'y a aucun rapport avec quoi que ce soit. Je suis chez moi, je fais ce que je veux.

vendredi 29 juin 2018

Blés

Le soleil n'était pas encore trop brûlant. J'étais parti faire des photos de blés. Un client m'avait passé cette commande. Je n'avais pas besoin d'aller très loin pour en trouver, j'avais repéré des champs de blés à la Bachellerie. Je venais d'arrêter ma voiture quand une autre automobile s'arrêtait juste devant la mienne. Deux jeunes femmes en sortaient. Equipée d'une paire de ciseaux, l'une d'elles engageait la conversation en déclarant que nous avions eu la même idée. Montrant l'appareil photo qu'elle n'avait pas pu ne pas voir, je répondais que je n'étais pas venu voler des épis de blés, moi.
L'autre jeune femme restait à l'écart. Sans doute était-elle plus réservée, moins attirée par la folle fascination que je peux, à l'occasion, exercer sur les femmes de bon goût. Intérieurement, je me disais alors que c'était tout aussi bien étant entendu que cette autre jeune femme était vraiment moins jolie que celle qui était venue vers moi sans retenue. On ne peut pas dire que ce soit le cas à tous coups mais force est de reconnaître qu'il arrive que la vie soit bien faite.
La plus jolie des deux jeunes femmes, pour ne rien gâcher, était blonde. Comme les blés, oui. Tout pareil. Avec un grand beau sourire, elle m'expliquaist qu'elle venait prélever quelques épis de blé pour les accrocher à sa porte d'entrée afin que ceux-ci lui portent chance. Je lui rétorquais que cela ne marcherait pas et qu'il valait mieux, c'était prouvé, cueillir les orties présentes sur le talus. Je lui expliquais que pour que cela fonctionnât il était nécessaire de les cueillir à main nue. Avec du rire dans la voix, elle rétorqua qu'elle savait comment s'y prendre pour les arracher sans se piquer. Comme je lui disais que j'étais curieux de le vérifier, elle pinça une tige d'ortie entre des doigts et la cassa avec, tout de même, beaucoup de prudence. Elle brandit l'ortie avec un air victorieux auquel je répondis avec enthousiasme.
Comme la copine semblait considérer que le temps commençait à lui paraître long, la jolie blonde se décida à couper quelques épis de blé et d'en faire un petit bouquet qu'elle me tendit afin que je puis admirer comme il était bien réalisé. Je la félicitai, elle me souhaita de faire de belles photos et partit.

Et alors, j'ai fait quelques photographies et j'avais bien la certitude que je ne ferais rien de bon. Je ne me suis pas trompé.

Blés

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