Photographie

vendredi 13 juillet 2018

Carte postale de par là-bas

pavillon au bord de l'eau

samedi 7 juillet 2018

Ilford à l'épreuve du temps

J'étais descendu dans le garage pour y chasser le mammouth. Il n'y en avait pas, sans doute n'avait-il pas assez plu. Le mammouth ne sort de son terrier qu'après de violentes pluies, c'est bien connu des chasseurs de mammouth. D'ailleurs, cette condition vaut aussi pour le brontosaure[1] sauf que le brontosaure vivait en Amérique et qu'Azerat ne s'y trouve pas. Comme il n'y avait pas de mammouth dans le garage, j'ai posé l'arc et les flèches pour me consacrer à une autre activité.
J'étais en train de faire le compte des câbles pour imprimante à la norme parallèle[2] lorsque j'ai aperçu une charmante souris qui me regardait de ses petits yeux brillants tout en remuant les moustaches. Ça m'a étonné parce que je n'avais encore jamais vu de souris chez moi. Je me doutais bien que, sauf à penser que ma maison fût bâtie sur un ancien cimetière indien, bien sûr, il n'y avait pas de raison valable pour que les souris désertent les lieux. Lorsqu'elle fut lassée d'observer mes agissements, elle s'en alla à vive allure suivie de sa longue queue.
J'en avais assez de compter ces câbles dont je n'ai pas l'usage, dont je n'ai jamais eu l'utilité, que j'avais récupérés à l'occasion du déménagement d'un magasin informatique à Périgueux auquel j'avais participé. Ces câbles devaient partir à la déchetterie et j'avais jugé que cela était dommage. On me proposa de les prendre. Quelques jours plus tard, j'essayai de les donner en passant un site de petites annonces. Je n'eus pas le moindre retour, la plus petite demande. Je me retrouvai avec une cargaison de câbles pour imprimante et voilà comment, pour partie, j'ai un garage particulièrement encombré.
En bougeant un carton, j'aperçois un négatif traînant à même le sol. Qu'est-ce qu'il faisait là ? Comment était-il arrivé là ? Je ne le sais pas. Il n'était pas beau à voir. Je le ramassai et, heureux de ma trouvaille, je remontai pour le nettoyer et l'observer plus en détail. Dans un premier temps, je ne comprenais pas ce que représentaient les images. J'apercevais des voitures de voyageurs, je reconnaissais la gare de Terrasson-Lavilledieu mais pour le reste, je ne voyais pas bien. Il a fallu que je procède à une numérisation pour qu'enfin je comprenne et me souvienne de ces images enregistrées sur la pellicule.
Déjà, je suis quasi certain que ces images ne sont pas de moi. Il me semble même savoir qui les a faites. Elles sont toutes faites dans la gare de Terrasson ou à ses abords proches. Il y a un casier avec des documents, un système que j'identifie comme un poste de contrôle des aiguillages ou, tout du moins, de surveillance de ceux-ci. Une image est particulièrement dégradée, comme bouffée par l'humidité. Pour être honnête, aucun cliché n'est bien intéressant. Certaines photos sont floues, d'autres mal exposées.
Ces photos datent des années 90. A l'époque, je fréquentais le club photo de Terrasson et il me souvient que nous avions eu l'idée de monter une exposition sur le thème du chemin de fer. Le président du club était un ancien de la SNCF. Pour cette exposition, je me souviens de deux photos faites au Leica M4 et au Summicron 50. L'une d'elles représentait un morceau de wagon à marchandise. L'autre était une borne kilométrique en fonte prise vers Cublac sur la ligne Brive-Périgueux. Je n'ai aucun souvenir des autres photos qui avaient été exposées. Ça date d'entre 20 et 25 ans.
Ce bout de négatif n'a aucun intérêt mais je n'ai pas pu m'empêcher de penser que cette pellicule a passé une quinzaine d'années au fond de mon garage, qu'il a traîné par terre, qu'il s'est retrouvé sous un carton et qu'aujourd'hui je peux encore voir les images et, si besoin, les tirer sur papier. La trace a survécu. D'un autre côté, à la faveur de disques durs qui ont rendu l'âme, de CD et de DVD qui sont devenus illisibles, combien d'images numériques ai-je pu perdre ? Bien sûr, l'image imprimée sur la pellicule ne résisterait pas à un incendie ou à des mauvais traitements trop extrêmes mais tout de même. Comme une feuille de papier peut encore porter son message après un incendie, un fichier texte corrompu ne peut plus livrer grand chose[3].
La conservation des données numériques est un sacré problème auquel nous sommes tous plus ou moins confrontés. Il s'agit de la mémoire que nous pourrons transmettre aux générations futures. Pour limiter les pertes, on fait des copies et des copies de disques durs, on archive sur des bandes magnétiques, on compte sur la redondance en se disant que de tout ça il restera bien quelque chose. Et puis, on n'a jamais autant produit que de nos jours. La masse d'écrits, d'images, de sons est colossale et elle ne fait que grossir un peu plus tous les jours. Il y a tant de données nouvelles à s'ajouter à celles existantes que l'on ne peut sans doute même plus faire un tri entre ce qui mérite d'être conservé et le reste.
Bon. Une fois de plus, je n'amène pas de solution, je n'avance pas d'idée neuve. C'est juste l'histoire d'un type qui a trouvé un bout de négatif dans son garage, qui en a oublié ce qu'il y était venu faire et qui a perdu du temps à se poser des questions sur ces images exposées sur la pellicule. Il est incorrigible.

Zenit E et Ilford HP5 Plus

Notes

[1] n'écoutons pas ceux qui, par amour de la polémique stérile, prétendent que le brontosaure n'existe pas et qu'il convient de parler d'apatosaure.

[2] d'ailleurs si quelqu'un en cherche, j'en ai tout un stock

[3] sauf dans certains cas

vendredi 6 juillet 2018

Prise en main

viaduc du Douime

samedi 30 juin 2018

Les gens qui posent des questions sont des ignorants

Est-ce que je t'en pose, moi, des questions ? Hein ? Ben non, je ne t'en pose pas. Je sais bien qu'il n'y a rien à attendre de toi. Tes réponses, de toute manière, seraient ineptes, ridicules, infondées. Je ne pose pas de questions et j'entends que l'on ne m'en pose pas. Attention ! Je ne dis pas que je ne ME pose pas de questions. Bien sûr que je m'en pose ! Je n'arrête pas de m'en poser. J'ai juste la décence de ne pas attendre de réponses. Je ne vois pas pourquoi je devrais m'astreindre à me trouver une réponse. Si j'étais en mesure de répondre à mes questions, franchement, tu crois que je perdrais du temps à m'en poser, des questions ? Soyons sérieux. Si j'avais les réponses, je n'aurais pas besoin de m'interroger. Je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de boire un verre d'eau lorsque j'ai soif, je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de pisser lorsque j'ai la vessie qui m'indique qu'elle a envie de se vider.
Il y en a, des cons ou des intellectuels, qui croient que ça fait intelligent de se poser des questions ou, tout du moins, de laisser entendre qu'ils se les posent. Il y en a même qui vous pondent des bouquins plein de leurs questions existentielles dont on n'a rien à faire. Au lieu de travailler, de faire quelque chose d'utile, de faire la vaisselle, de se laver le cul ou d'écrire une histoire intéressante, ils se masturbent la tête à la recherche d'une question intelligente qui collera avec la réponse intelligente qu'ils ont déjà mis de côté tout exprès pour cette question. Le plus dur, c'est de trouver la question pleine de fatuité vaine qui aura l'apparence de l'intelligence pour s'associer bien comme il faut avec la réponse.
Ça fait penser à ces créatifs qui produisent leur œuvre et qui dissertent après coup sur le cheminement intellectuel qui a conduit à la réalisation de ce coup de génie. Ils vont te faire un travail d'introspection, ils vont convoquer leur enfance et le fait que leur maman a couché avec leur papa pour t'expliquer que rien n'est dû au hasard et que leur peinture/sculpture/écrit/photo/film est à voir comme un reflet du passé digéré ou non de leur condition d'homme pensant. Mon cul. Moi, j'en côtoie des artistes. Et ça depuis des années. Il y a pas à tortiller du cul, ça ne fait pas un pli, les meilleurs artistes ce sont ceux qui sont incapables de parler de leur œuvre. Bien sûr que leur travail est intimement lié à leur histoire et à l'histoire de leurs ancêtres. Evidemment ! Mais ils ne cherchent pas à expliquer leur besoin de réaliser des œuvres d'art. S'il le faisait, certainement qu'ils ne pourraient plus produire.
Un truc que l'on entend parfois, c'est que l'artiste ou le créateur ne peut pas faire autrement que de produire ce qui pousse en eux. Ça, j'y crois. Va pas demander à l'artiste ou à l'écrivain ce qui l'a conduit à peindre comme ci, à sculpter comme ça ou à écrire avec ces mots et ce rythme. Ce que l'on voit, lit, touche, c'est la réponse. Point barre.
Si tu es un trou du cul, un pique-assiette et un vide-verres compulsif, tu aimes peut-être aller aux vernissages. Si tu as la chance que ce soit une exposition un peu importante, il y aura peut-être un commissaire d'exposition qui aura en charge de poser la problématique de la scénographie et de l'auteur mis dans le contexte de l'époque. Si tu as la chance de maîtriser l'humour, tu vas te fendre la gueule sous cape en écoutant les gens s'extasier et prendre des mines compliquées et graves en face des œuvres exposées. Laisse tes oreilles en profiter ! Tu vas t'amuser. Laisse-les traîner à l'affût des critiques qui ne vont pas tarder à fuser. Tu vas entendre le confrère artiste qui va remarquer que l'encadrement est perfectible ou qu'il n'aurait pas mis cette photo/peinture/sculpture. Derrière des beaux sourires hypocrites, tu vas goûter à satiété du concentré de méchanceté âcre et fielleuse. Savoure ! Régale-toi ! Vas-y de ton avis à la con. Fais dans le pompeux, fais dans la provocation facile. Tu vas entrer dans le cénacle, tu vas te faire ta place. L'artiste n'est plus celui qui expose, c'est le public.
Franchement, si tu as le désir de voir les œuvres, ne vas pas au vernissage ! Choisis une heure calme un autre jour. Si tu veux bouffer et picoler gratis, oui, bien sûr, vas au vernissage ! L'amateur d'art réussit le tour de force d'être encore plus artiste que l'artiste. Il joue au vampire. Il sur-interprète, il suce l'intime de l'artiste et s'en rassasie. Bon, allez, soyons honnête, il y a aussi de vrais amateurs d'art qui aborde les œuvres avec toute l'humilité nécessaire. On ne peut pas, on ne doit pas violer l'artiste. Ça lui fait déjà assez mal de montrer ce qu'il ne parvient pas à garder pour lui, il ne faut pas le presser comme on le ferait d'un citron. Vous croyez vraiment que van Gogh était heureux de peindre ? Vous croyez que Mozart créait dans une joie perpétuelle ?
C'est pas sûr (et c'est même sûr que non) que l'artiste soit plus intelligent ou plus sensible que le reste du monde. C'est du pipeau. C'est juste qu'il a plus de choses à dire. Ce n'est pas une affaire de question et de réponse. C'est comme ça, rien de plus. L'artiste est impudique. Il est peut-être aussi, à l'occasion, égocentré. Il extériorise la complexité de sa pensée, il s'exprime. Mais non, pas d'explication, pas de réponse, pas de question. Certainement pas ! Des obsessions, de l'intime, du personnel, du profond, du "tu", de l'indicible, oui. Le tout dans un contexte personnel, familial, culturel, politique, social. L'artiste n'est pas quelqu'un de "bien" ou de "mal", de "bon" ou de "mauvais". Il peut être con comme un manche à balai, il peut être vaniteux, imbitable, faible, dément, même. L'œuvre est ce qui est sorti de l'artiste, l'œuvre n'est pas l'artiste. L'œuvre, quelque part, ne lui appartient plus, n'est plus en lui. Elle s'est extirpé de lui, il s'est débarrassé d'elle. Elle doit vivre sa vie après son accouchement.
On peut perdre son temps à chercher les réponses aux questions que l'on peut se poser face à l'art des hommes les plus anciens. C'est vain. Ce qui, éventuellement, signifiait est aujourd'hui perdu à nous. Le symbolisme possible des peintures, gravures, sculptures de ces êtres nous est étranger parce que nous n'avons pas de pierre de Rosette pour le décrypter mais aussi parce qu'il nous manque l'environnement d'alors. Peignait-on au fond des grottes accompagné de musique ? Cette musique ne nous sera pas parvenue. Buvait-on ou avalait-on des substances plus ou moins hallucinogènes ? On n'en a nulle trace. Comment pouvons-nous juste imaginer ce qu'était le quotidien de ces femmes et hommes ? De quoi était composé l'imaginaire commun ? Jamais on ne percera le "mystère". Ce qui reste, c'est l'émotion. Peut-être cette émotion ressentie aujourd'hui ne correspond à rien de celle perçue autrefois. Certainement même. Il manque le référentiel. Toute interprétation est fausse mais ce n'est pas grave. L'important, c'est qu'une émotion soit suggérée par l'œuvre elle-même.
Récemment, un expert a suscité un certain émoi dans quelques milieux en révélant que, selon lui, le "Guernica" de Pablo Picasso ne représenterait absolument pas le bombardement nazi mais une scène de ménage. Quelques années avant, on apprenait que la célèbre photographie de Robert Capa "Mort d'un soldat républicain" est une mise en scène. Auparavant, c'était la photographie de Robert Doisneau "le baiser de l'Hôtel de ville" qui était présentée (par l'auteur) comme une mise en scène. On plaque ce que l'on veut de nous sur l'art. Et c'est pourquoi la seule attitude valable dans une confrontation à l'art est son ressenti personnel. On aime ou pas. L'art n'a aucune raison d'être difficile d'accès et ne demande pas à être compris ou analysé.
Sur une même affaire, j'ai lu "La serpe" de Philippe Jaenada et un bouquin écrit par un journaliste de Sud-Ouest. L'un, le premier, est un artiste quand l'autre est un scribouilleur qui se contente d'écrire dans un style sans âme. Il ne donne rien de lui, ne crée rien. L'artiste-écrivain ne s'oblige ni à la vérité ni à au factuel. Récemment, sur France Inter, Jaenada expliquait qu'il écrit parce qu'il ne peut pas faire autrement. Tout est dit. J'ai eu le bonheur de le rencontrer et de discuter avec lui. Il a son opinion, il la livre, mais il ne se lance pas dans autre chose que ce que son livre (excellent livre) livre.


Qu'est-ce que je voulais vous raconter ? Je ne m'en souviens plus. Je suis parti sur ce sujet, je suis parti en vrille alors que je voulais vous parler, me semble-t-il, de croque-monsieur et de photo de service à café. C'est tout de même bizarre, un cerveau, ça a tendance à n'en faire qu'à sa tête. Notez, je me demande bien ce que je pourrais avoir à écrire à propos des croque-monsieur. Ce n'est pas un sujet dont on peut écrire des lignes et des lignes. Enfin si, sans doute, quelqu'un de talentueux pourrait sans doute le faire. Il faudrait que le besoin se fasse jour et ça, c'est pas gagné.
Moi, je fais les croque-monsieur d'une manière assez simple. Deux tranches de pain de mie, du beurre sur une face puis une fromage râpé, une demi tranche de jambon, de nouveau du fromage que je recouvre avec la deuxième tranche de pain beurrée. Maintenant, je beurre légèrement la face du dessus et hop ! je pose l'ensemble dans l'appareil à croque-monsieur le beurre côté feu. Un peu de beurre sur le dessus et je rabats l'appareil. Je laisse cuire quelques minutes à feu pas trop vif et j'en profite pour m'en faire un second.
Je sais que j'ai dit qu'il ne fallait pas se poser de questions mais je me réserve le droit à l'incohérence et au paradoxe. Donc. Est-ce que c'est bon, le croque-monsieur ? Objectivement, pas vraiment. Ça se mange. C'est dans le domaine du "régressif", je pense. A la limite du junk food. Personnellement, je suis opposé au croque-madame qui est la même chose mais avec un œuf au plat par dessus. Vous n'en avez rien à faire ? Je peux le comprendre. Pas de problème.
Certains font leurs croque-monsieur avec de la sauce béchamel et les font cuire au four sous le grill. Je n'ai jamais compris cette pratique. Je ne critique pas les partisans de cette recette, je tolère que l'on puisse la préférer, c'est juste que je ne la comprends pas.

Comme j'avais des photos à faire et que j'avais retrouvé des tasses et d'autres éléments d'un service à café, je me suis servi de ça pour régler les éclairages. Ça m'a donné l'occasion de faire un peu de vaisselle et de m'exercer à faire de la photo d'objets. Ça casse pas trois pattes à un canard mais j'aime bien mettre de l'image dans les billets du blog et ceci même s'il n'y a aucun rapport avec quoi que ce soit. Je suis chez moi, je fais ce que je veux.

Tasses décor pavot
Cádiz - Villeroy et Boch


Est-ce que je t'en pose, moi, des questions ? Hein ? Ben non, je ne t'en pose pas. Je sais bien qu'il n'y a rien à attendre de toi. Tes réponses, de toute manière, seraient ineptes, ridicules, infondées. Je ne pose pas de questions et j'entends que l'on ne m'en pose pas. Attention ! Je ne dis pas que je ne ME pose pas de questions. Bien sûr que je m'en pose ! Je n'arrête pas de m'en poser. J'ai juste la décence de ne pas attendre de réponses. Je ne vois pas pourquoi je devrais m'astreindre à me trouver une réponse. Si j'étais en mesure de répondre à mes questions, franchement, tu crois que je perdrais du temps à m'en poser, des questions ? Soyons sérieux. Si j'avais les réponses, je n'aurais pas besoin de m'interroger. Je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de boire un verre d'eau lorsque j'ai soif, je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de pisser lorsque j'ai la vessie qui m'indique qu'elle a envie de se vider.
Il y en a, des cons ou des intellectuels, qui croient que ça fait intelligent de se poser des questions ou, tout du moins, de laisser entendre qu'ils se les posent. Il y en a même qui vous pondent des bouquins plein de leurs questions existentielles dont on n'a rien à faire. Au lieu de travailler, de faire quelque chose d'utile, de faire la vaisselle, de se laver le cul ou d'écrire une histoire intéressante, ils se masturbent la tête à la recherche d'une question intelligente qui collera avec la réponse intelligente qu'ils ont déjà mis de côté tout exprès pour cette question. Le plus dur, c'est de trouver la question pleine de fatuité vaine qui aura l'apparence de l'intelligence pour s'associer bien comme il faut avec la réponse.
Ça fait penser à ces créatifs qui produisent leur œuvre et qui dissertent après coup sur le cheminement intellectuel qui a conduit à la réalisation de ce coup de génie. Ils vont te faire un travail d'introspection, ils vont convoquer leur enfance et le fait que leur maman a couché avec leur papa pour t'expliquer que rien n'est dû au hasard et que leur peinture/sculpture/écrit/photo/film est à voir comme un reflet du passé digéré ou non de leur condition d'homme pensant. Mon cul. Moi, j'en côtoie des artistes. Et ça depuis des années. Il y a pas à tortiller du cul, ça ne fait pas un pli, les meilleurs artistes ce sont ceux qui sont incapables de parler de leur œuvre. Bien sûr que leur travail est intimement lié à leur histoire et à l'histoire de leurs ancêtres. Evidemment ! Mais ils ne cherchent pas à expliquer leur besoin de réaliser des œuvres d'art. S'il le faisait, certainement qu'ils ne pourraient plus produire.
Un truc que l'on entend parfois, c'est que l'artiste ou le créateur ne peut pas faire autrement que de produire ce qui pousse en eux. Ça, j'y crois. Va pas demander à l'artiste ou à l'écrivain ce qui l'a conduit à peindre comme ci, à sculpter comme ça ou à écrire avec ces mots et ce rythme. Ce que l'on voit, lit, touche, c'est la réponse. Point barre.
Si tu es un trou du cul, un pique-assiette et un vide-verres compulsif, tu aimes peut-être aller aux vernissages. Si tu as la chance que ce soit une exposition un peu importante, il y aura peut-être un commissaire d'exposition qui aura en charge de poser la problématique de la scénographie et de l'auteur mis dans le contexte de l'époque. Si tu as la chance de maîtriser l'humour, tu vas te fendre la gueule sous cape en écoutant les gens s'extasier et prendre des mines compliquées et graves en face des œuvres exposées. Laisse tes oreilles en profiter ! Tu vas t'amuser. Laisse-les traîner à l'affût des critiques qui ne vont pas tarder à fuser. Tu vas entendre le confrère artiste qui va remarquer que l'encadrement est perfectible ou qu'il n'aurait pas mis cette photo/peinture/sculpture. Derrière des beaux sourires hypocrites, tu vas goûter à satiété du concentré de méchanceté âcre et fielleuse. Savoure ! Régale-toi ! Vas-y de ton avis à la con. Fais dans le pompeux, fais dans la provocation facile. Tu vas entrer dans le cénacle, tu vas te faire ta place. L'artiste n'est plus celui qui expose, c'est le public.
Franchement, si tu as le désir de voir les œuvres, ne vas pas au vernissage ! Choisis une heure calme un autre jour. Si tu veux bouffer et picoler gratis, oui, bien sûr, vas au vernissage ! L'amateur d'art réussit le tour de force d'être encore plus artiste que l'artiste. Il joue au vampire. Il sur-interprète, il suce l'intime de l'artiste et s'en rassasie. Bon, allez, soyons honnête, il y a aussi de vrais amateurs d'art qui aborde les œuvres avec toute l'humilité nécessaire. On ne peut pas, on ne doit pas violer l'artiste. Ça lui fait déjà assez mal de montrer ce qu'il ne parvient pas à garder pour lui, il ne faut pas le presser comme on le ferait d'un citron. Vous croyez vraiment que van Gogh était heureux de peindre ? Vous croyez que Mozart créait dans une joie perpétuelle ?
C'est pas sûr (et c'est même sûr que non) que l'artiste soit plus intelligent ou plus sensible que le reste du monde. C'est du pipeau. C'est juste qu'il a plus de choses à dire. Ce n'est pas une affaire de question et de réponse. C'est comme ça, rien de plus. L'artiste est impudique. Il est peut-être aussi, à l'occasion, égocentré. Il extériorise la complexité de sa pensée, il s'exprime. Mais non, pas d'explication, pas de réponse, pas de question. Certainement pas ! Des obsessions, de l'intime, du personnel, du profond, du "tu", de l'indicible, oui. Le tout dans un contexte personnel, familial, culturel, politique, social. L'artiste n'est pas quelqu'un de "bien" ou de "mal", de "bon" ou de "mauvais". Il peut être con comme un manche à balai, il peut être vaniteux, imbitable, faible, dément, même. L'œuvre est ce qui est sorti de l'artiste, l'œuvre n'est pas l'artiste. L'œuvre, quelque part, ne lui appartient plus, n'est plus en lui. Elle s'est extirpé de lui, il s'est débarrassé d'elle. Elle doit vivre sa vie après son accouchement.
On peut perdre son temps à chercher les réponses aux questions que l'on peut se poser face à l'art des hommes les plus anciens. C'est vain. Ce qui, éventuellement, signifiait est aujourd'hui perdu à nous. Le symbolisme possible des peintures, gravures, sculptures de ces êtres nous est étranger parce que nous n'avons pas de pierre de Rosette pour le décrypter mais aussi parce qu'il nous manque l'environnement d'alors. Peignait-on au fond des grottes accompagné de musique ? Cette musique ne nous sera pas parvenue. Buvait-on ou avalait-on des substances plus ou moins hallucinogènes ? On n'en a nulle trace. Comment pouvons-nous juste imaginer ce qu'était le quotidien de ces femmes et hommes ? De quoi était composé l'imaginaire commun ? Jamais on ne percera le "mystère". Ce qui reste, c'est l'émotion. Peut-être cette émotion ressentie aujourd'hui ne correspond à rien de celle perçue autrefois. Certainement même. Il manque le référentiel. Toute interprétation est fausse mais ce n'est pas grave. L'important, c'est qu'une émotion soit suggérée par l'œuvre elle-même.
Récemment, un expert a suscité un certain émoi dans quelques milieux en révélant que, selon lui, le "Guernica" de Pablo Picasso ne représenterait absolument pas le bombardement nazi mais une scène de ménage. Quelques années avant, on apprenait que la célèbre photographie de Robert Capa "Mort d'un soldat républicain" est une mise en scène. Auparavant, c'était la photographie de Robert Doisneau "le baiser de l'Hôtel de ville" qui était présentée (par l'auteur) comme une mise en scène. On plaque ce que l'on veut de nous sur l'art. Et c'est pourquoi la seule attitude valable dans une confrontation à l'art est son ressenti personnel. On aime ou pas. L'art n'a aucune raison d'être difficile d'accès et ne demande pas à être compris ou analysé.
Sur une même affaire, j'ai lu "La serpe" de Philippe Jaenada et un bouquin écrit par un journaliste de Sud-Ouest. L'un, le premier, est un artiste quand l'autre est un scribouilleur qui se contente d'écrire dans un style sans âme. Il ne donne rien de lui, ne crée rien. L'artiste-écrivain ne s'oblige ni à la vérité ni à au factuel. Récemment, sur France Inter, Jaenada expliquait qu'il écrit parce qu'il ne peut pas faire autrement. Tout est dit. J'ai eu le bonheur de le rencontrer et de discuter avec lui. Il a son opinion, il la livre, mais il ne se lance pas dans autre chose que ce que son livre (excellent livre) livre.


Qu'est-ce que je voulais vous raconter ? Je ne m'en souviens plus. Je suis parti sur ce sujet, je suis parti en vrille alors que je voulais vous parler, me semble-t-il, de croque-monsieur et de photo de service à café. C'est tout de même bizarre, un cerveau, ça a tendance à n'en faire qu'à sa tête. Notez, je me demande bien ce que je pourrais avoir à écrire à propos des croque-monsieur. Ce n'est pas un sujet dont on peut écrire des lignes et des lignes. Enfin si, sans doute, quelqu'un de talentueux pourrait sans doute le faire. Il faudrait que le besoin se fasse jour et ça, c'est pas gagné.
Moi, je fais les croque-monsieur d'une manière assez simple. Deux tranches de pain de mie, du beurre sur une face puis une fromage râpé, une demi tranche de jambon, de nouveau du fromage que je recouvre avec la deuxième tranche de pain beurrée. Maintenant, je beurre légèrement la face du dessus et hop ! je pose l'ensemble dans l'appareil à croque-monsieur le beurre côté feu. Un peu de beurre sur le dessus et je rabats l'appareil. Je laisse cuire quelques minutes à feu pas trop vif et j'en profite pour m'en faire un second.
Je sais que j'ai dit qu'il ne fallait pas se poser de questions mais je me réserve le droit à l'incohérence et au paradoxe. Donc. Est-ce que c'est bon, le croque-monsieur ? Objectivement, pas vraiment. Ça se mange. C'est dans le domaine du "régressif", je pense. A la limite du junk food. Personnellement, je suis opposé au croque-madame qui est la même chose mais avec un œuf au plat par dessus. Vous n'en avez rien à faire ? Je peux le comprendre. Pas de problème.
Certains font leurs croque-monsieur avec de la sauce béchamel et les font cuire au four sous le grill. Je n'ai jamais compris cette pratique. Je ne critique pas les partisans de cette recette, je tolère que l'on puisse la préférer, c'est juste que je ne la comprends pas.

Comme j'avais des photos à faire et que j'avais retrouvé des tasses et d'autres éléments d'un service à café, je me suis servi de ça pour régler les éclairages. Ça m'a donné l'occasion de faire un peu de vaisselle et de m'exercer à faire de la photo d'objets. Ça casse pas trois pattes à un canard mais j'aime bien mettre de l'image dans les billets du blog et ceci même s'il n'y a aucun rapport avec quoi que ce soit. Je suis chez moi, je fais ce que je veux.

vendredi 29 juin 2018

Blés

Le soleil n'était pas encore trop brûlant. J'étais parti faire des photos de blés. Un client m'avait passé cette commande. Je n'avais pas besoin d'aller très loin pour en trouver, j'avais repéré des champs de blés à la Bachellerie. Je venais d'arrêter ma voiture quand une autre automobile s'arrêtait juste devant la mienne. Deux jeunes femmes en sortaient. Equipée d'une paire de ciseaux, l'une d'elles engageait la conversation en déclarant que nous avions eu la même idée. Montrant l'appareil photo qu'elle n'avait pas pu ne pas voir, je répondais que je n'étais pas venu voler des épis de blés, moi.
L'autre jeune femme restait à l'écart. Sans doute était-elle plus réservée, moins attirée par la folle fascination que je peux, à l'occasion, exercer sur les femmes de bon goût. Intérieurement, je me disais alors que c'était tout aussi bien étant entendu que cette autre jeune femme était vraiment moins jolie que celle qui était venue vers moi sans retenue. On ne peut pas dire que ce soit le cas à tous coups mais force est de reconnaître qu'il arrive que la vie soit bien faite.
La plus jolie des deux jeunes femmes, pour ne rien gâcher, était blonde. Comme les blés, oui. Tout pareil. Avec un grand beau sourire, elle m'expliquaist qu'elle venait prélever quelques épis de blé pour les accrocher à sa porte d'entrée afin que ceux-ci lui portent chance. Je lui rétorquais que cela ne marcherait pas et qu'il valait mieux, c'était prouvé, cueillir les orties présentes sur le talus. Je lui expliquais que pour que cela fonctionnât il était nécessaire de les cueillir à main nue. Avec du rire dans la voix, elle rétorqua qu'elle savait comment s'y prendre pour les arracher sans se piquer. Comme je lui disais que j'étais curieux de le vérifier, elle pinça une tige d'ortie entre des doigts et la cassa avec, tout de même, beaucoup de prudence. Elle brandit l'ortie avec un air victorieux auquel je répondis avec enthousiasme.
Comme la copine semblait considérer que le temps commençait à lui paraître long, la jolie blonde se décida à couper quelques épis de blé et d'en faire un petit bouquet qu'elle me tendit afin que je puis admirer comme il était bien réalisé. Je la félicitai, elle me souhaita de faire de belles photos et partit.

Et alors, j'ai fait quelques photographies et j'avais bien la certitude que je ne ferais rien de bon. Je ne me suis pas trompé.

Blés

mercredi 27 juin 2018

Médecine dure

mercredi 20 juin 2018

Oscar Go, l'escargot fil-de-fériste intrépide

Qui aurait été comme je l'étais à Azerat ce soir là aurait eu l'insigne honneur doublé de la chance inestimable d'assister à l'unique représentation que l'artiste donnait en France lors de sa tournée mondiale.
Sur un double câble tendu entre deux maisons d'habitation, à pas mesurés, sur un seul pied, Oscar Go se permettait les plus dangereuses figures n'hésitant pas, suscitant la peur et la crainte mais aussi le bonheur et la joie du public, à s'essayer aux plus délicates figures, allant à l'encontre des règles qu'enjoint la prudence, mère de toutes les vertus jusqu'à pousser les limites de l'équilibre dans ses derniers retranchements, la tête obstinément dirigée vers le bas, tout le poids du corps l'incitant à, selon les lois de l'attraction terrestre, choir au sol d'un instant à l'autre très certainement.
Si, il faut en convenir, le spectacle, bien qu'exceptionnel, se révélait un peu trop long dans sa durée, il savait tenir en haleine un public conquis et enthousiaste. Retenant leur souffle, les spectateurs savaient laisser exploser des tonnerres d'applaudissements nourris lorsqu'une étape délicate et périlleuse était passée avec brio et une apparente nonchalance par ce grand artiste de renommée internationale.

Escargot acrobate

dimanche 17 juin 2018

dessin en photo

dédicace

samedi 16 juin 2018

Retour à la terre

artichaut

fenouil

Fraisier

Pommes de terre

Rhubarbe

dimanche 10 juin 2018

Royaume des cieux

Nuageux

vendredi 8 juin 2018

Du bon usage de la brouette

J'ai déjà abordé ce sujet[1], et j'y reviens avec une nouvelle image faite, là aussi, à l'Abbaye Nouvelle, dans le Lot, lors de la Fête des Plantes qui s'y tient chaque année. Je m'étais amusé de railler Trump qui s'était auto proclamé "génie" en montrant qu'il y avait plus génial que lui.
Les jeunes que l'on peut voir installés dans les brouettes sont des bénévoles qui proposent aux visiteurs de conduire leurs achats, plants, arbres, fleurs et autres, jusqu'aux parking improvisés dans des prés à l'écart du petit village. Lorsque le client se fait rare, ils savent utiliser les brouettes à bon escient pour discuter de tout et de rien et profiter du temps qui passe et de la chaleur du soleil. Et moi, je trouve cela bien agréable de voir ces jeunes prendre du bon temps. Ça me fait plaisir de voir ces jeunes heureux, insouciants des petits ou grands tracas de notre monde. Ça me met de bonne humeur, ça me provoquerait presque un accès d'optimisme, je me mettrais presque à croire que l'humanité pourrait avoir un avenir heureux et pacifique.
Alors que certains vieux cons se plaisent à critiquer la jeunesse qui, selon eux, ne saurait pas, ne vaudrait pas grand chose, irait à vau-l'eau et serait la preuve vivante de la déliquescence du monde, je vois là tout au contraire une preuve d'intelligence. Après, je les comprends un peu, ces vieux là. Ils savent bien qu'ils ne sont plus jeunes et que, pire encore, ils l'ont été. Ça, ça doit être rude à supporter, c'est bien certain.

Bénévoles de la fête des plantes

Note

[1] En début d'année 2018 avec une photo en noir et blanc et à propos de génie

vendredi 1 juin 2018

Muddy Waters pas bleues

Cela n'aura pas échappé à ceux qui le savent, le département de la Dordogne a connu quelques épisodes orageux de belle intensité. Pour avoir été témoin de l'un d'eux, ici à Azerat, je peux en témoigner. D'ailleurs, si l'on me plaçait un micro sous le nez pour recueillir mon opinion et mon ressenti, je n'hésiterais pas longtemps à déclarer :

Boudiou, pour sûr que ça a draché[1] !

Il se trouve que je suis passé par le puits Bontemps dont je vous ai déjà parlé sur ce blog à plusieurs reprises. C'est une curiosité géologique, un puits artésien qui, de temps à autres, crache de l'eau. Habituellement, l'eau qui sort de ce puits est claire et il me semble de l'avoir toujours vue ainsi jusque là. Mais hier il en allait tout autrement et l'eau se présentait sous un aspect bien moins engageant, boueuse, n'ayons pas peur des mots. Alors, ne reculant devant rien pour contribuer à l'éducation des neuf lecteurs de ce blog, je me suis arrêté et suis allé faire des images afin d'illustrer et prouver mes propos. Ainsi donc, place aux images !

Puits Bontemps boueux
Puits Bontemps après de fortes pluies

Note

[1] Aujourd'hui, je suis d'origine belge

jeudi 31 mai 2018

Au bout on dort

Petites fleurs

mercredi 30 mai 2018

L'artichaut de Lala

plante dicotylédone de la famille des Astéracées

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